Journal de Bord Aquarius

Publié le 05.12.2019 à 17:38

[TÉMOIGNAGE] "J'aurais préféré mourir dans l'eau plutôt que de rester un jour de plus en Libye"

Wilfred*, rescapé à bord de l’Ocean Viking
 

Au beau milieu de la nuit un soir d'hiver, 94 personnes – dont onze femmes (quatre enceintes) ainsi que six très jeunes enfants - s’élançaient sur une embarcation de fortune faite d’un boudin en plastique et de quelques planches assemblées à la hâte. Parmi eux, Wilfred, tout juste trente ans, et son épouse Emilie, transis de froid et de peur. Sans boussole ni aucune notion de navigation et pour la plupart, sans savoir nager, les naufragés ont eu beaucoup de chance d’être repérés en pleine mer par l’Ocean Viking en ce 19 novembre. Wilfred témoigne.

 

« Il y a un conflit en cours au Cameroun. Ça fait deux ans maintenant. Ils ont tué tout le monde dans mon village. Ils ont tiré dans la jambe de mon petit frère.... C'est un pays qui dispose de nombreuses ressources, et j'aurais tant aimé ne l’avoir jamais quitté. Mais ils s'entretuent là-bas. C'était trop dangereux d’y rester !

Le voyage du Cameroun vers la Libye n'est pas facile non plus. Surtout dans le désert et une fois arrivé en Libye, c'est l'enfer sur terre. Tant de coups.... Ils m'ont brisé la tête à force de me rouer de coups en prison. Je n'en pouvais plus. Vous voyez l'eau [pointant vers la mer depuis le pont de l'Ocean Viking] ? J'aurais préféré mourir dans l'eau plutôt que de rester un jour de plus en Libye. Nous avons réussi à nous échapper cette fois-ci et j'ai eu de la chance que ma femme et moi ayons été sauvés par vous et votre navire. Nous vous en sommes très reconnaissants ! »

 

Témoignage recueilli à bord de l’Ocean Viking par Avra Fialas, chargée de communication.

 

*Le nom et la photo ont été modifiés afin de préserver l’anonymat et la sécurité du rescapé.

 

Crédit photo : Avra Fialas / SOS MEDITERRANEE


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Publié le 03.12.2019 à 11:19

[COMMUNIQUÉ] Ocean Viking : le sort des 60 rescapés en suspens entre terre et mer alors que l'hiver s'installe

 

Alors que l'hiver s'installe en Méditerranée centrale, 60 rescapés attendent toujours un port de débarquement, cinq jours après avoir été secourus dans les eaux internationales au large de la Libye par l'Ocean Viking, le navire de sauvetage affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF). SOS MEDITERRANEE appelle les autorités maritimes et une coalition d'Etats européens volontaires à se mobiliser d'urgence pour faciliter l'attribution d'un lieu sûr afin de débarquer les rescapés de l’Ocean Viking.

 

Ce jeudi 28 novembre, lors d’un sauvetage de nuit particulièrement difficile, 60 personnes ont été secourues par l'équipe de recherche et de sauvetage de SOS MEDITERRANEE alors qu’elles étaient entassées dans un bateau en bois instable en péril à 60 milles marins des côtes de Libye. Parmi les rescapés, on dénombre 19 mineurs, dont un bébé de trois mois et son frère de trois ans. 17 de ces mineurs ne sont pas accompagnés.


L'équipe médicale de MSF a soigné plusieurs des 60 rescapés pour des blessures traumatiques graves et récentes qui auraient été subies en Libye. Un patient reste sous étroite surveillance médicale et nécessitera un transfert immédiat à l'hôpital lors du débarquement. Avec la détérioration des conditions météorologiques, les personnes secourues manifestent une intolérance accrue au traitement de base contre le mal de mer et la plupart ont maintenant besoin d'injections pour contrôler leurs vomissements persistants. 

 

Une solution doit être trouvée pour les rescapés actuellement à bord de l’Ocean Viking

 

Le 29 novembre, l'Ocean Viking a envoyé une demande au Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage libyen (JRCC libyen) pour obtenir un lieu sûr afin de débarquer les 60 survivants à son bord. En l'absence d'une réponse du JRCC libyen, le navire a envoyé une nouvelle demande de lieu sûr aux autorités maritimes compétentes les plus proches de la zone – c’est-à-dire les centres de coordination de recherche et de sauvetage italien et maltais. L'Ocean Viking se trouve à présent en attente d’instructions entre Malte et l'Italie. Jusqu'à présent, ces deux centres de coordination ont réagi négativement à ses sollicitations.

 

« Des hommes, des femmes et des enfants sont à nouveau bloqués sur le pont de notre navire après avoir été secourus en mer. L’équipe médicale à bord prend soin d'eux, mais la météo promet de se détériorer au cours des prochains jours et de prolonger encore inutilement les souffrances des survivants qui en ont déjà beaucoup enduré », a déclaré Nicholas Romaniuk, coordinateur de recherche et de sauvetage pour SOS MEDITERRANEE à bord de l’Ocean Viking. « Il est urgent de trouver une solution pour les rescapés actuellement à bord et d’établir enfin un mécanisme prévisible de débarquement, tel que discuté à plusieurs reprises par les dirigeants européens au cours des derniers mois – une solution qui tarde à être mise en œuvre ».

 

33 rescapés retournés en Libye, des pressions sur les capitaines de marine marchande

 

Par ailleurs le 1er décembre, l'Ocean Viking a été informé que 33 personnes secourues par un navire marchand au large des côtes libyennes le 30 novembre ont été ramenées à Tripoli par les garde-côtes libyens. Cette information est parvenue aux équipes après une demande de renfort du navire marchand auprès de l’Ocean Viking. N'ayant pas reçu l'autorisation des autorités pour effectuer le transbordement de ces 33 personnes, l’Ocean Viking n’a pu les faire monter à son bord.

 

« Les équipes de l'Ocean Viking ont fait de leur mieux pour fournir toute l’assistance possible aux survivants et au capitaine du navire dans un contexte très complexe. La situation actuelle en mer empêche les personnes secourues et les navires qui les sauvent d'atteindre rapidement un lieu sûr pour le débarquement » a déclaré Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE.

 

Des politiques européennes incohérentes et meurtrières

 

« Les capitaines sont laissés dans l’impasse, a-t-il continué, tandis que les rescapés, selon les témoignages recueillis à bord de notre navire, sont tout simplement terrorisés à l’idée d'être renvoyés en Libye. Un soutien doit être apporté aux capitaines qui effectuent des opérations de sauvetage pour faciliter le débarquement des rescapés dans un lieu sûr le plus rapidement possible. La Libye ne peut être considérée comme un lieu sûr pour le débarquement. Tout le monde le dit tous les jours, y compris les dirigeants européens et leurs gouvernements. La situation en Libye est très bien documentée. Et pourtant, les dirigeants européens refusent d'accepter la responsabilité de la coordination en mer, y compris la désignation d'un lieu sûr, et ils nous renvoient sans cesse vers les garde-côtes libyens, qui ne sont absolument pas en mesure d’offrir un port sûr. Les politiques de l'Union européenne dans ce domaine sont tout à fait incohérentes. D'une part, les Etats reconnaissent clairement que la situation en Libye est problématique, et disqualifie clairement les ports libyens comme étant des lieux sûrs. Mais d'un autre côté, les naufragés continuent d'être renvoyés en Libye. » a ajouté Frédéric Penard.

 

Nicholas Romaniuk souligne que « l'Ocean Viking a une fois de plus été le témoin du manque chronique de coordination des sauvetages dans la région ». Selon le coordinateur des sauvetages de SOS MEDITERRANEE, « on laisse les navires marchands seuls pour secourir les gens en mer, avec pratiquement aucun soutien en ce qui concerne la suite des opérations. Quant aux navires des ONG, ils continuent d’être entravés dans leur travail de sauvetage. Pourtant, de nombreuses personnes continuent de fuir la Libye. Les deux seules options qui s'offrent à ces gens sont d'être repris contre leur gré [par les garde-côtes libyens] ou de mourir en mer. Empêcher des personnes de se mettre en sécurité et entraver les opérations de sauvetage semblent désormais des options acceptables par certains décideurs en Europe. Et pourtant, cette année seulement, 743 personnes sont décédées en mer Méditerranée centrale, victimes de ces politiques ».

