Lignes de Crêtes Lignes de crêtes

Site d’analyse et d’opinion collectif, internationaliste. Lignes de Crêtes s’assume politiquement bienpensant, antiraciste, antifasciste, spirituel, international, féministe et résolument contre l’antisémitisme et l’islamophobie.

Publié le 15.01.2019 à 10:32

Conférence de Yahia Hakoum – Lignes de Crêtes et Souria Houria

Lignes de Crêtes

Conférence tenue le 16 novembre 2018 Ecouter Yahia Hakoum parler des nouvelles consciences dans la révolution syrienne, c’est entendre une voix qui bouleverse. Au sens affectif, certes, mais surtout dans celui de chambouler nos manières de penser. Nos manières de penser la révolution syrienne, ou peut-être les révolutions tout court. Nos manières de penser notre situation ici, si l’on veut bien se laisser bousculer. Yahia parle de choses concrètes, des photos de Bachar al Assad déchirées, de sa sœur qui divorce, de messages sur les murs et de l’essor de la presse, de comment des tas de gens ont construit une conscience politique, des discussions en famille, des évolutions individuelles et parfois des ruptures avec des proches sur les fondamentaux de la révolution. Rien que cela fait du bien, face à tant de discours géopolitiques, idéologiques ou macro-économiques qui masquent tout ce qu’il y a d’émancipateur dans la révolution syrienne (et d’autres). Cela donne envie d’avoir des luttes à raconter de cette manière. Car ce que Yahia décrit, c’est une société où quelques uns d’abord, bien plus ensuite, ont bravé la peur d’une dictature sanguinaire et où la réaction aux massacres du régime est devenue un marqueur essentiel. Où toutes les violations des droits humains, même celles de son propre camp, sont dénoncées par les révolutionnaires. Et ce que la révolution a réussi, c’est mettre au cœur de toute la société syrienne cette question des droits humains, des libertés fondamentales, la question des minorités, la démocratie, le refus de groupes… Continuer la lecture
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Publié le 10.01.2019 à 08:38

L’ombre des guillotines

Marie Gloris Bardiaux-Vaïente

Ces derniers jours ont vu refleurir ce que je croyais être enterré depuis longtemps : les questions sur la légitimité de l’abolition de la peine de mort en France. « Nous pourrions en débattre. » Voilà ce que des responsables politiques de tous bords (et non plus circonscrits au FN/RN) se permettent de dire publiquement ces derniers jours, course électoraliste dangereuse et pyromane. Rétropédalages vaseux pour certains ? Oui, en effet. Cela malheureusement n’ôte rien à ce qui a eu lieu: des responsables politiques hors du champ de l’extrême droite ont touché à ce qui est aujourd’hui un tabou. Vilain mot, me diront certains. Les tabous, la morale, les valeurs, seraient devenus des termes honteux et honnis. Pourtant, chaque être humain se construit autour de ces mots-là. l’abolition est une valeur Une de mes valeurs, ma morale à moi, c’est de militer depuis des décennies maintenant pour l’abolition universelle de la peine de mort. Or, quand on est contre la peine de mort, on est contre pour tout le monde, sans exception aucune. Mais on est aussi contre la reprise symbolique de l’objet qui la représente dans notre pays: la guillotine. Mon émoi face à la résurgence de guillotines, de décapitations fictives, ces dernières semaines a été plus que conséquent. « Tu t’émeus pour pas grand-chose », me renvoyèrent mes détracteurs. Non. Je m’émeus parce que j’étudie à la fois la réalité contemporaine de la peine de mort mais aussi ses mécanismes psychologiques, que je connais par cœur. Et aujourd’hui je suis effarée. Le vernis dont… Continuer la lecture
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Publié le 12.12.2018 à 17:30

Une journée dans sa tête

Tanxxx

Il faut que j’écrive, je me suis dit en sortant du procès de Marsault et de ses deux acolytes jugés pour harcèlement contre Mégane Kamel. Cette journée du 7 décembre aura été un enchaînement de réflexes et de réactions instinctives, de débordements, d’angoisses, et de stupéfaction. Aujourd’hui, quelques jours plus tard et la pression étant retombée, je tourne et retourne cette idée en buvant des litres de café. Écrire, oui mais pour dire quoi, comment, à qui ? Les questions habituelles mais dans ce cas particulier les enjeux et le trouble sont plus grands. Parce que je sens que c’est un piège, d’écrire sur ce que j’ai pu vivre, moi, Tanx dans cette salle de procès où Marsault était jugé, lui, et a voulu accrocher mon attention particulière à plusieurs reprises. C’est un piège parce que ce procès n’était pas le mien, cette histoire n’est pas la mienne, j’étais là pour faire bloc, j’étais là parmi d’autres, et je n’avais pas réellement pris conscience de l’enjeu de ma présence, j’étais aux côtés de mes camarades et compagnons, féministes et amiEs de Mégane, et pour Mégane. À aucun moment avant que ce procès ne commence je n’avais réalisé ma place particulière. Moi qui pensais venir en simple meuf, je me suis rendue compte que j’étais là aussi en tant qu’autrice, en tant que Tanx, en tant que cible. Quand Marsault m’a saluée, je n’ai pas réalisé encore. Quand il est venu s’asseoir juste à côté de moi non plus. Je me… Continuer la lecture
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Publié le 12.12.2018 à 13:09

Yellow Vests: violence and anomy

Antonin Grégoire

The Yellow Vest movement (Gilets Jaunes in French) is practically an anti-barrier to fascism. The exact opposite of what took place in the second round of the presidential elections when Macron was elected to prevent the fascist politician Marine le Pen from becoming president. The slogan « Macron Démission » – Macron Resign ! Allows this movement to unite the ones with no political horizon on one hand and those having the desire to rerun the second round of the presidential elections or to abolish the republic on the other hand. In this fashion this movement is a fascist movement, because it has the power to convince people to turn towards fascism. The anti-barrier to fascism is also what is expressed by the part of the left in France tempted to join the Yellow Vest movement. This left abhors facing the fascism inside the Yellow Vest movement it seeks to support and therefore develops an argumentative arsenal aimed at bypassing, breaking, forgetting the anti-fascist barrier France endured throughout the elections. « They are not all like that, criticizing them is class contempt, we must walk on one ground with the extreme right to prevent the extreme right from gaining ground; I have a friend from an anti-racist movement that was there so it proves the movement is not entirely racist; The fascist acts or slogans do not embody the movement; fascists are everywhere so we can’t do anything, it is a normal thing to also have fascists inside a social movement » etc. The left… Continuer la lecture
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Publié le 12.12.2018 à 12:28

Gilets Jaunes, violence et anomie

Antonin Grégoire

Les Gilets Jaunes sont l’anti-barrage au fascisme. Le slogan « Macron démission » permet d’unir ceux qui n’ont aucun horizon politique et ceux qui ont pour horizon de rejouer le second tour ou d’abolir la république. C’est en cela que ce mouvement est un mouvement fasciste, car c’est un mouvement qui peut convaincre des gens de se tourner vers le fascisme. C’est aussi l’anti-barrage au fascisme qui est exprimé par cette gauche tentée de rejoindre les Gilets Jaunes. Celle là ne supporte pas qu’on lui rappelle la réalité du fascisme du mouvement et développe tout un argumentaire destiné à briser, dépasser, oublier le barrage au fascisme. “Ils ne sont pas tous comme ça; c’est du mépris de classe; justement il faut aller sur le terrain avec l’extrême droite pour pas lui laisser le terrain; j’ai un ami du comité Adama qui y était; c’est pas représentatif; c’est minoritaire; y’a des fascistes partout donc c’est normal on ne peut rien y faire”. La gauche se construit consciencieusement son déni et ses justifications, qui resserviront par la suite. Des milices fascistes venues recruter et le retour de “l’identité nationale” Les milices d’extrême droite ne sont pas là par hasard, c’est un lieu qu’elles ont identifié comme étant un terrain favorable et elles viennent faire quelque chose. Ce n’est pas non plus un hasard si les milices d’extrême droite osent arborer leurs symboles, brassards et drapeaux. C’est très rare que les fascistes disent qu’ils sont fascistes et ils ne le disent que lorsqu’ils savent qu’ils… Continuer la lecture
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Publié le 11.12.2018 à 09:51

De la fierté et de l’humiliation

Marie Gloris Bardiaux-Vaïente

Depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, je tournais autour d’un point sur lequel je ne parvenais pas à mettre le doigt. C’est au cours d’une conversation entourée de mes camarades, que j’ai trouvé le lien. Une de mes amies prononça au milieu de nos débats, le mot fierté. …. Acte 1 Il y eut d’abord ces femmes sur les ronds-points. Ces femmes de la petite commune où je vis. Ces femmes qui se lèvent plus tôt qu’habituellement, mères de familles et femmes qui travaillent, déjà aux prises avec la double journée. Ces femmes qui du jour au lendemain perdent des heures de sommeil, de temps pour elles-mêmes (déjà très réduit), pour avant ou après leur travail, se placer sur des ronds-points. Et ce fait là, m’impressionne. On m’a dit plusieurs fois qu’en ne m’associant pas aux GJ, je marquais mon mépris de classe. De petite bobo. J’ai exprimé que cet argument était fallacieux pour plusieurs raisons, mais j’en avais occulté une. Le mépris je le connais. Je le fréquente chaque jour de ma vie. Il ne se passe pas 24h sans qu’un homme ne veuille me montrer que lui sait, que lui peut parler, m’interrompre, mecspliquer sur les sujets qui relèvent de mon domaine de compétence. Il ne se passe pas 24h sans qu’un homme au milieu de 1000 ne fasse pas preuve d’un « ma petite », ou ne s’adresse à moi comme si j’étais sa secrétaire (métier pour lequel je n’ai aucun mépris, mais si l’on m’exhorte à le… Continuer la lecture
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