Publié le 09.04.2026 à 18:30
Travailleur Alpin
Depuis 1995 et la victoire de Michel Destot (PS) à Grenoble face à Alain Carignon, il y a deux constantes à la métropole grenobloise : elle est gouvernée par une majorité de gauche, et elle n’est pas présidée par un⸱e élu⸱e de la ville-centre.
L’élargissement réalisé entre 2004 et 2014, avec l’intégration des communautés de communes du Pays de Vif (2004), de Venon (2009), Miribel-Lanchâtre (2012), puis des communautés de communes du Sud Grenoblois et des Balcons Sud de Chartreuse (2014), introduit une dimension « territoriale » plus forte. Sous l’impulsion de Marc Baïetto (maire d’Eybens & président de 2010 à 2014), un groupe des « petites communes » est créé, devenant un pilier essentiel des majorités de gauche.
En 2014, les écologistes entrent en grand dans l’institution, avec leurs victoires à Grenoble et Eybens, et font alors le choix d’une alliance avec une partie des socialistes, en portant la candidature de Christophe Ferrari à la présidence. En face, communistes et petites communes avaient alors défendu celle de Jacques Nivon, maire de Champ-sur-Drac.
Six ans plus tard, la situation évolue, et c’est désormais Christophe Ferrari qui s’appuie sur les petites communes pour contrer la candidature de Yann Mongaburu, président sortant du SMMAG soutenu par Eric Piolle. Une élection au caractère traumatique, qui verra l’écologiste arriver en tête à deux reprises, puis être battu grâce à l’arbitrage des voix de la droite. Mais là encore, pas de renversement politique pour autant : exécutif comme majorité conserveront pour périmètre l’alliance « gauche & territoires ».
Les dernières municipales, sans modifier l’essentiel des grands équilibres, viennent toutefois acter plusieurs évolutions.
L’entrée officielle d’un groupe France Insoumise d’abord, fruit de la fusion technique réalisée avec la liste de Laurence Ruffin au second tour des municipales grenobloises. Les insoumis étaient en réalité présents depuis 2014 (sous l’étiquette « Parti de Gauche » avant 2017), mais dilués dans un groupe commun avec les écologistes, qui leur avait toutefois permis d’accéder à de hautes responsabilités. Dans la lignée des orientations plus offensives du mouvement, ils comptent désormais compter en tant que tels, et s’affirmer.
Les convergences de la droite ensuite. Leurs élus siégeaient dans trois groupes distincts auparavant (« Métropole territoires de progrès solidaires (MTPS) » — centristes ; « Communes au cœur de la Métropole (CCM) — droite républicaine ; « Société civile, divers-droite et centre (GO-SCDDC) — droite carignoniste). La recomposition grenobloise qui a vu le ralliement d’Émilie Chalas à Alain Carignon, soutenu par tous les ténors de la droite « républicaine », puis la démission de ce dernier suite à sa défaite, pourrait bien aboutir à la convergence au sein d’un seul groupe, sous la houlette du maire de Fontaine Franck Longo.
Le retour du Parti socialiste enfin. Après un mandat qui aura vu les « pro-Ferrari » s’opposer aux socialistes lors des élections intermédiaires locales (départementales et sénatoriales), puis des élections municipales où certains ont officialisé des alliances avec la droite à Fontaine et Échirolles, le groupe métropolitain « Arc des communes en transition écologiques et sociales » (ACTES) devrait sans surprise disparaitre. Ceci, au profit de transferts vers le groupe des « petites communes » et d’un groupe socialiste autonome, même si des évolutions sont certainement encore à venir.
Estimation des forces en présence au nouveau conseil métropolitain.Bien plus qu’en 2020, l’élection à la présidence — qui devrait se tenir au plus tard le 24 avril – sera intimement liée au périmètre d’une future majorité. Et là, la composition de l’assemblée ne donne que peu d’issues possibles.
