Accès libre Organisme national, l'OPC travaille sur l’articulation entre l’innovation artistique et culturelle, les évolutions de la société et les politiques publiques au niveau territorial
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01.07.2022 à 11:38

Dépenses culturelles des collectivités territoriales : quelle est la tendance ?

Dépenses culturelles des collectivités territoriales : quelle est la tendance ?Après deux exercices budgétaires impactés par la crise sanitaire et une mise sous cloche d’une partie de la vie culturelle, de nombreuses incertitudes planent sur les dépenses culturelles des collectivités territoriales : les signaux d’un reflux sont nombreux et la rigueur budgétaire fait un retour remarqué dans les discours politiques sur la culture. Les politiques culturelles serviront-elles de nouveau de variable d’ajustement ? La question se pose d’autant plus que les baisses régulières de dotations de l’État aux collectivités territoriales et la tendance accrue à encadrer leurs dépenses de fonctionnement réduisent les marges de manœuvre. Mais c’est également du point de vue des choix politiques effectués en matière de soutien à la vie culturelle que doivent se lire les dynamiques budgétaires actuelles, certaines collectivités cherchant à modifier significativement la structure de leurs dépenses culturelles et les équilibres construits historiquement entre catégories d’acteurs et de territoires.

La Fnadac, l’Ufisc et l’OPC s’associent pour un échange autour des mouvements qui pèsent aujourd’hui sur les dépenses culturelles des collectivités territoriales et leurs capacités d’action.

Avignon, le 13 juillet de 16h à 17h30 au Collège Vernet.
Jauge limitée, sur invitation.

30.06.2022 à 12:07

Culture et écologie politique. Comment transformer les villes demain ?

Culture et écologie politique. Comment transformer les villes demain ?Deux années après la vague verte qui a installé des majorités écologistes à la tête de grandes villes françaises, les écologistes de la région lyonnaise vous convient à une table ronde sur les enjeux et les pratiques de politiques culturelles en faveur d'un monde soutenable.

Grégory Doucet, Maire de Lyon
Christelle Blouët, Directrice du réseau Culture 21
Patricia Coler, Déléguée de l'UFISC
Vincent Guillon, Directeur de l'OPC
Animation : Pascale Bonniel Chalier, Conseillère Régionale Auvergne Rhônes-Alpes

Lieu : Théâtre des 3 soleils, 4 rue Buffon, Avignon
Date : 12 juillet de 16h à 17h30

24.06.2022 à 19:39

Les arts numériques : quelles tendances ?

Les arts numériques : quelles tendances ?Quelles grandes tendances travaillent le champ des arts numériques ? Financement, conservation des œuvres, visibilité des femmes artistes, sobriété des données, production d’œuvres durables, tels sont les grands enjeux observés par Céline Berthoumieux, directrice de ZINC et présidente du réseau national HACNUM.

24.06.2022 à 12:21

6es Assises nationales des DAC - De la transformation de la culture à la culture de la transformation

6es Assises nationales des DAC - De la transformation de la culture à la culture de la transformationDans un contexte de mutations profondes de nos sociétés et de transition à venir, quel rôle la culture peut-elle, doit-elle prendre ? Comment construire une culture de la transformation ? L’ensemble des professionnels de la culture est invité à venir échanger, débattre et expérimenter de nouveaux modèles lors de ces Assises organisées par la Fnadac, en partenariat avec l'OPC. Les inscriptions sont ouvertes.

Consulter le programme



30.05.2022 à 17:11

Les arts numériques : un champ artistique comme les autres ?

Les arts numériques : un champ artistique comme les autres ?Y a-t-il consensus sur la définition des arts numériques ? La transversalité des arts numériques complique-t-elle le rapport aux institutions ? Quel impact de la crise sanitaire sur l’offre artistique numérique ? Céline Berthoumieux, directrice de ZINC et présidente du réseau national HACNUM fait le point pour l’Observatoire sur la spécificité de ce champ artistique.

05.05.2022 à 14:20

Des inégalités tenaces dans le monde de la culture entre les femmes et les hommes

Des inégalités tenaces dans le monde de la culture entre les femmes et les hommesLes mesures adoptées depuis quelques années par les pouvoirs publics pour réduire les inégalités et promouvoir la diversité n’ont pas jusqu’ici réussi à briser le « plafond de verre ».

Reine Prat, autrice de deux rapports ministériels « Pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans les arts du spectacle », publiés en 2006 et 2009 constate aujourd’hui que ses travaux, s’ils « ont fait l’effet d’une bombe », n’ont pas permis de faire évoluer significativement l’égalité Femmes/Hommes.

Le livre qu’elle vient de publier aux éditions Rue de l’échiquier Exploser le plafond. Précis de féminisme à l’usage du monde de la culture aborde l’ensemble des discriminations qui sont à l’œuvre dans le secteur de la culture. Pourquoi le secteur culturel peine à faire évoluer l’égalité F/H ? Comment se fabrique la cooptation ? En quoi la culture peut-elle « devenir un puissant moteur de changement » ?

08.04.2022 à 12:10

L’art dans l’espace public : une liberté en train de se restreindre ?

L’art dans l’espace public : une liberté en train de se restreindre ? Lætitia Lafforgue a choisi les arts de la rue pour exercer son métier de comédienne. Un drôle de choix résume-t-elle, pas toujours confortable, « mais une manière de s’adresser aux gens qui change la portée de ce que l’on raconte ». Comment les arts de la rue s’adaptent-ils aux contraintes règlementaires, sanitaires, et luttent pour pouvoir exister ? Cette liberté d’expression dans la rue est-elle en train de se restreindre ?
Lætitia Lafforgue est membre de la compagnie Les Goulus et de ktha compagnie.

 

 

08.04.2022 à 12:07

Le conflit en Ukraine sous l'angle culturel

Le conflit en Ukraine sous l'angle culturelProfesseure en politiques culturelles à l’Université des arts de Belgrade et directrice d’une chaire UNESCO, Milena Dragićević Šešić livre à l'Observatoire une lecture culturelle du conflit militaire que mène la Russie en Ukraine. Le point de vue d’une spécialiste des questions culturelles en Europe orientale, qui donne de la hauteur.



 

01.02.2022 à 11:01

Clément Mabi : comment le numérique a-t-il transformé le débat public ?

Clément Mabi : comment le numérique a-t-il transformé le débat public ?Le numérique a-t-il permis une nouvelle culture du débat public ? Pourquoi Internet a-t-il tendance à pencher à droite ? Une interview de Clément Mabi, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'UTC de Compiègne, spécialiste des questions numérique et société.

24.01.2022 à 17:13

Décarboner la culture dans le viseur du Shift project

Décarboner la culture dans le viseur du Shift projectLe think tank The Shift Project vient de produire un nouveau rapport qui passe au crible les transformations du secteur culturel et propose un plan pour décarboner la culture. Quelles sont les principales recommandations envisagées par ce texte ? Décryptage d'Hervé Fournier, fondateur du bureau d’études environnemental Terra 21, pour l’Observatoire.

06.01.2022 à 11:46

Les Ateliers Culture, Jeunesse et Numérique

Les Ateliers Culture, Jeunesse et NumériqueL’offre culturelle est parfois questionnée de façon brutale par le public « jeune ». Une remise en cause qui se manifeste notamment par une indifférence vis-à-vis des prescriptions des institutions culturelles, voire par un désintérêt pour les lieux culturels.

Comment concevoir des nouvelles modalités de projets culturels et éducatifs ?

Decouvrez notre nouvelle formation "Culture, jeunesse et numérique".

04.01.2022 à 17:17

Bonne année 2022 !

Bonne année 2022 !Toute l'équipe de l'OPC vous souhaite une excellente année 2022 !

03.12.2021 à 15:30

Estelle Zhong Mengual : Que peut l’art face à la crise écologique ?

Estelle Zhong Mengual : Que peut l’art face à la crise écologique ?Estelle Zhong Mengual est historienne de l'art, titulaire de la chaire « Habiter le paysage – l’art à la rencontre du vivant » aux Beaux-Arts de Paris. Dans cette interview, l'historienne décrypte ce qu'elle nomme "crise de notre sensibilité au vivant" et évoque la place de l'art dans la crise écologique.

03.12.2021 à 14:56

Ce que les tiers-lieux posent comme défis aux politiques culturelles

Ce que les tiers-lieux posent comme défis aux politiques culturellesUne véritable « tiers-lieu mania » s’est emparée de l’action publique, notamment dans le domaine de la culture. État et collectivités territoriales s’efforcent de structurer leur soutien à ce mouvement qui, sous bien des aspects, met à l’épreuve les frontières et les fondements des politiques culturelles. Afin d’y voir plus clair et de nourrir la construction de ces nouveaux programmes publics, l’Observatoire des politiques culturelles propose une note synthétique sur le sujet.

Lire la note

Lire la veilleuse consacrée aux tiers-lieux

03.12.2021 à 12:04

Le POC #numérique #1

Le POC #numérique #1
Les youtubeurs, nouveaux médiateurs culturels... Godard sur Netflix... Toutes les œuvres en haute qualité sur Google... Pour ou Contre ? Voici le premier POC de l'OPC !
Merci à la promo 16 du Master DPC, d'avoir joué les premiers de cordée. 

 

03.12.2021 à 11:39

Les politiques culturelles en Europe face au défi de la démocratie participative

Les politiques culturelles en Europe face au défi de la démocratie participativeJournée d'étude internationale organisée par Astrid Chabrat-Kajdan (Université Lumière Lyon 2, Passages arts & Littératures XX-XXI), Bérénice Hamidi (Université Lumière Lyon 2, Passages arts & Littératures XX-XXI), Séverine Ruset (Université Grenoble Alpes, Litt&Arts), en partenariat avec l'OPC.

Date et Lieu : 3 décembre 2021 - Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, Bâtiment CLIO, salle 036

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Programme :

10h-10h20 : Introduction des organisatrices et de Vincent Guillon, codirecteur de l’Observatoire des politiques culturelles.

10h20-10h50 : Milena Dragićević Šešić, Université des Arts de Belgrade, "Les politiques culturelles urbaines : entre néolibéralisme, politiques populistes et demandes des citoyen.ne.s et des artistes-activistes".

10h50-11h20 : Jean-Gilles Lowies, Conservatoire Royal de Bruxelles et Université de Liège, “Une culture de tous, par tous, pour tous ? Instituer la participation aux politiques culturelles en Belgique francophone".

11h20-11h30 : Pause

11h30-11h50 : Lluis Bonet, Université de Barcelone (intervention en visioconférence), “Politiques culturelles et participation : expériences et défis dans le cas espagnol”.

11h50-12h30 : Discussion collective.

12h30-14h30 : Pause déjeuner

14h30-15h : Fanny Bouquerel, Institut d’études européennes, Université Paris 8, "Objectifs, dispositifs et effets des processus participatifs de l’UE pour la culture : beaucoup de bruit pour rien ?".

15h-15h30 : Pierre Brini, Le LABA et Institut d’études politiques de Grenoble, "Enjeux participatifs dans les programmes culturels de l'UE : Focus sur ERASMUS+ et Europe Créative 21-27".

15h30-16h : Félix Dupin-Meynard, CEPEL-CNRS, "Expériences participatives et résistances à la démocratie dans le spectacle vivant : que partage-t-on, comment, pourquoi ?".

16h-16h30 : Discussion collective.

16h30-16h45 : Pause

16h45-18h : TABLE RONDE "Enjeux de la démocratie participative pour les institutions culturelles", avec les intervenant.e.s de la journée.


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Entrée libre dans la limite des places disponibles

05.10.2021 à 17:33

La gouvernance culturelle des villes

La gouvernance culturelle des villesTable ronde autour de l’ouvrage de Guy Saez De la gouvernance culturelle des villes. De la décentralisation à la métropolisation

Visioconférence Le 5 octobre 2021 de 10h à 12H30

L’ouvrage de Guy Saez (directeur de recherche émérite au CNRS PACTE) retrace la trajectoire des politiques culturelles des villes depuis la création du ministère des Affaires culturelles jusqu’aux années 2020. Cette gouvernance se déploie en trois régimes d’action publique successifs. La décentralisation culturelle (1960-1980) jette les bases d’une grammaire politique partenariale État-villes bien avant que n’intervienne la réforme de décentralisation des compétences de 1982-1983. Les villes s’engagent alors sur la voie de la territorialisation des politiques publiques, épaulées par leurs puissantes ressources financières et la professionnalisation de leurs cadres (1980-2000). Depuis le début du XXIe siècle, l’emprise des références intellectuelles puisées dans la mondialisation telles que l’économie politique culturelle, la ville créative, les droits culturels, entraîne une métropolisation de la culture.

La récente publication de l’ouvrage à la Documentation française offre l’occasion de poursuivre la réflexion et le débat avec les acteurs de cette gouvernance, élus comme responsables d’institutions culturelles.

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Programme

Sous la présidence de Maryvonne de Saint Pulgent, présidente de section honoraire au Conseil d’État, présidente du Comité d’histoire du ministère de la Culture ;

animée par Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique (université de Paris X Nanterre), en présence de Guy Saez, directeur de recherche émérite au CNRS ;

Avec :

Juliette Bompoint, co-Présidente de  Mains d’œuvres à Saint-Ouen,

Marie-Pia Bureau, directrice de l’Espace André Malraux à Chambéry,

Nicolas Cardou, directeur général adjoint à la Culture de Nantes-métropole,

Stéphane Frioux, adjoint à la culture, aux universités et à la vie étudiante, Ville de Villeurbanne

Bernard Sevaux, directeur du projet Capitale française de la Culture 2022, directeur Général Adjoint à la Culture, Jeunesse et Prospective, Ville de Villeurbanne.

Revoir la web conférence



Voir l'interview d'Emmanuel Wallon sur l'ouvrage

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Une table ronde organisée conjointement par le Comité d’histoire de la Culture, l’Observatoire des politiques culturelles et la Fondation des Treilles.

07.09.2021 à 12:36

#24 La veilleuse de l'OPC : politique culturelle numérique

#24 La veilleuse de l'OPC : politique culturelle numériqueAprès un an et demi de transformation digitale accélérée et un déplacement de la vie culturelle sur Internet, où en sont les acteurs culturels avec le numérique ? Au-delà de la crise, qu’est-ce que les pratiques en ligne peuvent avoir d’inspirant pour le secteur culturel ? En quoi certains artistes nous montrent-ils des chemins de traverse pour regarder Internet autrement qu'au prisme des GAFAM ? La revue l’Observatoire consacre son nouveau numéro au numérique, l’occasion de s’y attarder dans cette newsletter.

En matière de consommations culturelles, notamment sur écran, le premier confinement a réduit les clivages sociaux et générationnels. C’est l’une des curiosités que souligne une enquête du DEPS. Pour autant, si de nombreuses personnes ont découvert des formes de pratiques numériques à cette occasion, vont-elles les « poursuivre et en faire des habitudes culturelles » ? Un questionnement à explorer dans les années à venir. De leur côté, que retirent les acteurs culturels de ce moment inédit ? Interrogés sur le sujet, deux directeurs d’équipements culturels exposent des visions contrastées : tandis que Laurent Sellier voit dans le numérique l’opportunité d’inventer « de nouveaux modes de narration numérique », Benoît André « ne considère pas le numérique comme une solution pérenne pour les spectacles eux-mêmes », si ce n’est pour des projets pensés dès le départ pour le numérique. Franck Bauchard prend appui, pour sa part, sur l’exemple du théâtre américain. Il relate une ruée des auteurs et des acteurs sur Internet « avant même les metteurs en scène et les théâtres » qui a généré une « floraison de propositions » et des formats inédits.

Au-delà de la crise, la revue rapporte un certain nombre de positions critiques au sujet des rapports de domination qui structurent le numérique contemporain. « La régulation des GAFAM n’a marqué que de bien timides progrès ces dernières années. Leur capacité de surveillance et de traçage est plus grande que celle des États », déplore Jean-Pierre Saez. Fred Turner expose l’étendue des défis et dresse un parallèle entre les géants du pétrole et ceux du numérique : « [Les réseaux sociaux] sont à notre paysage social ce que la Standard Oil a été à notre paysage naturel. » L’artiste Lauren Huret dénonce, de son côté, le mythe d’un numérique immatériel, à partir d’une enquête menée auprès des « nettoyeurs du Web ». Elle décrit un « prolétariat numérique » dont le métier est de trier et d’effacer les images violentes et traumatisantes qui circulent sur le Web.

« Face à ces nouvelles formes d’asservissement, est-il possible de développer une stratégie émancipatrice adaptée à l’ère numérique ? » s’interroge Pierre Lévy. Le philosophe Achille Mbembe plaide pour faire entendre la voix de l’Afrique sur le digital et l’obsolescence des technologies. Il rappelle qu’en Afrique la réparation est omniprésente et « constitue le moteur de la vie ». Il juge ainsi indispensable « une critique renouvelée de la technologie s’appuyant sur d’autres archives que celles de l’Occident ». Les acteurs culturels inventent, quant à eux, des résistances.Stéphanie Aubain décrit le déploiement d’un réseau social alternatif aux GAFAM dédié à une communauté de spectateurs à la Maison des métallos. Ce dispositif a nécessité de réinventer les « émoticônes usuelles » et des « filtres moins stéréotypés ». Pour l’artiste Rocio Berenguer : « ces outils, hypertechniques […], qui nous incitent à un comportement de consommateurs, doivent être détournés, piratés.» Valéry Cordy, intervenante à l’école d’art de La Cambre, plaide pour un « apprentissage du code et une culture technique la plus large et approfondie possible » afin de sortir d’un usage passif.

