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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

16.06.2026 à 13:48

La FIQ réclame des engagements des élu-e-s | Prendre soin sans être soutenues : la réalité quotidienne des professionnelles en soins

Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec—FIQ vient de mener une action de visibilité près de l'Assemblée nationale afin de sensibiliser les élu‑e‑s à l'urgence d'implanter des ratios sécuritaires dans le réseau de la santé et d'obtenir de leur part des engagements fermes en ce sens. À cette occasion, des militantes de la Fédération ont remis aux député-e-s une trousse d'information comprenant des données terrain, des témoignages et des propositions concrètes pour améliorer l'organisation des soins et mieux protéger à la fois les patient-e-s et le personnel soignant. Par cette initiative, la FIQ souhaite faire des ratios sécuritaires un enjeu incontournable en vue de la prochaine campagne électorale et amener les formations politiques à se positionner clairement.

Pour la Fédération, le constat est sans équivoque : partout au Québec, les professionnelles en soins sont confrontées à une surcharge de travail majeure, qui compromet directement la qualité et la sécurité des soins offerts à la population, faute de temps pour exercer selon les plus hauts standards. « On demande aux professionnelles en soins d'être toujours plus agiles, plus performantes, plus silencieuses… mais sans ressources supplémentaires. Cette recette mène droit à l'épuisement, à la perte d'expertise et à des soins fragilisés », dénonce la présidente de la FIQ, Julie Bouchard.

Des Laurentides à l'Abitibi-Témiscamingue, de la Montérégie à l'Estrie, en passant par Montréal, Lanaudière, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Mauricie–Centre-du-Québec, le constat est le même : des plans de contingence qui s'inscrivent dans la durée, un non-remplacement systématique du personnel absent, une surcharge de travail chronique, un nombre de patient-e-s trop élevé (notamment en CHSLD, en urgence, en santé mentale et en soutien à domicile) ainsi que des professionnelles en soins contraintes de renoncer à leurs pauses et repas. À cela s'ajoutent une peur grandissante de dénoncer et une perte de confiance envers des gestionnaires qui multiplient les discours rassurants sans livrer de résultats.

Dans plusieurs milieux, les membres se mobilisent : pétitions, affichage, plaintes en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, manifestations, collectes de données et interpellations publiques. Ces actions ont parfois permis d'obtenir des gains ciblés — matériel essentiel, ajustements organisationnels, reconnaissance de problèmes réels — mais, trop souvent, l'ajout de personnel n'est pas au rendez-vous. « Les équipes de soins ne sont pas dupes. Elles entendent les promesses, mais vivent la réalité sur le terrain. Et cette réalité, c'est une organisation du travail qui ne tient plus. Les directions connaissent très bien la situation, mais continuent de faire la sourde oreille. Il est urgent de prendre le virage vers des ratios sécuritaires assurant un nombre adéquat de patient-e-s par professionnelle en soins », souligne Mme Bouchard.

Ailleurs au Canada : le virage vers les ratios bien amorcé

Les expériences menées ailleurs au Canada montrent que l'implantation de ratios sécuritaires produit des résultats concrets : en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse, on observe une meilleure rétention du personnel, liée à une charge de travail plus soutenable, ainsi qu'une amélioration de la qualité des soins. Au Manitoba, le gouvernement s'est engagé dans une démarche législative pour encadrer ces ratios, tandis qu'en Ontario, plusieurs études en recommandent l'adoption en raison de leurs effets positifs sur la sécurité des patient-e-s et la réduction de l'épuisement professionnel.

Ces constats confirment que les ratios constituent une solution éprouvée pour renforcer le réseau public de santé, comme le démontrent depuis longtemps la Californie et plusieurs États australiens. Dans ce contexte, la FIQ s'interroge : pourquoi le Québec tarde-t-il toujours à implanter des ratios sécuritaires, alors même que leurs bénéfices sont largement reconnus ?

La FIQ interpelle donc directement les candidat-e-s qui souhaitent former le prochain gouvernement ainsi que Santé Québec. « Les soins ne peuvent pas reposer uniquement sur la bonne volonté et le sacrifice des professionnelles en soins. Des engagements concrets sont nécessaires, de même que des ressources humaines suffisantes, une organisation du travail sécuritaire et un respect réel de l'expertise clinique », conclut la dirigeante syndicale.


