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Source : Prachatai - Thaïlande

18.05.2026 à 12:08

Loin des nez occidentaux, l'industrie du poisson délocalise sa puanteur

Revue21

« Cayar est malade. » Au mois d'aout 2022, une cinquantaine d'habitants descendent dans les rues de cette ville côtière sénégalaise pour réclamer la fermeture d'une usine de farine de poisson. Des centaines de personnes cernent une même usine au Vietnam pendant plusieurs jours. En Inde, des habitants vont jusqu'à boycotter deux élections locales pour protester contre l'odeur nauséabonde provenant de trois usines.
Ce n'est pas une énième catastrophe industrielle qui pousse les gens dans la (…)

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Source : Revue21

« Cayar est malade. » Au mois d'aout 2022, une cinquantaine d'habitants descendent dans les rues de cette ville côtière sénégalaise pour réclamer la fermeture d'une usine de farine de poisson. Des centaines de personnes cernent une même usine au Vietnam pendant plusieurs jours. En Inde, des habitants vont jusqu'à boycotter deux élections locales pour protester contre l'odeur nauséabonde provenant de trois usines.

Ce n'est pas une énième catastrophe industrielle qui pousse les gens dans la rue, mais l'odeur pestilentielle de la farine de poisson, qui sert ensuite à nourrir les gambas et crevettes vendues en France, par exemple. « L'odeur rance figurait parmi les conséquences les moins prises en compte par les décideurs et les plus intimement perçues par les populations concernées », écrit la Revue XXI.

L'enquête, portée par The Outlaw Ocean Project, a recensé 60 usines réparties dans 15 pays différents, impactant plus de 9,5 millions de personnes. « Ce sont les oubliés des pollutions olfactives. » En plus de provoquer nausées, maux de tête, irritations oculaires ou vertiges, ces effluves signalent la présence de substances dangereuses, telles que l'ammoniac, pouvant causer des troubles cardiaques et respiratoires.

En France et dans de nombreux pays, les industries génératrices de gaz fétides sont soumises à des réglementations afin d'éviter qu'ils empestent les alentours. Les usines sont donc implantées dans des pays plus pauvres où ces règles n'existent pas. « Dans une économie mondialisée, les maux invisibles, à effets lents ou impossibles à photographier – comme la puanteur – se retrouvent les plus aisément dissimulés aux consommateurs des marchés riches. Ceux-ci ne sentent rien. Les autres suffoquent. »


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Source : Reporterre

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