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Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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21.01.2026 à 17:50

Proche-Orient : à la recherche de la paix, désespérément. Avec Ofer Bronchtein

Déborah Yapi

Pascal Boniface · Proche-Orient : à la recherche de la paix, désespérément. Avec Ofer Bronchtein | Entretiens géopo Aujourd’hui, l’évocation d’une « paix » à Gaza soulève de profondes interrogations. Dans un contexte où le cessez-le-feu annoncé par Israël demeure largement contesté sur le terrain, où la colonisation progressive de la Cisjordanie se poursuit, et où l’initiative de Donald Trump autour d’un « forum pour la paix » contribue à fragiliser davantage un équilibre diplomatique déjà précaire, la perspective d’une paix, bien qu’elle soit au cœur des préoccupations, semblent s’éloigner davantage. Ce paradoxe résonne également dans le cadre français. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron marque un geste politique fort, mais qui reste pour l’heure peu suivi d’effets concrets, reflet d’un contexte international où les marges de manœuvre des puissances extérieures se réduisent, et où la polarisation des sociétés gagne du terrain. Pour comprendre cette impasse, il faut revenir aux racines du conflit : comment et pourquoi en est-on arrivé à une telle situation politique ? Comment ce conflit est-il exporté et instrumentalisé ailleurs, notamment dans les tensions entre communautés juives et musulmanes ? Quelles sont les perspectives de paix envisageables ? Pascal Boniface reçoit Ofer Bronchtein, envoyé spécial d’Emmanuel Macron pour le Proche-Orient et militant pour la paix, dans ce podcast.

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Aujourd’hui, l’évocation d’une « paix » à Gaza soulève de profondes interrogations. Dans un contexte où le cessez-le-feu annoncé par Israël demeure largement contesté sur le terrain, où la colonisation progressive de la Cisjordanie se poursuit, et où l’initiative de Donald Trump autour d’un « forum pour la paix » contribue à fragiliser davantage un équilibre diplomatique déjà précaire, la perspective d’une paix, bien qu’elle soit au cœur des préoccupations, semblent s’éloigner davantage. Ce paradoxe résonne également dans le cadre français. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron marque un geste politique fort, mais qui reste pour l’heure peu suivi d’effets concrets, reflet d’un contexte international où les marges de manœuvre des puissances extérieures se réduisent, et où la polarisation des sociétés gagne du terrain.

Pour comprendre cette impasse, il faut revenir aux racines du conflit : comment et pourquoi en est-on arrivé à une telle situation politique ? Comment ce conflit est-il exporté et instrumentalisé ailleurs, notamment dans les tensions entre communautés juives et musulmanes ? Quelles sont les perspectives de paix envisageables ?

Pascal Boniface reçoit Ofer Bronchtein, envoyé spécial d’Emmanuel Macron pour le Proche-Orient et militant pour la paix, dans ce podcast.

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21.01.2026 à 11:51

Pourquoi les Européens doivent maintenir une présence militaire stable au Groenland 

Coline Laroche              

Depuis que Donald Trump a annoncé vouloir annexer le Groenland aux États-Unis avec les bonnes ou les mauvaises manières, les Européens se retrouvent une fois de plus au pied du mur. Comme en Ukraine, ils sont de nouveau confrontés aux effets délétères de leur impuissance et de leur dépendance stratégique à l’égard de Washington. Certes, ce n’est pas la première fois qu’ils doivent composer avec les conséquences géopolitiques de décisions qui ne sont pas les leurs : au fond, l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité depuis plus de sept décennies. Mais, cette fois, la donne a changé. Cette dépendance ne se décline plus par rapport à un allié. Elle s’exerce à l’égard d’une puissance hostile, prédatrice, qui ne jure que par les rapports de force et s’affranchit des principes les plus élémentaires du droit international. Face à cette nouvelle réalité, le cœur du « problème groenlandais » ne tient plus seulement au tropisme néocolonial de la puissance américaine. Il tient aussi à la faiblesse européenne. Car si les prétentions de Donald Trump sur le Groenland sont inacceptables – et ne sauraient donc être entérinées – le président des États-Unis met néanmoins le doigt sur une question réelle : celle de l’exercice concret de la souveraineté sur la plus grande île non continentale du monde dans le long terme. Avec l’ouverture progressive de l’Arctique, les progrès technologiques et la montée inexorable des rivalités entre puissances, il est peu probable que, dans les décennies à venir, les quelque 56 000 habitants locaux et les cinq millions de Danois – installés à plus de 2 000 kilomètres – puissent, à eux seuls, garantir la maîtrise du Groenland. Or, le pouvoir a horreur du vide : qu’on le veuille ou non, tôt ou tard cette question était appelée à se poser. La sécurité […]

