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07.11.2021 à 18:34

Victimes de la frontière basque. Par Marie Cosnay

L'Autre Quotidien
De nombreux migrants sont morts au Pays basque ces derniers mois. La politique qui installe des policiers sur les ponts, des policiers ou des gendarmes dans les bus, dans les trains, à Bayonne, c’est à dire vingt-cinq kilomètres après la frontière, n’est absolument pas responsable de la mort violente des garçons qui ont été écrasés par un train. Pourquoi chercher, alors, à savoir qui ils sont ? Retour sur une histoire de silence.

Texte intégral 1981 mots

De nombreux migrants sont morts au Pays basque ces derniers mois. La politique qui installe des policiers sur les ponts, des policiers ou des gendarmes dans les bus, dans les trains, à Bayonne, c’est à dire vingt-cinq kilomètres après la frontière, n’est absolument pas responsable de la mort violente des garçons qui ont été écrasés par un train. Pourquoi chercher, alors, à savoir qui ils sont ? Retour sur une histoire de silence.

Mohamed Kemal, 21 ans. Vivait à Chlef. Sur son profil Facebook le très jeune homme écrit : maman, tu es tout. Quelques photos de lui, sur la plage, à la caisse d’une petite alimentation, puis en Espagne, sans ostentation. Ici, sur une moto. Ici, encore, voici une plage, d’Espagne. C’est à Carthagène, le 6 août 2021, qu’on lui notifie la orden de devolución, après les 72 heures prévues en garde à vue. Ce document que toutes les personnes qui arrivent en Espagne reçoivent, parce que oui, ils viennent de franchir une frontière qui leur est interdite. C’est le document qui leur permet d’être hébergés dans les centres d’urgence, ou les CATE, dont la Croix-Rouge, ou d’autres associations sont gestionnaires. 

Mohamed Kemal a envoyé la photo du document, non traduit, qu’il a reçu de l’Espagne, à sa maman. C’est son premier papier d’Europe, c’est un papier important. Dans le non-domaine du non-accueil des étrangers en Europe, les choses sont absolument contre-intuitives. Si on demande l’asile aux Canaries, c’est pour quitter l’île. Si on ne l’a pas demandé, on y est, plus tard, depuis la France, renvoyé, car on y a ses empreintes, il n’y a pas d’autre solution. Mohamed Kemal, avec son papier non traduit de l’espagnol, pense peut-être, comme d’autres jeunes l’ont pensé, qu’il tient là un papier important : d’ailleurs, c’est grâce à ce document qu’il sera hébergé à Badajoz, en Extremadure. 

C’est à ce document que s’est sans doute référé le procureur de Bayonne, le lendemain de la mort des jeunes gens, pour dire qu’ils étaient connus des services de police espagnols. 

C’est ce document que la maman m’envoie le 21 octobre, soit dix jours après la mort de son fils. Elle n’a plus de nouvelles de lui depuis le 11 octobre. Elle a entendu des rumeurs. Quelqu’un a dit que son fils était mort. Elle ne l’a pas cru, bien sûr. Il est déjà en Espagne. Entre l’Espagne et la France, il n’y a pas la mer. Puis on lui a dit qu’il était dans le coma. Puis qu’il était aux mains de la police à Bayonne. Elle a appelé l’hôpital, la police, à Bayonne, le consulat, à Bordeaux. Partout, on lui a dit qu’on ne savait pas. 

Fayçal Hamadouche. On a entendu son nom, dès le début. L’ami du survivant. Ils étaient de deux villages proches, El Hamra et Bordj Menaïel, dans la wilaya de Boumerdès. Leurs parents se connaissent, et avant-hier, la maman de M.S, rescapé, et celle de Fayçal, que le train a tué, pleuraient ensemble. Sur son profil Facebook, Fayçal s’annonce à Madrid. Mais il est arrivé à La Palma de Mallorca, le 13 septembre, avec M.S. Il y est resté jusqu’au 4 octobre, c’est la Croix-Rouge qui s’est occupé de lui et de ses camarades de « boti ». Ils  ont été envoyés à Valence. De là, l’un a été confié aux bons soins du CEPAIM à Barcelone, l’autre (Fayçal), à Saragoza. Après avoir profité l’un et l’autre de visiter les deux villes d’Espagne (les kilomètres parcourus, dans les deux belles villes, des kilomètres et des kilomètres, comme ils ont hâte d’en parcourir d’autres). M.S, lundi 25, sera ré-opéré, on lui changera la broche de la jambe droite, pour une autre, définitive. Quant à Fayçal, il n’est plus là. 

