LePartisan.info

REVUES

Lien du flux RSS
REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

16.06.2026 à 13:00

Le chemin menant à l'indépendance serait difficile et cahoteux

Jean-François Delisle

Cette formule pourrait résumer tout le débat, en fait l'antagonisme, qui s'est établi entre fédéralistes st souverainistes. Les deux camps sont à couteaux tirés depuis l'appartion et le développement du mouvement indépendantiste. S'il occupe tant de place dans les discussions publiques et suscite tant d'espoir pour les uns et de hargne de la part des autres, ce n'est pas par hasard. Bien sûr, le Canada anglais est concerné, mais ce n'est pas lui qui adoptera la décision finale. Elle viendra des Québécois eux-mêmes.

Si l'indépendantisme provoque une si forte opposition de la part de certaines élites politiques du Québec et au sein du Canada anglais, c'est que, même sous sa forme atténuée de souveraineté association d'inspiration « lévesquiste », il mettrait en péril l'existence même de la fédération canadienne dans sa forme actuelle ; en effet, l'émergence du Québec comme comme pays à part entière briserait les arrangements politiques et constitutionnels fondamentaux du Canada. Il remodèlerait le paysage politique canadien en profondeur. En effet, une république du Québec contrôlerait alors le cours du Saint-Laurent de l'Ontario à l'ouest au golfe à l'est. Sa réalisation nécessiterait de longues et pénibles négociations entre le gouvernement du Québec et celui d'Ottawa, et ce pour un résultat bien incertain. En effet, l'importante faction fédéraliste de la classe politique québécoise et toute une partie de la population québécoise, non seulement tient à son identité canadienne-française,mais aussi à défendre ses intérêts économiques et financiers comme on peut s'y attendre.

Si on veut comprendre leur point de vue, imaginons la réaction qu'entraînerait au Québec l'émergence d'un puissant mouvement rattachionniste en Gaspésie qui militerait pour que la Gaspésie rejoigne le Nouveau-Brunswick. La perspective de perdre une part non négligeable de son territoire au profit de la province voisine serait alors considéré comme une insulte par les Québécois, sans oublier la perte de la maîtrise de la côte sud de l'embouchure du Saint-Laurent et d'une bonne partie des rives du golfe lui-même. Au sein de la population gaspésienne, on observerait de vigoureux débat entre tenants rattachionnistes et ceux du maintien de la Gaspésie au sein du Québec, tout attachés qu'ils sont à leur identité québécoise.

Cet exemple est très fantaisiste, mais il donne une idée des raisons de l'acuité des antagonismes qui divisent la société québécoise. L'éventuelle victoire du OUI en faveur de l'option souverainiste entraînerait de fortes tensions et la mise au point de toutes sortes de stratégies plus ou moins risquées tant à Ottawa qu'à Québec pour défendre des intérêts déjà bien établis ou qui espèrent le devenir. La question de l'identité nationale y ajouterait une touche de passion des deux côtés de la barricade.

Non, ce n'est pas verser dans le terrorisme intellectuel d'affirmer que le chemin menant à l'indépendance serait difficile et cahoteux. Il faut savoir que les risques de dérapage sont réels d'un côté comme de l'autre. La population doit en être consciente et la direction des partis souverainistes (le Parti québécois et Québec solidaire) devrait mettre cartes sur table là-dessus, sinon le réveil devant la réalité incontournable risque de s'avérer traumatisante tant pour l'électorat que pour les responsables indépendantistes. Dans ce contexte délicat, voire périlleux, la stratégie la plus valable consiste à dire la vérité au public. C'est une question d'honnêteté politique.

Le respect du peuple commence par là.

Jean-François Delisle

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre


Voir en ligne : Presse-toi à gauche !

16.06.2026 à 12:59

Les talibans interdisent la stérilisation des femmes afghanes, alors même que la mortalité maternelle augmente

Raha Azad

Des femmes souhaitant subir une ligature des trompes se sont vu refuser l'accès à un grand hôpital en Afghanistan, ce qui constitue la dernière preuve en date que les talibans restreignent sévèrement toutes les formes de planning familial dans l'un des pays les plus dangereux au monde pour accoucher.

