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Le Club de Mediapart - Frédéric L'Helgouach

Recension publiée initialement sur ce blog indépendant perso

« Ceux qui quittent le Congo le font car aucun investissement n’est possible dans un pays en pleine guerre civile. Un détail : nous importons du cobalt du Congo, mais nous ne voulons pas de ses ressortissants. Quant à l’Ethiopie, Madagascar, la Somalie et le Burundi, on en part principalement à cause de la sécheresse. On part du Soudan du Sud et de la République centrafricaine parce qu’il n’est pas possible d’envisager un avenir dans des régions touchées par une guerre civile permanente. Pour les mêmes raisons, on part du Cameroun, du Nigeria, de l’Ouganda, du Kenya.

« Maiduguri, Nigeria, le 23 mars 2016. Gbenga a été enlevé par Boko Haram dans son village natal de Kirenowa, au nord-est du Nigeria, avec son cousin Mohammed. Pendant huit mois, il a été obligé d’assister à des décapitations de masse, d’étudier le Coran et de travailler dans leur camp. Gbenga vit maintenant avec son frère à Maiduguri, tandis que leurs parents sont toujours portés disparus. La situation à Kirenowa reste instable, ce qui l’empêche de rentrer chez lui. » © Andy Spyra - ‘En mer, pas de taxis'

Et tandis que nous abandonnons les gens en mer, que nous acceptons qu’en Libye plus d’un demi-million de personnes soient détenues illégalement et réduites en esclavage pour notre compte, que nous exportons des armes vers l’Afrique et contribuons à son instabilité politique, il y a tant d’Afrique dans notre vie quotidienne, même si aucun chef d’Etat ou de gouvernement n’aura l’honnêteté de l’admettre. Dans les goûters que nous mangeons, il y a du cacao africain, du coltan dans nos smartphones; nos parquets sont en iroko, le bois des forêts africaines; les plantes italiennes poussent grâce aux engrais importés d’Afrique; la bauxite qui sert à construire les avions dans lesquels nous voyageons et les canettes dans lesquelles nous buvons est à 100% africaine. Les biens qui nous permettent de vivre peuvent circuler : pourquoi les personnes ne pourraient-elles pas en faire autant ? Et le court-circuit se produit lorsque, avec un simple téléphone portable, un jeune Libérien du Togo ou du Bénin se rend compte qu’ailleurs dans le monde, il n’y a pas simplement plus de possibilités, mais les seules possibilités. Que faire alors de la seule vie qu’il a ? Que feriez-vous à sa place ? »

En mer, pas de taxis, Roberto Saviano, Gallimard, 2021


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11.05.2021

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(Femmes Unies Contre le Kapital)

Zdenka Ustanak

147 p. gratuit en ligne.


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27.04.2021

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Terrestres - Audioblog Arte-Radio

Extraits lus par Valérie Barral et Thierry Paillard, Compagnie le Rouge et le Vert, 33 mn.

(...) L' incessante bataille de la vie qui nous a fait les ennemis de l'animal, des prairies et de l'oiseau du ciel, excite aussi nos instincts contre les populations du ruisseau. Cette terrible bouche armée de dents qui s'ouvre au milieu de notre visage nous rends semblables au tigre, au requin, au crocodile. Comme eux nous sommes des bêtes féroces. D'ailleurs, les ruisseaux et les fleuves étaient jadis bien autrement riches en poisson qu'ils ne le sont de nos jours...

note : Le paysage sonore soigné ajoute à la puissance d'évocation de ce texte terrible, mi-poétique mi-philosophique, et au plaisir de l'écoute.


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17.03.2021
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