04 76 50 38 38
   Place Gre'Net

 

le 18.01.2019 à 22:40

Microcrédit municipal : la Ville de Grenoble promeut son dispositif, en perte d’attractivité

FOCUS – Face à la baisse du recours au service d’accès au microcrédit, la Ville de Grenoble en rappelle ses avantages. Ce dispositif national, proposé par le Centre communal d’action sociale via une plate-forme d’aide financière en ligne, permet d’accompagner de façon très personnalisée la gestion des budgets de publics en grande difficulté.

Le griffon est l'emblème du Credit Municipal présent credit wikipedia

Le griffon, emblème du Crédit municipal. DR

Les candidats au microcrédit se font de plus en plus rares à Grenoble. Le nombre d’appels pour recourir à ce service de crédit géré par son Pôle inclusion financière du CCAS est en effet en baisse. Et, par répercussion, le nombre de dossiers retenus.

En cause, selon Eric Piolle, maire de Grenoble, un manque de communication de la Ville. Mais aussi la méfiance des travailleurs sociaux face aux risques de surendettement.

La Banque de France a en effet enregistré en 2017 une moyenne de 180 000 dossiers de surendettement. La majorité des personnes concernées se trouvait dans des couches sociales très défavorisées. Les deux tiers étaient des adultes isolés et la moitié des créditeurs n’avait plus aucune capacité de remboursement…

Autre explication : les taux hyper-concurrentiels des prêts en ligne. Certains établissements proposent ainsi des offres à 1 % d’intérêt sur 12 mois. Soit moins que le taux d’inflation de 2,1 % établi par l’Insee (en juin 2018).

En comparaison, ceux du Crédit municipal, à hauteur de 4,5 %, font pâle figure. Mais, insistent les responsables du dispositif, le système de microcrédit personnel permet un accompagnement bien plus personnalisé. Et repose sur une coordination d’acteurs sociaux, bancaires et institutionnels très efficace.

Des prêts avant tout pour financer la vie quotidienne

Le maire de Grenoble était également présent pour défendre ce dispositif d'envergure national © quitterie breau

Le maire de Grenoble était présent pour défendre ce dispositif d’envergure national © Quitterie Breau

« Nous laissons l’accompagnement social aux professionnels et bénévoles des CCAS ou du Secours catholique qui savent très bien le faire », précise Arnaud Rousset, directeur général du Crédit municipal de Lyon.

En effet, comme le rappelle Claire Cotte, déléguée départementale du Secours catholique de l’Isère, 99 % de la population est aujourd’hui bancarisée. « Il est devenu très difficile en France de ne pas utiliser les services bancaires – carte bancaire, chéquier – pour procéder au paiement de ses achats. » Le phénomène d’exclusion est donc redoutable, une fois les limites de l’endettement franchies.

D’autant que les prêts sont quasi exclusivement conclus en vue de financer les nécessités de la vie quotidienne. La moitié des recours concerne la mobilité professionnelle, 25 % le financement de travaux ou d’équipements pour le logement, les 25 % restant sont surtout destinés aux frais de santé.

La lutte contre l’exclusion bancaire fait partie des principes fondateurs du Crédit municipal, rappelle Arnaud Rousset. « Cet établissement a été créé pour combattre l’usure. C’est vraiment dans son essence même que de se tourner vers des publics en difficulté et les gens exclus du système bancaire ». Rien d’étonnant dès lors à ce que le Crédit municipal se soit lancé dans le microcrédit depuis 2006.

Le Crédit municipal est bien l’acteur historique des « micro » prêts (dont fait partie le micro-crédit). Depuis deux siècles, l’agence lyonnaise prête ainsi « sur gage ». Sur simple dépôt au comptoir de l’accueil, une personne dans le besoin acquiert ainsi 60 à 70 % de la valeur estimée du bien déposé. Très souvent des bijoux. Et le tout sans aucune condition de ressources pour une durée de remboursement étalée sur 6 à 60 mois.

