LePartisan.info

REVUES

Lien du flux RSS
Réveiller l'espoir en un monde plus beau, plus juste et plus vivable.

22.04.2026 à 07:57

Après Brautigan et Tokyo, Cédric Fabre envisage un Marseille-Montana Express du plus bel effet

L'Autre Quotidien
Longtemps, je me suis levé de bonheur pour lire. Lire beaucoup, avec envie et passion de la découverte, dans le but d’élargir mon horizon ado auxerrois, bloqué au loin sur les collines et le péage de l’autoroute. Partir, revenir, rester ( Heureux qui comme Ulysse… ) - autant de portes et de fenêtres sur l’ailleurs fantasmé autant que rythmé rock. Et puis, j’ai découvert les écrivains voyageurs, dévoré Nicolas Bouvier, Wilfried Thesiger, touché du regard quelque chose de l’humain dans son milieu. Avec Marseille-Montana Express, Cédric Fabre taille sa route en Tintin reporter au pays du Big Sky pour y rallumer quelques lumières avec des auteurs marquants.

Texte intégral (1521 mots)

Longtemps, je me suis levé de bonheur pour lire. Lire beaucoup, avec envie et passion de la découverte, dans le but d’élargir mon horizon ado auxerrois, bloqué au loin sur les collines et le péage de l’autoroute. Partir, revenir, rester ( Heureux qui comme Ulysse… ) - autant de portes et de fenêtres sur l’ailleurs fantasmé autant que rythmé rock. Et puis, j’ai découvert les écrivains voyageurs, dévoré Nicolas Bouvier, Wilfried Thesiger, touché du regard quelque chose de l’humain dans son milieu. Avec Marseille-Montana Express, Cédric Fabre taille sa route en Tintin reporter au pays du Big Sky pour y rallumer quelques lumières avec des auteurs marquants.

Et puis, j’ai acheté des Maneki-neko, histoire de remplacer les bras d’honneur par des salutations.
Comme Cédric Fabre justifie son projet : Adulte, j’ai voyagé pour observer, entre autres obsessions, les ancrages et les déracinements. Au Sénégal, en Nouvelle-Zélande, en ex-Yougoslavie… Et dans le Montana. Pour y rencontrer ces auteurs et autrices venu(e)s du Texas, de l’Oregon ou du Michigan, qui ont fait de Missoula ou de Livingstone leur terre promise de vie et d’écriture. C’est à ces mouvements, géographiques et créatifs, que je songe en regardant les vagues s’éclater contrela petite digue, et au fait qu’aux racines je préfère les destinations. Il y a trente ans, j’ai donc passé l’été 1996 dans lMontana, qui demeure en moi un territoire en partie imaginaire, l’imagination qui naît dans les trous de mémoire. Un espace de liberté, de création littéraire et de partage ; le Montana est une sorte de compagnon de lutte. Quand je cherche du sens à ce que je fais, aux directions que ma vie a prises et aux choix que je m’apprête à faire, les écrivains de Missoula ne sont jamais très loin.

Là-bas, sur les flancs des Rocheuses, sous l’immensité du « Big Sky », on s’assoit aussi sur une butte herbeuse, dans la prairie, et on médite sur ce qu’on est venu chercher ici ; comme naguère les pionniers. Ce voyage est une strate constitutive de ce que je suis ; de ce que je comprends de l’écriture et donc de l’existence et de l’engagement. Est-ce un hasard que je me sois installé à Marseille l’année suivante pour n’en plus bouger ? Comme Marseille, l’Ouest américain a surtout été défini – et figé - dans une imagerie et une mythologie par d’autres ; des écrivains de l’Est en l’occurrence, réduit soit à un jardin d’Eden « vide et vierge », soit, à l’inverse, à ses dangers voire à ses ennemis, les Indiens, les desperados… Peut-être a-t-on en commun ce même esprit frondeur, populaire et « working class ». La grande Bleue, comme les vastes plaines de l’Ouest, seraient des matrices d’histoires d’émigration et d’exil, de naufrages et de massacres et de tragédies, de réussites aussi, qui ont forgé l’Histoire. Des espaces qui ont nourri des récits de périples dangereux : que ce soient ceux des migrants en mer ou des caravanes de colons, de personnes et de familles qui ont fui la misère et rêvé d’une vie meilleure. Et des identités fortes, assumées et revendiquées, tout comme les racines des aïeux, qu’on invoque constamment tout en imaginant faire table rase du passé. Une multiculturalité. Et une « multi-temporalité ».

James Crumley

Des jours où on n'est jamais vraiment là, il y en a. … il y en a de ces jours qui partent avant même qu'on ait ouvert les yeux!

