Publié le 27.08.2026 à 17:11
Luc Renaud
Daniel Maron s’est éteint dans la nuit du 24 au 25 août dernier. Né le 17 juillet 1940, il venait d’avoir 86 ans.
« Homme de lettres », comme il aimait à se définir, Daniel Maron a effectué sa carrière professionnelle comme facteur, à Vienne. C’est à la retraite qu’il avait rejoint Lens-Lestang, près de Beaurepaire.
Daniel Maron était un militant communiste de toujours. Il avait rejoint le parti après son passage sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie. Parti auquel il est toujours resté fidèle, à Vienne puis Beaurepaire, en portant ses couleurs lors de différents scrutins électoraux, en exerçant des responsabilités au niveau local et départemental et en n’hésitant jamais à mettre les mains à la pâte, que ce soit à la fête du Travailleur alpin, à la foire de Beaucroissant ou lors des fêtes et initiatives dont il était souvent l’organisateur. Un engagement qui le rendait toujours disponible pour « donner la main », par exemple lors de la création du potager solidaire de Beaurepaire et de son épicerie.
Toutes activités que devaient pourtant s’interrompre, sans qu’il fût possible d’y déroger, lors du Tournoi des cinq nations – six aujourd’hui. Car Daniel Maron était un amoureux du rugby, qu’il pratiqua, et portait haut « la mauvaise foi du supporter » devant les matchs de l’équipe de France. Ses amis n’ignoraient rien de cette passion : pour son 70e anniversaire, ils s’étaient tous habillés en vert : le cadeau, c’était un billet pour Dublin où il put assister à un match du tournoi.
Un engagement politique indéfectible, le rugby, mais aussi la pêche à la truite dans les rivières du pays roussillonais ou les lacs de montagne, ces grands « moments de convivialité » comme on dit aujourd’hui : tout cela « ne pouvait exister qu’en s’appuyant sur une amitié sincère, solide, qui a soudé notre groupe au fil des années, là où le mot fraternité a pris tout son sens », écrivent ses amis en lui rendant hommage.
À sa compagne, Christiane, à sa famille, à ses proches et à ses amis, la rédaction du Travailleur alpin présente ses sincères condoléances.
Les obsèques de Daniel Maron auront lieu le mercredi 2 septembre à 9h30 au crématorium de Beaurepaire.

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Publié le 27.08.2026 à 15:49
Travailleur Alpin
Ce 26 août, des inondations dévastatrices ont ravagé le Népal laissant derrière elles des centaines de victimes, de blessés et de personnes disparues. Des milliers de familles, mais aussi des touristes se retrouvent aujourd’hui sans ressources, privés de logement et confrontés à une situation d’urgence.
Face à cette tragédie, le Secours populaire français lance un appel à la solidarité. L’association appelle aux dons financiers pour donner à son partenaire népalais et son réseau d’associations partenaires en Asie du Sud-Est les moyens d’agir afin d’accompagner les personnes sinistrées pour faire face aux besoins immédiats, comme dans la durée.
Depuis le séisme qui a dévasté le Népal en 2015, le Secours populaire français soutient son partenaire népalais, expérimenté et engagé auprès des populations les plus vulnérables, et compte également sur son réseau en Asie du Sud-Est et en Indonésie.
Les dons financiers peuvent être envoyés au 8 rue des Peupliers, 38100 Grenoble. Préciser « Fonds d’urgence ». Dons également possibles sur https://www.secourspopulaire.fr/38/don/
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Publié le 26.08.2026 à 17:07
Manuel Pavard
Plus de 220 000 personnes évacuées, quelque 240 habitations détruites, quatre sapeurs-pompiers décédés et des centaines d’autres blessés… Les terribles incendies survenus durant l’été en Gironde, dans les Landes, mais aussi dans le Var, à Fontainebleau ou dans la Drôme, laissent derrière eux un lourd bilan. Et des images imprimées sur les rétines de millions de Français. « L’opinion publique a pris conscience de certaines choses. Il y a quand même eu 183 maisons brûlées au Porge… En France », s’émeut Adrien Guerre, sapeur-pompier professionnel (SPP), sergent-chef à Saint-Martin-d’Hères et représentant du personnel CGT.
