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Publié le 22.09.2020 à 21:28

Elisée Reclus et les impressionnistes - Notre Bibliothèque Verte (n°12 et 13)

« Et si nous sommes, qui sommes-nous ? », se demandait l'avant-propos à Notre Bibliothèque Verte (ici). Sans doute des « écologistes » devions-nous conclure à regret. Ce mot d'« écologie » étant le seul mot nouveau apparu en politique depuis 50 ans, et le seul à rassembler aux yeux du grand public les « écolos » dans toutes leurs nuances et contradictions. Du moins tant que les mots de « nature » et de « naturistes » n'auront pas remplacé ceux d'« écologie » et d'« écologistes ».

Car l'écologie est un contre-sens politique. Tout d'abord le nom d'une science fondée et nommée comme telle par Ernst Haeckel (1834-1919), un biologiste darwiniste, en 1866, dans sa Morphologie générale des organismes. Oikos : demeure, habitat, milieu ; logos : science, discours. « Science des êtres vivants dans leur milieu ». Haeckel était en outre et en vrac un dessinateur remarquable, un militant libre-penseur, eugéniste et raciste, dont les nazis reprirent les pires idées . (Cf. André Pichot, La Société pure. De Darwin à Hitler, Ed. Flammarion, 2000).

Ça commençait mal. Qu'en plein siècle du machinisme et de l'expansion industrielle se développent des sciences vouées à l'étude du vivant - biologie, écologie - avait quelque chose de sinistre. Comme la géographie, ces études servaient d'abord à faire la guerre. Mais la guerre au vivant, qu'elles n'étudiaient que pour mieux le vaincre.

Aussi, nos véritables anciens ne sont pas les scientifiques écologistes, mais les naturiens (voir ici) et naturistes politiques, ces anarchistes et libres-penseurs, contemporains de Haeckel, tel le géographe Elisée Reclus (1830-1905), végétariens, nudistes, partisans d'une vie saine et du retour à la terre, porteurs d'une vue critique et contradictoire du machinisme et de l'industrialisme. Cette vue fut exprimée par le groupe des impressionnistes avec qui Reclus entretenait des liens, et notamment avec Camille Pissarro (1830-1903), son compagnon anarchiste ; l'un des fondateurs du mouvement impressionniste, le maître de Cézanne et Gauguin.

Reclus et les impressionnistes ont porté la conscience déchirée et la vision de cette catastrophe historique. Jamais la nature ne fut mieux exaltée que sur ces toiles de « plein air », éclatantes de couleurs et de lumières, images et souvenirs d'un monde à l'agonie. Et c'est bien cette vie splendide et révolue que les foules viennent béatement et douloureusement contempler au musée d'Orsay, et lors des grandes expositions. Mais déjà le Progrès arrive gare Saint-Lazare et les locomotives, les fumées, les immeubles, les habits noirs, les grises teintes urbaines, envahissent les toiles. Le moment est passé, la nature aussi. Il faut vivre avec son temps.
Reclus, les naturiens, les naturistes, furent si bien écrasés et occultés que lors de la résurgence du mouvement de défense du vivant, dans les années 1960, les militants se rangèrent sous l'égide de la science et de « l'écologie », respectable, rationnelle, scientifique en somme ; et non pas du côté de la défense de la nature, toujours suspecte de sensiblerie, de sentimentalisme et d'émotions irrationnelles, politique en somme. Ne le répétez pas, ça nous ferait du tort sur les réseaux sociaux, mais nous les anti-industriels, nous ne sommes pas des écologistes ; nous sommes des naturistes.

(Pour lire les notices, ouvrir le document ci-dessous.)

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Publié le 20.09.2020 à 22:21

5G : avis aux opposants sur les luttes de pouvoir au sein du parti technologiste

Depuis quelques semaines, tous les courants technologistes - libéraux, socialos, écolos - tentent de tirer parti d'un sujet qu'ils avaient jusqu'ici méprisé : la critique de la 5G. La mise en scène d'un pseudo clivage entre « progressistes » et « Amish » n'ayant d'autre objet que la valorisation mutuelle des factions en lutte pour le pouvoir au sein du parti technologiste.
Qui des ingénieurs EELV, des saint-simoniens macroniens ou des saint-simoniens communistes, programmera les algorithmes de la « transition écologique » et de la « Machine à gouverner » ?

S'ils ont tiré les leçons des échecs précédents, les opposants sincères à la 5G et à la déshumanisation refuseront de brader leur légitimité « historique » et « de terrain » à leurs ennemis technologistes, contre un plat de lentilles médiatique. Les écolo-socialistes, rouges-verts, les Piolle & Ruffin si vous voulez, y gagneraient la direction publicitaire et flatteuse d'un mouvement qu'ils dévoieraient vers les sables mouvants des « moratoires » et des « conférences citoyennes », en attendant de les rabattre vers les urnes aux prochaines élections.
Quel intérêt auraient ceux qui tirent à la fois leurs carrières, leur légitimité et leurs postes du système technicien à poser en termes véridiques la question de sa survie ?

(Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.)