Tokyo-Montana Express (1980) de Richard Brautigan

A l’heure à laquelle on voudrait nous faire croire que des fins de race bretons ou vendéens sont fous de la messe - et auraient quelque chose de neuf à proposer/ imposer en occupant simplement un espace médiatique qu’ils saturent de leurs excréments, s’offrir des voyages qui ne sont pas dans un passé fantasmé réactionnaire a quelque chose de revigorant; qui donne envie d’ouvrir des nouvelles fenêtres sur son écran pour commander des livres, découvrir des styles, retrouver des gens qu’on a lu longtemps auparavant, mais dont le souvenir de fulgurances reste présent. Et c’est ici le cas à laisser s’ouvrir des paysages, des rencontres pas du tout fortuites. Si le voyage est une sensation, ici elle est très forte, à. rappeler l’immensité, la vision et le quotidien d’autres lieux, gens, vécus et comme magnifiés par les écritures distinctes. Alors, s’inscrire et s’écrire dans les paysages et les histoires font partie d’un même mouvement. Comme ici … 

Jean-Pierre Simard, le 22/04/2026
Cédric Fabre - Marseille-Montana Express - Melmac sort la 13/05/2026

21.04.2026 à 11:11

De l'impossible faisons table rase avec des artistes de rue qui s'en emparent

L'Autre Quotidien
Connu pour ses projets photographiques collaboratifs tels que « Invisible Jumpers », Joseph Ford s’intéresse à la perception et à l’intervention. Sa série en cours, « Impossible Street Art », invite des artistes tels qu’Antonyo Marest, Alex Senna et MadC à imaginer leurs œuvres dans des paysages monumentaux grâce à un petit tour de passe-passe.

Texte intégral (1282 mots)

Connu pour ses projets photographiques collaboratifs tels que « Invisible Jumpers », Joseph Ford s’intéresse à la perception et à l’intervention. Sa série en cours, « Impossible Street Art », invite des artistes tels qu’Antonyo Marest, Alex Senna et MadC à imaginer leurs œuvres dans des paysages monumentaux grâce à un petit tour de passe-passe.

Alex Senna, Luzzone Dam, Switzerland

Les artistes créent des interventions en trompe-l’œil sur les photographies de Ford, qu’il documente ensuite sur un chevalet devant ce même lieu afin de donner une idée de ce à quoi ressembleraient ces immenses peintures ou installations in situ.

« Ces nouvelles œuvres explorent principalement les infrastructures sous la forme d’énormes constructions en béton : centrales nucléaires, barrages, centrales à combustibles fossiles », explique Ford. Les lieux sont souvent liés aux industries et au réseau de production d’énergie, comme les systèmes hydroélectriques, ou aux configurations logistiques liées aux autoroutes et aux ports.

Skirl, Sizewell Nuclear Power Plant, U.K.

Par exemple, la centrale nucléaire « peinte » par Skirl est située dans une vaste réserve naturelle sur la côte est de l’Angleterre, à proximité du Suffolk & Essex Coast & Heaths National Landscape, et une nouvelle centrale est actuellement en construction malgré une forte opposition locale.

« Ces sites se trouvent physiquement dans le domaine public et dominent leur environnement par leur taille gigantesque, mais leur accès est souvent restreint. Ils nous sont imposés – il est impossible de ne pas les voir – mais il est impossible d’interagir avec eux, de les utiliser, voire parfois de s’en approcher. » En superposant du street art sur des sites autrement inaccessibles, Ford et les artistes participants abordent ces constructions imposantes et la nature de la production énergétique comme « un moyen de se les réapproprier et d’interagir avec elles », explique-t-il.

Découvrez le travail de Ford ce mois-ci à The Other Art Fair à Chicago, qui se tient du 9 au 12 avril.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur Instagram.

John Nesbitt, le 22/04/2026 avec Colossal MAG
Joseph Ford - Photos impossibles

Chris RWK, New Jersey

21.04.2026 à 10:51

Lutter par le soin : Résistances et poétique du lien

L'Autre Quotidien
Lutter : du latin luctari, se débattre, résister, tenir. Soin : de sollicitudo, l’attention inquiète, la présence qui maintient en vie.Ces deux gestes, longtemps tenus pour incompatibles, partagent pourtant un même territoire : celui du maintien. Lutter, c’est chercher à garder ouvertes des possibilités, à préserver des idées, des pratiques ou des liens susceptibles de disparaître. Soigner, c’est accompagner ce qui vacille. L’un relève de l’effort, l’autre de la présence ; tous deux sont des formes d’attention agissante face à ce qui nous menace.

Texte intégral (1206 mots)

Lutter : du latin luctari, se débattre, résister, tenir. Soin : de sollicitudo, l’attention inquiète, la présence qui maintient en vie.Ces deux gestes, longtemps tenus pour incompatibles, partagent pourtant un même territoire : celui du maintien. Lutter, c’est chercher à garder ouvertes des possibilités, à préserver des idées, des pratiques ou des liens susceptibles de disparaître. Soigner, c’est accompagner ce qui vacille. L’un relève de l’effort, l’autre de la présence ; tous deux sont des formes d’attention agissante face à ce qui nous menace.

