16.06.2026 à 14:30

Pensiez-vous tranquillement aux vacances et comptiez-vous mettre la politique dans votre rétroviseur pour la période estivale ? N'espérez pas trop, elle va vous revenir en arrière de la tête, tel un boomerang.
Pour pas que cela n'arrive pas du tout, il ne faudrait pas que vous déménagiez cet été, car vous pourriez grossir les rangs des 2000 familles sans nouveau logement ou, encore pire, atterrir parmi les 12 000 personnes en situation d'itinérance – attention, ce chiffre est très conservateur, j'ai vu des estimations à 14 000 et nous parlons seulement de l'itinérance visible, pas des couch surfers. La bonne nouvelle, si vous êtes chanceux, vous n'appartiendrez pas, non plus, aux insolvables, dont le nombre atteint des records au Canada, pour cause de hausse vertigineuse du coût de la vie. C'est sûr qu'avec un endettement moyen des ménages québécois à l'équivalent 1,70$ pour chaque dollar gagné, il n'y a pas beaucoup de marge de manœuvre.
Peut-être que si vous roulez – en voiture électrique, minimalement – assez loin dans le Nord, vous pourrez échapper à l'inévitable étuve montréalaise (ou celle de n'importe quelle ville moyenne bien bétonnée), ses pittoresques zones de chaleur, avec pas d'arbres, juste de l'asphalte et pas de piscine publique extérieure. Deux prédictions inverses circulent : ce sera un été aussi frais que 2017 ou, au contraire, cela va être aussi brûlant que les trois dernières années qui, individuellement, ont battu de nouveaux records. Dans ce cas, il faudra monter très haut : je suggère la Baie-James, paraît que c'est très venteux. Vous pourriez essayer d'y tremper vos pieds. Oh non ! Vous ne pourrez pas ! Les bassins hydrologiques sont en baisse de 76%. C'est plus ou moins rendu de gros trous d'eau. Aucune inquiétude à avoir pour les prochains pics de consommation de l'hiver prochain, n'est-ce pas ? L'écologie, l'économie ne s'arrêtent pas l'été. Rendus à ce point, il serait plus simple de vous imaginer en vacances au frais, c'est moins cher et cela consomme moins d'énergie.
Si vous ne vous occupez pas de la politique, elle s'occupe de vous néanmoins
Assurément, si nous avions de bons politiciens, nous pourrions nous reposer pendant l'été, mais, malheureusement, nous sommes pris avec de petits magouilleurs. Nous le savons, tellement qu'en sondage, entre tous les chefs de partis, celui en qui on a le plus confiance, à un point près, est Aucun, qui score à 23%. Tout juste devant : à 24%, PSPP. Non content d'avoir glissé de plus en plus bas dans la confiance des électeurs durant la dernière session parlementaire, il se lance dans un mud fest ou, pour les rigoristes de la loi 101, un festival de la grosse bouette. Lors des bilans de fin de session, il a associé le parti libéral de Charles Milliard au crime organisé. Sérieux ? Milliard est prodigieusement ennuyeux. Son nom, lequel aurait été prophétique pour un banquier, est seulement incongru pour un pharmacien de profession ; et, sa stratégie politique qui consiste à bouger le moins possible, tel un blanc lièvre pris dans un banc de neige en plein hiver, l'invisibilise complètement, ou presque, dans le paysage politique. L'associer aux Hell Angels, le vrai crime organisé, relève de l'humour involontaire. Un Milliard, motard tatoué et devenu chef du parti libéral, aurait quelque chose de truculent.
Bien entendu, PSPP n'a aucun don pour la comédie, sauf par accident, donc il ne voulait pas nous réjouir par ses propos. Il était juste en train de nous préparer une petite magouille préélectorale. Ses propos sont à la limite de la diffamation : par crime organisé, il entendait plus un système de prête-noms que la Casa Nostra, pas le restaurant, l'organisation mafieuse sicilienne. Toutefois, à cause de cette association, le Parti Libéral risque de devoir envoyer une mise en demeure pour sauvegarder sa réputation. PSPP, dans un numéro de claquettes prévisible et toujours pas drôle, va refuser de se rétracter et nous danser la petite danse d'Annie l'orpheline, « C'est une vie de coups durs » ( « Its a hard knock life »). J'insère ici une parenthèse : je ne connais rien aux claquettes, le seul film auquel j'ai pu penser, c'est Anny, la version de 1982, où des orphelines, dont une petite rousse frisée, se plaignent de la vie difficile dont elles sont victimes. Par ailleurs, imaginer PSPP en robe rouge et en souliers vernis, ce n'est pas très rafraichissant sur le plan de la température, néanmoins c'est un peu drôle.
En refusant de se rétracter, disais-je, PSPP ne donnera pas le choix au Parti Libéral d'envoyer ladite mise en demeure et il pourra jouer la victime de censure, se faire le défenseur du peuple contre la corruption ignoble du Parti libéral. Sauf que… Le PQ, historiquement, n'est pas sans faute sur le plan de la corruption. Lors de la commission Charbonneau, des responsables de financement du PQ, comme Ginette Boivin et Lucie Papineau, avaient été pointées du doigt. Les hauts placés dans le parti avaient aussi bénéficié d'informations confidentielles sur des contrats à venir auprès des ministères, cela pouvait laisser supposer une volonté de trafic d'influence. Cet avis sur les malversations possibles du PQ avait finalement été abandonné du rapport final.
Autre fait étrange, en 2019, le PQ cumulait 2,4 millions de déficits et, l'année suivante, il se trouvait avec un surplus 1,3 million. Il semble que PSPP soit meilleur en comptabilité que François Legault, mais, de l'aveu même du site du Journal de Montréal, en 2025, le PQ a environ cumulé, comme chaque année depuis que le nouveau chef est là, 900 000$. Je ne fais pas de journalisme d'enquête et je n'ai pas accès aux chiffres, peu nombreux, des grands médias. Comment ont-ils pu générer plus de 3 millions en une année pour se sortir du trou en 2020 ? Cela m'a toujours paru nébuleux. Comme je crains les mises en demeure, c'est si facile de médire dans un média, voici : je n'affirme pas que le PQ a triché sur le plan des finances, j'affirme simplement les limites de ma compréhension.
Je confirme que je ne pense pas que le PQ est lié au crime organisé. C'est une sorte de rétractation anticipée.
Comme est-ce que l'on doit envisager la campagne à l'automne ? J'ai l'impression que cela va être boueux. Va peut-être falloir investir dans les bottes en caoutchouc.
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