04 76 50 38 38

 Pièces & Main d'Oeuvre

Site de bricolage pour la construction d'un esprit critique grenoblois

 

Publié le 06.03.2019 à 17:55

Alain Badiou nous attaque, et nous faisons (humblement) notre autocritique

Le Monde du 28 juillet 2018 et Le Monde diplomatique du mois d'août 2018, sachez que nous, Pièces et main d'œuvre, ne vous avons conté que fadaises et fariboles sur le transhumanisme, depuis notre première enquête sur le sujet, Nanotechnologies/Maxiservitude, voici quinze ans de cela.

C'est du moins ce que l'on apprend dans une diatribe d'Alain Badiou, intitulée « Le capitalisme, seul responsable de l'exploitation destructrice de la nature », et dans une alerte du Monde diplomatique contre « L'autre fantasme du "grand remplacement". À quoi sert le mythe du transhumanisme ? ». Voyons l'un, puis l'autre dans une prochaine livraison.

Badiou, c'est l'autre nom de Macron. Non pas le contraire, mais le complément. S'il a tribune libre dans Le Monde – et dans toutes les publications et institutions « bourgeoises » - ce n'est certes pas en vertu d'une « radicalité » postiche. Ni même grâce à « l'entrisme » de son co-auteur Nicolas Truong, directeur des pages Débat du Monde, notabliau de l'idéologie dominante, avec qui il a publié un Eloge de l'amour (Flammarion, 2009) et un autre du théâtre (Flammarion, 2013) ; mais bien parce qu'il représente – lui parmi d'autres – « la gauche communiste » du saint-simonisme (le machinisme collectiviste) ; face à la « droite capitaliste » et « communicatrice » (les barons des réseaux) – et surtout contre les briseurs de machine « primitivistes ». Nous les naturiens, écologistes et radicaux. (Cf. François Jarrige. Gravelle, Zisly et les anarchistes naturiens. 2016, Le passager clandestin)

Si le cas Badiou est ici traité jusque dans sa biographie, c'est qu'il personnifie à l'excès, avec une perversité jouisseuse, l'ignominie de la fausse conscience communiste (marxiste-léniniste-trotskyste-stalinienne-maoïste…). C'est dire qu'au-delà de cet effet de loupe, nous enquêtons sur des thèmes où s'exprime toute notre opposition à l'industrialisme saint-simonien, dans sa version capitaliste ou communiste : Naturel, surnaturel, artificiel ; Le communisme des technocrates ; Misère de l'anticapitalisme exclusif ; Notre ennemie, la volonté de puissance ; Organisation, autonomie, autorité ; Communisme et automation ; Communisme primitif et communisme technocratique ; Anthropocène, technocène, capitalocène ; Automation et organisation ; Communisme et/ou clanisme primitif ; « Miracle » et « rêve chinois » ; Actualité de la lutte finale ; Mutation de la lutte de classes en lutte d'espèces…

Enquête et histoire sont deux termes synonymes issus d'une même racine grecque. Nous avons recueilli nombre de dépositions sur certains moments et personnages de cette histoire : Marx sur l'(auto-)transformation de l'homme et de la nature ; Kropotkine sur l'entraide et le communisme primitifs ; Engels sur l'autorité et la révolution électrotechnique ; Staline sur la technologie et la technocratie ; Nicolas Boulte, auteur d'une Tentative de bilan du Comité de lutte Renault (1972), sur le maoïsme soixante-huitard. Dépositions citées in extenso en annexe, ou par larges extraits discutés dans le texte.

Nos lecteurs les plus endurants trouveront ici la poursuite de l'enquête générale sur la technocratie que nous avons entamée voici quelques années : Ludd contre Marx, Ludd contre Lénine, Ludd contre les Américains, Ce que signifie « avoir les moyens » (au-delà du capitalisme et pire encore).

Résumons l'idée générale :
Vivre en combattant, ou mourir en travaillant !

***

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.

Les allergiques à l'écran peuvent commander la Pièce détachée n°87/87' (brochure A5, couverture cartonnée, deux volumes) en envoyant un chèque de 8€ à l'ordre de Service compris.

Service compris
BP 27
38 172 Seyssinet-Pariset cedex


Lire aussi :

- Ludd contre Marx
- Ludd contre Lénine (le communisme des technocrates)
- Ludd contre les Américains
- Ce que signifie "avoir les moyens" (au-delà du capitalisme et pire encore)

- Documents

Publié le 27.02.2019 à 21:26

Lettre au "Monde libertaire"

Cependant, l'article « Importance et limites de la Technocritique » signé Wax, qui ouvre le dossier, propage des contre-sens et des confusions dommageables pour l'information et la réflexion du lecteur.

Nous ne connaissons pas l'auteur ; la réciproque est flagrante. Que celui-ci ne nous ait pas lus ou trop vite, nous ait mal compris ou le feigne, le lecteur du Monde Libertaire n'y gagne qu'approximations et falsifications de nos idées – et plus largement des idées d'un mouvement de pensée bien plus ancien que ne le dit l'article.

