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 Pièces & Main d'Oeuvre

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Publié le 17.09.2019 à 22:04

Bleue comme une orange

en vrac (mot néerlandais), les moulins, les canaux, les draperies des Flandres … des clichés, quoi. Et puis nous sommes allés de surprise en surprise, au point de ne pouvoir nommer cette succession de surprises que par le terme d'orangisation. C'est le privilège de l'ignorance, direz-vous. Qui ne sait rien croit découvrir la lune chaque fois qu'il enfonce une porte ouverte. Reste que les savoirs épars des spécialistes que nous avons pillés en généralistes de la politique – historiens, économistes, une philosophe… - n'expriment pas, ou peu, la vue d'ensemble de cette orangisation qui demeure enfouie sous un énorme lieu commun anglo-saxon.

Chaque fois que l'on creuse sous les Etats-Unis et le Royaume-Uni, on exhume les Provinces-Unies : la première république (bourgeoise) d'Europe, la première révolution agricole, la première industrie, la « nation capitaliste par excellence » (Marx), un empire commercial et maritime global, des Amériques à l'Afrique du sud, des Antilles à l'Indonésie. Un pays qui au Siècle d'or sert de modèle économique à Richelieu, Colbert et l'Europe ; de modèle politique à John Locke et à l'Angleterre - au point de renverser son propre roi, Jacques II, au profit du stathouter, Guillaume III d'Orange, débarqué à la tête d'une armée de « libération ». Dès lors, l'orangisme se diffuse surtout sous pavillon britannique, puis américain.
Non seulement des théoriciens qui pensent le libéralisme économique et philosophique (Grotius, Mandeville), mais des ingénieurs, des entrepreneurs qui fondent la Banque d'Angleterre et la Nouvelle Amsterdam (New York), qui exportent leurs sciences et techniques des réseaux dans le monde entier.

Orangisation/Organisation. Un petit pays, bourbeux et surpeuplé, une vaste conurbation en perpétuel état de catastrophe naturelle, et qui par son industrie a retourné cette catastrophe en entreprise prospère, a évidemment des solutions à vendre au monde entier quand le ciel lui tombe dessus et que l'eau commence à monter. Des cités flottantes, par exemple. L'orangisme, c'est l'organisation rationnelle, la citoyenneté contractuelle, l'efficacité pratique et l'indifférence marchande. Le centre du « libre et doux commerce », de la libre imprimerie et de la libre conscience (Erasme), asile des dissidents (huguenots) et foyer de Lumières (Diderot, Montesquieu), gère la coexistence fonctionnelle entre ses communautés et nourrit aussi bien le rationalisme de Descartes que l'industrialisme de Saint-Simon ou le nationalisme plébiscitaire de Renan.

C'est toujours à Amsterdam, cette smart city sillonnée de cyclistes bienveillants, nourris aux légumes bios issus du maraîchage urbain, que lecteurs du Monde et de Télérama, vont aujourd'hui chercher les règles et les bonnes pratiques du bien-vivre-ensemble. Ecologistes et technologistes s'y connectent et s'hybrident dans leurs espaces collaboratifs. Nederland Inc. est une société ouverte et progressiste, où des médecins affables et innovants font de la recherche sur des embryons génétiquement modifiés, pratiquent la vente et l'implantation de gamètes, ainsi que l'assistance au suicide, y compris pour des adolescents. Tout se vend, tout s'achète. Tout ce qui est techniquement possible est réalisé, tout ce qui ne l'est pas encore, le sera bientôt. Quand la Reine Maxima inaugure la première branche européenne de la Singularity University, à Eindhoven, en 2016, il s'agit tout à la fois pour les transhumanistes de profiter d'un réseau de sympathisants locaux dans un milieu favorable, afin de se lancer à la conquête de l'Europe - et d'un retour aux sources. Au pays de l'artificiel, d'où se répandit, voici quelques siècles de cela, ce vaste projet de maîtrise et destruction créatrice de la nature. Si ce monde est bleu comme une orange, s'il pourrit et suffoque d'empoisonnement chimique, contraignant ses habitants à s'artificialiser eux-mêmes pour y subsister, c'est des Pays-Bas qu'émanèrent d'abord ce mouvement de technification totale, et ses miasmes morbides. Les Pays-Bas sont le modèle et la matrice de la Silicon Valley et de toutes les Silicon Valley du monde.

C'est triste à dire, mais ce fut pour nous une visite aussi passionnante qu'effarante. Ce n'est pas tous les jours non plus qu'on découvre le laboratoire du maléfice industriel.

TomJo / Pièces et main d'œuvre
Lille, Grenoble
Septembre 2019

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Publié le 13.08.2019 à 22:15

Nous, les anti-industriels

Miguel Amorós est un historien et anarchiste espagnol (né en 1949), exilé en France après avoir été emprisonné par Franco. Proche des situationnistes et de l'Encyclopédie des Nuisances, il a aussi participé aux Amigos de Ludd, bulletin d'information anti-industriel. Il a notamment publié Durutti dans le labyrinthe (Editions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2007), La lampe hors de l'horloge. Eléments de critique anti-industrielle (collectif, éditions de la Roue, 2014) et Préliminaires : une perspective anti-industrielle (éditions de la Roue, 2015), d'où est extrait le premier texte.

Lire aussi :
Où en sommes-nous ?, M. Amoros, 1999
Vent debout contre le mal français. Critique de la philosophie postmoderne et de ses effets sur la pensée critique et sur la pratique révolutionnaire, M. Amoros, 2018

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Publié le 06.08.2019 à 21:47

Les animaux dénaturés

Cependant que nous, aoûtiens, paressons sur nos transats, les généticiens sont en passe d'actualiser cette fable : le Japon vient d'autoriser la production d'embryons chimériques d'animaux-humains à des fins d'expérimentation.
(...)

Pour lire la suite, ouvrir le document ci-dessous.

Lire aussi :
- Le Japon autorise la création d'embryons hybrides humains-animaux
- Séparés du corps, des cerveaux de porcs maintenus en vie pendant plusieurs heures

- Nécrotechnologies

Publié le 02.08.2019 à 16:21

Le Japon autorise la création d'embryons hybrides humains-animaux

Nature, le 30 juillet 2019 le Japon a donné l'autorisation à un chercheur de créer des embryons hybrides d'animaux-humains. L'objectif est de créer des embryons de rats et de souris (puis de cochons) contenant des cellules souches humaines et de les implanter dans l'utérus de femelles animales.

Jusqu'ici, le Japon imposait la destruction de ces chimères après 14 jours. Les chercheurs vont désormais pouvoir les développer, afin de produire des organes implantables à des humains en attente de greffe.

Aux Etats-Unis, des chercheurs ont fabriqué un embryon d'homme-mouton en 2018, détruit après 28 jours. La France interdit ce genre de pratique, jusqu'à une prochaine révision des lois de bioéthique, bien sûr.

Pour lire l'article de Nature (en anglais), ou celui du Monde (en français), ouvrir les documents ci-dessous.

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Publié le 22.07.2019 à 21:48

Islam radical à Grenoble : lisons Naëm Bestandji

Le besoin d'aller plus loin que le militantisme l'a poussé à reprendre des études et à travailler sur l'histoire des femmes et de la laïcité. Il a notamment rédigé un mémoire sur "l'islam radical et les femmes", dont il extrait des matériaux pour la rédaction d'articles en ligne sur son blog : https://naembestandji.blogspot.com
A titre d'échantillon et pour vous inviter à en lire plus sur son site, nous reproduisons ci-dessous quelques unes de ses analyses.

Nous ne sommes pas plus heureux de traiter (si peu, d'ailleurs) de l'islamisme que du transhumanisme, mais voilà, on ne choisit pas son temps ni sous quelles formes va s'actualiser l'inhumanité contemporaine.

Lire aussi :
- Peste islamiste, anthrax transhumaniste : le temps des inhumains
- Et c'est ainsi qu'Allah est grand ! Islam et technologie
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- Faits divers