Quotidien Hebdomadaire Mensuel

Hebdomadaire Shaarli

Semaine 19 (May 10, 2021)

Les médias sociaux ne sont pas des espaces démocratiques
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framablog.org -15.05.21

par Christophe Masutti

Membre du conseil d'administration de Framasoft, Christophe Masutti prend acte de la fin d’une illusion : l’idĂ©al d’un grand espace de communication dĂ©mocratique, Ă©galitaire et ouvert Ă  tous n’existe pas plus avec les Gafam qu’avec le Fediverse et ses rĂ©seaux alternatifs.

La vocation d’un dispositif technologique comme le Fediverse n’est pas d’éliminer les pensĂ©es fascistes et leur expression, pas plus que la vocation des plateformes Twitter et Facebook n’est de diffuser des modĂšles dĂ©mocratiques, malgrĂ© leur prĂ©tention Ă  cet objectif. La dĂ©mocratie, les Ă©changes d’idĂ©es, et de maniĂšre gĂ©nĂ©rale les interactions sociales ne se dĂ©crĂštent pas par des modĂšles technologiques, pas plus qu’elles ne s’y rĂ©sument.

đŸ„„ Pois chiche des confins 🐘 on Twitter

Les gens qui ont un schĂ©ma de molĂ©cule autour du cou oĂč en tatouage, que tu sais pas si c'est la putrescine, la coke ou la sĂ©roponine (sĂ©rotonine de petit poney).

😄

Roberto Saviano, " En mer, pas de taxis"
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Le Club de Mediapart - Frédéric L'Helgouach

« Ceux qui quittent le Congo le font car aucun investissement n’est possible dans un pays en pleine guerre civile. Un dĂ©tail : nous importons du cobalt du Congo, mais nous ne voulons pas de ses ressortissants. Quant Ă  l’Ethiopie, Madagascar, la Somalie et le Burundi, on en part principalement Ă  cause de la sĂ©cheresse. On part du Soudan du Sud et de la RĂ©publique centrafricaine parce qu’il n’est pas possible d’envisager un avenir dans des rĂ©gions touchĂ©es par une guerre civile permanente. Pour les mĂȘmes raisons, on part du Cameroun, du Nigeria, de l’Ouganda, du Kenya.

« Maiduguri, Nigeria, le 23 mars 2016. Gbenga a Ă©tĂ© enlevĂ© par Boko Haram dans son village natal de Kirenowa, au nord-est du Nigeria, avec son cousin Mohammed. Pendant huit mois, il a Ă©tĂ© obligĂ© d’assister Ă  des dĂ©capitations de masse, d’étudier le Coran et de travailler dans leur camp. Gbenga vit maintenant avec son frĂšre Ă  Maiduguri, tandis que leurs parents sont toujours portĂ©s disparus. La situation Ă  Kirenowa reste instable, ce qui l’empĂȘche de rentrer chez lui. » © Andy Spyra - ‘En mer, pas de taxis'

Et tandis que nous abandonnons les gens en mer, que nous acceptons qu’en Libye plus d’un demi-million de personnes soient dĂ©tenues illĂ©galement et rĂ©duites en esclavage pour notre compte, que nous exportons des armes vers l’Afrique et contribuons Ă  son instabilitĂ© politique, il y a tant d’Afrique dans notre vie quotidienne, mĂȘme si aucun chef d’Etat ou de gouvernement n’aura l’honnĂȘtetĂ© de l’admettre. Dans les goĂ»ters que nous mangeons, il y a du cacao africain, du coltan dans nos smartphones; nos parquets sont en iroko, le bois des forĂȘts africaines; les plantes italiennes poussent grĂące aux engrais importĂ©s d’Afrique; la bauxite qui sert Ă  construire les avions dans lesquels nous voyageons et les canettes dans lesquelles nous buvons est Ă  100% africaine. Les biens qui nous permettent de vivre peuvent circuler : pourquoi les personnes ne pourraient-elles pas en faire autant ? Et le court-circuit se produit lorsque, avec un simple tĂ©lĂ©phone portable, un jeune LibĂ©rien du Togo ou du BĂ©nin se rend compte qu’ailleurs dans le monde, il n’y a pas simplement plus de possibilitĂ©s, mais les seules possibilitĂ©s. Que faire alors de la seule vie qu’il a ? Que feriez-vous Ă  sa place ? »

En mer, pas de taxis, Roberto Saviano, Gallimard, 2021