Ce tour de piste des enjeux numériques ne saurait être exhaustif sans évoquer les arts numériques. Lisa Pignot et Emmanuel Vergès écrivent à leur propos qu’ils « brouillent les frontières et les balises académiques de notre conception de l’art ». Et Clément Thibault de préciser : « L’obsolescence qui touche les hardwares comme les softwares contraint les artistes à une posture d’expérimentation permanente ».

Et si certains usages développés sur le Web se révélaient stimulants pour les problématiques culturelles ? Les chercheuses Camille Jutant et Sarah Cordonnier décrivent les échanges d’une communauté en ligne consacrés au tricot comme inspirants pour la médiation : « Les nombreuses formes de médiation hétérogènes observables sur ravelry.com ont pour point commun la tolérance et l’hospitalité. L’ignorance est toujours accueillie avec bienveillance et s’expose donc très régulièrement ». Loup Wolff, chef du DEPS, se questionne, quant à lui, sur les nouveaux modes de recommandation culturelle qui émanent des réseaux sociaux. Il note « l’indifférence aux prescriptions culturelles des institutions » d’une partie de la jeunesse qui s’est tournée vers « des mécanismes de recommandation horizontale, de fonctionnement communautaire ». « Autant de bouleversements qui réinterrogent la mission des politiques culturelles quant à l’élargissement des publics, la priorité donnée à la fréquentation des établissements culturels ». Dès lors, en quoi consisterait une politique culturelle numérique ? In fine, Vincent Guillon et Emmanuel Vergès proposent d'y répondre en identifiant une série de dilemmes que les politiques culturelles posent au numérique(et inversement).


Carnet d'étonnements

dentifier les députés distraits lors des séances plénières, c'est l'idée de Dries Depoorter, un artiste numérique belge. A partir des vidéos de la chaîne youtube du Parlement flamand, l'intelligence artificielle « The Flemish Scrollers » repère les élus déconcentrés par leurs smartphones. Les vidéos sont alors postées sur les réseaux sociaux, les politiciens tagués. Une façon de questionner des thèmes comme l'exercice de la représentation politique, la surveillance, la vie privée, l’intelligence artificielle et les médias sociaux.

« Avenue de Hongkong libre », « Avenue du dalaï-lama », « Route des martyrs ouïghours »… : le maire de Budapest a décidé de renommer le nom de plusieurs rues de la ville pour montrer son opposition à l’installation d’un campus chinois. Un pied de nez pour contester le projet défendu par Viktor Orban.

27.07.2021 à 11:08

Le secteur culturel à l'épreuve des discriminations

Le secteur culturel à l'épreuve des discriminationsLe secteur culturel s’interroge lui aussi sur la place des personnes non-blanches et la diversité des récits, des imaginaires et des appartenances dans ses institutions et ses politiques publiques. Comment dépasser l'antagonisme et la binarité des positions actuelles entre universalisme et antiracisme ?

Une interview de Mame-Fatou Niang, maîtresse de conférence en littérature française et francophone (Université Carnegie-Mellon, Pittsburgh), pour enrichir et dépassionner le débat.

« Et si antiracisme et universalisme, loin d'être des entités irréconciliables, (…) traduisaient en réalité une seule et même exigence vis-à-vis de la République ? » (Slate)

16.07.2021 à 12:59

Hommage à Robert Abirached 1930-2021

Hommage à Robert Abirached 1930-2021Notre ami Robert Abirached est parti ce jeudi 15 juillet à l’âge de 90 ans. Magistral homme de théâtre auquel il a consacré une oeuvre d’une grande richesse, il fut professeur d’Université, journaliste au Nouvel Obs, Directeur du Théâtre et des Spectacles au ministère de la Culture dans les années 80. Convaincu par la grande ambition que représentait la décentralisation des politiques culturelles au-delà de celle, pionnière, du théâtre, il fut aussi de 1991 à 2002 un président concerné de l’Observatoire des politiques culturelles durant le mandat de directeur de René Rizzardo. Il accompagna quelque temps encore l’OPC tandis que Michel Fontès prenait sa suite. Il n’avait de cesse de faire entendre sa voix et son exigence en faveur du service public. D’un caractère enjoué, pétulant - parfois volcanique - Robert était profondément attachant. Il suivait toujours avec attention le parcours de l’Observatoire et ne manquait pas lui manifester sa solidarité et de lui apporter son soutien. Dans ce moment de tristesse et de peine, nos pensées vont à son épouse, à ses enfants et sa famille ainsi qu'à ses nombreux ami.e.s.

Jean-Pierre Saez, Vincent Guillon, Emmanuel Vergès


Pour Robert Abirached.

Au décès d'un ami, les images se bousculent… Souvenirs de réunions dans son bureau de directeur du théâtre au ministère de la culture, avec Augusto Boal, âpres négociations… ses interventions sur l'éducation artistique dans plusieurs rencontres de l'ANRAT (association nationale théâtre et éducation) que je dirigeais et qu'il avait soutenu dès sa création… notre collaboration à l'édition des quatre tomes sur l'histoire de "la décentralisation théâtrale" (Actes sud Papiers) qui demeurent une référence… la préface qu'il accorda à mon livre "Théâtre, éducation, jeunes publics : un combat peur en cacher deux autres" (Lansman)… l'hommage à Philippe Avron, notre ami commun, à la Maison Jean Vilar… son intérêt pour Jacques Lecoq dont il reconnu, avant bien d'autres, l'importance sur le théâtre contemporain… et ces très nombreux moments plus personnels, à Avignon, à Limoges, à Paris dans son petit bureau ou dans son restaurant chinois familier… très récemment encore un déjeuner, un coup de fil, des messages… Robert fut pour moi, comme pour tant d'autres, une rencontre essentielle, franche, sans concession, parfois bouillante et excessive mais toujours sincère et fidèle. Bref, une amitié profonde née de combats communs et d'intérêt marqué plus pour les personnes que pour les idéologies ou les postures. Cet homme-là manquera au monde théâtral. Cet homme-là manquera, oh combien, à ses amis !

Jean-Gabriel Carasso. 16 juillet 2021



Pour moi, Robert a représenté une sorte de « grand frère », bien plus savant et calé que moi, sur tous les sujets concernant le Théâtre. Il était déjà une référence quand j’étais étudiant à l’Institut d’Etudes théâtrales…Et j’avais lu avec joie ses critiques dans Le Nouvel Observateur : sa façon de parler des oeuvres et de la scène était une « pédagogie en acte », engagée et passionnée, ouvrant les débats.

J’ai connu Robert plus tard, juste après 1981, car il a toujours défendu la place des artistes et du partenariat dans l’Education. Et je me souviens que, jeune prof d’Ecole normale, j’avais pris rendez-vous avec lui et André Cabanis à « La Direction du Théâtre et des Spectacles » pour lui demander s’il accepterait la mise en place à titre expérimental d’un « Atelier Théâtre » pour de futurs enseignants dans l’Ecole normale où j’enseignais. Le « partenariat » se ferait, s’il en était d’accord, avec le Théâtre du soleil (Gérard Hardy, Georges Bonnaud, Lucia Bensasson…) et on y inviterait d’autres comédiens venant d’autres compagnies (comme ceux du Théâtre de l’Opprimé, des Arts de la Marionnette ou du Campagnol). Après avoir relevé ses lunettes sur le front, après m’avoir rappelé que son champ d’intervention était soit les Lycées, soit l’Université, il se leva et marcha dans le bureau quelques instants…Et il donna son accord pour que ses services se mettent en contact avec le Rectorat de Créteil et la Direction de l’Ecole normale. On allait mettre en place le premier "Atelier de formation Théâtre en partenariat » au sein d’une Ecole normale ! Je suis sorti rue Saint-Dominique en trouvant la rue bien plus large qu’en vendant : la joie communicative de Robert pour ouvrir l’avenir écartait les murs !

C’est cette image de la « réflexion active » et de l'ouverture d’esprit qui me reste de ce premier accueil, pour moi forcément très intimidant !

Et Robert fut ensuite, tout au long de ces années partagées, le compagnon de route fidèle. Lui qui avait fondé l’ANRAT pour que les deux professions Education et Culture se parlent enfin (selon le voeu de Jack LANG) fut attentif au développement des Ateliers Théâtre dans les collèges et les Lycées, à l’expérimentation du futur Bac Théâtre conduit en partenariat, au développement de tous les outils pédagogiques capables d’aider les pratiques et de renouveler l’approche du théâtre auprès des élèves.Et il initia les premières universités d'été conjointes (Education Culture) qui furent des lieux de brassage de tous les talents et de co-formation à la fois pédagogique et artistique.

Et puis, ce fut la belle aventure des quatre tomes de La Décentralisation théâtrale que nous eûmes le grand bonheur, Jean-Gabriel CARASSO et moi de coordonner dans les « Cahiers de l’ANRAT » publiés avec Actes Sud Papiers…C’est toujours avec le sourire et l'engagement qu’il acceptait d’intervenir dans des séminaires de l’Association pour transmettre cette histoire du théâtre public et ses valeurs.

Et c’est vers Robert que je me suis tourné en tout premier quand Jack LANG, mettant en place la Mission pour le Plan des Arts à l’Ecole, me demanda si j’acceptais de devenir Conseiller pour le Théâtre…Sarns l’avis de Robert, sans les échanges que nous avons eus alors autour d’un repas partagé dans son quartier, je n’aurais jamais eu le courage (ou l’audace) d’accepter cette « mission » et ce poste.
Je savais qu’en cas de doute et d’insuffisance, je pourrais toujours l’appeler ou le voir. Sa bonhommie, son goût de la discussion, son souci de faire progresser la lourde machine administrative : tout cela était ma bouée de sécurité et mon repère rassurant pour de vrais partages, sans autres enjeux que le bien commun à rechercher.

Nous nous sommes souvent revus, croisés, appelés, retrouvés (pour la Légion d’Honneur de Michel Vinaver à la SACD) ou plus récemment pour échanger sur la difficulté à maintenir une place digne et suffisante pour le Théâtre dans la politique du nouveau Lycée « Blanquer »...

J’ai beaucoup de peine, comme vous tous. Nous sommes nombreux à perdre un ami, un initiateur et un sourire de complicité enjouée.

Mais le Théâtre nous rassemble au-delà des séparations et des douleurs : ses livres, sa pensée, son goût de l’action nous relient pour longtemps à lui et nous engagent à poursuivre la route en pensant à ce qu’il dirait, à ce qu’il ferait….
La force d’une pensée et d’un esprit reste en nous, comme un promesse. A sa famille, à ses proches, à ses amis si nombreux j’adresse ce petit message, témoin d’un parcours fraternel et fidèle.


Jean-Claude LALLIAS
Conseiller Théâtre
Réseau canope / Education nationale
Membre d’Honneur de l’Association nationale de recherche et d’action théâtrale (ANRAT




02.07.2021 à 14:53

#23 La veilleuse de l'OPC : prix unique du livre - loi Lang - Amazon

#23 La veilleuse de l'OPC : prix unique du livre - loi Lang - Amazon« La loi Lang est le principal totem de notre métier, notre ADN. Sans elle, le tissu le plus dense de librairies indépendantes au monde aurait été réduit de moitié ou davantage », témoigne dans Libération Matthieu de Montchalin, ancien président du Syndicat de la librairie française.

Acheter le même livre au même prix dans n’importe quel commerce, tel est le principe de la loi sur le prix unique du livre votée au début du premier mandat de François Mitterrand. Avec pour ambition de protéger les librairies indépendantes, menacées à l’époque par les pratiques discount des grandes surfaces et chaînes de magasins spécialisées dans la distribution de produits culturels. Jack Lang, interviewé dans L’Obs, qualifie cette loi de « première loi d'écologie culturelle » assurant « la prééminence de la création sur l'esprit de lucre et de rentabilité à court terme ». Si cette loi fait date, « elle fut aussi l’aboutissement d’un long chemin de croix » peut-on lire dans Le Monde. « Jack contre Fnac » : dans un article pour Libération, Frédérique Roussel revient sur les multiples résistances à l’application d’une loi jugée liberticide et inflationniste.

La loi fait partie aujourd’hui du paysage français. Selon Pierre Dutilleul, interrogé sur France Culture, elle « a permis à des librairies de s'installer dans les coins les plus reculés du territoire » et favorisé la diversité éditoriale et littéraire en évitant une trop forte « best-sellerisation ». Si Henri Causse dans Le Monde voit un effet pervers lié à une « surproduction de livres, qui asphyxie le marché », Jack Lang interviewé dans Libération « préfère une surproduction à une sous-production. […] C'est ça l'esprit de la loi, c'est de donner leur chance à des livres qui ne rencontrent momentanément pas leur public. Il a fallu trente ans à Marguerite Duras avant qu'elle ne triomphe. » D’autres pays ont suivi, comme l’Allemagne, la Belgique, la Grèce… Son introduction est actuellement débattue en Suisse et au Québec.

Pour autant, la pandémie a mis un coup de projecteur sur les pratiques de concurrence déloyale des grosses plateformes de vente en ligne comme Amazon qui proposent des frais d’envoi quasi nuls. Pour Nathalie Silbert dans Les Echos, Amazon « mérite mieux que sa réputation » en améliorant globalement « le service au lecteur ». Mais les librairies indépendantes ne peuvent pas s'aligner face à de telles pratiques, « sauf à vendre à perte et à menacer une économie déjà fragile » peut-on lire dans Télérama. 40 ans après la loi Lang, le gouvernement se positionne une nouvelle fois en faveur des librairies indépendantes. Le projet de loi adopté au Sénat le 8 juin dernier prévoit, entre autres, la mise en place d’un tarif minimum pour les frais d’expédition. Clément Solim dans ActuaLitté y voit une façon de « préserver l’écosystème de la librairie, et lui offrir une opportunité de développer la vente à distance ». La loi a été accueillie favorablement par le secteur, notamment par le Syndicat de la librairie française. Xavier Martinet dans France Culture se demande cependant si cette « réplique » de la Loi Lang est « le bon rempart » face au marché numérique. De son côté, Franck Gintrand faisait remarquer il y a quelques mois dans Slate : « Amazon fait peur mais ce sont les grandes surfaces qui font mal aux librairies », le géant du commerce en ligne ne détenant au final que 10% des parts de marchés.

« Que serait le monde sans la loi Lang ? » S’il est possible d’imaginer divers scenarii tels que ceux proposés par l’association des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (livres vendus au poids, distributeurs automatiques de livres, monde littéraire uniformisé…), répondre à cette question est difficile tant l'écosystème est complexe. Dov Alfon dans Libération constate qu’il « reste encore dans la chaîne du livre bien des choses à améliorer » comme le sort des artistes-auteurs. Toujours est-il que « les Français ne sont pas de grands lecteurs, mais ils adorent leurs librairies ». Affaire à suivre…


Carnet d'étonnements

Qu’est-ce qu’un saut de loup, une ronde-bosse, une échauguette ? Vous trouverez les réponses à ces questions dans le dictionnaire du patrimoine élaboré par PAJ Patrimoine Architecture Jardins, magazine virtuel de l’association Vieilles Maisons Françaises. Ce dictionnaire en ligne permet de découvrir/redécouvrir des notions de patrimoine en accédant à des illustrations de qualité. Une façon originale d’explorer le patrimoine de chez soi.

En panne d’idées pour dépenser les 300 € du pass Culture ? Le designer Geoffrey Dorne a lancé un pass (contre) Culture. Créé dans le sillon du pass du ministère de la Culture, ce générateur d’idées propose des films et des livres sur les thèmes de la liberté, de la politique, du féminisme, de l'égalité sociale... Des pistes "d'usage" dans la perspective de la généralisation du dispositif ?

04.06.2021 à 12:21

#22 La veilleuse de l'OPC : Artiste-auteur - Rapport Racine - Vocation/travail

#22 La veilleuse de l'OPC : Artiste-auteur - Rapport Racine - Vocation/travailL’artiste est-il un travailleur comme un autre ? s’interrogeait l’Observatoire à l’occasion d’un numéro consacré aux statuts de l’artiste. « L’artiste n’est plus cet individu hors du monde social, figure issue d’une vision réductrice du romantisme, mais il est souvent un travailleur précaire » pouvait-on lire dans l'introduction au dossier.

La déception des artistes-auteurs quant aux suites données au rapport Racine par le ministère de la Culture et la fronde contre les affiches de la Ville de Bordeaux « Artiste c’est un métier ? » sont l'occasion de donner un coup de projecteur sur la situation des artistes-auteurs.