Un ami témoigne. Fayçal lui avait demandé : qu’est-ce que tu en penses si je vais en France ?  L’ami ne l’en avait pas découragé, pourquoi ? L’Europe est grande, et elle est belle, et ils aiment marcher. Ils se retrouveraient donc à San Sebastian. Puis, à Irun. A Irun, les quatre garçons ont rencontré quelqu’un.

Le procureur a communiqué, et la presse aussi, à la suite de la sa conférence : il y avait peut-être sur les lieux un cinquième homme. On a trouvé ses papiers sur les lieux. Un Algérien, qui a fait de la prison à Mont de Marsan, c’est ce qu’on a entendu. Les jeunes gens aussi, poursuivait-on, étaient connus de la police, du moins en Espagne. Et comment imaginer le contraire dès lors qu'on connaît le système européen aux frontières, la loi des premiers pays d’arrivée  ? Mais c’est cette histoire de prison et de police que tout le monde retiendra. 

Des jeunes fichés, endormis sur la voie de chemin de fer, ce qu’il ne viendrait à l’idée de personne de faire (en Algérie, peut-être, entendra-t-on), un accident sans responsable, en tout cas sans histoire. Peut-être avaient-ils bu, entendra-t-on aussi.

A Irun, les quatre garçons ont rencontré quelqu’un. Un Marocain, me dit-on à Irun. Quelqu'un qui a un nom, même si ce nom est plutôt un surnom : Mohamed Alzamal. Cet homme-là conduit les jeunes gens sur les voies. Il le fait souvent ? On ne sait pas. Il a pris de l’argent aux quatre jeunes gens ? On ne sait pas. Il leur a dit de s’allonger là, à deux pas de la gare ? Sans doute. Pourquoi ? On ne sait pas. Pourquoi l’ont-ils fait ? Ils faisaient confiance ? Ils ont vu de la lumière là-haut, en face ? Il voulait les cacher ? Il les a drogués ? 

Sans enquête sérieuse, il n’y aura que des hypothèses,  la plupart ne seront pas cohérentes. Les cinquièmes papiers trouvés sur les lieux étaient ceux d’un Algérien ? Cet Algérien que la police a retrouvé le lendemain, dans les rues de Bayonne et dont la presse a parlé. Qui se promenait tranquillement dans Bayonne, alors qu’il savait ses papiers sur les lieux de la tragédie. Il aurait témoigné avoir assisté au choc, réveillé avant les autres. La police a semblé bientôt n'avoir plus rien à apprendre de lui.

Et ce Marocain, dont on parle à Irun ? Alzamal ? Un fantôme ? Une imagination ? Un sixième homme ? Une doublure de l’Algérien de Mont-de-Marsan ? 

Sans enquête sérieuse, il n’y aura que des hypothèses. Sans enquête sérieuse, la tragédie des frontières demeure un accident de train, qui percute hélas des jeunes gens inconscients et endormis. On ne se mettra pas en quatre pour les identifier. Encore moins pour les rapatrier. La mise au silence de l’affaire du train de Ciboure, tant du côté des autorités que des citoyens, tous concernée par l’immense violence faite à ceux qui passent, et à eux-mêmes, il ne faut pas s'y tromper, car ce qui peut leur arriver de pire est de commencer à s’habituer, la mise au silence de l’affaire de la frontière qui a tué, le 12 octobre 2021, en un instant, trois personnes et en a blessé une autre, la mise au silence coïncide avec l’anniversaire du 17 octobre 1961. 

