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le 22.08.2019 à 23:44

Nuit internationale de la chauve-souris : plusieurs rendez-vous en Isère les 23, 24 et 25 août

FIL INFO — La 23e édition de la Nuit internationale de la chauve-souris se déroule du samedi 24 au dimanche 25 août. En Isère, la LPO organise trois rendez-vous pour aller à la rencontre des chiroptères du territoire. Auxquels viennent s’ajouter des initiatives des Grottes de la Balme et du centre de sauvegarde de la faune sauvage le Tichodrome.

Certes la chauve-souris n’est pas un oiseau mais un mammifère. Cela n’empêche pas la LPO (Ligue protectrice des oiseaux) de l’Isère d’inviter chacun à participer à la 23e édition de la Nuit internationale de la chauve-souris, prévue du samedi 24 au dimanche 25 août. Un événement organisé par la Société française pour l’étude et la protection des mammifères, destiné à mieux faire connaître les chiroptères de nos contrées.

Une chauve-souris en plein vol © Yohann Peyrard

Une chauve-souris en plein vol © Yohann Peyrard

« Depuis vingt-trois ans déjà, cet événement permet de faire découvrir au public ces animaux mystérieux, souvent victimes d’idées reçues et de mythes », rappelle la LPO. Qui organise à l’occasion de cette nuit pas comme les autres plusieurs rendez-vous pour aller à la rencontre des chauve-souris sur le département. Elle n’est toutefois pas la seule, puisque le Tichodrome ou les Grottes de la Balme profitent également de l’occasion pour donner rendez-vous aux Isérois.

Trois rendez-vous de la LPO

Dès le vendredi 23 août à partir de 19 h 30, la LPO propose une soirée à l’Espace naturel sensible de l’étang de Montjoux. Missionnée par le Département de l’Isère pour y mener des recherches durant l’été 2019, l’association délivrera au public les résultats de ses investigations sur le nombre d’espèces en présence, leurs effectifs ou encore leurs lieux de vie. Un compte-rendu suivi d’une projection et d’une sortie sur le terrain, « détecteurs en main ».

Un nichoir à chauve souris à Grenoble © projet chauve souris - Facebook

Un nichoir à chauve souris à Grenoble © projet chauve souris – Facebook

Autre événement : un atelier de construction de gîtes à chauve-souris à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs samedi 24 août à partir de 17 heures. Suivi, une fois encore, d’une séance de recherche des différentes espèces de chauve-souris présentes sur la commune. Attention, les places sont limitées à quinze personnes maximum pour chacune des deux activités. Les inscriptions sont à adresser par courriel.

Ce n’est pas tout : le Versoud vibre lui aussi au battement des ailes des créatures de la nuit. Le samedi 24 août à partir de 19 h 30, la « chiroptérologue » et bénévole de la LPO Coralie propose une conférence pour mieux connaître « ces petits mammifères mystérieux et d’une incroyable diversité ».

Une conférence à son tour suivie d’une projection, puis d’une sortie avec détecteurs pour aller à la rencontre des chauve-souris du Moyen-Grésivaudan.

Les Grottes de la Balme et le Tichodrome fêtent aussi la nuit de la chauve-souris

Autre rendez-vous : les Grottes de la Balme organisent dès 14 heures le samedi 24 août nombre d’animations autour des chauve-souris. Si la plupart des événements affichent d’ores et déjà complets, il reste de la place pour la « causerie contée » Si les chauve-souris m’étaient contées. Tandis que l’observation commentée des chauve-souris sous le porche d’entrée des Grottes à partir de 20 heures est, pour sa part, ouverte à tous.

Affiche du Tichodrome.

Affiche du Tichodrome.

Enfin, Le Gua fête lui aussi les chiroptères grâce au Tichodrome, son centre de sauvegarde de la faune sauvage. Le dimanche 25 août à partir de 18 h 30, son équipe présentera au public le centre de soin et les causes d’arrivée des chauve-souris dans la structure.

L’occasion pour le Tichodrome de décrire les espèces les plus courantes dans nos contrées… et de coller à sa mission en rappelant les gestes et les moyens pour éviter d’occasionner des blessures et préserver ces mignons mammifères.

