Médias
GÉNÉRALISTES
Basta Blast Capital France 24 FTVI L'Humanité La Croix LCP Le Monde La Tribune Le Figaro Mediapart L'Autre Quotidien Le Media Slate Korii Vrai ou Fake ?
INTERNATIONAL
CADTM Courrier d'Europe Centrale Eurojournalist Equaltimes Info Asie Inkyfada Jeune Afrique Le Grand Continent Orient XXI Rojava I.C N-Y Times fr Toute l'Europe
MÉDIAS D'OPINION
L'Autre France-Presse Acta AOC Issues Les Jours Le Monde Moderne LVSL Médias Libres Marianne Quartier Général Rapports de force Reflets Rézo StreetPress
OBSERVATOIRES
Acrimed Internet actu Catastrophes naturelles Conspis Culture Extrême-droite Inégalités Information Médias Multinationales Présidentielle Routes de la Soie
+
Média d'enquête militant, partisan, autonome et internationaliste

▸ les 10 dernières parutions

06.11.2021 à 12:36

Samedi 27 novembre : contre le racisme et les violences d’État

lemarteausansmaitre

À l’appel de plusieurs organisations, une manifestation contre l’extrême-droite, ses idées et le racisme se tiendra à Paris le 27 novembre à 15h à Ménilmontant. Nous appelons à y constituer un cortège antiraciste contre les violences d’État.

Il y a quelque chose de pourri dans la Ve République.

La campagne électorale qui s’ouvre fait déjà sauter les digues qui semblaient encadrer le débat public. Partout, sur les plateaux, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, on ne parle presque plus que d’un homme, Éric Zemmour, trop heureux de trouver autant de tribunes pour exprimer son racisme désinhibé, son obsession islamophobe, sa misogynie crasse et sa réhabilitation systématique de la collaboration et des guerres coloniales.

Que sa candidature rencontre autant de succès, dans les sondages et les médias, en dit plus sur l’état du pays et de sa classe dirigeante que sur les mérites de ce médiocre chroniqueur télé.

Au fond, Zemmour est autant le symptôme que la courroie de transmission de la fascisation des esprits.

Son succès tient à la droitisation du champ politique français en marche depuis plusieurs décennies, qui a fait de l’extrême droite un acteur incontournable des seconds tours électoraux, pendant que politiciens de gauche et de droite reprenaient ses propositions et ses mots d’ordre.

Rappelons-le, la possibilité de l’élection de Zemmour ou Le Pen (qui signerait sans doute une accélération inédite dans le chemin vers le fascisme) ne tombe pas du ciel : elle tient à la progression de ce vaste consensus islamophobe et anti-social, qui voit dans la fuite en avant raciste le meilleur moyen de faire progresser l’agenda néolibéral et la précarisation massive qu’il promet.

On ne parlerait pas aujourd’hui avec tant de légèreté de « grand remplacement », de « tyrannie des minorités », d’interdiction des voiles et des kippas, et ainsi de suite, s’il n’y avait pas eu Sarkozy, Valls, Darmanin…

La parole raciste s’est hissée jusqu’au plus haut sommet de l’État, accompagnant lois et pratiques scélérates : interdiction du foulard en 2003, contrôles au faciès et crimes policiers, états d’urgences à répétition et perquisitions de milliers de musulman.e.s, dissolution d’associations luttant contre l’islamophobie sous des prétextes ahurissants.

Ce déchaînement raciste s’est systématiquement soutenu d’un plus vaste tournant autoritaire. On a vu les techniques réservées jusqu’alors à la gestion néocoloniale des quartiers populaires s’étendre à l’ensemble de la contestation sociale : syndicalistes, gilets jaunes, mouvements écologistes et féministes ont connu les nasses, les éborgnements, les mains arrachées et parfois la mort.

Les morts de Rémi Fraisse, Adama Traoré, Zineb Redouane et de trop d’autres sont le prix infâme payé par la population française dans la guerre que son élite mène contre elle.