Affirmer « qu'on appelle "techniques" » tout ce qui va « du marteau aux databases », c'est afficher d'entrée son incompréhension du sujet. Embarrassant quand on critique par ailleurs des « concepts flous ». Un travail sérieux aurait pris soin de distinguer « technique » et « technologie », au lieu de balayer la question d'un désinvolte « ne faisons pas de distinction ici ». Mais Wax n'est ni le premier ni le dernier à substituer ses propres confusions aux réflexions d'autrui qu'il prétend exposer.

L'auteur nous déforme : « Pour le collectif Pièces et main d'œuvre la technique est le problème stratégique central. On abandonne ainsi les concepts marxistes ou libertaires d'exploitation, de classes ou de capitalisme pour utiliser des concepts plus flous, moins bien définis et peut-être moins efficaces conceptuellement. »

Passons sur le fait que nous ne sommes pas un collectif et que nous avons toujours dit pourquoi – dès la page d'accueil de notre site.
Nous ne cessons d'expliquer l'opposition entre technique et technologies, et nos raisons de critiquer les unes et non l'autre. Il est calomnieux d'écrire que pour nous la technique est le problème central. Derechef, il suffit de lire la page d'accueil de notre site.

Nous, Pièces et main d'œuvre, avons toujours opposé la « technique » - « l'art de » (gr. tekhnê), l'art de faire un feu ou un marteau, le « savoir-faire » - consubstantielle à l'hominisation, et avec laquelle nous n'avons aucune querelle ; et la technologie (nom forgé en 1829 par Bigelow). C'est-à-dire le machinisme industriel et les systèmes de machines, comme les hauts fourneaux ou les marteaux-pilons. La technologie est le produit des noces du capital et de la science, apparue à la fin du XVIIIe siècle pour servir l'essor des forces productives/destructives et la volonté de puissance de la technocratie. Avec les conséquences que chacun peut aujourd'hui voir par lui-même, non seulement pour les bases naturelles de notre vie, mais en termes d'asservissement et d'aliénation à la machinerie technosociale (1). De la technique à la technologie, il y a rupture et saut qualitatif.
Cette opposition qui fait appel aux notions de « seuil » et de « passage à la limite », recoupe celle établie par Ivan Illich dans La Convivialité, entre technique vernaculaire (autonome) et technologie hétéronome (autoritaire).

Nous n'attendons pas du Monde libertaire qu'il répande des idées qui ne sont pas que les nôtres, mais nous avons le souci que le lecteur ne soit pas trompé. Non seulement nous n'abandonnons pas « les concepts marxistes ou libertaires d'exploitation, de classes ou de capitalisme », mais nous avons consacré cinq textes réunis sous le titre De la technocratie (2), à une mise à jour de l'analyse de classes après 200 ans d'innovation technologique et de « destruction créatrice ».

Loin d'être un processus sans sujet, la technologie est pour nous la poursuite de la politique par d'autres moyens. Une politique rationnelle, consciente, obstinée, planifiée par les technocrates, maîtres et pilotes de la machine, au sein de toutes sortes d'instances de décision, privées, publiques et mixtes ; et poursuivie envers et contre toutes les oppositions (ouvrières, paysannes, luddites, écologistes, etc.).

Par technocratie (Smyth, 1919), nous désignons, non pas une catégorie de spécialistes, mais la classe dirigeante. Celle que Saint-Simon (3), le grand inspirateur de Marx, nomme la classe des industriels ou des producteurs ; et qui englobe scientifiques, ingénieurs, cadres, universitaires, entrepreneurs, banquiers, bien au-delà de la seule bourgeoisie capitaliste. C'est-à-dire la classe de l'expertise, de l'efficacité et de la rationalité maximales, détentrice effective des moyens/machines (gr. mekhanê) de la puissance. Que ce soit à titre privé dans le cadre du capitalisme libéral ; en indivision collective dans le cadre du capitalisme d'Etat ; ou encore, au-delà, dans un cyber-communisme de l'automation, tel qu'en rêvent les plus modernissimes idéologues de la revue Multitudes (Negri, Moulier-Boutang, les « accélérationnistes », etc.).
La technocratie n'est pas au service de l'Etat, ni du Capital ; elle asservit l'Etat et le Capital à ses intérêts et à sa volonté de puissance illimitée. Savoir, c'est pouvoir. Les puissants peuvent ce qu'ils veulent dans les limites de réalités qu'ils transforment, notamment au moyen de la science. Leur projet actuel, connu sous le terme publicitaire de « transhumanisme », vise une mutation de la lutte de classes en lutte d'espèces – entre des hommes « augmentés » par la technologie (modifications génétiques et cyberorganismes), et une « sous-espèce » : les chimpanzés du futur (selon le cybernéticien Kevin Warwick) (4).

Les subissants veulent aussi, mais ils ne peuvent pas. Ils n'ont pas les moyens de la puissance. Alors ils subissent – notamment les volontés des puissants – rêvant plus ou moins sourdement de les renverser ou d'avoir même part à leur puissance. Ça ne vous dirait pas, compagnons, de socialiser Google, Amazon, Facebook, etc. ? Ou de vous automachiner au moyen de Crispr-Cas9 et des implants cérébraux de Clinatec, afin de devenir des surhommes ? Des surhommes anarchistes, bien sûr.
Cette classe des sans-pouvoir, on peut la nommer l'acratie. Un mot plutôt familier en milieu libertaire.

Contrairement aux communistes et aux adeptes de la « réappropriation des moyens de production », nous pensons que le système technologique est intrinsèquement autoritaire. On ne dirige pas une centrale nucléaire, des réseaux de communication par satellites et des usines nanoélectroniques en assemblée générale. « Vous qui entrez, laissez toute autonomie » : c'était le mot d'Engels, bien moins stupide ou malhonnête que tous ses disciples, dans son article De l'autorité (5).

Enfin, chacun peut critiquer nos idées et nos « concepts flous », mais non pas nous faire dire l'inverse de ce que nous disons. Peut-être dans des numéros ultérieurs ?

Salutations amicales et luddites,
Pièces et main d'œuvre

Grenoble, le 27 février 2019

NOTES

  • 1) Cf. T. Kaczynski, La Société industrielle et son avenir (Encyclopédie des nuisances, 1998)
  • 2) Ludd contre Marx ; Ludd contre Lénine ; Ludd contre les Américains et une suite à venir
  • 3) Cf. Pierre Musso, La religion industrielle. Monastères, manufactures, usines, généalogie de l'entreprise (Fayard, 2017)
  • 4) Cf. Pièces et main d'œuvre, Le Manifeste des chimpanzés du futur contre le transhumanisme (Service compris, 2017)
  • 5) In Almanacco republicano, décembre 1873
- Nécrotechnologies

Publié le 20.02.2019 à 21:29

Grenoblois, vous avez le droit, refusez Linky !

Comme Linky et Gazpar, les capteurs de GEG pillent en temps réel nos données de consommation et connectent nos foyers à la « ville intelligente » (smart city). Une ville automatisée que les décideurs nous imposent sous prétexte de préserver la planète et sans égards pour la santé. Refuser ces compteurs, c'est s'opposer à la déshumanisation de nos vies.

Voici le tract que Grenoble Anti-Linky diffuse à partir d'aujourd'hui dans Grenoble à des milliers d'exemplaires.

- Faits divers

Publié le 21.12.2018 à 19:33

On achève bien les paysans

- Nécrotechnologies

Publié le 20.12.2018 à 20:30

N'achetez rien. Déconnectez-vous.

https://vimeo.com/307132592 ), ou plutôt celle de Grenoble Anti-Linky, un collectif auquel nous participons depuis quatre ans, qui multiplie les textes d'alerte et d'analyse, les réunions publiques, les actions, manifestations et rassemblements contre les capteurs communicants, la smart city, les objets connectés, la voiture électro-nucléaire, etc. (Voir ici)

Grenoble est l'une des cinq villes pilotes pour la 5G, technologie de communication sans fil indispensable au déploiement des voitures-robots, des objets connectés, de l'Internet des objets et de la smart city. Ici, EDF s'appelle GEG (Gaz Electricité Grenoble), et Enedis se nomme GreenAlp.
Ville Verte, ville machine. Sous la direction d'Eric Piolle, son ingénieur maire, Grenoble reste le laboratoire de l'innovation anti-humaine et anti-écologique.

En 2018, les Français ont acheté un million et demi d'enceintes connectées, ces machines à tout faire qui allument la lumière et la télé, descendent les volets et montent le chauffage, lisent une recette et retrouvent une chanson à partir d'une phrase, donnent la météo et vous rappellent l'heure du rendez-vous chez le dentiste. A quoi bon vivre, les machines le font tellement mieux que nous.

Les gens qui voyaient déambuler ces fantômes de la consommation dans les travées de la Fnac nous demandaient, sourire en coin, « vous êtes les gilets noirs ? »
Précisément.

Il se peut que nous n'ayons plus de pouvoir en tant que main d'œuvre, mais nous avons toujours notre pouvoir de non-achat, et celui de ruiner par notre grève illimitée du gaspillage les exploiteurs qui nous vendent de la camelote abrutissante et liberticide sous forme d'« intelligence artificielle ».

Et puis quand même, quel gain d'argent. C'est autre chose que les misérables 100 € jetés en vitesse à nos amis gilets jaunes pour calmer leur juste colère.

Résumons-nous :
Brisons les machines et sauvons les humains !
Grève générale et illimitée des achats de machins connectés !
On bloque tout, on réfléchit, et c'est pas triste !

- Nécrotechnologies