D’un côté, la droite espère jouer son va-tout, prônant par la voix de Franck Longo une « gouvernance transpartisane qui se concentre sur les compétences obligatoires ». Au-delà de l’opportunisme tactique – Jérôme Rubes, vice-président communiste sortant et adjoint à Saint-Martin‑d’Hères, rappelant que « la droite propose généralement une gestion transpartisane lorsqu’elle est minoritaire, mais jamais quand elle est majoritaire… » –, on comprend en allant dans le détail quelles inflexions des politiques métropolitaines cela supposerait.
Dans ce domaine, on peut citer leurs oppositions ou abstentions sur plusieurs délibérations concernant le portage de projets de logements, des modifications du Plan local intercommunal d’urbanisme, l’égalité femmes-hommes ou encore la gestion du Stade des Alpes…
Pourtant, certains, à l’image de Sylvain Laval, président sortant du SMMAG et maire de Saint-Martin-le-Vinoux, ont publiquement ouvert la porte à une telle alliance. On parle également d’une potentielle candidature de Raphaël Guerrero, maire de Jarrie et vice-président sortant, pourtant très proche de Christophe Ferrari. Si le dernier siégeait jusqu’à présent au sein du groupe ACTES, les deux premiers sont des piliers du groupe des « petites communes », artisans durant le mandat précédent des affrontements avec la ville-centre.
De l’autre, les élus écologistes, socialistes et communistes multiplient les échanges, sans annoncer de candidature à la présidence pour le moment. Un proche des discussions confie : « Pour nous, l’important n’est pas de commencer par sortir un candidat à la présidence, et d’ensuite foncer, mais plutôt de construire l’architecture d’un vrai pacte de gouvernance à proposer aux petites communes. Le ou la candidate arrivera après, pour incarner cette proposition de contrat de majorité, en confiance. »
Les noms qui circulent à ce stade sont ceux de Guillaume Lissy (maire PS de Seyssinet-Pariset), Jérôme Rubes (adjoint au maire de Saint-Martin‑d’Hères et vice-président sortant, PCF) et d’Amandine Demore (maire PCF d’Echirolles), Laurence Ruffin ayant indiqué qu’elle ne serait candidate que si « Grenoble n’était pas respectée », ce qui ne devrait pas arriver. Une chose est désormais presque certaine : la tradition d’une présidence qui ne soit pas issue de la ville-centre perdurera, quelle que soit l’issue du conseil métropolitain.



Le hic de taille, c’est que ni une alliance « petites communes / droite », ni un bloc de gauche sans les petites communes ne peuvent être majoritaires et gouverner demain. Pour la gauche, pas question de céder aux exigences d’une droite qui demeure très largement minoritaire, et qui s’est plusieurs fois opposée frontalement aux politiques métropolitaines.
Par conséquent, une candidature portée par une alliance « petites communes / droite » positionnerait les élus RN et LFI en arbitre permanent de l’institution, entraînant une instabilité sans précédent.
Un socialiste livre son commentaire – un brin cynique. « On comprend bien quel intérêt aurait la droite, qui tient le Département, la Région et les territoires alentour, à bordéliser de façon permanente la métropole… Ça serait tout bénèf’ pour eux, et ils pourraient préparer tranquillement la reconquête de communes comme Vif, Noyarey, Vizille, Eybens, Gières, Le Sappey… », anticipe-t-il.
Et ce dernier de conclure : « Il n’y a pas de mystère, une seule majorité stable est possible : un pacte de gouvernance entre la gauche de gouvernement et les petites communes, à l’image de ce qui a toujours fonctionné dans notre territoire. »
Robert W. Wellnes
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Publié le 08.04.2026 à 13:22
Manuel Pavard
Une soixantaine de trains supprimés — sur deux cents au total — au départ et à l’arrivée de Grenoble, 40 à 50 % des conducteurs de train en grève… Le mouvement de grève lancé ce mardi 7 avril, en gare de Grenoble, par l’intersyndicale (CGT, CFDT, SUD Rail, UNSA), a « plutôt été une réussite », estime Martin Vidal, conducteur de train et secrétaire de la CGT cheminots. La mobilisation pouvait en effet sembler incertaine, autour d’une revendication n’ayant pas d’effets directs sur les salaires, les retraites ou les conditions de travail des cheminots — même si cela les touchera in fine.
