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Publié le 12.01.2021 à 21:23

Attention, robot méchant

Ceci n'est pas le meilleur ami de l'homme, mais son pire ennemi. Si vous le croisez, fracassez-le, mettez-le en pièces détachées, écrabouillez-le. Voici quelques mois de cela, on s'effarait de voir cet engin sinistre dans les rues de Singapour pour faire respecter la "distanciation sociale" et diffuser les messages officiels (voir la vidéo). Il est vrai qu'au même moment, on voyait des drones survoler les villes chinoises en en enjoignant aux gens de rentrer chez eux. C'était le bon temps. Maintenant, c'est chez nous. A Nantes par exemple, d'où une lectrice nous envoie ce lien vers un article du site Nantes Révoltée : "Un robot chien de surveillance dans les rues de Nantes" (ici et ci-dessous.)

***

Le quadrupède robotisé fait aboyer les vrais chiens et pleurer les enfants sur la Place Graslin, à Nantes le 9 décembre. Il faut dire que cet automate jaune qui imite un sorte de labrador haut sur patte, et sautille en s'approchant des passants a de quoi effrayer. Il s'agit du robot « SPOT » conçu par l'entreprise américaine Boston Dynamics. Depuis quelques mois, ce robot est commercialisé largement, et l'entreprise qui le fabrique a noué un partenariat avec une « start-up » nantaise du numérique.

La boite qui fait défiler ce robot dans le centre-ville de Nantes s'appelle « intuitive Robots ». L'entreprise « conçoit et intègre des solutions logicielles intelligentes pour différents robots ». Intuitive Robots a signé un partenariat avec Boston Dynamics pour assurer la commercialisation du « robot chien » sur le marché européen, ainsi que « l'intégration matérielle et logicielle pour adapter les capacités du robot au besoins des clients », peut-on lire sur un site de Nantes Métropole.

Mais à quoi peut bien servir ce chien électronique doté de caméras, de détecteurs de mouvements et commandé à distance ? Un simple jouet ? Un gadget marketing pour montrer que « Nantes est une ville innovante » ? Pas seulement, ces robots auront des implications très concrètes dans nos vies. « Le robot Spot permet de réaliser des missions d'inspection, de détection ou de collecte de données, notamment dans des environnements déstructurés, difficiles d'accès ou dangereux pour les humains » expliquent ses concepteurs, qui veulent le déployer largement « dans le courant de 2021 ». Demain donc.

La première mission du robot chien est donc la surveillance et la « reconnaissance » en terrain hostile. L'armée américaine teste d'ors et déjà de tels robots pour des « missions de renseignement, de surveillance, d'inspection, de cartographie et de communication ». Quel utilité dans les villes ? On peut imaginer rapidement, dans un contexte de surveillance de masse et de « ville connectée » où tous les déplacements doivent être tracés, ces chiens robots dotés de caméras avec reconnaissance faciale par exemple. L'équivalent des drones, mais au sol.

Autre utilisation déjà réalisée : le robot chien qui flique la population en cas de pandémie. Au mois de mai dernier, cet automate patrouillait dans un parc de Singapour pour faire « respecter la distanciation sociale ». Le chien jaune diffusait un message sur les « gestes barrières » et interdisait aux humains de s'approcher, puisqu'il est doté d'une caméra capable d'évaluer le nombre de visiteurs dans le parc et la distance entre les personnes. Effrayant.

Dernier exemple d'utilisation concrète d'un tel outil, en France cette fois : le robot au service de l'industrie nucléaire. L'Andra – l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs – qui fabrique une poubelle de déchets nucléaires gigantesque dans l'Est de la France, a été la première à vouloir s'appuyer sur les capacités de ce robot dont elle finance le développement. Pour son projet controversé d'enfouissement souterrain de déchets nucléaires, le robot sera envoyé dans les galeries pour superviser les travaux. Le chien a d'ailleurs été utilisé sur le site de Tchernobyl.

Surveillance, guerre, industrie nucléaire … « l'innovation » capitaliste en période de durcissement autoritaire et de crises généralisées n'augure rien de rassurant.