Florent Mathieu

le 22.08.2019 à 18:04

Conflit de voisinage avec des locataires d’Actis : le maire de Grenoble, Eric Piolle, dans l’œil du cyclone

FOCUS – Depuis deux ans, Juliette*, propriétaire d’un logement dans le centre-ville de Grenoble, vit un cauchemar à cause des nuisances de ses voisins, locataires d’Actis. Elle a dû fuir de chez elle, louer un autre appartement, prendre une avocate pour mener une bataille judiciaire contre le bailleur (qui a eu raison de ses économies) et a même fait une grève de la faim début août. Mais le bailleur rechigne toujours à expulser les perturbateurs, ce malgré une décision de justice de février 2019. Des opposants politiques montent à présent au créneau et accusent le maire de Grenoble Eric Piolle, par ailleurs président d’Actis…

Des opposants au maire Eric Piolle volent au secours d'une propriétaire victime d'un conflit de voisinage avec des locataires d'ActisHabitations en centre ville de Grenoble oût 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Habitations en centre ville de Grenoble août 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Victime d’un conflit de voisinage qui l’oppose à une famille de locataires d’Actis, depuis l’été 2017, Juliette*, propriétaire d’un appartement en centre-ville de Grenoble, croyait voir le bout du tunnel en février 2019. Il n’en fut rien.

Les mois se sont écoulés et la famille responsable des nombreuses nuisances (bruit de jour comme de nuit, dégradations, dégâts des eaux…) qu’elle subit n’était toujours pas expulsée à la mi-août. Date à laquelle la propriétaire a dû rendre les clés d’un second appartement qu’elle louait pour pouvoir retrouver le calme… et enfin dormir.

En août, la série noire continue pour Juliette

Début août, son appartement a été saccagé. Si Juliette n’a aucun doute sur les coupables, l’enquête policière suit son cours. Et la police l’a prévenue qu’il lui faudrait faire preuve de patience : une telle enquête peut durer… Pour parachever le tout, Actis lui apprend avoir négocié un départ à l’amiable avec cette famille fauteuse de troubles depuis une dizaine d’années dans l’immeuble.

Juliette réalise alors qu’Actis n’a sans doute jamais eu l’intention d’expulser la famille depuis février 2019, date du prononcé de justice, et ce en dépit de tout ce qu’elle a enduré. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La jeune femme entame sur le champ une grève de la faim pour crier son désespoir…

Des opposants au maire Eric Piolle volent au secours d'une propriétaire victime d'un conflit de voisinage avec des locataires d'Actis - Habitations en centre ville de Grenoble oût 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Habitations en centre-ville de Grenoble août 2019 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Une semaine plus tard, elle y met toutefois un terme. Non pas que sa situation se soit améliorée, mais son action est sans effet. Le cabinet du maire de Grenoble, Eric Piolle, président d’Actis, tout autant que la direction du bailleur y sont complètement insensibles.

En outre, il s’agit pour Juliette d’« assurer pleinement [son] travail, c’est tout ce qu’il [lui] reste », déclare-t-elle. Sans toit depuis le 15 août, elle s’est résignée à dormir deux nuits dans sa voiture, puis s’est réfugiée chez une connaissance qui a bien voulu la dépanner quelques jours.

Consternés par la situation injuste dont Juliette est victime, tout autant que l’attitude jugée désinvolte du bailleur Actis, des opposants politiques à la municipalité ont pris fait et cause pour la propriétaire. Et décidé d’agiter le chiffon rouge.

La préfecture répond partiellement à la députée LREM Émilie Chalas

Après avoir reçu le soutien d’Alain Carignon et bénéficié d’un certain écho médiatique par le biais du blog Grenoble le changement, Juliette a obtenu d’autres appuis dont celui d’Émilie Chalas. Indignée par cette histoire invraisemblable, la députée LREM a adressé un mail au préfet, début août, pour comprendre ce qui pouvait bien clocher dans cette affaire.

Des opposants au maire Eric Piolle volent au secours d'une propriétaire victime d'un conflit de voisinage avec des locataires du bailleur social Actis.© Joël Kermabon - Place Gre'net

Émilie Chalas, députée En Marche de l’Isère et candidate aux municipales 2020 à Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Deux aspects chiffonnent la députée, candidate aux municipales en 2020 à Grenoble.