Banderole « Touche pas à ma VAE » déployée par les grévistes sur le pont Nelson-Mandela, à l’intention des conducteurs de train arrivant à Grenoble.Dans leur viseur, la suppression prochaine, dans la capitale des Alpes, des visites avant expédition (VAE). « C’est un processus de sécurité mis en place quand les trains arrivent en gare et que les rames, garées dans les chantiers SNCF, sont visitées par les agents d’escale. Ils s’assurent que tous les voyageurs sont bien descendus, que personne n’est bloqué dans les toilettes, qu’il n’y a aucun objet abandonné ou colis suspect à bord », explique le syndicaliste.
Chaque année, des dizaines de colis et de personnes sont ainsi découverts grâce à la VAE. Un dispositif que la SNCF entend pourtant supprimer dès le 1er juin en gare de Grenoble, avant d’étendre la mesure à la région. « La stratégie de la SNCF, c’est de tester site par site, précise Martin Vidal. Ensuite, ce sera Lyon Perrache. Et avant, ça a déjà été appliqué dans d’autres dépôts, comme Annemasse. Mais là-bas, les agents d’escale ont continué à faire la visite par professionnalisme. »
Entre 40 et 50 % des conducteurs de train étaient en grève à Grenoble.À Grenoble, la direction de la SNCF entend confier ce rôle de contrôle — largement vidé de son contenu — aux conducteurs de train. Lesquels devront simplement effectuer « deux annonces » au micro afin d’informer les passagers. Sans VAE, les cheminots craignent de voir des voyageurs ou des bagages rester à bord et se retrouver sur les chantiers SNCF, à 3 kilomètres de la gare. Sans compter leur absence de formation pour gérer, par exemple, des personnes violentes.
« Le but de la SNCF, c’est que l’exploitation des TER soit rentable en vue de la privatisation, pour attirer les groupes privés. »
Si leurs missions ne se limitent pas à la VAE, les trois postes d’agents d’escale à Grenoble subiraient les conséquences d’une telle suppression. Martin Vidal craint ainsi de voir, à terme, « deux emplois qui sautent ». Après avoir un temps invoqué de présumés motifs d’efficacité, « la direction a fini par avouer que c’était surtout pour des raisons financières », confie-t-il d’ailleurs, décrivant un maillon d’une chaîne plus globale.
La CGT cheminots prévoit, comme les autres syndicats, d’autres actions contre la suppression de la VAE avant le mois de juin.De fait, les syndicats replacent cette décision dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des TER, programmée en 2032, pour le secteur de Grenoble et Chambéry. « Le but de la SNCF, c’est que l’exploitation des TER soit rentable en vue de la privatisation, pour attirer les groupes privés », dénonce le représentant CGT.
Ce dogme des économies tous azimuts se heurte toutefois à la résistance des cheminots. À Grenoble donc, mais également à la gare de Lyon Perrache où une grève est prévue, vendredi 10 avril, contre la suppression d’une vingtaine de postes de contrôleur. « Il n’y aura plus de contrôleur obligatoire entre Mâcon et Avignon, déplore Martin Vidal. C’est de plus en plus souvent le cas dans les TER : les gens n’auront personne pour les renseigner. » Désormais, l’objectif est clair pour les grévistes grenoblois : « On va essayer de régionaliser le conflit. » Avec de nouvelles actions en prévision d’ici le 1er juin.
La CGT cheminots Grenoble a lancé une pétition intitulée « Stop aux suppressions du personnel en gare », accessible à ce lien : https://www.change.org/p/stop-au-suppression-de-postes-en-gare-de-grenoble
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Publié le 07.04.2026 à 21:00
Daniel Oriol
C’est dans le cadre de la journée de syndicalisation initiée par l’union départementale CGT de l’Isère que l’union locale de Roussillon/Beaurepaire était présente ce 7 avril au matin sur la zone commerciale de Green 7 à Salaise-sur-Sanne.
Les militants.es avaient préparé cette initiative une semaine plus tôt en allant à la rencontre des salarié.es avec un tract les invitant à venir débattre sur la nécessité de se syndiquer.
