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Le Travailleur Alpin

Publié le 03.04.2026 à 20:18

Manuel Pavard

Les élections municipales sont terminées depuis quasiment deux semaines maintenant, pourtant aucune date n’a encore été fixée pour la séance d’installation du nouveau conseil métropolitain. Seule certitude : celle-ci devra obligatoirement se tenir au plus tard le vendredi 24 avril. Problème, le flou entourant le calendrier facilite la multiplication des rumeurs et bruits de couloir concernant le futur exécutif métropolitain et par dessus tout le nom du successeur de Christophe Ferrari à la présidence de Grenoble-Alpes Métropole.

Le prochain conseil métropolitain doit être installé d’ici le 24 avril.

Sur le papier, la gauche semble avoir toutes les cartes en main. « Les élections municipales des 15 et 22 mars ont confirmé une réalité politique claire : les idées progressistes sont majoritaires sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole. Une majorité des habitantes et habitants sera administrée par des municipalités de gauche et écologistes », souligne ainsi le groupe Communes, coopération et citoyenneté (CCC), dans un communiqué daté du vendredi 3 avril.

« Ce résultat traduit une attente forte : celle d’une gauche utile, rassemblée et capable d’agir concrètement pour améliorer la vie quotidienne. »

« Les équipes municipales rassemblées autour des maires communistes Amandine Demore à Échirolles et David Queiros à Saint-Martin‑d’Hères ont été largement reconduites, ajoute-t-il. Ce résultat traduit une attente forte : celle d’une gauche utile, rassemblée et capable d’agir concrètement pour améliorer la vie quotidienne. » Mais si les élus communistes et apparentés à la Métropole ont décidé de s’exprimer, ce n’est pas pour verser dans l’auto-satisfaction.

Amandine Demore a été largement élue à Échirolles.

Chat échaudé craint l’eau froide en effet. Car tout le monde a en mémoire le précédent de 2020. Soutenu par Éric Piolle et la majeure partie de la gauche et des écologistes, Yann Mongaburu avait finalement été battu par Christophe Ferrari, réélu grâce aux voix de la droite. Un casus belli originel dont la gauche locale, ressortie profondément fracturée de l’épisode, ne s’était jamais remise. Et qui avait conduit le maire de Grenoble et le président de la Métropole à s’affronter durant une grande partie de la mandature.

Pour les communistes, pas question de revivre ces sombres années et de laisser de nouveau la droite jouer les arbitres. Avec « une situation internationale de plus en plus préoccupante », associée aux « politiques d’austérité menées par le président Emmanuel Macron », la Métropole doit être « protectrice », affirment-ils. Et de poursuivre : « Alors que la métropole a renforcé ses compétences et ses moyens d’action, nous refusons une métropole technocratique, éloignée des communes et des habitants. Elle doit désormais engager une nouvelle phase de démocratie territoriale et de proximité avec les élus communaux. »

« Notre groupe proposera une candidature à la présidence »

Les élus communistes et apparentés appellent donc à « rassembler les progressistes » et à construire « une majorité métropolitaine claire et déterminée, autour de priorités fortes ». Parmi elles, la défense des services publics, un développement équilibré entre les territoires, une plus grande place données aux communes dans les décisions métropolitaines, « des politiques ambitieuses pour répondre à l’urgence sociale et écologique », et une vraie politique de mobilité « mêlant investissement et gratuité ».

Qui succédera à Christophe Ferrari à la présidence ?

Le futur groupe lance également un appel à « toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans une gauche de transformation, écologiste et solidaire », afin de « proposer une candidature à la présidence de la Métropole ». Les communistes présenteront ainsi des noms aptes à défendre ce projet collectif au premier tour du scrutin métropolitain, mais d’autres — à condition de souscrire aux priorités précitées — pourront aussi incarner cette large candidature. Laquelle sera « porteuse d’un projet clair : une métropole plus juste, plus écologique et pleinement au service des communes et de leurs habitantes et habitants ».

