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01.12.2021 à 10:23

Bloquons le Zénith de Zemmour !

lemarteausansmaitre

Après plusieurs semaines d’une campagne qui ne disait pas son nom, Éric Zemmour a enfin officialisé sa candidature à la présidence de la République, comme tout le monde s’y attendait.

Sa vidéo d’annonce est d’une ringardise passéiste qui frôle la parodie : aux images d’archives en noir et blanc de l’INA censées susciter la nostalgie d’une « France d’avant » fantasmée succède l’évocation du temps glorieux des « chevaliers et des gentes dames », après quoi Zemmour s’approprie sans honte des figures célèbres de notre histoire littéraire, musicale ou cinématographique lors d’une interminable séquence de name-dropping. On y voit même se référer à Jean Moulin celui qui ne cesse de défendre Vichy et la Collaboration.

Mais l’affect central de son discours reste le même : l’angoisse paranoïaque de l’étranger, la mythologie du grand remplacement, la guerre de civilisation. Pour lui donner plus d’impact encore, il fait défiler pêle-mêle des images de prolétaires non-blancs entassés dans une rame de RER bondée, d’émeutes urbaines et de véhicules incendiés, de campagnes publicitaires montrant des jeunes femmes voilées… ce montage hallucinogène visant bien sûr à conforter l’idée que les Français seraient désormais des étrangers dans leur propre pays, des « exilés de l’intérieur ». Le tout avec en fond sonore la 7ème Symphonie d’un Beethoven qui doit se retourner dans sa tombe.

Cette mise en scène serait simplement grotesque et ridicule si elle n’était pas aussi le manifeste d’une campagne qui, quelle que soit son issue, aura marqué un tournant politique et idéologique. 

Zemmour retrace la frontière du dicible et de l’indicible dans le débat public. Là où ceux – politiciens conservateurs ou sociaux-démocrates, intellectuels réactionnaires et journalistes serviles – qui lui ont préparé le terrain depuis des années se dissimulaient derrière une apparente modération discursive, Zemmour ne s’encombre plus d’aucun filtre : son racisme est explicite, son attaque ouverte et décomplexée contre toutes celles et tous ceux qui, par leur existence même, souilleraient l’identité immuable de la France éternelle.

Mais Zemmour retrace aussi peut-être la frontière du faisable et de l’infaisable. Car le versant pratique de ce déclinisme crépusculaire ne saurait faire de doute : ce qui nous attend est un saut qualitatif dramatique dans la persécution des musulmans et des étrangers, l’impunité offerte aux forces de police, la répression militarisée de toute contestation sociale, la contre-révolution idéologique. En somme tous les éléments d’un processus de fascisation qui, depuis bien avant Zemmour, s’approfondit au sein même de l’appareil d’État et des institutions de la République.

Dimanche prochain doit se tenir le grand meeting parisien de Zemmour à la Villette. Ces dernières semaines, de Nantes à Marseille en passant par Lyon, l’extrême-droite a été accueillie par des mobilisations populaires parfois imprévues, toujours déterminées. Mettons nous à leur école, suivons leur exemple. Puisque la campagne de Zemmour ne semble rencontrer aucun autre obstacle que l’autodéfense populaire, organisons nous pour bloquer son meeting au Zénith. Plutôt que de participer à une manifestation impuissante à plusieurs kilomètres de distance, rassemblons-nous dès 12h aux abords du parc de la Villette. Ainsi nous montrerons que face à la campagne d’un candidat qui tente de rendre majoritaire son projet suprémaciste, une unification populaire est possible, partant de la rue pour construire une alternative égalitaire et émancipatrice.

Nous étions plusieurs milliers samedi dernier pour affirmer la nécessité d’un antifascisme autonome, aux côtés des familles de victimes de crimes policiers, des syndicalistes et des gilets jaunes. Soyons encore plus nombreux dimanche prochain pour faire taire Éric Zemmour et faire passer la riposte à un niveau supérieur.

Lien vers l’événement Facebook

Bloquons le Zénith de Zemmour !
Photo Léo KS

30.11.2021 à 16:56

Contre Éric Zemmour en France comme en Arménie

lemarteausansmaitre

Nous, Arménien.ne.s de France engagé.e.s contre le racisme et pour la solidarité des peuples en lutte, élevons nos voix pour dénoncer les récupérations ordurières qu’Éric Zemmour fait de nos souffrances. 

Éric Zemmour est un personnage éminemment dangereux pour notre vie politique et sociale, qui réhabilite les figures fascistes françaises, assume son racisme, son sexisme et sa lecture révisionniste de la Shoah, de l’Occupation allemande ou de la colonisation française. Il n’y aurait rien à ajouter pour s’opposer à lui si ses motivations ne nous concernaient pas directement. Mais depuis quelques années, Éric Zemmour a décidé de se mêler de nos affaires et s’y attache particulièrement depuis la dernière guerre enclenchée par l’Azerbaïdjan contre l’Artsakh (Haut-Karabakh) et l’Arménie en 2020.

Ainsi réagit-il régulièrement, sur les plateaux télévisés ou sur les réseaux sociaux, à l’actualité de cette guerre et de ses conséquences. En cette période électorale, son pseudo-soutien à la communauté arménienne de France et aux Arménien.ne.s d’Arménie est destiné à faire parler de lui auprès des populations françaises et/ou franco-arméniennes. Pire, cela pourrait même aller jusqu’à légitimer son activité politique en dehors des frontières françaises : pour la seconde fois, nous apprenons par une source sérieuse1 qu’Éric Zemmour prépare un voyage de nature politique en Arménie du 11 au 15 décembre prochain. 