 

Crédits photo : Hannah Wallace Bowman / MSF


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Publié le 26.11.2019 à 09:36

Faire face à l’hiver en Méditerranée centrale

Dimanche 24 novembre, 213 rescapés secourus par l’Ocean Viking ont pu débarquer à Messine, en Italie. Ils faisaient partie des plus de 700 personnes qui ont tenté de fuir la Libye la semaine passée. Alors que les conflits s’intensifient là-bas, les personnes qui tentent la traversée s’exposent à de graves dangers en Méditerranée centrale, d'autant plus avec l'arrivée de l’hiver.

 

Plus de 700 personnes ont pris la route de la Méditerranée centrale en moins d’une semaine

Vendredi dernier, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) partageait son inquiétude face « aux derniers développements en Libye où, en l'espace de 48 heures, au moins neuf bateaux transportant plus de 600 migrants ont été découverts sur la route méditerranéenne centrale ». Dans les heures qui ont suivi, d’autres personnes ont pris la mer, portant à plus de 700 le nombre d’individus qui auraient tenté de fuir la Libye par la mer.


Trois de ces embarcations ont été trouvées par l’Ocean Viking qui a secouru 215 personnes en trois jours, les mardi 19, mercredi 20 et jeudi 21 novembre. Des opérations de sauvetage difficiles, durant lesquelles les équipes de SOS MEDITERRANEE ont travaillé sans relâche, parcourant de longues distances et recherchant en continu les embarcations en détresse qui leur avaient été signalées.



Parmi ces 215 personnes qui cherchaient à fuir les conflits, près d'un tiers étaient des enfants de moins de 18 ans, dont la grande majorité voyageaient seuls. Des mineurs non accompagnés, ainsi que des femmes enceintes, dont Paar, une jeune femme d’origine ivoirienne, enceinte de jumeaux, qui a dû être évacuée de l’Ocean Viking par hélicoptère vers Malte, sa grossesse arrivant à son terme…Un homme blessé par balle en Libye a également pu profiter de l’évacuation sanitaire.



Voici la réalité glaçante de la situation en Méditerranée centrale : des femmes, enceintes pour certaines d’entre elles, des enfants, majoritairement seuls, des personnes qui ont été torturées, blessées, tentent de prendre la route de la Méditerranée, pour fuir les conflits et la misère, coûte que coûte.

 

Encore plus de risques en mer avec l’arrivée de l'hiver

Si la traversée de la Méditerranée centrale sur des embarcations de fortune est déjà très dangereuse en soi, les personnes qui la tentent font face à plus de risques encore avec l'arrivée de l’hiver. Car en hiver, non seulement les températures chutent, mais la houle est plus forte, les vagues sont plus hautes et les tempêtes se multiplient… En outre, les personnes en détresse, qui peuvent parfois dériver plusieurs jours en mer, sont beaucoup plus sujettes à des crises d’hypothermie, qui peuvent engendrer des arrêts cardiaques.


Les conditions météorologiques hivernales compliquent aussi les opérations de sauvetage : avec une mer agitée, les embarcations sur lesquelles ces personnes sont entassées peuvent se rompre ou chavirer beaucoup plus rapidement. 


En janvier 2018, les équipes de SOS MEDITERRANEE ont ainsi vécu l’un des sauvetages les plus critiques dans l’histoire de l’association : sept personnes inconscientes à leur arrivée à bord de l’Aquarius (une femme, trois bébés et trois jeunes enfants) avaient été réanimées avec succès. En revanche les efforts de l’équipe médicale avaient été vains pour deux autres femmes qui n’avaient pas survécu, laissant deux enfants orphelins.