La politique qui installe des policiers sur les ponts, des policiers ou des gendarmes dans les bus, dans les trains, à Bayonne, c’est à dire vingt-cinq kilomètres après la frontière, n’est absolument pas responsable de la mort violente des garçons. Pourquoi chercher, alors, à savoir qui ils sont ? Pourquoi annoncer aux familles les décès survenus ? Quelles familles, d’abord ? Le processus de désidentification, auxquels les jeunes harragas ont eu recours pour échapper aux contrôles, ou croire y échapper, les a rattrapés. Mieux qu’ils ne le pensaient : on ne sait pas qui ils sont. Fin de l’histoire. 

Si la France semble ne pas chercher plus loin, les fichiers espagnols, eux, même pour des citoyens lambda, sans mandat ni mission, peuvent donner quelques renseignements  : Fayçal était à Saragoza, M.S à Barcelone, Mohamed Kemal à Badajoz. On peut alors remonter, d’information en information, jusqu’au jour de leur arrivée. La Croix-Rouge et la Guardia Civil possèdent ces précieuses informations grâce auxquelles remonter à la source, aux familles. Qui attendent encore une annonce officielle. Au lieu de ça, la porte des rumeurs est ouverte. Celle de la folie. Il n’y aura pas de corps, semble-t-on dire, mais il n’y aura pas non plus de noms, pas de noms officiellement garantis, en tout cas. 

Le troisième mort. On entend qu’il est de Chlef, lui aussi. Qu’il est marié et père de famille. Si on peut renvoyer dos à dos, ou presque, les autorités françaises et algériennes, les unes n’ayant aucun intérêt à reconnaître les conséquences de leur politique, les autres ne tenant aucun compte de ceux qui, ne supportant plus l’enfermement, ont pris tous les risques, comment comprendre que les citoyens du Pays basque et leurs élus politiques restent muets : une femme attend son mari, il est arrivé en Espagne, elle le sait. Un enfant attend son père. Tous les deux ont appris qu’il y avait eu un grave accident de train en France, le 12 octobre au matin. Ils n’ont plus de nouvelles depuis la veille. Ils expliquent le silence, comme on fait tous devant l’horreur, avant l’annonce. Il n’a pas de forfait téléphonique. Il a été arrêté par la police. Ils le gardent soixante jours. Ils le gardent dans une prison secrète. La terreur a bien des ressources. 

Qui donc, de Chlef, avec femme et enfant, que les centres espagnols ont accueilli après qu’il a survécu à la mer, qui donc, s’est fait, avec M.S, qui a survécu, avec Mohamed Kemal et  Fayçal Hamadouche, fauché brutalement, sans espoir,  à 5:30 du matin, le 12 octobre 2021, à Ciboure ? 

Depuis l’accident, les contrôles français, qui retournent les gens systématiquement à Irun, continuent. Ils s’intensifient. Ils ne manqueront pas de de produire de nouvelles tragédies. Nous en serons tous responsables. 

Marie Cosnay, le 23 octobre 2021

Marie COSNAY est professeure de lettres classiques et écrivaine. Son dernier livre, “Des îles”, vient de sortir aux éditions de l’Ogre. Vous pouvez la retrouver sur son
blog.


04.11.2021 à 11:34

COP26, la fenêtre d’opportunité est en train de se refermer

L'Autre Quotidien
Peu avant le sommet mondial sur le climat COP26 à Glasgow, les experts examinent la dynamique. Les rapports se succèdent avec la même teneur: la fenêtre d’opportunité qui nous est laissée pour contrer à temps une catastrophe climatique imminente se referme de plus en plus vite.

Texte intégral 1625 mots

Peu avant le sommet mondial sur le climat COP26 à Glasgow, les experts examinent la dynamique. Les rapports se succèdent avec la même teneur: la fenêtre d’opportunité qui nous est laissée pour contrer à temps une catastrophe climatique imminente se referme de plus en plus vite. Chaque «continuez comme ça» nous amènera à un réchauffement planétaire moyen de plus de deux degrés dans les prochaines décennies, et de 2,7 degrés d’ici la fin du siècle. Et cela, selon les calculs optimistes. Il y a peu de négationnistes purs et durs à propos du changement climatique, mais il y en a beaucoup qui, les pieds sur les freins, savent mieux.

