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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

16.06.2026 à 12:39

Flottille du Sumud : les militants accueillent “avec prudence” l'enquête du PNAT pour torture et crimes de guerre

Agence Média Palestine

Alors que la France ouvre une enquête pour crimes de guerre et tortures suite aux traitements subis par les membres français de la Flottille pour Gaza, celles et ceux-cis appellent à considérer l'ensemble des crimes israéliens envers les prisonnier-es palestinien-nes.

Tiré d'Agence média Palestine.

Les militant-es de la flottille humanitaire Global Sumud, interceptée illégalement par la marine israélienne, ont témoigné publiquement dès leur libération, décrivant des violences physiques, des humiliations, des privations de sommeil, ainsi que des agressions sexuelles et du harcèlement pendant leur détention, soulevant l'indignation .

Les tortures et mauvais traitements qu'ils et elles dénoncent sont similaires aux traitements documentés par les organisations de prisonnier-es palestinien-nes et les observateur-ices des droits humains, qui dénoncent une politique israélienne de tortures systématiques de ses prisonnier-es palestinien-nes.

En avril dernier, l'organisme EuroMed publiait un rapport documentant une pratique étendue et systémique d'actes de tortures sexuelles et démontrant la volonté israélienne d'affecter par ces pratiques l'existence physique de la communauté palestinienne dans son ensemble, amenant les auteur-ices à conclure à un crime de génocide se déroulant entre les murs des prisons israéliennes.

Mettre fin à “l'impunité systématique d'Israël”

Si les crimes israéliens commis à l'encontre des Palestinien-nes ne soulèvent guère l'intérêt de la communauté internationale, ces mêmes crimes commis à l'encontre de civils, humanitaires et journalistes occidentales-aux, majoritairement blanc-hes, ont indigné le monde entier.

La vidéo du ministre Itamar Ben Gvir humiliant les activistes a notamment provoqué un tollé mondial. La France et l'Italie ont qualifié aussitôt les images d'« inadmissibles » et plusieurs pays ont convoqué leur ambassadeur d'Israël. « Quoiqu'on (sic.) pense de cette flottille – et nous avons indiqué à plusieurs reprises notre désapprobation de cette démarche -, nos compatriotes qui y participent doivent être traités avec respect et libérés dans les plus brefs délais », a écrit Jean-Noël Barrot sur X.

Faisant suite à ses déclarations, le ministre a ensuite saisi le parquet national antiterroriste (PNAT), qui a déclaré en fin de semaine dernière avoir ouvert une enquête préliminaire à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH), pour « tortures, au sens de la convention de New York du 10 décembre 1984, et de crimes de guerre ».

Si cette enquête est saluée par les représentant-es des militant-es de la Flottille, ils dénoncent néanmoins dans le journal Le Monde « l'ambivalence du PNAT, qui poursuit tous les soutiens de la Palestine dès que leurs voix s'élèvent. »

« Il aura fallu que des ressortissants français soient violentés sous l'œil des caméras pour que le ministère se décide à faire un signalement au parquet. Les faits subis par les navigants de la flottille ne sont rien comparés à ceux que subit encore chaque jour le peuple palestinien », ajoutent-ils-elles.

Contactée par l'Agence Média Palestine, la journaliste indépendante Sabrina Azzizi, qui a elle-même participé à la dernière expédition de la Flottille, explique accueillir la nouvelle “avec prudence”.

“Je suis contente d'apprendre cela mais pour être sincère, je ne leur fais pas confiance. Cette décision ne vient pas de nulle part, elle résulte de la pression exercée par les nombreuses organisations qui ont pris part à la Flottille. D'autres enquêtes auraient pu être ouvertes, depuis près de trois ans, pour les crimes commis par les 6 464 soldats franco-israéliens à l'encontre des Palestiniens et Palestiniennes, mais l'État français n'a pas agi.”

Les activistes de la GSF espèrent néanmoins que cette affaire permettra de rendre public leur plaidoyer, et écornera “l'impunité systématique d'Israël”. Une délégation composée de représentant-es juridiques, de victimes et de personnel médical de la GSF a annoncé avoir déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI), accusant des commandant-es militaires israélien-nes et des hauts responsables politiques d'avoir commis des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des actes de torture et des faits relevant du crime de génocide.

“La GSF appelle tous les États parties au Statut de Rome à renvoyer immédiatement la situation devant la Cour et invite la communauté juridique internationale à engager des poursuites contre ce régime génocidaire”, annonce un communiqué.