Le monde médiatique, le gouvernement et le patronat toujours plus arrogant font tout pour que les salariés.es se battent les uns contre les autres.
Tous les jours, de nouveaux coups sont portés contre le mode du travail. C’est la menace de la baisse des indemnités journalières de la Sécurité sociale ou les salaires qui stagnent avec une augmentation des prix. Les syndicalistes relèvent des conditions de travail qui se dégradent et l’accès à la santé mis à mal par des politiques publiques délétères… sans oublier les fermetures d’usines et menaces sur l’emploi très présentes en Isère.
Bien sûr, ce présence dans la zone commerciale ne peut à elle seule déboucher sur une multitude d’adhésions mais elle devrait inciter les bases existantes à se renforcer en allant encore plus au contact des salariés.es.
C’est en effet dans les entreprises que naissent les besoins de se réunir, de revendiquer!
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Publié le 07.04.2026 à 16:18
Manuel Pavard
Leurs craintes ont malheureusement été confirmées par la carte scolaire 2026–2027, dévoilée le lendemain par les services de l’Éducation nationale en Isère. Comme le redoutaient parents et enseignants, l’école élémentaire Marcel-Cachin, à Échirolles, perdra bien une classe de CP à la rentrée de septembre. Fermeture qui a conduit ces derniers à se mobiliser, avec la CGT éduc’action, appelant à un rassemblement sur les lieux jeudi 2 avril, à la veille de l’annonce.
Plusieurs élus étaient présents, dont la maire d’Échirolles Amandine Demore.Les manifestants se sont ainsi réunis dès 8h15 le matin, devant le portail de l’école. À leurs côtés, des représentants syndicaux CGT et CNT, mais aussi des élus locaux : la maire PCF d’Échirolles Amandine Demore, le premier adjoint Pierre Labriet, élu à l’éducation, et l’adjoint aux finances Aurélien Farge. Sans oublier la BatukaVI, venue soutenir la lutte en musique.
Les pancartes brandies lors du rassemblement traduisaient, elles, les raisons de la colère et de la mobilisation. « Classes surchargées = égalité menacée » ; « Fermer une classe, c’est fermer des chances » ; « En classe comme un poisson dans l’eau et pas comme une sardine en boîte »… Les CP, qui passeront de quatre à trois classes à la rentrée, ne seront en effet pas les seuls touchés par cette mesure. « C’est toute l’école qui perd une classe : si elle n’avait pas fermé, on aurait pu avoir des effectifs un peu plus allégés et mieux répartir les CM1/CM2 », souligne une enseignante.
La mobilisation est née d’échanges entre les parents d’élèves délégués et les enseignants de l’école Marcel-Cachin.Ici comme dans les autres établissements concernés, les services académiques invoquent la baisse démographique pour justifier les fermetures de classes — près d’une centaine dans toute l’Isère. Mais cette nouvelle carte scolaire ne prend pas en compte les particularités de l’école Marcel-Cachin, accusent les manifestants. À savoir une école située dans un quartier populaire, à la Ville Neuve d’Échirolles, et classée en réseau d’éducation prioritaire (REP+).
La CGT éduc’action, fortement impliquée dans le mouvement.De fait, un effectif de 23 ou 24 élèves par classe, considéré comme « normal » dans d’autres écoles élémentaires, sera déjà presque trop important à Marcel-Cachin. « En REP+, à partir de 25 élèves, c’est plus compliqué », affirme l’enseignante, inquiète devant la perspective de se retrouver avec « des effectifs de 26–27 élèves à la rentrée ».
L’établissement échirollois compte en outre « deux classes Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) thérapeutiques », poursuit-elle. Des enfants nécessitant donc un accompagnement particulier : « On a besoin d’avoir du temps pour eux. » Autre spécificité, l’école Marcel-Cachin accueille un certain nombre d’élèves allophones [NDLR : avec une langue maternelle qui n’est pas le français] dont les arrivées s’échelonnent tout au long de l’année — certains restant jusqu’à l’été, d’autres seulement quelques semaines ou mois. Beaucoup s’inscrivent en CM1 ou CM2, avec un vécu souvent très lourd. « On n’aura pas la même disponibilité pour ces élèves », déplore l’enseignante.