Suppression, même progressive, des combustibles fossiles et les tensions qui en découlent

Comme le montre le rapport annuel [produit la première fois en 2019] «Production Gap Report» du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les projets des 15 principaux pays exportateurs de pétrole, de gaz et de charbon sont incompatibles avec les objectifs climatiques fixés dans l’accord de Paris de 2015 [1]. Ce que l’on appelle l’écart de production – la différence entre les volumes de production de combustibles fossiles fixés avec ces objectifs et les volumes de production réels ou prévus – ne se réduit pas. Au contraire, il s’élargira d’ici 2040 si des pays comme l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, l’Indonésie, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, les Emirats arabes unis, les États-Unis et la Grande-Bretagne maintiennent leurs niveaux de production. En tant que producteur de charbon, l’Allemagne fait également partie de ce groupe pour l’instant. Les gouvernements des pays cités ont fait la preuve qu’ils investissent beaucoup plus dans de nouveaux projets d’extraction de combustibles fossiles que dans des énergies propres (renouvelable). Et ils le font depuis des années.

Il existe des raisons peu convaincantes pour repousser ou retarder l’abandon des combustibles fossiles, comme l’ont toujours fait les entreprises énergétiques du monde entier, notamment avec l’argument selon lequel il y a tout simplement trop de capital investi par le secteur privé (sans parler de l’argent public englouti) dans les installations d’extraction et de transport qui peuvent encore faire des profits. Un revirement de la politique climatique ne peut donc être obtenu que si les pays industrialisés riches et les «économies émergentes ambitieuses» ne continuent pas à augmenter comme prévu leurs émissions de pétrole, de gaz et de charbon d’ici à 2030, mais les réduisent radicalement. Pour les Etats-Unis, les pays de l’OPEP, la Russie et l’Australie, cela signifie non seulement renoncer à augmenter les exportations, mais aussi les réduire de manière drastique. La production de pétrole, de gaz et de charbon doit diminuer, chaque année et de plus en plus rapidement.

Certaines délégations à Glasgow veulent proposer l’élimination accélérée des combustibles fossiles. Or, elles devraient savoir ce que cela signifie: des tensions permanentes avec les industries nationales du pétrole, du gaz et du charbon et avec les syndicats [les pertes d’emplois, entre autres], à quoi s’ajoute une dispute avec tous ceux qui sont concernés par une répartition injuste des responsabilités et des coûts de démantèlement; et au final des milliards de pertes pour les caisses de l’Etat et une baisse permanente de l’influence géostratégique.

Cela concerne principalement la Russie, l’Arabie saoudite, les Emirats du Golfe et l’Australie. Le pays le plus à même de faire face au démantèlement de la production pétrolière est la Norvège, qui a investi judicieusement les bénéfices de cette activité depuis des décennies et qui n’a pas de surplus d’ambitions politiques mondiales. Mais les autres? En tant qu’acteurs mondiaux, ils ne renonceront pas à leurs objectifs de croissance sans se battre.

***

En Allemagne, depuis le document exploratoire des trois partis gouvernementaux potentiels [SPD-Verts-FDP], un différend est apparu sur la question de savoir s’il est possible d’éliminer progressivement la production de lignite d’ici à 2030. Les éternels freineurs de la transition énergétique sous la direction d’Angela Merkel ont décidé d’une longue période de transition économiquement et écologiquement insensée jusqu’en 2038, tout cela entièrement dans l’intérêt de l’industrie. Quiconque prend la politique climatique un tant soit peu au sérieux ne peut participer à la mise en balance, prétendument «équitable», des intérêts, d’un côté, d’entreprises comme RWE [conglomérat actif dans le secteur de l’énergie, deuxième producteur allemand d’électricité à base de charbon, après E.ON], de quelques milliers de salariés et, de l’autre, de ceux du reste du monde (pas seulement des Allemands). Pour un pays comme la Pologne, les choses sont bien différentes. Pour résoudre le problème de l’abandon progressif du charbon, en tant que tel petit pour l’Allemagne et, comparativement, énorme pour la Pologne, s’insère l’UE, tant décriée. La mission de l’UE devrait être de compenser les pertes inégalement réparties d’une transition énergétique à l’échelle européenne – par le biais d’un ou deux plans Marshall. Une telle approche peut également être exemplaire à l’échelle mondiale et convaincre dès lors les grandes puissances telles que les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’Inde.