Les quinze élus communistes et apparentés du futur groupe métropolitain

Amandine Demore (maire d’Échirolles), David Queiros (maire de Saint-Martin‑d’Hères), Zaim Bouhafs
(Échirolles), Eva Cantero (Échirolles), Brahim Cheraa (Saint-Martin‑d’Hères), Claudine Didier (Fontaine),
Aurélien Farge (Échirolles), Isabelle Gmira (Échirolles), Diana Kdouh (Saint-Martin‑d’Hères), Pierre Labriet
(Échirolles), Alexis Monge (Grenoble), Isabelle Peters (Grenoble), Lencka Popravka (Échirolles), Jérôme Rubes
(Saint-Martin‑d’Hères), Michelle Veyret (Saint-Martin‑d’Hères).

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Publié le 03.04.2026 à 19:10

Manuel Pavard

« Ce sont les montagnes russes », reconnaissent Séverine Dejoux et Olivier Six. Au fond du trou il y a une semaine, les porteurs du projet Exalia sont aujourd’hui « au sommet de la montagne »… Tout en ayant conscience de pouvoir « redescendre très vite demain ». En attendant, l’ancienne déléguée CGT de Vencorex et le PDG de CIC Orio savourent cette réunion qui s’est « très bien passée », ce vendredi 3 avril, à Bercy.

Lors des assises du Made in France, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin s’était engagé, devant Sophie Binet, à réunir tous les acteurs du projet Exalia à Bercy, la semaine suivante.

Comme il l’avait annoncé lors de sa venue aux assises CGT du « Made in France », le 26 mars, à Pont-de-Claix, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a réuni l’ensemble des acteurs : les porteurs de projet donc, les représentants de la Métropole et de la Région, le sous-préfet, le directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), la BPI, la Caisse des dépôts et consignations, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet… L’objectif ? Redonner vie au projet de renaissance industrielle de la plateforme chimique de Pont-de-Claix, rejeté le 25 mars par le tribunal des activités économiques de Lyon (ex-tribunal de commerce), au profit du ferrailleur drômois All Metal.

Des discussions avec le ferrailleur la semaine prochaine

Ce dernier — dont un représentant était également présent à Paris, sans mandat pour négocier — s’était ainsi vu attribuer la totalité des structures et équipements métalliques, des métaux et des installations industrielles, les juges cédant par ailleurs une partie du foncier à Suez et PDC Chemical (filiale française du groupe chinois Wanhua, repreneur de Vencorex) et l’électrolyseur à la société Vynova, dans l’est de la France. Un énorme coup de massue pour les promoteurs d’Exalia, qui dénonçaient une décision « totalement incompréhensible » et purement « financière », sans logique industrielle.

Décidés à épuiser toutes les voies de recours, le trio des porteurs de projet — Séverine Dejoux, Olivier Six et le président de la Métropole Christophe Ferrari — avaient évoqué initialement un potentiel recours de la procureure générale. Solution qui s’est avérée finalement impossible sur le plan juridique. Tout reposait donc sur la réunion parisienne de ce vendredi. Unanimement convaincus de la « solidité du projet », selon Olivier Six, les différents acteurs se sont surtout accordés sur la mise en place, dans les prochaines semaines, « de solutions techniques et opérationnelles qui permettent de financer le portage de la période de transition ».

Les trois porteurs de projet désabusés le 25 mars, à Pont-de-Claix… avant de reprendre confiance moins de dix jours plus tard.

Pour justifier son regain d’optimisme, l’industriel grenoblois cite un échange avec Sébastien Martin. Lorsqu’il s’est inquiété de la « deadline » concernant le saumoduc et la mine de sel de Hauterives, le 31 mai prochain, le ministre de l’Industrie lui a répondu : « On aura une solution bien avant ! » Si rien n’est encore acquis, Séverine Dejoux informe ainsi que « des discussions seront menées avec le ferrailleur la semaine prochaine ».