Sources :

Vidéo du robot place Graslin : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/video-le-spectacle-du-chien-robot-impressionne-les-chiens-en-chair-et-en-os-place-graslin-a-nantes-cb75851a-3a25-11eb-b87c-7ba9e39963ec

Un chien robot pour faire respecter la distanciation sociale : https://www.leparisien.fr/video/video-singapour-un-chien-robot-pour-faire-respecter-la-distanciation-sociale-17-05-2020-8318592.php

Intuitive robots : https://www.nantes-amenagement.fr/2020/12/01/intuitive-robots-soffre-de-nouveau-marche-avec-le-robot-spot/

Partenariat nucléaire : https://www.usinenouvelle.com/article/l-industrie-c-est-fou-le-nouvel-etudiant-de-mines-nancy-est-un-chien-robot.N1007934

- Service compris

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Publié le 09.01.2021 à 21:48

Les huguenots à la conquête du (Nouveau) Monde - Bleue comme une orange, chapitre 9

Les huguenots, émigrés protestants de France, furent parmi les plus actifs de cette classe de bourgeois, qui, du XVIe au XVIIe siècle, déclenchèrent aux Provinces-Unies des Pays-Bas, puis au Royaume Uni, aux Etats-Unis, en Europe et dans le monde entier, un séisme philosophique, politique, économique dont l'importance, tel un raz de marée né loin des côtes, ne se révéla qu'à la fin des guerres napoléoniennes, avec la « révolution industrielle ».
« Toutes ces nations, nous dit Zweig, doivent la plupart de leurs succès politiques à l'influence éducative de l'austère ministre de Genève. » Comprenez Jean Calvin, natif de Noyon, en Picardie. Voici un bref aperçu de ces implacables fanatiques du profit et du progrès.

(Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.)

Chapitres 1 à 3.
Chapitres 4 et 5.
Chapitre 6.
Chapitre 7.
Chapitre 8.

- Documents

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Publié le 07.01.2021 à 21:19

Patrick Geddes et Lewis Mumford - Notre Bibliothèque verte (N°22 et 23)

On ne va pas faire de « contrôle des connaissances », mais normalement, lecteurs, vous en savez déjà long sur Lewis Mumford (1895-1990), l'auteur de Technique et civilisation (1934), et du Mythe de la Machine (2 vol. 1966, 1970, 2019 aux Editions de l'Encyclopédie des Nuisances), et sinon reportez-vous à l'entretien avec Annie Gouilleux, sa traductrice, que nous avons publié en 2019 (ici).

Ce qui nous intéresse chez Mumford, c'est l'usage des mots machine (et mégamachine) comme métaphore de l'organisation sociale composée d'organes humains, de même qu'un orgue est composé d'outils, qui lui permettent de travailler : erg- énergie, ergonomie, etc. L'organisation, la machine, comme moyen de la puissance, suivant l'étymologie grecque de mêkhané, moyen/machine. La discipline, « force des armées », et l'union « qui fait la force », optimisant l'efficacité et la puissance des forces militantes et militaires. Cette machine, on la voit émerger des cités du IVe millénaire avant J.-C. (Cf. L. Mumford, La Cité à travers l'histoire,1961), de leurs édifices gigantesques, dont la construction exige l'organisation (la « coordination » disent les marxistes), d'une main d'œuvre pléthorique. Et pour finir, cette machine humaine, invincible combinaison d'union et de discipline, réalise tout simplement l'organisation de Saint-Simon (1760-1825), le théoricien fondateur de l'industrialisme (Cf. L'Organisateur, 1819), elle-même extrapolée de l'organisme humain. Org- = outil + énergie = travail (work) (Dictionnaire étymologique). Vous voyez comme on se retrouve, et qu'on ne vous fait pas lire pour rien.