D’abord, la passivité du bailleur et celle des pouvoirs publics face à cette injustice que subit la propriétaire et devant l’impunité dont jouit cette famille de locataires. Alors même qu’une décision judiciaire d’expulsion a été rendue…

Deuzio : comment expliquer, s’interroge Émilie Chalas, qu’une famille déstructurée, en proie à de telles difficultés depuis des années, avec deux personnes condamnées pour faits de délinquance et des enfants plus ou moins livrés à eux-mêmes, ne soit pas suivie par les services sociaux ? La préfecture n’a pas encore répondu sur ce deuxième point.

Quant au premier sujet, l’administration assure, droit dans ses bottes, à Émilie Chalas avoir dûment autorisé le recours à la force publique afin d’expulser la famille incriminée. C’était au maire, président d’Actis, de s’en saisir. Ce qu’il n’a pas fait… probablement trop soucieux de faire appliquer son arrêté anti-expulsion, suppose Bertrand Biju-Duval, collaborateur parlementaire d’Émilie Chalas : « Cette histoire met en exergue l’une des limites du positionnement idéologique du maire de Grenoble avec son arrêté anti-expulsion, qui arrive à générer des injustices… »

Matthieu Chamussy pointe « la responsabilité morale » d’Actis

Matthieu Chamussy, conseiller municipal d’opposition ex-LR, a, lui, écrit dès fin juillet à Eric Piolle, maire de Grenoble et président d’Actis. Le candidat aux municipales 2020 en appelle à la « responsabilité morale » du bailleur. « Actis, qui revendique agir pour le droit au logement, devrait se plier en quatre pour trouver une solution pour cette propriétaire, quand des situations sont aussi flagrantes, fustige le conseiller municipal. Il n’ y a pas d’ambiguïté sur les torts de cette famille », renchérit-il. ​

Stéphane Duport Rosand, directeur d'Actis, Eric Piolle, maire de Grenoble et président d'Actis, Christine Garnier vice-présidente de la Métro déléguée à l'habitat dans la buanderie collective de l'immeuble Solaris de l'écoquartier Presqu'île, jeudi 25 janvier 2018. © Séverine Cattiaux - placegrenet.fr

Stéphane Duport Rosand, directeur d’Actis, Eric Piolle, maire de Grenoble et président d’Actis, Christine Garnier, vice-présidente de la Métro déléguée à l’habitat. © Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

Matthieu Chamussy attendait une réponse du maire. C’est le directeur général Stéphane Duport-Rosand qui a pris la plume, le 14 août, dans une missive succincte. Une réponse qui ne fait pas avancer le dossier d’un iota, déplore-t-il.

Le DG y assure qu’Actis « a mis tout en œuvre depuis des mois afin de mettre un terme aux troubles causés par la famille X, dans la limite de ses prérogatives en tant que bailleur ».

Selon Stéphane Duport-Rosand, des aléas ont retardé la mise en œuvre de l’expulsion. Il y a eu une « erreur de la préfecture sur l’orthographe du nom du locataire », puis « des périodes de suspension des expulsions décidées également par la préfecture en période de canicule ».

« Juliette, victime collatérale d’une opération de com d’Éric Piolle »

Des arguments avancés par le bailleur qui ne tiennent pas la route, réfute le conseiller municipal. « La réponse d’Actis signe en creux l’inaction du bailleur, en confirmant qu’il n’a entrepris aucune initiative entre 2010 et 2018 [les locataires étaient déjà en place et ont fait fuir la précédente propriétaire, ndlr]. Cette réponse montre de facto qu’Actis n’est intervenu qu’à partir du moment où il y a eu une mise en demeure de la propriétaire », accable Matthieu Chamussy.

Des opposants au maire Eric Piolle volent au secours d'une propriétaire victime d'un conflit de voisinage avec des locataires du bailleur social Actis. Matthieu Chamussy lors du conseil municipal du 17 décembre 2018. © Place Gre'net

Matthieu Chamussy lors du conseil municipal du 17 décembre 2018. © Place Gre’net

Le conseiller municipal tire une autre conséquence, politique celle-ci, de l’attitude du bailleur : « Actis est en train d’abîmer l’idée de la mixité sociale qu’il prétend défendre. »

Dans sa lettre, le directeur général d’Actis reconnaît en effet, à demi-mots, que le bailleur n’a jamais vraiment eu la ferme intention d’expulser la famille.

Il avoue que, « parallèlement » à cette solution, avoir continué à négocier un départ à l’amiable avec les locataires… Une preuve pour Matthieu Chamussy qu’Actis est sous la coupe du maire de Grenoble et de son arrêté anti-expulsion. « Il est difficile pour le président d’Actis [Eric Piolle, ndlr] de requérir le concours de la force publique auprès du préfet pour procéder à une expulsion lorsque le maire de Grenoble [Eric Piolle toujours, ndlr] signe un tel arrêté », analyse le conseiller municipal.

Qui conclut, implacable : « Juliette est un peu la victime collatérale de l’opération de communication d’Eric Piolle avec son arrêté démagogique et illégal. Cet exemple montre à quel point cette démagogie peut se retourner contre de braves gens ».

Séverine Cattiaux   

* Juliette est un pseudonyme, la propriétaire préférant garder l’anonymat, notamment par crainte des représailles des voisins locataires d’Actis dont elle dénonce les nuisances.

le 22.08.2019 à 16:20

Street art fest Grenoble-Alpes : alors que le succès ne se dément pas, des opposants ferraillent… voire menacent

ENQUÊTE – Avec la forte montée en puissance du Street Art Fest Grenoble-Alpes, les fresques fleurissent un peu partout dans l’agglomération. À un rythme tel que d’aucuns s’en inquiètent et s’interrogent. Qui paye ? Qui autorise ? Où s’arrêtera-t-on ? Certains opposants pointent même le risque de gentrification des quartiers populaires avec la venue d’artistes mondialement reconnus. Peurs infondées ou dérives d’un festival commercial ? État des lieux.

Girl behind the chimney de Wild Drawing réalisée dans le cadre de la cinquième édition de Street art festival Grenoble Alpes © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

« Girl behind the chimney » de Wild Drawing réalisée dans le cadre de la 5e édition de Street art festival Grenoble Alpes. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Championnet, Berriat – Saint-Bruno, Villeneuve, Hoche, Capuche… Ces quartiers en centre-ville ou à la périphérie de Grenoble sont en passe de devenir de véritables musées à ciel ouvert. S’y ajoutent désormais ceux des communes de Fontaine, Saint-Martin-d’Hères et Pont-de-Claix, plus récemment entrées dans la danse.

C’est un fait : les fresques du Street Art Fest Grenoble-Alpes attirent. Habitants de l’agglomération et d’ailleurs ainsi que touristes y débarquent désormais pour découvrir les œuvres d’artistes mondialement reconnus.

La cinquième édition de l’événement, en juin 2019, a ainsi vu naître une cinquantaine de réalisations. Ce qui porte à 180 le nombre de ces fresques urbaines grand format aux styles très divers. Dont une centaine de très grande taille.

Ces stars mondiales du street art qui attirent les touristes

« Les parcours thématiques autour du street art sont nos visites qui fonctionnent le mieux », constate Yves Exbrayat, directeur de l’office de tourisme de Grenoble. Cette tendance devrait perdurer, à condition que le street art fest continue à faire venir des stars internationales, poursuit-il.

"Rose Girl" de Shepard Fairey, 5 boulevard Maréchal Joffre, probablement l'une des attractions les plus remarquées et commentées de la cinquième édition du Street art fest Grenoble-Alpes 2019. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

« Rose Girl » de Shepard Fairey, 5 bd Maréchal Joffre, parmi les œuvres les plus remarquées de la 5e édition du Street art fest Grenoble-Alpes 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

L’édition 2019 est, à ce titre, très satisfaisante. Elle a, pour le moins, engrangé son lot de signatures d’artistes de renom, comme le duo espagnol Pachiavo, le belge Imer, le canadien Li-Hill, l’artiste originaire de Bali, Wild Drawin… Le graffeur hollandais Veks Van Hillik venait, lui, pour la deuxième fois. Pour Robert Proch, artiste polonais, c’était le dernier festival. Il aura peint son ultime fresque à Fontaine, avant de passer l’arme à gauche.

Mais c’était sans conteste l’américain Shepard Fairey le plus attendu. Sur son site, le groupe métropolitain Rassemblement citoyen solidaire écologiste (RCSE) s’extasiait en annonçant sa venue : « L’un des street-artistes les plus en vue de la planète, le fameux Shepard Fairey, alias Obey, qui est l’objet d’une expo au long cours (du 6 au 20 octobre 2019) […] offrira au territoire métropolitain une œuvre monumentale de sa main, sur un mur de 20 mètres ! »

Clou du festival 2019, l’icône mondiale du street art a gratifié la capitale des Alpes d’une fresque géante surnommée Rose girl, ornant le pignon du bâtiment du restaurant universitaire du Crous. Si tout va bien, cette réalisation d’Obey devrait perdurer une quinzaine d’années. Soit la durée de vie moyenne de ces œuvres de rue, selon le directeur du Street Art Fest, Jérôme Catz.

« De moins en moins de réticences »

À ce défilé de stars mondiales à Grenoble, le grand public trouve globalement peu à redire. Même si, comme toute forme de création artistique, le street art ne laisse pas indifférent. On aime ou pas telle ou telle réalisation pour des raisons propres à chacun.

Quant au principe de diffuser le street art dans tous les quartiers de Grenoble, il apparaît plutôt bien accepté par une majorité d’habitants. La ville s’égaye de couleurs. Et un mur décoré vaut toujours mieux qu’un mur de béton gris, considèrent nombre d’entre eux.

Pichiavo à Fontaine, Street Art Fest 2019. © Nina Soudre

Pachiavo à Fontaine, Street Art Fest 2019. © Nina Soudre

Ce que confirme Céline Canard, médiatrice de Street Art Fest, notant que, de festival en festival, les Grenoblois sont de plus en plus favorables au street art. « Avant, il y avait certains retours négatifs. Il y a moins de réticences, jauge-t-elle, parce que les gens s’approprient les œuvres, en parlent… Cela crée un lien entre les habitants et le quartier. C’est quelque chose qui agrandit leur horizon. »

Au 2 rue Mozart à Grenoble, la fresque réalisée par l'artiste Jaba lors du "street art Fest" Grenoble-Alpes 2017, émaillée de messages d'opposants au festival © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Au 2 rue Mozart à Grenoble, la fresque réalisée par l’artiste Jaba lors du Street art Fest 2017, émaillée de messages d’opposants au festival. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

D’aucuns commencent toutefois à se poser des questions sur les circuits de décision et sur l’extension du phénomène, qui paraît sans entrave.

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le 21.08.2019 à 20:37

Les travaux de rénovation des arrêts de bus et tramways débutent, sur fond d’entente cordiale entre le SMTC et JCDecaux

FOCUS — Le début des travaux de rénovation des arrêts de bus et de tramways de l’agglomération grenobloise est l’occasion pour le SMTC et l’entreprise JCDecaux d’afficher une entente cordiale. Loin des désaccords sur la place de la publicité en ville, les deux entités insistent sur les concessions faites de part et d’autre, au terme de « discussions franches » dans le cadre d’un programme d’investissement de 11 millions d’euros.

Entre le SMTC et JCDecaux, l’entente cordiale ? D’un côté, un président du Syndicat mixte des transports en commun, Yann Mongaburu, plutôt réservé sur la place de la publicité. De l’autre, une entreprise spécialisée dans le mobilier urbain, et la publicité qui va avec. À l’occasion de la présentation commune des travaux sur les lignes de bus et de tramways de l’agglomération grenobloise, les deux partenaires tiennent pourtant à mettre en avant ce qui les rapproche… plus que ce qui les divise.

Une première étape de désossage, de ponçage et de peinture pour les abris de l'arrêt de tram Victor-Hugo © Florent Mathieu - Place Gre'net

Une première étape de désossage, de ponçage et de peinture pour les abris de l’arrêt de tram Victor-Hugo. © Florent Mathieu – Place Gre’net

JCDecaux a en effet remporté le marché de maintenance et d’exploitation du mobilier de mobilité de l’agglomération, avec rénovation de l’ensemble des abris à la clé. Guère de suspens, puisque la société était la seule candidate. Mais Yann Mongaburu n’en évoque pas moins des « discussions franches » : « C’était l’objet de la procédure : une haute exigence sur la définition du besoin ». La moindre des choses sans doute pour un investissement de 11 millions d’euros.