Tiré de entre les ligneset lesm ots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/20/les-talibans-interdisent-la-sterilisation-des-femmes-afghanes-alors-meme-que-la-mortalite-maternelle-augmente/?jetpack_skip_subscription_popup

La ligature des trompes est une procédure de stérilisation définitive chez les femmes ; elle a longtemps été courante dans certaines régions d'Afghanistan où les moyens de contraception plus accessibles n'étaient pas disponibles, que ce soit pour des raisons culturelles ou économiques. De nombreuses femmes souhaitaient subir cette intervention une fois qu'elles avaient eu le nombre d'enfants qu'elles désiraient.

Mais deux membres du personnel médical de l'hôpital central de Faizabad, capitale de la province de Badakhshan, dans le nord-est du pays, ont déclaré à Rukhshana Media qu'on leur avait ordonné de ne pas pratiquer cette intervention. L'un d'eux, un médecin travaillant depuis environ huit ans au service de gynécologie et d'obstétrique, a déclaré avoir entendu des membres des talibans dire au personnel hospitalier de « laisser la génération musulmane se développer ».

Trois femmes ont déclaré avoir demandé à subir cette intervention et s'être vu refuser. Toutes étaient pauvres, avaient connu des grossesses difficiles par le passé et ont déclaré avoir du mal à nourrir les enfants qu'elles avaient déjà. L'une d'elles a déclaré qu'on lui avait dit que subir cette intervention était « un péché ».

Marzia, dont nous tairons le vrai nom pour la protéger, a déjà huit enfants. Elle avait voyagé pendant environ dix heures pour rejoindre Faizabad, accompagnée d'un nouveau-né et d'un enfant en bas âge. Lorsqu'elle a fait part de son souhait aux médecins, ceux-ci lui ont répondu qu'elle devait obtenir une autorisation écrite des autorités – une autorisation qu'elle savait ne jamais pouvoir obtenir.

« Nous n'avons pas assez à manger, pas de travail, pas de vie digne de ce nom. Que faire avec autant d'enfants ? Ils grandissent tous affamés, assoiffés et pieds nus », a déclaré cette femme de 36 ans, désespérée, tandis que son bébé pleurait à ses côtés.

« J'ai dit (aux médecins) que je n'avais pas le courage de mettre au monde d'autres enfants. Mais les médecins m'ont répondu que les talibans avaient interdit cette opération. Que Dieu punisse les talibans, ils sont aveugles à la souffrance des mères pauvres comme moi. »

La région montagneuse isolée de Kiran wa Munjan, d'où vient Marzia, est pauvre et la plupart des femmes y accouchent encore à domicile, selon un précédent reportage de Rukhshana Media.Les taux de mortalité maternelle et néonatale y sont élevés.

-* « Extrêmement inquiétant »

La ligature des trompes est une intervention chirurgicale sans danger qui consiste à obstruer les trompes de Fallope afin d'empêcher la rencontre entre l'ovule et le spermatozoïde, et donc d'éviter toute grossesse.

Cette intervention a autrefois sauvé la vie de femmes comme Qamar Gul, 35 ans, qui vit à Faizabad avec son mari et ses six enfants. Les temps sont durs, son mari est handicapé et elle souhaite désespérément éviter une nouvelle grossesse.

Il y a trois mois, elle s'est rendue à l'hôpital public pour subir une intervention de contraception définitive, mais les médecins lui ont dit que les talibans l'avaient interdite.

Dans un autre quartier de la ville, une mère de cinq enfants qui gagne sa vie en faisant des lessives et en nettoyant des maisons a déclaré qu'elle souhaitait se faire ligaturer les trompes, mais qu'on l'en avait empêchée.