Dans son rapport annuel «World Energy Outlook», l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a confirmé il y a quelques jours [le 13 octobre 2021] que l’exploitation et l’utilisation de nouvelles réserves de pétrole, de gaz et de charbon doivent cesser immédiatement, dès aujourd’hui, si l’on veut atteindre les objectifs climatiques convenus à Paris. A Glasgow, l’occasion sera donnée de prendre un engagement contraignant pour réduire résolument l’extraction mondiale de combustibles fossiles. Il est clair que ni Vladimir Poutine ni le Brésilien Jair Bolsonaro ne veulent s’engager dans cette direction. Comme celui de la Russie, plusieurs autres chefs d’Etat ne viendront pas à Glasgow. Il est regrettable que le président chinois Xi Jinping soit également absent. Dans son pays, l’élimination progressive du charbon n’est pas prévue avant 2040, mais les Chinois produisent beaucoup moins de gaz à effet de serre par habitant que les Américains ou les Européens. Une politique environnementale et climatique du type de celle menée en Chine est largement méconnue en Allemagne. Pointer du doigt la Chine est de loin le substitut le plus populaire de la politique climatique occidentale. Pourtant, le gouvernement chinois attend déjà beaucoup plus de ses citoyens que la «chancelière du climat» Angela Merkel n’a jamais osé le faire. Pour la Chine, la politique climatique et la géostratégie vont de pair: plus elle renonce à l’importation de combustibles fossiles, mieux c’est [2].

La «normalité» n’est plus de mise

Bien que la pandémie soit loin d’être terminée, l’économie mondiale se redresse, grâce notamment au redressement budgétaire que les Européens ont cette fois également opéré en empruntant collectivement: 750 milliards pour le plan de relance baptisé Next Generation UE, et quelques centaines de millions pour le Fonds de solidarité de l’UE pour le covid. A l’échelle mondiale, un peu plus de 13’000 milliards de dollars ont été mobilisés jusqu’à présent pour compenser les pertes liées à la pandémie. Mais seuls 380 milliards de dollars sont destinés à soutenir la transition vers une énergie propre. On dépense beaucoup trop pour ramener l’économie à une «normalité» qu’en fait on ne peut plus se permettre.

Michael Krätke
(Article publié le 1er novembre 2021 sur le site Der Freitag; traduction rédaction A l’Encontre)

___________

[1] «La production de combustibles fossiles prévue par les gouvernements reste dangereusement décalée par rapport aux limites de l’Accord de Paris». (Réd.)

[2] Face à l’alignement du gouvernement australien sur la politique des Etats-Unis (entre autres), Pékin a pris des mesures commerciales de «rétorsion», parmi lesquelles la non-importation de charbon australien. Néanmoins, selon Les Echos du 5 octobre: «Face à la violence de la crise énergétique qu’elle traverse, la Chine a déchargé plusieurs cargaisons de charbon en provenance d’Australie, alors que de telles importations semblaient interdites depuis octobre 2020 sur fond de tensions commerciales entre les deux pays, rapporte le Financial Times de ce mardi 5 octobre.» La Chine, en 2020, était le premier producteur de charbon à l’échelle mondiale et le premier importateur, bien qu’elle produise l’essentiel de ses besoins en charbon. (Réd.)


03.11.2021 à 09:27

Martin Meissonnier démontre avec bonheur qu'une autre école est possible

L'Autre Quotidien
Martin Meissonnier a fait le tour du monde pour trouver les dernières avancées en manière et matière d’éducation. Et il y a là quelques raisons d’écouter/voir ce qu’il raconte car, en plus du documentaire, il a lancé une plate-forme participative web sur le sujet.

Texte intégral 1042 mots

A tous les membres de l’Education nationale et parents qui nous lisent, à tous ceux qui, concernés par la transmission du savoir, désespèrent à raison de l’amateurisme flicard de Blanquer et de ses séides, Martin Meissonnier a fait le tour du monde pour trouver les dernières avancées en manière et matière d’éducation. Et il y a là quelques raisons d’écouter/voir ce qu’il raconte car, en plus du documentaire, il a lancé une plate-forme participative web sur le sujet.

