"Les dirigeants pro-européens Emmanuel Macron et Donald Tusk vont s'attacher, lundi [20 avril], à Gdansk, en Pologne, à renforcer la coopération franco-polonaise pour une Europe plus 'forte' et plus 'souveraine' face à la Russie et aux États-Unis", résume France 24. "Ce sommet est la première traduction concrète du traité d'amitié et de coopération renforcée signé […]
Les dirigeants polonais et français vont notamment discuter d'une possible participation conventionnelle de la Pologne à la dissuasion française proposée le 2 mars par Emmanuel Macron - Crédits : Conseil européen
"Les dirigeants pro-européens Emmanuel Macron et Donald Tusk vont s'attacher, lundi [20 avril], à Gdansk, en Pologne, à renforcer la coopération franco-polonaise pour une Europe plus 'forte' et plus 'souveraine' face à la Russie et aux États-Unis", résume France 24.
"Ce sommet est la première traduction concrète du traité d'amitié et de coopération renforcée signé le 9 mai 2025 à Nancy, qui a rehaussé la Pologne au niveau des principaux alliés de la France" [La Provence]. "Dans le contexte du conflit en Ukraine et des vives tensions avec Donald Trump sur la guerre en Iran, 'les questions de sécurité et de coopération militaire seront les questions clés'" entre les deux dirigeants, a esquissé le Premier ministre polonais [TV5 Monde]. "Au menu, notamment : dissuasion nucléaire, satellites militaires ou encore industrie de défense", précise France 24.
Défense et dissuasion nucléaire au cœur du programme
"Accompagné des ministres de la Défense (Catherine Vautrin), des Affaires étrangères (Jean-Noël Barrot), de la Culture (Catherine Pégard) et de la ministre chargée des questions énergétiques au ministère de l'Économie (Maud Bregeon)" [Radio Gdańsk], "Emmanuel Macron est attendu […] à environ 150 kilomètres de Kaliningrad, avant-poste de la Russie dans l'Union européenne, entre Pologne et États baltes" [La Provence].
Dans le contexte chargé de la guerre en Ukraine entrée dans sa cinquième année le 22 février dernier, "les deux dirigeants vont notamment discuter d'une possible 'participation conventionnelle' de la Pologne à la dissuasion française [proposée le 2 mars par Emmanuel Macron à huit pays européens], même si la France reste souveraine dans l'emploi de la force, a précisé l'Élysée" [TV5 Monde]. "Les forces polonaises pourraient apporter une contribution sur 'l'alerte avancée, la défense aérienne ou les frappes dans la profondeur' en cas de conflit nucléaire", relate La Provence.
"L'axe militaire, crucial pour la Pologne, en première ligne face à Moscou, est central dans la collaboration" entre les deux pays, rappellent Les Echos. "Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, Varsovie a accéléré de manière spectaculaire ses investissements en armement. Son budget alloué à la défense dépasse les 4 % de son PIB. Parmi les pays membres de l'Otan, personne ne fait mieux" [BFM TV].
"Les capacités DPS (deep precision strike) qui permettent de frapper des cibles à des milliers de kilomètres du front sont [aujourd'hui] l'une des priorités de la modernisation militaire polonaise", observent Les Echos. "Varsovie s'est engagé sur le programme européen ELSA, lancé par la France, sur le sujet. Côté spatial, où se développent des moyens satellitaires indispensables à la guerre moderne, la Pologne pourrait également lier son expertise à celle de la France. Deux satellites espions Airbus seront livrés à la Pologne l'an prochain", complète le quotidien national.
"Autre sujet clé, la 'préférence européenne 'dans l’acquisition de matériels de défense dont Emmanuel Macron a fait un cheval de bataille au risque de braquer ses partenaires, notamment est-européens, très attachés au lien avec les États-Unis" [TV5 Monde].
"Lors de sa conférence de presse [vendredi 17 avril], Donald Tusk a souligné qu'en raison de l'instabilité géopolitique croissante, du conflit au Proche-Orient et des changements dans la politique des États-Unis à l'égard de la région, sa priorité était de préserver les relations polono-américaines et euro-américaines des bouleversements", relate TVP Wilno. "Nos amis américains doivent comprendre que l'Union européenne est la meilleure chose qui pouvait arriver à l'Europe", a déclaré le Premier ministre polonais.
Un équilibre difficile à trouver pour Varsovie, qui "reste un grand client des États-Unis" en matière d'armement [BFM TV]. Ces dernières années, la Pologne a "passé des 'commandes pharaoniques de F35, hélicoptères d’attaque Apache, missiles Patriot et chars Abrams' américains", selon un diplomate européen proche du dossier [La Provence].
Arguant "d'une menace sur 'l'indépendance' de son pays" [TV5 Monde], le président nationaliste polonais Karol Nawrocki "s'oppose à la participation de la Pologne au programme Safe de l'UE synonyme de dizaines de milliards d'euros pour sa défense".
Au-delà de ces sujets, Emmanuel Macron et Donald Tusk vont aussi "se féliciter du retour de la Hongrie dans le giron pro-européen après la défaite électorale du Premier ministre Viktor Orbán, qui se posait en chef de file du camp illibéral et nationaliste dans l'UE", écrit La Provence. Une rencontre avec le Prix Nobel de la paix Lech Wałęsa est aussi programmée.
"Un sommet de crise sur le détroit d'Ormuz", titre Die Zeit. "La France et la Grande-Bretagne organisent, vendredi [17 avril] à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront" [France 24]. "Cette conférence rappelle, en principe, […]
Le Premier ministre britannique Keir Starmer avec le président français Emmanuel Macron lors du sommet du G7 au Canada en juin 2025 - Crédits : Simon Dawson / Flickr 10 Downing Street CC BY-NC-ND 2.0
"Un sommet de crise sur le détroit d'Ormuz", titre Die Zeit. "La France et la Grande-Bretagne organisent, vendredi [17 avril] à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront" [France 24]. "Cette conférence rappelle, en principe, les consultations de la Coalition des volontaires, qui travaille sur des plans d'après-guerre pour le conflit ukrainien", estime Die Zeit.
"Le chancelier allemand Friedrich Merz et la [présidente du Conseil des ministres d'Italie], Giorgia Meloni devraient être présents physiquement", avance ABC News. "D’autres pays, en Europe mais aussi au Moyen-Orient ou en Asie, suivront la réunion à distance. Au total, cette rencontre hybride doit accueillir une 'trentaine de participants' à partir de 14 heures", complète le Huffington Post. Une prise de parole du président français et du Premier ministre britannique est prévue à la suite de ces échanges.
Rétablir la circulation dans le détroit
"Alors que le [détroit d'Ormuz] est aujourd'hui entravé par l'Iran et par le blocus imposé par les États-Unis aux ports iraniens, l'idée est de préparer la suite et de rétablir la confiance indispensable à la navigation commerciale dans cette région du monde quand les hostilités auront cessé", explique RFI. "Côté français, l’idée est d’imaginer une mission 'strictement défensive' qui permettrait de sécuriser le détroit sans s’engager dans le conflit", écrit le Huffington Post.
"Keir Starmer va aussi mettre en avant la nécessité de 'rassurer le secteur du transport maritime commercial et soutenir les opérations de déminage, afin de garantir le retour à la stabilité et à la sécurité mondiales', d'après Downing Street" [France 24]. "Depuis le déclenchement de la guerre en Iran et l'embrasement du Moyen-Orient le 28 février, le blocus du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz consommés dans le monde, a conduit à une envolée des prix de l'énergie qui pèse lourdement sur l'économie mondiale", rappelle RFI. "Si un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile après l'échec, dimanche, de négociations irano-américaines pour le consolider", poursuit le média.
"Ces [discussions à Paris] interviennent alors qu'un cessez-le-feu de 10 jours, convenu entre le Liban et Israël et entré en vigueur jeudi soir, pourrait renforcer les efforts visant à étendre le cessez-le-feu entre l'Iran, les États-Unis et Israël", note The Wimbledon Times. Mais "la situation demeure complexe pour deux raisons", nuance La Stampa. "Les États-Unis ne participent pas à cette réunion et ne sont pas associés à cette initiative. Une position assumée par Paris, qui veut avancer avec des pays non belligérants", développe le Huffington Post. "Les autorités américaines affichent leur scepticisme face à cette initiative européenne, qu’elles jugent peu utile", poursuit le média en ligne. Par ailleurs, la coalition européenne fait désormais face à un nouvel opposant : "Téhéran, qui, pour la première fois, s’est clairement opposée au plan des volontaires" [La Stampa].
Les Européens poursuivent malgré les obstacles
Les pays participants devraient tous s'impliquer dans la mission à hauteur de leurs moyens. "La France dispose […] d'un porte-avions, d'une dizaine de bateaux et d'une cinquantaine d'avions dans la région, a rappelé l'Élysée" [RFI]. De son côté, "[Friedrich] Merz a l'intention de faire une offre pour la participation des forces armées allemandes", ajoute Die Zeit. "Berlin pourrait […] contribuer au 'déminage ou à la reconnaissance maritime à longue distance', selon une source gouvernementale allemande citée par l'AFP" [RFI].
Les Européens ne comptent pas abandonner le détroit. "La réunion de Paris doit permettre de poser les bases politiques et opérationnelles de la mission. Elle sera suivie d’un nouveau sommet la semaine prochaine à Northwood, près de Londres, siège d’un quartier général militaire britannique", conclut Le Parisien.
"Giorgia Meloni a longtemps agi comme si elle pouvait y échapper. Malgré l’engouement des débuts et les preuves postérieures de loyauté de la dirigeante italienne, le président des États-Unis a fini par la prendre pour cible à son tour", retrace Le Monde. Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, mardi 14 avril, Donald Trump […]
Jusqu'ici, Donald Trump et Giorgia Meloni (ici lors d'une réunion du G7 au Canada en juin 2025) avaient entretenu d'excellentes relations depuis le retour du milliardaire américain à la Maison-Blanche - Crédits : Daniel Torok / Flickr Maison-Blanche
"Giorgia Meloni a longtemps agi comme si elle pouvait y échapper. Malgré l’engouement des débuts et les preuves postérieures de loyauté de la dirigeante italienne, le président des États-Unis a fini par la prendre pour cible à son tour", retrace Le Monde.
Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, mardi 14 avril, Donald Trump a attaqué frontalement la présidente du Conseil italien. "Je suis choqué par elle. Je pensais qu’elle avait du courage, je me trompais", tacle le pensionnaire de la Maison-Blanche qui reproche notamment à Giorgia Meloni de ne pas avoir engagé son pays aux côtés des États-Unis dans le détroit d'Ormuz.
Cet épisode pourrait marquer un tournant majeur dans la relation entre les deux dirigeants. Il y a encore peu de temps, la cheffe du gouvernement italien était aux yeux de Donald Trump une "leader fantastique", une "personne spéciale" et "une très belle jeune femme", rappelle Libération. Giorgia Meloni considérait quant à elle le président américain comme "un leader fort", un "'ami' dont elle n’excluait pas de proposer [le] nom pour le prix Nobel de la paix".
Giorgia Meloni défend le pape
Il faut remonter au début de la semaine pour trouver l'origine de cette soudaine dégradation des relations. Lundi 13 avril, Donald Trump a allumé la mèche en jugeant le pape Léon XIV "faible sur la criminalité", après que le souverain pontife "a manifesté sa ferme opposition aux entreprises guerrières menées par Israël et les États-Unis au Moyen-Orient" [Le Monde].
"Coincée entre le pape et le président américain, Giorgia Meloni s'est retrouvée dos au mur", constate La Libre. "Après neuf heures d'hésitations, elle a jugé qu'elle ne pouvait plus ignorer la situation et a pris position pour défendre le pape", qualifiant d'"inacceptable" l'attaque de Donald Trump, rapporte Libération. "Giorgia Meloni, dirigeante d’un pays dont la capitale est aussi celle de l’Église universelle, ne pouvait plus se permettre la moindre ambiguïté après cet affront fait à l’évêque de Rome", estime Le Monde.
"Dans la foulée, la Première ministre italienne a annoncé suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël ratifié en 2006 et renouvelé tacitement tous les cinq ans", indique La Croix. L'accord avec l'État hébreu qui "encadre la coopération entre les deux pays dans l’industrie de défense, la formation des militaires, la recherche et les technologies d’information" devenait "politiquement difficile [à] maintenir", a indiqué une source diplomatique à l'AFP, relayée par le quotidien chrétien.
Pour Le Monde, Giorgia Meloni a été contrainte d'opérer un virage stratégique sur cette question. "La présidente du Conseil a perdu les 22 et 23 mars un référendum capital sur la réforme constitutionnelle, non seulement sur le plan des valeurs républicaines, mais aussi du fait des implications économiques redoutées de la guerre que mènent ses alliés américain et israélien". Fin mars, elle avait déjà "refusé que des avions de combat américains engagés dans la guerre au Moyen-Orient atterrissent sur la base militaire de Sigonella, dans l’est de la Sicile", complète Libération.
Des réactions qui n'ont visiblement pas plu à Donald Trump. Dès le lendemain, le président américain est donc revenu à la charge. "Comme à son habitude, le sulfureux locataire de la Maison-Blanche a fourni aux journalistes une bonne dose de phrases chocs", note Courrier international. Interrogé par le Corriere della Sera sur sa récente passe d'armes avec Giorgia Meloni, le président américain s'emporte : "c’est inacceptable […] elle ne veut pas nous aider avec l’Otan, elle ne veut pas nous aider à nous débarrasser de l’arme nucléaire [iranienne]. […] Elle ne veut pas s'impliquer alors qu'elle obtient son pétrole là-bas".
"Dans le monde, [Giorgia Meloni] se présentait comme le pont entre l’UE et l’Amérique et le pont s’est écroulé. […] Elle va devoir réinventer son message, ses relations, son statut sur la scène européenne et internationale", analyse une éditorialiste de La Stampa. Car la Première ministre italienne est également fragilisée après "la défaite de son allié hongrois Viktor Orbán" lors des élections législatives du 12 avril [Libération].
À la recherche d'un rebond, Giorgia Meloni sera à Paris ce vendredi 17 avril, où elle rencontrera Emmanuel Macron, mais aussi le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer, "pour discuter du blocus du détroit d'Ormuz et d'une éventuelle expédition terrestre dans la zone", annonce La Repubblica. Pour le journal transalpin, cette réunion doit permettre de "signaler discrètement à Washington qu'il existe une alternative au 'turbo-trumpisme' affiché par le gouvernement italien ces derniers mois".