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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

16.06.2026 à 13:01

Un tournant à la « Roe contre Wade » en Inde : une avancée majeure pour les droits reproductifs des femmes

Vijay Kumar

La décision rendue le 24 avril 2026 par la chambre collégiale de la Cour suprême, composée des juges B.V. Nagarathna et Ujjal Bhuyan, dans l'affaire S c. Union indienne, reconnaissant le droit à l'avortement, constitue un arrêt d'une importance historique pour l'autonomie des femmes et leurs droits reproductifs.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Alors que l'héritage historique de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Roe c. Wade a été enterré aux États-Unis, la chambre de la Cour suprême indienne composée des juges B.V. Nagarathna et Ujjal Bhuyan l'a renforcé.

L'affaire a été portée devant la Cour suprême après que la Haute Cour de Delhi eut rejeté la requête de la mère d'une fille mineure, qui s'était avérée enceinte et souhaitait interrompre sa grossesse. La Haute Cour de Delhi a ordonné à l'AIIMS de Delhi de constituer un comité médical et de rendre un avis. L'AIIMS a constitué un comité médical et a rendu un avis selon lequel la grossesse de la fille mineure de la requérante était à un stade avancé et qu'il ne serait pas sûr, d'un point de vue médical, d'interrompre la grossesse. Au vu de ce rapport médical, la Haute Cour de Delhi a rejeté la demande d'avortement.

L'arrêt rendu en 1973 par la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Roe c. Wade, qui accordait aux femmes le droit d'interrompre une grossesse non désirée, est considéré comme une affaire célèbre. L'arrêt Roe c. Wade, tout comme l'arrêt historique Brown c. Board of Education (1954) qui a interdit la ségrégation des enfants noir·es et blanc·hes dans les bus scolaires, sont considérés comme deux arrêts phares rendus par la Cour suprême des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale.

Toutes les administrations républicaines se sont efforcées de démanteler le glorieux héritage de Roe c. Wade en nommant des juges conservateurs:conservatrices à la Cour suprême. Les Églises catholiques ont également lancé une attaque frontale contre cet arrêt. Toutes les nominations proposées par les présidents républicains, de Ronald Reagan à Trump, pour pourvoir les postes vacants à la Cour suprême, visaient à renverser l'arrêt Roe. Mais celui-ci a survécu – et s'est même renforcé – dans l'affaire Casey c. Planned Parenthood (1992), et la juge qui a joué un rôle clé dans la consolidation de l'héritage de Roe était la première femme juge de la Cour suprême, Sandra Day O'Connor.

Mais l'actuelle Cour suprême, après trois nominations effectuées par Trump au cours de son premier mandat, qui ont conduit à une majorité de juges conservateurs/conservatrices au sein de l'instance, a annulé l'arrêt Roe c. Wade dans l'affaire Dobbs c. Jackson en juin 2022.

Alors que la Cour suprême des États-Unis a rejeté le droit à l'avortement en annulant l'arrêt Roe, la Cour suprême indienne, présidée par une femme juge qui deviendra la première femme présidente de la Cour suprême en 2027, a renforcé ce droit.

Ce qui fait de l'arrêt rendu vendredi un jalon historique, c'est le rejet de l'avis du conseil médical de l'AIIMS concernant le stade avancé de la grossesse et de la requête du gouvernement indien visant à prendre en charge l'enfant. Mais la Cour suprême a rejeté sans équivoque tant l'avis médical que la position du gouvernement indien. L'absence de recours dans la loi de 1971 sur l'interruption médicale de grossesse n'a pas dissuadé les juges militant·es de refuser le recours constitutionnel en interprétant la santé reproductive des femmes comme un droit fondamental garanti, en estimant que ce droit constitutionnel ne peut être remis en cause en raison de l'absence de recours légal.

L'arrêt rendu par la juge Nagarathna a été prononcé dans une précipitation extraordinaire en raison de l'urgence considérable de l'affaire ; par conséquent, la formation de juges n'a pas eu l'occasion d'approfondir le débat jurisprudentiel opposant le mouvement pro-vie au libre choix, ni d'ancrer ce débat dans les concepts du droit à la vie privée et de la dignité humaine. J'aurais souhaité que la formation présidée par la juge Nagarathna réserve son arrêt pour approfondir ces questions philosophiques et jurisprudentielles après avoir rendu une brève décision sur le fond. Le concept moderne de dignité est associé à la philosophie novatrice du philosophe moraliste Emmanuel Kant. À l'époque contemporaine, c'est Ronald Dworkin, célèbre théoricien du droit et de la politique de l'université de Harvard, qui a établi un lien entre la notion même de droit et la dignité. Dans son ouvrage majeur, Taking Rights Seriously (Harvard University Press, 1977), Dworkin a théorisé que la reconnaissance du droit conduit à l'égalité et, par là même, à la dignité, et que sans droit, il ne peut y avoir de dignité. Il n'existe pratiquement aucun ouvrage universitaire publié au cours des 50 dernières années dans les domaines de la jurisprudence, de la théorie politique, de la philosophie, de l'économie, voire de la sociologie et de l'anthropologie, qui ne fasse référence à la conception du droit et de la dignité de Dworkin.

L'une des faiblesses de l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Roe, par ailleurs novateur, était que le droit à l'avortement était fondé sur le droit à la vie privée. Bien que cette approche fût la bonne, elle n'était pas suffisante ; elle aurait dû être renforcée par le droit à la dignité, comme l'a fait la Cour suprême d'Allemagne. En Allemagne, le droit à l'avortement est considéré comme une facette de la dignité humaine. Il n'est donc pas étonnant que le droit à l'avortement ait survécu en Allemagne, alors qu'il s'est effondré aux États-Unis, où ce droit avait pourtant vu le jour.

L'arrêt rendu par la chambre présidée par la juge Nagarathna a ouvert de nouvelles perspectives jurisprudentielles en faisant prévaloir le choix de la femme et son droit reproductif sur l'avis médical et les dispositions de la loi de 1971. En cas de conflit entre l'avis médical et l'autonomie et le choix de la femme, ces derniers l'emporteraient sur le premier. À ma connaissance et d'après mes souvenirs, l'arrêt rendu par la chambre présidée par la juge Nagarathna est peut-être le premier dans lequel l'avis médical est subordonné au choix de la femme et à son autonomie décisionnelle. Jusqu'à présent, dans tous les arrêts relatifs à l'euthanasie et à l'avortement, les avis médicaux étaient considérés comme déterminants. C'est extrêmement libérateur. Ce faisant, l'argument pro-vie, fondé sur le droit du fœtus, a été rejeté de manière retentissante. Le fœtus ne peut revendiquer le droit à la vie, comme l'a justement estimé la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Roe c. Wade. L'arrêt de la juge Nagarathna a déclaré sans ambiguïté que le droit à la vie n'est garanti qu'aux êtres vivant·es et que le fœtus ne peut revendiquer ce droit.

L'arrêt de la juge Nagarathna dans l'affaire S c. Union of India constitue un jalon majeur pour les droits des femmes, voire pour l'évolution du constitutionnalisme. Cet arrêt émancipateur, ainsi que les arrêts tout aussi libérateurs de la Cour suprême dans les affaires K Puttaswamy (considérant le droit à la vie privée comme un droit fondamental) et Navtej Singh Johar (invalidant une partie de l'article 377 du Code pénal indien qui criminalisait les relations sexuelles consenties entre hommes adultes), ont consolidé le droit à la dignité humaine comme l'un des éléments les plus constitutifs de l'ensemble des droits fondamentaux.

Vijay Kumar, 12 mai 2026
Vijay Kumar, avocat principal à la Cour suprême et auteur du livre récemment publié « The Theory of Basic Structure : Saviour of Constitution and Democracy »
https://www.mainstreamweekly.net/article16718.html
traduit par DE

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16.06.2026 à 13:00

Propos de l'enfermement des femmes décrétées « folles »

The Curiosity Curator

En 1972, la psychologue Phyllis Chesler a publié *Women and Madness* (Les femmes et la folie, Payot, 1975), un ouvrage fondé sur des entretiens avec des femmes qui avaient été hospitalisées, mises sous traitement ou étiquetées comme malades mentales.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Elle a constaté que les femmes qui rejetaient les rôles qu'on leur imposait, qui s'affirmaient, qui exprimaient leur colère, qui refusaient le mariage et la maternité traditionnelles, ou qui dénonçaient des agressions, étaient disproportionnellement diagnostiquées comme instables.

Ce diagnostic ne passait pas toujours par une évaluation.

Il suffisait souvent qu'une femme mette des gens mal à l'aise.

Au cours du demi-siècle qui a suivi, un nombre croissant de recherches ont approfondi les patterns que Chesler avait commencé à documenter. La philosophe Miranda Fricker a qualifié ce phénomène d'« injustice épistémique », le refus systématique de considérer certaines locutrices comme des témoins crédibles de leur propre expérience. La psychologue Jennifer Freyd a identifié le schéma qu'elle appelle la stratégie du DARVO — Deny, Attack, Reverse Victim and Offender (Nier, Attaquer, Inverser les rôles de la Victime et de l'Agresseur) —, comme réponse institutionnelle prévisible lorsqu'une personne dénonce les agressions perpétrées par une personne en position de pouvoir. La philosophe Kate Manne a écrit sur l'« himpathy » — la manière dont la sympathie va systématiquement à l'homme puissant accusé plutôt qu'à la femme qui l'accuse.

Des chercheuses différentes, des domaines différents, mais partout le même schéma.

Ce schéma est structurel, et non individuel.

Lorsqu'une personne dénonce un harcèlement, des agressions ou des manquements institutionnels, on voit souvent la réponse éviter de porter sur le fond de l'affaire. Elle porte sur la personne qui s'exprime. Était-elle émotive ? Difficile ? Vindicative ? En mauvaise santé mentale ? A-t-elle attendu trop longtemps ? A-t-elle dénoncé les faits trop tôt ? A-t-elle déjà aimé la personne qu'elle accuse aujourd'hui ? A-t-elle déjà bu ? A-t-elle déjà menti à propos d'autre chose ?

La conversation dévie.

Le question initiale s'estompe.

Ce mécanisme fonctionne parce que le coût de la dénonciation est presque entièrement supporté par la personne qui parle. Les personnes qui signalent du harcèlement au travail perdent des emplois et des références. Les lanceurs d'alerte dans les secteurs de la santé, de la finance et de l'armée perdent leur carrière. Les femmes qui signalent des agressions lors de litiges relatifs à la garde des enfants sont très souvent présentées comme des mères aliénantes et perdent l'accès à leurs enfants. Les survivantes qui se manifestent publiquement sont souvent poursuivies pour diffamation par des personnes disposant de ressources bien supérieures aux leurs.

Les institutions impliquées ont rarement besoin d'imposer le silence directement.

Les risques liés à toute prise de parole le font pour elles.

C'est pourquoi le fait de ne pas dénoncer n'est pas un manque de courage personnel. C'est une réaction rationnelle face à un système qui impose des conséquences prévisibles et sévères aux personnes qui disent la vérité et ne leur offre en retour que très peu de protection.

C'est aussi pourquoi les rares moments où la vérité finit par éclater — Anita Hill, les enquêtes du Boston Globe Spotlight, Christine Blasey Ford, Frances Haugen, Tarana Burke et le mouvement devenu#MeToo, Cassie Ventura, Caroline Heldman — nécessitent généralement que ce ne soit pas une seule personne qui s'exprime, mais plusieurs.

Le coût ne diminue que lorsqu'il est partagé.

Si la responsabilité dépend de la divulgation, la question n'est pas seulement de comprendre pourquoi tant de problèmes persistent en silence pendant si longtemps.

La question est d'apprendre ce qu'il arrive aux personnes qui parlent les premières.

Et ce que nous — en tant qu'institutions, tribunaux, lieux de travail, familles et publics — choisirons de faire la prochaine fois que quelqu'une le fera.

The Curiosity Curator, sur sa pageFacebook

https://tradfem.wordpress.com/2026/05/04/a-propos-de-lenfermement-des-femmes-decretees-folles/

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16.06.2026 à 13:00

Environnement : l'action libératrice

Bruno Marquis

Je me souviens d'avoir pris conscience pour la première fois des problèmes de pollution à la lecture du magazine jeunesse Vidéo-Presse auquel nos parents nous avaient abonnés en début d'adolescence. C'était la pollution par les déchets, mais ça avait tout de même commencé à m'ouvrir les yeux sur une réalité dont je n'avais jusque-là pas conscience.

(Ce texte a d'abord été publié dans l'édition de juin du journal Ski-se-Dit.)

Ce n'est que plus tard, une fois adulte, en m'impliquant dans un centre de ressources sur la paix et l'environnement, que j'ai mieux pris conscience des problèmes de pollution et plus généralement de la crise écologique qui se pointait à l'horizon. Nous étions un groupe au sein du centre de ressources qui s'occupait chaque semaine de promouvoir un organisme lié à la paix, à la justice ou à l'environnement dans l'Outaouais et la région d'Ottawa. Nous invitions les citoyens, avec nos moyens plutôt limités, à venir assister à la présentation d'un de ces organismes à des fins de conscientisation et d'éventuelle implication dans l'une ou l'autre de ces causes.

Je ne sais plus de quel organisme il s'agissait ce samedi-là, mais c'était un organisme lié à l'environnement. Le présentateur était dans les quarante ou cinquante ans ; il portait la barbe et il me semble encore parfois me rappeler son visage. Ce dont je me rappelle particulièrement, c'est la clarté de son exposé et la virulence de ses propos à la fin de la présentation. Je peux presque le citer de mémoire, encore aujourd'hui : « Nous fonçons dans un mur, de plus en plus vite, et nous avons de moins en moins de temps pour nous arrêter ! » Ce fut un choc et une prise de conscience pour le jeune homme que j'étais encore !

C'était il y a environ trente-cinq ans. Avant que l'on ne commence à prendre timidement conscience de la gravité de la situation au niveau international avec le timide protocole de Kyoto sur les changements climatiques en 1995. Avant, somme toute, que la question des changements climatiques et des nombreuses autres atteintes à l'environnement ne commencent à prendre timidement place dans nos journaux, à la radio et à la télévision. Personne alors, surtout parmi les plus jeunes, n'entrevoyait la situation angoissante dans laquelle nous nous retrouverions quelque part en 2026.

L'écoanxiété

Les menaces qui pèsent aujourd'hui sur notre planète et les sentiments d'impuissance qui en découlent sont des réalités trop oubliées pour les jeunes générations. S'ajoutent à cela, en contribuant aux problèmes environnementaux, la recrudescence de l'esprit belliciste et des budgets militaires, un peu partout dans le monde, dictés par le gouvernement d'extrême droite des États-Unis, avec les risques immenses qu'ils font peser sur l'humanité.

L'angoisse que nous éprouvons devant de telles réalités est une réaction normale et saine, que même les climatonégationnistes ne pourront occulter qu'un temps. La réaction tout indiquée, face à cette angoisse, est d'agir. Je l'ai mentionné et répété à plusieurs reprises dans mes précédentes chroniques, mais c'est ce que nous avons de mieux à faire, pour nous-mêmes et pour l'environnement. Le pire, et c'est ce qui guette à moyen terme plusieurs jeunes, c'est de sombrer dans la solastalgie, cette détresse psychologique et existentielle provoquée par la perte de réconfort et de points de repères connus provoqués par les changements climatiques et la crise écologique.

Bien plus que l'inaction de nos élites politiques inféodées aux pouvoirs économiques des multinationales et des banques, c'est notre sentiment d'impuissance qui nous angoisse. Sans en être conscients, nous sommes en fait difficilement capables de sortir du cercle de pensée dans lequel nous enferme le discours ambiant. Et c'est en sortant de ce système de pensée étouffant, qui tend à nous réduire à l'insignifiance, et nous tenir à l'écart, et en agissant, que nous pourrons le mieux contrer cette angoisse.

Comment agir ?

Je crois qu'il faut d'abord aborder les questions environnementales avec l'idée que nous ne sommes pas seuls à vouloir changer les choses. Les enquêtes les plus récentes nous indiquent qu'entre 70 et 80 % de la population mondiale est pleinement consciente de la crise écologique en cours et qu'elle est donc, à divers degrés, inquiète quant à l'avenir. Il y a nous, bien sûr, mais il y a aussi les autres.

S'il est essentiel de s'informer, il l'est donc aussi de créer des liens, de rencontrer d'autres gens qui luttent en faveur d'un monde plus écologique, plus juste, et d'unir nos forces aux leurs, de partager avec eux nos joies aussi, nos triomphes, nos combats. Rien n'est plus stimulant et ne saurait mieux contrer nos angoisses et nos sentiments d'isolement et d'impuissance, que la présence de l'autre, que la lutte en commun, que les amitiés et le réseautage en vue de quelque chose d'aussi édifiant que notre bien-être collectif, et notre survie et la survie d'une foule d'autres êtres vivants sur la planète.

Les écueils sont cependant nombreux quand vient le temps d'agir en faveur de causes progressistes, que ce soit pour l'environnement, ou encore pour la justice sociale, la lutte à la pauvreté, le logement abordable ou d'autres encore. Il est important de savoir les reconnaître et de les éviter pour que nos efforts et nos espoirs ne soient pas brisés.

J'aborderai ici quatre de ces écueils.

L'instrumentalisation – Plusieurs groupes d'intérêt, avec leurs alliés objectifs, sont bien sûr réfractaires aux mesures qu'il convient de mettre en place pour faire face aux problèmes environnementaux. On pense d'abord aux entreprises pétrolières, extractivistes et numériques, mais également à toutes celles et à toutes les personnes qui tirent profit de la croissance sans fin du capital – croissance en fin de compte responsable de la destruction de l'environnement. De par leur pouvoir économique, il est par exemple facile aux multinationales et aux riches, avec leur fondations et par d'autres moyens, de neutraliser les efforts de groupes ou d'organismes liés à l'environnement, ce qui a pour effet d'une part d'améliorer grandement leur image publique, et d'autre part de réduire au silence ou presque ces groupes ou organismes en établissant à leur endroit un rapport de dépendance. La Fondation Bill-et-Melinda-Gates est un évident exemple d'une multinationale ayant réduit au silence ou à des demi-mesures nombre d'organismes et de groupes liés à l'environnement ou à d'autres causes progressistes.

Les porte-étandards – De nombreux organismes ou groupes voués à l'environnement ou à d'autres causes progressistes ont pris l'habitude de se choisir des personnalités publiques ou artistiques comme porte-parles pour leur groupe ou organisme. La raison qu'ils en donnent est qu'ils leur offrent beaucoup plus de visibilité dans les médias et auprès de la population. Outre que cette approche est en parfaite contradiction avec l'esprit de corps, d'égalité et d'entraide qui devrait exister au sein de tout organisme progressiste viable, elle concentre finalement les pouvoirs de tous les membres du groupe entre les mains d'une personnalité qui peut en détourner certains objectifs pour préserver ou améliorer son image publique.

Les fausses solutions
– Les fausses solutions promues par les grandes entreprises et multinationales des énergies fossiles et extractivistes et leurs alliés pour continuer l'exploitation sans fin du pétrole et d'autres matières polluantes reçoivent, on s'en doute, une oreille attentive des pouvoirs publics. On compte parmi celles-ci : la géo-ingénierie, un ensemble de projets visant à manipuler le climat à grande échelle (ensemencement de nuages, miroirs spatiaux, etc.), qui comportent des risques immenses et imprévisibles ; la capture et le stockage du carbone, pour poursuivre l'extraction des énergies fossiles, technologie coûteuse énergivore et donc elle-même polluante ; le recyclage du plastique à base de pétrole ; et de nombreuses autres encore, parmi lesquelles on devrait bien sûr inclure l'énergie nucléaire. Il importe de s'informer et de rejeter toutes ces fausses solutions qui font elles-mêmes partie du problème.

Les demi-mesures
– Il en est des demi-mesures en environnement comme des demi-vérités : elles ne sont que des mensonges ! Nous le savons pourtant, nous ne pouvons en même temps adopter des mesures et des politiques environnementales et préserver des modes de vie consuméristes et polluants. Le passage d'une source d'énergie à une autre, même moins polluante, n'est par exemple qu'une demi-mesure quand il convient de limiter notre consommation d'énergies et de produits et d'appareils de toutes sortes également énergivores et polluants. Les seules mesures qui s'imposent en matière d'environnement, dans l'état actuel des choses, sont des mesures de décroissance globale de la consommation. Nous devons pour se faire sortir du capitalisme, de la croissance sans fin et sans buts du capital.

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