L’objectif du documentaire comme de la plate-forme est multiple : freiner le décrochage scolaire, mais aussi combattre l’addiction aux écrans en inculquant les bonnes pratiques du numérique à l’école, lutter contre le harcèlement scolaire, et remettre le plaisir d’apprendre au cœur de l’enseignement. Des résultats qui peuvent être obtenus en permettant aux enfants d’être les acteurs du système éducatif. Voyez-vous la coupure d’avec le système pourri de Blanquer?

À l’heure où le numérique bouleverse le monde, l’école se doit de répondre aux nouveaux besoins des élèves et aux défis auxquels ils vont devoir faire face. Qu’ils soient économiques, sociaux, ou environnementaux. Plutôt que de dresser la liste des potentiels dysfonctionnements du système éducatif actuel, le documentaire Le bonheur à l’école est parti aux quatre coins du monde pour rendre compte des nombreux projets qui y sont menés afin d’adapter l’école aux évolutions technologiques, et ainsi impliquer les élèves dans leur éducation à travers des outils pédagogiques plus stimulants. Mais aussi en redonnant une place de choix aux travaux manuels, à la créativité, et à la prise d’initiative. On a juste envie de dire que cela arrive à point, au vu de tous ceux qui décrochent, en n’y trouvant aucun intérêt à y ressasser des choses qui ne les concernent plus et qu’on leur impose - par peur du vide de ceux qui le pensent uniquement comme vertical. Mais bon, personne n’a besoin d’avoir un patron à l’école à la place d’un enseignant, non ?

Vous avez peut-être là l’unique occasion valable de vous abonner (momentanément ) à une chaîne du type qui se sert de Zemmour comme idiot utile à sa vision politique quasi fasciste et vous noie au quotidien dans la confusion de ses nullissimes experts (de l’embrouille). 

La seconde partie du projet est la plate-forme accessible ici https://lebonheuralecole.org/fr

Cette plateforme, destinée aux écoles et enseignants, mais aussi aux parents et aux écoliers du monde entier, est un lieu où chacun.e peut partager autour des nouvelles méthodes d’enseignement. L’objectif étant, à partir de témoignages et de courtes capsules vidéos, d’échanger les expériences et contribuer ainsi à trouver des solutions pour faire évoluer l'école et les apprentissages. C'est un réel outil permettant la recherche et le partage de pistes de réflexions sur le grand sujet de société qu'est l’éducation.

Gratuite, bilingue anglais-français et participative, la plateforme lebonheuralecole.org vise à redonner la parole aux acteurs de l'éducation pour faire bouger les lignes.

Les initiatives : Sur lebonheuralecole.org, chacun peut participer en publiant son initiative. Le but : partager les bonnes pratiques et décloisonner les échanges. En anglais comme en français, professeurs, parents, élèves peuvent parler de leur projet, commenter ceux des autres, ou simplement venir s'inspirer pour découvrir de nouvelles idées pédagogiques. Le mot d'ordre: Ensemble, ré-enchantons l'école !

Les vidéos : Sur lebonheuralecole.org, une série de films de moins de 5' sont disponibles. Sans cesse enrichie, cette web-série est la première à mettre en images de façon professionnelle les enseignants, écoles et élèves qui s'attellent à changer l'école du XXIe siècle.  Une équipe de tournage conseillée par  des acteurs essentiels du monde de l'éducation sélectionnera régulièrement des initiatives sur le site et ira les filmer.

Voilà au moins, deux raisons de reprendre confiance en l’éducation, par le partage, la communication et la mise en place de barrières pour éviter les abus, le harcèlement scolaire et retrouver la joie de la découverte. Ensemble, un mot qui doit reprendre du sens. Bon début!

Le bonheur à l’école de Martin Meissonnier, le documentaire visible sur Canal Doc et My Canal pendant plus de trois mois.
La plate-forme participative le Bonheur à l’école.org ici https://lebonheuralecole.org/fr

Jean-Pierre Simard le 3/11/2021
Martin Meissonnier - Le Bonheur à l’école