Lignes de Crêtes Lignes de crêtes

Site d’analyse et d’opinion collectif, internationaliste. Lignes de Crêtes s’assume politiquement bienpensant, antiraciste, antifasciste, spirituel, international, féministe et résolument contre l’antisémitisme et l’islamophobie.

Publié le 19.08.2019 à 16:16

From Christchurch to El Paso, the “White” guy only exists by blood

Nadia Meziane

On August 3rd 2019, in El Paso, Texas, Patrick Crusius traveled a thousand kilometers then, armed with an AK 47 gun, shot dead 20 people in a mall, including children. The young man is 21, he was described as rather lonely and he was mocked in high school. He left a few-pages-long very methodical manifesto, explaining he was acting against the Great Replacement perpetrated by Mexicans. Patrick Crusius is not a lonely wolf. Brenton Tarrant, the Christchurch killer, was not a lonely wolf. The jihadist killers without concrete links with Daech are not lonely wolves. On the contrary, they perfectly are politically socialized killers, but this is a phantom sociability, or at least that is how it is understood by societies where the technological revolution is still unfolding, where the criteria for identifying « real » and « virtual » sociability are outdated, giving the former the essence of « absolute reality » but a feeble and illusive nature to the latter. Patrick Crusius is in the same political organization as Brenton Tarrant. The first line of his manifesto is a tribute to his brother and comrade, whose vision of the world and political fighting methods he shares : the mass murder considered a merciless war. The words we use to qualify the facts don’t matter much: hundreds of people are killed each year by soldiers of an ideological army. It’s just that this army has no need for generals or t mission orders for actions to happen on the ground. In Europe, in the USA, in… Continuer la lecture
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Publié le 05.08.2019 à 11:22

De Christchurch à El Paso, le “Blanc” n’existe que par le sang.

Nadia Meziane

Le 3 août 2019, à El Paso au Texas Patrick Crusius a parcouru 1000 km, puis armé d’un AK 47, il a tiré dans un supermarché abattant 20 personnes, dont plusieurs enfants. Le jeune homme avait 21 ans, il était décrit comme plutôt solitaire et moqué au lycée où il allait précédemment. Il a laissé un manifeste de quelques pages, très ordonné, expliquant avoir agi contre le Grand Remplacement perpétré par les Mexicains. Patrick Crusius n’était pas un Loup Solitaire. Brenton Tarrant, le tueur de Christchurch n’était pas un Loup Solitaire. Les tueurs djihadistes qui n’ont pas de liens matériels avec Daech ne sont pas des Loups Solitaires. Mais au contraire des tueurs parfaitement socialisés politiquement, mais une sociabilité fantôme, ou du moins perçue comme telle dans des sociétés où la révolution technologique est en cours, et où les critères utilisés pour définir la sociabilité “réelle” et la sociabilité ” virtuelle” sont totalement dépassés, accordant une essence de “réalité absolue” à la première et un caractère faible et illusoire à la seconde. Patrick Crusius faisait réellement partie de la même organisation politique que Brenton Tarrant. La première ligne de son manifeste lui rend hommage comme à un frère et à un camarade dont il partage non seulement la vision du monde mais la méthode de lutte politique: le meurtre de masse qu’il considère comme une guerre impitoyable. De fait, le terme importe peu au regard des faits:les centaines de morts sont désormais abattus chaque année par des soldats d’une armée… Continuer la lecture
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Publié le 03.07.2019 à 17:12

#metoo #maispaspourtouTEs

Maic

Aujourd’hui, je voudrais parler de mes doutes sur #MeToo. Alors je transpire un peu, j’ai l’impression que je devrais me fendre d’un disclaimer, dire que je suis féministe et que oui #MeToo c’est important. Et ça déjà, ça m’interroge, d’avoir ce réflexe de me défendre : #MeToo c’est un peu sacré, on n’y touche pas. Mais moi j’ai plein de questions, de doutes, et un peu de colère, aussi. Allons-y, un peu en vrac. Confinée dans des sphères bien précises Je ne sais pas si le mouvement, la “vague” #MeToo, a réellement su dépasser les cercles initiaux d’où elle est née. S’est-elle répandue ailleurs que dans les milieux professionnels et la sphère publique, que les femmes fréquentent en tant que travailleuses comme en tant que clientes ou usagères ? Je n’en ai pas l’impression. On a parlé des violences conjugales tout de même, mais je ne vois aucun avant/après en termes de chiffres sur les féminicides conjugaux, qui sont même en France en augmentation cette année. La vague #MeToo a-t-elle même dépassé le cinéma et les médias, a-t-elle dépassé certaines sphères professionnelles tout de même bien précises, la vague s’est-elle insinuée dans tous les bureaux, les supermarchés, les usines et les fast-foods ? Je ne crois pas. La vague #MeToo, née à Hollywood, dans ses effets concrets a-t-elle vraiment dépassé le contexte états-uniens ? Pas pour les Depardieu, les Kechiche ni les Besson, clairement. Etc. Ca n’est pas un échec, et tant mieux si la dégueulasserie hétérosexiste d’Hollywood et de… Continuer la lecture
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Publié le 19.06.2019 à 22:11