Face à la fuite en avant raciste d’un capitalisme sauvage, une vaste riposte sociale est nécessaire. Il n’est pas question de remettre à l’après-élection la contestation des tendances fascistes qui se déploient actuellement, ni de placer son espoir en de vagues fronts électoraux aux côtés de ceux qui ont contribué au désastre. L’idée de dresser un cordon sanitaire entre l’extrême-droite organisée et le reste du spectre politique est dépassée : on n’arrêtera pas la marche des Zemmour et des Le Pen sans défaire le monde qui les rend possible. Il n’est pas d’antifascisme qui ne doive triompher de tous les winners de la macronie et de la bourgeoisie impérialiste. Car nous le savons : derrière chaque fascisme, il y a une révolution avortée. Nous n’avons d’autre choix que de réussir la nôtre.


27.10.2021 à 16:33

Profanation d’un cimetière et révision de l’histoire à Jérusalem

lemarteausansmaitre

Depuis deux semaines, la destruction du cimetière palestinien Al-Yusufiyah est en cours. Situé à l’Est de Jérusalem, séparé de la vieille ville par la porte Al-Asbat, le cimetière est l’enjeu d’une conquête pour La Direction de la nature et des parcs d’Israël et les groupes de colons venus prêter main forte. À coups de bulldozer, les autorités israéliennes vident le cimetière qui doit devenir l’une des étapes d’un parc à thème touristique et religieux intitulé « Les sentiers de la bible ». Tombes profanées, arbres arrachés, escalier Babal-Asbat, vestige de la vieille ville, démoli.

Rien n’arrête la vaste entreprise de réécriture de l’Histoire par les Israéliens.

Celle-ci ne cible pas que les Palestiniens, ni l’Histoire vieille de plusieurs siècles, puisque le cimetière accueille également le mémorial et les tombes des martyrs Jordaniens, et Irakiens, qui défendirent la ville de Jérusalem durant la guerre de 1967. Des tombes jordaniennes ont déjà été démolies en 2014.

Cela fait trois ans que les autorités israéliennes ont fermé la principale voie d’accès au cimetière sous prétexte de mener des fouilles. À terme il ne devrait plus rien en rester.

En réaction, des confrontations entre Palestiniens et la police d’occupation ont eu lieu. Canons à eau, matraques, grenades lacrymogènes et assourdissantes ont permis de disperser les manifestants, qui sont malgré tout revenus prier et manifester à plusieurs reprises. Un conteneur de la Direction de la nature et des parcs a été incendié.

Le cimetière d’Ay-Yusufiyah n’est pas un cas isolé. Que l’on repense au sort qui fut réservé récemment aux tombes, parfois vieilles du 12ème siècle, du cimetière Ma’minullah, à l’Ouest de Jérusalem occupée, sur lequel le Musée de la Tolérance, israélien, est en train d’être achevé.

Cette récente agression intervient sur fond d’occupations répétées de l’esplanade des Mosquées par les colons et de l’annonce de l’extension de la colonie de Migdalim, un millier de nouveaux logements, en Cisjordanie occupée. Même l’administration Biden a condamné cette nouvelle, ce qui bien sûr ne sera suivi d’aucun effet.

L’entreprise archéologique israélienne, unilatérale, n’est bien entendu qu’un prétexte afin de continuer la colonisation de Jérusalem, morceaux par morceaux, et de réécrire l’Histoire de la terre sainte en la vidant de la présence palestinienne et musulmane. Des organismes tels que la Direction de la nature et des parcs, tout comme l’Autorité des antiquités d’Israël, sont autant d’agents du révisionnisme israélien.

La destruction des cimetières fait partie d’un processus qui tend à absenter définitivement la présence palestinienne de son sol. Elle participe avec la colonisation, les outrages envers les lieux de cultes, les guerres ou l’enfermement que risque de subir un Palestinien sur deux au long de sa vie, du quadrillage total de la population palestinienne et de la destruction de son passé, de sa présence.


21.10.2021 à 13:31

M comme Mères solidaires – Geneviève Bernanos

lemarteausansmaitre
Feu ! Abécédaire des féminismes présents [Bonnes feuilles]