Ces derniers constituent une catégorie complexe à cerner, tant le terme regroupe des métiers et des statuts différents définis par le code de la sécurité sociale. Le rapport de Bruno Racine, remis au ministère de la Culture en janvier 2020, situe les artistes-auteurs dans l’« angle mort » des politiques publiques. Il souligne leur précarité et la dégradation de leurs rémunérations ces dernières années. Salué par une partie de la profession, le texte propose 23 mesures, avec notamment la prise en compte de la demande de statut et la considération du temps passé à créer une œuvre. Il envisage également des solutions face au faible poids politique de la représentation des artistes-auteurs sur un plan national. Une interview de Samantha Bailly, ex-présidente de la Ligue des auteurs professionnels, dans AOC détaille les espoirs déçus par le plan du ministère de la Culture. Cette feuille de route, rendue publique en mars, ne retient qu'une partie du rapport Racine. Les organismes de gestion collective qui collectent et répartissent les droits d’auteurs ont, quant à eux, plutôt bien accueilli le plan ministériel. Un article du Monde ne manquait pas de souligner les tensions entre les 2 parties, source d’embarras pour la rue de Valois.

« D’où vient donc, en un siècle aussi éclairé que le nôtre paraît l’être, le dédain avec lequel on traite les artistes, prêtres, peintres, musiciens, sculpteurs, architectes ? », s'interrogeait Honoré de Balzac dans le texte « Des artistes » ? Deux siècles plus tard, Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue des auteurs, voit encore dans cette marginalisation l'héritage d’une vision romantique de l’artiste : « au XIXe siècle, Balzac et Sainte-Beuve s’affrontaient déjà sur la question de savoir si l’on pouvait mêler art et argent. Dans l’imaginaire collectif, nous avons continué à faire vivre cette idée de l’artiste passionné et désintéressé qui ne vit que pour son art. ». Pierre Estève confiait d'ailleurs dans l’Observatoire n°44 « j'ai moi-même cru des années durant qu'un bon artiste était un artiste pauvre ». Il questionnait la formation reçue au conservatoire qui ne l’avait pas préparé à la gestion d’une carrière.

Face à ce problème, de nouvelles mobilisations collectives prennent forme autour de mouvements comme #payetonauteur ou ©Non aux créations gratuites qui revendiquent une reconnaissance et une juste rémunération du travail de création. Une difficulté supplémentaire concerne le droit d’exposition qui permet à l'auteur d'être rémunéré en exposant son œuvre, un droit qui est peu appliqué par les lieux de diffusion. Comme le rappelle Agnès Tricoire dans l’Observatoire 55, la gratuité du droit d’exposition ne se présume pas mais ce principe est rarement respecté. Pascal Neveux, président du CIPAC, poursuit dans le même numéro : « il est donc assez fréquent d’entendre dire qu’un artiste qui expose ses œuvres n’a pas besoin d’être rémunéré pour cette exposition puisqu’il peut vendre ses œuvres. Or (…) cette économie vertueuse ne touche que très peu d’artistes aujourd’hui. »

Alors comment rémunérer l’acte de création ? Entre vocation et travail, Pierre-Michel Menger s’est questionné sur la nature de l'engagement qu'il induit. L’artiste-auteur est une profession où la rémunération n’est pas liée au temps passé à réaliser une création, mais à son succès. Ainsi, certaines œuvres prennent très vite une valeur folle et inversement commente-t-il à l'occasion d'une web-émission de la Ligue des auteurs professionnels. Outre l’intérêt des préconisations avancées par le rapport Racine, faut-il de ce fait envisager de faire entrer les artistes-auteurs dans un régime similaire à celui de l’intermittence comme évoqué dans une tribune signée par un collectif d'auteurs et d'artistes indépendants dans Libération ? Interviewé par Olivia Gesbert sur France Culture, Pierre-Michel Menger se montre sceptique sur ce point puisque le basculement dans un statut régi par le code du travail implique un lien de subordination à un employeur difficilement concevable avec l’acte de création.


Carnet d'étonnements

Et si l'art pouvait déjouer la surveillance numérique ? Des artistes créent des œuvres pour rendre les outils de reconnaissance faciale inopérants. Du maquillage, des bijoux, des coiffes sont ainsi destinés à se camoufler dans l'espace public. Des créations qui tentent d'alerter le grand public sur les dangers de ces technologies.

Construire « avec » plutôt que « pour », continuer à concevoir ensemble tout en construisant, c’est le défi de ConstructLab, pratique de construction collaborative. Praticiens de divers champs (charpentiers, architectes, designers, conservateurs, cinéastes, écrivains, enseignants…) sont invités sur différents projets à explorer ensemble une « intelligence constructive », éco-responsable, de bon sens et utilisable par tout le monde.


07.05.2021 à 15:55

#21 La veilleuse de l'OPC : culture et santé

#21 La veilleuse de l'OPC : culture et santé« Semblable à une rencontre humaine, parfois capable de déclencher un sentiment presque amoureux, une œuvre agite quantité de neurotransmetteurs et d’antidouleurs dans notre cerveau. Oui, l’art fait du bien » note Christophe Averty dans Le Monde. Influence positive tout au long de la vie ou compléments thérapeutiques dans les soins de santé, le rôle des arts et de la culture dans le bien-être et la santé est reconnu par l’OMS depuis 2019. Ses vertus sont nombreuses : l'art nous offre du beau, de l'émerveillement, il régule nos émotions en nous stimulant ou en nous apaisant, il nous interpelle, nous fait réfléchir, nous ouvre sur le monde et sur soi, il nous relie à une « commune humanité », avec l’art on se sent moins seul…

S’il y a de multiples façons de fréquenter l’art, la musique a l'avantage d’être accessible de chez soi et se révèle un soutien précieux en temps de crise. Dans The Conversation, Diana Derval nous explique comment la musique nous fait vibrer et peut correspondre à un massage. Sabine Bachut dans L’Influx observe comment, dans le contexte du confinement, « la musique ambient devient aussi une forme de prescription musicale ». Emmanuel Bigand va jusqu’à défendre que « la musique a une importance fondamentale dans l'évolution de l'humanité ». Auteur de « La symphonie neuronale - Pourquoi la musique est indispensable au cerveau », il explore les effets de la musique sur le cerveau, ses bénéfices en termes de santé et d’éducation. La musique influence les êtres humains tout au long de la vie : « les petits ne parlent pas encore, mais ils chantent déjà, et les âgés ne parlent plus mais chantent encore ».


Mais alors comment la fermeture des lieux culturels peut-elle affecter notre santé psychique ? Le neurologue Pierre Lemarquis, auteur de « L’Art qui guérit », s’inquiète sur France Musique d’une vague de troubles psychiatriques : « en limitant l’accès à l’art, on tue ce qui donne envie de vivre ». Anne-Marie Dubois, directrice scientifique du Musée d'Art et d'Histoire (Hôpital Sainte-Anne), explique que l’accès à la culture permet de prendre du recul sur ce qui nous arrive, de nous inscrire dans une histoire et mieux surmonter des difficultés. Marine Raimbaud, psychiatre au GHU Paris Saint-Anne et invitée au colloque « Culture : essentielle ? » du Théâtre 14 restitué par News Tank Culture, indique l’importance du « rituel » dans la consommation culturelle (s’habiller, retrouver ses amis, fréquenter des lieux culturels chargés d’histoire…). « Regarder des séries en chaîne favorise la dépression », ajoute-t-elle. Thibaud Croisy dans Lundi matin note qu'il « est déconcertant d’être seul, exclusivement seul pour la première fois face à une œuvre d’art, une musique, un poème, des mots, et de vivre l’expérience esthétique sans la présence rassurante des autres. Ça fait frémir parce qu’on est seul devant soi. »


Cela n’est pas sans résonner avec le concept de « ©Santé Culturelle » développé par la psychanalyste Sophie Marinopoulos en 2019 dans un rapport pour le ministère de la Culture. Depuis une vingtaine d’années, elle observe que les enfants « présentent des signes de malnutrition culturelle », ainsi qu’une détérioration des liens parents-enfants. « Nos relations humaines se sont appauvries, nous parlons peu, moins ou alors sur un mode informatif. La narrativité a disparu des liens familiaux ». « Ce n’est pas avec des objets que le bébé veut communiquer, mais avec d’autres sujets, lesquels doivent lui proposer une véritable nourriture culturelle. » D’où l’importance d’une politique d’éveil culturel et artistique des jeunes enfants, telle que celle engagée par le ministère de la Culture. Prendre soin de la relation parents-enfants, « c’est prendre soin de l’humanité », indique Sophie Marinopoulos, invitée récemment outre-Rhin par la Fondation Genshagen. Elle défend l'idée que la santé culturelle, porteuse d’apaisement personnel et de pacification sociale, doit prendre sa place dans les programmes de l’OMS.


Carnet d'étonnements

Du théâtre livré à domicile. L’initiative de Teatro Delivery a été lancée par le comédien Ippolito Chiarello, invitant à créer en Italie des Unités spéciales de continuité artistique (Usca) pour faire face à la fermeture des théâtres. Roberta Paolini et Marica Mastromarino ont été les premières à se saisir de cette idée. Le public choisit un menu, passe commande, puis les 2 comédiennes délivrent à domicile des pilules de théâtre. Un acte qu’elles décrivent comme une forme de désobéissance civile.

S’élancer dans les airs et survoler les toits d'un Palais avec trois adeptes de freerun, ressentir l’immensité des fresques d'un Forum par des mouvements de danse aux influences hip hop, parcourir la richesse graphique des mosaïques d'un Hall d’honneur lors d'une balade poétique... C'est ce que propose la 4e édition du Festival « L’envers du décor » 100% numérique du Palais de la Porte Dorée. Une série de courtes vidéos réalisées à partir de créations d'artistes in situ et accessibles en ligne permet de découvrir ce chef d'œuvre art déco sous un angle sensible et décalé.


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06.05.2021 à 12:05

Vincent Guillon et Emmanuel Vergès, un binôme pour relever les nouveaux défis de l’Observatoire des politiques culturelles

Vincent Guillon et Emmanuel Vergès, un binôme pour relever les nouveaux défis de l’Observatoire des politiques culturellesC’est un duo – Vincent Guillon et Emmanuel Vergès – qui a pris la direction de l’Observatoire des politiques culturelles, le 5 avril 2021. Leurs trajectoires professionnelles se sont rencontrées à l’OPC il y a quelques années où ils ont arpenté ensemble les sujets de la coopération, des cultures numériques et des nouveaux modèles de politique culturelle. De cette expérience commune est né le désir de porter un projet de codirection.

Ce duo arrive à un moment important pour les politiques culturelles. D’abord en raison de la crise sanitaire qui a accéléré les effets de certaines transformations de fond des pratiques culturelles : leur digitalisation, bien sûr, mais aussi le fléchissement de la fréquentation de l’offre publique de culture parmi les générations les plus récentes.

En cela, la sortie de crise ne saurait se réduire à la relance d’un héritage de politique culturelle dont il est nécessaire d’accompagner l’évolution. Nécessaire en raison de la dimension profondément culturelle des questions politiques actuelles : qu’il s’agisse de transitions écologique et numérique, de réinvention de la vie démocratique ou de rapports de domination dénoncés par les nouvelles mobilisations sociales de ces dernières années.

Le projet porté par Vincent Guillon et Emmanuel Vergès défend un principe « d’observation dans l’action » : c’est-à-dire une observation partagée et réalisée en coopération avec l'État, les collectivités, les réseaux professionnels, les citoyens, les artistes, le monde universitaire…, où la production de connaissances s’accompagne d’expérimentations de terrains et dont le renouvellement des formes doit renforcer le rôle de passeur ou de traducteur joué par l’OPC.

Vincent Guillon est politologue. Il était depuis 2015 directeur adjoint de l’OPC. Ses travaux de recherche à Sciences Po Grenoble l’ont amené à explorer différents aspects et contextes de la fabrique territoriale de l’action publique culturelle. Mais auparavant c’est en tant qu’acteur culturel qu’il a débuté sa vie professionnelle, principalement dans le giron des lieux intermédiaires, des arts dans l’espace public et de l’urbanisme culturel.

Emmanuel Vergès est ingénieur et docteur en information et communication. Il a commencé à oeuvrer à la Friche la Belle de Mai à l’époque des premiers Cyber-C.A.F.É.S. Il développe depuis 10 ans à l’office des projets et des dispositifs de coopération pour accompagner les transformations culturelles actuelles et penser la convivialité des outils numériques.

13.04.2021 à 16:12

#20 La veilleuse de l'OPC : Opéra, diversité, traduction, universalisme, décolonialisme

#20 La veilleuse de l'OPC : Opéra, diversité, traduction, universalisme, décolonialismeLe rapport sur la diversité à l’Opéra de Paris commandé par son directeur Alexander Neef pour « mettre en phase l’opéra avec la société française » n’a pas manqué de soulever intérêts et controverses. Le texte préconise, entre autres, de faire évoluer le concours d’entrée à l’école de danse et d’adapter les productions jugées trop stéréotypées. Qu’ils défendent leur attachement intellectuel et politique à l’universalisme ou au mouvement décolonial, beaucoup s’entendent au moins sur un point : celui de condamner le document. L’universitaire Isabelle Barbéris, dénonce ainsi « l’entrisme des positions décolonialistes » et une vision racialiste de la diversité, tandis que l’association Décoloniser les arts critique une approche trop restreinte qui ne permet pas une remise en question plus systémique des problèmes. Salariés et danseurs de l’opéra, à l’origine des discussions sur la diversité au sein de la maison, tiennent à préciser ne pas s’inscrire dans une démarche académique mais pratique, qui se veut créatrice et non destructrice. De son côté, le journaliste Frédéric Worms s’interroge sur les liens entre diversité et discrimination : l'absence de diversité à l’opéra pourrait-elle être le symptôme d’une discrimination ? S’appuyant sur un autre exemple, celui de l’Orchestre national de Paris, Constance Rivière pose le problème en amont du recrutement de ces grandes institutions culturelles : « comment se fait-il qu'en France, dans les conservatoires de musique classique, on constate si peu de diversité ? ». Le sociologue Bernard Lehman insiste pour sa part sur les effets de l’habitus, car « une imprégnation familiale favorise grandement l’accès à la musique savante (…). Ces distinctions sociales sont tellement marquées qu’elles existent même au sein de l’orchestre où certains instruments sont jugés plus prestigieux que d’autres. ». Le numéro 56 de la revue de l’Observatoire révélait une multitude d’expériences d’acteurs de terrain qui mettent en œuvre des stratégies de petits pas, d'affirmative action, pour tenter d’agir concrètement en faveur d’une plus grande égalité et diversité. Dans un autre contexte, aux États-Unis les colorblind casting, cherchent à éviter que le public ne s'enferme dans des représentations très datées et trop monochromes de nos sociétés. « Ils affûtent notre œil, stimulent notre sens critique », argumente La Süddeutsche Zeitung. Léonora Miano accuse, quant à elle, la tentation d'assigner l'autre à un rôle particulier en raison de son apparence et souligne l’importance, notamment pour les institutions, d’être conscientes de ce regard pour pouvoir le transformer.

« Cinq minutes de grâce, des semaines de polémique » résumait un article dans Médiapart à propos de la traduction du poème qu’Amanda Gorman, a déclamé lors de l’investiture de Joe Biden. Aux Pays-Bas, l’éditeur néerlandais du poème avait choisi Marieke Luca Rjineveld pour le traduire. Celle-ci s'est finalement retirée suite à une tribune de la journaliste Janice Deul qui soulignait l’occasion manquée de faire appel, pour cette traduction, à une écrivaine noire « dans un monde où les femmes noires sont si souvent marginalisées ». Un renoncement qui a généré son lot de réactions condamnant les dérives d’une « traduction identitaire ». Guillaume Erner partageait son incompréhension dans un billet sur France Culture : « l’exercice même de la traduction est la désidentification – traduire cela suppose d’accepter de quitter une identité pour une autre (…) traduire c’est parier sur l’idée même de l’universalité du genre humain. ». Lise Wajeman dans Médiapart notait que la polémique affecte particulièrement des pays avec une histoire coloniale. « En France, des postures qui peuvent plaider, de façon vindicative parfois, pour une ouverture à la diversité sont réinterprétées en tentatives d’assignations identitaires. Il y a là un point aveugle qui doit être interrogé ». Sans aucun doute faudrait-il surtout questionner le manque de diversité dans le monde l’édition, comme le déplore l'autrice Alice Zeniter.

On ne peut manquer de souligner, dans ces deux affaires, la polarisation des débats et leur cacophonie accentuées par les réseaux sociaux. Dès lors, comment trouver un autre chemin que celui de l’opposition binaire ? La politologue Justine Lacroix plaide pour s'interroger à nouveau sur ce que représente l'universalisme. « Quand je suis le débat français on a souvent le sentiment qu'on aurait le choix entre d'un côté un universalisme républicain, invoqué comme un argument d'autorité et de tradition (…). Et puis d'autre part une sorte de relativisme culturaliste, un enfermement dans les cultures. En réalité ce n'est pas comme ça que les choses se passent. L'universel ne relève pas d'une sorte de dogme surplombant, d'un ensemble de principes qu'on accepte tels quels. L'universel c'est une aspiration qui est toujours en construction. Qui est traversé d'une réflexion sur les façons de faire progresser ces aspirations universelles ».


Carnet d'étonnements

« Ce poème est un remède ». À l’hôpital de Lyon Sud, la psychologue Laure Mayoud propose à ses patients « des prescriptions de beauté ». Les personnes hospitalisées peuvent choisir dans une artothèque un tableau ou un poème qui leur parle et va les accompagner le temps de leur séjour.

Et si aujourd'hui, vous étiez « commissaire d'exposition » ! Avec Lizellba, outil de médiation culturelle, la Criée centre d'art contemporain à Rennes propose de s'amuser à monter sa propre exposition à partir d'œuvres extraites d’expositions récentes. Le jeu circule actuellement à Rennes hors des murs de la Criée et est accessible à toutes et tous en ligne.


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09.04.2021 à 11:13

Les dépenses culturelles des collectivités territoriales ont-elles décroché avec la crise du covid-19 ?

Les dépenses culturelles des collectivités territoriales ont-elles décroché avec la crise du covid-19 ?En dépit d’un contexte tendu pour le monde culturel, notre enquête constate le prolongement de la tendance à la hausse des dépenses culturelles des collectivités en 2020 et prévoit une stabilité des efforts financiers pour une majorité d’entre elles en 2021.

En savoir +

16.03.2021 à 12:35

Vers une politique de la Relation ?

Vers une politique de la Relation ?Evénement en direct sur le web sur la page YouTube de l'OPC
23, 24, 25 et 26 mars 2021.

Télécharger le programme

Le monde semble engagé dans une série de changements concomitants qui dessine à la fin une grande transformation : révolution numérique, crise écologique, nouvelle donne économique mondiale, montée des nationalismes, crise de la démocratie…

Tandis que le thème de la diversité ne cesse d’être investi de nouveaux enjeux, bien des questions qu’il pose demeurent en suspens. L’individualisme conteste le besoin de coopération tout en se conjuguant aussi avec lui. Le désir d’expression de soi, soutenu par les facilités qu’accordent les réseaux sociaux, adresse en filigrane une demande de reconnaissance plus globale.
Les fractures sociales, territoriales, numériques, fragilisent le vivre ensemble, c’est-à-dire l’assurance de faire partie d’une communauté de destin par-delà les différences ou les divergences.

Quelles issues inventer à la crise de civilisation qui se cristallise sans cesse ? Quel rôle les arts et la culture peuvent-ils jouer pour nous éclairer sur le sens des changements qui nous affectent ? Et si la réponse aux défis qui nous sont opposés résidait dans l’invention d’une politique de la Relation ? Comment un tel projet pourrait-il prendre appui sur les arts et la culture ?

La Rencontre de Grenoble associera les participants des ateliers et un public local et national. Elle mobilisera des compétences locales, nationales et internationales (artistes, philosophes, sociologues, élus, acteurs culturels, acteurs du champ social, économique, environnemental, ...).

Rencontre avec le parrainage exceptionnel d'Edgar Morin

23 mars

17h-19h Ouverture en direct depuis la MC2  Visionnez

Accueil Arnaud Meunier, directeur de la MC2
Introduction générale à la rencontre Jean-Pierre Saez, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles

Le mot des partenaires
Éric Piolle, maire de la Ville de Grenoble
Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole
Jean-Pierre Barbier, président du Département de l’Isère
Florence Verney-Carron, vice-présidente chargée de la culture, Région Auvergne-Rhône-Alpes (sous réserve)
Noël Corbin, délégué général à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle, ministère de la Culture

Dialogue avec...
Patrick Chamoiseau, écrivain
Léonora Miano, auteure, femme de lettres






21h-23h Une nuit avec... Visionnez
Une série de grands entretiens enregistrés en amont de la rencontre sera diffusée lors de rendez-vous nocturnes. Au programme ce soir :
Dialogue avec...
Patrick Viveret, philosophe et essayiste
Émilie Le Roux, metteuse en scène, compagnie Les veilleurs
Alexandros Markeas, compositeur, musicien





24 mars

13h-15h Les ateliers Visionner
Des ateliers ont été organisés en amont de la rencontre autour de plusieurs thématiques, par différentes structures :
Apardap et Migrants en Isère : Comment prendre soin de l'Autre dans le monde d'aujourd'hui ?
La Chimère citoyenne : Qu’est-ce que les arts nous disent de l’état de la démocratie ?
Détours de Babel et Musée dauphinois : Comment les cultures peuvent faire dialoguer les arts et le patrimoine ?
Médiarts et Université Grenoble Alpes : La médiation culturelle est-elle un plus ou en trop ?
Observatoire des politiques culturelles : Pourquoi et comment dynamiser la présence des artistes sur les territoires ?
Patrimoine Aurhalpin : Comment le patrimoine peut-il contribuer au lien social ? Quels problèmes de transmission soulève-t-il aujourd’hui ?
Le Prunier sauvage : Pourquoi et comment mieux inscrire les arts et la culture dans les parcours de vie des jeunes ?

La restitution de l'ensemble de ces ateliers prend la forme de courtes vidéos.




17h-19h Table ronde 1 Visionner

(S') éveiller, transmettre, prendre part / en direct depuis la MC2
Avec Anne Courel, metteuse en scène et directrice de l’Espace 600, Grenoble
Emmanuel Demarcy-Mota, directeur Théâtre de la ville Paris
Sophie Marinopoulos, psychologue, psychanalyste
Sarah Mattera, directrice de Mille Formes, Clermont-Ferrand
Brahim Rajab, directeur du Prunier Sauvage, Grenoble
Animation Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique, Université Paris Ouest-Nanterre

La table ronde sera suivie d'un moment musical avec : Goran Bregović, en complicité avec le Festival Détours de Babel.





21h-23h Une nuit avec... Visionner

Une série de grands entretiens enregistrés en amont de la rencontre sera diffusée lors de rendez-vous nocturnes. Au programme ce soir :
Dialogue avec...
Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre
Carole Karéméra, actrice, danseuse et musicienne
Robin Renucci, acteur, metteur en scène, directeur des Tréteaux de France



25 mars

13h-15h Webinaire Visionner
Coopérer, irriguer les territoires

Avec la contribution des réseaux artistiques et culturels et des fédérations de collectivités suivants :
AADN (Arts et Cultures Numériques)
ABF (Association des bibliothécaires de France)
ASN (Association des Scènes nationales)
CIPAC (Fédération des professionnels de l'art contemporain)
FEDELIMA (Fédération des Lieux de Musiques Actuelles)
ROF (Réunion des Opéras de France)
France Festivals
FNADAC (Fédération Nationale des Associations de Directeurs des affaires culturelles)
FNCC (Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture)
FNAR (Fédération nationale des Arts de la rue)
Ligue de l'enseignement
Assitej (Association internationale du théâtre pour l'enfance et de la jeunesse)
Régions de France
ADF (Association des départements de France)
France Urbaine
Avec la participation d'Arnaud Meunier, directeur de la MC2
Animation Cyrille Planson, rédacteur en chef de La Scène, codirecteur du festival Petits et Grands

Le webinaire sera suivi d'un moment musical avec : Ballaké Subramaniam (Lakshminarayana Subramaniam / Ballake Sissoko) en complicité avec le Festival Détours de Babel.





17h-19h Table ronde 2 Visionner

Reconnaître, relier, soigner l'hospitalité / En direct depuis la MC2
Avec Olivier Cogne, directeur du Musée dauphinois
Frédéric Lafond, directeur de la coopération et de l'innovation culturelle pour le Département de la Haute-Garonne, ancien président de la FNADAC
Carole Karemera,
actrice, danseuse, saxophoniste (Belgique / Rwanda)
Marie Moreau
, plasticienne, réalisatrice, co autrice des œuvres du bureau des dépositions.
Moïse Touré, metteur en scène, Compagnie Les Inachevés
Animation Bérénice Hamidi-Kim, professeure des arts de la scène, Université Lyon 2, membre de l’Institut Universitaire de France

Cette table ronde sera suivie d'un entretien avec Benoît Thiebergien, directeur du Festival Détours de Babel, puis d'un moment musical avec Kogoba Basigui (Ève Risser / Naïny Diabaté).





21h-23h  Une nuit avec... Visionner

Une série de grands entretiens enregistrés en amont de la rencontre sera diffusée lors de rendez-vous nocturnes. Au programme ce soir :
Dialogue avec...
Marielle Macé, essayiste, directrice d'études de l'EHESS, directrice de recherche au CNRS
Moïse Touré, metteur en scène, Compagnie Les Inachevés
Joëlle Zask, philosophe



26 mars

13h-15h Table ronde 3 Visionner
Comment les arts et la culture peuvent-ils nourrir une politique de la Relation ? Pourquoi et comment construire une telle politique ?

En direct depuis la MC2
Avec Paul Ardenne, critique d’art, historien de l’art contemporain
Céline Berthoumieux, Directrice de ZINC, Marseille, présidente de HACNUM réseau national des arts hybrides et des cultures numériques
Vincent Guillon, directeur adjoint de l'Observatoire des politiques culturelles
Alexis Moati, acteur et metteur en scène
Lisa Pignot, rédactrice en chef de l'Observatoire
Et aussi :
Aurore Bergé, députée
Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand, président de Clermont Auvergne Métropole
Pascal Clouaire, conseiller municipal de la Ville de Grenoble et vice-président de Grenoble-Alpes Métropole chargé de la culture, de l'éducation et de la participation citoyenne
Patrick Curtaud, Vice-président, chargé de la culture, Département de l’Isère
Marc Drouet, directeur régional des affaires culturelles de la région Auvergne-Rhône-Alpes
Lucille Lheureux, adjointe aux Culture[s] de la Ville de Grenoble

Présentation des rapports d’étonnement du tour des territoires Jean-Pierre Saez
Animation de la table ronde Vincent Guillon et Emmanuel Vergès, directeur de l’office, Marseille





17h-19h Clôture Visionner

Conférence de clôture du Tour : " Fabriquer de la relation par les arts et la culture " / En direct depuis la MC2
Jean-Pierre Saez, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles
Cette séquence sera introduite par Arnaud Meunier, directeur de la MC2.

Concert en direct
Archères (Élisabeth Renau / Violaine Soulier)
Un duo mêlant cordes, crins, voix et peaux.





19h Concert Visionnez
Retransmission en direct du Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas
"Les Voies de l’Oyapock" de No Tongues
(Matthieu Prual / Ronan Prual / Ronan Courty / Alan Regardin)
Avec la complicité des "rendez-vous numériques" du Festival Détours de Babel.


En collaboration avec la MC2 Grenoble
En partenariat avec le Ministère de la Culture et la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, La Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de l'Isère, Grenoble Alpes-Métropole, La Ville de Grenoble, la Ville de Clermont-Ferrand, L'Université Grenoble-Alpes, le Festival Détours de Babel et le Crédit Coopératif

02.03.2021 à 10:19

#19 La veilleuse de l'OPC : écoles d'art - morale, œuvre et artiste- droits culturels

#19 La veilleuse de l'OPC : écoles d'art - morale, œuvre et artiste- droits culturelsSi les artistes autodidactes existent, il est « hautement improbable d’atteindre la consécration artistique […] sans passer par une école supérieure d’art », relate Jérémy Sinigaglia, auteur de l’enquête Artistes plasticiens : de l’école au marché, dans Le Journal des Arts. Filières d’excellence et attractives, les écoles d’art publiques sont actuellement soumises à diverses critiques : forte sélectivité privilégiant les étudiants déjà favorisés, manque de diversité, difficulté d’insertion professionnelle, modèles économiques des écoles difficiles à soutenir, offre de formation hétérogène et peu lisible… Dans un récent rapport, « la Cour des comptes appelle à refondre la carte des écoles d’art » et à définir une stratégie nationale impliquant les différentes parties : culture, enseignement supérieur, éducation nationale. Eric Nunès dans Le Monde observe que « si de nombreux acteurs du secteur reconnaissent la nécessité d’une reprise en main, ils craignent une réforme comptable, éloignée des spécificités d’un secteur à part. » Dans son article « A quoi peut (bien) servir une école d’Art ? » paru dans Profession Audiovisuel, Marc Sagary se demande si « une école d’art doit devenir plus professionnelle, s’adapter davantage à la demande ou rester un lieu de débats esthétiques, loin du monde économique et des marchands ». Selon Emmanuel Tibloux dans une tribune du Monde, « la priorité n’est pas de former des génies solitaires, mais de contribuer à l’émergence de collectifs capables de réinventer nos façons de vivre et d’habiter ». Et si les artistes et designers avaient « vocation à mettre en œuvre le grand souci écologique de notre temps » ?

Le devenir des œuvres de Claude Lévêque dans l’espace public pose des questions inédites aux institutions. Les réponses apportées à cette situation embarrassante ont d’ailleurs été multiples : préservation des œuvres, consultation des habitants, attente, démontage, extinction des néons. La crise est délicate à gérer et mêle plusieurs enjeux : respect de la présomption d’innocence, du droit d’auteur, responsabilité morale de l’institution, droit de propriété, gestion de la colère des réseaux sociaux. « Une œuvre ne peut pas être modifiée de façon substantielle par une collectivité » précise le juriste Patrick Lopasso dans La Gazette des Communes. « Sans doute est-ce la première fois que l’époque juge une œuvre plastique qui lui est contemporaine au regard des soupçons pesant sur son auteur, et relevant d’un tabou absolu. Au point que l’on peut parler "d’un moment historique pour l’art" », avance dans Le Journal des arts Paul Lang. Sandra Hegedüs confie dans Le Monde « qu’est-ce qui serait cohérent ? Enlever les œuvres maintenant ? Les réaccrocher dans quelques années ? Accepter les œuvres des artistes morts mais pas celles des vivants ? ». Après chaque révélation, le débat sur la distinction entre l’homme et son œuvre revient inlassablement. Un statut singulier de l’artiste ironisé par l’humoriste Blanche Gardin aux Molières 2019. « Est-il moralement admis de regarder une œuvre de Claude Lévêque ? » s’interroge Marie Sorbier en convoquant l’expertise de Carole Talon Hugon. Dans les années 70 le monde de l'art se situait en situation d'extraterritorialité morale, explique cette professeure de philosophie. Aujourd’hui le contexte est tout autre. Elle dénonce « une chaîne de contamination de l’œuvre » qui se communiquerait de l’auteur à l’œuvre, puis à ceux qui l‘exposent, voire ceux qui la regardent. Gisèle Sapiro s’est attaquée à la controverse dans un récent ouvrage commenté par Marc Porée. À partir du moment où elle est mise entre les mains du public, l’œuvre vit une vie qui est la sienne, détachée de l’auteur ; elle ne peut néanmoins se tenir à l’écart de la trace laissée par l’auteur dans le monde. « Ainsi donc, seul un régime mixte, fait de séparation et d’inséparation, rendra compte de la nature inextricablement mêlée de ce qui unit, à la manière des jumeaux siamois, auteur et œuvre, œuvre et auteur ».

L’actualité éditoriale sur le thème des droits culturels s’emballe. En quelques mois, au moins quatre nouvelles publications leur sont consacrées. Signalons, une publication du Comité d'histoire, un ouvrage de Culture et Démocratie, un dossier du dernier numéro de Nectart consacré au sujet. Un débat assurément complexe qui suscite des points de vue variés. Sauver le secteur culturel peut-il tenir lieu de politique ? s'interroge Philippe Teillet dans Nectart. « En réponse à la crise majeure actuelle, les politiques culturelles semblent se borner aux limites du secteur professionnel qu’elles ont fait naître, alors qu’elles auraient l’occasion, comme à la Libération, de repenser le sens politique de leurs interventions à partir des droits culturels. » Les droits culturels, un changement de paradigme pour le moins clivant, comme en témoigne la tribune que publie Éric des Garets. « Si je ne remets pas en cause la prise en compte des droits culturels, je considère qu’ils dépassent le champ culturel et doivent infuser toutes les politiques publiques. Les réduire à la culture au prétexte qu’ils portent le mot culturel est, pour le moins, excessif et rudimentaire. »


Carnet d'étonnements

Un unique spectateur pour assister au Festival international de cinéma de Göteborg. Lisa Enroth, lauréate d’un concours lancé par le GFF, a vécu cette drôle d'aventure. Isolée pendant 7 jours sur une île en pleine mer du Nord, cette infirmière a visionné seule les 60 films sélectionnés pour l’évènement, loin du tumulte de la covid-19. Un exil temporaire documenté par un journal de bord. Deux autres gagnants ont assisté aux projections dans une ambiance tout aussi solitaire, au Draken, le grand cinéma de Göteborg ou dans le stade de hockey de 12000 places.

« Transformer les déchets récoltés sur l’Everest en oeuvres d’art », c’est le projet d’un Suédois résidant au Népal pour remédier au désastre écologique provoqué par le tourisme de masse. Les détritus récoltés serviront de support et d’inspiration aux créations d’artistes locaux et internationaux, dans l'objectif de sensibiliser à la préservation de l’environnement.


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22.02.2021 à 15:20

Pour un autre récit de la diversité

Pour un autre récit de la diversité
Evènement web avec une diffusion live sur la chaîne Youtube du ZEF.
 
Au cours des trois dernières décennies, nos représentations de la diversité ont beaucoup évolué. Cette notion renvoie désormais à une pluralité de questions. Pourquoi et comment protéger et mettre en valeur les expressions et les droits culturels des minorités ? Comment faciliter la prise de conscience de la diversité culturelle à travers la diversité artistique ? De quelle manière prendre soin de la mémoire des habitants comme d’un patrimoine à transmettre au plus grand nombre ? Pourquoi prendre en considération les revendications de genre ?… Ces questionnements s’appuieront largement sur le territoire marseillais, tout en sollicitant d’autres situations.