« Dans deux semaines, soit le projet est sûr, soit on devra arrêter »

C’est bien là en effet que se situe tout l’enjeu. Si les offres de Suez ou Vynova étaient complémentaires de celle d’Exalia, aujourd’hui, « le gros du sujet, c’est le ferrailleur », confirme Olivier Six. Car c’est bien « lui qui est propriétaire des installations ». Quid des délais pour conclure un accord ? « Il faut aller très vite, répond le dirigeant de CIC Orio. Mon avis, c’est que dans deux semaines, soit le projet est sûr, soit on devra arrêter. On a des salariés [NDLR : anciens de Vencorex] qui arrivent en fin de droit au chômage et risquent de se retrouver au RSA. Et mon groupe a déjà investi plus d’1 million d’euros. »

Olivier Six et Séverine Dejoux vont maintenant tout faire pour parvenir à « une solution fiable et définitive » courant avril. Côté financier, ils ne souhaitent pas donner trop de détails. « Mais on a des pistes de financement à court terme », assure la syndicaliste. Et si tous deux restent prudents et « mobilisés », on les sent revigorés. L’espoir renaît.

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Publié le 03.04.2026 à 13:56

Manuel Pavard

Édouard Schoene et son avocat, Me Bernard Schmid, espéraient voir l’instruction se poursuivre, trois ans après les odieuses inscriptions antisémites, anticommunistes et pro-nazies découvertes dans la nuit du 18 au 19 mars 2023, dans le jardin de son domicile, à Fontaine. Las, l’arrêt rendu ce jeudi 2 avril par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble est venu en partie doucher les espoirs du militant et ancien élu communiste fontainois. « Les appels formés par Édouard Schoene et son conseil doivent […] être déclarés irrecevables », indique-t-elle en effet.

Edouard Schoene et Me Schmid souhaitent que la justice enquête sur les éléments incriminant potentiellement Franck Sinisi.

Ceux-ci avaient interjeté appel de l’ordonnance de non-information rendue le 20 août 2025 par la juge d’instruction, qui rejetait leur plainte avec constitution de partie civile. Ce qui avait conduit à une convocation devant la cour d’appel le 10 février — avec une trentaine de manifestants présents sur place en soutien. Audience au cours de laquelle Me Schmid avait contesté les arguments de la juge d’instruction sur une prétendue absence de qualification pénale. « J’ai cité dans la plainte des articles de la loi sur la liberté de la presse pour l’incitation à la haine raciale et l’apologie de crime contre l’humanité. Et un article du code pénal pour les menaces de mort », avait indiqué l’avocat.

« Avec mon avocat, Bernard Schmidt, nous pensons lancer une nouvelle procédure de constitution de partie civile, sur la base de ma plainte de novembre dernier (sur de nouveaux faits antisémites). »

Mais la présidente et surtout l’avocate générale s’étaient, elles, abritées derrière un point de procédure, cette dernière reprochant à Édouard Schoene d’avoir déposé son dossier au greffe du tribunal judiciaire et non de la cour d’appel. Et malheureusement, c’est ce vice de forme qu’a invoqué la juridiction pour rejeter sa demande, ce jeudi 2 avril, refusant d’examiner le fond de l’affaire. La cour d’appel estime ainsi dans son arrêt que les déclarations d’appel de Me Schmid et son client « ne sont pas conformes aux prescriptions des articles du code de procédure pénale ».

Une trentaine de militants et sympathisants (du PCF, du MRAP, de la LICRA) étaient venus soutenir Edouard Schoene, le 10 février, avant l’audience à la cour d’appel.

Déçu de cette décision, Édouard Schoene n’entend pas pour autant abandonner. « Avec mon avocat, Bernard Schmidt, nous pensons lancer une nouvelle procédure de constitution de partie civile, sur la base de ma plainte de novembre dernier (sur de nouveaux faits antisémites) », annonce-t-il. Il s’agit en effet de nouveaux tags antisémites et haineux retrouvés, le 16 novembre 2025, sur la porte de la salle accueillant le meeting de la liste d’union de la gauche « Fontaine nous rassemble », conduite par Claudine Didier, qui lançait sa campagne municipale ce jour-là. Des inscriptions qui ciblaient à la fois la France insoumise… et Édouard Schoene, lequel avait déposé plainte dès le lendemain.

