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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

16.06.2026 à 13:58

Coupe du monde : le football est-il condamné à être une industrie insoutenable ?

Alexandre-Reza Kokabi

La Coupe du monde le montre une fois encore : le football professionnel est devenu une industrie insoutenable. Du Brésil à la France, ce sport est aussi, dans les stades ou dans la rue, un bel espace de résistance, comme le narrent ces œuvres.

Tiré de Reporterre. Légende de la photo : Deux membres des Dégos lors du tournoi pour Toutes organisé par Les Hijabeuses en juin 2021. Par Teresa Suarez.

Le coup d'envoi sera donné jeudi 11 juin. Quarante-huit équipes, trois pays hôtes — Canada, États-Unis, Mexique —, des milliers de kilomètres d'avion entre les sites de compétition, un partenariat de la Fifa avec Aramco, géant pétrolier saoudien, et des profits qui s'annoncent records.

La Coupe du monde 2026 est un cas d'école : avec le Mondial au Qatar en 2022 et ses 6 500 travailleurs migrants morts sur les chantiers, jamais une compétition sportive n'aura autant symbolisé l'insoutenabilité structurelle du sport-spectacle. Ce qu'elle reflète, c'est ce que le football professionnel est devenu en trente ans : une industrie indifférente à la planète qui la supporte.

La révolution libérale, ou comment le foot a été capturé

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter aux années 1990. C'est ce que fait Jérôme Latta dans Ce que le football est devenu — Trois décennies de révolution libérale (Divergences, 2023). Cofondateur des Cahiers du football et chroniqueur au Monde, Jérôme Latta y décrit une « révolution libérale qui a empoisonné le football en le rendant mortellement séduisant » : l'explosion des droits télévisés, qui a reconfiguré les compétitions et leurs calendriers non plus pour le public mais pour les diffuseurs ; la libéralisation du marché des joueurs, réduits à des « actifs spéculatifs » ; la concentration des ressources dans une poignée de clubs, formant une oligarchie dont la puissance financière détermine désormais les résultats sportifs. Les stades sont devenus des « centres de profit », les spectateurs des « consommateurs ».

Une douce chimère que d'espérer changer tout ça ? « Céder au fatalisme, ce serait l'assurance que rien ne change, répond Latta. D'un programme de réformes réalistes à une révolution, tout reste imaginable. »

Un autre football n'a jamais cessé d'exister

Ce que déconstruisent les œuvres suivantes, c'est l'idée que le football populaire serait un paradis perdu. Un autre football coexiste, résiste, s'invente — parfois sur les mêmes pelouses que le foot-business, dans les mêmes tribunes, et depuis bien plus longtemps qu'on ne le croit.

Une histoire populaire du football de Mickaël Correia — publié en 2018 aux éditions La Découverte, puis adapté en bande dessinée avec JC. Deveney et Lelio Bonaccorso chez Delcourt en 2025 — en donne la mesure. Le livre suit le ballon rond « par en bas », et chaque exemple dit quelque chose d'une époque.

Pendant la Première Guerre mondiale, des munitionnières — ces ouvrières des usines d'armement britanniques — ont fondé leurs propres équipes de football, et joué devant des dizaines de milliers de spectateurs. En 1920, 53 000 personnes ont assisté à un match des Dick, Kerr Ladies à Goodison Park. Le 5 décembre 1921, la Fédération anglaise interdisait aux clubs de prêter leurs terrains aux équipes féminines. L'interdiction a duré cinquante ans. Les joueuses ont continué pourtant, dans des parcs improvisés, ou en fondant cinq jours plus tard leur propre ligue.

Puis est venu Matthias Sindelar, attaquant autrichien surnommé le « Mozart du football ». Après l'Anschluss de mars 1938, le régime nazi a organisé un match censé célébrer l'annexion de l'Autriche : les deux équipes devaient se quitter sur un 0-0 fraternel. Devant 60 000 spectateurs au Praterstadion de Vienne, Sindelar s'est appliqué à rater ses occasions… jusqu'à la 70ᵉ minute, où il marqua. Puis il dansa, ostensiblement, devant la tribune des dignitaires nazis. L'Autriche s'imposa 2-0. Sindelar refusa ensuite de porter le maillot du Reich. Il fut retrouvé mort dans des conditions troubles en janvier 1939.