L’impressionnant incendie qui a ravagé plus de 42 000 hectares en Gironde doit entraîner une vraie prise de conscience de la part des pouvoirs publics, espèrent les sapeurs-pompiers. © SDIS 33 / Instagram (capture d’écran)Pour lui comme pour la quasi-totalité de ses collègues, « les méga-feux de l’été ont fait office de déclencheur et de révélateur », mettant en lumière « un manque criant de moyens et de financement ». Pourtant, « le sujet est sur la table depuis 2022 », rappelle-t-il. Il s’agissait déjà d’incendies en Gironde, à l’époque. Et l’intersyndicale avait déjà alerté le ministre. Mais « les promesses étaient restées lettre morte », déplore Adrien Guerre. Pire, « la situation s’est depuis aggravée dans le pays et les moyens alloués aux SDIS n’augmentent pas alors que les réalités du terrain le justifieraient ». Un chiffre ? « Depuis 2015, on a mille engins feux de forêt en moins sur l’ensemble du territoire », illustre le pompier martinérois.
Évoquant également le « point de rupture » de l’été 2026, les organisations syndicales du SDIS de l’Isère (CGT, Syndicat autonome SPP-PATS 38, Avenir secours, Sud SPP-PATS 38) partagent ce constat d’une situation « devenue intenable » pour les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels administratifs, techniques et spécialises (PATS). Réunies en intersyndicale, elles ont donc adressé une lettre ouverte aux parlementaires de l’Isère, datée du mercredi 19 août.
L’heure n’est plus aux discussions mais à l’action. Car aujourd’hui, « [leur] colère dépasse le stade de l’alerte ». Une colère qui est « le résultat de décennies de sous-investissement, d’arbitrages budgétaires défavorables et d’un désengagement progressif de l’État envers la sécurité civile. L’écart entre les discours officiels et la réalité du terrain n’a jamais été aussi profond », soulignent les syndicats. Lesquels ne demandent « pas de compassion » mais exigent « des décisions politiques et législatives à la hauteur des enjeux ».
Quid des revendications des sapeurs-pompiers ? Adrien Guerre résume les trois principales. Tout d’abord, des financements d’urgence et pérenne afin de « mieux financer les SDIS », selon le représentant CGT, qui vise à la fois l’État et le département de l’Isère. Ensuite, lancer un plan national de recrutement, aussi bien des sapeurs-pompiers professionnels que des effectifs administratifs, techniques et spécialisés. Pour l’Isère, l’intersyndicale estime ainsi « les besoins à 150 SPP et 50 PATS ».
Les sapeurs-pompiers de l’Isère lors d’une opération de sensibilisation auprès des habitants de la Villeneuve, en janvier 2025.« On manque de pompiers professionnels », confirme Adrien Guerre qui, outre le recrutement, insiste sur la nécessité de « former correctement » les futurs soldats du feu. On l’a vu en effet ces dernières semaines, à chaque fois, « la lutte contre les feux de forêt repose sur le volontariat ». D’ailleurs, « si on convertissait en équivalent temps plein le travail non salarié des volontaires, cela reviendrait à embaucher 23 000 professionnels sur le territoire », explique-t-il.
Le militant syndical évoque enfin la santé des sapeurs-pompiers, sujet « longtemps tabou » selon lui. Face aux incendies, « l’inhalation de particules de carbone et de fumées toxiques est cancérigène, pourtant on a très peu de protections », s’indigne celui qui se souvient avoir combattu, par le passé, « deux feux de forêt avec des simples cagoules, en respirant de la fumée H24 ». De fait, la majorité des SDIS ne disposent pas des cagoules filtrantes efficaces contre les fines particules, mais au coût élevé.
Dans leur lettre ouverte, les syndicats du SDIS 38 réclament donc le « déploiement d’équipements de protection de nouvelle génération contre les risques toxiques et cancérigènes liés notamment aux feux d’espaces naturels ». Sans oublier la « reconnaissance effective des pathologies professionnelles auxquelles sont exposés les agents ». On pense aux cancers (poumon, foie, vessie…) mais également aux problèmes psychiatriques, à l’instar du trouble de stress post-traumatique (TSPT), souvent sous-estimé. « On a tous dans nos connaissances un ou deux collègues qui souffrent de stress lié aux interventions », affirme Adrien Guerre.
Ces différentes propositions, auxquelles s’ajoutent d’autres revendications comme la prise en compte de la pénibilité pour la retraite, la modernisation des filières, le recentrage sur les missions essentielles ou la revalorisation salariale, « s’adressent aux parlementaires et à Laurent Nuñez », indique le sapeur-pompier isérois. L’intersyndicale du SDIS 38 appellent en effet les députés et sénateurs locaux à intervenir auprès du gouvernement — et notamment du ministre de l’Intérieur — pour porter leurs demandes.