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Depuis que Donald Trump a annoncé vouloir annexer le Groenland aux États-Unis avec les bonnes ou les mauvaises manières, les Européens se retrouvent une fois de plus au pied du mur. Comme en Ukraine, ils sont de nouveau confrontés aux effets délétères de leur impuissance et de leur dépendance stratégique à l’égard de Washington.

Certes, ce n’est pas la première fois qu’ils doivent composer avec les conséquences géopolitiques de décisions qui ne sont pas les leurs : au fond, l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité depuis plus de sept décennies. Mais, cette fois, la donne a changé. Cette dépendance ne se décline plus par rapport à un allié. Elle s’exerce à l’égard d’une puissance hostile, prédatrice, qui ne jure que par les rapports de force et s’affranchit des principes les plus élémentaires du droit international.

Face à cette nouvelle réalité, le cœur du « problème groenlandais » ne tient plus seulement au tropisme néocolonial de la puissance américaine. Il tient aussi à la faiblesse européenne. Car si les prétentions de Donald Trump sur le Groenland sont inacceptables – et ne sauraient donc être entérinées – le président des États-Unis met néanmoins le doigt sur une question réelle : celle de l’exercice concret de la souveraineté sur la plus grande île non continentale du monde dans le long terme.

Avec l’ouverture progressive de l’Arctique, les progrès technologiques et la montée inexorable des rivalités entre puissances, il est peu probable que, dans les décennies à venir, les quelque 56 000 habitants locaux et les cinq millions de Danois – installés à plus de 2 000 kilomètres – puissent, à eux seuls, garantir la maîtrise du Groenland. Or, le pouvoir a horreur du vide : qu’on le veuille ou non, tôt ou tard cette question était appelée à se poser.

La sécurité de l’île pourrait bien entendu être assurée par l’OTAN, comme le clament apeurés les Danois et les Européens. Ces derniers ont rappelé à plusieurs reprises au locataire de la Maison-Blanche que les États-Unis disposent déjà de bases militaires au Groenland et que la porte leur est grande ouverte dans le cas où ils voulaient en bâtir de nouvelles. Rien n’empêcherait les Américains de mettre l’île à l’abri de toute hypothétique ambition future de la Chine ou de la Russie, sans pour autant l’annexer.

C’est précisément là que se situe le problème. Certains Européens ne l’ont peut-être pas encore compris, mais les États-Unis ne sont plus disposés à assumer leur sécurité, et évoquent même une « européanisation » de l’OTAN. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer qu’une solution strictement otanienne puisse leur convenir. Pourquoi, en effet, Washington sécuriserait-il un territoire destiné à rester danois, et qu’il perçoit en outre comme quasi dépeuplé – puisque l’opinion des Groenlandais ne semble pas entrer dans l’équation ?

Le raisonnement de Trump sur ce point est simple, brutal, et – à ses yeux – imparable : si ce sont les États-Unis qui doivent protéger le Groenland des ambitions chinoises ou russes, alors ce sont eux qui doivent le gouverner.

Que peuvent faire les Européens pour s’opposer à leur prétendu allié ? Sur le Vieux Continent, l’idée de déployer des soldats sur le terrain – à la demande des Groenlandais et des Danois – a suscité de vives critiques. Pour certains, cette option serait inutile. Pourtant, elle pourrait malgré tout présenter un intérêt.

Une présence européenne ne dissuaderait probablement pas Donald Trump de s’emparer de l’île s’il décidait d’aller au bout de son ambition, coûte que coûte. Elle ne l’empêcherait pas non plus de déployer ses propres troupes, en proclamant haut et fort que le Groenland lui appartient désormais. On peut toutefois espérer que des soldats américains n’attaqueraient pas des soldats européens présents sur place – et réciproquement.

Les Occidentaux se retrouveraient alors dans une situation ubuesque : deux forces militaires, venues de part et d’autre de l’Atlantique, coexisteraient sur le sol groenlandais, chacune revendiquant la souveraineté sur l’île. Ce scénario serait plus qu’absurde ; il aurait même quelque chose de grotesque. Mais il aurait au moins un mérite : il permettrait aux Européens de montrer au monde et, surtout, à eux-mêmes, que pour une fois – peut-être pour la première fois – ils ont été capables de rejeter les diktats de Trump, et ont su lui dire non.

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20.01.2026 à 17:14

Gaza : le crime contre l’humanité paie | Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? (2/5)

stagiairedecomm@iris-france.org

Deuxième épisode sur six de ma série « Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? ». La communauté internationale « s’est laissé glisser » sur la question palestinienne, permettant à Benyamin Netanyahou de poursuivre librement une stratégie visant à rendre matériellement impossible la création d’un État palestinien et à laisser prospérer la réalité de l’occupation et de la dépossession. Cette situation, dont la résolution semble aujourd’hui hors de portée, résulte de l’impunité dont Netanyahou a bénéficié et de l’absence de sanctions, renforçant le sentiment d’impuissance. Face à des propos ouvertement racistes et suprémacistes, le silence et l’inaction demeurent. Chaque jour qui passe joue en faveur d’Israël, qui ne subit aucune pression extérieure. Quant à la crédibilité morale et politique de l’Europe, elle est lourdement affectée par le contraste entre son absence de réaction concernant la situation au Proche-Orient et la rapidité avec laquelle des sanctions ont été imposées contre la Russie.

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Deuxième épisode sur six de ma série « Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? ».

La communauté internationale « s’est laissé glisser » sur la question palestinienne, permettant à Benyamin Netanyahou de poursuivre librement une stratégie visant à rendre matériellement impossible la création d’un État palestinien et à laisser prospérer la réalité de l’occupation et de la dépossession.

Cette situation, dont la résolution semble aujourd’hui hors de portée, résulte de l’impunité dont Netanyahou a bénéficié et de l’absence de sanctions, renforçant le sentiment d’impuissance. Face à des propos ouvertement racistes et suprémacistes, le silence et l’inaction demeurent. Chaque jour qui passe joue en faveur d’Israël, qui ne subit aucune pression extérieure.

Quant à la crédibilité morale et politique de l’Europe, elle est lourdement affectée par le contraste entre son absence de réaction concernant la situation au Proche-Orient et la rapidité avec laquelle des sanctions ont été imposées contre la Russie.

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20.01.2026 à 12:30

L’UE face à Trump : Stop ou encore ? | Les mardis de l’IRIS

Déborah Yapi

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Federico Santopinto, directeur de recherche à l’IRIS, autour de l’avenir des relations entre les États-Unis de Donald Trump et l’Union européenne dans un contexte marqué par la montée des tensions autour du Groenland et par des annonces de hausse des droits de douane par Donald Trump.

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Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Federico Santopinto, directeur de recherche à l’IRIS, autour de l’avenir des relations entre les États-Unis de Donald Trump et l’Union européenne dans un contexte marqué par la montée des tensions autour du Groenland et par des annonces de hausse des droits de douane par Donald Trump.

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20.01.2026 à 12:18

Adieu aux armes ou nouvelle désillusion ? Une mise en contexte du processus de résolution de la question kurde en Turquie

Coline Laroche              

Cette note analyse la nouvelle phase du processus de résolution de la question kurde marquée par l’autodissolution du PKK en mai 2025. Il montre comment ce processus s’inscrit à la fois dans les dynamiques politiques internes d’un régime autoritaire et dans les bouleversements régionaux, notamment la reconfiguration de l’État syrien. En replaçant la séquence actuelle dans la continuité historique du conflit entre le PKK et l’État turc et des tentatives antérieures de règlement politique, il met en évidence les facteurs ayant conduit à leurs échecs. Après avoir expliqué les différentes étapes et les principaux acteurs du processus en cours, il procède à une analyse critique de la perspective du gouvernement turc en s’appuyant sur les discours et les écrits de ses représentants. Mettant en avant la poursuite des mesures répressives à l’égard de toutes les oppositions et la distinction imposée entre le « processus de résolution » et les éventuelles réformes de démocratisation, il conclut que l’approche privilégiée demeure avant tout sécuritaire plutôt que politique, ce qui réduit les chances d’une résolution durable et d’une ouverture démocratique.

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Cette note analyse la nouvelle phase du processus de résolution de la question kurde marquée par l’autodissolution du PKK en mai 2025. Il montre comment ce processus s’inscrit à la fois dans les dynamiques politiques internes d’un régime autoritaire et dans les bouleversements régionaux, notamment la reconfiguration de l’État syrien. En replaçant la séquence actuelle dans la continuité historique du conflit entre le PKK et l’État turc et des tentatives antérieures de règlement politique, il met en évidence les facteurs ayant conduit à leurs échecs. Après avoir expliqué les différentes étapes et les principaux acteurs du processus en cours, il procède à une analyse critique de la perspective du gouvernement turc en s’appuyant sur les discours et les écrits de ses représentants. Mettant en avant la poursuite des mesures répressives à l’égard de toutes les oppositions et la distinction imposée entre le « processus de résolution » et les éventuelles réformes de démocratisation, il conclut que l’approche privilégiée demeure avant tout sécuritaire plutôt que politique, ce qui réduit les chances d’une résolution durable et d’une ouverture démocratique.

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19.01.2026 à 16:55

Radiographie (ou autopsie ?) de la Coopération structurée permanente et leçons pour la coopération capacitaire européenne

Coline Laroche              

La Coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais), établie par le traité de Lisbonne en 2008, est le cadre politique et juridique censé accueillir les coopérations en matière de défense entre États membres au sein de l’Union européenne (UE). Le principe : les États voulant coopérer sur un sujet en particulier se regroupent, les États ne voulant pas de cette coopération ne le font pas, suivant l’idée simple de « volontaires et capables » (« able and willing »). En somme, plusieurs coalitions des volontaires, facilitées par l’UE. Or, Plus de huit ans après son lancement en 2017, quel en est le résultat ? Il est inquiétant. L’objectif de cette étude est ainsi de présenter une image la plus objective possible de l’état de la CSP fin 2025, sans nier les limites de l’objectivation. L’étude présente l’ensemble des projets, leur composition, leurs participants, leurs progrès, etc. Les résultats sont clairs : par exemple, seulement 3 projets (sur 83 lancés) ont atteint leurs objectifs en huit ans. La CSP n’a pas réussi à devenir le cadre de coopération européenne par excellence et n’a donc pas permis de renforcer la défense européenne. La CSP serait-elle ainsi la chose à abattre ? L’exemple le plus flagrant de l’échec de la coopération européenne en matière d’armement ? La coopération est une méthode, les cadres de coopération sont des moyens, et les deux ne sauraient être un objectif eux-mêmes. Ce sont bien justement les objectifs qui sont en cause, et plus particulièrement les États qui les fixent. Ces derniers sont bien les acteurs qui ont limité les potentiels de la coopération européenne comme méthode de renforcement de la défense commune, et cette responsabilité est visible à travers l’étude des projets de la CSP.

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La Coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais), établie par le traité de Lisbonne en 2008, est le cadre politique et juridique censé accueillir les coopérations en matière de défense entre États membres au sein de l’Union européenne (UE). Le principe : les États voulant coopérer sur un sujet en particulier se regroupent, les États ne voulant pas de cette coopération ne le font pas, suivant l’idée simple de « volontaires et capables » (« able and willing »). En somme, plusieurs coalitions des volontaires, facilitées par l’UE. Or, Plus de huit ans après son lancement en 2017, quel en est le résultat ? Il est inquiétant. L’objectif de cette étude est ainsi de présenter une image la plus objective possible de l’état de la CSP fin 2025, sans nier les limites de l’objectivation. L’étude présente l’ensemble des projets, leur composition, leurs participants, leurs progrès, etc. Les résultats sont clairs : par exemple, seulement 3 projets (sur 83 lancés) ont atteint leurs objectifs en huit ans. La CSP n’a pas réussi à devenir le cadre de coopération européenne par excellence et n’a donc pas permis de renforcer la défense européenne.

La CSP serait-elle ainsi la chose à abattre ? L’exemple le plus flagrant de l’échec de la coopération européenne en matière d’armement ? La coopération est une méthode, les cadres de coopération sont des moyens, et les deux ne sauraient être un objectif eux-mêmes. Ce sont bien justement les objectifs qui sont en cause, et plus particulièrement les États qui les fixent. Ces derniers sont bien les acteurs qui ont limité les potentiels de la coopération européenne comme méthode de renforcement de la défense commune, et cette responsabilité est visible à travers l’étude des projets de la CSP.

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19.01.2026 à 15:57

UE Trump : la soumission n’est plus possible

stagiairedecomm@iris-france.org

Les menaces de Donald Trump de prendre possession du Groenland se sont multipliées depuis le début de son mandat. D’abord prises à la légère, elles l’ont été à tort : il s’agit d’une volonté qu’il ne cesse de réaffirmer. Cette ambition s’inscrit dans son objectif proclamé de faire des États-Unis « le plus grand pays du monde », notamment par le contrôle de ressources stratégiques comme les terres rares, en dépit de l’opposition du Danemark et des pays européens, des résistances qui comptent peu à ses yeux. Les Européens ont, jusqu’à présent, trop souvent cédé aux volontés de Donald Trump. Or, la protection ou la bienveillance étatsunienne n’existent plus : au contraire, le président américain multiplie les exigences et les insultes, sans respecter la souveraineté des États européens. La notion de « monde occidental » perd ainsi de sa pertinence. Il est désormais temps de dire non aux États-Unis, une position également soutenue par les opinions publiques européennes. L’enjeu est de démontrer que l’Europe est capable de défendre ses propres intérêts afin de regagner en crédibilité sur la scène internationale.

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Les menaces de Donald Trump de prendre possession du Groenland se sont multipliées depuis le début de son mandat. D’abord prises à la légère, elles l’ont été à tort : il s’agit d’une volonté qu’il ne cesse de réaffirmer.

Cette ambition s’inscrit dans son objectif proclamé de faire des États-Unis « le plus grand pays du monde », notamment par le contrôle de ressources stratégiques comme les terres rares, en dépit de l’opposition du Danemark et des pays européens, des résistances qui comptent peu à ses yeux.

Les Européens ont, jusqu’à présent, trop souvent cédé aux volontés de Donald Trump. Or, la protection ou la bienveillance étatsunienne n’existent plus : au contraire, le président américain multiplie les exigences et les insultes, sans respecter la souveraineté des États européens. La notion de « monde occidental » perd ainsi de sa pertinence. Il est désormais temps de dire non aux États-Unis, une position également soutenue par les opinions publiques européennes. L’enjeu est de démontrer que l’Europe est capable de défendre ses propres intérêts afin de regagner en crédibilité sur la scène internationale.

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16.01.2026 à 14:57

Les convergences criminelles : un défi pour la coopération

Coline Laroche              

Les convergences criminelles ne sont pas un phénomène nouveau mais les diverses évaluations de la menace que représente la criminalité organisée font apparaitre à la fois une porosité croissante entre les types de trafics et une expansion des partenariats criminels. Il en résulte un écosystème polycriminel, soutenu par des interactions fluides entre des acteurs criminels qui orientent leurs activités et changent de modèle économique au gré des opportunités, tirant ainsi parti de la diversification et de la connectivité des trafics.

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Les convergences criminelles ne sont pas un phénomène nouveau mais les diverses évaluations de la menace que représente la criminalité organisée font apparaitre à la fois une porosité croissante entre les types de trafics et une expansion des partenariats criminels. Il en résulte un écosystème polycriminel, soutenu par des interactions fluides entre des acteurs criminels qui orientent leurs activités et changent de modèle économique au gré des opportunités, tirant ainsi parti de la diversification et de la connectivité des trafics.

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16.01.2026 à 14:50

Gaza : triomphe du silence coupable | Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? (1/5)

stagiairedecomm@iris-france.org

Premier épisode sur six de ma série « Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? ». Blocus humanitaire, nombre astronomique de morts, amputations sans anesthésie, destructions d’infrastructures publiques, corps brûlés vifs, ville quasi rasée… Sur Gaza, comment avons-nous fait pour accepter ce que l’on qualifie d’inacceptable ? Comment expliquer que, 27 mois après le 7 octobre, la population gazaouie est toujours traitée de façon inhumaine ? S’ajoute à cela la violence déchainée des militaires israéliens et des colons en Cisjordanie ainsi que de forts traumas psychiques pour toute la population palestinienne. Malgré la libération des otages et la mise en place d’un semblant de cessez-le-feu, les horreurs continuent. En France, il est impossible de parler de cette tragédie : on est accusé de vouloir diviser la société française, d’importer le conflit. Si quelqu’un ose mettre en avant la réalité à Gaza, il est marginalisé et subit des répercussions sur le plan professionnel et personnel. En revanche, ceux qui reprennent la sémantique du gouvernement israélien et nient le génocide sont mis en avant dans l’espace médiatique et sont récompensés. Sur Gaza et la Palestine, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Nombreux sont ceux qui, en revanche, pourront dire « je savais mais je me suis tu par lâcheté, pour ne pas avoir de soucis ». C’est le triomphe du silence coupable.

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Premier épisode sur six de ma série « Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? ».

Blocus humanitaire, nombre astronomique de morts, amputations sans anesthésie, destructions d’infrastructures publiques, corps brûlés vifs, ville quasi rasée… Sur Gaza, comment avons-nous fait pour accepter ce que l’on qualifie d’inacceptable ? Comment expliquer que, 27 mois après le 7 octobre, la population gazaouie est toujours traitée de façon inhumaine ? S’ajoute à cela la violence déchainée des militaires israéliens et des colons en Cisjordanie ainsi que de forts traumas psychiques pour toute la population palestinienne. Malgré la libération des otages et la mise en place d’un semblant de cessez-le-feu, les horreurs continuent. En France, il est impossible de parler de cette tragédie : on est accusé de vouloir diviser la société française, d’importer le conflit. Si quelqu’un ose mettre en avant la réalité à Gaza, il est marginalisé et subit des répercussions sur le plan professionnel et personnel. En revanche, ceux qui reprennent la sémantique du gouvernement israélien et nient le génocide sont mis en avant dans l’espace médiatique et sont récompensés. Sur Gaza et la Palestine, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Nombreux sont ceux qui, en revanche, pourront dire « je savais mais je me suis tu par lâcheté, pour ne pas avoir de soucis ». C’est le triomphe du silence coupable.

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16.01.2026 à 12:37

Groenland, miroir du monde

Coline Laroche              

Derrière les déclarations, les annonces et la communication politique, le Groenland nous propose un miroir grossissant de la marche du monde. Par conséquent, derrière l’actualité la plus chaude, mettons un peu de froid pour allonger la perspective. En trois temps, vu la valse des périls. Premier point : la bascule. Au cours de la décennie précédente, parler du Groenland et de l’Arctique consistait principalement à traiter des changements climatiques. Non sans raison. Le pôle Nord est l’un des principaux thermomètres des évolutions météorologiques sur Terre. La fonte des glaces et l’élévation du niveau de la mer préoccupaient. La protection des écosystèmes naturels s’affichait en haut des agendas de coopération à propos de cet espace fragile, dont le réchauffement rapide traduisait à sa manière ce tic-tac climatique, réacteur au cœur ce siècle. Rien de cela ne s’avère moins important de nos jours. Au contraire, le tic-tac s’accélère. En revanche, en l’espace d’une décennie, entre l’accord de Paris sur le climat et aujourd’hui, la géopolitique prend le dessus. Mais pas n’importe laquelle, la dure, celle qui menace et qui s’exprime par des rapports de force. Le Groenland est un exemple probant de territoires hier regardés comme à sauvegarder, désormais évoqué comme à défendre ou à conquérir. La trumpisation des relations internationales, lancée dès le premier mandat de Donald Trump, c’est aussi cela : écarter les risques climatiques, faire de la place aux appétits stratégiques. Le président des États-Unis participe comme d’autres à cette géopolitique des hippopotames, féroces – véloces et polygames, dont j’avais parlé en sortie de Covid, pour qualifier la nouvelle ère dans laquelle nous étions entrés. D’autres depuis parlent de prédateurs, sans doute pour mieux interroger le régime trop longtemps observé par les Européens : un véganisme stratégique, à la fois militaire, économique et industriel. L’image de l’hippopotame garde ma préférence, puisqu’il est […]

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Texte intégral (1232 mots)

Premier point : la bascule. Au cours de la décennie précédente, parler du Groenland et de l’Arctique consistait principalement à traiter des changements climatiques. Non sans raison. Le pôle Nord est l’un des principaux thermomètres des évolutions météorologiques sur Terre. La fonte des glaces et l’élévation du niveau de la mer préoccupaient. La protection des écosystèmes naturels s’affichait en haut des agendas de coopération à propos de cet espace fragile, dont le réchauffement rapide traduisait à sa manière ce tic-tac climatique, réacteur au cœur ce siècle. Rien de cela ne s’avère moins important de nos jours. Au contraire, le tic-tac s’accélère. En revanche, en l’espace d’une décennie, entre l’accord de Paris sur le climat et aujourd’hui, la géopolitique prend le dessus. Mais pas n’importe laquelle, la dure, celle qui menace et qui s’exprime par des rapports de force. Le Groenland est un exemple probant de territoires hier regardés comme à sauvegarder, désormais évoqué comme à défendre ou à conquérir. La trumpisation des relations internationales, lancée dès le premier mandat de Donald Trump, c’est aussi cela : écarter les risques climatiques, faire de la place aux appétits stratégiques. Le président des États-Unis participe comme d’autres à cette géopolitique des hippopotames, féroces – véloces et polygames, dont j’avais parlé en sortie de Covid, pour qualifier la nouvelle ère dans laquelle nous étions entrés. D’autres depuis parlent de prédateurs, sans doute pour mieux interroger le régime trop longtemps observé par les Européens : un véganisme stratégique, à la fois militaire, économique et industriel. L’image de l’hippopotame garde ma préférence, puisqu’il est herbivore, mais s’avère carnivore si besoin, c’est-à-dire quand il a très faim. Et il est rapide, comme l’est Trump, pour parfois déboussoler tout le monde, les surprendre et les stupéfier. Quand on fait plusieurs tonnes, mais que l’on court plus vite qu’un sprinter, il y a de quoi créer l’étonnement après avoir défié les lois de la gravité. Quant à sa polygamie, l’hippopotame l’assume pleinement : pourquoi s’embarrasser d’engagements solides et durables. Tout doit être intéressé, transactionnel et jetable. Les alliances, les traités, le droit. Le Groenland affiche un menu devenu hélas à l’image du monde. Pas simplement plus chaud d’un point climatique. Plus chaud aussi sur le terrain de la géopolitique, car brutal et tropical (n’avons-nous pas des sueurs froides en ce moment ?).

Second point : le grand écart. La liste serait longue des sujets illustrant la distanciation grandissante entre les deux rives de l’Atlantique. Et précisons que Donald Trump n’a pas le monopole dans la responsabilité de cette performance. La relation entre les États-Unis et l’Union européenne est émaillée de tensions et de rivalités plus anciennes que l’émergence du trumpisme. Disons que Donald lui donne une saveur bien plus pique-sous. Le cas groenlandais est emblématique d’un incroyable scénario : en ce début d’année 2026, nous en venons à nous demander si les États-Unis pourraient prendre possession de cette île dépendant du Royaume du Danemark, si des soldats de l’OTAN pourraient se retrouver face à face sur cette terre de glaces. Comment expliquer que nous puissions en arriver là, alors que nous célébrions en 2024 les 80 ans du débarquement allié en Normandie, pour rappeler alors avec gravité à quel point la conquête de la paix constituait une épreuve redoutable, un bien précieux, à la valeur inestimable. Nous voilà désormais avec une administration Trump gesticulant sur le Groenland, évoquant l’hypothèse de l’acheter ou d’en prendre pleinement possession, n’en déplaise aux Danois et à ces Européens timorés. La nouvelle doctrine Donroe conjecture un affaiblissement généralisé de l’Europe, nous ne serions pas capables de garantir la sécurité du Groenland, faute de moyens, déjà réels, et potentiellement plus faibles demain. Trump le futuriste, qui craint que la Chine devienne une puissance polaire, qui reste attentif aux Russes et à leurs coups de griffe dans l’Arctique, entend donc contrôler le Groenland avant qu’il ne soit trop tard. Les États-Unis peuvent déjà y opérer militairement depuis un accord de 1951, mais cela ne suffit plus. Il faut croquer à pleines dents. Tic-tac. Et pour l’UE, une énième provocation grandeur nature. Nos ambassadeurs aux pôles pourront-ils rester diplomates, scientifiques ou écologistes, ou devront-ils tôt ou tard porter le treillis ? Là n’est pas la question.

En effet, troisième point avec ce Groenland miroir grossissant de ce monde : l’équilibre. Qui consiste à ne jamais oublier dans l’analyse des relations internationales à quel point la géopolitique des ressources prédomine. Nous Européens, nous nous sommes plu à moraliser les relations internationales. Nous avons raison de vouloir encore le faire. Mais nous devons aussi constater, avec la lucidité stratégique nécessaire, que tant d’autres puissances cherchent avant tout à monétiser leurs relations internationales. Trump est un super-chargeur en la matière. Et donc pour en revenir à ce Grand Nord qui devient le nouvel espace à promesses, qu’elles soient navigables, énergétiques ou minérales, nous y sommes. Tous les acteurs n’observent pas cette région comme le baromètre de nos risques climatiques. La faim de ressources n’est pas tarissable. Au Groenland se trouveraient 10% des réserves en eau douce de la planète, 10 à 15% des terres rares, des quantités de sable considérables (plus précisément des granulats marins, indispensables dans la construction notamment), sans oublier ces farines de roches glaciaires (l’or gris de cette île) à même de développer des engrais verts pour demain mieux fertiliser les sols agricoles de la Terre. Nous disions équilibre pour rappeler que l’économique n’est jamais loin des affaires internationales. Il est même généralement central. Les États-Unis, comme d’autres puissances jamais rassasiées, mettent rarement cette variable en note de bas de page. Si nous perdons de vue l’économique encore trop longtemps dans notre boussole stratégique, alors nous Européens, aurons certes toujours raison sur l’écologique et le droit, mais pourrions ne plus mener ces combats historiques faute d’outils robustes à notre disposition. Le Groenland nous invite à réfléchir à ce monde qui se réchauffe, et climatiquement et géopolitiquement. Donc aux déséquilibres actuels et en devenir.

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