« Ma plus jeune fille a trois mois. Alors que j'étais sur le point d'accoucher, je me suis rendue à l'hôpital et j'ai demandé à subir l'opération, afin que le bébé naisse et que mes trompes soient ligaturées en même temps. Mais les médecins ont refusé. Ils m'ont dit que cette intervention était désormais illégale », a-t-elle expliqué.

« J'ai mis au monde ces cinq enfants au prix d'immenses difficultés et de traitements médicaux, au péril de ma vie. Mais aujourd'hui, nous n'avons ni les moyens financiers ni la force physique nécessaires. »

Le médecin qui s'est entretenu avec Rukhshana Media a déclaré qu'il existait un besoin évident pour ce service, qui semble avoir été interdit ou restreint dans de nombreuses régions d'Afghanistan sous le régime des talibans.

Sous le gouvernement précédent, un programme national de planification familiale avait été mis en place afin de réduire la mortalité maternelle et néonatale, d'encourager un espacement sain entre les naissances et de prévenir les grossesses répétées à intervalles rapprochés. Des campagnes de sensibilisation du public et la distribution gratuite de contraceptifs dans certains centres de santé publics faisaient partie de cette initiative.

Les reportages de Rukhshana Media suggèrent que cette intervention pourrait encore être pratiquée en secret dans des cliniques privées, mais que la plupart des femmes n'ont pas les moyens de la payer.

« Lorsque les femmes ne sont pas autorisées à prendre des décisions concernant leur propre corps, leurs problèmes de santé physique et mentale se multiplient. Nous constatons que des grossesses répétées sans espacement adéquat mettent en danger la santé des mères et des nouveau-nés, et aggravent les difficultés économiques et sociales des familles », a déclaré le médecin de Faizabad.

« Les restrictions et le manque d'accès des femmes aux contraceptifs font qu'elles ne peuvent même pas recourir à des méthodes préventives ou thérapeutiques simples. Cette situation est extrêmement préoccupante. »

Raha Azad, 16 avril 2026
https://rukhshana.com/en/taliban-ban-sterilisation-for-afghan-women-even-as-maternal-mortality-rises/
Traduction DE

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre


Voir en ligne : Presse-toi à gauche !

16.06.2026 à 12:58

Regard sur l'IMRF depuis le terrain

Sunita Mainali

Du 5 au 8 mai 2026, les États membres, les organisations de la société civile, les bailleurs de fonds, les ONG internationales, les organisations confessionnelles et seulement un petit nombre de travailleurs/travailleuses migrant·es se sont réuni·es à New York à l'occasion du deuxième Forum international d'examen des migrations (IMRF).

Tiré de Entre les lignes et les mots

Pour de nombreuses personnes issues des pays du Sud, le simple fait de se rendre aux États-Unis pour assister à un tel forum représente un parcours difficile. La complexité des procédures de visa, le manque de moyens financiers, les obstacles sécuritaires, les barrières linguistiques et l'inconnu culturel créent de multiples niveaux d'exclusion pour les organisations de base et les travailleurs/travailleuses migrant·es qui espèrent faire entendre leur voix dans les instances décisionnelles mondiales.

Beaucoup participent à ces forums en portant en elles ou en eux les récits de migrant·es qui continuent de faire face à l'exploitation, à la violence, aux disparitions et à la mort. Pourtant, dans ces espaces internationaux hautement formels, ces réalités deviennent souvent invisibles. Il existe une douloureuse contradiction entre le langage des droits utilisé dans les forums mondiaux et les expériences vécues par les migrant·es sur le terrain.

En 2018, les États membres ont adopté le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (PMSM), s'engageant à examiner les progrès réalisés aux niveaux local, national, régional et mondial dans le cadre d'un processus associant toutes les parties prenantes concernées. Fort de cet engagement, le deuxième Forum international sur la gouvernance des migrations (IMRF) s'est tenu au siège des Nations Unies à New York afin d'évaluer les progrès accomplis et de définir les orientations de la gouvernance des migrations pour les cinq prochaines années.