Négationnisme: après la chute de Chouard, briser les cycles de l’antisémitisme de gauche

Nadia Meziane

C’était il y a un peu plus de dix ans, le 26 décembre 2008. Dieudonné faisait acclamer le négationniste Robert Faurisson sur scène au Zénith de Paris. Pour la gauche radicale c’était un énorme traumatisme, d’autant plus violent qu’il était non dit, étouffé sous des montagnes de déni et de désarroi politique silencieux. L’homme qui avait réussi à faire monter l’obscur négationniste sur la scène d’une grande salle parisienne, à le faire applaudir par une salle chauffée à mort avait été un compagnon de route de la gauche antiraciste. Une de ces petites célébrités que les organisations se disputaient pour venir faire une apparition dans leur cortège de manifestation. Un des héros de la lutte antisioniste tellement en vogue dans les années 2000. Il y avait cependant une vague consolation. Dieudonné à ce moment là, était déjà parti officiellement à l’extrême-droite. De lui-même, mais enfin, il n’était plus des « nôtres », et l’ensemble de ceux qui l’avaient soutenu depuis ses propos antisémites du début des années 2000, et ne l’avaient renié que lors de ses embrassades avec Jean Marie Le Pen en 2006 se réfugièrent là dedans. On gardait l’eau sale du bain antisioniste, mais l’atroce bébé était seulement notre rejeton indigne, nous n’avions plus rien à voir avec ses turpitudes, après tout il nous avait rejetés. Cet alibi, la gauche radicale ne l’aura pas avec Etienne Chouard. De notre rapport à l’antisémitisme, de ces eaux brunes que nous n’avons jamais purgées, la bête négationniste est sortie une nouvelle fois. Mais… Continuer la lecture
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Publié le 06.06.2019 à 07:30

Entretien avec Nicolas Hénin, démocratie, droits humains et djihadistes

Nadia Meziane

Nous avons rencontré Nicolas Hénin quelques jours après le procès de Mehdi Nemmouche, reconnu coupable de l’attentat au Musée Juif de Bruxelles du 24 mai 2014. Nicolas Henin y a témoigné et fait face à celui qui fut son geôlier en Syrie, dans les prisons de Daech Lignes de Crêtes: Dans ce procès, finalement, Nemmouche a eu un moment de vérité, un seul. Un sourire, inattendu, au rappel d’une « plaisanterie » pendant votre détention. Un moment où il s’est trahi, où il a dit, sans parler: « Oui, j’étais là, oui, c’est moi ». Nicolas Hénin: Oui, tout à fait. Parce que c’est un joueur, parce que ça lui rappelait des moments trop intimes, trop personnels. Ca lui rappelait un moment agréable, le moment où nous étions son petit jouet et où il se moquait de nous. Et où il était dans la supériorité et dans la provocation permanente vis à vis de nous. Donc il n’a pas pu réprimer son sourire. Juste après son sourire, quand moi j’ai ancré ce moment et dit “ah il sourit, il se souvient”, son visage se fige, il reprend son masque impassible et il me fusille du regard dans le genre « Tu m’as bien eu tu me le paieras ». On en reparlera quand il sort. Dans quelques décennies, au moins… LDC: Parlons de ses avocats. Nemmouche a choisi des personnages très particuliers liés aux sphères dieudonnistes d’extrême-droite. Ce choix a-t-il un sens particulier et comment se sont-ils comportés avec toi,… Continuer la lecture
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Publié le 29.05.2019 à 13:35

Trump is Death, Abortion is Life.

Lignes de Crêtes

J’ai avorté. Pourquoi, ce n’est l’affaire de personne, sauf la mienne. La semaine dernière, j’ai participé à un rassemblement local de la Journée d’action pour défendre le droit à l’avortement. Parallèlement aux demandes de dons et à la participation sur le terrain, les organisateurs ont demandé à celles qui avaient bénéficié d’un avortement de partager leurs histoires. Les organisateurs ont théorisé qu’en parlant de nos expériences, nous pouvions personnaliser l’acte, l’humaniser. Comme pour la sexualité ou le genre, peut-être, devions-nous nous définir par nos avortements. Mes fils d’actus de réseaux sociaux sont remplis d’histoires d’âmes courageuses offrant leurs traumatismes en sacrifice à la justification de l’avortement. Pour beaucoup, il y a un élément émotionnel profond dans la décision d’avorter. Elles confessent toutes les raisons de leur décision comme si elles demandaient pardon. Victimes de viol. Victimes d’inceste. Victimes d’abus. Foetus non viables. Complications potentiellement mortelles pour la mère ou l’enfant. Mon coeur a mal pour elles , vraiment. Je crois que leurs motivations sont nobles. Mais leurs histoires détournent l’attention de la manière dont cet argument devrait vraiment être encadré. Qu’en est-il de celles d’entre nous qui ne sont pas victimes? Qu’en est-il de celles qui se sont simplement retrouvées enceintes? L’avortement ne doit pas nécessairement être motivé par un traumatisme. J’ai avorté. Je ne vais pas vous dire quel âge j’avais, ou quelle était ma situation à l’époque. Je ne vous dirai pas si j’avais utilisé ou pas une autre méthode de contraception. Je ne vais pas vous dire… Continuer la lecture
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