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16.06.2026 à 12:39

Quand la roupie s'effondre, ce sont les femmes qui paient : survivre à la crise économique en Indonésie

Disya Halid

La crise économique indonésienne ne touche pas tout le monde de la même façon. Alors que la roupie s'effondre face au dollar, les femmes absorbent la plus grande part du choc — pertes d'emplois dans les médias et l'éducation, salaires volés, discriminations à l'embauche, et intensification du double fardeau du travail salarié et domestique. Disya Halid, journaliste pour la rubrique Buruh Berkisah des Femmes libres, donne la parole à trois femmes de Samarinda (Kalimantan-Est) qui survivent sous le régime d'austérité Prabowo-Gibran. Mutiara Ika Pratiwi, présidente nationale des Femmes libres, pose le diagnostic : ce n'est pas un problème de gestion du budget familial, c'est le résultat structurel de politiques économiques qui sacrifient systématiquement la protection des travailleuses aux intérêts des investisseurs. [WL]

Tiré d'Europe solidaire sans frontière.

La roupie chute, les femmes paient

Chaque crise économique frappe les femmes en premier et le plus durement. Alors que la roupie continue de se déprécier et que le coût de la vie augmente, les femmes sont contraintes de travailler toujours plus pour assurer la survie de leur famille, tout en faisant face à la menace de perdre leur emploi, à des revenus insuffisants, et à un marché du travail qui se rétrécit.

Au 13 juin 2026, la roupie s'échange à environ 20 600 Rp pour un euro. Ce chiffre n'est pas qu'une donnée dans un bulletin économique — il se traduit concrètement dans la vie quotidienne. Les prix des produits de première nécessité augmentent, le coût de la vie s'alourdit, tandis que le pouvoir d'achat des ménages ne cesse de reculer.

Dans ce contexte, les femmes se retrouvent en première ligne pour assurer les besoins de leur famille. Elles font face à l'insécurité de l'emploi, à des salaires faibles, et à une pression économique croissante.

Trois femmes à Samarinda

Ning (prénom d'emprunt) est journaliste dans un média en ligne de Samarinda, capitale de la province du Kalimantan-Est. Elle n'attend plus que le moment de perdre son emploi. Les politiques d'austérité budgétaire du régime Prabowo-Gibran ont durement touché les médias locaux qui dépendaient des achats publicitaires de l'État comme source de revenus. De nombreuses entreprises de presse peinent à payer leurs salariés ; d'autres ont fermé.

« J'estime qu'il me reste un mois à travailler comme journaliste avant de me retrouver au chômage. Je ne sais pas si je pourrai trouver un autre emploi dans les conditions actuelles », dit Ning.

Au-delà de la menace de perdre son emploi, Ning doit aussi faire face à de multiples dépenses quotidiennes : factures d'électricité, mensualités laissées par son ex-mari, couches pour son père, et besoins courants du foyer.

Miranti est mère célibataire de trois enfants. Elle travaille comme employée administrative dans une école privée de Samarinda. La situation financière de son établissement est, dit-elle, très incertaine : les salaires sont fréquemment versés en retard, faute de budget.

Alors que les prix des produits de première nécessité continuent d'augmenter sous l'effet de la dépréciation de la roupie, le revenu de Miranti est très loin de couvrir les besoins de sa famille. Son salaire mensuel oscille entre 1 000 000 et 2 000 000 Rp (environ 49 à 97 euros) — bien en dessous du salaire minimum régional de Samarinda, fixé à 3 983 882 Rp (environ 193 euros). [1]

« Les dépenses minimales d'un foyer avec trois enfants atteignent maintenant facilement 3 000 000 à 4 000 000 Rp par mois (environ 146 à 194 euros). On est donc obligées d'être créatives pour trouver des revenus complémentaires et pouvoir tenir », explique Miranti.

Son fardeau économique s'alourdit à mesure que la situation se dégrade. Elle vit dans la crainte permanente d'un licenciement — d'autant que les charges de fonctionnement de l'école augmentent et que les coupes budgétaires semblent inévitables. Les travailleuses non permanentes sont les premières menacées de mise au chômage, et pour une femme qui est le seul soutien de famille, perdre son emploi, c'est priver de ressources tous les membres de la famille qui dépendent d'elle.

« Pour une femme et une mère célibataire, perdre son emploi, c'est perdre la sécurité financière de toute la famille », dit-elle.

Refinaya a obtenu en 2025 un diplôme en Relations internationales et n'a toujours pas réussi à trouver un emploi stable. Elle consulte chaque jour des offres d'emploi et envoie entre cinq et huit candidatures par semaine. Ayant depuis longtemps renoncé à trouver un poste dans son domaine de formation, elle postule dans tous les secteurs. Mais les conditions exigées par les entreprises — expérience requise dès l'entrée, limites d'âge qui excluent les jeunes diplômé·es — réduisent systématiquement ses chances.

« Je subis aussi des pressions constantes de mes proches pour que je trouve rapidement du travail, alors que je fais vraiment tout mon possible et que j'envoie des candidatures en permanence », dit Refinaya.

Pour survivre, elle enchaîne des missions contractuelles à court terme, comme un mois de travail de terrain comme enquêtrice. Les revenus ainsi générés couvrent ses besoins jusqu'à la prochaine mission : forfait internet, alimentation, carburant, dépenses personnelles.

Femmes et crise économique : une perspective féministe

Les expériences de Ning, Miranti et Refinaya montrent que la crise économique ne frappe pas de façon neutre. Les femmes en subissent les effets avec plus d'intensité, car elles occupent une position inégale dans le système économique — concentrées dans les secteurs à bas salaires, plus exposées aux licenciements, et continuant de porter le poids du travail domestique et du soin non rémunérés.

Mutiara Ika Pratiwi, présidente nationale des Femmes libres, [2] estime que la dépréciation de la roupie entraînera directement une hausse des prix des produits de première nécessité. Dans un contexte de précarisation croissante de l'emploi, cela aggrave encore les conditions de vie des travailleuses.

« Pour les ouvrières du textile, par exemple — qui avaient déjà subi massivement le phénomène du « pas de travail, pas de salaire » pendant la pandémie, combiné à des hausses de salaires dérisoires —, la hausse des prix des produits de base signifie aujourd'hui qu'une travailleuse n'a pas d'autre choix que de chercher des revenus supplémentaires en cumulant des petits boulots », explique-t-elle.

Selon Ika, ces conditions pousseront les femmes à travailler plus longtemps avec un niveau d'épuisement toujours plus élevé. Dans le même temps, la vulnérabilité au harcèlement et aux violences s'accroît, tandis que la qualité de vie des femmes continue de se dégrader.

Pour les Femmes libres, cette situation ne peut être traitée comme un problème individuel ni comme une question de capacité des femmes à gérer le budget familial. La crise est le résultat de politiques économiques et politiques qui ne sont pas du côté du peuple, et du démantèlement systématique des protections des travailleuses. [3]

Les Femmes libres exigent donc que le gouvernement garantisse la protection des travailleuses, notamment la sécurité de l'emploi et une protection sociale adéquate. Elles demandent également la fin des dépenses de l'État dictées par des intérêts politiques plutôt que par des besoins sociaux, en particulier le programme Repas nutritifs gratuits et les Coopératives villageoises Rouge-et-Blanc. [4]

« Le gouvernement doit également garantir la liberté de critique et d'expression. Il doit mettre fin à toutes les formes de répression, d'intimidation et de violence contre les militant·es et les citoyen·nes qui expriment des critiques », affirme Ika.

La chute de la roupie ne se lit pas seulement sur les écrans des marchés financiers. Derrière ces chiffres se trouvent les vies de millions de femmes contraintes de travailler plus dur, de porter des fardeaux toujours plus lourds, de vivre dans une incertitude permanente. La lutte contre la crise économique est donc inséparable de la lutte pour la justice économique, le travail décent et une vie digne pour toutes les femmes.


Disya Halidest journaliste à Samarinda (Kalimantan-Est) et membre des Femmes libres de Samarinda. Elle s'intéresse à la compréhension des droits des femmes à partir de leur vie quotidienne.

Source : https://mahardhika.org/rupiah-anjlok-beban-perempuan-meningkat-bertahan-hidup-di-tengah-krisis-ekonomi/]

Traduit de l'indonésien et notes pour ESSF par Wendy Lim et Mark Johnson

Notes

[1] L'UMR (Upah Minimum Regional — salaire minimum régional) est le salaire plancher fixé par l'administration locale pour chaque ville ou district d'Indonésie. Le chiffre cité ici est celui en vigueur au moment de la publication, juin 2026). Sur la politique salariale du gouvernement Prabowo, voir Femmes libres, « Indonésie. Le règlement sur les salaires 2026 perpétue la politique des bas salaires et ignore la vie des ouvrières : Combattons la politique des bas salaires ! », Europe Solidaire Sans Frontières, décembre 2025, https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article77407

[2] Les Femmes libres sont une organisation féministe socialiste , implantée principalement dans les zones industrielles de Jakarta et à Sukabumi. Elles participent à l'Aliansi Perempuan Indonesia (API, Alliance des femmes indonésiennes) et aux coalitions GEBRAK. Sur leur rôle dans la résistance démocratique de 2025-2026, voir Alliance des femmes indonésiennes, « Femmes indonésiennes unies : résister à la destruction de nos corps », Europe Solidaire Sans Frontières, 2026, https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78166

[3] Sur le contexte plus large de la politique d'austérité du gouvernement Prabowo et de ses effets sur le niveau de vie des travailleur·ses, voir Muhammad Ridha (Parti travailliste), « Indonésie : anatomie d'une révolte populaire », Europe Solidaire Sans Frontières, 2025, https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article76673

[4] Le programme Repas nutritifs gratuits (MBG) et les Coopératives villageoises Rouge-et-Blanc (Koperasi Desa Merah Putih) sont deux initiatives phares du gouvernement Prabowo-Gibran. Les critiques estiment que ces programmes privilégient la visibilité politique sur la protection sociale effective, et qu'ils sont liés aux coupes budgétaires qui ont touché les services publics, les médias et l'éducation.


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16.06.2026 à 12:38

Gaza n'est pas une aberration : Israël prépare ce génocide depuis des décennies

Jonathan Cook

L'Agence Média Palestine propose une traduction de cet article d'opinion de Jonathan Cook, journaliste et auteur, qui réagit à la publication par le journal Haaretz de nouveaux témoignages choquants de soldats vétérans israéliens.

Tiré d'Agence média Palestine.

La vérité apparaît peu à peu : le génocide perpétré par Israël à Gaza avait été planifié il y a des décennies.

Écoutez les témoignages de quatre soldats israéliens qui ont servi à Gaza.

Soldat 1 : « Les vies humaines n'avaient aucune importance. On pouvait tuer, il n'y avait aucune loi. Personne ne vous disait rien. Mais ce n'est pas une sensation agréable. Ça tue surtout votre humanité. »

Soldat 2 : « Au début, je ne voulais pas exécuter des Arabes qui ne résistaient pas [c'est-à-dire des civils]. Mais nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il fallait tuer. Nous avons fini par ne plus les considérer comme des êtres humains. »

Soldat 3 : « Nous avons capturé des hommes, les avons alignés et les avons éliminés. Rétrospectivement, cela ressemble à un meurtre. »

Soldat n° 4 : « Nous parcourions les camps de réfugiés à Gaza et menions des purges… Tous les soldats présents sur place avaient créé un “camp de concentration”, et ils n'hésitaient pas à tuer quiconque provoquait le moindre trouble. »

Non, ces témoignages ne sont pas nouveaux. Ces lanceurs d'alerte n'ont pas servi à Gaza pendant le génocide qui s'y déroule actuellement. Ces récits datent de près de 60 ans et ont été publiés la semaine dernière par le journal israélien Haaretz sous le titre « On nous a ordonné de tuer ».

Les soldats israéliens interrogés peu après la guerre de 1967 – souvent appelée la guerre des Six Jours – ont non seulement avoué qu'eux-mêmes et d'autres commettaient régulièrement des crimes de guerre, mais ils ont également souligné qu'ils agissaient ainsi sur ordre de leurs commandants.

Ces récits ont été compilés dans un livre, Le septième jour : des soldats parlent de la guerre des Six Jours, par Avraham Shapira, bien que de nombreux témoignages n'aient pas été inclus car jugés trop choquants.

Tout cela ne devrait pas être simplement d'intérêt historique. Ces récits rappellent de manière frappante que ce qu'Israël a fait au cours de sa destruction de Gaza, qui dure depuis près de trois ans – raser toutes les maisons, les hôpitaux, les écoles, les universités, les boulangeries et les bureaux du gouvernement ; assassiner des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de civils palestiniens ; et bloquer l'aide humanitaire et affamer la population – s'inscrit dans un schéma de conduite militaire israélienne vieux de plusieurs décennies.

Rien n'a « commencé » le 7 octobre 2023, lorsque le Hamas s'est échappé pour une seule journée du « camp de concentration » de Gaza, comme l'appelait il y a 59 ans le Soldat 4.

Au contraire, Israël a trouvé ce jour-là un prétexte pour redonner vie à une vieille histoire, celle dans laquelle il massacre et expulse des Palestiniens depuis des décennies. La principale différence cette fois-ci réside simplement dans l'ampleur et la durée.

Washington et d'autres capitales occidentales ont donné à Israël le temps et l'espace nécessaires pour achever à Gaza ce qu'il n'avait auparavant pu réaliser qu'en partie. La puissance de feu bien supérieure dont dispose aujourd'hui Israël, grâce aux munitions modernes fournies par les États-Unis, lui a permis de réaliser ce dont il ne pouvait auparavant que rêver : rayer Gaza de la carte.

Famine orchestrée

Les soldats qui ont dénoncé ces faits en 1967 ont admis que leur mission n'était pas de « combattre l'ennemi », ni d'« éradiquer les terroristes » comme le disent aujourd'hui les dirigeants israéliens. Il s'agissait de tuer et de terroriser les civils palestiniens sous le couvert de la guerre.

Peu de soldats hésitaient à dire pourquoi ils commettaient ces atrocités. Leur mission consistait à instaurer un règne de terreur, partie intégrante des efforts d'Israël visant à expulser le plus grand nombre possible de Palestiniens des dernières parties restantes de la patrie palestinienne, les territoires capturés par l'armée israélienne en 1967 puis occupés illégalement.

Cela était perçu comme une nouvelle occasion de mener à bien la campagne de nettoyage ethnique lancée pour de bon par les milices sionistes en 1947 et 1948, lorsque les autorités du mandat britannique se sont retirées de Palestine. À l'issue de cette campagne, environ 80 % des Palestiniens avaient été chassés de leurs foyers à l'intérieur des frontières du nouvel État juif.

Beaucoup se sont retrouvés dans des camps de réfugiés dans des États voisins tels que le Liban et la Syrie. Mais certains se sont réfugiés dans les poches de territoire palestinien historique qui subsistaient en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, soit les 22 % de leur patrie qui avaient été protégés de nouvelles avancées israéliennes en 1948 par la Jordanie et l'Égypte.

La guerre de 1967 a été considérée par les dirigeants israéliens comme une seconde chance : l'occasion à la fois de s'emparer de toute la Palestine historique et de la coloniser par le biais de l'occupation militaire et de l'établissement de colonies de milices juives, et d'étendre l'opération de nettoyage ethnique pour débarrasser la Palestine historique de ses habitants autochtones.

Quelques semaines après la prise des territoires palestiniens par Israël, le Premier ministre de l'époque, Levi Eshkol, a indiqué à son cabinet par où les expulsions devaient commencer. « Nous souhaitons commencer par vider Gaza », a-t-il déclaré.

Compte tenu des pressions internationales, il était clair pour lui que le nettoyage ethnique de Gaza devrait se faire en catimini, afin d'attirer le moins d'attention possible. Préfigurant le siège de Gaza par Israël, qui a duré 16 ans et a débuté en 2007, il a proposé que les Palestiniens soient chassés de Gaza « précisément à cause de l'étouffement et de l'emprisonnement » qu'Israël y imposait.

Le programme de nettoyage ethnique pourrait être accéléré, a-t-il suggéré, en privant la population de produits de première nécessité comme l'eau. « Peut-être que si nous ne leur donnons pas assez d'eau, ils n'auront pas le choix, car les vergers jauniront et dépériront. »

Dans cet esprit, 40 ans plus tard, Israël allait calculer le nombre minimum de calories à laisser entrer à Gaza afin que la population y devienne de plus en plus mal nourrie. Ou, comme l'expliquait en 2006 Dov Weisglass, conseiller principal du gouvernement : « L'idée est de mettre les Palestiniens au régime, mais pas de les laisser mourir de faim. »

Dix-sept ans après que Gaza eut été contrainte à son « régime », lorsque le Hamas s'échappa brièvement de l'enclave, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et ses généraux ont saisi leur chance.

Ils ont détruit ces « vergers » et transformé le « régime » en un véritable blocus de famine – un crime contre l'humanité pour lequel Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, sont recherchés par la Cour pénale internationale.

Cibler des innocents

Les crimes de 1967 ont été compris depuis longtemps par les historiens palestiniens, qui n'ont bien sûr pas été écoutés. Les historiens israéliens ont mis beaucoup plus de temps à reconstituer le récit, à mesure qu'ils ont eu accès à certaines parties des archives militaires israéliennes.

La nouvelle enquête d'Haaretz, basée sur les recherches de l'Institut Akevot, fournit des détails sur la cruauté des expulsions massives de Palestiniens qui ont débuté en 1967.

Comme le rapporte le journal : « L'enquête historique montre qu'Israël a expulsé et chassé quelque 300 000 Arabes de la Cisjordanie, de Gaza et du plateau du Golan [syrien]. Et comme en 1948, cette expulsion s'est accompagnée du meurtre de civils, semant la terreur dans les communautés arabes, de pillages et, finalement, de destructions. »

Après avoir réussi en 1967 à expulser à nouveau un grand nombre de Palestiniens, la tâche suivante consistait, comme en 1948, à empêcher leur retour.

Uri Avnery, journaliste et député israélien, a recueilli les témoignages de soldats postés aux frontières avec la Jordanie et l'Égypte, vers lesquelles les Palestiniens avaient été expulsés. La mission de ces soldats consistait à assassiner toute famille palestinienne tentant de regagner son foyer.

Voici le témoignage d'un soldat, rapporté par Haaretz, qu'Avnery a relevé dans son autobiographie : « Nous bloquions ces points de passage et avions reçu l'ordre de tirer pour tuer, sans avertissement préalable. De fait, de tels coups de feu étaient tirés chaque nuit sur des hommes, des femmes et des enfants, même les nuits de pleine lune où il était possible d'identifier ceux qui traversaient. C'est-à-dire de distinguer les hommes des femmes et des enfants.

« Le matin, nous sortions pour balayer la zone du regard, et nous tuions, sur ordre explicite de l'officier présent, ceux qui étaient encore en vie, y compris ceux qui se cachaient et les blessés. Une fois le massacre terminé, nous recouvrions les corps de terre jusqu'à l'arrivée d'un tracteur. »

Les lanceurs d'alerte israéliens d'aujourd'hui avertissent que cette doctrine militaire n'a pas changé. Au cours des trois dernières années, des enquêtes ont montré à plusieurs reprises qu'Israël tentait de dissimuler ses crimes en enterrant secrètement ses victimes civiles dans des fosses communes, en violation du droit international.