Éric Zemmour aurait donc déjà une feuille de route en Arménie, pour les affaires étrangères ? Quel intérêt ce petit pays, qui a perdu ses ressources au gré des conquêtes impériales et qui peine à exister encore, présente-t-il pour lui ? Aucun. Ce n’est pas le pays qui l’intéresse, mais la caution « arménienne » qu’il va tirer de ce voyage, alors que personne ne le connaît là-bas et que le pays est dans une période d’après-guerre désastreuse.

Le pays se vide, mais il y a une grande communauté arménienne en France (plus de 600 000 habitant.es), principalement issue de l’histoire douloureuse du génocide de 1915. L’histoire nous est tristement familière : Zemmour vient faire son marché sur le sang des Arménien.ne.s, après bien d’autres – comme le fasciste Marc de Cacqueray qui s’était rendu armé en Artsakh durant la dernière guerre ou le militant identitaire Jean-Eudes Gannat, qui racole l’argent arménien avec sa structure « Solidarité Arménie », sans oublier la réécriture culturaliste de Michel Onfray. Une méthode très simple mais qui produit beaucoup de confusions : s’afficher comme « l’ennemi des ennemis » – et donc « l’ami » – des groupes opprimés et isolés, comme les Arméniens d’Artsakh en automne 2020. Suivant cette logique, Zemmour serait l’ami des Arménien.ne.s, puisque leurs oppresseurs Erdoğan et Aliyev seraient les symboles d’un Islam conquérant en terre chrétienne d’Europe. En une phrase, la cause arménienne et l’auto-défense de l’Artsakh sont transformées en un champ de bataille franco-français où l’extrême-droite peut projeter ses fantasmes de « grand remplacement » et de « guerre civilisationnelle » entre Orient et Occident, Islam et Chrétienté.

Un raciste reste un raciste, et lorsqu’il dénigre certain.e.s immigré.e.s pour en encenser d’autres, c’est toujours au nom du racisme. En 2018, Éric Zemmour s’était réjoui que Shahnough Vahignag Aznavourian, se soit résolu (lui, et non ses parents, par pragmatisme et non par conviction) à se rebaptiser Charles Aznavour, afin de pouvoir exister dans un showbiz xénophobe. Traduction, en langue zemmourienne : « Arménien.ne.s, je vous aime, car vous savez renier ce que vous êtes. »

Ce n’est assurément pas l’Arménie, ni ses habitant.e.s, ni les Arménien.ne.s de France qui intéressent Zemmour, mais ce qu’il peut faire de « l’Arménien », une fois qu’il est à terre. Zemmour feint de défendre les Arménien.ne.s contre l’Azerbaïdjan sur CNEWS mais envisagerait-il, président, de nommer Ministre de la Justice son avocat et ami Olivier Pardo ? Rappelons que ce monsieur est aussi l’avocat de l’Azerbaïdjan à diverses grandes occasions – telles que le procès pour « diffamation » sur la nature de son régime contre la journaliste Élise Lucet, ou l’action contre les chartes d’amitié entre les collectivités françaises et la République d’Artsakh, et qu’il est aussi l’avocat du plus actif des militants négationnistes à la solde d’Ankara, reconnu comme tel par la Justice française : Maxime Gauin.

Nous connaissons notre histoire, et nous ne céderons pas à cette tentative de rapt idéologique. En défendant nos églises contre le rouleau-compresseur exterminateur de l’impérialisme turc et de ses alliés, c’est notre existence et notre culture que nous défendons, et pas celle des suprémacistes et impérialistes occidentaux. Nous refusons que notre histoire soit instrumentalisée, au nom de notre propre dignité, mais aussi par refus des fins violemment discriminantes auxquelles sert cette « OPA ». Sous quelque forme que ce soit, toute tentative de rapprochement entre notre cause et celles de l’extrême droite, explicite ou non, relève de l’injure. Elle ne venge pas les victimes arméniennes de 1915 ou de 2020, mais les tue une seconde fois.

En France comme en Arménie, Zemmour dégage !  

Signataires : 

Renaud Cornand, sociologue

Philippe Huneman, directeur de recherche en philosophie au CNRS

Razmig Keucheyan, sociologue

Marie Sonnette-Manouguian, enseignante

Sylvie Manouguian, responsable associative et culturelle

Pierre Tevanian, philosophe

Ani Tsovinar Vanetsyan, (membre du collectif d’auteur.e.s Djaragayt socialiste, autonome, internationaliste)


22.11.2021 à 14:49

La révolte en Palestine d’après Gabriel Péri

lemarteausansmaitre

Mai 1936. Premières heures du Front populaire en France. En Palestine, les Palestiniens prennent les armes contre l’occupant anglais et les organisations sionistes.

Gabriel Péri, responsable du service de politique étrangère au journal l’Humanité, dénonce les manoeuvres de l’impérialisme britannique et des sionistes, et appelle à la solidarité de classe contre l’antisémitisme en Europe.

Résistant, livré par la Police française, les nazis le fusillent en 1941.