Être prêts pour affronter l’hiver


Face à l’hiver qui arrive, les équipes à bord de l’Ocean Viking s’organisent : des entraînements poussés sont effectués régulièrement, notamment sur la prise en charge des personnes en situation d’hypothermie, ou encore la pratique des massages cardiaques à bord des zodiacs utilisés lors des opérations de sauvetage.
Sur l’Ocean Viking, deux gros conteneurs fermés par des portes hermétiques permettent de mettre les personnes à l’abri de la pluie et du vent. A bord, nous distribuons aux rescapés des vêtements secs, des bonnets, des couvertures, pour aider à la stabilisation de leur température corporelle. En cas d'hypothermie modérée ou sévère, nous faisons tout pour réchauffer les personnes, en leur distribuant de l’eau chaude ainsi que des couvertures de survie.

 

Alors que les départs continuent et que l’hiver est souvent synonyme d’une présence restreinte des navires humanitaires en Méditerranée centrale, les équipes à bord de l’Ocean Viking sont résolues à continuer leur mission. Notre action est plus que jamais urgente et vitale.


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Publié le 25.11.2019 à 18:43

[TÉMOIGNAGE] Julia, chargée de communication à bord

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Publié le 25.11.2019 à 12:57

[L'ŒIL DU PHOTOGRAPHE] Ses jumeaux s'appelleront Ocean et Viking

« J’ai aidé une femme enceinte de huit mois à prendre une douche et à se changer. Elle parle français. Elle m’a dit : "Maintenant, je ne doute plus du nom que porteront mes jumeaux : la fille s’appellera Ocean et le garçon s’appellera Viking en hommage au navire qui nous a sauvé la vie." » raconte Avra, chargée de communication actuellement à bord de l’Ocean Viking, le navire affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec MSF.

 

D’origine ivoirienne, Paar, 32 ans, a été secourue par les marins-sauveteurs de SOS MEDITERRANEE avec 94 autres personnes en détresse en mer le 19 novembre dernier. Au total, quatre femmes enceintes ainsi que 39 mineurs ont été secourus en pleine mer par les équipes de l’Ocean Viking ce jour-là. Enceinte de huit mois, Paar a été rapidement évacuée par hélicoptère en ce vendredi 22 novembre, tout comme un autre rescapé blessé par balles, vers un hôpital maltais où ils seront pris en charge.

 

Crédits photo : Hannah Wallace Bowman / MSF


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Publié le 24.11.2019 à 17:09

Alors que les 213 personnes secourues par l'Ocean Viking la semaine dernière débarquent ce dimanche à Messine (sud de l'Italie), SOS MEDITERRANEE et Médecins sans Frontières (MSF) demandent une nouvelle fois aux gouvernements européens de mettre fin aux obstacles entravant les opérations de recherche et sauvetage (SAR) et de garantir une réponse coordonnée à la catastrophe humanitaire qui se déroule actuellement en Méditerranée centrale.

Plus de 700 personnes auraient tenté de fuir la Libye sur de fragiles embarcations cette semaine, tandis que de nouvelles violences meurtrières faisaient rage autour de Tripoli. Sur les 215 personnes secourues par l'Ocean Viking lors de trois opérations de sauvetage, près d'un tiers étaient des enfants de moins de 18 ans, dont la grande majorité voyageaient seuls.

"Nous sommes soulagés que les survivants soient débarqués dans un lieu sûr aujourd'hui. En raison d'un manque de coordination et de moyens de recherche et de sauvetage spécialisés dans la région de recherche et sauvetage libyenne, et de conditions météorologiques très instables, des vies humaines continuent d'être mises en danger en tentant cette périlleuse traversée", déclare Nicholas Romaniuk, Coordinateur des opérations de recherche et sauvetage pour SOS MEDITERRANEE à bord de l'Ocean Viking. "Ces derniers jours ont été particulièrement meurtriers en Méditerranée centrale. Il est nécessaire d'intervenir d'urgence et de manière coordonnée pour éviter de nouvelles pertes de vies humaines."

Comme les opérations de sauvetage se sont déroulées dans la zone de responsabilité du Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage (JRCC) libyen, Tripoli a été désigné comme port de débarquement pour les survivants. L'Ocean Viking a décliné, car aucun port en Libye ne peut actuellement être considéré comme un lieu sûr. L'Ocean Viking a ensuite demandé aux autorités maritimes maltaises et italiennes d’attribuer un autre lieu sûr pour le débarquement des survivants. 

"La catastrophe humanitaire en cours en Libye et en Méditerranée incarne l'incapacité des États de l'UE à agir conformément aux principes et obligations humanitaires du droit international. Rien que ces derniers jours, au moins 440 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens, qui sont financés par l'UE, et ont été renvoyées de force vers les conditions de violence et d'exploitation qui sont reconnues par l’UE" déclare Michael Fark, chef de mission recherche et sauvetage pour MSF à bord de l’Ocean Viking. "Pendant ce temps, les corps de ceux qui n'ont pas pu être trouvés échouaient sur le rivage. Alors même que l'Ocean Viking attendait des instructions pour son débarquement, des rapports annonçaient un autre naufrage tragique au large de Lampedusa. Ce sont là les effets dévastateurs de leurs politiques que les dirigeants européens ne peuvent plus ignorer."

MSF et SOS MEDITERRANEE exhortent les gouvernements de l'UE à prendre des mesures immédiates pour attribuer un lieu sûr aux 151 survivants encore bloqués à bord de navires de sauvetage; à répondre au besoin urgent de capacités européennes de recherche et de sauvetage proactives; et à mettre en œuvre de manière efficace un mécanisme de débarquement durable et prévisible.

Le conflit armé et l'insécurité croissante en Libye affectant toujours plus les civils, et par là même encore davantage les migrants et les réfugiés extrêmement vulnérables, les dirigeants de l'UE devraient reconsidérer leur soutien politique et matériel au système des retours forcés en Libye. Les personnes fuyant la Libye ne peuvent tout simplement pas y être renvoyées.

RECAPITULAIF

  • Le 9 novembre, l'Ocean Viking quitte le port de Marseille (France) en direction du sud dans des conditions météorologiques difficiles.
  • Dix jours plus tard, 95 personnes sont sauvées d'une embarcation pneumatique en détresse. Le lendemain (20 novembre), 30 personnes sont sauvées d'un petit bateau en fibre de verre.
  • Le 21 novembre, 90 personnes sont secourues d'une embarcation pneumatique après 24 heures de recherche.
  • Les trois alertes de détresse sont signalées par l'ONG Alarm Phone aux autorités maritimes et à l'Ocean Viking.
  • 215 personnes sont secourues par l'Ocean Viking au total, dont 4 femmes enceintes et 54 mineurs non accompagnés.
  • Une femme enceinte de jumeaux et un homme blessé par balle en Libye sont évacués vers Malte le vendredi 22.
  • Samedi, l'Ocean Viking reçoit des instructions pour son débarquement à Messine, en Italie.
     

Crédit Photo : Avra Fialas / SOS MEDITERRANEE


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Publié le 24.11.2019 à 08:42

[L'ŒIL DU PHOTOGRAPHE] Isabelle Serro

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Publié le 23.11.2019 à 08:36

[À TERRE] Expositions de photographies : des images pour témoigner

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Publié le 22.11.2019 à 09:12

[DÉCLARATION] 215 rescapés secourus par l'Ocean Viking en trois jours

Nicholas Romaniuk, coordinateur des opérations à bord de l'Ocean Viking, navire de sauvetage affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF) :

« Hier, l'Ocean Viking a secouru 90 personnes. Le sauvetage s’est déroulé dans les eaux internationales, à 82 milles nautiques (152 km) des côtes libyennes.

Nous avons cherché ce bateau sans arrêt pendant près de 24 heures, ce qui a été très éprouvant pour les équipes à bord de l’Ocean Viking. Alarm Phone a signalé l’embarcation en détresse mercredi aux autorités libyennes en mettant l’Ocean Viking en copie.