Il l'a fait, par exemple, lorsque des troupes ont massacré des Palestiniens venus chercher de l'aide humanitaire il y a un an, et de nouveau lorsque des soldats ont exécuté 15 secouristes palestiniens lors d'une embuscade contre des ambulances en mars 2025.

Un autre soldat, troublé par la politique de « tirer pour tuer » de 1967, s'est souvenu d'une conversation avec son commandant : « J'ai demandé à l'officier : “Et si j'entends des bébés pleurer, je dois leur tirer dessus aussi ?” La réponse que j'ai reçue était : “Ne fais pas ta fillette.” »

Il n'y a rien d'exceptionnel à cela. On sait qu'Israël a tué plus de 1 000 bébés à Gaza âgés de moins d'un an depuis le 7 octobre 2023, et pas tous de manière anonyme lors de frappes aériennes.

L'armée israélienne a laissé un groupe de cinq bébés prématurés de l'hôpital al-Nasser mourir et se décomposer dans leurs couveuses après que ses soldats eurent pris le contrôle du bâtiment fin 2023.

Les commandants israéliens savaient également que les premiers à mourir d'un blocus de l'aide seraient les plus vulnérables. Des bébés sont morts de froid ou de faim alors que la population était privée d'abri, de lait maternisé et de nourriture, leurs mères manquant de nutriments suffisants pour produire du lait.

Comme l'a noté le soldat 2, la doctrine militaire israélienne encourage les soldats à ne plus considérer les Palestiniens, même les bébés palestiniens, comme des « êtres humains ». Leurs vies sont jugées sans valeur.

Un passé familier

Des soldats israéliens ont assassiné un autre bébé palestinien la semaine dernière en Cisjordanie, après avoir tendu une embuscade à une voiture conduite par un maître de conférences de l'université de Bethléem, Fahd Abu Haikal, dans la ville palestinienne d'Hébron, soumise à une occupation particulièrement brutale.

L'un des soldats a tiré sur la voiture alors qu'elle ralentissait pour s'arrêter, à seulement quelques mètres de distance, d'où il devait pouvoir voir les passagers à l'intérieur. La balle a tué Sam, le bébé de sept mois d'Abu Haikal, et blessé sa femme, qui tenait le nourrisson dans ses bras. Le fils d'Abu Haikal, âgé de 11 ans, qui se trouvait également dans la voiture, a vu son petit frère se vider de son sang.

Les soldats israéliens assassinent des bébés palestiniens depuis des décennies. Pourtant, rien de tout cela n'a suscité la moindre once de l'indignation exprimée à l'unisson par les médias et les politiciens occidentaux face à l'affirmation entièrement inventée par Israël selon laquelle le Hamas aurait tué 40 bébés le 7 octobre 2023.

En réalité, un seul bébé israélien a été tué ce jour-là : Mila Cohen, âgée de neuf mois, qui, comme Sam Abu Haikal, a été abattue dans les bras de sa mère.

La campagne d'expulsions menée par Israël en 1967 à Gaza et en Cisjordanie n'était pas improvisée, ni le fruit d'une décision prise sur un coup de tête. Selon Haaretz, cette politique avait été soigneusement planifiée plusieurs années à l'avance.

Depuis 1948, Israël attendait le moment propice pour procéder à de nouvelles expulsions et s'emparer des dernières parties de la patrie palestinienne, ces territoires qui lui avaient été refusés pour mener à bien son projet colonialiste et violent.

La guerre de 1967 contre l'Égypte, la Syrie et la Jordanie, lui a fourni le prétexte.

Ishai Amrami, commandant de bataillon de haut rang lors de cette guerre, a admis plus tard : « Ce que j'ai vécu de mes propres yeux était une tentative de transfert massif de population. »

Comme le fait remarquer Haaretz : « Les Palestiniens n'étaient que de simples spectateurs dans cette histoire. Le ministre de la Défense Moshe Dayan a écrit dans ses mémoires que les Palestiniens résidant en Cisjordanie n'avaient pas pris part à la guerre, et que ce n'était pas leur guerre. Pourtant, ce sont eux qui en ont payé le prix. »

Israël a entamé la destruction massive des communautés palestiniennes, comme il l'avait fait après 1948, afin qu'il n'y ait plus de foyers où les Palestiniens puissent retourner. Mais comme le note Haaretz, Israël est devenu victime de son propre succès militaire fulgurant.