Pierre Labriet, premier adjoint, Amandine Demore, maire d’Échirolles, et Aurélien Farge, adjoint aux finances.Si celle-ci se félicite du soutien affiché par les élus de la ville d’Échirolles, elle avoue un certain « pessimisme » depuis l’officialisation de la carte scolaire. Une fois la décision actée, difficile en effet de faire reculer l’institution. « Actuellement, l’Éducation nationale est dans une logique de récupérer des classes et faire des économies », constate-t-elle. Une politique à l’œuvre dans le premier comme le second degré. Face à la nouvelle donne démographique, le ministère a choisi la diète, préférant fermer des classes et supprimer des postes d’enseignants plutôt que d’améliorer les conditions de travail du personnel et d’apprentissage des élèves.
Des pancartes et slogans incisifs.Après la journée nationale de grève des enseignants, mardi 31 mars, contre la pénurie de moyens dans l’Éducation nationale, des mobilisations ont été recensées dans plusieurs établissements isérois, à la veille de l’officialisation de la carte scolaire, vendredi 3 avril. Comme à Marcel-Cachin, les parents d’élèves de l’école Ampère, à Grenoble, ont ainsi bloqué symboliquement l’établissement, jeudi 2 avril au matin, avant l’ouverture des classes. Ceci, pour « pour exprimer leur opposition au projet de fermeture de classe prévu pour la rentrée 2026 », expliquent les parents délégués dans un communiqué.
Les parents d’élèves rassemblés devant l’école Ampère avant l’ouverture, jeudi 2 avril. DRCes derniers jugent en effet la décision « déconnectée des réalités du terrain ». Là encore, cette mesure ne tient pas compte des spécificités de l’établissement : « la présence d’un dispositif UEEA accueillant des élèves avec troubles du spectre autistique, impliquant des temps d’inclusion dans les classes ordinaires ; une école primaire fonctionnant sur deux sites distincts ; des difficultés récurrentes de remplacement des enseignants et des AESH ; une forte mixité sociale, avec un nombre important d’élèves allophones ou en situation de précarité ».
Selon les projections actuelles, la fermeture d’une classe entraînerait « une hausse significative des effectifs, avec certaines classes de maternelle atteignant jusqu’à 28 élèves », ajoutent les parents délégués. Alertant sur la « dégradation prévisible des conditions d’apprentissage », ils réclament la suspension du projet de fermeture à l’école Ampère ainsi qu’une « transparence accrue sur les critères et les données ayant conduit à ces arbitrages ».
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Publié le 05.04.2026 à 11:16
Travailleur Alpin
Depuis la fin de la trêve hivernale au 31 mars, les expulsions reprennent de plus belle. Grenoble Habitat, office public du logement et bailleur social, a ainsi signifié son expulsion à une femme vivant seule avec trois enfants.
« Sa situation était connue des institutions depuis plus de deux ans. En effet, nous avons alerté à de nombreuses reprises sur la vulnérabilité de sa famille et des failles institutionnelles qui aboutissent aujourd’hui à cette aberration : la préfecture de l’Isère n’a pas renouvelé son titre de séjour entraînant donc une perte d’emploi et de l’intégralité de ses revenus. La procédure d’expulsion a été enclenchée sans chercher de solution au préalable. Sa situation révèle les failles quasi systématiques de la « prévention » des expulsions : comment peut-on en arriver à valider la mise à la rue d’une femme élevant seule ses trois enfants, sans ressource et avec de graves problèmes de santé ? », s’indigne le DAL 38. La mobilisation engagée par les militants du DAL38 et d’autres associations a pour l’instant empêché la police d’exécuter l’expulsion. Aujourd’hui, une solution d’hébergement devrait lui être proposée par le CCAS de la ville de Grenoble pour éviter la mise à la rue.
Jeudi 2 avril, un rassemblement de plus de 80 personnes devant les locaux de Grenoble Habitat à l’appel du DAL 38, l’UL CGT Grand Grenoble et d’autres associations et citoyens de la ville a permis d’obtenir de la direction de l’office l’engagement de ne pas expulser dans les prochains jours et de voir la situation de cette personne avec le service social de la ville de Grenoble.
« Au vu des chiffres records des expulsions de l’an dernier (60 000 personnes expulsées manu militari soit l’équivalent de la population de la ville de Chambéry), nous savons que cette situation n’est pas isolée, que de nombreux-es Iséroi-ses connaissent en ce moment la même peur de l’‘expulsion et le sentiment d’impuissance qui lui est associe. Nous serons présent-es pour les soutenir et obtenir des vraies mesures politiques pour lutter contre ce fléau : baisse des loyers et des charges, production de logements HIM pas chers, réquisition des immeubles vides et arrêtés anti-expulsion, comme l’a fait le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko », précise le DAL.
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Publié le 04.04.2026 à 19:03
Maryvonne Mathéoud
« C’est par nos mobilisations que nous, les retraités, sommes entendus » indique Yves Richard secrétaire CGT USR Isère dans son intervention. Puis il poursuit : « en 2025 nous avons gagné l’abandon de mesures néfastes pour les retraités prévues dans le PLFSS 2026 :
Autant de mesures dont les premières victimes sont les retraité·es à commencer par les plus fragiles. alors la lutte continue car les attaques se poursuivent aussi avec comme première mesure prise par le gouvernement : l’augmentation au 1er mars 2026 du forfait hospitalier de 15 % et le forfait patient urgence de 33 %. » Puis Yves Richard liste toutes les revendications portées par les manifestants.
« Sans jamais évoquer ni les 211 milliards d’aide publiques aux entreprises sans contrepartie ni les 100 milliards de dividendes records versés aux actionnaires en 2024, les gouvernements agitent en permanence le spectre du « déficit » de la Sécurité sociale dont ils sont les premiers responsables par leurs choix politiques ! Ce sont ces revendications légitimes que nous rappellerons à 16h30 en préfecture puisque nous serons reçus par le secrétaire général de Mme la préfète qui est trop occupée pour nous recevoir directement. »
Created with GIMP« Nous disons non à l’abandon de la loi grand âge, indique Jacques Fogliarini de la FGR-FP retraités fonction publique. En 2025, l’Assemblée nationale vote le principe d’une loi qui prend en compte les besoins. Elle défend la nécessité d’une loi de programmation en termes de financement et de création d’emplois. Ce vote sera ignoré par le gouvernement et il n’aura aucune suite. Ainsi, le président de la CNSA a dénoncé, concernant la Branche autonomie, l’abandon de l’objectif de 50.000 postes ETP en Ehpad prévus pour 2030. Cela indique donc la volonté gouvernementale de ne plus financer les besoins des personnes âgés qui seront en nombre croissant… puis il développe les répercutions de cet abandon. « La situation est grave : notre santé est en danger ! Exigeons des budgets à la hauteur des besoins ! Refusons cette politique d’austérité imposée ! », conclut Jacques Fogliarini
Pour Jacques Agnès (Fédération syndicale unitaire), le collectif intersyndical lutte pour le pouvoir d’achat des retraités qui se dégrade. Le pouvoir d’achat de nos pensions et retraites ne cesse de diminuer depuis plusieurs décennies alors que la rémunération du capital augmente de façon faramineuse.
Jacques Agnes.« Bien au rebours de l’image que veulent donner certains médias laquais d’un pouvoir politique lui-même valet des milliardaires et multimillionnaires, profiteurs parasites des richesses créées par les travailleurs de notre pays, les retraités ne sont pas des nantis, mais connaissent comme les travailleurs actifs, une paupérisation grandissante. Les causes de cette paupérisation croissante des retraités sont multiples. »
Pour Pierre Brocard du Syndicat retraité.es CGT de Bourgoin-Jallieu décrit la situation inquiétante pour nombre de retraités ou de citoyens plus jeunes, face à l’accès aux soins.
Les attentes spécifiques de la journée d’action, à savoir l’accès au système de santé, et la prise en charge du droit à l’autonomie sont mis à mal par la politique du gouvernement.
Le secteur dispose d’un cabinet de ville dénommé »sept sur sept », ce dispositif a le mérite d’exister, mais il ne peut en aucune façon, pourvoir au manque de médecin référent.