Le « prêteur » poursuit un seul objectif : retrouver son bien. Même si le montant des prêts a augmenté ces dernières années – le plafond national est passé de 3 000 à 5 000 euros – les micro-prêts d’une moyenne de 700 euros restent monnaie courante.

Quatre acteurs étaient présent pour présenter les grands principes du micro crédit personnel © quitterie breau

Claire Cotte, déléguée départementale du Secours catholique de l’Isère, Alain Denoyelle, adjoint à l’action sociale, Eric Piolle, maire de Grenoble et Arnaud Rousset, directeur général du Crédit municipal de Lyon. © Quitterie Breau

Présent depuis 2008 sur Grenoble, la structure bancaire lyonnaise a signé en 2009 une convention de partenariat avec le CCAS et l’antenne du Secours catholique de l’Isère.

Le premier prend en charge les habitants grenoblois, le Secours catholique tous les autres. Charge au Crédit municipal d’octroyer les crédits. Soit environ 400 crédits au total depuis dix ans.

Un bon taux de remboursement des crédits

Un maillage du territoire efficace pour accompagner les ménages en difficulté vers l’autonomie. La gestion du budget ménager quotidien est bien le premier objectif de l’aide. Tout comme détecter leurs capacités de remboursement personnelles. Les services d’accueil peuvent également les orienter vers d’autres dispositifs comme celui d’accès au droit commun.

« L’accompagnement personnalisé démarre dès l’accueil, dès les coups de fil, rappelle la déléguée au Secours catholique. On a plus de 300 appels par an. Une trentaine de personnes sont reçues en entretien. C’est l’occasion de faire de l’accompagnement budgétaire à ce moment-là. »

Une expertise commune des acteurs qui assure au Crédit municipal de Lyon la bonne garantie des remboursements. « Au niveau national, le taux de sinistralité n’est que de 9 % en nombre, et de 6 % en montant, précise d’ailleurs son directeur. Le remboursement de crédits a ainsi lieu dans des conditions tout à fait satisfaisantes, contrairement à ce qui est imaginé à tort. »

Quitterie Breau

Une nouveauté dans l’accompagnement

Petite nouveauté dans le cadre du dispositif : la prise en charge par le CCAS du système de bonification des prêts. « La bonification du CCAS consiste à prendre en charge une partie du taux d’intérêt du crédit », explique la Ville. En effet, le remboursement du prêt et de ses intérêts revient au créditeur. Mais c’est au service du CCAS d’octroyer un montant final tiré du calcul de la bonification pour honorer le paiement de la dernière échéance du créditeur. Pris en charge par l’État, le bénéficiaire se voit alors rembourser d’une partie de ses frais.

C’est en l’occurrence sur ce point précis que réside la plus-value de la prise en charge du dispositif. « Si on prend 3 000 euros empruntés sur trente-six mois, ça revient pour le CCAS à reverser en fin de crédit au ménage pour un bien d’équipement un montant de 119 euros », explique Alain Denoyelle.

Le dispositif est ainsi plus attractif. Et la prévention des risques budgétaire renforcé, en habituant les bénéficiaires à constituer une épargne. Un dispositif performant jusqu’au bout donc. Car malgré des injonctions publicitaires plutôt agressives, le système de bonification peut également être perçu comme une diminution du taux initial pour atteindre un taux avoisinant les 2 %.

Des taux inabordables apparentés à ceux des « crédits à la consommation » ? Le responsable de l’ancien monts-de-Piété s’en défend : « aucun bénéfice n’est réalisé sur ceux-ci ». Seul établissement bancaire et public, certes « à vocation sociale », à le pratiquer, celui-ci se félicite d’autre part de ne bénéficier d’aucune subvention de l’État. Et de prêter aussi facilement sans aucune condition de ressources.

 

le 18.01.2019 à 11:23

Pas de “prime Macron” pour les salariés de STMicroelectronics : la CGT appelle à un rassemblement à Crolles

FIL INFO — Les salariés du site grenoblois de STMicroelectronics n’auront pas de « prime Macron ». De quoi faire bondir la CGT, qui rappelle les 800 millions d’euros de bénéfices de l’entreprise. Et dénonce au passage des hausses de salaire vertigineuses pour la direction et les « cadeaux » à l’intention des actionnaires. Un rassemblement est organisé lundi 18 janvier devant le site de STMicro Crolles entre 12 heures et 14 heures.

La CGT ne décolère pas : les salariés du site grenoblois de STMicroelectronics n’ont pas vu la couleur de la « prime Macron ». Face au mouvement des Gilets jaunes, le président de la République avait appelé les entreprises, sur la base du volontariat, à distribuer une prime d’un montant d’environ 1 000 euros à leurs salariés. Si plusieurs d’entre elles ont répondu à l’appel, ce n’est pas le cas de STMicro.

Face au refus de STMicroelectronics d'une « prime Macron » pour ses salariés, la CGT organise un rassemblement devant le site de Crolles le 21 janvier 2019.Le site ST MIcroElectronics de Crolles © Artechnic

Le site STMicroelectronics de Crolles. © Artechnic

« La direction, avec mépris, a refusé catégoriquement de verser cette prime et promet à la place […] un supplément (soit un “Booster” à la prime d’intéressement qui s’annonce d’ores et déjà décevante », écrit le syndicat dans un tract. Et la CGT de dresser une liste, non exhaustive, des entreprises ayant accepté de verser la fameuse prime à ses salariés. Parmi lesquelles des sociétés dont les bénéfices 2017 sont bien inférieurs au 800 millions enregistrés par STMicro.

Une « inégale répartition des richesses »

Pour autant, la CGT n’oublie pas de critiquer vertement le « tour de passe-passe » d’Emmanuel Macron. Et rappelle préférer une augmentation de salaires au versement d’une prime ponctuelle. Mais, là encore, le bât blesse : « L’inégale répartition des richesses produites par le travail existe belle et bien à ST », écrit le syndicat.

Rassemblement devant la préfecture de l'Isère des salariés de ST Micro en 2015. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Rassemblement devant la préfecture de l’Isère des salariés de STMicro en 2015. © Joël Kermabon – Place Gre’net

En cause ? Des hausses de salaires bien disparates et aux effets quasi-nuls dans certains cas. Alors que les employés ont bénéficié d’une hausse d’environ 2 % sur leur fiche de paie, soit un chiffre à peine supérieur au 1,6 % de l’inflation, la direction a vu sa rémunération augmentée de 35 %. Auxquels viennent s’ajouter, poursuit le syndicat, 100 000 actions à l’intention du nouveau directeur du site. Et des « cadeaux » jugés plus que généreux à l’intention des actionnaires.

Rassemblement lundi 21 janvier devant le site de ST Crolles

Pour toutes ces raisons, la CGT appelle à un rassemblement « sans grève » lundi 21 janvier devant l’entreprise STMicroelectronics de Crolles. Objectif ? Occuper le rond-point situé face au le site, entre 12 et 14 heures, soit pendant le temps de pause-déjeuner du personnel. Et le syndicat de battre le rappel : « Nous comptons sur votre présence pour montrer votre mécontentement et aussi débattre TOU-TE-S ensemble sur ce manque de reconnaissance chronique ! »

Face au refus de STMicroelectronics d'une « prime Macron » pour ses salariés, la CGT organise un rassemblement devant le site de Crolles le 21 janvier 2019. © Léa Raymond - Place Gre'net

La CGT appelle à une augmentation des salaires contre la baisse du pouvoir d’achat. © Léa Raymond – Place Gre’net

Le mouvement ne serait qu’une première étape, désignée par la CGT comme l’« Acte 1 ». Le syndicat ne s’empare pas par hasard de la terminologie et du lieu d’expression des Gilets jaunes : à ses yeux, le mouvement traduit « un problème de pouvoir d’achat, que le pouvoir exécutif, et surtout le patronat, feignent d’ignorer ». Et qui ne pourra être résolu que par des hausses de salaire, que le syndicat entend réclamer en promettant d’autres actes de mobilisation.

FM

le 17.01.2019 à 22:48

CPAM : le PCF appelle au rassemblement devant le centre de Fontaine, menacé de fermeture

FIL INFO — Une fermeture des centres CPAM de Rives et de Fontaine ? C’est ce que craint le Parti communiste de l’Isère, qui appelle à un rassemblement vendredi 18 janvier à 14 h 30 devant les locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie de Fontaine. Tandis que le maire Jean-Paul Trovero, sans pouvoir confirmer les rumeurs de fermeture, constate que les signes ne sont pas encourageants.

La CPAM de l’Isère mène-t-elle une « politique anti-usagers » ? C’est en tout cas ce qu’affirme le PCF isérois face à la possible fermeture d’agences de proximité de la Caisse primaire d’assurance maladie dans l’agglomération grenobloise. Les communistes entendent donc faire entendre leur voix en organisant un rassemblement citoyen devant les locaux de la CPAM de Fontaine, vendredi 18 janvier à partir de 14 h 30.

La CPAM de Fontaine va-t-elle fermer ses portes ? © Google Maps

La CPAM de Fontaine va-t-elle fermer ses portes ? © Google Maps

Pourquoi ce centre-là ? Parce que sa fermeture serait évoquée par la direction de la Caisse primaire*. Tout comme celui de Rives. De plus, ajoute le PCF, « les engagements pris l’année dernière vis-à-vis des habitant.e.s du Sud de l’Isère sont bafoués, puisque l’ouverture de l’accueil vizillois est une nouvelle fois remise en question ». Une hérésie aux yeux des communistes, qui dénoncent des pratiques « dignes d’une entreprise privée ».

Des horaires déjà réduits à la CPAM de Fontaine

Une fermeture du centre de Fontaine est-elle réellement dans les cartons ? La rumeur court en effet que la CPAM chercherait à aiguiller les usagers sur son centre de Grenoble, rue des Alliés. Le maire de Fontaine Jean-Paul Trovero n’est pas en mesure de confirmer l’information. Mais il ne peut que constater une réduction des horaires d’ouverture du centre, qui limite d’ores et déjà son accès pour les usagers fontainois.

Jean-paul Trovero, maire de Fontaine © Jules Peyron - Place Gre'net

Jean-Paul Trovero, maire de Fontaine. © Jules Peyron – Place Gre’net

À ces modifications d’horaires s’ajoute un autre signe peu favorable. « Nous avions eu, quelques temps en arrière, des contacts avec la CPAM. Qui nous disait envisager de fermer, tout en étant d’accord pour rester sur Fontaine et garder une antenne de proximité », explique encore Jean-Paul Trovero. À cet effet, la Ville de Fontaine a fait une proposition de nouveaux locaux, non sans y réaliser des travaux pour répondre à plusieurs de ses exigences.

La question sera portée devant le conseil municipal de Fontaine

Mais aujourd’hui, la CPAM est aux abonnés absents. « Dernièrement, il y a eu un silence radio, et nous avons compris qu’il y avait désengagement », explique le maire de Fontaine. La Ville a ainsi investi 30 000 euros dans un local qui, de toute évidence, ne sera pas loué. De quoi pour le moins agacer l’édile… Une rencontre, prévue entre la municipalité et la CPAM courant février, devrait sans doute permettre d’en savoir plus.

En 2017 déjà, la CGT manifestait devant la CPAM de Grenoble, rue des Alliés, contre la fermeture d'une antenne à Vizille. DR

En 2017 déjà, la CGT manifestait devant la CPAM de Grenoble, rue des Alliés, contre la fermeture d’une antenne à Vizille. DR

« Le fait de baisser les horaires, de faire le silence radio sur les locaux, ce n’est pas un signal très favorable », observe pour le moment Jean-Paul Trovero. Qui annonce que la municipalité mettra cette question en débat lors de son prochain conseil municipal. Et ceci « afin que tous les conseillers municipaux puissent prendre leurs responsabilités, dire comment ils voient les choses, et peut-être que l’on ira vers un vœu », conclut le maire.

FM

* Sollicitée par Place Gre’net, la CPAM n’a pour l’heure pas donné suite à notre demande d’entretien.

le 17.01.2019 à 17:48

L’Église Saint-Jacques entièrement détruite par un incendie à Grenoble

FIL INFO – L’Église Saint-Jacques de Grenoble a été ravagée par les flammes dans la nuit du 16 au 17 janvier. Personne n’a été blessé, malgré l’importance de l’incendie qui a entraîné l’évacuation d’une centaine de riverains.

Un incendie a gravement endommagé l’église Saint-Jacques, rue de Chamrousse à Grenoble, dans la nuit de mercredi 16 à jeudi 17 janvier. Une cinquantaine de sapeurs-pompiers est intervenue aux alentours de 2 h 30, munie de cinq lances à eau.

Incendie de l'église Saint-Jacques à Grenoble. © Police Nationale

Incendie de l’église Saint-Jacques à Grenoble. © Police nationale

Les soldats du feu ont ainsi réussi à éteindre les flammes autour de 6 heures du matin mais le bâtiment était déjà détruit. En revanche, la chapelle est restée intacte. Par mesure de sécurité, 106 résidents des immeubles alentours ont été évacués pendant deux heures. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer.

« Il ne reste plus rien… »

église Saint-Jacques - L'église Saint-Jacques de Grenoble.

L’église Saint-Jacques avant l’incendie. DR

« C’était une église chaleureuse dont il ne reste plus rien », a déclaré le vicaire épiscopal Loïc Lagadec à France Bleu. L’incendie a d’ailleurs ému de nombreux habitants du quartier, croyants ou pas. L’église, construite en bois, avait été rénovée plusieurs fois au cours des vingt dernières années.

Une opération de déblayage était toujours en cours, ce jeudi 17 janvier. Les enquêteurs privilégient pour l’heure la thèse accidentelle. D’après l’expert judiciaire, le feu aurait pris suite à un court-circuit dans la partie haute de la toiture.

EBo

le 17.01.2019 à 14:52

Uber s’implante sur Grenoble : de quoi inquiéter les chauffeurs de taxi de l’agglomération ?

EN BREF – Depuis le mercredi 16 janvier, l’application Uber est disponible pour les Grenoblois. Une implantation au sein d’un écosystème dense en matière de déplacements, et qui ajoute une nouvelle concurrence aux chauffeurs de taxi. Sans la nier, le président de l’Union syndicale des taxis de l’Isère la relativise. Et voit surtout dans le phénomène un effet de mode.

Depuis le mercredi 16 janvier, les Grenoblois peuvent utiliser Uber pour leur déplacement. La célèbre application permettant de commander une voiture avec chauffeur, sept jours sur sept et vingt quatre heures sur vingt quatre, est dorénavant active dans la capitale des Alpes. Après Paris, Perpignan, Avignon ou Toulon, Grenoble devient ainsi la 16e ville ou agglomération de France à “accueillir” le service pour le moins controversé.

Visuel Uber. © Uber

Visuel Uber. © Uber

Uber n’est toutefois pas totalement nouveau à Grenoble : le dispositif de livraison de nourriture Uber Eats y est actif depuis le mois de juillet 2017. « Au moment du lancement, nous avions une quarantaine de restaurants partenaires disponibles sur l’application, et aujourd’hui il y a en a plus de 130 », écrit la société. Un succès revendiqué, alors que Uber Eats fait face à la concurrence des livreurs à vélo de la société Deliveroo.

Pour l’entreprise américaine, cette implantation à Grenoble répond à une forte demande des usagers comme des chauffeurs. « En 2018, ce sont […] 50 000 personnes qui ont ouvert l’application Uber pour essayer de commander une course à Grenoble », affirme-t-elle dans un communiqué. Une trentaine de chauffeurs VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur) seraient pour leur part d’ores et déjà inscrits sur la plateforme, selon Le Dauphiné libéré.

L’Union syndicale des chauffeurs de taxi relativise

L’arrivée d’Uber sur l’agglomération grenobloise a-t-elle de quoi inquiéter les chauffeurs de taxi ? Sans nier la concurrence, le président de l’Union syndicale des taxis de l’Isère Michel Guillot relativise : « Elle risque d’être forte comme tout ce qui est nouveau et puis, quand les gens auront vu l’utilisation, ils reviendront vers le taxi parce qu’ils s’apercevront que notre service est de qualité », juge-t-il. Avant d’ajouter : « C’est cela notre priorité : bien traiter les clients. »

Taxis devant la gare de Grenoble. © Elodie Rummelhard - Place Gre'net

Taxis devant la gare de Grenoble. © Élodie Rummelhard – Place Gre’net

Ce qui ne l’empêche en rien d’avoir la dent dure contre la société. « C’est une entreprise mondiale, qui ponctionne les gens en se mettant en intermédiaire et ne paye d’impôts nulle part* », dépeint Michel Guillot. Qui soupçonne surtout un effet de mode autour d’une nouvelle technologie. Et rappelle : « Il y a longtemps que les taxis ont mis en place des applications, notamment à Grenoble. Mais si votre taxi est dans les embouteillages, une application ne le fait pas arriver plus vite ! »

Un écosystème dense

On l’aura compris, le président de l’Union syndicale des taxis de l’Isère ne prédit pas un grand avenir à Uber. « Sur Paris déjà, les chauffeurs ne cessent de se plaindre. Sans parler de ceux qui ont arrêté Uber pour retourner au taxi, alors qu’ils avaient fait la démarche inverse. » En février 2018 en effet, des chauffeurs Uber entamaient un mouvement de grève suite à l’augmentation de leur ponction et réclamaient un tarif minimum. La pression et les critiques du modèle n’ont pas cessé depuis. Et l’étau semble désormais se resserrer autour de la plateforme.

Le 10 janvier dernier, un arrêt de la cour d’appel de Paris a en effet reconnu le lien de subordination entre un chauffeur VTC et la société Uber. Et donc qu’il devaient être liés par un contrat de travail. Une décision historique pour les travailleurs qui ont actuellement un statut d’autoentrepreneur et qui y voient surtout une activité flexible permettant une rentrée d’argent quotidienne.

Transports en commun, vélos en location, voiture partagée, taxis... Uber pourra-t-elle s'implanter dans l'écosystème grenoblois ? © Joël Kermabon - Place Gre'net

Transports en commun, vélos en location, voiture partagée, taxis… Uber pourra-t-elle s’implanter dans l’écosystème grenoblois ? © Joël Kermabon – Place Gre’net

Une chose est certaine : Uber arrive dans un paysage grenoblois dense en matière de transports. Outre les transports en commun, la ville compte les services de location de vélos Métrovélo et Indigo. Sans oublier la voiture partagée avec Citiz. Et, naturellement, ses 250 chauffeurs de taxi sur le territoire métropolitain, dont pas moins de 111 sur Grenoble même. Uber, entreprise toujours déficitaire**, saura-t-elle prendre sa place dans cet écosystème ?

Florent Mathieu

* S’il est exagéré de dire qu’Uber ne paye d’impôts « nulle part », la société pratique volontiers l’optimisation fiscale, via les Pays-Bas, les Bermudes ou le Delaware. En 2017, elle n’a ainsi payé que 1,4 million d’euros d’impôts en France.

** Après une perte de 4,5 milliards de dollars en 2017, Uber peine à remonter la pente malgré de meilleurs résultats. Les derniers chiffres en date font ainsi état d’une perte de 1,07 milliards de dollars sur le troisième trimestre de l’année 2018. Avec des courses et des livraisons en hausse de 6 %.