L'Autre Quotidien

Sources

RFI - A La Une-RFI - 19.01.2019

Répression au Zimbabwe: les réseaux sociaux toujours coupés

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Depuis vendredi, l'accès aux plateformes comme Facebook, WhatsApp ou Twitter est impossible. Le gouvernement zimbabwéen avait déjà coupé toute connexion à Internet, mardi, suite aux manifestations contre la vie chère. Depuis lors, l'accès a donc été rétabli partiellement. Lien

RFI - A La Une-RFI - 19.01.2019

Allemagne: Horst Seehofer abandonne la présidence de la CSU

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Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer abandonne ce samedi 19 janvier la tête de la CSU, qu'il a occupée pendant plus de dix ans. Lien

Révolution Permanente - 19.01.2019

Gilets Jaunes : le programme et les modalités de l'"Assemblée des assemblées" de Commercy

En même temps qu'il connait un rebond de mobilisation en ce début d'année 2019, le mouvement continue de se structurer par « en bas » avec plusieurs Assemblées Générales qui se tiennent partout dans l'hexagone, avec parfois une dynamique régionale. Les 26 et 27 janvier, les Gilets Jaunes de Commercy organisent, pour leur part, la première "Assemblée des Assemblée" qui a d'ores et déjà recueilli une réponse favorable d'une trentaine de groupes locaux.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que les gilets jaunes de Commercy organisent une "Assemblée des assemblées" qui va se tenir le 26 et 27 janvier prochain. Nous avions déjà relayé leur appel fin décembre. Depuis, « près de 45 groupes inscrits et de très nombreuses prises de contact pour l' L'Assemblée des Assemblées - Gilets Jaunes Commercy » précise la page locale crée en vue de l'évènement.

Ces groupes locaux sont issus, pour la plupart, des Assemblée de Gilets jaunes qui s'organisent, souvent dans des Assemblées Générales, un peu partout en France depuis plusieurs semaines. Ces Assemblées regroupent plusieurs dizaines, voire souvent plusieurs centaines de Gilets jaunes dans de nombreuses villes comme Toulouse, Nîmes, Lyon, Lille, Strasbourg, Montpellier, et bien d'autres.

L'Assemblée des Assemblées, une initiative qui va dans le bon sens

C'est dans ce contexte que les Gilets jaunes de Commercy ont commencé à se poser la nécessité de structurer une « Assemblée des Assemblées » pour mieux se coordonner mais aussi pour partager les expériences vécues dans les différentes Assemblées Générales de Gilets jaunes.

« Certains s'autoproclament représentants nationaux ou préparent des listes pour les élections », et pourtant, « nous avons compris que nous étions capables de nous représenter nous-mêmes ». Face aux nombreuses tentatives des porte-parole autoproclamés, les Gilets jaunes de Commercy se posent la question d'une organisation et d'une coordination démocratique et contrôlée par la base des Gilets jaunes. C'est pourquoi "l'Assemblée des assemblées" de Commercy appelle à ce que les délégations soient composées de Gilets jaunes mandatés par leur AG locale.

Pour que ces délégués représentent de manière véritablement démocratique les Gilets jaunes, ils se doivent de défendre ce qui a été discutée et votée majoritairement dans les différentes Assemblées Générales. En ce sens, ces délégués doivent être révocables et doivent rendre des comptes à leur AG locale.

L' « assemblée des Assemblée » est une tentative de coordination des Gilets jaunes à une échelle plus large que celles existant actuellement comme l'Assemblée régionale de Lille qui regroupe différentes localités. Ainsi, les propositions qui en ressortiront et qui seront ensuite soumises aux Assemblées locales. Les personnes qui viennent à titre individuel peuvent aussi assister aux débats (aucun ne se fait à huis clos) mais ne peuvent pas prendre part au vote.

Cette tentative représente un pas en avant dans la structuration du mouvement sur des bases démocratiques. Et qui cherche notamment à contrer les nombreuses tentatives de portes paroles auto proclamés qui ont pu avoir lieu, à l'image par exemple de Christophe Chalençon qui se présentait comme l'un des représentants des "Gilets jaunes libres" (mouvement crée par le toulousain Benjamin Cauchy qui avait lui aussi tenté de s'auto proclamer porte-parole des Gilets jaunes) et qui avait appelé au nom du mouvement à la formation d'un "gouvernement de transition" dirigé par des militaires....

De même, cette avancer dans la coordination démocratique permettrait d'avancer vers des prises de décisions plus transparentes et collectives, quand aujourd'hui bien souvent les appels nationaux sont décidés en petit nombre par certains administrateurs des pages Facebook ou par des "coordinateurs régionaux", mais sans que la majorité des Gilets jaunes n'aient eu leur mot à dire.

Dans l'immédiat, cette première tentative d' « Assemblée des Assemblées » ne sera, certes, pas représentative de l'ensemble du mouvement, dans la mesure où les assemblées locales restent minoritaires. Pour autant, elle peut être un point d'appui pour échanger sur les différentes expériences et continuer développer la structuration du mouvement par « en bas ». Cela peut permettre de convaincre certains Gilets jaunes à structurer localement le mouvement pour rallier la prochaine.

Echanger et se coordonner pour penser le mouvement à une échelle plus nationale

Cette Assemblée des assemblés compte aussi "rassembler les cahiers de revendications et les mettre en commun (...) et de débattre tous ensemble des suites de notre mouvement." S'il est important de s'organiser localement, il est nécessaire pour en finir avec Macron, de coordonner le mouvement à une plus large échelle. Nous ne pourrons pas en finir avec Macron si chaque groupe local reste dans son coin.