Les camions des pompiers investiront les rues de Paris du 26 au 29 septembre.Quant au contexte, celui-ci ne doit rien au hasard, à l’approche du coup d’envoi de la campagne présidentielle et à quelques semaines de la présentation du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile, prévue le 8 septembre. Cela intervient surtout à un mois d’une mobilisation nationale « d’une ampleur inédite », à laquelle se joindra le SDIS de l’Isère. À partir du 26 septembre, des sapeurs-pompiers professionnels et personnels administratifs venus de toute la France occuperont ainsi la place de la République, à Paris, durant quatre jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Avec en point d’orgue, une manifestation que l’intersyndicale nationale espère « historique », le 29 septembre, dans les rues de la capitale.
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Publié le 25.08.2026 à 16:33
Luc Renaud
Les hommages se multiplient à la suite de la disparition de Jean Giard, ce 21 août dernier. Et d’abord parmi les militants communistes qui l’ont accompagné. Yves Contreras évoque ainsi « la bataille du référendum pour le tram, il avait été un artisan essentiel de la victoire du oui ». En 1983, Alain Carignon avait fait sa campagne municipale sur le thème du rejet du projet de tram, notamment porté par Louis Maisonnat, président communiste du syndicat mixte des transports en commun de l’époque. Élue, la nouvelle majorité grenobloise de droite avait dû concéder l’organisation d’un référendum local et le oui l’avait emporté. La ligne A était inaugurée en 1987. Yves Contreras se souvient encore « de son éloge funéraire à Louis Maisonnat devant l’hôtel de ville de Fontaine, il y a 40 ans, qui nous avait tous impressionnés par sa justesse de ton, sa conception de l’élu et son profond humanisme ».
Humanisme, un mot qui revient dans tous les hommages. François Auguste, qui fut secrétaire de la fédération du PCF de l’Isère de 1989 à 2000 en témoigne lui aussi. « Mon histoire avec lui est celle d’une longue amitié. Issu de la classe ouvrière, catholique progressiste, il était devenu un intellectuel communiste. Esprit vif et critique, il respectait les individus, amis ou adversaires politiques. Il avait une analyse fine de l’évolution du capitalisme et des combats à mener pour le dépasser, pour construire le communisme. Pour lui, communisme et démocratie devaient être indissociables. Il était profondément humaniste, loyal et fidèle à ses engagements. »
Le 22 novembre 2018, lors d’une rencontre organisée par la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité à Saint-Martin-d’Hères.La mémoire de Jean Giard convoque également des histoires personnelles. « Jean nous avait mariés Christian et moi », se souvient AnneMarie Gueguen. « Eloigné du PCF un certain temps, il était resté très réactif à l’actualité qui nous bousculait, participant aux manifs tant qu’il a pu s’y déplacer, encore présent ce 1er Mai sur le stand PCF Grenoble. Nous devions fêter ses 100 ans avec Yvette Anselmet, centenaire de notre cellule des Eaux Claires, début décembre. Trop tard hélas ! Hommage à ce grand homme généreux, solidaire, à l’écoute, lucide jusqu’au bout… »
Et Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, rappelle que « militant syndical et politique, CGTiste et communiste — de carte puis de cœur -, il était de ceux qui défendait l’unité du monde du travail, de l’ingénieur•e et du cadre à l’ouvrier•e et l’employé•e, unité si indispensable dans une société dominée par le capital. Militant de l’union de la gauche, il ouvrira lors des cantonales de 1964 la voie à la victoire de Hubert Dubedout à la mairie de Grenoble : qui s’en souvient aujourd’hui ? »
Des hommages à la mémoire de Jean Giard lui sont également rendus par delà le PCF.
Laurence Ruffin, dans une déclaration publiée le 26 août (cet article est modifié en conséquence ce 26 août), indique à propos du dirigeant communiste qu’a été Jean Giard : « J’ai eu la chance de le connaître. Il avait notamment soutenu notre projet municipal lors de la campagne, en nous faisant part de ses conseils et de son expérience. À l’approche de ses 100 ans, son engagement et sa lucidité sur les combats à mener face aux inégalités grandissantes de notre société étaient restés intacts. ». Elle ajoute : « Jean Giard était une personne profondément inspirante. Il a marqué Grenoble, et il a aussi marqué mon engagement. »
« Jean Giard était une personne profondément inspirante. Il a marqué Grenoble, et il a aussi marqué mon engagement. »
Laurence Ruffin
« Jean était à la fois ferme dans ses convictions et constamment ouvert à la discussion et au dialogue. Je garderai de lui le souvenir de très nombreuses discussions portant sur la situation grenobloise, mais aussi beaucoup plus largement sur la situation politique nationale et internationale », rapporte, à nos confrères de Place Gre’net, celui qui fut l’adjoint aux Finances de l’ancien maire socialiste Michel Destot. Sur les réseaux sociaux, Michel Destot, indique garder le souvenir d’un « militant infatigable, à l’abord simple et généreux, doté d’une exigence intellectuelle qui forçait le respect et l’estime ». Et il ajoute : « Comment oublier son engagement pour le retour de la gauche au pouvoir municipal ? Je garde précieusement en mémoire sa présence rayonnante au premier rang du public, mon épouse à ses côtés, au conseil municipal du 1er juillet 1995 où je fus élu maire de Grenoble. » Un retour de la gauche à la direction municipale après deux mandats d’Alain Carignon, de 1983 à 1995.
En janvier 2026, Jean Giard avait reçu Laurence Ruffin. Il était pleinement engagé à ses côtés dans sa campagne électorale municipale.Alain Carignon qui, lui aussi rend hommage à la mémoire de Jean Giard. « Il avait le respect des autres. De tous les autres. Tous nos affrontements se sont déroulés sur le terrain des idées et j’ai toujours aimé débattre avec lui, car sa fibre humaine transparaissait toujours », écrit-il.
C’est aussi l’implication de Jean Giard pour la promotion de la citoyenneté des personnes âgées à laquelle il est rendu hommage. Jean Giard avait accompagné son épouse, atteinte de la maladie d’Alzheimer, et il devint vice-président de France Alzheimer Isère, il fut à l’origine de l’association Alertes 38. Il en prit la présidence et rédigea notamment un rapport sur les nouvelles technologies au service du maintien à domicile des personnes âgées, à la demande du conseil général de l’Isère et de la ville de Grenoble. Pour lui, l’intergénération, c’est-à-dire le dialogue et les solidarités entre générations, est un facteur de cohésion sociale qui implique des choix politiques. Membre fondateur du collectif « Une société pour tous les âges », il est aussi devenu vice-président de l’association « Vieillir, c’est vivre ».
Kheira Capdepon, adjointe à la maire de Grenoble chargée de la Solidarité intergénérationnelle, note ainsi que « son parcours, son engagement pour les autres , et notamment pour la place des personnes âgées dans notre société auront marqué notre ville ».
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Publié le 22.08.2026 à 15:48
Luc Renaud
Jean Giard est décédé à l’hôpital de Grenoble dans la matinée du 21 août, à la veille de son centième anniversaire.
Il était né le 30 septembre 1926, à Paris. Dès l’âge de dix ans, il entra au petit séminaire de Saintes (Charente-Maritime) et poursuivit sa formation religieuse au grand séminaire de L’Houmeau. Il se rapprocha alors de la Mission de France, qui regroupait des catholiques soucieux d’une intervention au sein de la classe ouvrière. À l’issue d’un stage à Montceaux-les-Mines, embauché comme maçon, il devint secrétaire du syndicat CGT puis dirigeant de l’union locale de 1952 à 1953.
Le Vatican ayant décidé de fermer le séminaire de la Mission de France pour cause de dérive progressiste, il se vit fermer la possibilité d’être ordonné prêtre-ouvrier. « C’est plus l’Église qui m’a quitté que moi ai quitté l’Église ! En renonçant aux prêtres ouvriers, j’ai pensé qu’elle trahissait une de ses missions fondamentales… », disait-il.
En 2023, lors du banquet républicain organisé par les Société des lectrices et lecteurs et lectrices de l’Humanité dont Jean Giard était membre. De gauche à droite, Jean-Louis Millet, François Perez, Alain Boeuf, Charles Rollandin et Jean Giard.Il se maria le 7 février 1953 avec Françoise Chapuis, alors ouvrière dans la métallurgie de Montceau-les-Mines, et le couple s’établit ensuite à Grenoble. Jean Giard, ouvrier du bâtiment, fut licencié pour activité syndicale : il devint secrétaire de l’union locale CGT en 1956.
