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Lien du flux RSSHuman Rights Watch NewsHumans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

08.04.2026 à 20:50

À Cuba, la libération de prisonniers a exclu les opposants

Human Rights Watch
Click to expand Image Des jeunes hommes quittaient la prison de La Lima, à La Havane, le 3 avril 2026, au lendemain de l’annonce par le gouvernement cubain de la libération de 2 010 prisonniers. Toutefois, de nombreux prisonniers politiques sont toujours incarcérés.  © 2026 Yamil Lage / AFP via Getty Images

Le 2 avril, le gouvernement cubain a annoncé la libération de 2 010 prisonniers, qualifiant cette mesure de « geste humanitaire ». Cette annonce a au début suscité l’espoir chez de nombreuses familles de prisonniers politiques ; mais ni Human Rights Watch ni d’autres organisations de la société civile, notamment Prisoners Defenders et Justicia 11J, n’ont identifié de prisonniers politiques parmi les personnes libérées.

Dans son communiqué, le gouvernement cubain a déclaré qu’il exclurait, entre autres, les personnes condamnées pour des « crimes contre l’autorité ». En vertu de la législation cubaine, cela inclut des délits tels qu’« outrage », « propagande » ou « agression », que le gouvernement utilise depuis des décennies pour cibler et poursuivre arbitrairement des détracteurs.

Plus de 700 prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux à Cuba, selon des ONG dont Justicia 11J et Prisoners Defenders ; des centaines d’autres sont soumis à l’assignation à résidence et à d’autres restrictions. Parmi eux figure Luis Manuel Otero Alcántara, un artiste condamné à cinq ans de prison pour « outrage aux symboles nationaux », entre autres crimes, après avoir recouvert ses épaules d’un drapeau cubain, en signe de protestation contre une nouvelle loi sur l’utilisation des symboles nationaux. Il a été arrêté en juillet 2021, après avoir publié une vidéo dans laquelle il annonçait qu’il se joindrait a une importante manifestation.

En mars 2026, Leonard Richard González Alfonso, un autre artiste, a été condamné à sept ans de prison pour « propagande contre l’ordre constitutionnel », après avoir peint les phrases « Jusqu’à quand ? Ils sont en train de nous tuer » (« ¿Hasta cuándo? Nos están matando ») sur un mur.

Des anciens détenus, précédemment libérés à la suite de négociations menées par le Vatican en janvier 2025, décrit des mauvais traitements infligés dans les prisons cubaines ; ils ont évoqué des coups, l'isolement cellulaire, des conditions d'hygiène déplorables et un manque d'accès à la nourriture et à l'eau potable. Plusieurs ex-détenus ont déclaré à Human Rights Watch qu'ils restaient sous surveillance constante et soumis à des conditions restrictives, et qu'ils craignaient d'être à nouveau arrêtés. Au moins sept prisonniers politiques ont depuis été renvoyés en prison, pour des actes tels que la publication en ligne de contenus critiques a l’égard du gouvernement, ou le fait de ne pas s'être présentés devant les autorités.

Le gouvernement devrait libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers politiques. Les Cubains devraient pouvoir s’exprimer librement, sans crainte. L’embargo américain et son blocus pétrolier brutal ne constituent pas une excuse pour maintenir en prison les personnes qui critiquent le gouvernement.

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04.04.2026 à 18:12

La Convention sur l’interdiction des mines permet des avancées malgré les obstacles

Human Rights Watch
Click to expand Image Deux démineurs testaient le sol afin d’en retirer des mines terrestres antipersonnel près de Lasinja, un village situé à 40 kilomètres au sud de Zagreb, en Croatie, le 29 mai 2013. © 2013 Sipa via AP Images

Depuis les conflits des années 1990 dans les Balkans, la Croatie a souffert du fléau des mines terrestres antipersonnel, qui ont tué des centaines de civils et rendu des milliers d’hectares de terres inaccessibles en raison de la contamination. En mars, le pays a enfin célébré son statut de territoire exempt de mines, à l’issue d’une campagne de déminage de 30 ans qui a coûté 1,38 milliard de dollars US.

L'histoire de la Croatie souligne l'importance la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel de 1997 (« Convention d’Ottawa ») et devrait encourager davantage de pays à y adhérer et à promouvoir ses objectifs. Alors que ce 4 avril marque la Journée internationale de sensibilisation au problème des mines et d'assistance à la lutte antimines, il convient de noter que la Convention est menacée par les retraits de certains pays et par de nouvelles utilisations de ces armes.

La forte contamination de la Croatie remonte à la période 1991-1995, lorsque les principales parties au conflit ont utilisé des mines terrestres. Plus de 20 % du territoire étaient alors contaminés, empêchant les communautés de revenir et entraînant une perte économique annuelle d’au moins 230 millions de dollars.

Le ministre croate de l’Intérieur, Davor Božinović, a déclaré : « Il ne s’agit pas seulement d’un succès technique, c’est l’accomplissement d’une obligation morale envers les victimes des mines et leurs familles. Une Croatie sans mines signifie des familles plus en sécurité, un meilleur développement des zones rurales, davantage de terres agricoles et un tourisme plus dynamique. »

Ce succès, qui témoigne du travail dévoué des démineurs et de l’intérêt portée de manière soutenue par le gouvernement croate à ce projet, correspond exactement à ce que la Convention vise à réaliser, et à ce que cette Journée spéciale de l’ONU célèbre.

Pourtant, plutôt que de tirer les leçons de l’expérience de la Croatie et des plus de 30 États parties à la Convention qui ont déminé leurs terres, certains pays ont abandonné cet effort.

En 2025, cinq pays – l’Estonie, la Finlande la Lettonie, la Lituanie et la Pologne – se sont retirées du traité, affirmant que les mines terrestres antipersonnel étaient nécessaires pour se protéger de l’agression russe. En juillet, l’Ukraine a également cherché à suspendre illégalement ses obligations en vertu de la Convention.

La reprise de l’utilisation des mines antipersonnel au Myanmar, en Russie et en Ukraine, ainsi qu’aux frontières de l’Iran avec l’Afghanistan et le Pakistan, à la frontière de la Corée du Nord avec la Corée du Sud et à la frontière contestée entre la Thaïlande et le Cambodge, menace la norme visant l’interdiction ces armes.

La Journée internationale de la lutte contre les mines offre l’occasion de réfléchir à l’impact effroyable des mines antipersonnel sur les civils, à l’amélioration significative des conditions de vie des civils que la Convention a déjà permis d’obtenir, ainsi qu’à l’importance de maintenir et de renforcer l’opposition à l’utilisation de ces armes. Les États qui ne sont pas encore parties à la Convention devraient y adhérer. Tous les pays devraient s’opposer à leur utilisation, et contribuer au financement du déminage et de l’aide aux victimes.

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