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Le 08.03.2021 à 17:50

Covid-19 : quelle efficacité des vaccins face aux variants ?

Le coronavirus se transforme de plus en plus, au risque d’affaiblir les vaccins actuels. Pour les chercheurs, il faut d’abord parier sur des vaccins faciles à adapter, même si certains politiques espèrent un sérum qui frappe immédiatement très large.

Revacciner en octobre… les vaccinés de l'hiver?

"Je ne suis pas sûr qu’on ne sera pas amené à refaire une campagne de vaccination au mois d’octobre", prévient Yves Gaudin, virologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France.

Car, depuis plusieurs mois, émergent de nouvelles souches du virus à l’origine du Covid-19, différentes des versions face auxquelles ont été développés les premiers vaccins.

L’une d’elles, le variant dit britannique, est depuis la semaine dernière majoritaire parmi les nouvelles contaminations en France.

Celle-ci semble, sous sa forme actuelle, poser un problème de contagiosité accrue plutôt que de résistance aux vaccins.

La mutation E484K au cœur des enjeux

Mais face à d’autres variants, notamment ceux dits sud-africain et brésilien, les premières études indiquent une moindre efficacité des principaux vaccins actuellement proposés.

Ces deux variants affichent la mutation dite "E484K", qui les rend plus résistants aux anticorps - et donc aux vaccins, ou même à une précédente infection par le Sars-CoV-2.

D'autres variants apparaissent au fur et à mesure que l'épidémie progresse - et c'est normal: le seul moyen de l'éviter est d'enrayer la maladie. D'où l'importance des vaccins.

Sur quel type de vaccin peut-on le plus compter face à cette situation mouvante ? Pour les chercheurs, l’enjeu est d’abord de vite adapter ceux déjà développés.

Les vaccins à ARN messager plus adaptables

Or "il y a des formats plus rapidement et plus facilement adaptables", souligne Sylvie Van der Werf, virologue à l’institut Pasteur en France. "Clairement, ce sont les ARN messagers."

Les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna, donc: ils injectent directement des séquences d’ARN qui conduisent les cellules à fabriquer des protéines présentes dans le coronavirus afin d’y habituer le système immunitaire.

Ces séquences peuvent être très vite synthétisées en laboratoire.

Par contraste, les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson utilisent la technique du "vecteur viral". Elle intègre également du matériel génétique aux cellules mais en prenant comme "navette" un virus préexistant, par ailleurs différent du coronavirus.

Jusqu'à six mois de travail pour adapter le vaccin AstraZeneca

C’est plus long à développer. En guère plus d’un mois, Moderna a lancé les essais cliniques d’un nouveau vaccin, alors qu’AstraZeneca a prévenu qu’un tel travail lui prendrait six mois - un délai rapide par rapport à la norme.

Mais "ce n’est pas sûr qu’il y ait une si grande différence entre les ARN messagers et les vecteurs viraux, une fois que l’on prend en compte la production à grande échelle", relativise Julian Yang, virologue à l’université britannique de Leicester.

Les vaccins à ARN messager nécessitent en effet un maintien à très basse température, ce qui complique les étapes suivant la synthèse du principe actif.

Des technologies différentes

Novatrices, ces deux catégories sont en tout cas beaucoup plus rapides à redévelopper que les vaccins classiques, dit "à virus inactivés".

Pourtant, le gouvernement britannique fonde beaucoup d’espoirs sur ces vaccins pour répondre à l’émergence de nouvelles souches.

Contre le Covid-19, ils ne sont pas encore approuvés en Europe mais l’un deux, développé par Valneva, devrait être distribué au Royaume-Uni d’ici à l’automne.

Alors que les vaccins à ARN messager et à vecteur viral se concentrent sur une petite partie du virus - la protéine S, dite "Spike" - les vaccins à virus inactivés utilisent le coronavirus dans son ensemble pour développer la réponse immunitaire.

Le vaccin Valneva laisse sceptique

Cela "donne beaucoup plus de chances de refléter les mutations", a jugé début février le secrétaire d’Etat Nadhim Zahawi devant les parlementaires britanniques, jugeant que ce vaccin pouvait donc être "incroyablement efficace".

Compter sur un vaccin qui n’ait pas besoin d’être souvent réadapté ? L’idée laisse sceptiques les chercheurs, qui la jugent très hypothétique.

"Pour l’instant, ce n’est pas démontré", estime Etienne Decroly, spécialiste des virus émergents auprès du CNRS, y voyant l’espoir d’un vaccin "universel" qui ne nécessite plus du tout d’adaptations.

"On essaie de le faire depuis une dizaine d’années contre la grippe ; si ça n’a malheureusement pas encore abouti, on peut se dire que les choses ne sont pas si simples que ça", remarque-t-il, notant qu’au fil du temps, les virus auront de toute façon tendance à muter dans une direction qui échappe aux vaccins existants.

Pire, il pourrait être contre-productif de trop compter sur les vaccins à virus inactivé.

Un risque d'efficacité plus large… mais moins forte

"Certes, ça induit une réponse très large, mais ce qu’on veut, c’est d’abord une bonne réponse contre la protéine Spike", tranche M. Gaudin - puisque c'est celle-ci qui permet au virus d'entrer dans nos cellules.

Or "le fait d’inactiver le virus peut parfois abîmer la protéine", limitant potentiellement l’efficacité du vaccin, prévient-il.

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Le 08.03.2021 à 19:29

Accident mortel "Dropped" : la société de production poursuivie pour "homicides involontaires"

Nouveau rebondissement dans l'affaire "Dropped" plus de cinq ans après la collision mortelle qui avait fait dix morts lors du tournage de l'émission de téléréalité : la société Adventure Line Productions a été mise en examen pour homicides involontaires.

Selon une source proche du dossier, il est reproché à la société de production d’avoir sous-évalué le budget affecté aux moyens aériens, d’avoir fait sélectionner sur des critères principalement financiers les pilotes et les hélicoptères finalement impliqués dans le crash, au détriment de la sécurité des personnes.

Les avocats d’ALP rappellent que la société "reste présumée innocente" et qu’"il ne s’agit en aucun cas d’une reconnaissance de culpabilité".

La société de production avait été condamnée début janvier une nouvelle fois pour "faute inexcusable" et doit indemniser la famille d’une des victimes.

Le directeur de production déjà mis en examen

Dans le volet pénal, Nicolas Roussel, directeur de production de l’émission à l'époque, avait été mis en examen le 7 octobre pour "homicides involontaires", tout comme Peter Högberg, un Suédois chargé de sécurité lors du tournage, en février 2019.

La collision entre les deux hélicoptères, peu après le décollage, le 9 mars 2015 en Argentine avait coûté la vie à dix personnes dont trois sportifs français de haut niveau, la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat. L’émission devait être diffusée sur TF1.

Plusieurs procédures d’indemnisation sont en cours en France et la société a déjà été condamnée plusieurs fois pour "faute inexcusable". Une enquête pénale est également ouverte en Argentine.

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Le 08.03.2021 à 18:14

Sciences Po Grenoble : les deux enseignants sous protection, annonce Darmanin

Les deux enseignants visés par des accusations d’islamophobie à l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble font l’objet de mesures de protection susceptibles d’être renforcées. C'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, alors en déplacement à Gannat, dans l'Allier.

Avec la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, « nous avons fait contacter aujourd’hui (lundi) les deux enseignants (...). Des mesures de protection sont prises. Je ne voudrais pas les détailler ici, ne serait-ce que parce qu’elles doivent être discrètes», a indiqué le ministre à la presse.

Avant d'ajouter avoir demandé à ce sujet une «évaluation par la cellule Uclat (Unité de coordination de la lutte antiterroriste), pour « évaluer les dangers qu’il y a sur les personnalités».

Si cette évaluation « démontre qu’il y a un danger particulier », les deux enseignants « seront - évidemment il faudrait qu’ils l’acceptent - protégés par la police personnellement », a-t-il affirmé.

Une enquête pour «injure publique» et «dégradation» a été ouverte

« En attendant cette évaluation, des mesures sont prises pour les protéger » car « chacun dans ce pays doit pouvoir être protégé par la République lorsqu’il est mis en accusation », ajoute Gérald Darmanin.

Une enquête pour «injure publique» et «dégradation» a été ouverte par le parquet de Grenoble après un collage d’affiches jeudi à l’entrée de l’IEP sur lesquelles on pouvait lire: «Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue», avec les noms de ces deux professeurs.

«Ce ne sont ni les réseaux sociaux, ni les vindictes publiques mettant en danger les personnes, qui font la loi», a assuré M. Darmanin, disant avoir été «choqué personnellement» par ces accusations.

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