Des arrêts moins énergivores

Les concessions ? « Nous avons pu démontrer la pertinence de notre modèle économique », explique le représentant de JCDecaux. Autrement dit, la nécessité pour l’entreprise de conserver un certain nombre de panneaux publicitaires. Pour autant, 324 cadres seront « déposés », notamment à proximité des crèches ou des établissements scolaires. Et la société réservera 50 % des espaces à la promotion des entrepreneurs locaux.

Yann Mongaburu et Pascal Chopin © Florent Mathieu - Place Gre'net

Yann Mongaburu et Pascal Chopin © Florent Mathieu – Place Gre’net

Concessions toujours, mais du côté de JCDecaux cette fois : le bois fera son apparition sur les nouveaux abris des arrêts. « Installer du bois sur du mobilier urbain, ce n’est pas dans notre nature », reconnaît Pascal Chopin… qui ne semble toujours pas convaincu par la décision. Là où Yann Mongaburu souligne que le bois assure un meilleur confort thermique pour les usagers, Pascal Chopin rappelle ainsi que ce matériau tend à beaucoup “souffrir” en ville.

Autres nouveautés sur les futurs abris : des bornes d’information voyageurs pour chaque arrêt de tramway et de ligne Chronobus, et des écrans d’information en temps réel sur ceux des lignes Proximo. Ou encore une nouvelle signalétique multimodale pour informer les usagers des autres arrêts à proximité, des parkings, services de vélo et autres. Sans oublier, cerise sur le gâteau hi-tech, des ports USB pour permettre de recharger téléphones ou tablettes.

Les abris concernés par les travaux sont occultés et placés derrière des barrières de protection © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les abris concernés par les travaux sont occultés et placés derrière des barrières de protection. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Et le président du SMTC comme le directeur régional JCDecaux de vanter encore une réduction de 69 % de la consommation énergétique des arrêts, et le recours aux “énergies vertes”. Même si l’idée évoquée d’installer des panneaux solaires sur les toits s’est révélée techniquement peu satisfaisante au cours des discussions. Autre nouveauté : les arrêts seront éteints la nuit dans les communes qui le souhaitent. Ce sera le cas ainsi à Fontaine… mais pas à Grenoble.

Une « griffe particulière » pour les sites remarquables

Le déroulé des travaux ? Le SMTC et JCDecaux ont choisi de rénover plutôt que de reconstruire. Dans un premier temps, les différents abris sont donc désossés avant d’être poncés puis repeints. Une première phase qui a débuté au mois d’août sur le campus, et se poursuit sur les arrêts Victor-Hugo de Grenoble. « C’est la phase la plus longue, puis les mobiliers et nouveaux matériaux interviendront progressivement au mois d’octobre », détaille Yann Mongaburu.

Les arrêts de bus Victor-Hugo sont également concernés par les travaux. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les arrêts de bus Victor-Hugo sont également concernés par les travaux. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Si cette première phase de travaux est la plus lourde, l’objectif est bien de limiter le plus possible l’impact pour les usagers. À quelques exceptions près, aucune station ne devrait subir de fermeture du fait des travaux. Ainsi, sur les quais du tram Victor-Hugo, deux équipes travaillent de concert sur deux abris différents, derrière des barrières de protection. Pendant que les autres arrêts demeurent normalement accessibles et utilisables.

Il faudra compter environ un an pour venir à bout des 1 070 abris concernés, estime Pascal Chopin. Avec, au final, la volonté de redorer l’esthétique des arrêts et même, dans certains cas, de les singulariser. « Nous avons prévu qu’il y ait cinq sites remarquables avec une griffe particulière, un aspect patrimonial pour les intégrer fortement dans la ville et l’histoire du territoire », confie Yann Mongaburu. Ce sera notamment le cas de l’arrêt Victor-Hugo mais les autres sites concernés – art du teasing oblige – ne seront dévoilés que dans quelques semaines.