Mais, avions-nous demandé à Annie Gouilleux, de quels maîtres, de quels penseurs, Lewis Mumford tirait-il son inspiration, ses pistes et son goût de l'enquête ? – Car seuls les ignorants n'ont eu ni maître ni modèle. Et bien, surtout Patrick Geddes, nous dit Annie, « un néo-lamarckien qui a coécrit Evolution avec J. Arthur Thompson dans la section de biologie de la bibliothèque du City College. » Mais aussi un botaniste qui s'intéresse à̀ la biologie, à l'agencement des villes et à la sociologie. Qui possède une culture encyclopédique sur les religions et les cultures orientales, sur l'économie, sur l'anthropologie et la paléontologie. Car, selon Geddes, il est impossible de comprendre un organisme vivant sans tenir compte de la totalité de son environnement. « La philosophie de Patrick Geddes » dit Lewis Mumford « m'a évité de devenir un spécialiste borgne [...], elle m'a donné l'assurance dont j'avais besoin pour devenir généraliste, c'est-à-dire quelqu'un qui cherchait à rassembler d'une manière plus intelligible tout le savoir que le spécialiste, par sa concentration poussée à l'extrême avait enfermé dans des compartiments étanches. » Selon les propres mots de Mumford, Geddes devient son Maître et un peu le père qu'il ne connaît pas. Malgré des relations parfois orageuses, ils correspondent jusqu'à la mort de Geddes en 1932. La devise de Geddes, vivendo discimus (nous apprenons en vivant) devient celle de Lewis Mumford entre 1914 et 1924, lorsqu'il exerce de petits emplois tout en poursuivant ses études.

Mais, avons-nous demandé à Renaud Garcia, quels étaient les maîtres à penser de Patrick Geddes ? C'est ce que vous saurez en lisant ces deux nouvelles notices de Notre Bibliothèque Verte.

(Pour lire les notices, ouvrir le document ci-dessous.)

Lire aussi :

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Publié le 29.12.2020 à 21:36

Bernard Charbonneau : "Le Monde" diffuse de fausses informations

Bernard Charbonneau (Bordeaux, 1910 – Saint-Palais, 1996) n'a pas eu souvent les honneurs du Monde, lui qui fut durant la plus grande partie de sa vie occulté, sinon méprisé, par la presse et l'édition de son pays. Mais il est des hommages posthumes dont il se serait bien passé.

Un certain Luc Chatel (rien à voir avec le politicard sarkozyste, même s'il s'est servi de cette homonymie pour monter un canular douteux) signe le 20 décembre 2020 dans le journal officiel de la technocratie un article intitulé « Comment le christianisme influence l'écologie politique » où notre libertaire gascon est par deux fois qualifié de « théologien protestant ». « Théologien protestant » ! On entend d'ici trembler sous ses vociférations la pierre tombale du Boucau où Charbonneau est inhumé aux côtés de sa femme Henriette. Comment peut-on écrire et publier de telles contre-vérités ? Est-ce la paresse et l'incompétence d'un journaliste, un nouveau canular ou bien une de ces diffamations dont Le Monde s'est déjà rendu coupable par le passé (1) ?

Il aurait pourtant suffi aux Décodeurs, la cellule de « vérification des faits » du Monde, d'ouvrir n'importe lequel des ouvrages de Bernard Charbonneau ou de faire la moindre recherche pour apprendre que ce libre penseur n'avait rien d'un « théologien » – pas plus que d'un « protestant » d'ailleurs puisqu'il fut baptisé et reçut une vague éducation catholique jusqu'à sa communion solennelle.

Son ami Jacques Ellul qui était, lui, croyant, s'en désolait :
« Nous avons vécu à la fois dans une très grande proximité d'idées et dans une perpétuelle confrontation ; car il était non chrétien et même assez violemment antichrétien. Ce qu'il ne supporte pas chez les chrétiens, c'est d'avoir trahi, en tout, ce que Jésus a porté sur la terre. Ainsi, à chacune de nos rencontres j'ai eu à subir un procès des chrétiens. Il montre toujours une extrême violence à l'égard des chrétiens, d'autant plus grande qu'il a parfaitement compris ce qu'aurait dû être le christianisme, ce qu'auraient dû vivre les chrétiens (2) . »

Le premier ouvrage que Bernard Charbonneau réussit à faire éditer, en 1963 chez Denoël, à plus de 52 ans, s'en prenait à l'une des coqueluches des intellectuels cathos (et autres technobéats) de l'époque, lecteurs du Monde et de Témoignage chrétien à n'en pas douter, et s'intitulait Teilhard de Chardin, prophète d'un âge totalitaire. La thèse était dans le titre et dénonçait l'hubris chrétienne de la théologie teilhardienne, qui s'extasiait devant l'explosion d'Hiroshima (« un événement prodigieux » où « l'homme s'est trouvé sacré ») – tout comme d'ailleurs Le Monde, titrant le 8 août 1945 : « Une révolution scientifique. Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon ».

Charbonneau s'est très tôt défini comme un « agnostique postchrétien » et il participa dès le début à l'aventure de La Gueule ouverte, créée en 1972 par Pierre Fournier et ses amis de Charlie Hebdo, plus portés à bouffer du curé, du pasteur, de l'imam ou du rabbin qu'à l'exégèse biblique. À La Gueule ouverte il donna pendant des années ses « Chroniques du terrain vague » dans lesquelles il contestait la sacralisation de l'État et le culte du Progrès, en opposant l'autonomie – le gouvernement des hommes par eux-mêmes dans le débat et la délibération – à l'hétéronomie, c'est-à-dire la soumission à des préceptes ou obligations indiscutables et dictés d'en haut, d'ailleurs ou de nulle part. Ou par l'intercession du Monde.

Sa critique du christianisme n'est cependant pas celle d'un laïcard borné. S'il en reconnaît les qualités émancipatrices, il en déplore la profonde ambiguïté, comme dans le chapitre « Nature et christianisme » du Feu vert (3) : « Si l'on peut faire un reproche au judéo-christianisme, ce n'est pas d'être vrai ou faux, bon ou mauvais, mais redoutablement ambigu. » « Les Églises n'ont plus qu'une idée : s'adapter à leur temps, à la technique, au libéralisme et au socialisme […] au lieu de s'éveiller à un autre sentiment, il est vrai plus insupportable : celui de leur responsabilité dans un progrès déchaîné par l'ambiguïté du christianisme. »

Dans Le Jardin de Babylone (4), il pourfend les syndicalistes paysans chrétiens, ces propagandistes de la modernisation agricole durant les « Trente Glorieuses », qu'il considère comme les grands responsables du massacre des cultures et des territoires. « De même que le mouvement ouvrier est contrôlé par des cadres marxistes, le mouvement paysan l'est par des catholiques, d'autant plus zélés dans leur culte du progrès qu'ils doivent faire oublier l'époque où leur Église prêchait le “retour à la terre”. […] »

« Une nouvelle génération d'intellectuels et de militants catholiques travaillèrent à substituer le mythe du Progrès à celui du Péché. Ils le firent avec d'autant plus d'enthousiasme et d'autant moins d'esprit critique que, pour ces réactionnaires repentis, le progressisme était tout neuf. Au gros des prêtres paysans s'opposa, non sans heurts, l'avant-garde des prêtres ouvriers. »

Passons sur le reste de l'article du Monde. Qu'aujourd'hui nombre de politicards verts soient issus de la décomposition de l'Église, c'est certes intéressant, mais on pourrait en dire autant de ce qui se nommait autrefois « la deuxième gauche », ou de toute cette mouvance centriste, européiste, technocratique, sans-frontiériste dont Le Monde est justement le porte-parole. Ce qui est frappant dans ce papier, c'est de voir des auteurs technocritiques comme Illich et Ellul abusivement présentés comme inspirateurs des actuels technologistes verts. Nous en avons quelque exemple dans le Bordelais où nous avons subi à Bègles pendant près de trente ans les magouilles politiciennes et les délires mégalomanes de l'écotartufe Noël Mamère, ce soi-disant « héritier de la pensée de Charbonneau et d'Ellul ». Entre autres méfaits, il transforma la vieille cité ouvrière en Boboland connecté et fit bétonner 200 hectares de zones humides pour la construction d'un gigantesque centre commercial.
Par la grâce élective, nous avons aujourd'hui un autre « héritier », le « catho basque » Pierre Hurmic. Miraculeusement porté à la tête de la mairie de Bordeaux par la pandémie covidienne et 17 % des inscrits, il semble pour le moment principalement préoccupé par les sapins de Noël. Pourvu que ça dure. On lui rappelle quand même les pieuses paroles que son « mentor » Jacques Ellul adressa en son temps à Noël Mamère : « Tu crois faire de la politique, mais c'est la politique qui te fera », et on lui recommande la lecture de L'Illusion politique (5), qu'il a vite remisé pour mener sa petite carrière personnelle.

Quant à cette « écologie chrétienne » tant vantée par Le Monde, elle semble avoir rapidement montré ses limites avec la création ces derniers jours d'un « Conseil pour un capitalisme inclusif avec le Vatican », sous l'égide du pape François et avec la participation de grands dirigeants d'entreprise internationaux. « Capitalisme inclusif » : voilà un bel oxymore qui nous permet de citer, une fois de plus, notre « théologien protestant » préféré :
« Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l'écologie. Une prospective sans illusion peut mener à penser que, sauf catastrophe, le virage écologique ne sera pas le fait d'une opposition très minoritaire, dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l'abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n'ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu'à l'écologie ; ils ne croient qu'au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut être fait autrement (6). »

N'en déplaise au falsificateur Luc Chatel, il n'y a rien de « sympathique et taquin » dans cette description des gestionnaires du désastre par Bernard Charbonneau. La mission idéologique de son papier transparaît derrière sa mièvre bonhomie : tenter d'annexer les précurseurs et penseurs de l'écologie (7) pour légitimer les nouveaux maîtres de l'époque – en leur donnant en prime l'onction divine. Mais il n'y a rien de commun entre les technocritiques radicaux et les technologistes verts d'aujourd'hui.
Et Le Monde, le journal de tous les pouvoirs, est bien le journal de ces gens-là.
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Bordeaux, le 29 décembre 2020
Les Amis de Bartleby

Les Amis de Bartleby animent le site La Grande Mue (ici), consacré à la pensée, la vie et l'œuvre de Bernard Charbonneau.

NOTES :
(1) Voir par exemple George Orwell devant ses calomniateurs, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1997.
(2) Jacques Ellul, Madeleine Garrigou-Lagrange, À temps et à contretemps, entretiens, Le Centurion, 1981.
(3) Bernard Charbonneau, Le Feu vert, autocritique du mouvement écologique, Karthala, 1980.
(4) Bernard Charbonneau, Le Jardin de Babylone, rééd. Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2002.
(5) Jacques Ellul, L'Illusion politique, Laffont, 1965.
(6) Bernard Charbonneau, Le Feu vert, Karthala, 1980.
(7) Précurseurs et penseurs que l'on peut retrouver dans l'excellente Bibliothèque verte de Renaud Garcia publiée ici.

- Faits divers

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Publié le 22.12.2020 à 22:57

Origine du Sars-Cov2 : "Le Monde" complotiste ?

Il aura fallu 198 jours pour que le "journal des journalistes", le "journal de référence", le journal qui dicte le sommaire et la ligne éditoriale de la majeure partie des médias français, bref, pour que Le Monde valide l'hypothèse que Pièces et main d'œuvre avait établie et documentée à propos de l'origine du Sars-Cov2 le 8 juin 2020.

Ce 22 décembre 2020, Stéphane Foucart et Chloé Hecketsweiler, employés du Monde - le premier, préposé à la défense de la "bonne science" - détaillent les raisons que nous avions de douter de l'origine naturelle du virus, et d'envisager une fuite accidentelle d'un laboratoire fabriquant des virus "augmentés" par la méthode des "gains de fonction" (ici).

Un oubli dans cette enquête truffée de renvois vers d'autres articles du Monde : le rappel du sermon de William Audureau, directeur de conscience à la cellule de "vérification des faits" du journal. Publié le 31 mars 2020 (voir ici), celui-ci était titré : "L'étrange obsession d'un quart des Français pour la thèse du virus créé en laboratoire". On pouvait y lire : "Oui, il existe des virus humains créés en laboratoire... mais le virus SARS-Cov-2 est d'origine naturelle."
A l'appui de cette leçon scientifique, le responsable du centre d'immunologie et des maladies infectieuses de l'Inserm, Guy Gorochov, tranchait : « Le virus qui circule actuellement a été séquencé de partout. On sait qu'il est sauvage, qu'il n'a pas été créé en laboratoire. Il n'y a pas de discussion possible là-dessus ».

Nous avons discuté, dans notre papier du 8 juin, "Un virus d'origine scientifreak ?", et contrairement au Monde, nous en avons tiré quelques leçons politiques. Pour s'en convaincre, nos lecteurs peuvent comparer notre article (ici) et celui du Monde (document ci-dessous).

Comme le dit le président Macron : "Il faut, dans le pays des Lumières et de Pasteur, qu'on arrête d'avoir des espèces de débats permanents sur les faits ou les vérités scientifiques" (Le Figaro, 14 oct. 2020).

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