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Les Petits Pois Sont Rouges Les Petits Pois Sont Rouges

Le blog de CORINNE MOREL-DARLEUX

Publié le 02.11.2018 à 13:16

Devoir de suite : retour sur un an de chroniques

Il y a à peine plus d’un an, ma toute première chronique pour Là-bas si j’y suis portait sur l'A45 : un projet désastreux qui vient d'être abandonné, ça se salue ! Et du coup on s’est dit avec l’équipe qu’on allait en profiter pour faire un petit tour d'horizon "devoir de suite" de quelques chroniques depuis une année, avec un fil rouge : les lobbies. L'intégrale est ici !

L'A45, donc, pour commencer, promise au tentaculaire Vinci. La Ministre Elisabeth Borne l’a annoncé le 18 octobre : l’État se désengage du projet ! Une belle victoire pour la coordination des opposants, née à l’automne 2016, qui regroupe paysans, naturalistes, habitants, chercheurs… Elle avait notamment réuni 10 000 personnes et 130 tracteurs les 1-2 juillet 2017 à St-Maurice sur Dargoire, et visiblement ses arguments ont porté puisqu’ils ont été repris par la Ministre qui évoque une « absence de consensus » et s'appuie sur le rapport Duron qui jugeait le projet de l'A45 « beaucoup trop controversé » et préconisait d'étudier les pistes alternatives, en admettant qu’il n'est pas possible d'« ignorer le prélèvement de terres agricoles, l’impact environnemental, l’absence de débouché sur Lyon ». Une bataille de remportée donc, mais pas la guerre : au-delà de l’A45, c’est toute une manière de vivre que les opposants veulent changer. La mobilisation va donc se poursuivre localement pour un plan B ambitieux, qui ne soit pas juste du rafistolage. L’occasion de réfléchir à un autre (a)ménagement du territoire, fait de relocalisation et d’agriculture paysanne, de déplacements du quotidien repensés. Pour faciliter le débat, un questionnaire est proposé, qui n’évite pas la question des difficultés actuelles de l’autoroute existante, l’A47. Enfin, la coordination rappelle que la page de l’A45 sera définitivement tournée lorsque la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) arrivera à terme, en juillet 2020, ou sera abrogée. Tout est sur leur site ici. En tout cas, voilà 500 hectares de terres agricoles sauvées et Vinci l’a dans le nez !

Côté lobbies toujours, en novembre 2017 j’avais fait une chronique spéciale Monsanto où je parlais du « ghost writing », ces rapports préparés par les services de la firme puis signés par des scientifiques corrompus. Eh bien après les rapports fantômes, voici les agriculteurs fantômes ! C’est une enquête de Greenpeace et de The Independent qui révèle l’existence d’un lobby intitulé « Agriculture et Liberté ». Celui-ci se présente comme un groupe d’agriculteurs français qui assurent s’être “unis pour protéger mode de vie et moyens de subsistance” et défendre l’agriculture et la production alimentaire en France. Sauf qu’en fait aucun agriculteur n’appartient à ce groupe, il s’agit d’une campagne montée de toutes pièces par « Red Flag », un lobby qui travaille pour Monsanto. Et bien sûr tout ce petit monde vante les bienfaits du glyphosate.

Décidément, on n’en sort pas… Et au gouvernement c’est guère mieux. Emmanuel Macron disait lui-même, à propos du remaniement : « aujourd'hui il n'y a ni tournant, ni changement de cap ou de politique » et en effet… Nicolas Hulot claque la porte sur le poids des lobbies ? Hop. Emmanuelle Wargon est nommée secrétaire d'État à l'Écologie. Ex directrice des affaires publiques et communicante chez Danone, elle a récemment déclaré par exemple que s’opposer aux OGM était une position « dogmatique », un « refus de la science ». Voilà voilà. Elle rejoint donc Brune Poirson, ex Veolia devenue secrétaire d’État à la Transition écologique, ou encore le Premier ministre Édouard Philippe, ex-lobbyiste chez Areva.

Enfin, nous revenons douloureusement sur le Brésil, où la proximité de Jair Bolsonaro avec les lobbies de l’agro-négoce vient s’ajouter à l’inqualifiable discours de haine et de violence qu’il propage dans le pays. Je vous en parlais en avril 2018, à mon retour du Forum social mondial endeuillé par l’assassinat de Marielle Franco et d’une visite de ferme tropicale dans la Mata Atlantica, j’y suis revenue mercredi dernier ici : au désastre social et politique s’ajoutent de forts risques environnementaux et climatiques.

Côté climat, heureusement sur le terrain ça bouge. On avait consacré une chronique à la tenue d’Alternatiba à Bayonne en octobre : 15.000 personnes ont été au rendez-vous, malgré la pluie, avec 1.150 bénévoles, des amphis bondés pour les conférences, un manifeste, des militants de plus en plus politisés, et depuis les initiatives se succèdent : 120.000 marcheurs pour le climat le 13 octobre, convergence de youtubeurs et un site – plateforme commun : ilestencoretemps.fr qui regroupe des actions à mener, du débutant timide au militant aguerri, de la pétition au blocage de mine de charbon en passant par un appel au « nettoyage » de la Société générale le 14 décembre à Paris. De quoi commencer, peut-être, à se constituer à notre tour en lobby - citoyen, celui-là -, pour aller sauver chaque dixième de degré qui peut encore l’être.

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Publié le 24.10.2018 à 11:55

Brésil : l'alerte

bolsonaro.jpgAu Brésil, Lula n'ayant pas pu se présenter à la présidentielle malgré l'avis du comité des droits de l’homme de l’ONU, victime de ce qu'on appelle désormais le "lawfare" - soit la justice employée à des fins d'empêchement politique, c'est Fernando Haddad qui s'est présenté pour le Parti des Travailleurs. Il est arrivé derrière le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro qui a fait plus de 46% au premier tour. Le second tour a lieu ce dimanche.

On alerte sur ce risque majeur depuis des mois : Jair Bolsonaro revendique les années de la dictature militaire au Brésil, fait l'apologie des armes à feu et tient un discours de haine qui semble libérer les pires travers de la société, en grande partie composée au Brésil d'anciens esclaves rappelons-le. Depuis l’assassinat de la militante et élue de gauche, noire, féministe et lesbienne Marielle Franco en plein Forum social Mondial, de plus en plus d'agressions politiques, sexistes, homophobes et racistes ont lieu. L'arrivée de Bolsonaro en tête du premier tour semble avoir libéré des flots de haine qu'on espérait ne jamais revoir, une ouverture de vannes d'une violence inouïe, largement encouragée par Bolsonaro lui-même. Son geste préféré, pendant les meetings : mimer le maniement d’une arme. Bolsonaro a ainsi explicitement appelé à « mitrailler les militants du PT » en saisissant un pied de caméra en guise de mitrailleuse. Il a aussi déclaré qu’il mettrait fin « à toute forme d’activisme » et que les membres du MST, le mouvement des sans-terre, devaient « être reçus à coups de fusil ». A São Paulo, un travesti a été tué par un groupe hurlant « sous Bolsonaro, la chasse aux pédés sera libérée ! ». Bolsonaro, c'est le type capable de dire à une députée de gauche, en novembre 2003, qu'elle était « trop moche » pour qu'il la viole. Voilà l'aperçu glaçant de ce qui attend le Brésil si Bolsonaro devient président.

Mais certains intérêts économiques ont eux beaucoup à y gagner. La « bancada ruralista », le lobby de l’agronégoce proche de Bolsonaro et qui bénéficie d'un appui parlementaire très puissant, compte ainsi sur la victoire de ce dernier pour accélérer la déforestation au profit du soja et de l'élevage. Et ça nous concerne tous : le Brésil est un véritable poumon de la planète avec la Forêt Amazonienne et la Mata Atlantica. Las, non content de remettre en cause l'accord de Paris, dans la foulée de Donald Trump aux Etats-Unis, Jair Bolsonaro s'est aussi engagé à en finir avec les droits des populations autochtones. Enfin, pour ne citer qu'un dernier exemple, le « pacote do veneno », déjà dans les tuyaux, bénéficierait aussi de sa victoire pour accélérer la mise sur le marché de pesticides et de désherbants : 2. 500 produits attendent d’être homologués par l’Agence brésilienne de réglementation de la santé. Bref il y a en jeu un paquet de profits à se faire sur le dos des forêts et des minorités.

Du coup, pour remporter le morceau, c'est à une véritable guerre de "fake news" particulièrement immondes, via la messagerie WhatsApp très utilisée au Brésil comme j'ai pu le constater quand j'y étais, que se livrent Bolsonaro et ses alliés. Plusieurs ramifications semblent d'ailleurs remonter jusqu'aux Etats-Unis, via Steve Bannon et Cambridge Analytics, qui aurait créé près de 400.000 faux profils au Brésil. "Le Brésil est pris en otage: si Bolsonaro ne gagne pas, les messages répandus donnent l’ordre de créer une réaction à main armée, de “prendre les rues” pour empêcher “la fraude” et la victoire du “communisme”. Soit Bolsonaro gagne, soit il gagne, donc. Il n’y a pas d’autre issue possible, selon ces gens. Plus que jamais, le Brésil semble s’approcher de la barbarie".

Je reçois des messages d'amis terrifiés par ce qui est en train de se passer dans leur pays. Je me sens démunie, ma seule arme c'est de faire passer ces informations. Diffusez-les, signez cette pétition, et gardons en tête que ça se passe dans une république fédérale de plus de 200 millions d'habitants, la huitième puissance économique du monde en termes de PIB, mais aussi une société plombée par les inégalités. Gardons en tête que tout, même au 21e siècle, peut basculer très rapidement.

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Publié le 19.10.2018 à 10:13

A ceux qui pensent encore que le climat est un truc d’écolos bobos urbains

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Chronique publiée sur Reporterre le 16 octobre 2018 : "Le changement climatique interpelle les citoyens, mais pas les dirigeants de Rhône-Alpes"

On entend beaucoup parler, en cette rentrée, de prise de conscience climatique. Que la démission de Nicolas Hulot a provoqué un sursaut, que le rapport du GIEC ouvre les yeux... Ce n’est sans doute pas faux. Mais de manière plus perceptible, sorti des réseaux militants et des cercles informés, ce qui ébranle davantage que les petits tours des ministères ou les arcanes bien mystérieuses des organismes internationaux, c’est la confrontation au réel. Le fait d’appréhender par ses sens, de voir et toucher ce que le cerveau intuite sans en être percuté. C’est toute la différence entre être informé ou affecté.

C’est aussi la différence entre ce qui se passe loin, dans la géographie et dans le temps, que ce soit les inondations au Pakistan, la fonte de la banquise ou les échéances de fin de siècle, et ce qui vous atterrit directement dans les mains ou sur le dos là, tout près, dans l’intime et le présent. Qu’un pan de montagne s’écroule, comme ça a encore été le cas récemment avec la Vire du Trident dans le massif du Mont Blanc, et tout d’un coup c’est votre paysage qui disparaît, votre dernière balade en montagne qui s’en trouve rétrospectivement chamboulée. Le lien entre ces éboulements (on parle d’écroulement au-delà de 100 m3) de plus en plus fréquents et la fonte du permafrost, qui sert de ciment aux géants de roche, est aujourd’hui avéré. Et il est nettement plus palpable qu’un graphique. 

Dans ce registre, ce qui a probablement provoqué le plus d’émoi dans la Région en ce début d’automne est sans doute l’assèchement spectaculaire du Lac d’Annecy. Un lac alimenté par des sources de montagne qui sert de repère, tout à la fois lieu de plaisance, de baignade, repos du regard et petit écosystème entre pression foncière et préservation du littoral montagnard. Alors que le lac était placé au premier stade de vigilance pour les crues cet hiver après des pluies importantes, son niveau est aujourd’hui tombé plus bas que durant la canicule de 2003, plus bas en fait que ce qu’on a jamais vu - et c’est un effet curieux qui vous glisse dans le dos que de voir le fond du lac mis à nu… A tel point que l’usage de l’eau a été restreint et la région d'Annecy placée en situation d'alerte renforcée. Le Lac du Bourget où je me baignais cet été en rêvant d’y croiser les dauphins du fleuve Yangtsé, aussi. 

Il y a quelques jours, alors que je voyais défiler ces alertes et en mesurais l’émotion à travers le nombre d’articles dans la presse, les conversations de café, les « j’aime » des réseaux sociaux ou les messages d’amis, se tenaient les commissions thématiques dans la région présidée par Laurent Wauquiez. Et même là, les choses commencent à bouger. Oh tout doux, de manière mal assurée, mais même notre exemplaire le plus climato-sceptique, Gilles Chabert de la commission Montagne, commence à trouver des circonvolutions pour reconnaître que « là quand même oui, il y a… peut-être, euh… un petit problème… un peu ». C’est que la neige, moteur qu’on croyait éternel des stations de ski, commence à se faire rare, et les scientifiques, météorologues et guides de haute montagne à sonner l’alerte, se font de plus en plus nombreux. Même en commission Agriculture, le comité régional des viticulteurs semble embêté. Et le vin chez nous ce n’est pas rien : on parle là de Côtes du Rhône, de Beaujolais, de Tain l’Hermitage... Le représentant du comité, reçu en audition, semblait intarissable sur le sujet : la sécheresse jusqu’ici n’affectait pas trop les vignes, moins vulnérables, mais là, nous dit-il : ils sont surpris. Il avance le chiffre de +350 % d’aléas climatiques en dix ans, une accélération en nombre et en intensité, à des périodes de l’année de plus en plus imprévisibles. Côté arboriculteurs, ce n’est pas mieux : les épisodes de gel ravagent, tous les 5 ans, jusqu’à la moitié des récoltes. Pour la grêle, la calamité peut monter à 80 % de pertes. Bref, ça devient concret.

Quand les blés sont sous la grêle 
Fou qui fait le délicat 
Fou qui songe à ses querelles 
Au coeur du commun combat.
Louis Aragon, La Rose et le Réséda (1943)

Arrivée à ce point de ma chronique, j’adorerais vous dire que du coup ça a provoqué des discussions enflammées sur la manière de faire face en tant que collectivité, d’aider les agriculteurs à diversifier leurs cultures et à privilégier les moins gourmandes en eau, les plus résistantes et adaptées à un climat de plus en plus mouvant. J’aimerais tant écrire que les yeux se sont grand ouverts autour de la table et que l’exécutif a soudain réalisé que financer des canons à neige précipitait les stations dans de futurs déficits abyssaux. Que la dernière salve de subventions a été immédiatement transférée sur les programmes de tourisme estival, et la politique du tout-ski dans nos montagnes remisée. J’aurais naturellement voulu vous dire que le projet de nouvelle autoroute A45 entre Lyon et Saint Étienne a été abandonnée, le Lyon-Turin remplacé au profit d’un report immédiat des camions sur les rails de la ligne existante, les trains de l’Étoile de Veynes assurés de rouler pour les décennies qui viennent, un grand programme de rénovation thermique lancé, que les crédits affectés au développement de la résilience ont été doublés, et les subventions de santé environnement rétablies.

Las. L’effet d’inertie du système et les blocages idéologiques sont plus puissants que les montagnes qui s’effondrent et les lacs qui s’assèchent, plus puissants que le rapport du Giec et les milliers de personnes réunies dans les marches pour le climat ou à Alternatiba. Pour l’instant. 

Et la croyance dans la technique semble inépuisable. Et c’est ainsi que les « solutions » qui ont été discutées en commission Montagne c’est le remplacement des anciens canons à neige par de nouveaux, moins énergivores, donc plus «verts». Et j’ai eu beau expliquer la gabegie d’énergie grise provoquée par le fait de produire ces canons tout neufs pour remplacer les anciens, au-delà de leur consommation quand ils fonctionnent, rien n’y a fait. Autre trouvaille, l’équipement de GPS sur les engins des stations pour sonder le manteau neigeux et déterminer où il faut aller cracher la neige artificielle, au mètre cube près. Là aussi un dispositif moderne en diable, présenté tout fièrement comme une rationalisation qui permet des économies d’énergie et d’eau. Le coût en ressources de tels équipements semble purement et simplement ne pas exister. Et évidemment tout cela ne dit pas ce qu’on fera de ces enneigeurs quand la pression sur l’eau sera trop forte : les restrictions d’eau autour du Lac d’Annecy conduiront-elles à l’arrêt des canons à neige ? Et que ferons-nous quand la température sera trop élevée pour les faire fonctionner ? Côté agriculture, même constat : au lieu de s’attaquer aux causes du dérèglement climatique, au lieu de trouver des stratégies d’adaptation, on effleure la surface en agissant à la marge sur les premiers impacts, au risque parfois d’aggraver le mal. Ainsi de l’iodure d’argent utilisé pour contrer la grêle, dont on ne connaît pas le niveau de toxicité notamment en cas d’accumulation dans les sols. Ou encore des canons anti-grêle, qui envoient des ondes de choc telles qu’elles peuvent briser les grêlons… Et les oreilles des voisins, à 130 décibels - soit l’équivalent d’une sirène de pompier, alors que la limite autorisée est fixée à 65 décibels, et à haute dose : 4.700 tirs en une année pour le seul village de Mercurol dans la Drôme. Tout ça génère une élévation considérable du niveau de tensions entre habitants naturellement, ce qui est aussi un des risques afférents à la pénurie d’eau et aux aléas climatiques qui vont se multiplier. Ce n’était sans doute pas nécessaire d’y rajouter le bruit des canons.

Dans ma vallée, le matin au café, au marché, à la sortie du lycée ou chez les commerçants, avec les artisans, les montagnards, les paysans, les anciens, les chasseurs, les parents tout simplement, on sent monter une inquiétude. Ici la plupart des gens ne lisent pas les tribunes militantes ou les appels d’intellectuels, ouvrent peu les journaux nationaux. Mais une vire qui s’éboule, une rivière à sec, un changement dans la population de sangliers ou des cervidés qui viennent s’alimenter dans les vergers, le vent qui souffle comme jamais, l’invasion cauchemardesque des pyrales, la date des vendanges qui n’en finit plus de changer, tout ça parle. Et quand un autocariste m’explique que la Région a envoyé balader ses arguments de véhicules moins polluants pour le transport scolaire en zone rurale pour privilégier le « mieux disant » en matière de coût, ça choque. Il n’est pas complètement impossible qu’on soit en train d’arriver à un point de bascule : ceux qui pensent encore que le climat est un truc d’écolos bobos urbains feraient bien d’y songer. 

Photo du Lac d'Annecy : Frapna Haute Savoie

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