Quarante ans plus tard, c'est au Brésil que le ballon roule contre une dictature. Dans Latéral gauche — Figures du foot politique (Libertalia, 2026), le journaliste et historien du sport Nicolas Kssis-Martov raconte notamment l'expérience de la « démocratie corinthiane » : de 1981 à 1984, le médecin et milieu de terrain Sócrates et ses coéquipiers du Sporting Club Corinthians Paulista inventent une forme d'autogestion totale du club — joueurs, masseurs, chauffeurs de bus votent ensemble toutes les décisions, à égalité. Ils floquent « democracia » dans le dos de leurs maillots, s'engagent dans le mouvement Diretas Já pour des élections libres, et font du terrain une tribune. La dictature s'essouffle. Les Corinthians n'y sont pas pour rien.

Ce fil se prolonge jusqu'à aujourd'hui. En 2022, au Brésil toujours, les torcidas du Corinthians — dont les Gaviões da Fiel avaient déclaré publiquement en 2018 qu'« un Gavião ne vote pas Bolsonaro » — brisent les barrages érigés par des camionneurs bolsonaristes pour empêcher la transition démocratique après la défaite du président sortant. Sur les pelouses, dans les tribunes ou dans la rue, cette histoire populaire du football continue de s'écrire.

Cartographier, proposer, inventer

C'est ce foisonnement que documente l'Atlas du football populaire de Yann Dey-Helle (Terres de feu, 2024), animateur du site Dialectik Football, média au point de vue résolument anticapitaliste sur le ballon rond. Son inventaire est minutieux : des supporters' trusts anglais (ces associations de fans qui, depuis les années 1990, résistent aux propriétaires, reprennent leurs clubs ou en créent de nouveaux) à l'Unionistas de Salamanque, club de troisième division espagnole géré par plus de 5 000 socios sans aucun actionnaire privé ; du Clapton Community FC de Londres (club antifasciste de dixième division, ancré dans l'est populaire de la capitale, qui draine plusieurs centaines de spectateurs à chaque match) au collectif féministe La Nuestra en Argentine, dont les joueuses revendiquent un football libéré des logiques de performance et de compétition.

En France, les alternatives, encore rares, se développent surtout à l'écart du football fédéral classique, dans le giron de la FSGT — Fédération sportive et gymnique du travail —, qui abrite des clubs comme Les Dégos, collectif majoritairement composé de lesbiennes et de personnes trans luttant contre les discriminations dans le sport, ou encore Melting Passes, né de la rencontre entre des mineurs étrangers isolés et des étudiants en droit, dont l'épopée a été documentée dans le film Just Kids.

Le Ménilmontant FC 1871, à Paris, a fait le choix inverse : évoluer au sein de la FFF — dans le district de Seine-Saint-Denis — pour « toucher le plus de personnes possible », selon ses fondateurs. Autogéré, autofinancé, fonctionnant en assemblée ouverte où chaque voix a le même poids, ce club né en 2014 dans le sillage de militants antifascistes et d'ex-ultras parisiens revendique une identité politique affirmée. Son slogan : « Love football, hate fascism ». Le documentaire Notre Ligue des champions donne la parole à ses adhérents.

Ces alternatives ont leurs limites, que Yann Dey-Helle ne dissimule pas. Évoluer dans un système capitaliste impose des compromis. Et le football populaire, même prospère dans les divisions amateurs et dans une fédération à part, peine à faire bouger les instances qui gouvernent le haut niveau.

Contrer, dribbler, inventer

C'est précisément ce plafond que cherche à faire sauter Foot Manifesto — 15 propositions pour sauver le ballon rond de Mickaël Correia et Sébastien Thibault (Divergences, 2026), dont le premier chapitre est vide, intentionnellement. Cette absence de mots est dédiée au silence imposé à Christophe Gleizes, journaliste à So Foot et Society, arrêté au printemps 2024 alors qu'il enquêtait sur la Jeunesse sportive de Kabylie — le plus grand club de football d'Algérie — et condamné à sept ans de prison sous des charges d'apologie du terrorisme criminalisant en réalité un reportage. La rédaction de Reporterre se joint aux auteurs pour réclamer sa libération.

Structuré en trois temps — contrer, dribbler, inventer —, l'ouvrage rassemble journalistes, universitaires, éducateurs et écrivains autour de quinze propositions. Certaines relèvent de la régulation : abolir le Ballon d'or, ce dispositif de starification qui naturalise un ordre du monde capitaliste et eurocentré sous les atours de la méritocratie sportive ; réformer une Fifa que son propre président, Gianni Infantino, a selon eux transformée en monarchie privée.

« L'accaparement du football n'est pas une fatalité »

D'autres relèvent de la démocratisation : instaurer la propriété collective des clubs, garantir la gratuité des retransmissions, organiser la décarbonation des compétitions à l'heure du dérèglement climatique. D'autres encore, plus inattendues : transformer les grands stades — souvent construits sur fonds publics, occupés par des clubs privés et vides les trois quarts du temps — en équipements à mission ouverts aux associations, aux structures d'insertion, aux habitants des quartiers populaires qui en sont trop souvent tenus à l'écart.

« L'accaparement du football par les obsédés de la rentabilité n'est pas une fatalité », écrit Mickaël Correia en préface. Sur ce point, ces œuvres rappellent que pour en finir pour de bon avec le foot-business, c'est bien au capitalisme qu'il faudrait s'attaquer. Le football, lui, survivra, car il « n'a nul besoin de tout cet argent qui se déverse sur lui et qui le corrompt, écrit Jérôme Latta. Ceux qui l'aiment ne l'aimeront pas moins. »

Le Mondial 2026 sera ce qu'il sera : quarante-huit équipes, trois pays, Aramco. Pendant ce temps, ailleurs, le ballon roule autrement.


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16.06.2026 à 13:58

Un scoop… vieux de cent ans

Germain Dallaire

Bienheureuse Jeanne d'Arc, ça ne vous dit certainement pas grand-chose à part peut-être la fameuse héroïne française qui a joué un rôle décisif dans la guerre de cent ans. C'était pourtant le nom d'un village prospère au lac Saint-Jean au début du siècle dernier.

Numéro spécial de l'Action Nationale sur l'avenir du Saguenay lac Saint-Jean

Germain Dallaire
Personnellement, malgré plusieurs décennies de recherches sur l'histoire du Saguenay lac Saint-Jean, j'ignorais cette histoire et c'est l'idée lumineuse d'un artiste (1) du lac qui m'a révélé son existence.

Comme sa célèbre marraine, le village de Bienheureuse Jeanne d'Arc a eu une vie courte (1916-1931). À l'inverse de celle-ci cependant, il n'est pas péri par le feu mais plutôt enseveli par les eaux lorsqu'Alcan a fermé le vannes de son nouveau barrage d'Iles Malignes à l'embouchure du lac Saint-Jean provoquant ainsi une augmentation permanente de 10 pieds qui allait consacrer par le fait même le passage de son statut de lac à celui de réservoir.

Officiellement, selon les registres provinciaux, Bienheureuse Jeanne d'Arc a été fondée en 1916 et dissoute en 1931. Son territoire qui correspond à la Pointe Taillon actuelle plus l'île Bouliane dont il n'était séparé que par un ruisseau (aujourd'hui c'est un kilomètre d'eau) était déjà occupé avant 1916 et il s'est rapidement vidé de ses habitants après 1926. À partir de 1905, il y avait une ferme industrielle employant jusqu'à 125 personnes et en 1909, cette ferme est arrivée deuxième pour la médaille d'argent du Mérite Agricole au Québec. Soit dit en passant, ces 125 personnes étaient dirigées par un certain Onésime Tremblay.

Il faut dire qu'à l'époque, le lac Saint-Jean portait le titre de « grenier du Québec » et ce n'était pas que « vantardise de bleuet » puisque la région collectionnait les prix agricoles. En 1915, c'est 27 des 39 prix attribués dans l'ensemble du Québec qu'elle a raflé. Le lac draine un bassin hydrographique aussi grand que le Nouveau Brunswick. Avant 1926, sa superficie augmentait du tiers au printemps et son niveau de 20 à 25 pieds. Le débit de la rivière Saguenay atteignait une intensité comparable à celle des Chutes Niagara. Comme pour le Nil, cette crue printanière de deux à trois semaines fertilisait les terres et constituait la base du succès des près de mille agriculteurs qui s'activaient à sa périphérie.

De cette prospérité agricole, Bienheureuse Jeanne D'Arc en était peut-être le fleuron comme en témoigne sa ferme industrielle. D'une superficie de 16 000 acres (plus de 8 000 terrains de football), le village comptait en 1926 pas moins de 352 habitants desservis par trois écoles et deux magasins généraux. Deux fromageries et deux scieries y étaient en opération. Après l'ennoiement, la municipalité a cherché à survivre mais le coût des réparations a vite dépassé les revenus. Comble malheur ou d'injustice (on manque de mots), Alcan devenu le principal propriétaire foncier ne payait même pas ses taxes. La municipalité a été dissoute en 1931.

« Les perdants n'ont pas d'histoire » nous dit l'adage. Bien sûr, la disparition de Bienheureuse Jeanne d'Arc n'est pas un secret au sens strict. Il s'agit plutôt d'un fait volontairement refoulé, occulté, le genre de phénomène que l'historien Yvan Lamonde qualifierait peut-être de « coin dans la mémoire ». Un fait occulté comme l'a été l'excellence agricole de la région avant 1926 et surtout, comme l'a été le vol de la meilleure partie des terres de près de mille agriculteurs. Tout ça, il n'est pas inutile de le rappeler, dans la duperie, le mensonge et la magouille impliquant l'ensemble de la classe dirigeante. Dire qu'il s'agit d'un épisode honteux de notre histoire est un euphémisme.
On a fait tout ça au nom du développement industriel mais surtout au bénéfice des plus puissants intérêts financiers américains. Andrew Mellon, propriétaire d'Alcoa, est celui qui a ramassé la mise en 1926. Cet homme est passé en quelques années d'homme le plus puissant des États-Unis à l'homme le plus détesté lorsqu'on a découvert qu'il s'est servi de son poste de Secrétaire au Trésor (1920 à 1932) pour s'attribuer des avantages fiscaux à lui et ses p'tits copains industriels. Il a terminé sa vie dans la honte et en achetant sa liberté. Aujourd'hui à Arvida, le boulevard principal s'appelle Mellon. Aujourd'hui au Saguenay Lac Saint-Jean, le développement industriel lié à l'aluminium a fait long feu. Il ne reste qu'un peu plus du quart des 12 000 emplois du début des années 60 et le déclin se poursuit. Aujourd'hui, profitant outrageusement de son privilège, Rio Tinto est tranquillement en train d'opérer sa mue vers une compagnie d'électricité et de lithium. Tout ça sans le dire évidemment. Les mauvais coups, ça se fait en silence.

Vous pouvez découvrir la face cachée de ces cent ans de l'industrie de l'aluminium au Saguenay Lac Saint-Jean en commandant la revue à cette adresse :https://action-nationale.qc.ca/produit/mai-juin-2026/. Papier :15$, PDF : 13$ + taxes).

(1) Simon Emond est un artiste de Métabetchouan qui a eu la lumineuse idée de faire revivre le village de Bienheureuse Jeanne d'Arc par un projet d'installation de lumières dans l'eau au-dessus d'une partie submergée du village. Le tout pour commémorer le centième anniversaire de son ennoiement. Son projet avançait bien, il a réussi à récolter environ 60 000$ (sauf erreur) de financement social. En début d'année, il apprenait cependant que le Ministère de l'environnement n'autorisait pas le projet en raison d'enjeux environnementaux. Encore là, les mots nous manquent. Si le Ministère de l'environnement avait seulement le début du commencement de la queue de telles réserves avec le massacre des rives du lac par la gestion de Rio Tinto, on commencerait peut-être à comprendre mais… parlez-en aux résidents de Pointe Langevin.
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16.06.2026 à 13:58

Football : Prêts pour une nouvelle coupe du monde de la honte ?

