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L’expertise universitaire, l’exigence journalistique

17.06.2026 à 12:21

Agathe Habyarimana, un procès pour l’Histoire ?

François Robinet, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Une décision de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris est susceptible de relancer un processus judiciaire, dont les implications dépassent largement le cas de la seule accusée, veuve du président rwandais assassiné en 1994.

Texte intégral (2113 mots)

Le 6 avril 1994, la destruction en vol par un tir de missile de l’avion transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana, ainsi que le chef de l’État burundais Cyprien Ntaryamira, marque le début du génocide des Tutsi du Rwanda, au cours duquel plus d’un million de personnes furent massacrées en quelque trois mois. L’entourage de la veuve d’Habyarimana, Agathe, est accusé d’avoir joué un rôle majeur dans l’instigation de ce carnage à grande échelle. Réfugiée depuis des années en France, Mme Habyarimana, qui a bénéficié en 2025 d’un non-lieu qui vient d’être infirmé par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, pourrait être jugée pour ces faits. Un tel procès, s’il avait lieu, aurait une importance cruciale pour l’histoire du génocide des Tutsi.


Alors qu’un non-lieu semblait se profiler, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a ordonné, le 6 mai dernier, la reprise de l’instruction des plaintes visant Agathe Habyarimana pour complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité.

Pour quelles raisons cette décision, qui rouvre un dossier ancien de près de vingt ans, est-elle si importante pour les rescapés comme pour les associations engagées à leurs côtés ? Comment expliquer la durée de l’instruction ? Que pourrait-on attendre d’un procès si l’information judiciaire devait aboutir à un renvoi en cour d’assises ?

Une procédure au long cours

L’affaire semblait entendue. En août 2025, après dix-sept ans d’enquête judiciaire en France – la justice française a été saisie à la suite d’une plainte déposée en février 2007 par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), la présence d’Agathe Habyarimana sur le sol français permettant l’ouverture d’une enquête pour des faits présumés de génocide – deux juges d’instruction considéraient les charges insuffisantes pour renvoyer l’ancienne première dame rwandaise, veuve du président Juvénal Habyarimana, devant une cour d’assises.

L’ordonnance de non-lieu des juges Stéphanie Tacheau et Carole Vujasinovic semblait définitivement éloigner la perspective d’un procès d’Agathe Habyarimana pour ses responsabilités présumées dans le génocide contre les Tutsi.

Cette ordonnance de non-lieu a suscité de vives réactions et a été contestée aussi bien par les parties civiles et plusieurs associations de rescapés que par le parquet national antiterroriste lui-même.

Ainsi, dans une tribune publiée par le Monde, le 30 mars dernier, plusieurs personnalités et historiens spécialistes du Rwanda – parmi lesquels l’auteur de ces lignes – rappelaient que les travaux historiques ainsi que les procédures judiciaires conduites devant le Tribunal pénal international avaient mis en lumière le rôle joué par le réseau informel parfois appelé « Akazu » (un réseau parfois surnommé le « clan de Madame ») dans la radicalisation du régime, puis dans la mise en œuvre des massacres.

Les réactions furent d’autant plus vives que l’ordonnance de non-lieu décrivait Agathe Habyarimana comme une « victime » des événements et de l’exil qui suivit, une formulation qui a suscité l’incompréhension de plusieurs associations de rescapés et parties civiles.

Encore récemment, plus de 600 Rwandaises publiaient une lettre ouverte dénonçant la possible clôture de l’instruction dans un texte exprimant leur inquiétude – et leur indignation – face au risque de voir disparaître la possibilité même d’un débat public sur le rôle d’Agathe Habyarimana dans le génocide.

La décision de la chambre d’instruction de la Cour d’appel du 6 mai dernier, contestée en cassation par madame Habyarimana, marque donc un nouveau retournement de situation, un retournement qui ne préjuge en rien de l’organisation d’un futur procès et encore moins d’une éventuelle condamnation.

Plus de trente ans après le génocide, cette décision rappelle surtout à quel point le cas Agathe Habyarimana (aujourd’hui âgée de 83 ans) occupe une place singulière au cœur des débats historiques, judiciaires et mémoriels consacrés au génocide des Tutsi.

Le pouvoir informel de l’« Akazu »

Comprendre cette singularité exige de revenir sur le travail d’enquête et de documentation exceptionnel qui a été mené depuis 1994 et dont la justice dispose aujourd’hui pour se prononcer.

Dès les années 1990, les recherches consacrées au génocide des Tutsi ont permis de mieux comprendre le rôle joué par ce que les contemporains appelaient alors publiquement l’« Akazu » (la « Petite Maison »). Derrière ces termes se dessinait un premier cercle du pouvoir rwandais structuré autour de la famille présidentielle – de proches alliés politiques, militaires et économiques, majoritairement originaires du nord-ouest du Rwanda.

De nombreux travaux – notamment ceux d’Andrew Wallis et d’autres historiens, journalistes, acteurs judiciaires et associations de défense des droits humains – ont souligné à quel point ce réseau informel joua un rôle majeur dans la diffusion de l’idéologie du Hutu Power (idéologie extrémiste qui présente les Tutsi comme une menace à éliminer), dans le soutien aux médias extrémistes comme la Radio télévision libre des Mille Collines (RTLM) ou le journal Kangura, dans la préparation puis dans l’exécution même du génocide.

Au cœur de ce réseau, Agathe Habyarimana apparaît comme une figure centrale. Elle n’a certes occupé aucune fonction officielle dans l’appareil d’État, mais sa position au sein des réseaux familiaux et politiques du régime – ainsi que sa renommée et le prestige de son clan – lui donnait une influence singulière.

Le défi de la preuve

Si les logiques de pouvoir à l’œuvre sont désormais bien connues, comment expliquer les difficultés de la justice à établir les responsabilités individuelles d’Agathe Habyarimana ?

D’abord, comme souvent dans les affaires liées aux crimes imprescriptibles, le temps finit par devenir lui-même un acteur du dossier judiciaire : des témoins disparaissent, les mémoires se fragmentent et les archives écrites – parfois difficilement accessibles – prennent une place croissante dans la compréhension des événements.

Il reste par ailleurs difficile de qualifier précisément les responsabilités pénales individuelles alors même que les mécanismes de décision au sein de l’« Akazu » passaient principalement par des relations de proximité, d’influence et de patronage, un tel système de pouvoir reposant moins sur des décisions administratives classiques laissant des traces écrites que sur des échanges informels.

Il faut enfin comprendre qu’Agathe Habyarimana – et son fils Jean-Luc Habyarimana (qui n’a jamais fait l’objet de poursuites judiciaires pour une participation présumée au génocide des Tutsi) – restent après le génocide des figures symboliquement importantes dans les controverses mémorielles et politiques liées au génocide des Tutsi, nombreux étant les anciens dignitaires du régime engagés dans des stratégies de renversement des responsabilités voire de négation du génocide.

Les journées des 6, 7 et 8 avril 1994 se trouvent au cœur des investigations et, là encore, les responsabilités individuelles ne sont pas si simples à documenter précisément.

Plusieurs témoignages recueillis après le génocide décrivent la résidence présidentielle de Kanombe, à Kigali, comme un lieu de regroupement et de coordination du premier cercle du régime dans les heures qui suivent l’attentat contre l’avion présidentiel. Certains témoignages évoquent la présence d’Agathe Habyarimana lors de discussions concernant la traque des opposants politiques et des Tutsi. D’autres témoignages demeurent indirects, contradictoires ou fragiles tandis que les sources écrites disponibles restent souvent lacunaires. L’informalité même du fonctionnement de l’« Akazu » complique considérablement le travail de la justice comme celui des historiens.

Ces difficultés ne doivent pourtant pas conduire à invisibiliser ce que les travaux historiques ont progressivement mis en lumière : le génocide des Tutsi a été porté par un appareil politico-militaire dont le premier cercle présidentiel constitua l’un des principaux centres de gravité.

Ce que juger signifie

C’est sans doute là que réside, à mon sens, l’enjeu si particulier d’un éventuel procès d’Agathe Habyarimana. Non dans la révélation spectaculaire de faits inconnus. Non dans l’illusion qu’une procédure judiciaire pourrait à elle seule enrichir l’histoire du génocide des Tutsi. Mais dans la création d’un temps de confrontation publique entre archives, témoignages et savoirs historiques autour du rôle joué par l’entourage présidentiel.

L’important me semble ici que les procès pour génocide ne produisent pas seulement des verdicts. Ils constituent aussi des moments de mise en visibilité, de discussion publique, d’intelligibilité partagée, comme l’ont montré les procès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha ou ceux en compétence universelle en Europe. Si l’on peut regretter que ces derniers n’aient pas bénéficié de la même attention que les grands procès historiques des années 1980-1990 (Barbie, Touvier, Papon), leurs audiences ont tout de même contribué à révéler des témoignages, à exhumer certains documents, à inscrire plus profondément le génocide des Tutsi dans notre mémoire collective.

La tenue d’un procès d’Agathe Habyarimana aurait, c’est vrai, une portée bien particulière. Parce qu’il se déroulerait vraisemblablement à Paris. Parce qu’il concernerait une personnalité présente en France depuis 1994. Parce qu’il rouvrirait nécessairement, dans l’espace public français, des questions longtemps demeurées sensibles sur les relations entre Paris et le régime Habyarimana, sur l’opération Amaryllis (8-14 avril 1994) ou encore sur les réseaux politiques, militaires et médiatiques qui entourèrent l’ancien pouvoir rwandais avant, pendant et à la suite du génocide.

L’absence de procès aurait aussi une signification historique et mémorielle. Pour de nombreux rescapés du génocide, pour plusieurs associations et pour une partie des chercheurs travaillant depuis des années sur le génocide des Tutsi, elle laisserait ouverte une question devenue centrale : celle de la possibilité même d’examiner publiquement en France les responsabilités des réseaux politico-familiaux qui gravitaient autour du pouvoir présidentiel rwandais en 1994, privant du même coup les rescapés comme les citoyens français d’un moment important de clarification publique.

The Conversation

Les recherches de François Robinet ont bénéficié de financements accordés par différentes organisations publiques de soutien à la recherche scientifique.

16.06.2026 à 18:20

Une plante carnivore révèle un mécanisme inédit de mouvement ultrarapide sans muscle

Joel Marthelot, Chercheur au CNRS, Aix-Marseille Université (AMU)
Yoel Forterre, Directeur de Recherche, Centre national de la recherche scientifique (CNRS); Aix-Marseille Université (AMU)
En un dixième de seconde, la dionée referme son piège. C’est bien trop rapide pour l’hypothèse privilégiée jusqu’à présent. Une nouvelle étude lève le voile sur la mécanique des plantes carnivores.

Texte intégral (1927 mots)
Le piège de la plante carnivore dionée se referme sur ses proies. Jeanne Bourdier et Corentin Mollier, Fourni par l'auteur

La dionée, ou « plante attrape-mouche », fascine les naturalistes depuis des siècles pour sa capacité à refermer son piège en une fraction de seconde lorsqu’un insecte s’y aventure. Charles Darwin écrivait d’ailleurs dans Insectivorous Plants, en 1875, qu’elle était, « par la rapidité et la puissance de ses mouvements, l’une des plus merveilleuses qui soit au monde ».

Cette fascination tient à un paradoxe : contrairement aux animaux, les plantes ne possèdent ni muscles ni système nerveux centralisé. Comment peuvent-elles alors produire des mouvements aussi rapides ?

Depuis plusieurs décennies, l’explication dominante reposait sur un mécanisme hydraulique. Une redistribution rapide de l’eau entre différentes cellules du piège devait provoquer un changement de courbure des feuilles et entraîner leur fermeture. Cette hypothèse s’accordait avec le rôle central que joue la pression hydraulique dans de nombreux processus végétaux, depuis les mouvements réversibles d’ouverture et fermeture des pores à la surface des feuilles, pour capter le C0₂ nécessaire à la photosynthèse, jusqu’à la croissance lente des tissus.

Notre étude, publiée dans Science, montre toutefois que cette explication est insuffisante. En combinant des mesures hydrauliques et mécaniques de l’échelle du piège entier à la cellule, nous avons pu comparer directement les échelles de temps associées aux différents mécanismes en jeu.

Nous avons montré que les transferts d’eau sont beaucoup trop lents pour expliquer une fermeture qui se produit en environ un dixième de seconde, et mis en évidence un autre phénomène, beaucoup plus rapide.

Dans la seconde qui suit la stimulation, les cellules de la face externe du piège, qui se comportent comme des ballons gonflés, se ramollissent brutalement. Ce ramollissement ne provient pas de la baisse de la pression interne, mais directement de la paroi qui entoure les cellules, qui devient plus flexible !

L’équilibre mécanique des tissus est ainsi modifié et induit une courbure active des deux lobes du piège, qui se referment. Le système franchit alors un seuil d’instabilité mécanique, comparable à celui d’une coque élastique qui se retourne brusquement sous l’effet d’une contrainte, à la manière des jouets appelés « puces sauteuses », déclenchant une amplification spectaculaire de la vitesse du piège.

Il s’agit de la première démonstration expérimentale d’un changement aussi rapide des propriétés mécaniques des parois cellulaires chez une plante.

Pourquoi est-ce important ?

Cette découverte conduit à revoir notre compréhension des mouvements végétaux rapides.

Les mouvements des plantes sont généralement interprétés comme des phénomènes gouvernés par des échanges d’eau. Nos travaux révèlent une autre stratégie : plutôt que de déplacer rapidement de grandes quantités d’eau, la plante agit directement sur les propriétés mécaniques de la paroi cellulaire.

On peut comparer ce mécanisme à celui d’un ressort comprimé. L’énergie nécessaire au mouvement est stockée à l’avance dans la structure. Il suffit ensuite de libérer un verrou pour déclencher un mouvement très rapide. Dans le cas de la dionée, ce verrou est mécanique : l’assouplissement local des parois cellulaires permet au piège de franchir un seuil d’instabilité et de basculer brutalement d’un état stable à un autre.

schéma explicitant le ramollissement de la paroi extérieure
Le ramollissement de la couche externe lors du déclenchement induit un allongement différentiel et donc la courbure du piège. La pression hydraulique dans les cellules n’a pas changé. Yoel Forterre, Fourni par l'auteur

Plus généralement, cette observation montre que la paroi cellulaire végétale n’est pas un simple élément structural passif, mais un matériau dont les propriétés mécaniques peuvent être modulées de manière dynamique pour contrôler le mouvement.

Quelles sont les suites ?

Si nous avons identifié le mécanisme physique responsable de la fermeture du piège, de nombreuses questions demeurent ouvertes.

La principale concerne l’origine moléculaire de ce ramollissement ultrarapide. Comment la plante parvient-elle à modifier en quelques secondes les propriétés mécaniques de ses parois cellulaires ?

La paroi végétale est un matériau composite complexe, constitué d’un réseau de fibres de cellulose enchâssées dans une matrice de polysaccharides et de protéines. Les acteurs moléculaires responsables de cette transition mécanique restent encore à identifier. Comprendre comment un signal mécanique déclenché par le contact d’un insecte est converti en une modification aussi rapide des propriétés du matériau constitue désormais l’un des principaux défis.

photo de plante carnivore avec les pièges ouverts
Image de la dionée montrant ses pièges ouverts en forme de coque mince. Barre d’échelle : 1 centimètre. Yoel Forterre, Fourni par l'auteur

Les progrès récents des outils de génétique moléculaire appliqués à la dionée ouvrent aujourd’hui des perspectives prometteuses. Ils pourraient permettre de relier les mécanismes biologiques impliqués aux changements mécaniques observés à l’échelle de la paroi.

Au-delà de la biologie végétale, cette découverte intéresse également les ingénieurs qui cherchent à concevoir des robots souples et des matériaux adaptatifs. Les structures bistables et les instabilités mécaniques sont déjà largement exploitées pour produire des mouvements rapides comme des mini-robots sauteurs.

La dionée montre cependant qu’un organisme vivant peut contrôler une telle instabilité en modifiant très rapidement les propriétés mécaniques de ses tissus. Ce principe pourrait inspirer une nouvelle génération de systèmes capables de changer de forme rapidement en réponse à un signal mécanique, électrique ou chimique.


Tout savoir en trois minutes sur des résultats récents de recherches, commentés et contextualisés par les chercheuses et les chercheurs qui les ont menées, c’est le principe de nos « Research Briefs ». Un format à retrouver ici.


The Conversation

Ce travail a reçu le soutien financier du programme public H2020 de l’Union Européenne (Conseil Européen de la Recherche) à travers le projet ERC 647384 PLANTMOVE .

Joel Marthelot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.


Texte intégral (1774 mots)

At lakeside markets along Lake Victoria, Africa’s largest lake by area, choosing fish to eat is part of daily life. A customer might pick a tilapia based on its freshness, size, price, and farmed or non-farmed origin, much like shoppers do in markets and supermarkets around the world. Whether grilled tilapia or salmon fillet, fish are a key source of healthy fats, such as omega-3s, essential for heart health. But these nutrients are invisible. We can’t see what’s inside the fish displayed at the market.

Risks are similarly invisible; as waters grow increasingly polluted, fish become more likely to contain harmful substances such as heavy metals or pesticides. Fish are thus a “bundled” product: the same tilapia that provides essential nutrients might also carry a health risk. This creates a dilemma. Consumers face a difficult trade-off.

Vendors increasingly use labels and nutritional guidelines to help consumers “see inside the fish”, to consider both nutrient benefits and contamination risks. But even if we know the exact levels of every nutrient and toxin, how do we weigh those trade-offs? Which matters more? This complexity is difficult to communicate effectively.

One problem is that, depending on individual background and cumulative intake, the prospective gains from nutrient intake or risks from ingesting contaminants may vary.

Another challenge is that how we resolve this trade-off can change throughout our lives. At one point our choices will be self-motivated, at another, we will have our children in mind, or pregnancy or a health condition will come into consideration. The balance between benefit and risk shifts in relation to these and other life situations.

Past experience shows how difficult this balance can be. A warning issued in the United States about mercury in fish targeted at pregnant women also led many other, not-at-risk consumers to reduce their own fish intake – losing important nutritional benefits.

To better understand how the information communicated in labels affects consumer choices about these trade-offs, our international research team ran an experiment with fish consumers in communities around Lake Victoria in Kenya.

Kenya’s fish markets: a microcosm of a global challenge

Fish is both an important source of income and a regular part of diets in western Kenya: 93% of our participants had eaten fish in the past week, making it an ideal environment for studying real-world decisions.

Add to that the fact that the lake is under pressure. As in many aquatic environments around the world, runoff from farms and wastewater fuel harmful algal blooms, dense green layers that spread across the water. In the wake of these blooms, bacteria produce toxins, known as microcystins.

Microcystins are harmful to humans when absorbed in too-high amounts through drinking water or fish tissue. Maximum intake guideline values set by the World Health Organization (WHO) exist for one cyanobacterial toxin, microcystin-LR, with stricter thresholds for, e.g. children.

In our experiment, participants were asked to choose between different hypothetical fish purchase options. Each option came with simple labels showing nutrient levels (healthy fats) and toxin levels: low, medium or high.

This allowed us to analyse how people weigh up these trade-offs when both benefits and risks are known and clearly communicated.

What we found

At the individual level, our results are reassuring. Most consumers show careful consideration for both nutrient and toxin labels. But they react more strongly to warnings about risk than to information about benefits. In other words, potential harm weighed more heavily than potential gain. This matters. If risk warnings dominate too strongly, people may avoid fish altogether. This highlights the importance of complementing risk guidance with information on benefits in cases of bundled products, like fish, where a nuanced, balanced response is preferable over a large avoidance reaction that may crowd out essential nutrient intake.

Our study also shows that participants’ reactions are more than just the sum of the “nutrient and the contaminant equation”, and indicates that consumers do not treat nutrients and contaminants as two separate factors that can simply offset each other. If a fish is high in nutrients, this does not simply cancel out higher contamination levels.

Instead, the two are evaluated together: benefits matter less when risks are higher. This seems rational, given that a balanced diet would be characterised by a good status in both dimensions. And it suggests that the two labels could support each other rather than compete for limited attention.

A hidden inequality

While many participants made nuanced choices, not everyone responded in the same way.

Some consumers paid close attention to both nutrients and contaminants. Others responded much less to either type of information. These less responsive consumers were more likely to have lower incomes, less education, or were less awareness of environmental risks. Those groups are often already more vulnerable and less healthy.

This raises a broader concern at the societal level.

If more responsive consumers begin avoiding certain fish, prices for those fish might fall, reflecting lower demand. This could make unhealthier fish more affordable – and therefore more attractive – for less information-responsive consumers. In that case, health risks could become concentrated among the already disadvantaged. In other words, better information might not automatically lead to better outcomes for everyone. To what degree this occurs in practice remains a matter for further research.

What can be done?

Helping consumers navigate these trade-offs starts with whether, and how, credible information is presented.

Researchers are working to uncover a systematic relationship between observable fish traits – such as species or size – and nutrient or contaminant levels. While fish-specific labelling will most likely remain out of reach, such systematic links could be used to support simple guidance for consumers’ choices.

Overall, many consumers display nuanced, highly rationally justifiable choices when the benefits and risks appear side-by-side.

Our results support trusting consumers to make nuanced decisions in line with their own specific needs and concerns. But the findings also underscore that nutritional information campaigns need to concentrate on communicating both sides of the coin – and to be vigilant concerning distributional hazards.

But the burden shouldn’t fall only on consumers and on those who oversee labelling.

The difficult trade-offs people face at the market are rooted in environmental pollution problems. Pollution reduces the quality of fish as food, and burdens consumers with increasingly difficult choices. Reducing environmental pollution is therefore essential – not only for ecosystems, but for food security.

This article was co-written with Christopher B. Barrett (Charles H. Dyson School of Applied Economics and Management, Cornell University), Kathryn J. Fiorella (Department of Public & Ecosystem Health, Cornell University), Christopher M. Aura (Kenya Marine and Fisheries Research Institute, Kisumu), Hezron Awandu (Kenya Marine and Fisheries Research Institute, Kisumu), Fonda J. Awuor (Kenya Marine and Fisheries Research Institute, Kisumu), Patrick Otuo (Kenya Marine and Fisheries Research Institute, Kisumu).


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This project was funded by an Atkinson Venture Fund award and an NSF CNH2 (NSF BCS No. 2009658). Lancker's contribution was partly funded by the AXA XL Valuing nature award.

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