Au coeur de la région Sud, Marseille porte l’imaginaire d’une ville cosmopolite et le mythe d’un laboratoire du vivre-ensemble, dans l’entrelacs de ses villages urbains. Les expérimentations et aventures artistiques qui y sont menées permettent-elles d’articuler diversité et identités de manière apaisée ? Comment les « noyaux villageois » de Marseille, ses quartiers populaires, conjuguent-ils reconnaissance de la diversité et unité de la cité ? À la lumière de la crise sanitaire qui nous bouleverse, quels seraient les exemples à suivre d’une politique de la relation à l’Autre, qui prennent en compte l’universalité des droits de l’être humain, tout comme la réappropriation du vivant ?

Des ateliers et tables rondes discuteront de ces questions, des prestations artistiques seront également présentées lors de la rencontre proposée par le ZEF et l’Observatoire des politiques culturelles à l’occasion de son 30e anniversaire, avec le soutien de la DRAC PACA et le ministère de la Culture, la Ville de Marseille, la Région Sud, l’Université d’Aix-Marseille, en partenariat avec Arsud et Marcelle Media.

Date et lieu de de la rencontre : 9 mars 2021 au ZEF à Marseille

Consulter le programme

Un cahier spécial Marseille, réalisé en partenariat avec le ZEF, dédié au thème de la diversité est paru dans l'Observatoire n°56.

12.02.2021 à 14:34

Égalité H/F dans la culture : « On est toujours dans des rapports 80/20 »

Égalité H/F dans la culture : « On est toujours dans des rapports 80/20 »Anne-Lise Vinciguerra est directrice de l’Association toulousaine La Petite qui défend la création artistique des femmes. La structure forme et accompagne les organisations culturelles pour réagir, cocréer et diffuser de bonnes pratiques en matière d’égalité professionnelle. Comment développer un réseau professionnel de sororité ? Comment redonner aux femmes du pouvoir d’agir ? Comment déconstruire les stéréotypes et l’illusion de l’égalité ?...

Dans cet entretien, Anne-Lise Vinciguerra fait le point sur les inégalités F/H dans le secteur culturel. Comment dépasser la prise de conscience, les discours pour faire réellement bouger les chiffres ? Pourquoi à La Petite défend-on un management féministe et pas féminin ?




Anne-Lise Vinciguerra a aussi été interviewée dans le numéro 56 de l'Observatoire : Les petits pas de l’action positive en faveur de l’égalité des genres

02.02.2021 à 16:13

#18 La veilleuse de l'OPC : art et crise climatique - nuit confinée

#18 La veilleuse de l'OPC : art et crise climatique - nuit confinéeLes artistes « sont très en avance sur la perception (même scientifique) de la nouvelle situation matérielle du monde » témoignait Bruno Latour lors d’une rencontre en octobre à Bordeaux. D’éclaireur à lanceur d’alerte : que peuvent les artistes face à la crise climatique ? Pour Jean-Pierrre Saez « L’art n’a jamais transformé le monde, du moins directement. Mais il peut nous transporter, et changer notre regard sur le monde. » Maud Le Floc’h est de celle qui croit au rôle de l'art dans la transformation de nos affects : « On ne changera pas le monde en mobilisant seulement le cerveau gauche. Il est nécessaire d'avoir recours à d'autre registres. La force de l'art est à mobiliser. ». Le Polau, qu'elle dirige, déploie Le Parlement de Loire, une démarche relatée dans l’Observatoire, qui propose de doter le fleuve d’un statut juridique et de moyens d'expression pour faire valoir ses droits. Pourquoi le vivant est-il le parent pauvre de notre univers mental ? se désole Estelle Zhong Mengual dans le même numéro. Dans le prolongement de cette question, nombre de penseurs des « humanités écologiques » remettent en cause le dualisme nature/culture et suggèrent une « coconstruction indissociable » à instar de Donna Haraway. « Pour renouer avec le vivant, il faut (…) entendre des idées d’eau, des phrases de bêtes, des pensées d’arbres et de forêts ». Aussi, pourquoi ne pas reconnaitre aux poètes leur expertise en plein désastre écologique ? propose Marielle Macé.

Avec la fermeture des bars, des clubs, des espaces festifs et de culture, puis la mise en place du couvre-feu, la nuit est la première confinée. Si la nuit n’est pas « propice au respect scrupuleux de la distanciation physique », Michaël Fœssel fait remarquer dans Le Monde que le couvre-feu renvoie à « une défiance traditionnelle des autorités à [son] égard. » Les professionnels regrettent de ne pas être assez pris en compte par les pouvoirs publics. Dans une lettre adressée à la ministre de la Culture en octobre, Laurent Garnier se présente comme un « artiste du spectacle mort ». Au final, faute d’alternatives légales et de propositions politiques, les fêtes sont « condamnées à la clandestinité », observe Romain Geoffroy. Sur France Culture, Alexia Colone rappelle que « les rassemblements interdits sont nombreux dans l’histoire et ont tous participé à leur manière à l’expansion de courants artistiques, et même politiques. » Yann Lagarde prolonge l'analyse : et si le contrôle de la fête allait transformer la musique que nous écoutons ? Le livre blanc des Etats Généraux du droit à la fête affirme le rôle de la nuit dans la vie sociale et lance un « appel à la confiance » vers les pouvoirs publics et les territoires. 170 préconisations sont énoncées, avec comme priorité l'installation d’un Conseil national de la vie nocturne et de cellules d’appui Covid. L’école anthropocène de Lyon imagine le « Dancefloor comme ring politique » et invite à penser une politique redonnant « à la nuit son rôle d’effervescence démocratique. »


Carnet d'étonnements

« Oser parler à un inconnu », c’est ce que propose l’Agence de rencontre sans risque en partenariat avec Mains d'Oeuvres. Pendant une vingtaine de minutes, des inconnus sont mis en relation au travers d'une discussion téléphonique dont les contenus sont en partie scriptés et théâtralisés. L'Agence propose de robotiser les relations sociales : contrôler nos émotions, réduire l’empathie, prendre de la distance… et donc de mieux maitriser ces rencontres. Mais l'Agence de rencontre sans risque existe-t-elle vraiment ? Que nous raconte-t-elle sur les interactions humaines ?

A Miami Beach, des spectacles se jouent dans les vitrines des magasins fermés. Le metteur en scène Michel Hausmann a imaginé ce dispositif pour faire revivre le théâtre dans une rue où une soixantaine de magasins ont tiré le rideau. Ainsi, les comédiens jouent sur une scène/vitrine tandis que les spectateurs s’assoient dans la rue et suivent le spectacle avec des écouteurs. Des scènes écrites pour un ou deux acteurs, en concurrence « avec les sirènes d’ambulance, le passant en skate-board, ou le chien qui aboie », comme s’en amuse le metteur en scène.


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11.01.2021 à 15:14

#17 La veilleuse de l'OPC : incertitude de réouverture et pratiques culturelles

#17 La veilleuse de l'OPC : incertitude de réouverture et pratiques culturellesL’incertitude sur la date de réouverture des lieux culturels a suscité des réactions contrastées. Jean-Michel Frodon, regrette dans Slate des attitudes corporatistes, la pandémie accélérant « la réduction de chacun·e à une seule fonction, et la défense des intérêts de cette fonction ». Didier Rykner dans La Tribune de l’Art évoque une inversion de l’exception culturelle pour commenter la stratégie du gouvernement. Sébastien Thiéry regrette ardemment que le monde de la culture ait renoncé à son impertinence et son indiscipline : « Il fut un temps où il était évident que la société entière dépendait de votre audace ». A y regarder de plus près, la mobilisation a rassemblé de nombreux acteurs du théâtre, secteur connu pour son militantisme soulignaient plusieurs journalistes dans un live du Monde. Michel Guerrin remarque, lui, le silence d’une partie du monde culturel, notamment des musées : « La France (…) est le pays au monde qui aide le plus la culture en ce moment. Nombre de responsables le savent, d’où leur discrétion et leur malaise ». La décision rendue par le Conseil d'Etat, qui « a repris une bonne partie des arguments des représentants s'estimant victimes d'une atteinte grave à leurs libertés » (sans pour autant invalider la fermeture des lieux culturels) avait redonné quelques espoirs aux professionnels, mais l’expectative est toujours d’actualité aujourd’hui.

« Comment le confinement a rendu l’accès à la culture moins inégalitaire » titre Sophie Rahal dans son article pour Télérama. L'étude du DEPS sur les pratiques culturelles lors du premier confinement, fait ressortir des pratiques culturelles numériques en forte hausse, en particulier chez les séniors. Les Français ont aussi profité de cet épisode pour s'adonner aux pratiques culturelles en amateur, un engouement qui a rajeuni les pratiquants et réduit les écarts sociaux. Côté spectacle vivant, aux prises avec le défi du streaming, Eric Ruf estime qu'avec le confinement, la Comédie-Française « n’a jamais été aussi proche du public » qu'en ligne. Le comédien Jean-Pierre Darroussin dénie quant à lui toute vertu à la démocratisation de l’art par le streaming. « Je ne crois pas que le streaming puisse créer un désir de théâtre. Il encourage à être fainéant, en restant chez soi. Il faut que le théâtre reste un événement unique et privilégié où l’on se retrouve dans une salle pour partager un moment. » Par ailleurs, de nombreux artistes s’alarment de la propension à déverser des captations vidéos sur les plateformes. Le live streaming menacerait-il le spectacle vivant ? s’interroge Jean-Pierre Saez qui relativise cette crainte « il constituera une option complémentaire au live, et non une alternative ». Et de préciser : « La culture a d’abord besoin d’espaces physiques pour se vivre pleinement. Mais l’espace virtuel représente une plus-value qui ne peut être laissée aux seules logiques marchandes. Gardons-nous néanmoins d’idéaliser l’interactivité numérique ou de nier l’effet addictif des écrans : le chantier de la médiation numérique reste largement à construire ».


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Un « art de l’esquive des technologies de surveillance », une formule appropriée pour désigner la nouvelle performance de l’artiste chinois Deng Yufeng. Ce dernier sensibilise ses concitoyens aux menaces sur la vie privée que fait peser l’omniprésence de caméras de surveillance à Pékin. L’artiste a imaginé un parcours dans les rues de la ville, destiné aux habitants pour échapper aux caméras. En 2018, il avait acheté et exposé publiquement les informations personnelles de plus de 300 000 chinois afin de les interpeller sur les risques d’usurpation d’identité.

Quelles odeurs circulaient dans les rues de Paris ou Londres au XVIe siècle ? C’est à ce projet un peu fou d’encyclopédie olfactive que s’est attelé un groupe d’historiens, chimistes, chercheurs en IA réuni dans le projet Odeuropa, financé par l’UE. Parfums d’épices, odeurs de tabacs, viandes, effluves liées aux usines de la révolution industrielle… les chercheurs reconstitueront les parfums que respiraient les habitants d’Europe il y a 100 à 500 ans. Ces odeurs pourront être mobilisées dans plusieurs musées européens pour une expérience sensorielle authentique.



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08.01.2021 à 10:17

Intercommunalité culturelle : quels nouveaux enjeux ?

Intercommunalité culturelle : quels nouveaux enjeux ?Comment définir un territoire ? Quelles sont les étapes d’un projet culturel de territoire ? Que dire des nouveaux enjeux de l'intercommunalité culturelle ? François Pouthier, professeur associé à l’université Bordeaux Montaigne, s’est prêté au jeu de l’interview pour l’OPC, lors de son intervention à la formation "Nouvelles tendances de l’intercommunalité culturelle"

04.01.2021 à 17:13

La coopération peut-elle sauver les politiques culturelles ? Les Actes des Assises DAC 2019, plus que jamais d’actualité

La coopération peut-elle sauver les politiques culturelles ? Les Actes des Assises DAC 2019, plus que jamais d’actualitéPourquoi coopérer est-il un acte culturel ? La coopération peut-elle sauver les politiques culturelles ? Comment coopérer davantage ? Podcasts, verbatims, articles et vidéos ont été rassemblés dans un pdf interactif pour composer les Actes des Assises DAC 2019 produits par la FNADAC et l’OPC.

Des travaux qui éclairent les réalités auxquelles le secteur culturel est confronté aujourd’hui. Coopération et solidarité sont, en effet, plus que jamais, des thèmes d’actualité au regard de la crise que traverse le secteur culturel.

Les Assises nationales des DAC ont été organisées les 10 et 11 octobre 2019 à Rennes et ont réuni plus de 500 participants.

Retrouvez le reportage réalisé lors des Assises.

08.12.2020 à 16:29

#16 La veilleuse de l'OPC : regard international et passions autour du livre

#16 La veilleuse de l'OPC : regard international et passions autour du livreLa crise sanitaire affecte différemment les arts et la culture selon la structuration des systèmes nationaux et les mécanismes de soutien. « Dans la tempête du Covid-19, aucun pays ne protège autant la culture que la France et l’Allemagne », titre Michel Guerrin sa chronique dans Le Monde. Il pointe un décalage entre les modèles culturels subventionnés, comme celui de la France ou de l'Allemagne, et les modèles anglo-saxons basés principalement sur les ressources propres, les incitations fiscales et l’argent privé. Les acteurs peu aidés par les pouvoirs publics font face à des situations difficiles. Aux Etats-Unis, « tout l'écosystème qui soutenait la culture a été touché » témoigne Catherine Baumann pour France Culture. Les artistes ne bénéficient pas du régime d'intermittence du spectacle et cumulent souvent plusieurs emplois, notamment dans la restauration, secteur aussi affecté directement par la crise. Plusieurs institutions culturelles ont même fermé leurs portes pour toute la saison. Roxana Azimi rapporte dans Le Monde que des musées américains « cèdent des bijoux de famille » en vendant des œuvres de leur collection. « Sauve-t-on une structure en mettant en péril le cœur et le sens de sa mission ? » s’interroge à ce propos Cécile Debray. Lors d’un référendum, les habitants de Jersey City, ville située à proximité de New York, ont voté pour l’établissement d’une « taxe en faveur des arts », apprend-on dans Le Journal des Arts. Pour un meilleur soutien aux acteurs culturels durant la pandémie, l’Unesco a publié un guide qui recense des bonnes pratiques repérées dans plusieurs pays membres et explore les mesures pour préparer la reprise d’activité. En Europe, le budget du programme « Europe Créative » a été revu à la hausse pour la période 2021-27, sous réserve que les blocages de la Hongrie et de la Pologne soient levés.

La levée de boucliers suite à la fermeture des librairies pendant le second confinement est l’occasion de prendre de la hauteur sur les passions qu’ont suscité cette fermeture. Le livre est-il un bien essentiel ? Géraldine Mosna-Savoye rejette ce statut, qui « prive du plaisir, accessoire, accidentel, particulier d’y goûter ». La position ferme du gouvernement français a pu paraître surprenante. En effet, « l’idée d’exception culturelle à la française, soutenue par des subventions, rend d’autant plus tangible ce lien privilégié à la Culture en général et au livre en particulier ». Pour autant, la dernière étude sur les pratiques culturelles des Français révèle que nous lisons de moins en moins. Christine Laemmel dans Slate, non sans provocation, titre un article « La fermeture des librairies est-elle un problème de bourges ? ». La journaliste déplore la concentration des librairies sur quelques territoires et notamment certains arrondissements parisiens. Olivier Ertzscheid parle, lui, de batailles bourgeoises (comme celles des restaurants et jogging). Michel Guerrin, de son côté, décrit le soutien aux petites librairies comme un acte militant, « une défense du petit contre le gros ». « Ce débat sur la fermeture des librairies est le symptôme d’autre chose que d’un manque de livres ». Il symbolise chez « certains autant la défense des petits commerçants que l’identité culturelle française tout entière » commente un collectif d'auteurs dans The Conversation.


Carnet d'étonnements

Qu'est-ce qu'une bibliothèque vivante ? Une bibliothèque d'êtres humains, où vous pouvez emprunter une personne pendant une demi-heure et écouter son histoire. Une manière de lutter contre les préjugés, d'encourager l'ouverture à l'autre. Ces « livres vivants » sont des personnes conscientes d'appartenir à des minorités soumises à des stéréotypes et à des préjugés. Elles souhaitent discuter de leurs expériences avec d’autres. « Leurs titres » sont volontairement très directs, comme « fille lesbienne », « obèse » « femme voilée », « émigré albanais » », « réfugié », « bipolaire » précisément pour susciter les réactions émotionnelles des lecteurs potentiels en activant leur curiosité et réflexion.

Le précédent dispositif n’est pas sans rappeler le Musée de l’empathie qu’ont imaginé l’artiste Clare Patey et le philosophe Roman Krznaric. Le principe : une installation itinérante qui voyagera dans le monde pendant dix ans, dans laquelle les visiteurs sont invités à se projeter dans la vie d’une autre personne. Calquée sur l’expression anglaise « walking in my shoes », métaphore illustrant le fait de se mettre dans la peau d’un autre, la première installation du musée de l’empathie intitulée A mile in my shoes est un magasin de chaussures dans lequel le visiteur emprunte la paire de son choix. C’est donc chaussés d’escarpins, de sandales ou de baskets… et munis d’un casque audio, où l’on entend le porteur des chaussures raconter son histoire, que les visiteurs commencent ce voyage intérieur dans les pas de l’autre.