Chez Foucault, dans Le Souci de soi (1984), la lutte se loge dans le quotidien : écrire, cuisiner, réparer, glaner, transmettre. Il y voit une éthique active, un travail de transformation discret. De leur côté, TronToeT GilliG décrivent le soin comme une éthique relationnelle fondée sur la vulnérabilité partagée. Prendre soin, c’est reconnaître notre interdépendance et soutenir des formes de vie fragiles. Il s’agit d’un geste politique trop souvent invisibilisé car associé au domestique et au non-monumental. Traversée par différents fluides (lait, eau, sang, ferments, sécrétions, flux interespèces, son), l’exposition tisse un écosystème de relations où apparaissent des modes de résistance lente : nourrir, filtrer, hydrater, envelopper, faire circuler entre les corps ce qui permet de tenir.Dans cette écologie de pratiques, les œuvres de Joanna Wong et Mathilde Cohen, Stéphanie Sagot, Grégory Baptista, Charlotte Janis et Minia Biabiany ouvrent un champ commun plutôt qu’un récit linéaire. Elles composent un ensemble de pratiques attentives : transmissions nourricières, relations interespèces, mémoires situées, formes de soutien mutuel. Ensemble, elles font émerger une politique du care3 entendue comme responsabilité, ajustement et co-dépendance, des modes d’existence qui réaffirment la primauté des liens.Ici, la résistance ne prend pas la forme de l’affrontement, mais celle du geste tenace, d’un contre-récit qui rompt avec le paradigme de la performance individuelle. Une cuisine silencieuse, une fermentation lente, un rituel partagé : autant d’actes inaperçus du capitalisme et pourtant essentiels à la survie sensible des communautés. Fabien Vallos parle de désœuvrement pour désigner ces pratiques qui soutiennent sans produire, qui transforment sans conquérir, une lutte qui tient le monde debout.

Pour le collectif Enoki, la curation est un espace de relation et de responsabilité : une manière d’habiter l’exposition en soutenant des formes de vie et les conditions qui les rendent possibles. Notre travail repose sur l’attention, l’ajustement et la responsabilité partagée plutôt que sur la mise en ordre ou la performance. Nous cherchons à préserver les récits vulnérables et à maintenir ouverts les espaces où des relations peuvent se tisser. La curation est pour nous un geste de soutien actif : une façon de tenir, avec et pour les autres.

Mardi 5 mai à 19h15, ATELIER D’ECRITURE — Adultes
Avec les Amis de la Librairie l’Établi
Réservation auprès de la Librairie L’Établi.
Durée approx. 1h45 minutes

Samedi 23 mai à 15h30, VISITE L’Art à Portée de Mains
Visite commentée bilingue en Langue des Signes Française et en français, pour toutes et tous : sourd·e·s, malentendant·e·s et entendant·e·s.
Réservation nécessaire en cliquant ici ou par SMS au 07 83 57 28 32
Durée approx. 1h

Samedi 30 mai à 15h30, VISITE Bloup’Blop
Une visite-atelier commentée et amusante pour les 7 à 11 ans.
Réservation nécessaire en cliquant ici
Durée approx. 45 minutes

Samedi 6 juin mars ouverture exceptionnelle de 16h à 23h, NUIT BLANCHE
Retrouvez toute la programmation en détail en cliquant ici.

de 16h à 17h : temps de soin
de 17h à 17h45 : salon de lecture
de 18h à 19h : visite Vin contemporain — réservation nécessaire en cliquant ici.
de 19h à 20h : visite de l’exposition par Joanna Wong, membre du collectif Enoki
de 20h à 21h : Écriture, Mouvement, Amour : Les écritures bougées 10ème édition.

Vendredi 12 juin, FERMETURE EXCEPTIONNELLE

Samedi 13 juin de 13h30 à 15h, BANQUET
Organisé par Joanna Wong et Mathilde Cohen. Sur réservation uniquement.
and at 15:30, Let’s Go! VISIT
Let’s visit the exhibition in English! All levels are welcome, even beginners! A vocabulary list will be provided before the visit.
Llimited places, reservation required by clicking here.
Approx. duration 45 minutes

Phil Deufer , le 22/04/2026

LUTTER PAR LE SOIN : RÉSISTANCES ET POÉTIQUE DU LIEN -> 20/06/2026
artistes : Minia Biabiany, Charlotte Janis, Stéphanie Sagot, Grégory Baptista, Joanna Wong en collaboration avec Mathilde Cohen
curation : collectif Enoki (Barbara Lagié, Ludivine Pangaud, Joanna Wong
CAC La Traverse, Centre d'art contemporain d'Alfortville 9, rue Traversière. 94140 Alfortville

⬅️ 12 / 20 ➡️

  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
April - Libre à lire
Dans les algorithmes
Framablog
Goodtech.info
Quadrature du Net
Revue Eur. Médias et Numérique
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview