Hebdomadaire Shaarli
Semaine 01 (January 3, 2022)
Après plus de 900 jours passés dans la prison de Tora (Egypte) sans procès, Ramy Shaath a été libéré grâce à une formidable campagne de solidarité internationale. Ramy se bat pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien et pour les libertés civiques et politiques élémentaires en Egypte. Expulsé de son propre pays, Ramy a retrouvé son épouse, Céline Lebrun-Shaath à Paris, ce 8 janvier 2022. En échange de sa libération, les autorités égyptiennes l'ont contraint à renoncer à sa nationalité égyptienne.
Ramy est un militant égyptien-palestinien ; il fait campagne pour amener Israël à rendre des comptes pour les violations des droits humains et autres violations du droit international, en usant de moyens non violents pour y parvenir. Dans le cadre de ses activités militantes, Ramy Shaath sensibilise le public aux droits des Palestiniens et dénonce dans les médias l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Par son action, Ramy s’efforce également de réaffirmer le droit des Egyptiens de pouvoir s’exprimer librement et de participer aux affaires publiques sans craindre la répression des autorités.
En novembre 2010, après des élections parlementaires égyptiennes, décriées par nombre d’observateurs internationaux pour qui le scrutin avait été entaché de violences et d’irrégularités, Ramy rejoint la coalition de militants égyptiens qui s’organise et appelle deux mois plus tard au soulèvement populaire pacifique et pro-démocratie de janvier 2011. Au lendemain du départ de Moubarak et au cours des années suivantes, il contribue à la création d'un ensemble de mouvements et de coalitions qui jouent un rôle crucial dans la transition démocratique du pays, comme le Parti Al-Destour, dont il exerce les fonctions de secrétaire général par intérim jusqu’à son établissement officiel.
En 2013, et en dépit de son opposition aux politiques menées par le gouvernement des Frères musulmans, il refuse de participer aux manifestations du 30 juin contre le président Morsi craignant une intervention de l’armée, ce qui arrivera le 3 juillet 2013. Il participe alors en septembre 2013 à la création de la coalition “Front de la Révolution”, dernière tentative de rassembler les forces progressistes pour défendre les libertés acquises en 2011. Mais celle-ci échouera. Dès novembre, les manifestations de l’opposition sont interdites et réprimées. Des dizaines de milliers de manifestants et de militants sont arrêtés.
En juillet 2014, alors que l’armée israélienne bombarde intensivement Gaza pendant plusieurs semaines, Ramy organise un convoi humanitaire. A partir de ce moment-là , et face à la fermeture de la scène politique égyptienne, Ramy décide de dédier son action politique pour développer et renforcer l’expression de la solidarité égyptienne avec le peuple palestinien. Autre façon aussi pour lui de concilier ces deux identités, égyptienne et palestinienne, et son combat pour la liberté, la justice et la dignité, dans ses deux pays.
En 2015, il devient ainsi le co-fondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) en Egypte, qui appelle à exercer un boycott et diverses pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d'aboutir à la réalisation de trois objectifs : la fin de l'occupation et de la colonisation des terres palestieniennes, l'égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens.
En juin 2019, Ramy participe à de nombreux événements publics et donne à la presse des interviews dans lesquelles il exprime sa vive opposition au plan américain visant à résoudre le conflit israélo-palestinien, baptisé « deal du siècle », et à la participation de l’Égypte à la conférence de Manama les 25 et 26 juin 2019, consacrée à des discussions sur ce plan. Le 5 juillet 2019, Ramy est arrêté à son domicile au Caire. Son épouse présente lors de son arrestation, est expulsée arbitrairement d’Egypte où elle réside légalement depuis plus de 7 ans. (...)
humanite.fr - Mar. 28 déc. 2021
Manuel Cervera-Marzal
Manuel Cervera-Marzal est sociologue à l’université de Liège. Dans « le Populisme de gauche, sociologie de la France insoumise » (Éd. la Découverte), il décrit et explique la percée fulgurante puis le déclin tout aussi brutal de mouvements tels que la France insoumise ou Podemos. Mais un rebond reste selon lui possible… Entretien.
Le populisme n’est-il pas contre-nature ou « accidentel » en ce qui concerne la gauche ?
M.C-M : L’histoire des gauches est composĂ©e de plusieurs traditions. Le populisme est clairement l’une d’entre elles. L’oxymore, c’est quand on parle de « populisme de droite ». Le RN en France ou Vox en Espagne ne sont pas populistes de droite mais d’extrĂŞme droite. Quand on fait l’histoire des gauches, on a un peu tendance Ă oublier cette tradition populiste. Personne parmi les historiens n’a remis en question le fait que le People’s Party aux États-Unis ou les Narodniki en Russie Ă©taient de gauche. Leur projet de transformation de la sociĂ©tĂ© Ă©tait clairement de gauche. Personne en France jusqu’aux annĂ©es 1990 ne considĂ©rait que le populisme ne puisse pas ĂŞtre de gauche. Ce sont des historiens entrepreneurs comme Pierre-AndrĂ© Taguieff qui ont commencĂ© Ă Ă©crire des articles pour expliquer que le FN n’était plus d’extrĂŞme droite mais nationalÂ-populiste, puis populiste tout court. Du coup, aujourd’hui, tout est brouillĂ©. Des chercheurs qui travaillent sur l’extrĂŞme droite disent travailler sur le populisme.
Vous soulignez que cette stratégie, avec le score de Jean-Luc Mélenchon en 2017, a fait ses preuves. Pourtant, dans votre livre, vous considérez que ce cycle s’achève avec la FI.
M.C-M : Quand on regarde ce qu’il s’est passé pour Podemos, Syriza, Jeremy Corbyn, on constate que cette stratégie a permis des percées électorales fulgurantes mais éphémères. Ce sont des forces politiques qui semblent surgir de nulle part en trois ou quatre ans. Mais, à moyen terme, la dégringolade est aussi brutale. Ces forces se sont souvent dotées de mouvements plutôt que de partis. Au moment de leur progression électorale, elles ont fait l’impasse sur la constitution d’un outil et d’un appareil militant. Elles ont pensé qu’avoir un leader charismatique et une base électorale ça suffisait. Or, c’est l’appareil militant qui permet de tenir sur la durée. Sinon, au moindre revers électoral ou à la moindre affaire touchant le leader, les populistes de gauche sont touchés en plein cœur. Pourquoi le PCF et le PS existent toujours malgré les revers électoraux ? C’est grâce à leur appareil militant.
Quel est le bilan de ce cycle Âpopuliste pour les gauches ?
M.C-M: En dehors du discours, les mouvements populistes ont cherchĂ© Ă s’émanciper de la forme parti, considĂ©rĂ©e comme obsolète. Le populisme est aussi du mouvementisme. Ces mouvements se sont créés sur une promesse de diffĂ©rence et de dĂ©mocratisation des organisations politiques, qui n’a pas Ă©tĂ© tenue. En dehors des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales, ce sont des coquilles vides. Quand on dissipe le cĂ´tĂ© « gazeux », l’organisation est très verticale. S’il y a un bilan Ă tirer, c’est celui-ci. La forme parti s’épuise, mais le remède proposĂ© s’est peut-ĂŞtre avĂ©rĂ© encore pire que le problème qu’il Ă©tait censĂ© rĂ©gler. Ce qu’il faut regarder avec intĂ©rĂŞt en revanche, c’est la situation du Parti du travail de Belgique. Il existe depuis 1979, et il est passĂ© de 0,5 % des voix au dĂ©but des annĂ©es 2000 Ă 15 % Ă Bruxelles et en Wallonie. Dans le mĂŞme temps, ils sont passĂ©s de 800 Ă 20 000 militants. Le PTB est peut-ĂŞtre en train de montrer une voie. Il a conservĂ© ses structures de parti, son orthodoxie marxiste, tout en s’ouvrant sur la sociĂ©tĂ©, les Ă©tudiants, les plus prĂ©caires, et en choisissant un discours plus populiste. En France, ni les socialistes ni les communistes n’ont pu reprendre le leadership Ă gauche. Pour l’instant, c’est toujours Jean-Luc ÂMĂ©lenchon qui le tient et qui reste le seul en mesure d’accĂ©der au second tour.
Ce n’est pas contradictoire avec votre théorie sur la fin du cycle populiste ?
M.C-M : En 2019, quel que soit le pays, la gauche populiste a subi revers sur revers. En 2022, j’observe toujours la décrue. Mais je ne sais pas non plus ce qu’il va se passer dans les prochains mois et les prochaines années. On est dans des conjonctures politiques très ouvertes. Les grands partis de gouvernement de droite comme de gauche sont fragilisés dans la plupart des pays européens. La FI comme d’autres mouvements ailleurs peuvent rebondir à nouveau très fortement.
Philippe Vion-Dury - @PhilGood_Inc
To look or not to look don't Look up ? Un bon thread de Philippe Vion-Dury sur le film qui fait causer en ce moment. Je spoile sa conclusion ci-dessous, entendu que l'essentiel est dans le thread lui-mĂŞme.
LP
« Donc au final on a :
un imaginaire apocalyptique réchauffé
une lecture de classe très simpliste (voire méprisante)
une perspective réformiste qui se vautre dans la dénonciation des excès du capitalisme
un appel à écouter la science...»
Avis très différent chez Bon Pote - un excellent blog écolo sélectionné ici:
(...) Que ce film soit “extraordinaire” ou non, il fait plus parler du réchauffement climatique que la sortie du rapport du GIEC ou que la COP26. Et ça, c’est extraordinaire. Triste, mais extraordinaire.