C’est en 1954 que Jean Giard adhéra au PCF, parti au sein duquel il assuma rapidement des responsabilités : membre du secrétariat fédéral dès 1961, chargé des ingénieurs, cadres et techniciens et des nouvelles technologies, secrétaire des communistes grenoblois en 1963. Candidat à des différentes élections à Grenoble, il fut élu en 1977 avec la liste conduite par Hubert Dubedout et adjoint aux finances de la ville de 1977 à 1983 puis siégea dans l’opposition aux municipalités Carignon jusqu’en 1995. Il fut élu député de 1986 à 1988, à l’occasion du scrutin législatif organisé à la proportionnelle départementale.
« Pour ma part, je l’ai connu un soir de janvier 1955, au cours d’une modeste réunion publique qu’il animait portant sur l’affrontement militaire qui s’amorçait en Algérie. Nous avons ensuite beaucoup défilé, distribué, collé des affiches, organisé de multiples réunions, débats, colloques et autres soirées culturelles, colloques et animations », se souvient François Perez.
En septembre 2021, Jean Giard participait à une rencontre à la fédération du PCF sur le thème du bien vieillir.Jean Giard quitta le bureau fédéral du PCF en 1990. En avril 1991, il participa à la création du mouvement Refondations puis devint l’un des animateurs de la coordination nationale des « refondateurs communistes ». Il démissionna du PCF en 1994 tout en participant, dès 1992, à la création du mouvement Go citoyenneté qui se donnait l’objectif de ramener la gauche à la direction de la ville en 1995 – ce qui fut fait avec l’élection du socialiste Michel Destot.
« Il est toujours resté un observateur très attentif de la vie politique », témoigne Jean-Louis Millet, qui fut l’un de ses proches collaborateurs à la mairie de Grenoble, de 1977 à 1983. Jusque dans ses derniers mois, Jean Giard suivait avec assiduité les confrontations d’idées, par exemple « lors des débats du congrès du PCF en juin dernier ». « Il s’était engagé dans la campagne municipale de Laurence Ruffin », rappelle Jean-Louis Millet. « En mars 2026, Jean Giard s’inquiétait encore des résultats des élections municipales à Grenoble et soutenait ardemment la liste de rassemblement conduite par Laurence Ruffin », renchérit François Perez. Chaque jour, il lisait la presse quotidienne. Et « il suivait chaque étape du Tour de France à la télé. », sourit François.
Jean Giard et Yannick Boulard à la fête du Travailleur alpin, en juin 1983.Toujours syndiqué à la CGT, Jean Giard s’était en outre investi dans le tissu associatif en occupant la vice-présidence France Alzheimer Isère. Il créa l’association Alerte 38 dont la raison d’être est la promotion de la citoyenneté des personnes âgées et du vivre ensemble intergénérationnel. Jean Giard, parmi les nombreux ouvrages dont il fut l’auteur ou le co-auteur, avant publié en 2018 Vieillissement et citoyenneté, aux éditions l’Harmattan. Ainsi en janvier 2026, « il a offert son témoignage à des étudiants brésiliens venus prendre part à un colloque sur le grand âge organisé par l’université de Grenoble », note François Perez.
Ceux qui l’ont connu garderont le souvenir d’un homme « d’une très grande modestie et d’une brillante lucidité », souligne Jean-Louis Millet. Un homme qui savait se ressourcer dans la nature, et plus particulièrement dans le Vercors dont il était tombé amoureux. « C’était un grand voyageur », dit encore Jean-Louis Millet. L’Afrique, l’Asie, l’Europe… une curiosité qui l’amenait par delà les frontières.
À ses enfants, Claire, Thérèse et Jean-Pierre, la rédaction du Travailleur alpin présente ses condoléances attristées.
Une réaction d’Emeric Vibert, secrétaire de la section communiste de Grenoble« C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de notre camarade Jean Giard dans la matinée du 21 août .
Il était une figure importante de notre parti au sein duquel il avait occupé de nombreuses responsabilités telles que secrétaire des communistes de Grenoble en 1963 et membre du bureau de la fédération de l’Isère de 1961 à 1990.
Ouvrier du bâtiment, syndicaliste, il fut notamment élu à la ville de Grenoble de 1977 à 1983 en tant qu’adjoint aux finances puis dans l’opposition à l’équipe de Carignon de 1983 à 1995 et bien sûr député de 1986 à 1988.
Par delà les débats que nous pouvions avoir, nous le savions très attaché au PCF et à ce qu’il représente dans la société d’aujourd’hui ; à la fraternité qui a toujours accompagné ses engagements. C’est avec plaisir que nous le croisions lors de rencontres organisées dans nos locaux ou à l’occasion d’un rassemblement de lutte.
C’est donc le cœur lourd que nous présentons toutes nos condoléances à sa famille. »
Le 10 décembre 2025, Jean-Louis Millet, François Perez et Jean Giard.
Jean Giard aux côtés d’Yvette Anselmet, lors d’un débat sur la Sécurité sociale le 11 octobre 2025.Cet article Ancien député de l’Isère, Jean Giard nous a quittés est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 21.08.2026 à 20:09
Luc Renaud
Un chiffre. « Quand j’ai été embauché, en octobre 2017, nous étions dix bouchers pour un chiffre d’affaires de 40 000 euros par mois ; aujourd’hui, nous sommes sept, pour un chiffre de 55 à 60000 euros », témoigne Jean-Michel Gatta, délégué CGT. Une croissance du chiffre de l’ordre de 40 %, avec une inflation sur la période de 21,31 %… et une diminution d’un tiers du nombre de salariés employés.
On comprend dans ces conditions que la charge de travail augmente. De même que les dividendes versés aux actionnaires, majoritairement à la famille Despinasse – qui compte parmi les grandes fortunes de France – : la CGT a calculé que « les 116 millions d’euros versés aux actionnaires ces trois dernières années […] correspondent à une ponction de plus de 19 000 € par salarié et par an. » Le syndicat en tire une conclusion : « Il y a largement de quoi satisfaire nos revendications ».
Jean-Michel Gatta, délégué CGT des boucheries Despi en Isère.Une prise de position qui semble partagée par les quelque deux mille salariés et apprentis que comptent les boucheries Despi dans les trois cents étals du pays. Le 15 août dernier, ils étaient appelés à la grève. 70 % d’entre eux ont pris part au mouvement. Plusieurs établissements ont compté 100 % de grévistes, comme la boucherie Despi de Grand frais, à Crolles.
Les revendications, ce sont notamment une augmentation des salaires, reconnaissant tout à la fois la pénibilité et les technicité du métier de boucher d’aujourd’hui. « Nos salaires, même si c’est difficile à estimer tant les conditions sont variables en fonction des magasins et des postes de travail, c’est de l’ordre de 1600 euros nets par mois », précise Jean-Michel Gatta. Un peu plus que le SMIC – 1 477,93 net mensuels depuis le 1er juin dernier –, mais loin des réalités du métier. « Nous travaillons dans les chambres froides, nous portons du poids, nous avons la responsabilité des normes d’hygiène et de traçabilité, nous mettons en œuvre des techniques de découpes et de présentation… » Jean-Michel Gatta ajoute immédiatement que « ça fait partie du jeu, du métier, mais ça doit être reconnu », comme doivent l’être l’augmentation des charges de travail apparues ces dernières années avec l’orientation choisie du « travail artisanal » dans la préparation des viandes. « Pour les brochettes, par exemple, nous découpons les viandes et les légumes, nous les marinons, nous les fabriquons… on est loin des procédés industriels d’il y a une dizaine d’années et c’est tant mieux ».
A Crolles, la grève a été suivie à 100%.Ce que demande la CGT, c’est dont une augmentation générale des salaires de 5 % pour rattraper une partie du pouvoir d’achat perdu – la direction voudrait s’en tenir à l’augmentation prévue par la convention collective de 1,5 % tandis que le SMIC a augmenté de 2,41 % au 1er juin.
Mais le syndicat met aussi en avant la dégradation de la santé des salariés qu’il estime due à la dégradation des conditions de travail. « Nous sommes partout en sous-effectifs, insiste Jean-Michel Gatta, par le passé, nous avions des inaptitudes au travail constatées à partir de 55 ans ; aujourd’hui, ça arrive à 40 ans, voire moins. »
La CGT prévient : « en l’absence d’avancées et de réponses satisfaisantes de la direction, […] des actions sont prévues dans les prochains mois et un appel à la grève est renouvelé jusqu’au 31 décembre 2026. »
Ce 15 août, une mobilisation visible.Les boucheries Despi constituent l’un des trois piliers des magasins que l’on connaît sous la bannière « Grand frais » – tout en étant présentes sous d’autres enseignes. Des « marchés couverts » que l’on trouve dans trois cents communes du pays dont onze en Isère (Crolles, Echirolles, Salaise-sur-Sanne, Voiron, Bourgoin…)
Despi, ce sont les étals de viande, la distribution alimentaire fraîche est gérée par la société Prosol, tandis que l’épicerie est un secteur dévolu à Euro Ethnic Foods – trois affaires au départ familiales.