Franck Sinisi devant le tribunal correctionnel le 10 avril

Pour ces faits comme pour ceux de 2023, le militant PCF a un suspect dans le viseur : l’ancien élu d’extrême droite Franck Sinisi, dont l’ombre plane sur l’ensemble des actes antisémites et racistes commis ces dernières années à Fontaine. Un personnage au profil particulièrement sulfureux, déjà condamné pour incitation à la haine raciale en 2017, après avoir proposé, en plein conseil municipal, de « récupérer les dents en or » des Roms. Ce qui lui avait valu d’être exclu du FN, avant de rejoindre Civitas.

Surtout, Franck Sinisi comparaîtra de nouveau devant le tribunal correctionnel de Grenoble le 10 avril prochain, pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion ». Il est cette fois mis en cause dans l’affaire des inscriptions racistes et des ossements de porc découverts devant une salle de prière musulmane de Fontaine, le 19 septembre 2025. Son ADN ayant été retrouvé sur l’un des os, il avait été placé en garde à vue le 13 janvier dernier.

Les os de porc et le saucisson retrouvés devant une salle de prière musulmane, à Fontaine, le 19 septembre 2025.

Bien sûr, Franck Sinisi reste « présumé innocent » à ce stade, rappelle Me Schmid. Lequel évoque néanmoins « des indices concordants dirigeant les soupçons » vers l’ex-conseiller municipal d’extrême droite. Pour lui comme pour Édouard Schoene, aucun doute, il s’agit « évidemment du même auteur » dans cette sombre série. D’où leur espoir de voir enfin la justice lancer de véritables investigations et notamment « une expertise graphologique ». Me Schmid fera d’ailleurs face à Franck Sinisi dès le 10 avril, cette fois en tant qu’avocat du MRAP.

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Publié le 02.04.2026 à 10:54

Luc Renaud

« La mobilisation doit continuer jusqu’à la fin de la procédure et l’abandon de toute sanction », insiste Damien Bagnis, secrétaire de l’union syndicale départementale CGT santé.

Baptiste Anglade, éducateur spécialisé et syndicaliste CGT, est en effet convoqué le 16 avril devant le délégué du procureur de la République, pour un « classement sous conditions en vue d’un avertissement pénal probatoire ». Autrement dit, une procédure débouchant sur la reconnaissance de sa culpabilité, ce à quoi Baptiste Anglade évidemment se refuse.

Ce que qu’on lui reproche ? Une activité syndicale, tout simplement. Le 10 septembre dernier, Baptiste Anglade avait participé à un piquet de grève devant Ocellia, un institut de de formation en travail social implanté à Echirolles, pour soutenir étudiants et salariés en lutte. La direction de l’établissement a porté plainte pour « intrusion », accusant le syndicaliste d’être un « fauteur de troubles ».

Le 5 février, Baptiste Anglade était convoqué au poste de police d’Echirolles et un rassemblement de soutien était organisé avec la participation d’une cinquantaine d’organisations et plus de 120 personnes venues dénoncer la répression antisyndicale.

Damien Bagnis, secrétaire de l’union syndicale départementale CGT santé.

Damien Bagnis appelle aujourd’hui à la poursuite de la mobilisation. « Tous les soutiens ont dénoncé une tentative de criminalisation de l’action syndicale et une volonté claire d’intimidation envers les travailleurs et les étudiants mobilisés », écrit le secrétaire de l’USD santé CGT. Il précise que de nombreux « courriers de soutien ont été envoyés à la direction générale et à la direction locale d’Ocellia par des syndicats et collectifs du secteur social, en Isère et dans toute la France ». Damien Bagnis souligne que « cette répression ne vise pas un militant isolé mais l’ensemble du mouvement social » et exige, avec l’ensemble des soutiens qui se sont exprimés, « l’arrêt immédiat de la procédure ».

« Il est encore temps pour la direction d’Ocellia de retirer sa plainte », conclut le dirigeant syndical.

