"Il revient sur la table. L'accord d'association de l'UE avec Israël va être rediscuté ce mardi 21 avril à Luxembourg lors d'un [Conseil des Affaires étrangères], a indiqué la veille la cheffe de la diplomatie de l'UE" [TF1 Info]. "Ce débat est organisé à la demande de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie, qui […]
L'ambassadeur Avraham Nir, chef de la mission d'Israël auprès de l'Union européenne, à gauche, donnant ses lettres de créance à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en présence d'António Costa, président du Conseil européen, le 30 septembre 2025 - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne
"Il revient sur la table. L'accord d'association de l'UE avec Israël va être rediscuté ce mardi 21 avril à Luxembourg lors d'un [Conseil des Affaires étrangères], a indiqué la veille la cheffe de la diplomatie de l'UE" [TF1 Info].
"Ce débat est organisé à la demande de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie, qui ont cosigné une lettre à la Commission européenne, adressée vendredi, réclamant un 'réexamen' de l'accord entré en vigueur en 2000", contextualise TF1 Info. L'Espagne a même "réclamé, dimanche, la rupture de cet accord d'association", ajoute France info.
En cause : le non-respect par Israël de "'ses obligations en matière de droits de l'homme'en raison des violations continues de l'accord de cessez-le-feu, de l'escalade de la violence en Cisjordanie, des attaques contre la population civile au Liban et de l'approbation de la peine de mort par le Parlement israélien" [Euronews].
L'accord d'association est un "traité signé en 1995 et entré en vigueur en 2000 entre l’Union européenne et Israël. Il établit notamment une zone de libre-échange pour la plupart des biens, notamment industriels et agricoles", explique Le Huffington Post, qui relève que "l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël". Le média précise que "l’article 2 du texte indique explicitement que le partenariat repose sur'le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques'".
La suspension totale de l'accord d'association "requiert l'unanimité des 27 États membres de l'UE", souligne France 24. "Mais l'appel [de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie] est loin d'atteindre la position unifiée nécessaire pour aller de l'avant", constate Euronews, car "pour l'instant, il n'y a pas de large consensus parmi les États membres pour suspendre l'accord", estime un diplomate interviewé par le média européen. "Des pays comme l'Allemagne et l'Italie, qui se sont opposés à l'initiative par le passé, n'ont pas changé de position", note Euronews.
La Commission européenne a pour sa part "proposé une suspension partielle, en mettant entre parenthèses le volet commercial de l'accord, une décision qui peut être prise à la majorité qualifiée des pays de l'UE" [France info]. Mais "cette sanction, déjà évoquée en 2025 au moment de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, n'avait pas abouti en raison des réticences de plusieurs États membres, parmi lesquels l'Allemagne" [TF1 Info].
Quant à la France, elle "fait preuve de prudence, note Politico. "Interrogé à l'Assemblée nationale sur son intention de demander une suspension, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré qu'Israël devait 'modifier sa politique à l'égard de la Palestine' pour éviter cette suspension - sans toutefois aller jusqu'à affirmer que la France exigerait des changements à court terme", analyse le média européen.
Pour sa part, "la cheffe de la diplomatie de l'UE a souligné qu'il fallait d'abord 'évaluer s'il [était] possible d'avancer' sur les mesures commerciales, 'si les États membres souhaitent le faire'" [France 24]. Kaja Kallas reste toutefois "prudente sur l'issue de ces discussions et sur une éventuelle suspension du volet commercial de l'accord".
Les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept devraient également "rediscuter des sanctions contre des colons extrémistes en Cisjordanie, bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie" [TF1 Info].
"La France et la Suède ont cosigné un document de réflexion […] appelant à l’interdiction des importations en provenance des colonies de Cisjordanie 'au motif que les colonies illégales ne relèvent pas du champ d’application de l’accord d’association'", indique Politico. La lettre "exhorte la Commission à 'examiner d’urgence' la faisabilité de droits de douane sur les produits des colonies et de restrictions à l’importation", précise le média européen.
"Plusieurs pays de l'Union européenne espèrent un déblocage de la situation après la défaite électorale, le 12 avril, du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán", commente France 24. Ce dernier était "le seul à s'opposer à des mesures plus fermes à l'égard d'Israël. Mais le futur Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a laissé entendre qu'il pourrait lever son veto sur certaines initiatives de sanctions" [Politico]. "Je ne parlerai pas au nom du nouveau gouvernement, mais je pense que nous pouvons examiner toutes ces politiques et voir si elles ont une nouvelle approche", a déclaré lundi à la presse la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, citée par Euronews.
Mais "les représentants d’Orbán étant toujours présents aujourd’hui (à l’exception du ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó, selon un responsable de l’UE), il est peu probable que les dossiers clés concernant Israël avancent", nuance Politico. Une fois que Péter Magyar sera au pouvoir, "les sanctions contre les colons de Cisjordanie pourraient progresser, mais la voie à suivre pour suspendre l’accord d’association est moins claire" [Politico].