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16.06.2026 à 13:14

Deepfakes visant Julia Mengolini en Argentine : RSF est amicus curiae dans ce dossier judiciaire et alerte sur l'escalade des violences sexistes en ligne

Reporters sans frontières (RSF)

La justice argentine a accepté la demande de Reporters sans frontières (RSF) d'intervenir en tant qu'amicus curiae — un mécanisme permettant à des organisations de soumettre des arguments juridiques et techniques — dans l'affaire portée par la journaliste Julia Mengolini, fondatrice de la radio indépendante Futurock contre plusieurs accusés dont le président Javier Milei.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/12/deepfakes-visant-julia-mengolini-en-argentine-rsf-est-amicus-curiae-dans-ce-dossier-judiciaire-et-alerte-sur-lescalade-des-violences-sexistes-en-ligne/?jetpack_skip_subscription_popup

RSF dénonce des violences en ligne à caractère sexiste de plus en plus banalisée contre les femmes journalistes en Amérique latine. L'organisation alerte sur des campagnes coordonnées de haine, d'humiliation sexualisée, de désinformation et de harcèlement, utilisées pour réduire au silence les voix critiques et encourager l'autocensure.

Deepfakes à caractère pornographique, menaces de mort et de violences sexuelles, actions judiciaires, attaques diffamatoires… Cette campagne de harcèlement visant la journaliste Julia Mengolini a été menée en juin 2025, par des figures proches du président de la République argentine, Javier Milei. Ce dernier est d'ailleurs lui-même l'auteur de93 publications sur la plateforme X en l'espace de 48 heures, selon la journaliste.

La journaliste, fondatrice de la radio indépendante Futurock, connue pour ses prises de position critiques, venait alors d'évoquer dans une émission télévisée sur la chaîne C5N les relations entre Milei et sa soeur. Julia Mengolini a porté plainte en août 2025, ce qui a conduit, vu l'ampleur de la campagne en ligne, à lamise en examenpar un procureur du président Milei, de membres de son gouvernement et de partisans, pour menaces et harcèlement envers la journaliste.

Après avoir déjà alertésur l'intensification du harcèlement contre les journalistes sous le gouvernement Milei, RSF a fait une demande pour être partie prenante de la procédure judiciaire en cours, en tant qu'amicus curiae. La demande a été acceptée par la justice argentine. Par cette intervention devant les tribunaux, RSF souhaite apporter une perspective internationale en matière de liberté de la presse, de sécurité des journalistes et de violences sexistes faites aux femmes dans les espaces numériques.

« Les attaques contre Julia Mengolini ne sauraient être considérées comme un différend individuel, ni comme une expression légitime dans le débat public. Ce sont de graves entraves à l'exercice du journalisme. Cette affaire montre comment la violence sexiste en ligne est devenue une forme contemporaine de censure. La création et la diffusion de faux contenus à caractère sexiste et sexuel générés par intelligence artificielle, ainsi que les menaces et les campagnes coordonnées de harcèlement, ne visent pas seulement à nuire à une journaliste. Elles sont conçues pour intimider d'autres femmes qui enquêtent, expriment des opinions ou critiquent le pouvoir, en tant que journalistes. La justice argentine doit examiner ces faits sous l'angle de la liberté de la presse et du genre, et reconnaître que de telles attaques affectent directement le droit à être informé. RSF exhorte les autorités et les plateformes numériques à agir contre la production et la diffusion de deepfakes, en particulier lorsqu'ils sont utilisés pour intimider des journalistes ou les exclure du débat public ».Artur Romeu Directeur du bureau Amérique latine de RSF

Julia a été nommée au Prix RSF 2026 dans la catégorie Indépendance, qui récompense les professionnels et les organisations résistant aux pressions politiques, économiques et institutionnelles en défense de la liberté de la presse. Cette nomination souligne l'importance du travail de Julia qui, malgré les pressions, a continué à exercer son activité journalistique et à dénoncer les mécanismes de persécution contre la presse.

Escalade des violences en ligne utilisant l'IA

L'utilisation de l'intelligence artificielle générative pour fabriquer de faux contenus aggrave l'impact de ces campagnes. Dans une analyse de 100 cas de deepfakes qui ont visé des journalistes dans 27 pays entre décembre 2023 et décembre 2025, RSF a constaté que trois quarts des victimes (74%) étaient des femmes et que 13% d'entre elles avaient été ciblées par des deepfakes à caractère pornographique. Le cas de Julia Mengolini y est d'ailleurs inclus afin d'illustrer l'utilisation de tels contenus pour dégrader, intimider et nuire à la crédibilité professionnelle des femmes journalistes. Cette forme d'attaque a également été documentée par RSF dans son étude exclusive intitulée « Le journalisme à l'ère #MeToo » parue en octobre 2024.

Les insultes, la diffamation et les menacesvisant les journalistes et les médias critiques sont devenues monnaie courante sous l'administration de Javier Milei. Ce contexte inquiétant se reflète dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF, oùl'Argentine occupe la 98e place sur 180 pays et territoires, soit une baisse de 11 places par rapport à 2025. En 2023, avant l'arrivée au pouvoir de Javier Milei, le pays occupait la 40e place.

https://rsf.org/fr/deepfakes-visant-julia-mengolini-en-argentine-rsf-est-amicus-curiae-dans-ce-dossier-judiciaire-et

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16.06.2026 à 13:03

Portugal : Grève générale

Esquerda.net

Le fort taux de participation à la grève générale a contraint les hôpitaux et les transports à fonctionner en service minimum, arrêté la production dans de nombreuses entreprises et fermé les écoles et les services publics dans tout le pays.

4 juin 2026
Photo et article tirés de N PA 29

La grève générale convoquée pour ce mercredi par la CGTP, avec le soutien de huit syndicats de l'UGT et de nombreux syndicats indépendants, a démarré avec un taux de participation élevé, notamment dans les secteurs des transports, de la santé et de l'éducation.

« C'est une grande grève générale, les données dont nous disposons pour la période de nuit témoignent de la grande disponibilité des travailleurs à faire de cette journée un grand jour de lutte », a déclaré ce matin le secrétaire général de la CGTP devant l'une des écoles de Lisbonne en grève.

D'après les données collectées jusqu'alors, Tiago Oliveira a indiqué aux journalistes que « les hôpitaux fonctionnent en service minimum, dans la collecte des déchets solides urbains le taux de participation a atteint 100 % dans la majorité des districts, les ports de Setúbal et de Sines sont fermés, les transports connaissent un très fort taux de participation dans le métro de Lisbonne, la Transtejo, la Soflusa, la CP et dans le secteur aérien. Et dans l'industrie, nous avons un grand nombre d'entreprises avec une participation à 100 % ou avec la production à l'arrêt. »

Pour le dirigeant de la CGTP, « l'ampleur de cette journée révèle que les travailleurs ont parfaitement conscience de ce qu'est le paquet social », un projet présenté « avec le tampon du 21e siècle et des mesures du 19e siècle ».

Tiago Oliveira n'attend pas du gouvernement qu'il change de cap, car il « a fait preuve d'arrogance et d'autoritarisme dans la façon dont il a conduit le processus », et les déclarations du Premier ministre à la veille de la grève générale « témoignent d'un manque d'humilité et d'une méconnaissance de la réalité ». C'est pourquoi « ce sont les travailleurs qui vont mettre en échec le paquet social ».

À Lisbonne, les syndicats ont annoncé dès le début de la matinée un taux de participation de 100 % dans les hôpitaux São José et São Francisco Xavier, ainsi qu'à l'hôpital São João de Porto et à Coimbra, et de 90 % à l'hôpital Santa Maria.

Les trains de la CP ne circulent qu'en service minimum, tout comme les principales entreprises de transport public où celui-ci a été décrété. Dans l'aviation, les syndicats font état de 500 vols annulés.

À Porto, le secrétaire général de la Fenprof, Francisco Gonçalves, a indiqué que la fermeture de la majorité des établissements scolaires de la ville était attendue. Le paquet social apporte davantage de difficultés pour les personnels enseignants, et le dirigeant syndical pointe en particulier, comme mesure néfaste, l'instauration d'une banque horaire individuelle, qui « serait un désastre absolu dans la vie personnelle des enseignants, déjà suffisamment désorganisée ».

Après avoir participé la veille à des piquets de grève chez Vidralva, à Marinha Grande, et au métro de Lisbonne, José Mhttps://www.pressegauche.org/ecrire/?exec=article_edit&new=oui&id_rubrique=170#anuel Pureza a commencé la journée avec les travailleurs d'Autoeuropa. « La participation est très forte et, Autoeuropa étant très emblématique, c'est un motif d'espoir », a déclaré le coordinateur du Bloco aux journalistes, soulignant que « ce qui est en jeu est décisif pour mettre fin à cette proposition, qui doit être battue politiquement au Parlement ».

Pureza a ajouté que cette grève générale « est une journée très importante et constitue un motif d'immense espoir pour ceux qui refusent que leur vie et leurs salaires se détériorent davantage et que leur temps de travail s'allonge encore ».

Publié le 3 juin 2026 par Esquerda.net

https://inprecor.fr/
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