Cependant, une question importante a persisté tout au long du forum : qui définit réellement l'ordre du jour, et quelles voix occupent le devant de la scène dans ce processus ? Les discussions des États membres ont maintes fois porté sur la gestion des migrations, la sécurité aux frontières et la réduction des risques plutôt que sur les droits, la dignité et la liberté des migrant·es. Lors des consultations avec les parties prenantes, de nombreuses organisations de base dirigées par des femmes, des réseaux de migrant·es et des travailleurs/travailleuses migrant·es ont attendu leur tour pour s'exprimer. Les mains sont restées levées pendant de longues heures, mais de nombreuses voix n'ont jamais été entendues. Le déséquilibre était flagrant. Les États et les bailleurs de fonds ont dominé les discussions, tandis que les migrant·es elles et eux-mêmes sont resté·es en marge des conversations concernant leur propre vie.

Cela reflète une tendance mondiale plus large selon laquelle la migration est de plus en plus considérée comme une question de sécurité plutôt que de droits humains. De telles approches renforcent la criminalisation et justifient un contrôle étatique restrictif. Le Pacte mondial sur les migrations (GCM) reconnaît lui-même la souveraineté des États, mais dans la pratique, ce principe est souvent utilisé pour limiter la mobilité et faire taire les critiques à l'égard des politiques discriminatoires.

Pour des pays comme le Népal, cette réalité est étroitement liée à la vie des travailleuses migrantes. Le Népal continue d'imposer des restrictions et des interdictions à la migration de main-d'œuvre féminine au nom de la protection. Ces politiques s'ancrent dans des idées patriarcales qui visent à contrôler la mobilité, la sexualité et le pouvoir de décision des femmes. Les travailleuses migrantes ont réclamé à maintes reprises de ne plus subir de discrimination et d'avoir le droit de prendre des décisions concernant leur propre vie. Pourtant, la société et l'État continuent de traiter la mobilité des femmes comme une question d'honneur familial et national.

Les conséquences sont dangereuses. Les interdictions de migration n'arrêtent pas la migration ; elles poussent les femmes vers des circuits clandestins et dangereux, augmentant ainsi leur risque d'être victimes de traite, d'exploitation, de violence et d'abus. Lors de l'IMRF, les discussions sur les réalités auxquelles sont confrontées les travailleuses migrantes de retour, les luttes des familles cherchant à obtenir justice pour les femmes décédées à l'étranger, ou les défaillances des systèmes de réintégration ont été très limitées. Les pays d'origine comme les pays d'accueil ont fait preuve d'un engagement politique faible pour s'attaquer à ces problèmes.

Les travailleuses migrantes résistent chaque jour au contrôle patriarcal. En choisissant la migration, en s'organisant collectivement et en revendiquant leurs droits, elles défient les systèmes qui cherchent à les réduire au silence. Dans toutes les communautés, il existe d'innombrables histoires de résilience, de solidarité et de survie. Des migrantes issues de la base sont venues à l'IMRF dans l'espoir d'intégrer ces réalités dans les débats mondiaux.

Au contraire, de nombreuses séances ont principalement consisté à louer le soutien des donateurs/donatrices, à débattre de la sécurité nationale et à renforcer les approches centrées sur l'État. Sous l'emprise d'une idéologie xénophobe, les migrant·es ont trop souvent été traité·es comme des risques à gérer plutôt que comme des titulaires de droits. Cette exclusion n'était pas seulement politique, mais aussi concrète. Les deuxième et troisième jours, les salles de réunion étaient bondées, et certain·es participant·es qui avaient traversé des continents se sont vu demander par le personnel de sécurité de quitter les lieux de manière irrespectueuse. Pour de nombreuses et nombreux participants issus de la base qui avaient eu du mal à obtenir des visas et des financements, cela reflétait un problème plus large d'exclusion et d'inégalité d'accès au sein des espaces de gouvernance mondiale.