Florent Mathieu

le 21.08.2019 à 12:55

Sécheresse : la préfecture de l’Isère étend ses états d’alerte et d’alerte renforcée à de nouveaux territoires

FIL INFO — Alors que les niveaux d’eau de certains bassins du territoire isérois demeurent au plus bas, la préfecture étend ses niveaux d’alerte et de prévention. De nouveaux secteurs sont ainsi placés en état de vigilance sécheresse en Isère, tandis que d’autres se voient classés en état d’alerte, voire en état d’alerte renforcée sécheresse. 

Une « sécheresse durable » en 2019, combinées avec deux années sèches en 2017 et 2018 : c’est le bilan que dresse la préfecture de l’Isère pour le département, en indiquant que « le niveau des nappes souterraines est au plus bas ». Une situation qui s’aggrave depuis le début du mois de juillet, « du fait d’un déficit global de pluies et de températures élevées ».

La Romanche est concernée par l'état de vigilance sécheresse. © Clé Drac-Romanche

La Romanche est concernée par l’état de vigilance sécheresse. © Clé Drac-Romanche

C’est pourquoi le préfet de l’Isère décrète l’état de vigilance sécheresse sur plusieurs bassins du département. Pour les eaux superficielles, sont concernés les bassins de l’Est-Lyonnais, de Paladru-Fure, du Grésivaudan, de la Romanche et du Drac. Et pour les eaux souterraines, de nouveau Paladru-Fure et le Grésivaudan, ainsi que le Vercors.

États de vigilance et d’alerte sécheresse

Le principe ? « La vigilance ne s’accompagne d’aucune mesure de restriction mais chaque citoyen et chaque usager est invité à être vigilant et économe dans sa consommation d’eau », décrivent les services de l’État. Un appel au civisme et à la responsabilité afin de « préserver pour chacun les biens précieux que sont la ressource en eau et les milieux aquatiques ».

Un sol de sécheresse. DR

Un sol de sécheresse. DR

D’autres territoires sont, en revanche, placés sous le signe de restrictions. L’état d’alerte sécheresse est ainsi étendu à trois nouveaux bassins : Isle Crémieu, Vercors et Guiers. Venant ainsi s’ajouter à ceux de Bièvre-Liers-Valloire, du Sud Grésivaudan, de Guiers et de Galaure-Drôme des Collines. Et ceci pour les eaux superficielles comme pour les eaux souterraines.

L’état d’alerte sécheresse impose, par exemple, l’interdiction de laver sa voiture hors stations professionnelles, ou encore de remplir des piscines privées de plus de 5 m3. Les communes doivent également limiter leur consommation en eau, tandis que les exploitants agricoles ont pour obligation de baisser de 15 % le prélèvement d’eau autorisé pour l’irrigation.

Des alertes renforcées sécheresse sur plusieurs territoires de l’Isère

Mais d’autres niveaux d’alerte sont également activés. Face à des niveaux d’eau très bas, l’état d’alerte renforcée sécheresse est ainsi décrété sur plusieurs secteurs : la Bourbre et les Quatre-Vallées-Bas-Dauphiné pour les eaux superficielles. On retrouve les mêmes secteurs pour les eaux souterraines, auxquels s’ajoute l’Est-Lyonnais.

En état d'alerte renforcée sécheresse, les agriculteurs doivent réduire de 30 % leur consommation d'eau pour l'irrigation. DR

En cas d’alerte renforcée sécheresse, les agriculteurs doivent réduire de 30 % leur consommation d’eau pour l’irrigation. DR

Comme son nom l’indique, l’alerte renforcée sécheresse maintient les restrictions incluses dans l’état d’alerte, tout en accentuant certains paramètres. Pour exemple, les exploitants agricoles doivent baisser de 30 % leur prélèvement pour irrigation. Tandis que les municipalités peuvent limiter par arrêté « les usages non prioritaires » du réseau d’eau potable.

Pas de quoi, sans doute, satisfaire la Frapna. En juillet, l’association écologiste accusait la préfecture de l’Isère de minimiser la situation de sécheresse sur le territoire. Et demandait par exemple le placement des eaux souterraines de l’Est-Lyonnais en état de crise alors que celles-ci étaient, et demeurent à l’heure actuelle, classés en “simple” état d’alerte renforcée.

Florent Mathieu