Avec le mouvement des milliers de Gilets jaunes prennent conscience de ce qui les unit et de leur force lorsqu'ils dépassent les divisions imposées par ceux d'en haut. C'est pourquoi il y a un vrai besoin de s'organiser non seulement à l'échelle d'une ville, mais de tout le pays, pour aller plus loin encore dans le rapport de force. Il s'agira pour cela d'élargir le mouvement à d'autres secteurs du monde du travail, de la jeunesse et des quartiers populaires. Cela pose aussi la question de la stratégie à mener pour enclencher un autre rapport de force comme la question de la grève générale. Une aspiration partagée par certaines Assemblées Générales, comme en témoigne les différentes motions à Lille, Toulouse, ou encore Tour. Certaines interpellant les directions syndicales, d'autres pointant sa nécessité.

Comment ça s'organise concrètement

Les Gilets jaunes de Commercy ont publié un programme précis qui synthétisent leurs propositions pour la tenue "l'Assemblée des assemblés Acte I", et qui mentionnent les détails organisationnels. Vous pouvez le trouver ici.

Le weekend s'organisera avec des débats en plénier sur la journée du samedi, avec tous les délégués et les participants qui le souhaitent, organisée autour d'une discussion sur les revendications, puis sur les suites et les perspectives du mouvement, et enfin sur les possibilités de structuration à toutes les échelles. Pour organiser le débat ils proposent que chaque Assemblée locale fasse remonter leurs propositions en amont. La journée du dimanche sera elle consacrée à un travail en groupes sur des points particuliers en fonction des discussions de la veille. Un compte rendu des discussions sera disponible, et il devrait y avoir un live filmé des discussions.

Des hébergements ainsi que des repas sont prévus, ce qui devrait permettre d'échanger et d'apprendre à se connaître. Une participation libre sera demandée pour aider à rembourser les frais d'organisation.

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Le grand débat n'endort pas les Gilets Jaunes, la mobilisation se poursuit avec l'acte 10

N'en déplaise au gouvernement, non seulement l'acte 10 s'annonce très suivi, mais surtout le grand débat ne parvient pas à faire vaciller le mouvement.

Photo : O Phil des contrastes

Cette mobilisation constituera l'épreuve du feu pour Macron qui, avec son grand débat, tente de mener une véritable guerre de tranchée. Pourtant, cette stratégie d'asphyxie n'endort pas les Gilets Jaunes : au cours de son déplacement vendredi dans le Lot, pour « l'acte II » de son grand débat, Macron a été attendu, comme lorsqu'il s'était déplacé dans l'Eure, par des Gilets Jaunes, dans une ville encore une fois en état de siège. Tout au contraire, le soutien au mouvement a connu ces derniers jours un net rebond, les médias étant même contraints de parler, pour la première fois à cette échelle, des violences policières.

« Manu arrête tes macronneries tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat »

Comme lors de son dernier déplacement, le niveau de sécurisation de la ville avait été impressionnant. La ville de Souillac, petite commune de 3750 habitants, avait été mise en état de siège : centre bouclé, marché annulé, manifestations interdites de 8 heures à 23 heures. Dans la matinée, la police a ainsi procédé à deux interpellations pour contenir et repousser le comité de Gilets Jaunes qui s'était formé pour accueillir Macron, banderoles à l'appui portant l'inscription, plutôt explicite quant à la réception du grand débat au sein des Gilets Jaunes : « Manu arrête tes macronneries tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat ».

Plus encore, trois ministres – Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Sébastien Lecornu (Collectivités territoriales) et Didier Guillaume (Agriculture) – ont été interpellés par une trentaine de Gilets Jaunes, qui ont notamment scandé « Rendez l'ISF ! ». Comble de l'ironie : quelques instants plus tard, dans l'antre policé du grand débat, où Macron a fait son show face aux maires, on pouvait entendre ce dernier insister encore une fois sur le fait qu'il ne rétablira pas cet impôt : « L'ISF, ce n'est pas un sujet entre riches et pauvres pour moi, c'est un sujet sur : est-ce qu'on veut aider nos entreprises ou pas ? »

Tout un symbole. En effet, l'enjeu pour le gouvernement avec ce grand débat est de parvenir à faire diversion, et mener une véritable guerre de tranchée pour opposer, aux actes successifs des Gilets Jaunes, ses propres « actes », en l'occurrence des débats dans de multiples villes. Une stratégie au demeurant explicitée par un ministre dans les pages du Figaro : « Désormais, chaque week-end, l'attention médiatique ne portera plus seulement sur les Gilets jaunes, mais sur la question de savoir qui va participer ou non au grand débat. Ça déplace le sujet. »

Une mobilisation massive qui connait un regain de soutien dans l'opinion

Pourtant, n'en déplaise au gouvernement, non seulement l'acte 10 s'annonce très suivi, mais surtout le grand débat ne suffit pas à faire vaciller le mouvement. Cette semaine, le soutien aux Gilets Jaunes a ainsi connu un net rebond. En effet, selon un sondage Elab pour BFM TV, l'approbation au mouvement culmine désormais hauteur de 67% – soit 7 points de plus en une semaine seulement. Dans le détail, ils sont 31% à considérer le mouvement avec « sympathie » (soit 2 points de plus), 36% le soutiennent (plus 5 points). Démonstration que la guerre de tranchée pour occuper l'espace médiatique par Macron est loin d'être gagnée – malgré un gouvernement qui s'enorgueillit de débats fleuves et d'audiences records. Pour l'acte 10, on compte ainsi deux manifestations déclarées à Paris, ainsi que de nombreux appels à travers la France.

Un niveau de mobilisation, avec un soutien massif et qui continue de rester important, qui a poussé certaines directions syndicales, notamment la CGT, à revoir leur position, contrainte aussi par une conscience à la base de plus en plus forte de la nécessité de se lier aux Gilets Jaunes. Ainsi de l'union départementale Seine-Maritime CGT, qui a appelé à « manifester aux côtés des Gilets Jaunes » pour l'acte 10 dans un communiqué en date du 18 janvier 2019, le syndicat déclarant en effet qu'il « ne participera pas au grand débat, à quelque niveau que ce soit ». Martinez s'est également vu contraint d'appeler à une journée de grève et d'action le 5 février. Si les contours sont encore incertains, cela montre un changement de position de la part de celui qui avait à discréditer le mouvement… puis à se faire oublier pour mieux abandonner les Gilets Jaunes.

Des violences policières que même les grands médias ne peuvent plus passer sous silence

Preuve, s'il en est, que le gouvernement n'a pas remisé le mouvement des Gilets Jaunes, le dispositif policier mis en place à Paris s'annonce encore élevé, avec près de 5000 policiers mobilisés pour la seule capitale.

Cet acte 10 qui se tiendra dans un contexte où, pour la première fois, les violences policières ont dû, tant leur niveau est exceptionnel, être prise en compte par les grands médias, qui en ont pour la première fois fait le sujet de leurs JT. Depuis le début on ne compte plus le nombre de blessés et mutilés – 17 personnes ont perdu un œil depuis le début du mouvement – à tel point que le Défenseur des Droits de l'Homme a remis en cause l'utilisation des lanceurs de balle, arme principale de « maintien de l'ordre » par les forces de police.

Un niveau inédit de répression qui, semblerait-il, ne suffit pas à faire ciller le ministre de l'intérieur, Christope Castaner, qui se disait « sidéré » par les accusations de violences policières, poussant même l'ignominie à déclarer qu'il y aurait certainement... plus de blessés si les lanceurs de balle n'étaient pas utilisés : « Si vous supprimez les moyens de défense de nos forces de l'ordre, il leur reste quoi ? Le contact physique, et il y aura certainement beaucoup plus de blessés. Ou il reste les armes de poing, qui est la solution ultime. »

Un niveau de répression qui non seulement n'est pas suffisant pour éteindre le mouvement, mais contribue en retour, comme on le voit, à tourner des franges importantes de la population contre l'institution policière, produisant des élans massifs de solidarité pour les Gilets Jaunes réprimés ou blessés – du succès de la cagnotte de Christophe Detttinger au soutien apporté aux victimes des violences policières.

Grand débat ou pas, le gouvernement est loin d'en avoir fini avec les Gilets Jaunes.

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Nouvelle tuile pour Macron, Benalla mis en examen

On entend d'ailleurs à présent que les samedis les gilets jaunes ont ajouté à leur traditionnel slogan « Macron démission », « Benalla en prison » !

Alexandre Banalla a été placé en garde à vue jeudi matin dans le cadre d'une enquête préliminaire datant du 29 décembre, le chef d'accusation étaient « abus de confiance » et « usage sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle ». C'est la deuxième fois que Benalla est mise en examen, la première fois pour « immixtion dans l'exercice d'une fonction publique » et « violences volontaires en réunion », lors de violences soumises contre des manifestants lors du défilé du 1er mai.

Alexandre Benalla sera donc mis en examen ce vendredi, à cause de l'utilisation des passeports diplomatiques suite à son licenciement de l'Élisée. Le parquet à requis son placement sous contrôle judiciaire.

Les enquêteurs souhaitent approfondir sur les conditions de délivrance et l'utilisation qu'il a donné aux passeports, ayant deux passeports diplomatiques et deux autres dites de services, Benalla a été licencié de l'Elysée l'été dernier mais à gardé possession des passeports dont ils se seraient servie une vingtaine des fois, entre le 1 aout et le 31 décembre.

C'est au mois de décembre que l'affaire à rebondi en pleine mobilisation des Gilets Jaunes, un document publié par Mediapart, démontrant l'utilisation des passeports diplomatiques après son licenciement, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête et la reprise des travaux de la commission du Sénat. Lundi prochain l'ancien chargé de mission du gouvernement doit être entendu à nouveau par la commission d'enquête du Sénat.

Une rebondissement de plus dans l'affaire Benalla, qui démontre qu'il existe une justice à deux vitesses, pendant que Christophe Dettinger est emprisonné, Alexandre Benalla l'ami du président peut non seulement passer à tabac des manifestant innocent mais aussi voyager au tour du globe avec des passeports diplomatiques sans que la justice le dérange. On entend d'ailleurs à présent que les samedis les gilets jaunes ont ajouté à leur traditionnel slogan « Macron démission », « Benalla en prison » !

Crédit photo : ©THOMAS SAMSON, AFP

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Alain Soral, condamné à un an de prison ferme, se compare à Hitler

L'essayiste réactionnaire Alain Soral a sa sentence, un an de prison ferme pour avoir tenu des propos antisémites sur son site et pour avoir insulté de « salope » une magistrate qui avait géré un de ses dossiers en mars dernier.

Décidément, Soral enchaîne les jugements et les condamnations. Il s'était déjà fait condamner en décembre dernier après avoir mis en vente des affiches clairement antisémites sur son site « Égalité et réconciliation ». Il avait écopé à ce moment là d'une amende de 4000 euros. Cette fois-ci, il s'est rendu, comme à son habitude, coupable de propos haineux contre les personnes juives. Avec, en bonus, des insultes misogynes lancées à une magistrate se chargeant de l'affaire en mars 2018. En effet, il affirmait dans un billet publié sur son site : « Je n'ai jamais entendu autant de mensonges et de malhonnêteté sortir de la bouche d'une femme, et pourtant des salopes, j'en ai connues ».

Bien loin de nous étonner. Il était devenu habituel de voir Alain Soral devant les tribunaux avec comme exemple notable, l'affaire de harcèlement raciste et sexiste contre son ancienne compagne, Binta Bangoura en 2014 qu'il accusait d'être « pute à juifs » ou bien les affiches à imagerie anti-sémites dépeignant les camps de la mort de Auschwitz-Birkenau. Le militant d'extrême-droite a à son compteur des milliers d'euros d'amendes ainsi que plusieurs mois d'emprisonnement en attente. Pourtant, la justice a pour habitude d'être particulièrement légère avec les militants d'extrême droite comme avec, par exemple, l'assassin de Clément Méric qui a récemment été libéré.

Soral et Gilets Jaunes même combat ? Aucune chance !

Sur un autre registre, cela fait des semaines que Soral tente de s'ériger tout seul en figure des gilets jaunes enfilant maladroitement le vêtement de signalisation. Il a réitéré ça hier. En effet, cette condamnation est une occasion en or pour lui d'instrumentaliser le mouvement des gilets jaunes afin de s'en faire le porte-voix en carton-pâte.

Un billet étant sorti sur son site « Égalité et réconciliation » comme nous pouvions nous y attendre, essayer de faire passer l'essayiste d'extrême droite comme un martyr de la cause des gilets jaunes, qui partage soi-disant leur combat et leurs attentes. Il se présente comme une victime du Système avec un grand S, une victime au même titre qu'Hitler (sic) emprisonné après sa tentative de putsch de 1923. Imagerie et référence nauséabondes qui s'accordent assez bien avec Soral.

Mais qu'en est-il réellement ? Il n'est ni victime du « système médiatico-politique » ni un martyr de la cause des gilets jaunes. Il ne représente que le fruit pourri d'un système en décomposition : sexisme, racisme, homophobie, antisémitisme. Rien à voir donc avec les gilets jaunes qui aspirent à un avenir meilleur libéré de toutes ces tares. Et non à faire les poubelles de l'histoire en compagnie d'un vieux réactionnaire qui enchaine les sorties les plus nauséabondes pour tenter d'exister dans un contexte où son influence est de moins en moins importante.

NB : Par souci de ne pas faire de publicité à un site d'extrême droite, nous n'avons pas mis de lien vers les articles dont il est question. Cependant, les informations sont facilement trouvables à partir de recherches sur le Net.

Crédit photo : BORIS HORVAT / AFP

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Cahier de doléances : répartition des richesses et plus de démocratie largement en tête des revendications

Les revendications exprimées dans les cahiers de doléances commencent à remonter. Le résultat est sans appel et logique : ce sont les revendications sur le pouvoir d'achat et la démocratie qui prédominent.

Les cahiers de doléance mis en place par les maires depuis plusieurs semaines commencent à remonter. Ce lundi notamment, l'Association des Maires Ruraux de France (AMRF) a remis une synthèse des revendications à Emmanuel Macron. Et le moins que l'on puisse dire : c'est que les revendications sont claires et à l'opposé des priorités que cherche à imposer Macron à travers son Grand Débat national.

Selon l'AMRF, les premiers sujets de revendication portent sur la justice sociale (17,2% des occurences), la justice fiscale (14,3%) ainsi que l'emploi et l'économie (8,3%). Derrière ces deux catégories définies par l'association, ce qui se dessine en creux, c'est la question de la répartition des richesses qui est au cœur des exigences. A commencer par le rétablissement de l'ISF que Macron a déjà écarté. Mais les revendications bien plus loin : certains avancent par exemple la limitation des hauts revenus, dans un rapport variable mais autour de 1 à 20.

Dans la même veine, la question de la hausse des salaires et des pensions réapparait très fréquemment, à commencer par une vraie hausse du SMIC dont le seuil réclamé oscille entre 1300€ et 1700€ nets. C'est également la question de l'indexation des salaires sur l'inflation qui est posée. Au-delà de la multiplicité des revendications, c'est l'idée que chacun puisse vivre dignement de son salaire qui est avancée.

D'autre part, une question qui revient est celle de l'accès aux services publics et aux transports, en particulier dans les zones périurbaines et rurales avec les thèmes aménagement, transport et mobilités (9,4%), transition écologique et énergétique (8,4%) et services de proximité (5,1%). Dans les cahiers s'expriment le refus de voir sacrifier les services publics et la capacité de se mouvoir au nom d'une transition écologique, qui sert surtout pour le gouvernement à justifier les cures d'austérité.

Troisième grand thème de revendications, la question de la démocratie est omniprésente avec les thèmes de l'organisation politique et territoriale (14%), la vie démocratique (8,7%) et le rôle de l'Etat dans les territoires (5,1%). La défiance vis-à-vis des hommes politiques dominants qui appliquent depuis des années les mêmes recettes néo-libérales se fait largement sentir. L'idée qui ressort, c'est de pouvoir contrôler les élus, avec une décentralisation du pouvoir dans les échelons locaux, la capacité de les révoquer ou encore la volonté d'en finir avec les privilèges : un salaire équivalent au salaire d'un travailleur, la fin des régimes spéciaux des élus et grands fonctionnaires, etc. etc.

Le référendum d'initiative citoyenne (RIC) apparaît bien sûr en bonne place. Il apparait comme une synthèse des différentes exigences démocratiques, et ce malgré les nombreuses limites que comporte cette revendication.

Alors que la consultation du Grand Débat organisée par le gouvernement vient juste de commencer, les sujets de préoccupation exprimés sont clairs. Ils sont bien éloignés de ce que le gouvernement cherche à imposer comme calendrier, en évacuant d'emblée le retour de l'ISF ou encore en imposant le thème de l'austérité (en demandant quels services publics doit-on supprimer) ou de l'immigration. C'est également un joli pied de nez à tous les médias qui cherchaient à monter en épingle les manifestations xénophobes d'une poignée de manifestants pour discréditer le mouvement.

C'est bien pour cela que la majorité de la population ne croit pas à la supercherie du Grand Débat. Selon un dernier sondage, 66% se disent sceptique sur l'utilité et l'impartialité de celui-ci. Et ils seront nombreux dans la rue à manifester ce samedi pour l'acte 10 malgré les tentatives d'intimidation du gouvernement.

Classement des thématiques par ordre décroissant (de la plus abordée à la moins abordée au sein des doléances), avec le pourcentage des occurrences (c'est-à-dire la part de chaque thème dans l'ensemble des contributions).

1. Justice sociale = 17,2 %

2. Justice fiscale = 14,3 %

3. Organisation politique et territoriale = 14,0 %

4. Aménagement, transports et mobilités = 9,4 %

5. Vie démocratique = 8,7 %

6. Transition écologique et énergétique = 8,4 %

7. Emploi et économie = 8,3 %

8. Sujets internationaux = 5,4 %

9. Services de proximité = 5,1 %

10. Rôle de l'État dans les territoires = 5,1 %

11. Autres = 4,1 %

Source : Association des maires ruraux de France

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Des universités s'opposent à #BienvenueEnFrance. Cela va-t-il empêcher les frais d'inscription d'augmenter ?

Plusieurs présidences d'université ont pris position contre l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers, assurant qu'elles ne les augmenteraient pas à la rentrée 2019, contrairement à la volonté du gouvernement. Cela va-t-il suffire pour empêcher les frais d'inscription d'augmenter ? Pour réellement empêcher la mesure, il faudra s'inspirer des Gilets Jaunes.

Malaise dans les universités et forcing du gouvernement

Le gouvernement avait annoncé en novembre 2018 la multiplication par 16 des frais d'inscription pour les étudiants étrangers venant hors d'Union Européenne. Cette mesure discriminatoire, et par ailleurs préparant la hausse généralisée des frais d'inscriptions à l'ensemble des étudiants avait alors suscité une levée de boucliers dans de nombreuses facs. Alors que plusieurs assemblées générales avaient réuni des milliers d'étudiants dans diverses universités avant les vacances de décembre, commence également à se manifester une opposition institutionnelle à cette mesure. Ce sont notamment les présidences de Lyon 2, Clermont Auvergne, Aix-Marseille, Toulouse 2, Nanterre, Angers et Rennes 2 qui ont affirmé refuser l'augmentation des frais d'inscriptions pour l'année 2019-2020, et demandant l'ouverture d'une large concertation. Ces annonces font écho au positionnement public de la Conférence des Présidences d'Université (CPU), demandant une suspension de la mesure, ainsi que l'ouverture d'une « concertation » à son sujet. Loin de s'affirmer résolument contre la mesure, les présidences remettent surtout en question le caractère « précipité » de celle-ci, et le fait de ne pas avoir été consultées.

Pour « refuser » l'application de la mesure à la rentrée 2019, les présidences en question envisagent comme solution « technique » de s'appuyer sur un décret paru en 2013 permettant les établissements d'exonérer les frais d'inscription de certains étudiants, dans la limite de 10% des inscrits. Problème : dans de nombreuses universités, la proportion d'étudiants étrangers est supérieure à 10%.

Cette crise témoigne de l'approfondissement du malaise profond que traversent les universités, après plusieurs décennies d'application des mesures austéritaires et néolibérales, visant à en restreindre l'accès, les élitiser et les adapter aux besoins des grandes entreprises françaises. Cependant, ces réactions de la part de présidences qui ont accompagné sans vergogne la répression de la mobilisation du printemps 2018 contre la loi ORE et la sélection à l'entrée de l'université, ont de quoi faire douter quant à la sincérité de leur motivation.

Tentatives de dévier de possibles mobilisations et logiques court-termistes

Face à cette opposition de la part des administrations universitaires, réfractaires à l'idée de risquer un nouveau mouvement étudiant quelques mois seulement après la mobilisation contre la loi ORE, le gouvernement a changé de braqué. Celui-ci a annoncé une « concertation », tout en précisant que celle-ci « n'a pas vocation à être remise en cause dans son principe comme dans son calendrier ». Cette « concertation », au moins autant « démocratique » que le Grand débat national sera animée par 5 personnalités choisies par le gouvernement... Face à cette mascarade, la CPU, sous pression d'un potentiel mouvement ainsi que de la réaction de nombreux enseignants, a produit un nouveau communiqué, réaffirmant sa volonté de suspendre l'augmentation des frais d'inscriptions.

La réaction du gouvernement a été pour le moins « dure » sur la forme, la ministre de l'enseignement supérieur ayant été jusqu'à rappeler aux universités leur « devoir d'obéissance et de loyauté » lors d'une allocution à l'assemblée nationale. Cependant, il serait trop rapide que d'interpréter ces altercations comme une divergence stricte d'intérêts entre gouvernement et présidences d'université. En effet, au-delà de ce durcissement sur la forme visant à rappeler à l'ordre des administrations qui osent rendre publique des divergences politiques, dans un contexte où l'État doit serrer les rangs contre la possibilité de la généralisation du mouvement social en cours, la ministre et les présidences d'université jouent un rôle beaucoup plus trouble qu'il n'y paraît.
En effet, dans le cadre de la pseudo concertation lancée par le gouvernement, Frédérique Vidal demande aux universités "d'identifier leurs besoins" afin d' "augmenter le plafond réglementaire limitant le volume d'exonération", aujourd'hui fixé à 10 %, ce qui rendrait techniquement possible l'accueil à la rentrée 2019 dans certaines facs des étudiants n'ayant pas les moyens de payer les 3700 € dorénavant exigés aux étrangers hors-UE pour s'inscrire.

L'intérêt de cette « concession » de la part de la ministre ? Plutôt que de faire passer le en bloc la mesure, laisser la possibilité exceptionnelle à certaines universités d'exonérer les nouveaux arrivants en 2019, pour qu'elles finissent par ne plus avoir d'autre choix que de s'adapter d'elles même à la hausse des frais d'inscriptions. Comment pourraient tenir quelques universités exonérant les étudiants étrangers quand toutes les autres multiplient les frais d'inscription par 16 ? Face au manque criant de moyens alloués par l'État, celles-ci n'aurait d'autres choix que de se résoudre à cesser d'exonérer elles aussi, faute de budget pour accueillir tout le monde.

Le gouvernement effectue un chantage qui est dorénavant des plus clairs : les universités doivent accepter le fond du décret, l'augmentation des frais d'inscription ainsi que son application dès 2019, en participant à la « concertation » bidon, et le ministère donnera la possibilité d'arrangements techniques locaux pour aider à faire passer la pilule si besoin est.

En ce sens également, et pour renforcer la « carotte » à accepter l'augmentation des frais, un « label » est mis en place par Campus France (structure gouvernementale chargée de trier les étudiants étrangers), dont l'objectif est de faire bénéficier de financements (ridicules par ailleurs, à hauteur de 10millions d'euros au total, soit une goutte d'eau dans l'océan du manque de moyens des universités françaises) aux établissements qui rempliront remplir « 10 engagements clé » souhaités par le gouvernement et visant à libéraliser encore davantage les universités.

Accepter les exonérations fac par fac, c'est accepter la hausse des frais

Si le positionnement des conseils d'administrations des universités pour que la mesure ne soit pas appliquée localement est un minimum, on comprend bien qu'il s'agit de mesures de très court terme, intenables sur la durée par quelques universités « réfractaires ». Ça n'est par ailleurs pas pour rien que le président de l'université Clermontoise Mathias Bernard a affirmé « Nous changerons peut-être d'avis l'an prochain, mais là c'est précipité ». Ces positions ne doivent pas devenir des refuges pour les administrations et les enseignants opposées au décret. Si ceux-ci se veulent conséquents avec leur volonté d'empêcher l'augmentation des frais d'inscriptions, il n'y aura pas de raccourcis locaux possibles.

Depuis de nombreuses années, la mise en concurrence des universités entre elles pousse les communautés universitaires à accepter toutes les réformes et restructurations néolibérales par « pragmatisme », réalisme, à l'image de Parcoursup et de la sélection sur dossier. Les rares universités qui se sont opposées à la sélection des bacheliers en 2018, alors que la réforme est appliquée partout ailleurs, combien de temps pourront-elles tenir, voyant le nombre d'étudiants s'y inscrivant exploser tandis que les moyens continuent de manquer cruellement ? Face à l'intransigeance du gouvernement, la seule issue pour faire retirer le projet est dans la mobilisation nationale, pour l'ouverture des universités, leur gratuité et des moyens à la hauteur des besoins dans les services publics. L'augmentation des frais d'inscription doit être retirée dans son intégralité, car elle n'est ni aménageable localement, ni négociable.

Il n'y a plus d'excuses, les gilets jaunes sont en train de montrer que Macron peut être battu

Le cycle des défaites passées fait peser un lourd scepticisme dans tous les « collèges » universitaires (personnels administratifs, enseignants, étudiants,..) quant à la possibilité de faire reculer les volontés néo-libérales d'un gouvernement. En conséquence, les réactions à l'attaque historique que constitue l'augmentation des frais d'inscription restent très timides, notamment dans le corps enseignant. Au-delà d'une opposition formelle, de quelques tribunes signées et d'une résistance institutionnelle à l'image de la CPU, la réponse du point de vue de la mobilisation reste en-deçà du nécessaire pour pouvoir réellement barrer la route au gouvernement.

Or si Edouard Philippe a annoncé l'augmentation des frais le 19 novembre, le gouvernement était loin de s'attendre à ce que le mouvement des Gilets Jaunes l'ébranle à ce point. Ce dernier, de par ses méthodes, sa radicalité et son caractère massif a été en mesure d'obtenir des concessions (bien que partielles) à la macronie, ce qu'avait été strictement incapable de faire le mouvement syndical institutionnalisé depuis le début de la crise de 2008. Plus encore, il est en train de faire la preuve qu'il est possible de faire trembler l'ordre néo-libéral, bousculant profondément l'agenda de Macron et remettant en question les méthodes qui ne cessent de démontrer leur incapacités totale à s'opposer à quelque réforme antisociale que ce soit : celle des négociations institutionnelles. Les Gilets Jaunes montrent que l'on peut cesser de discuter le poids des chaines, d'accepter le jeu de concertations biaisées desquelles les gouvernements libéraux ne peuvent sortir que gagnants, à l'image de la « concertation » sur les frais d'inscriptions, qui ne peut pas discuter... des frais d'inscriptions.

Pour arrêter Macron, il va falloir se lier au mouvement en cours et s'en inspirer. La première étape doit être le refus total de la part des organisations syndicales profesionnelles et étudiantes, ainsi que des administrations d'universités, de la pseudo-« concertation » voulue par le gouvernement. Seule une mobilisation d'ampleur pourra l'arrêter. Mais pour ce faire, il faudra également que les enseignants arrêtent de se cacher, tantôt derrière un « pragmatisme » qui en revient à l'acceptation de la destruction de l'enseignement public, tantôt derrière les mobilisations étudiantes, et maintenant derrière l' « impureté » du mouvement des gilets jaunes. Les universitaires qui se font le relais de la propagande médiatique et gouvernementale, qualifiant les gilets jaunes de « rouges-bruns » et autre proto-fascistes, sont en train de construire le principal obstacle à une mobilisation de masse pour l'enseignement supérieur gratuit et ouvert à toutes et tous, et plus généralement que des moyens à la hauteur des besoins soient alloués aux services publics. Il devient vital que ces discours soient battus en brèche, d'autant plus alors que la répression se fait au moins aussi violente qu'en 1968. La férocité du pouvoir nécessite plus que jamais une condamnation et une solidarité totale de la part du monde universitaire. Si les facs ne sont pas aux côtés des salariés, retraités, chômeurs, lycéens, lorsqu'ils se font incarcérer, matraquer, mutiler par un pouvoir autoritaire et radicalisé, qui nous aidera quand ce sera au tour des universités mobilisées d'en faire les frais, comme ce fut le cas en 2016 et en 2018 ?

Crédit photo : ALEXIS SCIARD / MAXPPP

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Comment Macron cherche à imposer dans le Grand Débat son projet néolibéral

Le « grand débat national » n'en finit pas de ne pas nous surprendre ! Cinq jours après le lancement de cette vaste opération d'enfumage par le gouvernement, il apparaît de plus en plus clairement que les Français, invités à « parler, échanger, débattre », en plus d'être convoqués par les renseignements généraux s'ils sont un peu trop jaunes, devront en fait choisir entre se serrer la ceinture ou…se serrer la ceinture ! En ramenant sans cesse la question des dépenses publiques sur le devant de la scène, Macron cherche en effet à contrôler le débat en l'enfermant dans un cadre néo-libéral très stricte, dans lequel la réduction des dépenses sociales apparaît comme la seule solution. Mais qui est encore dupe ? Retour sur une opération classique d'enfumage.

Lettre aux Français : d'une fiscalité plus juste à la réduction des dépenses publiques

Dans sa « lettre aux Français », Macron « ouvre le débat » en présentant l'outil par lequel il entend résoudre la crise des Gilets Jaunes : un dispositif prétendument démocratique permettant par le biais des maires de faire remontrer les revendications des Gilets Jaunes via des cahiers de doléances. Jouant la carte d'une nation française devant rester unie à tout prix malgré les conflits qui la traversent, Macron se place en bon père de la nation, se montrant prêt à entendre les revendications du peuple tout en réaffirmant son autorité sur ce dernier. Ainsi, « il n'y a pas de questions interdites » mais les thèmes qui devront être abordés lors de cette consultation sont soigneusement présélectionnés par le gouvernement. De quoi se questionner sur le caractère soit disant démocratique du « grand débat national, » qui sera donc limité aux thèmes suivants : la fiscalité et les dépenses publiques, l'organisation de l'État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.

Dans ces quatre thèmes censés recouvrir l'ensemble des revendications des Gilets Jaunes, les dépenses publiques occupent une place bien particulière puisque c'est le premier sujet qui est abordé dans la lettre. Partant de la question de la fiscalité, effectivement soulevée par les Gilets Jaunes notamment autour de la question de la taxe carbone et du CICE ou encore du retrait de l'ISF favorisant l'enrichissement des plus riches au détriment des plus pauvres, Macron oriente le débat vers un une idée différente qui est celle de la réduction des dépenses publiques. C'est pourtant loin d'être une revendication des Gilets Jaunes qui s'opposent justement à la casse des services publics par Macron et son monde.

Que cela soit une revendication des Gilets Jaunes ou non importe peu finalement : ce qui compte pour le gouvernement c'est d'imposer par l'outil que représente le « grand débat national » une certaine vision du monde selon laquelle il est nécessaire de faire des économies et que ces dernières doivent être faites en priorité sur les services publics. Si cet argumentaire apparaît comme une vérité inébranlable (« Nous ne pouvons, quoi qu'il en soit, poursuivre les baisses d'impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique. »), il est pourtant loin d'être neutre et traduit au contraire la détermination du gouvernement à faire passer coûte que coûte ses mesures antisociales qui nous sont désormais familières : réformes des retraites, du chômage, des aides sociales et plus généralement des services publics avec réduction des effectifs et précarisation des conditions de travail. Ainsi, Macron cherche à faire passer dans les esprits rebelles le modèle de pensée néolibéral et ses dogmes (rembourser la dette = objectif n°1, coupes budgétaires = nécessaires, flexibilisation du travail = solution au chômage, etc…) en prétendant offrir des solutions à la hauteur des revendications des Gilets Jaunes. Une vaste insulte à ces derniers qui demandent en premier lieu plus de pouvoir d'achat, mais aussi une plus grande justice sociale et des transformations institutionnelles !

Le rapport de France Stratégie ou l'appui des experts en Macronie

Pour venir soutenir l'argumentaire avancé par Macron et persuader les Français de la prétendue nécessité de réduire les dépenses publiques, les « experts » de France Stratégie publiaient vendredi 18 janvier un rapport intitulé « Où réduire le poids de la dépense publique ? ». Sur la base de comparaisons des dépenses publiques de la France avec celles d'autres pays de l'Union européenne, le rapport montre que le niveau des dépenses publiques françaises est excessif et qu'il faut par conséquent remédier à cela en coupant quelque part. Si cela vous rappelle quelque chose, c'est bien parce qu'il s'agit de la même soupe néolibérale que celle qu'on nous sert quotidiennement depuis plus de quarante ans et qui est défendue par Macron dans sa lettre — et pour cause : France Stratégie n'est autre qu'une institution rattachée au premier ministre crée sur le conseil de Macron en 2013. La triste question, comme dans la lettre de Macron, est donc : où vaut-il mieux couper ? France Stratégie développe trois scénarios différents pour finalement et sans surprise conclure à la nécessité de « freiner la progression des dépenses sociales ». Autrement dit, quoiqu'il arrive, le train des réformes passera. Il s'agit en quelque sorte de nous faire choisir à quelle sauce nous « souhaitons » être mangés : vaut il mieux sacrifier nos vieux ou nos enfants ? La peste ou le choléra ?

Boycotter un « grand débat » qui n'en est pas un

Rien de tout cela car nous ne sommes pas dupes ! Les Gilets Jaunes ne revendiquent pas une réduction des dépenses publiques et encore moins dans le domaine social mais défendent au contraire une véritable justice sociale, ce qui passe notamment par plus de moyens aux services publics ! Pour les Gilets Jaunes à ce jour, la seule réduction des dépenses publiques qui tient c'est celle sur les salaires de nos représentants. Mais leurs revendications vont plus loin. Il ne s'agit plus de réfléchir en termes de « poids des retraites » ou de « charges sociales » mais bien en termes de conquêtes sociales et de redéfinition des structures du pouvoir, avec des revendications démocratiques de plus en plus radicales telles que la création d'assemblées citoyennes, la réduction significative des salaires des membres du gouvernement ou encore l'abolition des privilèges de ces derniers.

Le « grand débat » n'en est pas un et y participer serait légitimer un gouvernement imposant un modèle de pensée univoque au service des plus riches et au détriment des autres. Les revendications des Gilets Jaunes ne rentrent pas dans le cadre que tentent d'imposer Macron ou France Stratégie à travers l'instrument de pouvoir que constitue l'imposture du « grand débat national ». Et c'est bien pour cela que la mobilisation perdure et se renforce, avec l'approbation de la population à l'égard des Gilets Jaunes en hausse de 7 points soit 67% et 52% de la population qui ne compte pas participer au grand débat.

Crédit photo : Ludovic Marin/Pool via REUTERS

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Vague de suicides à la SNCF

Comme pour France Telecom et la Poste, la SNCF après sa destruction par le gouvernement n'échappe pas à la vague de suicides d'agents qui ne supportent plus la pression managériale et la transformation de l'entreprise.

En effet, du fait que la sécurité des personnes et des circulations n'est plus le maître mot qui faisait la fierté des cheminots, la perspective d'un travail éprouvant mais qui donne le sentiment de travailler pour l'intérêt public perd de sa pertinence. La sécurité a été balayé d'un revers de main pour laisser place nette à la sacro-sainte rentabilité.

Un sentiment d'injustice, de dégoût, traverse l'ensemble du personnel depuis le passage en force du Pacte ferroviaire. L'encre n'a même pas eu le temps de sécher que la direction a commencé tout de suite le démantèlement de l'entreprise, en commençant par les suppressions de postes, les fermetures de lignes, la vente de portion de lignes à la concurrence, un avenir professionnel de plus en plus incertain avec la perte du statut lors du passage "obligatoire" à la concurrence.

Une violence que les cheminots subissent de plein fouet, eux qui se trouvent impuissants devant ce rouleau compresseur, une violence qui se traduit par la perte d'espoir, par de l'incompréhension, de l'amertume, de la haine face à cette situation. Malheureusement, la situation professionnelle occupe une place prépondérante dans la vie de chacun et le fait est que si l'on part au travail la boule au ventre on fini par craquer et commettre l'irréparable. En plein mouvement de contestation populaire contre le gouvernement et la politique de destruction des services publics il serait temps que les cheminots se saisissent de ce mouvement pour exiger l'abrogation du pacte ferroviaire et en finir avec la casse du service public.

Crédit photo : Alexandre MARCHI / MaxPPP

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Révolution Permanente - 19.01.2019

A Nanterre, la répression envers les militants continue

Alors que début janvier, deux étudiants mobilisés de l'université de Paris X Nanterre recevait par courrier un arrêté de la présidence leur interdisant l'accès au campus pendant un mois, les empêchant par la même occasion de passer leurs partiel, ils viennent d'être informé d'une convocation pour motif disciplinaire et d'une procédure visant a les exclure de l'université !

On leurs reproche d'avoir, comme des centaines d'autres étudiants, participer au mouvement du printemps et a celui de décembre, participant aux assemblées générales, au blocage et aux différentes action militante organisé lors de ces mêmes AG.

A travers ces deux étudiants, c'est la dynamique de la mobilisation sociale à Nanterre qu'essaie de briser le président de l'université Jean François Ballaudé, s'inscrivant ainsi dans la ligne gouvernementale. L'utilisation de la répression pour instaurer un climat de peur ne peut être accepté, sur le campus un rassemblement est prévu lundi 21 décembre pour montrer la solidarité et la détermination des militants. Une pétition de soutien est aussi disponible.

Pour que la répression des étudiants mobilisés ne devienne pas la norme, abandon des poursuites disciplinaires contre Victor et Micka !

Un rassemblement aura lieu le 21 janvier sur la fac de Nanterre

Retrouvez toutes les informations sur la page Facebook de l'UNEF-TACLE

N'hésitez pas à signer et faire tourner la pétition en soutien à Victor et Micka !

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Révolution Permanente - 19.01.2019

Castaner contre l'interdiction des LDB : « vous mettez quoi à la place ? »

Un quinzaine de Gilets Jaunes ont perdu un oeil et près d'une centaine sont grièvement blessés par les LBD. Pourtant, il n'est pas question pour le gouvernement de les interdire, puisqu'il s'agit, selon Castaner, des « moyens de défense » des forces de l'ordre.

Dans la lignée de ses déclarations, le ministre de l'intérieur, a défendu l'utilisation des LBD, qu'il qualifie de « moyens de protection » face à la « grande violence » des manifestants. Plus récemment encore, lors d'un discours à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle) dans lequel il présentait ses vœux aux forces de la sécurité civile, il a nié tous cas de violence policière envers les Gilets jaunes, et s'est dit « sidéré » par les accusations de violence policières commises. Il a ainsi réaffirmé son engagement avec la police : « je continuerai à défendre nos forces de l'ordre, je continuerai à défendre les français ».

A la veille de l'acte 10, le ton est donné.

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