Au fil de la manifestation.Les organisations du groupe des 9 exigent :
Une délégation a été reçue par par le chef de cabinet de la préfète et par une assistante qui a pris des notes. Mme la préfète était en réunion des préfets à Paris.
Monsieur M. Diarra s’est dit à l’écoute des représentants syndicaux et associatifs, en poursuivant son propos par le fait que selon les chiffres de l’ONDAM, les frais de santé étaient en constante augmentation et qu’il y avait d’autres priorités budgétaires.
La délégation a contesté cette affirmation en rappelant la perte de pouvoir d’achat des retraités. « Au cours des 10 années antérieures cette perte équivaux à 4 mois de pension se qui entraine de nombreuses et nombreux retraités dans la précarité. 30 % des retraités perçoivent moins de 100 euros par mois.» argumente Yves Richard.
Jacques Agnès fait référence à la non augmentation du point d’indice dans la fonction publique. Il rappelle également que pour beaucoup de retraités la charge d’une mutuelle santé représente un mois de retraite sur un an ce qui est énorme.
Il a été rappelé que la situation actuelle de la Sécurité sociale provenait du manque de recettes. En effet 211 milliards d’aides et d’allègement de cotisations sociales, ainsi que le travail non déclaré sont des cotisations en moins pour la Sécurité sociale. Les abus en matière de dépenses dont le gouvernement fait état restent marginaux.‘
La présidente de LSR évoque les petites retraites de nombreuses femmes, qui ont subi des carrières discontinues et des salaires inférieurs à celui des hommes. L’accès à la culture et aux loisirs est un facteur important pour vivre sa retraite en bonne santé
Jacques Fogliarini de la FGR-FP a développé largement un argumentaire sur la situation des EHPAD et de leur financement. Le coût est exorbitant pour bon nombre de retraités.
Les membres de la délégation ont unanimement déploré les problèmes liés à l’accès aux soins, le besoin de créations et de sauvegarde des centres de santé, les dépassements d’honoraires et l’augmentation des cotisations des mutuelles complémentaires qui est inévitable dans ce contexte de désengagement de la Sécurité Sociale sur les remboursements de santé.
Sans oublier d’évoquer le problème de l’accès aux services publics et les difficultés pour les retraités avec le tout numérique.
Le groupe des 9 (L’UCR-CGT, FO-UCR, CFTC retraités, CFE-CGC, FSU, SOLIDAIRES retraités, FCR (Confédération française des retraités), LSR (Loisirs et solidarité des retraités, créée à l’initiative de la CGT), Ensemble & Solidaires-UNRPA (Union nationale des retraités et des personnes âgées.
Place de Verdun, devant la préfecture de l’Isère. Cet article Les retraités dans la rue à l’occasion de la journée d’action nationale est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 04.04.2026 à 18:19
Edouard Schoene
Une des premières manifestations autour du 90e anniversaire du Front populaire s’est tenue à Fontaine. 1936 : le grand tournant, le film documentaire d’Henri de Turenne (1970) a donné à voir une période historique mouvementée, 1934–1939, avec la montée de l’extrême droite et la tentative de coup d’état de février 1934 en France, Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne. Le front populaire est traité dans toute sa complexité, ses grèves, ses avancées sociales et sa défaite.
Thibaud Fréchet, président du Fil rouge, et Claire Tranchant, de la Société des levctrices et lecteurs de l’Humanité.Le débat qui a suivi a été l’occasion d’allers et retours entre cette période historique et le présent chargé des menaces d’extrême droite. La soirée était l’occasion de la présentation de la publication conjointe de l’Humanité, Blast, Street press, les Inrockuptibles, Radio Nova intitulée Front commun contre l’extrême droite diffusée à plusieurs centaines dans l’agglomération dont 70 à Fontaine, un événement de la presse indépendante rassemblée.
Thibaud Fréchet, président du Fil rouge, association qui est connue en Isère pour une vaste production de films documentaires, notamment, annonçait que cette séance de ciné club se poursuivrait les mois prochains par d’autres soirées cinéma.
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