« Ce fut l'un des rares cas dans l'histoire du conflit où Israël a été contraint de faire marche arrière en raison d'une forte pression internationale. »

Il va sans dire que, contrairement à 1967, une telle pression internationale a cruellement fait défaut au cours des trois dernières années. La nouvelle génération de dirigeants occidentaux, comme le Britannique Sir Keir Starmer, autrefois éminent avocat spécialisé dans les droits de l'homme, a justifié le programme explicitement exterminationniste d'Israël à l'encontre des Palestiniens de Gaza, le qualifiant de « légitime défense ».

Contrairement à leurs prédécesseurs des années 1960, les dirigeants occidentaux d'aujourd'hui et leurs médias ont choisi d'accorder à Israël le temps et l'espace diplomatiques dont il avait besoin pour détruire Gaza, tout en lui fournissant des armes et des renseignements. Le génocide aurait été impossible sans leur aide.

Fort de cette impunité, Israël a tenté d'étendre la destruction plus loin, avec un succès limité en Iran et un succès bien plus grand au sud du Liban.

Alors que les politiciens et les médias occidentaux oublient volontiers Gaza, Israël maintient une pression implacable et la misère sur place. Une soi-disant « ligne jaune », délimitant le contrôle militaire israélien sur l'enclave détruite, une zone interdite aux Palestiniens, s'est progressivement étendue, passant de la moitié du territoire à 70 %.

Les habitants de Gaza sont littéralement chassés des ruines de leur patrie, tandis qu'Israël s'efforce de trouver un pays tiers – l'Égypte, ou peut-être le Somaliland – disposé à les accueillir.

Supprimer le contexte

Comme l'a si bien dit le cosmologiste américain Carl Sagan : « Il faut connaître le passé pour comprendre le présent. »

C'est précisément pour cette raison que les politiciens et les médias occidentaux se sont montrés si soucieux d'effacer le passé, en supprimant le contexte et l'historique, tels que les violentes campagnes de nettoyage ethnique menées par Israël en 1948 et 1967, qui expliquent le comportement actuel d'Israël à Gaza, en Cisjordanie et au Sud-Liban.

Privés de l'histoire de la région, les publics occidentaux ont été plus facilement manipulés pour croire que les atrocités israéliennes constituent une réponse, soi-disant « proportionnée », à l'attaque d'une journée menée par le Hamas contre Israël fin 2023.

Une vérité évidente a été occultée : depuis au moins huit décennies, Israël exploite toutes les occasions qui se présentent pour expulser les Palestiniens de leur patrie.

L'attaque du Hamas d'octobre 2023 n'a pas constitué un tournant ni une rupture, comme on le présente si souvent en Occident.

En 1967, soit 56 ans avant l'attaque du Hamas, Eshkol avait laissé entendre que des événements imprévus pourraient accélérer le programme secret d'épuration ethnique mené par Israël. Un moment pourrait arriver à l'avenir, qu'il qualifiait de « solution de luxe inattendue », où Israël pourrait rapidement réaliser son rêve d'une Palestine sans Palestiniens.

« Peut-être pouvons-nous nous attendre à une autre guerre, et alors ce problème sera résolu. Mais c'est une sorte de “luxe”, une solution inattendue », expliquait-il au cabinet.

Ce contexte manquant étant désormais ajouté, grâce au nouvel article du journal israélien Haaretz, l'histoire prend une toute autre dimension.

Les événements du 7 octobre 2023 ressemblent moins à de la simple sauvagerie qu'à une réponse désespérée, un dernier coup de dés, face à des décennies d'atrocités israéliennes visant à rendre les conditions de vie des Palestiniens si misérables, par la paupérisation, l'enfermement, la famine et le meurtre, qu'ils finissent soit par fuir leur patrie, soit par mourir sur place.

Une fois le contexte manquant ajouté, la prétendue « riposte » d'Israël à Gaza, sa campagne de génocide, apparaît pour ce qu'elle est réellement : la poursuite de huit décennies de campagne de nettoyage ethnique. En fait, son dernier volet. Son dénouement.

David Ben Gourion, le père fondateur d'Israël, écrivait à son fils en 1937, onze ans avant la création d'Israël : « Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place. »

Dans une note de journal rédigée pendant les expulsions massives de 1948, Ben Gourion résumait l'état d'esprit de ses généraux : « Si nous accusons une famille, nous devons leur faire du mal sans pitié. Aux femmes et aux enfants, sans pitié. Sinon, ce n'est pas une réaction efficace. Pendant l'opération, il n'y a pas lieu de faire la distinction entre les coupables et les innocents. »

L'objectif était de transformer la peur en arme, afin que les Palestiniens soient trop terrifiés pour rester sur leur terre natale.

Mordechai Maklef, un haut commandant de l'armée israélienne naissante, a souligné deux ans plus tard, en 1950, la logique qui sous-tendait la politique d'Israël : « Il est impossible d'expulser 114 000 personnes qui vivaient en Galilée sans recourir à la terreur. »

Même si l'on fait abstraction des témoignages palestiniens de l'époque, les quelques sections des archives israéliennes qui ont jusqu'à présent été ouvertes aux historiens israéliens documentent des massacres et des viols systématiques de Palestiniens en 1948.

Dans des films israéliens récents tels que Tantura, du nom du village où un terrible massacre de Palestiniens a été perpétré, des hommes âgés qui servaient comme soldats israéliens à l'époque confirment les documents d'archives, racontant comment ils ont personnellement été témoins du viol de jeunes filles palestiniennes.

Notons que le viol utilisé comme arme se poursuit encore aujourd'hui, dans ce que l'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem appelle le « réseau de camps de torture » d'Israël.

Ces viols, souvent commis à l'aide de chiens spécialement dressés à cet effet, sont si répandus qu'il est devenu impossible de les dissimuler. Ils ont même fini, bien tardivement, par attirer l'attention des grands médias comme le New York Times, provoquant une cacophonie de protestations et de menaces de poursuites judiciaires de la part de Netanyahou.

Les abus sexuels sur les personnes détenues par Israël sont si courants que des militants internationaux pour la paix ont subi des viols systématiques lorsque des centaines d'entre eux ont été arrêtés le mois dernier dans les eaux internationales au large de Chypre, alors qu'ils entamaient leur voyage vers Gaza pour briser le blocus génocidaire d'Israël.

Israël veut que la peur se propage, de la Palestine elle-même à quiconque souhaite manifester sa solidarité avec son peuple.

Les politiciens occidentaux et les médias ont à peine évoqué ces crimes horribles commis contre leurs propres citoyens. Pourquoi ? Parce que reconnaître ces crimes reviendrait à admettre que des atrocités encore pires sont infligées aux Palestiniens sous la domination israélienne.

Prisons de complicité

Gaza n'est pas une aberration. Elle s'inscrit pleinement dans une stratégie militaire israélienne vieille de huit décennies. Les Occidentaux n'en ont pas conscience uniquement parce que leurs classes politiques et médiatiques ont travaillé d'arrache-pied pour les empêcher d'en prendre connaissance.

Si les opinions publiques occidentales savaient ce qui arrive réellement aux Palestiniens depuis plus de 80 ans, d'abord de la part du mouvement sioniste puis de l'État israélien, elles pourraient grossir encore davantage les rangs des marches de protestation, rendant ces manifestations politiquement impossibles à ignorer.

Si les Occidentaux savaient ce qui arrive réellement aux Palestiniens, ils pourraient rejoindre les militants qui tentent de paralyser les usines d'armement israéliennes, comme Elbit Systems, opérant tout à fait ouvertement dans des pays occidentaux tels que la Grande-Bretagne. Ils pourraient ainsi parvenir à mettre fin à l'approvisionnement en drones et autres armes utilisées pour massacrer les populations de Palestine et du Liban.

Au lieu de quelques milliers, des dizaines ou des centaines de milliers de personnes pourraient être prêtes à brandir une pancarte au Royaume-Uni pour s'opposer au génocide, et à se faire arrêter en tant que « partisans du terrorisme », submergeant le système carcéral et tournant en dérision le soi-disant système de « justice » britannique.

Armés d'un savoir plutôt qu'obscurcis par l'ignorance, davantage d'Occidentaux pourraient monter à bord de bateaux, formant une armada qu'il serait impossible aux médias occidentaux d'ignorer. Mais surtout, si le contexte réel était compris, si l'on connaissait le schéma de meurtres, de viols et d'expulsions de Palestiniens pratiqué par Israël depuis des décennies, les opinions publiques occidentales pourraient prendre conscience que leurs classes politiques et médiatiques ne sont pas des acteurs moraux. Ils ne défendent pas les valeurs d'une civilisation supérieure. Ils ne sont pas les gardiens du droit international et d'un ordre libéral démocratique.

Ce sont des imposteurs. Ou plus exactement, ils opèrent au sein de structures politiques et financières qui rendent impossible la révélation de vérités susceptibles d'ébranler un système de pouvoir occidental qui enrichit une infime élite grâce à une machine de guerre lucrative utilisée pour protéger les profits colossaux des industries des combustibles fossiles.

Ce système de pouvoir conduit certains Palestiniens à une mort prématurée, et d'autres dans des camps de concentration, à l'exil ou à la misère.

Pendant ce temps, il nous conduit, en Occident, dans des prisons sans murs physiques – des prisons soit d'ignorance et de complicité, soit de connaissance et d'impuissance.

Quoi qu'il en soit, comme le Soldat 1, nous voyons notre humanité s'éteindre. Nos cœurs sont endurcis ou brisés. Le défi auquel nous sommes confrontés est le même que celui des Palestiniens : trouver un moyen de sortir de notre confinement.


Traduction : JB pour l'Agence Média Palestine

Source : Middle East Eye


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