Comment les rêves aident-ils à mieux supporter la crise sanitaire ? Museum of London appelle les Londoniens à raconter leurs rêves en temps d’épidémie. Le projet Gardian of Sleep s’inspire de Sigmund Freud qui voit dans les rêves un moyen de préserver « l’intégrité d’esprit » et d’intégrer ses propres expériences. Réalisé en partenariat avec Museum of Dream, ce projet permettra de collecter les témoignages oraux de volontaires et de documenter une période inédite de l’histoire de la ville.


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19.11.2020 à 17:37

Enquête dépenses culturelles des collectivités : derniers jours pour participer

Enquête dépenses culturelles des collectivités : derniers jours pour participerL’intérêt suscité par la note de conjoncture sur les dépenses culturelles des collectivités territoriales et de leurs groupements réalisée les 4 années précédentes encourage l’OPC à reconduire cette enquête menée en partenariat avec le ministère de la Culture (Secrétariat général, DEPS).

Cette nouvelle observation s’appuie sur les budgets primitifs 2019 et 2020 des collectivités territoriales et EPCI de plus de 20 000 habitants. Ses résultats agrégés donneront lieu à la présentation d’une note de conjoncture permettant d’appréhender les évolutions majeures des budgets culturels territoriaux. Elle rendra également compte des perspectives d’évolution de cet effort en 2021.

Fidèle à sa politique d’information, l’Observatoire rendra publique la note de conjoncture sur les dépenses culturelles des collectivités territoriales et de leurs groupements via son site internet. La note constitue un outil d’intérêt général que chacun peut utiliser dans les débats d’orientation budgétaire.

L’enquête s’appuie en priorité sur les directeurs des affaires culturelles ou les directeurs généraux qui pourront en assurer la coordination auprès des services de leur collectivité.

Participez pour votre collectivité ou EPCI en remplissant le formulaire d’enquête avant fin novembre 2020.

17.11.2020 à 15:01

#15 La veilleuse de l'OPC : Sacrifier ou réinventer la culture et Restitution du patrimoine

#15 La veilleuse de l'OPC : Sacrifier ou réinventer la culture et Restitution du patrimoine Le second confinement menace sévèrement le secteur culturel déjà gravement touché par la mise à l’arrêt du printemps, puis les restrictions de jauges et le couvre-feu. Dans France Culture, Mathieu Potte-Bonneville s’inquiète pour « la culture du milieu », celle située entre les grandes institutions soutenues et les micro-initiatives habituées à faire avec peu. Outre ses craintes pour la profession, Sophie Dulac, distributrice et exploitante de salles de cinéma à Paris, s’indigne dans Le Monde que la culture ne soit pas considérée comme essentielle. C’est « retirer aux gens tout ce qui fait le sel de la vie ». Dans La Gazette des communes, Hélène Girard se montre plus optimiste : « si le public est complètement absent des salles, en coulisses, les professionnels vont activement préparer la future reprise d’activité. » Laurent Carpentier dans Le Monde relate la présentation d’un spectacle au Monfort proposée à « huis-clos » aux diffuseurs. Marie Gicquel dans France Musique a rencontré de son côté des musiciens amateurs qui répètent « dans l'ombre », les répétitions n'étant autorisées qu'aux professionnels. L’opérateur de billetterie Ticketac observe dans Culture Matin que « la pratique du report n’est plus systématique. […] La tendance semble être d’attendre janvier. » Selon Arthur Frydman dans Le Point, ce confinement est « l’occasion de voir [les acteurs] qui ont tiré des leçons du premier » et développé leur présence sur le net. En l’absence de représentations, les propositions numériques se développent. La société Bridgi répond à une demande croissante de captations vidéo d'artistes destinées aux programmateurs de lieux. Le musicien Dan Tepfer explique pour MGB Mag qu’il a récolté avec le livestream des revenus à la hauteur de concerts en format classique. « Avec une offre culturelle limitée et en yo-yo » soumise aux règles sanitaires, Mario d’Angelo appelle à « songer à des voies innovantes pour concilier le présentiel et le numérique dans un ancrage local. » Dans sa chronique du Monde, Michel Guerrin regrette que l’Etat n’ait pas plus investi la question du numérique pour développer une offre de qualité et chercher un public auprès des jeunes. Le reconfinement « risque de creuser une fracture numérique que l’Etat s’est jusqu’ici révélé impuissant à prendre en compte ».

Le projet de loi relatif au retour de biens culturels au Bénin et au Sénégal vient d’être adopté par le Parlement. Un vote qui ranime des controverses, déjà engagées lors de la publication en 2018 du rapport Sarr/ Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain préconisant « le retour définitif et sans conditions ». Faut-il voir dans la remise d’une couronne ces jours-ci à Madagascar, sans consultation du Parlement, « la tentation du gouvernement de faire systématiquement prévaloir les enjeux diplomatiques sur l’intérêt culturel, scientifique et patrimonial » comme le fustige la Commission Culture du Sénat ? La restitution pose des questions juridiques complexes comme la dérogation au principe d’inaliénabilité du domaine public que décrypte l’avocat Philippe Hansen. Les universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy reconnaissent « des avancées sur le plan du débat » mais déplorent le peu de restitutions concrètes. La loi a une portée réduite et ne fixe pas de restitution automatique. Si les auteurs regrettent que les chefs d’état africains, à l’exception du Bénin, soient peu volontaristes en la matière, ils réfutent l’argument pointant les insuffisances des musées en Afrique. Un point de vue nuancé par des témoignages d’artistes comme celui du béninois Romuald Hazoumé qui dressait en 2016 un bilan accablant de l’état des établissements de son pays. Les musées et marchands d’art ont-ils des difficultés à regarder leur histoire coloniale en face ? « Les musées ne doivent pas être otages de l’histoire douloureuse du colonialisme », dénonce Stéphane Martin, ancien président du Musée du quai Branly. Pour J-Y Marin, muséologue, les nouvelles générations de professionnels de musée en Afrique comme en Europe, s’investissent davantage dans les restitutions et en comprennent les enjeux. Felwine Sarr pronostique, lui, « le début d’un âge de « l’intranquillité » pour les musées » avec « l’irruption de militants réclamant de manière spectaculaire le retour des objets ». Pascal Ory, de son côté, décrit cette loi comme un compromis « contrairement aux apparences (…) le plus courageux, puisqu’il mécontente les deux parties ».
 


Carnet d'étonnements

Faut-il passer par l’activisme pour faire avancer une cause ? Des artistes du collectif Frankfurter Hauptschule ont mis en scène le vol d’une œuvre exposée dans un théâtre à Oberhausen en Allemagne et sa restitution à un musée en Tanzanie (une ancienne colonie allemande). L’œuvre volée était en fait une réplique, et l’action menée avec la complicité du musée tanzanien pour encourager les débats sur le processus de restitution.

Une trentaine de femmes issues de quartiers prioritaires de Clichy-sous-Bois ont assisté pendant un an à des spectacles afin de choisir celui qui serait joué dans leur ville. Un groupe baptisé les Clameuses monté avec la complicité de la compagnie L’Île de la Tortue. Une série de podcasts ont été tirés de leurs échanges qui montrent au fil des discussions des paroles de plus en plus affirmées.

« Dealer de livres ». C'est de cette manière que se décrit l'autodidacte Luc Pinto Barreto qui a monté sur le parvis de la gare de Saint-Denis une librairie-conteneur. Le libraire a imaginé un espace type food truck « pour ceux qui n'osent pas franchir la porte ». Un projet soutenu par la municipalité dans un département peu pourvu en librairies.

A Plaine Commune, intercommunalité de Seine-Saint-Denis, les projets urbains sont accompagnés par des interventions artistiques. Une façon d’impliquer les habitants plus fortement que lors d’une concertation publique. Friches théâtre urbain a ainsi initié un parcours pour découvrir les traditions agricoles d'Aubervilliers sur un espace appelé à accueillir des habitations. Les artistes proposent des ateliers : balades, observation de plantes, jardinage collectif, théâtre, reportage, fabrication de costumes, d’épouvantails et autres objets de la culture agraire.

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26.10.2020 à 17:26

Communiqué du C.A. de l’Observatoire des politiques culturelles

Communiqué du C.A. de l’Observatoire des politiques culturellesLe Conseil d’administration de l’Observatoire des politiques culturelles a décidé, sur proposition unanime du jury de sélection des candidats à la direction de l’Observatoire, de retenir la candidature de Vincent Guillon au poste de directeur, en duo avec Emmanuel Vergès en tant que directeur associé. Ils prendront leurs fonctions à compter du 5 avril 2021.

Grenoble, le 26 octobre 2020
Pour le C.A.,
Jean-Louis Bonnin 
Président de l’Observatoire des politiques culturelles

16.10.2020 à 17:51

Comment faire parler les données issues de l’observation pour servir l’action culturelle ?

Comment faire parler les données issues de l’observation pour servir l’action culturelle ?Les travaux et les outils d’observation permettent d’objectiver, de « prouver des situations » face à certaines « illusions collectives fortes », comme en témoignent plusieurs interventions sur les questions de genre et d’égalité femmes/hommes lors de la rencontre « L’intervention publique pour la culture : quels outils d’observation, moyens d’action et perspectives ? ».

En quoi l’observation de l’effort public, des nouveaux modèles économiques, de l’emploi et des coopérations territoriales peut-elle donner aux élus et aux responsables publics, aux acteurs et à la société civile, des atouts pour l’élaboration de politiques culturelles adaptées aux enjeux actuels ? Cette question a été débattue à l’occasion d’un rendez-vous public à Toulouse le 26 novembre 2019.

La synthèse restitue la richesse des interventions et des échanges des 3 tables rondes :
- Entre contraintes budgétaires, mutations territoriales et ambitions politiques : quelles priorités pour les dépenses culturelles ?
- Financements de la culture : quels modèles innovants pour demain ?
- Comprendre les dynamiques culturelles dans les territoires : quels outils pour quels enjeux ?

Les témoignages soulignent la complexité des problématiques d’observation et d’évaluation. Les travaux et les outils d’observation peuvent prendre des formes multiples, qualitatives et quantitatives : données chiffrées et statistiques, indicateurs, cartographies… Si les limites de certains outils sont pointées, l’intérêt de ces travaux est souligné. L’analyse peut être objective mais elle n’est pas neutre, et l’un des enjeux réside dans la construction d’objets qui « font débat ».

Plusieurs pistes d’approfondissement sont évoquées en matière d’observation, notamment une meilleure prise en compte des évolutions démographiques, de la complexité des pratiques territoriales, des « multi-appartenances » et des transformations sociétales.


Cette rencontre nationale a été initiée par l’Observatoire des politiques culturelles et le Département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de la Culture, en partenariat avec Toulouse Métropole et la Mairie de Toulouse, la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, le Département de Haute-Garonne, la DRAC Occitanie et la participation d’Occitanie en Scène.

05.10.2020 à 13:07

#14 La veilleuse de l'OPC : Censure - Crise - Pratiques culturelles

#14 La veilleuse de l'OPC : Censure - Crise - Pratiques culturelles« Vous êtes tous des censeurs potentiels » lançait Agnès Tricoire à un parterre de professionnels de la culture aux BIS de Nantes 2020. « Vous, qui dirigez un cinéma et qui, sous la pression d'un groupe de protestataires, annulez une projection de J'accuse. Vous, le Maire qui validez la déprogrammation du même film (...). Vous, qui sélectionnez les artistes pour un festival et qui vous voyez opposer un retrait de subvention car vous programmez Bertrand Cantat… » Mais alors comment sensibiliser à la protection de la liberté d'expression et de création ? Y a-t-il besoin de pédagogie ? Dansl’Observatoire n°56, Maxime Cervulle argumente, par exemple, en faveur du dialogue « avec les publics qui perçoivent certaines images et certains discours comme l’expression d’une violence à leur encontre. » A l'heure où se tient le procès des attentats de janvier 2015, plusieurs journaux s'interrogent sur l'état de la liberté d'expression et de création, au point de lancer « une lettre ouverte à nos concitoyens » en faveur de la liberté d'expression. « Cinq ans après, sommes-nous toujours Charlie ? », questionne un chroniqueur du Guardian dans Courrier International.« L’autocensure galope (...) La transgression s’efface des œuvres dès qu’il est question de politique, de religion, de sexe, de couleur de peau » commente Michel Guerrin dans Le Monde. « Quel musée se risquerait à raconter en images la saga de « Charlie » ou de son ancêtre « Hara-Kiri » ? » En outre, la cabale portée par des ultraconservateurs américains contre le film français Mignonnes paru sur Netflix et les réactions de la plateforme (qui a présenté ses excuses et retiré le visuel choisi) font craindre à Sonia Devillers une pression croissante. « Un jour peut-être, on retirera carrément le film. Les plates-formes achetant les droits à vie, ça ferait des œuvres qui disparaîtraient complètement ». Les cinémas, mis à terre par la crise sanitaire, attendent une participation des plateformes américaines, et notamment la transposition de la directive européenne SMA qui pourrait obliger les géants américains à plus investir en France. « Une aubaine, oui. Mais à quel prix ? »

Les principes de l’économie sociale et solidaire permettraient-ils de trouver des solutions à la crise ? C'est ce que défend Luc de Larminat, codirecteur d’Opale, qui préconise des politiques publiques davantage tournées vers l’ESS. Jean-Michel Lucas plaide, quant à lui, pour un soutien fort à la vie associative, l'un des piliers d'une société solidaire. Cette préoccupation de la solidarité est largement partagée par les acteurs culturels. Ainsi le théâtre du Châtelet et les Magasins généraux se sont associés pour lancer une série de conversations filmées TchatActivisme qui consistent à aborder les problématiques du futur et des changements au sein de la création, face aux différentes crises – sanitaire, économique, sociale.

La crise sanitaire a repoussé à juillet la publication tant attendue de l’enquête sur les pratiques culturelles des Français du ministère. Traditionnellement, cette enquête suscite passions et controverses. Comment regarder les résultats dans la complexité des informations que nous livre cette étude ? Dans son éditorial au titre provocateur « 50 ans pour rien ? » Jean-Christophe Castelain dans Le Journal des Arts retient de son côté que plus de deux Français sur trois ne vont toujours pas au musée malgré « cinquante ans de modernisation, de construction de nouveaux équipements dans tous les territoires, de profusion d’expositions ». Bonne nouvelle cependant, l’étude révèle une « société de plus en plus culturelle » avec principalement l’essor du numérique et malgré tout une hausse de fréquentation des lieux de manière générale. Globalement, la culture occupe une place croissante dans le quotidien des Français. Michel Guerrin dans Le Monde relève une « rupture » de deux mondes qui « se côtoient sans vraiment se croiser, celui du patrimonial et celui du numérique. » Les baby-boomeurs, gros consommateurs de culture « classique », sont remplacés par un public plus éclectique qui invente une autre culture. « L’Etat peut-il continuer à concentrer l’essentiel de ses efforts sur une culture patrimoniale dont le public se réduira et oublier le mouvement en marche ? » Loup Wolff, interviewé dans Soft Power, suggère que les institutions culturelles jouent davantage un rôle d' « espaces de discussion sur ce qui fait patrimoine et récit commun » dans un contexte où les défis environnementaux et sociaux préoccupent les jeunes générations. Si le bilan de l’expérimentation du Pass Culture confirme, à l’exception du livre, l’attrait des jeunes pour le numérique et la musique, l'outil demeure controversé. Fausse bonne idée pour certains, point d'appui de relance ou de réduction des inégalités pour d'autres, la généralisation du Pass, voire son optimisation restent en question. Pour Chantal Dahan, interviewée par l’OPC, le Pass Culture raconte la vision que des décideurs politiques se font de l'univers culturel des jeunes, pas la réalité des pratiques. Les jeunes ont accès directement à un savoir via le numérique, « la question de la transmission du spécialiste à celui qui ne sait pas n’existe plus, on est (...) dans une transmission (...) horizontale ».


Carnet d'étonnements

Avec l'installation Pourquoi ici ? , dans le cadre de l'évènement Paysage-Paysages, Jean-Pierre Brazs détourne les codes visuels de la signalétique routière. Tandis que les panneaux de signalisation indiquent les dangers ou les directions, ceux de l'artiste annoncent avec beaucoup d'humour des détails négligés du paysage : nuages, truites, lignes d’horizon….

« Attention travail d’Arabe » est une exposition qui s’attaque avec humour aux stéréotypes du racisme dans la société française. Drôle et dérangeante, l’exposition proposée par la Maison des combattants de Paris présente une trentaine de panneaux publicitaires aux slogans et chartes graphiques détournés pour déconstruire les clichés de l’étranger vu comme source de problèmes et souligner l’apport historique des Français venus d’ailleurs.

« Le renversement d'une statue n'est pas un acte irréversible », c'est ce que nous apprend le Musée de la citadelle de Spandau à Berlin qui expose des « statues déboulonnées » mises au rebut lors de changements de régimes (vestiges du IIIe Reich, de la RDA…). Un espace sécurisé de mémoire et de discussion sur les excès de l’homme est possible. Avec les débats actuels sur le colonialisme et les évolutions de société, le musée s'attend à accueillir des œuvres qui ne collent plus avec l'air du temps.


L’OPC sélectionne et éditorialise des informations sur les arts, la culture, la société et les politiques publiques. Pour y voir plus clair dans le bruissement des politiques culturelles. Vous pouvez vous abonner ici

05.10.2020 à 13:01

En quoi la crise sanitaire a transformé les tiers-lieux ?

En quoi la crise sanitaire a transformé les tiers-lieux ?Pendant le confinement, les tiers-lieux ont montré leur capacité à être dans le tiers-usage. Une tendance qui devrait se poursuivre après la crise, explique Arnaud Idelon, spécialiste des tiers-lieux.

Journaliste indépendant et fondateur d'Ancoats, structure qui accompagne les lieux intermédiaires, Arnaud Idelon brosse dans cette interview un portrait des tiers-lieux aujourd'hui. S'il souligne la fragilité des structures, il remarque que cette épreuve a aussi contribué à mettre en visibilité les actions des tiers-lieux dans les territoires. Il constate que les pouvoirs publics ont pris conscience de l'utilité sociale de ces lieux hybrides et de leur impact sur des périmètres qui échappent parfois à la puissance publique. La période a en outre permis d’expérimenter d’autres manières de faire comme le tiers-usage. Il s’agit de faire évoluer un lieu vers d’autres fonctions que son activité initiale, comme par exemple, la transformation des grands voisins en centre d’urgence alimentaire pendant le confinement. Une tendance amenée à se développer selon le journaliste.

Découvrir notre formation sur les tiers-lieux : Réinventer les équipements culturels à l'heure des tiers-lieux.

21.09.2020 à 16:25

Ce que les arts nous disent de la transformation du monde

Ce que les arts nous disent de la transformation du mondeDans un monde en profond bouleversement technique, politique, écologique et culturel, l’époque semble mouvante, instable, anxiogène. Dans un tel contexte, comment parvenir à une lecture lucide et distanciée de notre environnement ?

Les arts, comme les hommes qui les conçoivent, sont perméables aux phénomènes de mutations et de métamorphoses sociétales et culturelles que nous traversons. Dès lors, que nous disent-ils de cette transformation du monde ? Par l’imagination dont ils sont le fruit et les imaginaires qu’ils font naître, quel rôle jouent-ils dans ce monde en mutation ? Agitateurs de sensibilités, les arts posent parfois un regard décalé sur le monde, interrogent les valeurs qui le régissent. En d’autres termes, comment les arts accompagnent-ils notre compréhension du monde ?

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Date et lieu de la rencontre : 9 octobre 2020, La Méca, Bordeaux

20.09.2020 à 11:54

Innover dans les arts et la culture. Humaniser la civilisation numérique

Innover dans les arts et la culture. Humaniser la civilisation numériqueVisionner les vidéos de la rencontre :
Matin  / Après-midi

 La crise sanitaire a mis les usages du numérique au centre des questionnements sur les arts et la culture. De nombreux organismes culturels ont engagé dans l’urgence leur transition digitale, multipliant les offres en ligne par crainte de perdre le lien avec une population dont l’activité expressive et d’échange sur les réseaux sociaux a atteint des niveaux sans précédent. Un nouvel agenda de travail s’est ainsi imposé en l’espace de quelques mois visant à faire émerger de véritables « politiques culturelles 2.0 » : autrement dit, des politiques plus en phase avec la manière dont nos sociétés produisent, partagent et utilisent aujourd’hui les connaissances, les références culturelles et les imaginaires. Ces évolutions ne posent pas moins d’enjeux culturels publics que le monde d’après-guerre qui a vu naître les politiques culturelles modernes. Car les implications des technologies digitales dépendent de la façon dont la société se les approprie, des choix politiques et individuels que nous faisons, des stratégies collectives que nous déployons. Humaniser la civilisation numérique, c’est œuvrer dans le sens d’une appropriation culturelle du numérique que chacun peut interroger, enrichir et faire évoluer. C’est aussi promouvoir les expériences esthétiques, critiques et symboliques qui utilisent le numérique comme outil ou sujet de la création artistique.

La grande transformation numérique oblige à reconsidérer un certain nombre de thèmes qui ont jalonné l’histoire des politiques culturelles : des questions de création et d’imaginaires, d’accès et de participation, de comportements et de pratiques, de démocratie et de démocratisation, d’éducation et de médiation, d’économie et de coopération, d’équipements et de projets de territoire… En redéfinissant ce que nous entendons par service public et intérêt général en matière de culture, les réponses qui y seront apportées constitueront le socle des politiques culturelles à venir. Celles des sociétés numérisées du 21e siècle.

Cette rencontre vient conclure une démarche de plusieurs mois ponctuée par l’organisation d’un webinaire, d’ateliers de discussion et de co-production à l’échelle du Grand-Est réunissant adolescents, amateurs, acteurs culturels, artistes, contributeurs et animateurs de communautés en ligne…

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Date et lieu de la rencontre : 14 octobre 2020, l'Arsenal de Metz

10.09.2020 à 13:52

#13 La veilleuse de l'OPC : Bilan de l'été et rentrée pour la culture

#13 La veilleuse de l'OPC : Bilan de l'été et rentrée pour la cultureSi le bilan de l'été culturel reste sombre, la saison « n'a pas été aussi vide que redouté en avril », peut-on lire dans Le Figaro. De nombreuses initiatives ont germé, les artistes ont occupé l'espace public. « Dans ce contexte de résistance, la notion de surprise chère à la rue ressurgit, ainsi que des rendez-vous non annoncés » analyse Rosita Boisseau dans Le Monde qui s'étonne aussi que les professionnels des arts de la rue n'aient pas été plus sollicités. Fred Rémy, directeur du Festival d'Aurillac, souligne un mouvement de fond : « Il y a depuis quelques temps chez les artistes travaillant dans les théâtres un véritable appétit pour la rue qui permet de sortir des conventions scéniques ». De nombreuses fêtes techno non autorisées ont vu le jour questionnant aussi l'espace public et les cultures de la nuit. « Les gens ont besoin d’un exutoire, il est impossible de les empêcher de faire la fête » peut-on lire dans Le Monde. Frédéric Hocquard, adjoint à la Mairie de Paris chargé du tourisme et de la vie nocturne, défend la mise en place d’un cadre légal « pour trouver des alternatives en plein air aux boîtes de nuit ».

Les nouvelles aides annoncées par le gouvernement ont été diversement reçues par le secteur partagé entre soulagement et inquiétude grandissante sur le prix que la culture est en train de payer. Si on a pensé pendant un temps que les règles sanitaires s'éclaircissaient, l'évolution de la Covid-19 semble vouloir nous replonger dans l'incertitude à cet égard. L'avenir reste flou avec l'éventualité de passage en zone rouge conditionnant les jauges et les modèles économiques, explique Hélène Girard dans La Gazette des communes. Dans le Monde, Laurent Bayle, directeur général de la Philharmonie de Paris interroge : « Quand [le public] aura déjà mis un masque toute la journée pour aller travailler, supportera-t-il aussi de l’avoir le soir pour aller au spectacle ? ». Faut-il redouter, comme Françoise Benhamou, une affectation inégale des budgets entre Paris et le reste du pays ? Dans la revue Esprit, cette économiste va plus loin, dresse le bilan d'une crise plus profonde du monde de la culture et avance que « la collection de mesures du gouvernement ne saurait dessiner une politique publique [...] L’urgence doit se conjuguer avec une vision de long terme. » En parallèle, des expériences sont menées pour l'organisation de grands événements culturels. L'Allemagne teste un concert grandeur nature afin d'étudier les risques de propagation du virus, un concert de 2 500 personnes est organisé au Royaume-Uni en respectant les distanciations physiques.

La culture était peu présente dans les programmes des municipalités écologistes qui ont pris la tête de huit villes, ce que ne manque pas de relever Guillaume Tion dans Libération « Chez les Verts, on parle davantage de permaculture que de culture ». « Les milieux de l'art ont souvent la fibre verte dans l'isoloir, mais pour leur métier, la fébrilité les gagne alors que les écologistes veulent mettre l'accent sur une culture populaire et participative » décrypte Michel Guerrin dans Le Monde. Dans Le Figaro, Christophe Dupin, délégué à la Culture et à l'éducation populaire à Tours annonce que « certaines traditions culturelles seront modifiées car elles sont dépassées par rapport aux enjeux climatiques actuels. La « culture écologiste », si elle existe, est plus sobre mais créatrice de lien social ». « Pendant des années l'accent a été mis sur la diffusion culturelle, aujourd'hui nous voulons aussi impulser un mouvement de création dans la ville », indique Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture à Lyon.

Le Think Tank The Shift Project a publié en juillet un document de travail donnant une première vision d'une économie de la culture décarbonée et plus résiliente. Parmi les objectifs discutés : relocalisation des activités, ralentissement bénéfique à la création, mutualisation des diffusions, réduction des échelles, éco-conception des oeuvres, développement de ressourceries, renoncement à la croissance des jauges et aux outils numériques, formations aux enjeux énergie-climat... Selon leurs estimations, « à nombre de spectateurs égal, la représentation d'un spectacle en centre-ville ou en live HD a un bilan carbone similaire ».


Carnet d'étonnements

Intégrer l'écologie à la gestion d'une compagnie préoccupe Rebecca Lasselin, directrice exécutive de la compagnie du chorégraphe Jérôme Bel. Avec un casting d'amateurs et de chorégraphes propres à chaque ville du monde où elle a été jouée, la pièce Gala a été pensée en 2015 en mode « tournée verte ». En 2019, la compagnie a décidé de renoncer à l'avion pour ses déplacements.

S'opposer à un projet par un chantier d'écriture. Telle a été la démarche originale menée par un collectif d'habitants à Nantes, mobilisé contre la conversion d'une ancienne carrière en espace de tourisme urbain. Une œuvre collective a vu le jour réunissant des matériaux hétéroclites : inventaire botanique, microfictions, poésie, paroles d’habitant·es mais aussi données économiques, compte rendu de réunions, analyses de données chiffrées, photos ou dessins...

Dans l'Oise, le Festival des forêts concocte des « bains de forêts musicaux ». Des balades dans les bois jalonnées de concert en plein air.

« Vent des Forêts » est une résidence artistique originale dans la Meuse, en territoire rural. Elle repose sur une forte proximité entre les acteurs du territoire : les artistes sont logés chez l'habitant et sont accompagnés par les artisans locaux pour rendre visible leur pratique créative. Dans une perspective éco-touristique, ce partenariat a donné lieu à la création de maisons sylvestres, ainsi qu’à la réalisation d’une collection d’objets et de mobiliers en bois.



L’OPC sélectionne et éditorialise des informations sur les arts, la culture, la société et les politiques publiques. Pour y voir plus clair dans le bruissement des politiques culturelles. Vous pouvez vous abonner ici

17.07.2020 à 17:29

Podcast de l'été / Myriam Marzouki : artiste et coopération

Podcast de l'été / Myriam Marzouki : artiste et coopération"La plupart des coopérations qui mettent des artistes au cœur d'un projet consiste à ne financer que la partie visible de l'iceberg, les heures réelles d'intervention. Or, ce qui est le plus précieux, ce qui prend le plus de temps, c'est le travail d'approche, de rencontres, d'interconnaissances mutuelles, un travail qui n'est jamais rémunéré" plaidait Myriam Marzouki à l'occasion de sa conférence introductive aux Assises DAC 2019.

La FNADAC et l'OPC diffusent les podcasts des conférences introductives des Assises, en attendant les actes de la rencontre qui seront disponibles à l’automne.



Les 5es Assises DAC ont réuni plus de 500 professionnels les 10 et 11 octobre 2019 autour du thème de la coopération.

17.07.2020 à 17:18

Podcast de l’été / Cédric Paternotte : comment coopérer davantage ?

Podcast de l’été / Cédric Paternotte : comment coopérer davantage ?

Restitution des Assises DAC 2019


"La meilleure coopération en termes de résultats est celle qui est la plus difficile pour les gens", c'est le paradoxe que souligne Cédric Paternotte en conclusion de sa conférence aux Assises DAC 2019.

La FNADAC et l'OPC diffusent les podcasts des conférences introductives des Assises, en attendant les actes de la rencontre qui seront disponibles à l’automne.




Les 5es Assises DAC ont réuni plus de 500 professionnels les 10 et 11 octobre 2019 autour du thème de la coopération.

16.07.2020 à 13:19

#12 La Newsletter de l'OPC spéciale Diversité, discrimination, domination

#12 La Newsletter de l'OPC spéciale Diversité, discrimination, domination

Diversité, discrimination, domination : la culture doit-elle aussi revoir sa copie ?


Depuis près de 4 décennies, le sujet de la diversité bouscule les sociétés démocratiques. Avec le temps, la question n'a cessé de se pluraliser, révélant la demande de nouveaux droits et s'entremêlant avec la problématique des discriminations. Aujourd'hui, dans le sillage de #MeToo ou du mouvement #BlackLivesMatter, des voix s'élèvent contre des formes de domination toujours présentes. Malgré les efforts que les pouvoirs publics et les acteurs de terrain ont consacré à la promotion de la diversité et à la lutte contre les discriminations, des inégalités demeurent. Le champ culturel n’est pas exempt de ces controverses. L’Observatoire n°56 fait écho à l’actualité et consacre son dernier numéro aux nouvelles manières d’agir contre toutes les formes de domination et de discriminations dans la culture.

Comment discerner ce qui relève aujourd'hui d'une problématique de diversité ou de discrimination ? s'interrogent en ouverture de numéro Lisa Pignot et Jean-Pierre Saez. Un article de Michel Wieviorka permet de prendre la mesure de l'évolution du débat des années 60 à aujourd'hui et de saisir les soubassements des différentes thématiques mises en valeur au cours du temps au nom de la diversité. Pour Laure Bereni, le terme est devenu une norme consensuelle des démocraties. Son succès auprès des élites tiendrait à sa capacité à masquer les hiérarchies entre groupes sociaux. Sous ce vocable de « diversité », précise Damien Saverot, les sociétés occidentales évoquent pudiquement des problématiques embarrassantes : les questions d’immigration, d’intégration ou les banlieues.

Cette notion de diversité est-elle toujours opérante pour comprendre des questions de société qui traversent le monde actuel ? L’Observatoire est allé à la rencontre d’acteurs de terrain qui racontent leurs expériences. Ces paroles mettent en valeur des stratégies de petits pas, d'affirmative action pour bousculer le système et tenter d’agir concrètement en faveur d’une plus grande égalité et diversité. Arnaud Meunier relate le succès de la création en 2014, à la Comédie de St-Etienne, d’un programme « Egalité des chances » destiné à favoriser l’accès aux écoles supérieures d’art dramatique de jeunes gens issus des minorités. « J’ai trop vu de projets où les artistes arrivent soit comme des pompiers soit comme des sachants » commente de son côté Alexis Moati. Le metteur en scène restitue dans une interview son approche de la diversité : une aventure théâtrale extraordinaire de 3 ans avec de jeunes marseillais des quartiers nord et du centre-ville consistant à les associer à la vie d’une compagnie de théâtre. Il est question aussi de nouveau militantisme avec le mouvement Décoloniser les arts qui rejette le terme de diversité par la voix de Leïla Cukierman. Le monde culturel récupère les inventions artistiques des minorités en les vidant de leur substance condamne-t-elle et de préciser, « ainsi procède le marché du rap. Ainsi le secteur public intègre, en l’apaisant, la danse hip-hop ».

Le numéro aborde également les discriminations envers les femmes. Anne Grumet fait le point sur le sexisme à l’œuvre dans le secteur culturel « qui entretient une "illusion de l’égalité" ». Elle décrit le principe d’éga-conditionnalité, une piste pour encourager la transition égalitaire. Avec l’association La Petite, Anne-Lise Vinciguerra propose, quant à elle, entre autres, des ateliers pour redonner du pouvoir d’agir aux femmes artistes et les aider à lever les freins à leur carrière. Si Si les femmes existent, fondée par Anne Monteil-Bauer, contribue à l’écriture d’une Histoire égalitaire et agit pour redonner leur place à des femmes confinées dans l’oubli et qui ont pourtant compté.

Le dossier de l'Observatoire apporte un éclairage particulier à une actualité foisonnante, le débat sera prolongé lors d'une rencontre proposée par le ZEF et l'OPC à Marseille le 3 novembre. L'analyse de la presse permet, en outre, de compléter l'approche de l'OPC.

La Scène consacre un dossier au thème « Liberté, égalité, diversité », avec « un état de lieux de l’expression de l’ensemble de la population dans le spectacle vivant aujourd’hui, sans optimisme forcené ni pessimisme à outrance ». Le Monde décrypte les origines et le sens du nouveau vocabulaire de l’anti-racisme tels que « Privilège blanc », « racisé », « décolonial ». Dans The conversation, Alice Krieg-Planque explique que « tout engagement est inextricablement lié à des mots, dont les acteurs politiques et sociaux s’emparent pour promouvoir leur cause et défendre un point de vue ». Ary Gordien analyse la question de l’appropriation culturelle : « ce ne sont pas l’imitation et les emprunts qui posent problème en soi, mais plutôt la domination sur laquelle elle se fonde ». « Aux États-Unis et au-delà, le rock and roll est-il bien plus souvent associé au nom d’Elvis Presley qu’à celui de ses prédécesseurs et contemporains noirs ». Dans Slate, Lucie de Perthuis s’intéresse au déboulonnage de statues à La Réunion où les évènements « font écho à des problématiques plus larges liées à l’identité et la culture créole ». L’héritage colonial a laissé des traces avec une culture créole sous-valorisée et des inégalités raciales qui perdurent dans une société métissée.

Iris Brey, interviewée par Victoire Tuaillon, décrypte l’importance des images de cinéma dans la constitution de notre imaginaire et notre manière de regarder le monde. Si 80 % des films français sont réalisés par des hommes, il est préoccupant de recevoir si peu d’images issues d’un point de vue féminin. Dans Slate, on lit que le Louvre compte seulement une trentaine de peintures signées de femmes artistes. « Plus le budget d’un musée est important, plus les chances d’y trouver une femme directrice se réduisent » déplore l’anthropologue Johnnetta Betsch Cole citée dans un texte d’Alexia J. Casanova.

La même anthropologue questionne l’inclusion de personnes de couleur dans les postes décisionnaires des institutions culturelles. « Un visiteur entrant dans un musée où personne (…) ne lui ressemble (…) sera certainement moins enclin à revenir » explique-t-elle. Dans le Quotidien de l’art, Audrey Gouimenou, commente la gêne à parler de couleur de peau concernant le recrutement du personnel des musées français : « le secteur culturel semble frappé de color blindness. Ne pas voir les couleurs, c’est aussi ne pas voir quand il n’y a pas de diversité ».

Le domaine de la philanthropie est rarement convoqué dans la discussion sur la diversité. L’exemple de L’Abbe Museum est intéressant dans la mesure où le musée a fait évoluer le concept de mécène pour sortir des stéréotypes de l’homme blanc et riche. L’institution accueille et valorise d’autres types de dons comme le don de temps ou le partage de connaissances.


Carnet d'étonnements


« Questionner la place des femmes dans l'histoire et la culture (...) telle est la mission de Feminists in the City ! » L'association propose des parcours dans plusieurs grandes villes françaises pour redécouvrir les femmes qui ont fait l'histoire d'une ville avec des visites de musées, jardins, une redécouverte de l'espace public...

Deux doctorantes en histoire de l’art ont créé le compte et hashtag #Accrochées dans le but de « participer à la plus grande diffusion d’œuvres réalisées par ou attribuées à des femmes. » Chacun.e peut contribuer.

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage apporte notamment une expertise aux collectivités qui souhaitent mettre en place une politique de réévaluation des personnages à qui il est rendu hommage dans leur cité. Sur la base de différentes expériences conduites en France, l’organisme travaille à la réalisation d’un vade-mecum sur la politique de mémoire de l’esclavage dans l’espace public.


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12.07.2020 à 12:21

La crise sanitaire a-t-elle déconfiné les arts et les cultures numériques ?

La crise sanitaire a-t-elle déconfiné les arts et les cultures numériques ?La crise du Covid-19 a accéléré la numérisation des pratiques culturelles d’une population privée de sorties, créant un espace inédit d’expérimentation, de production, de partage et de consommation de contenus numériques dans lequel tout le monde s’est engouffré : industries culturelles, bien entendu, mais aussi protagonistes de la culture subventionnée, artistes et amateurs. Entre désir d’expressivité, conquête de parts de marché, crainte de l’invisibilité et digitalisation dans l’urgence de missions de services publics, les raisons des uns ne sont pas forcément celles des autres. Mais pour tous ces acteurs, il faudra tirer le bilan de cette séquence historique, de ce qu’elle a modifié de notre conception de la culture et du numérique.

L'OPC a organisé un webinaire sur ces questions le 25 juin 2020. Vous pouvez visionner l'ensemble des échanges : 







Pour prolonger le débat, rejoignez-nous à la rencontre de Metz le 14 octobre 2020 Innover dans les arts et la culture, humaniser la civilisation numérique


Les invités du webinaire : 





30.06.2020 à 20:55

#11 La Newsletter de l'OPC

#11 La Newsletter de l'OPCL’OPC sélectionne et éditorialise des informations sur les arts, la culture, la société et les politiques publiques. Pour y voir plus clair dans le bruissement des politiques culturelles. N’hésitez pas à nous écrire à cette adresse.


Observatoire de l'info


« Nous sommes seuls donc nous devons être ensemble ». Cet appel des acteurs culturels et médias indépendants, lancé par Arty Farty, fait le pari de la solidarité « pour imaginer un monde d’après qui tienne compte de nos vulnérabilités ». Un autre appel, « Pour une écologie de la musique vivante », décrit le paradoxe pour les artistes : « Réduire sa mobilité pour diminuer son impact écologique induirait […] de s’invisibiliser professionnellement ». Relocalisation de l’art et sortie de l’obsolescence programmée des créations esquissent des pistes pour résoudre l’équation. « Et si la crise du coronavirus avait du bon pour l'art contemporain » avec la suspension des flamboyantes foires ? ironise un article paru dans Courrier international. Comment produire de la culture de manière soutenable ? C’est ce à quoi propose de réfléchir l’Observatoire dans l’une de ses prochaines formations « Intégrer les enjeux environnementaux à son projet culturel ». Benoît Labourdette développe le concept d’antifragilité des projets culturels pour les rendre plus résistants face à l’incertitude. Un argumentaire qui repose sur la capacité à tirer profit de l’erreur et du bricolage.

« En soi, je n'ai rien contre le fait de déboulonner des statues, sauf qu'il faudrait les déboulonner toutes » commente Laurent Sagalovitsch dans Slate. Un collectif d’historiens dénonce dans Le Monde la tentation d’anachronisme qui consiste, « à partir de nos certitudes du présent, à plaquer sur les personnages d’autrefois un jugement rétrospectif ». Eve Beauvallet rebondit sur le plan de commande publique lancé par le président : les jeunes artistes « se feraient certainement un plaisir de répondre à un grand appel à projets, sur les façons de dialoguer – par statues interposées – entre héros d’hier et valeurs d’aujourd’hui. Statues : plutôt que le grand déboulonnement, le grand détournement ? » L'artiste Dorcy Rugamba plaide pour que ces monuments changent de statut et passent « d’objets de mémoire ou d’hommage à vestiges d’une époque ». Étienne Achille et Lydie Moudileno interviewés dans Médiapart sur leur ouvrage Mythologies postcoloniales. Pour une décolonisation du quotidien proposent de créer des cimetières pour statues déboulonnées exposées comme dans un musée.

Corinne Caillaud rapporte dans Le Figaro que les « tiers-lieux » seront au centre du plan de relance du gouvernement. Pendant le confinement, « en redéployant leur activité de façon flexible et rapide, ils ont prouvé qu'ils pouvaient apporter une solution au besoin de production locale. » Néanmoins, une enquête récente de France tiers-lieux met en lumière les difficultés économiques de structures déjà fragiles avant l'épidémie. « Il y a donc fort à parier qu’avant de récolter les fruits de cette nouvelle politique de décentralisation, l’État va d’abord devoir (re)mettre la main au portefeuille pour soutenir ces structures privées en mal de fonds », avertit Géraldine Russel dans Maddyness. Avec la réouverture des cinémas, un éditorial du Monde affirme l’urgence d’impliquer les plate-formes de streaming dans le financement de la création française et de retranscrire la directive européenne SMA (services de médias audiovisuels) dans le droit français. Roxana Azimi signale, elle, un déplacement du mécénat de la culture vers « d’autres urgences, sanitaires et sociales » et, au sein du monde culturel, un intérêt croissant pour les questions de médiation et démocratisation culturelles. Or, « pour qu’il y ait accès à la culture, encore faut-il qu’il y ait une production culturelle ». De son côté, Nectart consacre un dossier sur la notion d’indépendance dans un monde sous emprise économique (emprise de grands groupes privés sur les médias, le secteur musical ou Internet) et met en lumière les résistances. « L’autonomie artistique, revendiquée de tout temps par les créateurs, a-t-elle encore un sens dans un monde à ce point interdépendant ? »

Sur les nouveaux dispositifs d’éducation artistique et culturelle mis en place par le gouvernement, en particulier la plateforme EAC, Suzana Kubik sur France musique souligne que les professionnels de l’éducation artistique « appellent à soutenir des dispositifs déjà existants, avant d'en rajouter de nouveaux ». La FNAMI déplore une méconnaissance du rôle des musiciens intervenants dans les écoles, tandis que l’ANRAT demande une concertation sur le sujet. « Ce geste artistique partagé ne peut pas être occasionnel, en dehors de tout vrai projet. Il doit être réalisé par les artistes dans le cadre du respect du statut qui leur est propre. » Côté ministère de la Culture, on argumente : « les artistes et les acteurs culturels ne se substituent pas aux enseignants. Ils peuvent accompagner les jeunes à découvrir leur propre créativité. Et c'est complémentaire. »


Carnet d'étonnements


Durant le confinement, l'artiste Patrick Quérillacq a rempli chaque jour un carnet avec des poèmes composés à partir du « Libé » du jour. Un résultat que publie le journal autant littéraire que graphique.

Au théâtre de la Criée, « Le spectacle du plateau » met un coup de projecteur sur les techniciens du lieu : « pour une fois, ce sont (…) les stars, chargés de révéler les secrets des coulisses ». Une proposition pour l’été dédiée à la jeunesse marseillaise.

La plateforme Net Art Anthology, créée en 2016, offre un libre accès aux œuvres les plus emblématiques et visionnaires du net art. Le contexte est propice à revisiter aujourd’hui cet espace avec le développement accéléré des expositions virtuelles.

Galerie virtuelle collaborative, Quarantaine.fun a vu le jour pendant le confinement. Le site se présente comme « un protocole de création pour jeunes artistes confinés dans le but de produire un maximum par temps d'isolation forcée ». L’ensemble des œuvres recueillies est visible en ligne et donnera lieu à une exposition et une édition limitée.

« C-o-n-t-a-c-t » est la première pièce distanciée jouée dans les rues de Paris. Cette expérience théâtrale propose au public depuis le 12 juin de suivre deux comédiens dans les rues, à l’aide d’une application, tout en respectant la distanciation sociale.

Les drive-in ont refleuri avec le confinement, mais connaissez-vous le bike-in ? En Italie, le concept a été inventé pour combiner déplacement doux et évènement. Ainsi, le spectateur se déplace en vélo pour assister à un concert ou un cinéma en plein air.

Laurence est de retour en présentiel à l'Etanol/scène nationale en préfiguration et cherche à renouveler sa présentation de saison. Le personnage, campé par le comédien Thomas Poitevin, est mis en scène dans de courtes vidéos hilarantes qui parodient le secteur culturel.

16.06.2020 à 11:46

#10 La Newsletter de l'OPC

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L’OPC sélectionne et éditorialise des informations sur les arts, la culture, la société et les politiques publiques. Pour y voir plus clair dans le bruissement des politiques culturelles. N’hésitez pas à nous écrire à cette adresse.


Observatoire de l'info


Alors qu’un sondage BVA souligne que les Français ne sont pas pressés de retourner au cinéma ou au spectacle, Michel Guerrin pose la question « comment inciter le public à revenir ? » « Pour la plupart des gens, […] la culture n’est ni utilitaire ni vitale mais un plaisir qui tutoie le loisir ». Une vision confirmée par l’État : « par le biais d’un décret paru le 1er juin : un cinéma ou un théâtre devront garder vide un siège sur deux alors qu’un train pourra être plein ». Une tribune portée par un collectif d’artistes fustige le 2 poids, 2 mesures : pourquoi impose-t-on une distanciation sociale stricte au spectacle vivant et autorise-t-on la promiscuité dans les transports ? La FEDELIMA et le SMA et de son côté le PRODISS réclament, quant à eux, une reprise de la diffusion et des spectacles en revenant à la norme usuelle.

« Un semi déconfinement ne suffit pas pour la culture. Nous ne pourrons pas résoudre la crise tant que nous ne serons pas sortis de la crise sanitaire », estime Françoise Benhamou dans Challenges. Martine Robert note dans Les Echos que la culture subventionnée « va jouer un rôle amortisseur » dans la crise alors que « la culture privée, marchande est en grand danger […]. L'Allemagne alloue 75 % de son plan « nouveau départ pour la culture » de 1 milliard au privé. » Dans une lettre ouverte au gouvernement, 12 organisations professionnelles plaident pour que les festivals occupent une « place à part entière dans les politiques publiques de la culture ». Dans une tribune du Monde, Thomas Schlesser propose que les commandes publiques annoncées par Emmanuel Macron s’appuient sur l’expérience des Nouveaux Commanditaires, un dispositif associant citoyens et artistes pour une création originale répondant à un besoin défini par les citoyens. « Si l’on veut que la commande soit bien l’avenir de l’art, il faut désormais la rendre vraiment démocratique. »

Sébastien Magro dans Slate interroge le peu de réactions des musées français au mouvement #BlackLivesMatter. « Ce silence est le symptôme de quelque chose de plus général en France où la tentation est grande de ne pas relier l'histoire des musées à ce qui se passe dans le monde aujourd'hui », peut-on lire dans l’article qui relaie les propos de l’historienne de l’art Anne Lafont. Jean-Marc Proust se moque de la démagogie d’HBO et du retrait temporaire D’autant en emporte le vent de la plateforme : « Chaque censure nie mon libre arbitre et ma capacité à me distancier ». Philippe Bernard commente le mouvement de déboulonnage des statues, figures de la traite négrière. Entre transmission du passé et refus de célébrer les promoteurs d’épisodes honteux, un débat serait nécessaire pour faire le tri.

Un collectif d’auteurs et d’artistes indépendants dans une tribune de Libération interpelle l’Etat pour élargir le régime de l’intermittence aux arts et aux lettres. Il prend appui sur la polémique opposant Joann Sfar à la SGDL. « Qu’un auteur en vienne à critiquer une association censée le défendre et que celle-ci ne trouve pas d’autre parade que de lui intenter un procès est hélas un symptôme criant de cette division. » Pour Andy Battentier dans Le vent se lève, l’intermittence constitue « un exemple réussi de flexibilisation d’un marché du travail avec une insécurité de l’emploi limitée [...] la politique n’est pas qu’une affaire de comptabilité et la définition des priorités d’une société ne peut se limiter au calcul localisé des entrées et sorties. Le Covid-19 est une cruelle démonstration de ce à quoi mène une politique qui réduit les dépenses publiques pour réduire les recettes publiques. » Patrick Viveret, que nous avions interviewé en novembre 2019, évoquait des pistes de sortie d’une logique purement comptable pour le monde culturel.

2 doctorantes ont analysé 78 pratiques muséales pendant le confinement et constaté des tendances récurrentes : ludification des contenus, détournement, démystification du musée. Une esquisse du musée « post-covid ». Dans la même veine, le 25 juin prochain, l’OPC propose un webinaire pour questionner le bilan des arts et cultures numériques pendant le confinement. Julia Laïnae et Nicolas Alep ont publié une charge contre les tentatives d’alternative numérique que commente Hubert Guillaud dans Usbek et Rica. Notre volonté à voir advenir un autre numérique achoppe à définir des limites à son extension sans fin, à interdire des pratiques. « La perspective de services publics 100 % dématérialisés d’ici 2022 nous adresse un futur numérique sans alternative ».


Carnet d'étonnements

« Ami noir, loc. Généralement utilisé comme gilet pare-balles dans une conversation stérile. Exemple : “Je ne peux pas être raciste, j’ai un ami noir”. » Cet extrait est issu du glossaire Le Dérangeur, petit lexique en voie de décolonisation concocté par le Collectif Piment. « En quarante mots et expressions, les auteurs du Collectif Piment débusquent ce que la langue française cache encore d’histoire coloniale non digérée ». Un ouvrage qui tombe à pic dans le contexte de l’actualité du mouvement Black lives matter.

« Il serait fou de croire que l'envie et les idées nous aient quittés »... On trouvera les bonnes distances, écrit l’artiste de cirque Johann Le Guillerm. Et de le prouver par une courte vidéo où il intègre les distances sociales à son art.

Didier Fusillier a imaginé cet été pour la Villette un projet de plaine artistique. Exit la représentation classique, le public pourra venir assister à une autre facette de la création : répétition ou simple lecture. Chacun viendra quand il le souhaite et repartira quand bon lui semble.

A l’Opéra-Comique, la scène et la salle seront inversées. Ainsi, le public plus restreint sera installé sur le plateau, tandis que les artistes se produiront dans une salle ouverte et distanciée. « Car 70 personnes sur un plateau, c'est magique, quand 200 personnes dans une salle de 1200, ça ne marche pas ».

Le théâtre d’Aubervilliers a lancé une cantine solidaire depuis le 21 mai. Elle permet la distribution d’une soixantaine de repas par jour, distribués aux participant.e.s de l’Ecole des Actes et aux habitant.e.s de la ville qui en ont besoin. Les distributions de repas se font sur le parvis du théâtre.

Dans un contexte compliqué pour les artistes avec l’arrêt des répétitions, le report ou l’annulation de spectacles, une plateforme numérique a vu le jour pour trouver rapidement une salle disponible pour répéter. StudioD’ se présente comme une plateforme solidaire de mise à disposition gratuite de studios de danse.

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