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Publié le 01.04.2026 à 15:59

Manuel Pavard

Sur la page d’accueil du site de la MC2, un message informe les spectateurs : « En raison du mouvement social en cours, suivi par une partie du personnel de la MC2, les représentations du spectacle Taire prévues ce mercredi 1er avril et jeudi 2 avril sont annulées. » Annulation également — comme la veille — pour le spectacle Richard III ce mercredi, le concert Wagner/Liszt étant en revanche maintenu. Cela fait ainsi plus d’une semaine que la grève menée notamment par les équipes techniques perturbe fortement la programmation de la maison de la culture. « Lundi, en fin de journée, on a fait une proposition de sortie de grève à la direction, qu’elle a refusée », déplore le Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles (Synptac-CGT).

À l’origine du conflit, débuté mardi 24 mars, une démarche de la direction « visant à dénoncer l’usage issu de l’accord de mise en place du CSE » (comité social et économique), expliquent le syndicat et les salariés mobilisés. Bien qu’arrivé à son terme, « cet accord continue d’être appliqué depuis 2023 et constitue un usage encadrant notamment la participation des membres suppléants, certaines modalités de fonctionnement du CSE ainsi que des dispositions relatives à l’exercice des mandats », ajoutent-ils.

Les grévistes accusent la direction de la MC2 d’entraver le dialogue social en modifiant le fonctionnement du CSE.

Or, avertissent les représentants du personnel, la dénonciation de cet usage conduirait à « réduire les moyens du CSE ». Et ce, « au moment même où l’instance doit exercer pleinement ses prérogatives dans le cadre du droit d’alerte économique ». Ce mouvement de grève intervient en effet dans un contexte économique et social particulièrement dégradé, la MC2 devant soumettre prochainement au conseil d’administration un nouveau vote du budget 2026 demandé par les autorités de tutelle (Métropole, Département, Région, État).

Déficit d’1,25 million et plan d’économie de 850 000 euros

Inquiet devant la situation financière de l’établissement, « marquée par un déficit d’environ 9 %, soit près de 1,25 million d’euros », selon le Synptac-CGT, les représentants du personnel ont donc déclenché une procédure de droit d’alerte économique au sein du CSE. Car en parallèle, « un plan d’économies d’environ 850 000 euros est également envisagé » avec, craignent-ils, des répercussions sur la programmation, l’activité, les conditions de travail, l’emploi et le volume horaire des intermittents dans les mois à venir.

« Ce mouvement vise à défendre les droits des salariés et à préserver les moyens nécessaires à l’exercice des missions du CSE et des représentants du personnel ainsi qu’à l’obtention de l’ouverture rapide d’un dialogue social sérieux », indiquent par ailleurs les grévistes dans un tract diffusé aux spectateurs le 24 mars, au commencement de la grève. Ceux-ci soulignent en outre le « rôle essentiel » du CSE, qui peut à la fois analyser les données financières, interroger la direction, demander des expertises, défendre les intérêts des salariés — qu’ils soient permanents ou intermittents.

De son côté, la direction affirme vouloir « clarifier le fonctionnement de l’instance afin de garantir transparence et équité, et affirme qu’il ne s’agit pas de réduire les droits des salariés mais d’établir un cadre conforme et partagé ». Mais elle « refuse toujours d’inviter le Synptac-CGT, dépositaire du préavis, à la table et d’ouvrir un dialogue social », accusent les représentants du personnels. Lesquels se disent disposés à discuter et négocier, mais pas à n’importe quel prix. En attendant, la grève continue et les annulations aussi…

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Publié le 31.03.2026 à 18:08

Manuel Pavard

Laurence Ruffin a cité la phrase dans son premier discours, le 22 mars au soir, quelques minutes après l’officialisation de sa victoire. Elle est du grand poète chilien Pablo Neruda : « Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps. » Une citation qui « nous correspond bien », observait alors la nouvelle édile. Car malgré l’adversité, […]

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Publié le 30.03.2026 à 16:20

Luc Renaud

Résister mais aussi avancer. C’était un peu le fil conducteur de la journée « Made in France » organisée par le CGT au Pont-de-Claix, le 26 mars dernier. Le haut de l’affiche y a certes été tenu par l’actualité du jour : le rejet par le tribunal de commerce du projet Exalia et les conséquences de cette décision qualifiée de « scandaleuse » par Sophie Binet secrétaire générale de la CGT. En organisant cette journée, le syndicat avait cependant l’ambition d’une réflexion approfondie sur le devenir de l’industrie en France et en Europe. Et sur la manière de conjuguer deux impératifs, la lutte pour sauver tout ce qui peut l’être et l’action pour prévenir ce qui peut advenir chaque fois que l’on laisse les mains libres aux actionnaires et aux marchés financiers.