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Publié le 03.09.2020 à 21:22

Simone Weil et Georges Bernanos - Notre Bibliothèque Verte (n°10 et 11)

Voici deux nouvelles notices de Notre Bibliothèque Verte, par Renaud Garcia, consacrées cette fois à Simone Weil et à Georges Bernanos.

Ces deux-là étaient vraiment faits pour s'entendre. Georges Bernanos, le premier né et le dernier mort (1888–1948), disciple royaliste et catholique de Edouard Drumont, le porte-parole de l'anticapitalisme antisémite et de Charles Maurras, celui du nationalisme antidreyfusard. Simone Weil (1909–1943), Juive rationaliste, disciple de Descartes via Alain, son professeur de khâgne, et militante anarcho-syndicaliste d'une intransigeance à faire pâlir Louise Michel.

Ils se rencontrèrent plusieurs fois, mais jamais face à face. La première fois, c'est lors de la guerre d'Espagne (1936–1939), à laquelle tous deux participent dans les camps opposés. Simone Weil combattant dans la Colonne Durruti et Georges Bernanos soutenant l'armée nationaliste de ses écrits. Chacun, à cette occasion, découvre l'inhumanité sanguinaire de son propre camp. Non seulement, ils osent voir, mais ils osent dire ce qu'ils ont vu ; ces vérités qui ne sont pas bonnes à dire. Bernanos dans ses Grands cimetières sous la lune (1938) ; Simone Weil dans une lettre à Bernanos que celui-ci gardera toute sa vie dans son portefeuille. C'est que tous deux sont encore plus amis de la vérité que de leurs amis respectifs, anarchistes et nationalistes.
Autre rencontre, le christianisme auquel Weil se convertit, convaincue comme Bernanos d'embrasser la véritable religion des pauvres et des humiliés, ce que chacun peut vérifier en lisant les radicales et indépassables prédications du charpentier de Nazareth.

Weil et Bernanos se rejoignent également dans leur opposition révulsée au pétainisme, à la collaboration et à l'Occupation. Une opposition spirituelle qui ne se paie pas de mots, quoique tous deux l'aient proclamée par écrit, mais aussi d'actes et de privations, matérielles et physiques. Tous ces faits suffiraient à nous les rendre plus que chers et dignes d'admiration, mais si nous les réunissons dans Notre Bibliothèque Verte, c'est pour avoir, dans un suprême effort de lucidité héroïque, et pour la dernière fois, trahi leur camp au profit de la vérité.
Leurs derniers écrits, avant, pendant et après cette guerre qui se gagne ou se perd sur le front scientifique, technologique et industriel, dénoncent l'avènement de l'homme-machine, incarcéré dans un même monde-machine et commun aux vainqueurs et aux vaincus. De l'Allemagne au Japon, et de l'URSS aux USA.

(Pour lire les notices, ouvrir le document ci-dessous.)

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Publié le 01.09.2020 à 10:19

Contre l'organisation scientifique du monde (entretien avec "La Décroissance")

Voici un entretien paru dans le dossier d'été de La Décroissance, fort à propos consacré à « nature et liberté ».

On ne peut produire des biens et des services – artificiels – qu'en détruisant des matières premières - naturelles. C'est à quoi les producteurs se sont employés depuis la domestication du feu jusqu'à l'usage des « machines à feu », lors de la « révolution industrielle », au début du XIXe siècle et d'un fantastique essor des forces productives qui s'emballent toujours plus. La science (R & D, innovation), motorisant cet emballement.
On ne peut produire davantage, plus et plus vite, qu'en rationalisant la production ; de l'extraction des matières premières à la distribution des biens et services finis.
On ne peut rationaliser la production qu'en éliminant les temps morts, les erreurs, les gaspillages, c'est-à-dire qu'en réprimant et supprimant toujours plus le facteur humain.
C'est à quoi les ingénieurs des méthodes se sont employés depuis le début du XXe siècle, transformant les hommes en machines avant de les remplacer par des machines suivant ce qu'ils nommaient « l'organisation scientifique du travail ».

Le fantastique essor des forces destructives laissant toujours moins de matières premières naturelles à transformer en biens et services artificiels, pour une population toujours plus nombreuse et avide, la technocratie instaure en ce début de XXIe siècle, l'organisation scientifique du monde. Rationnement / rationalisation.
En clair, l'incarcération de l'homme machine dans un monde machine, une smart planet (IBM), une « Machinerie générale » (Marx), dont tous les circuits et composants, vivants ou inertes, humains ou objets, seront interconnectés et pilotés par les machinistes, grâce aux myriades de mégadonnées transmises par les réseaux 5G et traitées par les algorithmes des supercalculateurs (IA).

Pour commander La Décroissance, écrire :
52 rue Crillon. BP. 36003 – 69411 Lyon cedex 06
Contact : ladecroissance.net ou 04 72 00 09 82

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Publié le 18.08.2020 à 21:10

Protection de la santé, lutte contre le consumérisme… Pourquoi une partie de la gauche s'oppose à la 5G

Un article du Monde du 18 août 2020, avec des citations de Pièces et main d'oeuvre extraites d'un entretien à lire in extenso ici : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1344

(Pour lire l'article du Monde, ouvrir le document ci-dessous.)

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