"Les dirigeants pro-européens Emmanuel Macron et Donald Tusk vont s'attacher, lundi [20 avril], à Gdansk, en Pologne, à renforcer la coopération franco-polonaise pour une Europe plus 'forte' et plus 'souveraine' face à la Russie et aux États-Unis", résume France 24. "Ce sommet est la première traduction concrète du traité d'amitié et de coopération renforcée signé […]
Les dirigeants polonais et français vont notamment discuter d'une possible participation conventionnelle de la Pologne à la dissuasion française proposée le 2 mars par Emmanuel Macron - Crédits : Conseil européen
"Les dirigeants pro-européens Emmanuel Macron et Donald Tusk vont s'attacher, lundi [20 avril], à Gdansk, en Pologne, à renforcer la coopération franco-polonaise pour une Europe plus 'forte' et plus 'souveraine' face à la Russie et aux États-Unis", résume France 24.
"Ce sommet est la première traduction concrète du traité d'amitié et de coopération renforcée signé le 9 mai 2025 à Nancy, qui a rehaussé la Pologne au niveau des principaux alliés de la France" [La Provence]. "Dans le contexte du conflit en Ukraine et des vives tensions avec Donald Trump sur la guerre en Iran, 'les questions de sécurité et de coopération militaire seront les questions clés'" entre les deux dirigeants, a esquissé le Premier ministre polonais [TV5 Monde]. "Au menu, notamment : dissuasion nucléaire, satellites militaires ou encore industrie de défense", précise France 24.
Défense et dissuasion nucléaire au cœur du programme
"Accompagné des ministres de la Défense (Catherine Vautrin), des Affaires étrangères (Jean-Noël Barrot), de la Culture (Catherine Pégard) et de la ministre chargée des questions énergétiques au ministère de l'Économie (Maud Bregeon)" [Radio Gdańsk], "Emmanuel Macron est attendu […] à environ 150 kilomètres de Kaliningrad, avant-poste de la Russie dans l'Union européenne, entre Pologne et États baltes" [La Provence].
Dans le contexte chargé de la guerre en Ukraine entrée dans sa cinquième année le 22 février dernier, "les deux dirigeants vont notamment discuter d'une possible 'participation conventionnelle' de la Pologne à la dissuasion française [proposée le 2 mars par Emmanuel Macron à huit pays européens], même si la France reste souveraine dans l'emploi de la force, a précisé l'Élysée" [TV5 Monde]. "Les forces polonaises pourraient apporter une contribution sur 'l'alerte avancée, la défense aérienne ou les frappes dans la profondeur' en cas de conflit nucléaire", relate La Provence.
"L'axe militaire, crucial pour la Pologne, en première ligne face à Moscou, est central dans la collaboration" entre les deux pays, rappellent Les Echos. "Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, Varsovie a accéléré de manière spectaculaire ses investissements en armement. Son budget alloué à la défense dépasse les 4 % de son PIB. Parmi les pays membres de l'Otan, personne ne fait mieux" [BFM TV].
"Les capacités DPS (deep precision strike) qui permettent de frapper des cibles à des milliers de kilomètres du front sont [aujourd'hui] l'une des priorités de la modernisation militaire polonaise", observent Les Echos. "Varsovie s'est engagé sur le programme européen ELSA, lancé par la France, sur le sujet. Côté spatial, où se développent des moyens satellitaires indispensables à la guerre moderne, la Pologne pourrait également lier son expertise à celle de la France. Deux satellites espions Airbus seront livrés à la Pologne l'an prochain", complète le quotidien national.
"Autre sujet clé, la 'préférence européenne 'dans l’acquisition de matériels de défense dont Emmanuel Macron a fait un cheval de bataille au risque de braquer ses partenaires, notamment est-européens, très attachés au lien avec les États-Unis" [TV5 Monde].
"Lors de sa conférence de presse [vendredi 17 avril], Donald Tusk a souligné qu'en raison de l'instabilité géopolitique croissante, du conflit au Proche-Orient et des changements dans la politique des États-Unis à l'égard de la région, sa priorité était de préserver les relations polono-américaines et euro-américaines des bouleversements", relate TVP Wilno. "Nos amis américains doivent comprendre que l'Union européenne est la meilleure chose qui pouvait arriver à l'Europe", a déclaré le Premier ministre polonais.
Un équilibre difficile à trouver pour Varsovie, qui "reste un grand client des États-Unis" en matière d'armement [BFM TV]. Ces dernières années, la Pologne a "passé des 'commandes pharaoniques de F35, hélicoptères d’attaque Apache, missiles Patriot et chars Abrams' américains", selon un diplomate européen proche du dossier [La Provence].
Arguant "d'une menace sur 'l'indépendance' de son pays" [TV5 Monde], le président nationaliste polonais Karol Nawrocki "s'oppose à la participation de la Pologne au programme Safe de l'UE synonyme de dizaines de milliards d'euros pour sa défense".
Au-delà de ces sujets, Emmanuel Macron et Donald Tusk vont aussi "se féliciter du retour de la Hongrie dans le giron pro-européen après la défaite électorale du Premier ministre Viktor Orbán, qui se posait en chef de file du camp illibéral et nationaliste dans l'UE", écrit La Provence. Une rencontre avec le Prix Nobel de la paix Lech Wałęsa est aussi programmée.
"Un sommet de crise sur le détroit d'Ormuz", titre Die Zeit. "La France et la Grande-Bretagne organisent, vendredi [17 avril] à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront" [France 24]. "Cette conférence rappelle, en principe, […]
Le Premier ministre britannique Keir Starmer avec le président français Emmanuel Macron lors du sommet du G7 au Canada en juin 2025 - Crédits : Simon Dawson / Flickr 10 Downing Street CC BY-NC-ND 2.0
"Un sommet de crise sur le détroit d'Ormuz", titre Die Zeit. "La France et la Grande-Bretagne organisent, vendredi [17 avril] à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront" [France 24]. "Cette conférence rappelle, en principe, les consultations de la Coalition des volontaires, qui travaille sur des plans d'après-guerre pour le conflit ukrainien", estime Die Zeit.
"Le chancelier allemand Friedrich Merz et la [présidente du Conseil des ministres d'Italie], Giorgia Meloni devraient être présents physiquement", avance ABC News. "D’autres pays, en Europe mais aussi au Moyen-Orient ou en Asie, suivront la réunion à distance. Au total, cette rencontre hybride doit accueillir une 'trentaine de participants' à partir de 14 heures", complète le Huffington Post. Une prise de parole du président français et du Premier ministre britannique est prévue à la suite de ces échanges.
Rétablir la circulation dans le détroit
"Alors que le [détroit d'Ormuz] est aujourd'hui entravé par l'Iran et par le blocus imposé par les États-Unis aux ports iraniens, l'idée est de préparer la suite et de rétablir la confiance indispensable à la navigation commerciale dans cette région du monde quand les hostilités auront cessé", explique RFI. "Côté français, l’idée est d’imaginer une mission 'strictement défensive' qui permettrait de sécuriser le détroit sans s’engager dans le conflit", écrit le Huffington Post.
"Keir Starmer va aussi mettre en avant la nécessité de 'rassurer le secteur du transport maritime commercial et soutenir les opérations de déminage, afin de garantir le retour à la stabilité et à la sécurité mondiales', d'après Downing Street" [France 24]. "Depuis le déclenchement de la guerre en Iran et l'embrasement du Moyen-Orient le 28 février, le blocus du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz consommés dans le monde, a conduit à une envolée des prix de l'énergie qui pèse lourdement sur l'économie mondiale", rappelle RFI. "Si un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile après l'échec, dimanche, de négociations irano-américaines pour le consolider", poursuit le média.
"Ces [discussions à Paris] interviennent alors qu'un cessez-le-feu de 10 jours, convenu entre le Liban et Israël et entré en vigueur jeudi soir, pourrait renforcer les efforts visant à étendre le cessez-le-feu entre l'Iran, les États-Unis et Israël", note The Wimbledon Times. Mais "la situation demeure complexe pour deux raisons", nuance La Stampa. "Les États-Unis ne participent pas à cette réunion et ne sont pas associés à cette initiative. Une position assumée par Paris, qui veut avancer avec des pays non belligérants", développe le Huffington Post. "Les autorités américaines affichent leur scepticisme face à cette initiative européenne, qu’elles jugent peu utile", poursuit le média en ligne. Par ailleurs, la coalition européenne fait désormais face à un nouvel opposant : "Téhéran, qui, pour la première fois, s’est clairement opposée au plan des volontaires" [La Stampa].
Les Européens poursuivent malgré les obstacles
Les pays participants devraient tous s'impliquer dans la mission à hauteur de leurs moyens. "La France dispose […] d'un porte-avions, d'une dizaine de bateaux et d'une cinquantaine d'avions dans la région, a rappelé l'Élysée" [RFI]. De son côté, "[Friedrich] Merz a l'intention de faire une offre pour la participation des forces armées allemandes", ajoute Die Zeit. "Berlin pourrait […] contribuer au 'déminage ou à la reconnaissance maritime à longue distance', selon une source gouvernementale allemande citée par l'AFP" [RFI].
Les Européens ne comptent pas abandonner le détroit. "La réunion de Paris doit permettre de poser les bases politiques et opérationnelles de la mission. Elle sera suivie d’un nouveau sommet la semaine prochaine à Northwood, près de Londres, siège d’un quartier général militaire britannique", conclut Le Parisien.