Dans le même temps, certains moments ont été porteurs d'espoir. Lors d'une session majeure de l'Assemblée générale, le Secrétaire général des Nations unies s'est prononcé contre la criminalisation des migrant·es. L'intervention percutante d'une travailleuse migrante a démontré la force de l'organisation collective et de la solidarité féministe. Ses paroles ont rappelé au forum que les migrant·es ne sont pas de simples bénéficiaires de politiques, mais des acteurs/actrices politiques doté·es d'autonomie, de connaissances et de leadership. Après des efforts répétés pour s'inscrire et obtenir un temps de parole, Aliza Yuliana, responsable du programme sur les migrations au Forum Asie-Pacifique sur les femmes, le droit et le développement, a enfin eu l'occasion de s'exprimer. Elle a souligné l'urgence de garantir une participation significative et la prise de parole des femmes migrantes issues des communautés de base dans les discussions sur la migration. Elle a mis en avant les problèmes rencontrés par les migrantes pour cause de mariage et les migrantes de retour, ainsi que les défis liés à la réintégration, et a appelé à ce que ces préoccupations soient traitées de manière significative et inscrites à l'ordre du jour de tous les forums sur la migration.

De même, la déclaration prononcée par Lok Bahadur Thapa, chef de la Mission permanente du Népal auprès des Nations Unies, a souligné la nécessité d'adopter des approches favorisant l'égalité des sexes à toutes les étapes du processus migratoire. De tels engagements n'ont de sens que s'ils débouchent sur des mesures concrètes. Il s'agit notamment de mettre fin aux interdictions discriminatoires en matière de migration, de réviser les politiques migratoires sexistes, de renforcer la responsabilité diplomatique, de garantir des accords bilatéraux sur le travail juridiquement contraignants, d'assurer la réintégration sociale et économique des femmes migrantes de retour au pays et de lutter contre toutes les formes de discrimination à l'égard des travailleuses migrantes.

Le constat général issu du deuxième IMRF est clair : la gouvernance mondiale des migrations ne peut être inclusive sans la participation significative des migrant·es elles et eux-mêmes, en particulier des femmes migrantes issues des communautés de base. Le principe « rien sur les migrant·es sans les migrant·es » doit dépasser le stade de la rhétorique. Les obstacles structurels qui réduisent au silence les travailleuses migrantes — notamment les restrictions en matière de visas, les barrières linguistiques, l'exclusion financière et l'accès inégal aux espaces de prise de décision — doivent être démantelés. Les bailleurs de fonds et les institutions internationales doivent également aller au-delà des approches caritatives et reconnaître la justice migratoire comme une question politique et de droits humains. Le soutien aux organisations dirigées par des migrant·es et aux organisations de base n'est pas une faveur ; il s'inscrit dans un engagement plus large en faveur des droits humains et de la justice sociale.

Une approche féministe et transformatrice de la migration exige plus qu'une simple représentation. Elle nécessite un rééquilibrage des pouvoirs, la mise en avant des expériences vécues et la reconnaissance des femmes migrantes en tant que leaders du changement. Ce n'est qu'alors que des forums comme l'IMRF pourront devenir des espaces véritablement démocratiques où les réalités, les luttes et les visions des migrant·es sont réellement entendues et respectées.

Sunita Mainali
Sunita Mainali est directrice exécutive de WOREC, l'une des principales organisations féministes du Népal qui œuvre en faveur des droits des femmes et de la justice sociale, de la prévention de la violence à l'égard des femmes et de la garantie du bien-être économique, social et culturel des femmes. WOREC est l'un des partenaires de l'APWLD dans le cadre du programme de recherche-action participative féministe (FPAR) pour la période 2022-2024, axé sur la réintégration sociale des travailleuses migrantes de retour au pays.
https://worecnepal.org/looking-at-imrf-from-the-ground/
Traduit par DE

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

.


Voir en ligne : Presse-toi à gauche !

⬅️ 72 / 110 ➡️

  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
April - Libre à lire
Dans les algorithmes
Framablog
Goodtech.info
Quadrature du Net
Revue Eur. Médias et Numérique
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview