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08.12.2026 à 11:59

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L'Autre Quotidien
A ceux qui se taisent : ”Un jour tu auras droit à la parole. Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?” Chawki Abdelamir (Irak, 1949)

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Un jour tu auras droit à la parole.
Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?

Chawki Abdelamir (Irak, 1949; poète et traducteur en français de Adonis)

28.05.2026 à 19:01

Yann Arthus Bertrand, vivre ensemble à la Concorde

L'Autre Quotidien
Faisant suite à l’ exposition « France, un album de famille » de l’Hôtel de Ville de Paris, Yann Arthus Bertrand et son fidèle compagnon Hervé Le Bras, portés par la Fondation Good Planet, continuent l’aventure sur la Place de la Concorde en nous proposant ce nouveau chapitre Vivre Ensemble.  “ Du 11 avril au 10 mai 2026, la Place de la Concorde accueilait Vivre Ensemble, un événement artistique, culturel et citoyen inédit imaginé par Yann Arthus‑Bertrand et la Fondation GoodPlanet.

Texte intégral (2923 mots)

Faisant suite à l’ exposition « France, un album de famille » de l’Hôtel de Ville de Paris, Yann Arthus Bertrand et son fidèle compagnon Hervé Le Bras, portés par la Fondation Good Planet, continuent l’aventure sur la Place de la Concorde en nous proposant ce nouveau chapitre Vivre Ensemble.  “ Du 11 avril au 10 mai 2026, la Place de la Concorde accueilait Vivre Ensemble, un événement artistique, culturel et citoyen inédit imaginé par Yann Arthus‑Bertrand et la Fondation GoodPlanet.

VIVRE ENSEMBLE PLACE DE LA CONCORDE. ©PascalTherme2026

Suite à l’exposition de la Mairie de Paris, à laquelle succède en ce moment celle de Sebastiao Salgado, Yann Arthus Bertrand ( avec la complicité d’Hervé Lebras et de la fondation Good Planet) déploie au moins une centaine de ces portraits des français en leurs associations et métiers, sur tout le territoire.Cette sélection est un bis repetita bien salutaire, tant  nous avait marqué le travail sur trente ans du photographe au chevet de la France et des français.

Les tirages, qui hier prenaient place dans les salons de réception de l’Hôtel de ville, sont exposés sur le pavé royal de la place de la Concorde, en plein air, libres d’eux mêmes, sans autre protection que le civisme de chacun.  Ce vivre ensemble  est devenu in situ un manifeste de la Liberté et des liens de fraternité qui prévalent sur tant d’autres dans une égalité de circulation qui nous a ravi. La scénographie distribue les tirages en boucle à partir du point central que représente le studio photographique installé au centre de la place de la Concorde, ce qui occasionne une déambulation libre voire péripathéticienne, comme les philosophes grecs, non pas comme ces dames qui en portent le nom; il s’agit de marcher autour de ce point central, du centre vers la périphérie et inversement, dans un balayage heureux, dans ce Vivre Ensemble, de se laisser aller à la rencontre de cette France multi-culturelle qui apaise et qui séduit,  fidélisant l’idée de communauté, voire de Nation. La marche a laquelle est conviée le visiteur se fait autour du pavillon qui abrite le studio photo, c’est une sorte d’appel au portrait de ceux qui le désireront. Yann Arthus Bertrand et son équipe  se consacrent à faire portrait des prétendants, un continuum du travail de longue date entrepris par le photographe depuis toujours…se poursuit donc en cette occasion.

VIVRE ENSEMBLE PLACE DE LA CONCORDE. ©PascalTherme2026

Légèrement surélevé, tout de rouge vêtu, ce studio a été conçu par Renzo Piano, il s’élève à un bon mètre du sol. Point central de l’installation, il semblerait qu’une île, active fasse refuge, phalenstère, soit apparue au milieu de cette place de la Concorde pour que son écho citoyen en soit comme revivifié…Elle permet aux parisiens de se croiser devant ces portraits des métiers de France, de croiser par le regard les gens qui en sont également l’esprit à la française et la chair, visages rubicons, sourires généreux, épaules larges, présences actives, tous font preuve de ce savoir émérite qui fait partie des traditions, ce franc témoignage de cette francité qui dit ici son nom et dont on peut rester fier. Ainsi en va t-il de tous les métiers de bouche, des producteurs bio, aux boulangers et autres bouchers, restaurateurs, viticulteurs, cafetiers, porteurs de ce Bon et Bien Vivre, facteur d’assimilation, de joie et de fierté, quand, français, on aime la restauration, la cuisine, le verre pris sur le zinc, le café au bar, cette vie associative et socialisante qui assemble autour d’un plat, d’un verre, une communauté dans ses différences et son Savoir Vivre.

VIVRE ENSEMBLE-YANN ARTHUS BERTRAND-PLACE DE LA CONCORDE-©PASCAL THERME2026

Sans parler de tous ces métiers, de ces actifs, de toutes les professions représentées, des acteurs de la Mode, aux avocates, aux policiers, aux électriciens, aux portraits de groupe, des bucherons aux pilotes de ligne, des cantatrices aux professeurs, danseuses, enfants, assemblées , amies, équipes … qui sont ici comme regardées de près, reçues dans la confiance, photographiées à un point essentiel de leur entente, cordiale, dans une joie de vivre communicante, prodigue. Tout le monde est tout sourire, sans fausse note, sans égoïsme; on pourrait croire à une mise en scène artificielle, systématique, il n’en n’est rien à mon sens, il s’agit d’une entente due à une puissance de conviction, une force centrifuge, une force de groupe portée par cet enthousiasme aimant du photographe à son point de fusion, faisant ici photographie. Connaissant la chaleur et l’enthousiasme de Yann Arthus Bertrand, son a propos psychologique, sa présence convaincante, je ne doute pas un seul instant que sa présence soit effectivement, dans ce projet, le ciment réel de ce Vivre Ensemble à travers cette union du portrait et du témoignage de ce qui accorde et inscrit les différences dans ce cadre de la République, ici, vivante et chaleureuse, assemblée autour de son frontispice, de sa devise, Liberté, Égalité, Fraternité, par laquelle tout se dénoue et s’assagit, tout devient également enthousiasme, sourires, bonheurs et partages. Cet Idéal est ici, devenu réalités multiples, chair de cet esprit si révolutionnaire d’une France au sein des enjeux délirants actuels, une France en son « ethos » tel quelle est, non pas telle que certains souhaiteraient qu’elle fut…

Yann Arthus Bertrand en est ce Héraut au sourire généreux, au tutoiement républicain…Il montre cette France conviviale, amicale, généreuse, douée de cet esprit du Savoir Vivre au plus haut de sa sociabilité et de ces savoir-faire, en ses acteurs à la formidable présence étoilée. La France en ses traditions est un bien beau pays où tout un savoir vivre, un savoir être, un savoir faire est suggéré par cette aimantation de l’excellence des partages et de la bonne vie, car même pour ces métiers un peu plus obscurs, Yann Arthus Bertrand a cette gourmandise communicante. Il est ce Grandgousier rabelaisien qui adore la vie et la savoure en la photographiant, œuvre titanesque, en témoigne l’édition du livre qui regroupe tous ces portraits sur 30 ans, 800 portraits, pour un portrait de cette France de l’excellence et des partages.

France, un album de Famille chez Acte Sud… https://actes-sud.fr/catalogue/france-un-album-de-famille-020147

VIVRE ENSEMBLE-YANN ARTHUS BERTRAND-PLACE DE LA CONCORDE-©PASCAL THERME2026

Yann Arthus Bertrand continue à photographier ce vivre ensemble des français et à faire circuler la bonne parole autour des différences culturelles, célébrant l’engagement citoyen et la diversité qui fondent en partie cet universalisme républicain dans sa force centrifuge propre à refonder autour des valeurs d’acceptation, de tolérance, d’amitiés, les différences pour que ce vivre ensemble soit une polarité active face aux échéances politiques prochaines et à la future élection présidentielle. Il n’a échappé à personne que la société semblait se diviser sur la base d’idéologies nauséeuses, prônant l’exclusion et le rejet, c’est pourquoi, sans aucun doute, le photographe préféré des français s’est attaché à y répondre par cette exposition, doublée de la possibilité de se faire tirer amicalement et gratuitement le portrait… proposition amicale, ludique, pour tous ceux qui voudront bien jouer le jeu de cette présence ailée devant sa caméra.

Il faut saluer Yann Arthus Bertrand et son incroyable amabilité, en son tutoiement profondément républicain et cette gentillesse profonde qui accorde le don au devoir pour que ce pays soit enfin plus fier de lui, aujourd’hui qu’hier et que cet hier ne soit jamais un demain.

Merci à toi, Yann Arthus Bertrand

Pascal Therme

TOUTES LES PHOTOGRAPHIES SUR LE PORTFOLIO DU MÊME NOM ATTACHÉ À L’ARTICLE….

VIVRE ENSEMBLE-YANN ARTHUS BERTRAND-PLACE DE LA CONCORDE-©PASCAL THERME2026

22.05.2026 à 18:20

En 1974, Dave est Trop Beau mais l'Intercommunal Music Free Dance Orchestra sauve l'honneur à Prades-Le-Lez

L'Autre Quotidien
Le concert donné à Prades-le-Lez marque les débuts de l’Orchestre intercommunal de musique de danse libre. En 1974, François Tusques et ses compagnons (Michel Marre, Jo Maka, Adolf Winkler et Guem), dans l’esprit de Don Cherry ou de Chris McGregor, démantèlent avec espièglerie toutes les frontières et tous les styles de la musique créative. Et ça swingue velu - mais en dehors des clous !

Texte intégral (1065 mots)

Le concert donné à Prades-le-Lez marque les débuts de l’Orchestre intercommunal de musique de danse libre. En 1974, François Tusques et ses compagnons (Michel Marre, Jo Maka, Adolf Winkler et Guem), dans l’esprit de Don Cherry ou de Chris McGregor, démantèlent avec espièglerie toutes les frontières et tous les styles de la musique créative. Et ça swingue velu - mais en dehors des clous !

Si la France des années 60 a vu le free jazz débarquer avec, justement, François Tusques et son album éponyme, le péquin moyen accroché, par les oreilles, à la radio n’en avait que peu d’échos. En effet, les radios dominantes avaient pour programmateurs des éditeurs de musique qui privilégiaient leurs poulains pour les faire passer à la télé; elle-même tenue par des amis comme les Carpentier et le sinistre Minux… On peut s’en souvenir ( et s’en plaindre) mais pour qui était là on se souvient par cœur des scies de Il était une fois, des Stone et Charden et de l’inénarrable Johnny Arriéré ( Ah que!) - avant que Giscard ne joue de l’accordéon à la télé… `

En 1971, après avoir enregistré une série d’albums qui allaient marquer durablement le jazz français (Free Jazz, bien sûr, avec Michel Portal, François Jeanneau, Bernard Vitet, Beb Guérin et Charles Saudrais, mais aussi Le Nouveau Jazz avec Barney Wilen, ou le solo Piano Dazibao), François Tusques a fondé l’Intercommunal — un regroupement dont le nom même appelait à la fraternisation des différentes communautés composant le pays : Notre musique contribuera, nous l’espérons, à résoudre les contradictions qui existent entre les travailleurs appartenant à différentes communautés, en brisant les diverses formes de chauvinisme national, et plus particulièrement le chauvinisme de certains Français envers les cultures des pays du tiers-monde… Vive l’amitié entre les peuples du monde entier !

Parmi les grands disques enregistrés par l’Orchestre Intercommunal de Musique de Danse Libre, les deux volumes de Concert à Prades-le-Lez occupent la première place, devant L’Inter Communal, Vol. 4, Le Musichien et Après la marée noire (quatre titres déjà réédités par Souffle Continu). François Tusques et ses compagnons (Michel Marre et Jo Maka aux saxophones, Adolf Winkler au trombone et Guem aux percussions) se sont produits les 25 et 26 janvier 1974 au Moulin de Prades-le-Lez, à quelques kilomètres de Montpellier.

« On n’est pas chez les Colonels », nous rassure d’emblée l’Intercommunal, en interprétant un morceau de stride piano porté par des cuivres africains auxquels le public ne peut résister bien longtemps. L’énergie est déjà saisissante et ne faiblit jamais tout au long de ces deux enregistrements, du début à la fin : jazz, blues, musique traditionnelle, minimalisme, voire funk…

Les musiciens de l’Intercommunal ont écouté beaucoup de grande musique et prennent désormais plaisir à la réinventer en mélangeant le tout. « Nous voulons que la forme de la chanson prenne sa place comme une arme dans la lutte contre l’exploitation capitaliste et tous ceux qui nous oppriment moralement et matériellement », déclarait un tract de l’Intercommunal, citant Jean-Baptiste Clément, auteur des paroles de « Le Temps des cerises ». La lutte était donc sérieuse, mais cela n’a pas empêché François Tusques et son groupe de la mener dans un esprit festif : chaque morceau de Concert à Prades-le-Lez lance un appel à l’amour et à la fraternité.

Onze lustres plus tard, à l’époque des idiots bêtes comme de Vilpied et Bol à raie qui, ne comprenant rien au monde d’après, veulent nous faire végéter dans leur fantasme rétro-catho-monarcho-mongolo-facho, il est bon de ré-entendre l’évolution du free jazz hexagonal qui voulait défricher autrement et ailleurs et mutait à loisir pour ce faire. A posteriori, on y entend aussi bien sur le premier disque des envolées à la Sun Ra, que sur le second, des thématiques proches du spiritual jazz dans ce qu’il a de plus groovy et expérimental.

Laisse Bol à raie à Denise et les gros nazes a-historique au puits du Con… Et écoute ça à la place de la pub télé. Ami, tu vas kiffer ! Chaudement recommandé pour le voyage en terrain inconnu.

Jean-Pierre Simard, le 25/05/2026
Intercommunal Free Dance Music Orchestra - Concert à Praz-Le-Lez Vol. 1 & 2 - Souffle Continu

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