Nicolas Benoit, secrétaire général de l’union départementale CGT de l’Isère, a ouvert la journée.

Premier enseignement des tables rondes et témoignages qui se sont succédés tout au long de la matinée, les projets de fermetures d’usine ne sont pas inéluctables. Le cas de la SCOP-TI dans les Bouches-du-Rhône est connu. Celui de l’usine d’aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne – anciennement Péchiney aujourd’hui Trimet – l’est sans doute moins. Treize ans après la menace d’une disparition, l’usine tourne. Les salariés et leur syndicat CGT s’étaient opposés à la fermeture en avançant un projet industriel intégrant EDF et un contrat de fourniture d’énergie sur le long terme, excluant les variations spéculatives du marché, expliquait Christian Hergault, dirigeant du syndicat CGT de l’entreprise. Le débouché des luttes syndicales, c’est aussi la création d’une coopérative marseillaise, la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne, constituée après une année d’occupation du site marseillais de Prestalis, après la liquidation du diffuseur de presse.

Capucine Grandon expose les propositions syndicales pour l’usine Prysmian à Chavanoz, dans le Nord-Isère.

Les échanges portaient également sur l’analyse des mécanismes à l’œuvre pour détruire l’emploi industriel. L’un d’entre eux est particulièrement efficace, la reprise sous LBO (leveraged buy-out, ou rachat avec effet de levier). L’« effet de levier », décrit par Didier Chaix, délégué syndical central CGT de Kem One, entreprise chimique de Saint-Fons dans la banlieue lyonnaise propriété du fonds d’investissement américain Apollo, c’est un effet de mise à mort : l’acheteur emprunte pour acheter l’entreprise et le remboursement de l’emprunt est mis à la charge de l’entreprise et de ses salariés achetés. D’où des exigences de profitabilités accrues, des investissements à l’arrêt et une entreprise essorée généralement en redressement judiciaire quelques exercices budgétaires plus tard. « Nous menons la lutte pour sortir des griffes des fonds vautours », expliquait Didier Chaix.

Les ravages de la reprise par leveraged buy-out, comme disent les financiers

Sidérurgie, chimie, la métallurgie, plasturgie, verrerie, informatique… les responsables syndicaux brossaient une large panorama des luttes en cours pour la défense de l’industrie. Tableau qui comporte aussi des luttes syndicales dites « préventives » : des projets élaborés par la CGT, ses syndiqués et souvent des chercheurs, des experts issus d’organismes extérieurs…

Outre Exalia pour que vive la plateforme chimique du Pont-de-Claix, on pourra citer le projet de reprise de la papeterie de la Chapelle Darblay, à Rouen, élaboré avec le concours d’ingénieurs du Centre technique du papier, basé sur le domaine universitaire de Saint-Martin‑d’Hères. À Chalon-sur-Saône, dans l’usine Isover qui fabrique des isolants à base de laine minérale en utilisant des fours électriques, c’est un livre blanc qui a été élaboré par la CGT avec les salariés pour assurer le développement de l’entreprise. « En analysant les forces et les faiblesses du site, nous avons travaillé sur un plan d’investissements nécessaire pour faire face aux exigences de la transition énergétique, expliquait Philippe Thibaudet, délégué CGT à Isover, nous ne restons pas l’arme au pied en attendant les mauvaises nouvelles ». Un projet qui se confronte aujourd’hui aux stratégies patronales de profitabilité immédiate et la perspective d’une délocalisation plus ou moins rampante après des années de sous-investissement.

Un table ronde pour évoquer les différents projets industriels élaborés par la CGT, dont celui d’Axel, sur le site Thales de Moirans.

Cette journée consacrée à l’industrie était largement mise à profit pour contribuer aux échanges d’informations et d’expériences entre syndicalistes. Et c’est sans doute l’un des intérêts majeurs de ces rencontres : de part son implantation et l’expertise de ses syndiqués, la CGT joue le rôle d’un service public de mise en relation des compétences et des savoir faire industriels pour bâtir des projets alternatifs et développer les luttes, là où l’État a abandonné toute ambition industrielle aux seules mains des actionnaires et des financiers.

Un ministre sous le feu des propositions industrielles de la CGT

« N’attendez pas de moi que je critique un tribunal. » Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, était à la peine, ce jeudi 26 mars au Pont de Claix. 26 mars, au lendemain de la décision du tribunal de commerce – désormais nommé tribunal des affaires économiques – de préférer un ferrailleur au projet industriel Exalia pour liquider les actifs restant de Vencorex. Car Sébastien Martin reste fidèle à la doxa en vigueur depuis des décennies : lorsqu’un site industriel ferme, il peut être remplacé par diverses implantations de PME. Ce que l’on appelle la reconversion.

Sophie Binet s’est adressée au ministre de l’Industrie, Sébastien Martin.

La réalité est pourtant là : les plans de suppressions d’emplois se multiplient et le solde est dramatique. « La politique de l’offre est un naufrage », constatait Sophie Binet. Lors de ces assises du made in France, la CGT a rendu public son décompte national : 545 plans de licenciements depuis 2024, concernant 126 233 emplois menacés ou supprimés, dont 55 018 dans l’industrie.

Raison pour laquelle Sophie Binet a interpellé le ministre : « Quand est-ce qu’on prend des mesures sur les marchés publics pour faire primer le made in France ? Quand est-ce qu’on contraint la politique d’achat des grandes entreprises pour qu’elles fassent primer les circuits courts et les acteurs locaux ? Quand est-ce qu’il y aura une vraie stratégie de pilotage stratégique des secteurs avec une nationalisation des secteurs clés à commencer par le médicament et l’acier ? »

Pour avancer, la dirigeante syndicale a proposé des mesures concrètes. La réforme des tribunaux de commerce, tout d’abord. Des instances patronales dont le seul objectif est aujourd’hui de vendre au plus offrant, en dehors de toute prise en compte de l’emploi, des conséquences de leurs décisions sur l’équilibre des filières industrielles.

Le ministre de l’Industrie a notamment mis en avant la politique de subventions de l’appareil productif chinois.

Elle demande également la réforme des conseils d’administration des grandes entreprises pour y intégrer davantage de représentants des salariés. Les stratégies industrielles sont pour l’heure construites pour assurer les profits et les dividendes, au détriment des salariés, de leur emploi et de l’avenir de l’industrie dans le pays. Parallèlement, Sophie Binet demande que les comités sociaux et économiques aient voix au chapitre sur l’attribution des aides publiques. Aujourd’hui, les 211 milliards versés sans contrôle aux entreprises et notamment aux plus importantes, constituent le premier budget de l’État.

Troisième exigence, celle de l’intervention d’un État stratège. Le recours au marché comme facteur de régulation de l’industrie est un échec qui laisse béante la porte ouverte à toutes les puissances industrielles, de la Chine aux États-Unis, qui pratiquent les uns comme les autres des politiques d’intervention massive et de planification à long terme des choix de développement. « Aujourd’hui, s’indignait Sophie Binet, la BPI se comporte comme la pire des banques privées. Elle refuse de financer des projets de Scop préférant les montages patronaux qui détruisent l’emploi et les capacités de production ».

Les projets de différentes entreprises industrielles ont été présentés au ministre.

L’après-midi s’est poursuivie par des échanges entre les syndicalistes qui faisaient part de leurs projets dans différentes entreprises et le ministre qui décrivait les dispositifs gouvernementaux en cours. Non sans découvrir certaines perspectives, comme celle de la valorisation industrielle du cuivre que contiennent les câbles du réseau de télécommunication, en cours de remplacement.

Une journée du Made in France qui aura décidément fait la démonstration que ce sont bien aujourd’hui les salariés et leurs syndicats CGT qui sont à la pointe du combat pour la réindustrialisation du pays.

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