Loïc Le Clerc

Ce mercredi 11 juin donne le coup d'envoi de la coupe du monde de football. Un mois, 104 matchs répartis entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Pour cette compétition majeure du premier sport planétaire, faut-il tout accepter sans broncher ?

Tiré de la Lettre de Regards. 11 juin 2026

En 2022, la dernière coupe, nous avions eu le Qatar mafieux, ses milliers d'esclaves morts sur les chantiers de stades climatisés et son homophobie en bandoulière ; pour l'édition 2026, nous aurons les États-Unis de Donald Trump avec pour thème principal la xénophobie. Washington avait annoncé la couleur fin 2025 en publiant une liste de pays « blacklistés » dont certains participent à la compétition ! C'est le cas d'Haïti, de l'Iran, du Sénégal et de la Côte d'Ivoire… Une liste que ressemble à s'y méprendre aux « pays de merde » dont parlait déjà le président américain en 2018.

Un homme a payé cash les frais de cette politique ségrégationniste : l'arbitre international somalien Omar Abdulkadir Artan, élu meilleur arbitre masculin africain 2025. Son pays fait partie de la liste de Trump. Aussi s'est-il fait refoulé à la frontière – malgré son visa diplomatique –, placé en détention plusieurs heures et a subi 11 heures d'interrogatoire. Le tout sans aucune raison autre que sa nationalité – « Je ne peux pas entrer dans les détails, mais ce que je peux vous dire, c'est que c'était pour une très bonne raison », a assuré le très servile Andrew Giuliani, chargé de l'organisation de la Coupe du monde auprès de la Maison-Blanche. Omar Abdulkadir Artan devait être le premier Somalien à arbitrer en coupe du monde. Deux Irakiens, le footballeur Aymen Hussein et le photographe officiel de la sélection, ont eux aussi été retenus de longues heures à l'aéroport. Le photographe s'est fait refouler, malgré un visa valide ainsi qu'une accréditation officielle délivrée par la FIFA.

D'autres scènes ont été particulièrement choquantes. L'arrivée des délégations sénégalaises et ouzbèkes avec fouilles au corps poussées sur le tarmac de l'aéroport. L'équipe nationale d'Iran a encaissé le pire. « Nous ne laisserons pas l'Iran abuser du système pour faire entrer clandestinement des terroristes dans notre pays », osait un membre de l'administration américaine. Du coup, les Iraniens doivent être protégés par la garde nationale mexicaine dans la ville de Tijuana (Mexique) où ils résident ; entraînements fermés au public et à la presse ; suppression de tous les billets auxquels le pays a droit, ce qui rend quasi impossible aux supporters iraniens d'assister aux matchs. Les joueurs ont aussi mis du temps pour obtenir les visas… ce qui n'a pas été le cas de tous les membres du staff. Les joueurs n'ont pas le droit de rester plus de 48 heures sur le sol américain. Or les Iraniens jouent leurs trois matchs de poule à Los Angeles et Seattle. Ils devront donc à chaque fois faire l'aller-retour avec leur camp de base situé à la frontière. N'auraient-ils pas pu jouer au Mexique ? L'Iran en a fait la demande, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a dit « Pas de problème », la FIFA a refusé…

Dans toutes ces affaires, la FIFA a baissé les yeux et baisé les pieds de Donald Trump, indiquant qu'elle n'intervenait pas dans les « procédures d'immigration du pays hôte ». Coupe du monde après coupe du monde, on commence à comprendre que la FIFA ne défend aucune valeur autre que celle de l'argent. Son président Gianni Infantino vient de lancer un « appel à la paix ». On rappelle qu'il a également créé de toute-pièce un « prix de la paix FIFA » dont le premier lauréat est Donald Trump.

Voilà les bases sur lesquelles ces mêmes États-Unis accueilleront les Jeux olympiques l'année prochaine…

Loïc Le Clerc


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