Heureusement, nous avons pu repérer l’embarcation pneumatique à l'aide de jumelles depuis la passerelle du navire. Les survivants nous ont indiqué que le bateau avait quitté Khoms, en Libye, mardi soir. Il avait fait route vers l'est et se dirigeait vers le milieu de la Méditerranée. Quasiment toutes les personnes à bord de cette embarcation auraient péri si l’Ocean Viking n’avait pas été dans la zone ou s’il n’avait pas été en capacité de les secourir.

D’après mon expérience, la situation actuelle en Méditerranée centrale est pire qu’elle ne l’a jamais été ces dernières années. Il n'y a pas de coordination dans la région. Il semble y avoir un mépris total pour les personnes fuyant la Libye par bateau et qui risquent ainsi de perdre la vie. C'est extrêmement frustrant et très dangereux pour les personnes elles-mêmes. Ces deux derniers jours, il a été reporté sur les réseaux sociaux qu’une embarcation aurait fait naufrage et que de nombreuses personnes auraient péri. L'Ocean Viking a effectué trois opérations de sauvetage et mis en sécurité 215 personnes au cours des trois derniers jours : une embarcation pneumatique mardi, une embarcation en fibre de verre mercredi et une autre embarcation pneumatique hier. Nous avons dû travailler d’arrache-pied et parcourir de grandes distances pour réussir à les secourir. 

L'Ocean Viking se dirige actuellement vers le nord. Il a demandé aux centres de coordination de sauvetage en mer (MRCC) italiens et maltais d’assigner un lieu sûr pour y débarquer les 215 survivants, après que les autorités libyennes aient attribué Tripoli comme “lieu sûr”. Nous avons dû répondre que nous ne pouvions pas y aller, puisqu’aucun port en Libye n'est actuellement considéré comme un "lieu sûr" selon le droit international. »


Photos: Avra Fialas / SOS MEDITERRANEE

 


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Publié le 22.11.2019 à 08:22

[ILS NOUS SOUTIENNENT] Ce qui reste de nous, un livre jeunesse solidaire, qui aborde l’exil tout en poésie

« Une qui se tait, elle n’a plus parlé depuis des semaines,

et ceux qui doucement tentent de l’aider ont tout à la fois

espérance qu’elle reparle et peur de ce qu’elle dira.

(…)

Deux qui ne se sont jamais lâché la main, même au moment

où ils ont cru mourir. »

 

Poèmes, nouvelles, récits d’exil, récits de vie, le tout admirablement illustré, voilà Ce qui reste de nous. Réalisé bénévolement par 38 artistes autour du thème de l'exil, de l'errance et du déracinement, ce recueil permet d’accompagner un public jeune – et moins jeune ! - vers une prise de conscience de cette réalité parfois difficile à raconter.

 

Sous l’impulsion de deux bénévoles de SOS MEDITERRANEE, Agnès Defrance, bibliothécaire, et Monique Sérot-Chaibi, auteure, est né le désir de créer un ouvrage collectif pour s’adresser aux plus jeunes et traduire dans un langage accessible et imagé ce chemin terrible qui est celui de nombreux enfants à travers le monde. L'engagement « militant » de Mathilde Chèvre, l'éditrice (Le Port a jauni), a permis de mettre au monde le projet des deux amies.  A elles trois, elles ont colligé les productions de près d’une quarantaine d’artistes et auteurs, qui ont contribué à enrichir l’ouvrage de leurs points de vue.

 

Chacun d’eux, à sa façon, évoque, suggère, raconte, illustre avec des mots et des images ce que peut être le trajet des enfants qui quittent leur foyer pour se jeter sur les routes – et les mers – pour fuir la guerre, la misère.

 

Une Idée cadeau solidaire

Les bénéfices de la vente de ce livre jeunesse seront intégralement reversés à SOS MEDITERRANEE. Alors si vous n’avez pas encore d’idée cadeau pour les jeunes de votre entourage, achetez-le dès janvier 2020 dans une librairie près de chez vous. Ce qui reste de nous est édité par Le Port a jauni.

 

Illustrations : Gwenaëlle Tonnelier, Marie Deschamps et Lena Merhej


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