En décembre dernier, Prosol a changé de mains – une opération à quatre milliards d’euros. C’est désormais le fonds de pension américain Apollo qui détient 70 % des actions de la société. Apollo n’est pas inconnu en France. Le fonds est détenteur d’actions de l’équipementier aéronautique Latécoère, il a échangé une partie des dettes de Vallourec contre des actions ensuite revendues à Arcelor-Mittal pour près d’un milliard d’euros, il est encore actif dans des montages financiers avec Air France, EDF ou TotalEnergie. Il était l’actionnaire de référence de Kem one dans la chimie lyonnaise depuis 2021 avant de s’en retirer en juin dernier.
L’annonce de cet accord avec le fonds américain indique que vingt-cinq nouveaux magasins Grand frais pourraient ouvrir d’ici l’année prochaine, sur des sites de magasins Gifi, comme à Pont-de-Beauvoisin.
Prosol n’est pas seul concerné dans ces évolutions des périmètres de propriétés du capital. En juin 2024, la famille Despinasse avait mis en vente les boucheries Despi. Le projet a depuis été abandonné. Reste aujourd’hui à savoir si l’arrivée du fonds américain en position dominante au sein de la structure de Grand frais ne va pas rebattre les cartes.
Cet article Boucheries Despi. Les salariés revendiquent une augmentation des salaires est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 20.08.2026 à 18:08
Luc Renaud
Le chiffre force le respect. 800 enfants, plus d’une cinquantaine d’accompagnateurs. La fédération de l’Isère du Secours populaire avait vu les choses en grand pour cette journée des oubliés des vacances qu’elle organise chaque année – comme l’ensemble des fédération de l’organisation solidaire. D’autant que ce n’est pas la seule initiative prise cet été. Comme le rappelait Nabil Chetouf, secrétaire général de la fédération, il faut encore compter avec les « journées bonheur ». Là ce sont les comités locaux de l’organisation qui sont à la manœuvre. Bilan, six à sept enfants et leurs familles qui ont pu bénéficier d’une sortie à la journée au cours de l’été. « Nous sommes une des seules organisations à rester ouverte l’été », note Nabil Chetouf tout à la fois pour s’en féliciter et pour le regretter, tant sont nombreux les enfants privés de vacances – un sur trois au niveau national.
Nabil Chetouf, secrétaire général de la fédération de l’Isère du Secours populaire français.Ce 19 août, la journée des oubliés des vacances avait pris ses quartiers dans le parc Walibi, aux Avénières, dans le Nord Isère. Une habitude prise depuis plusieurs années, toujours récompensée par les sourires et les émerveillements devant les manèges et autres attractions spectaculaires.
Et des bénévoles heureux de pouvoir ouvrir un coin d’aventure dans un quotidien qui ne sourit pas tous les jours. « Ce n’est qu’une journée, bien sûr, mais c’est une journée que les enfants pourront raconter à leurs copains lorsqu’on leur posera la question à la rentrée : « et toi, qu’est-ce tu as fait pendant les vacances ? » »
70000
euros
C’est le budget consacré à l’organisation des cette journée par la fédération de l’Isère du Secours populaire français. Il comprend notamment les entrées payées au parc Walibi, le transport en cars, le petit-déjeuner et le goûter.
Lors de la présentation à la presse de cette initiative, Nabil Chetouf insistait sur le développement de la précarité – dont les enfants comptent parmi les premières victimes – qui induit toujours davantage d’engagement de la part des bénévoles du Secours populaire. Ce dont se félicitait Jean-Yves Brenier, président de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné, pour qui le Secours populaire « intervient en complément des politiques publiques » — de quoi confirmer que les dites politiques ne sont pas à la hauteur. En soulignant que le proportion d’un enfant sur trois qui ne part pas en vacances « ne s’améliore pas », le sénateur Guillaume Gontard évoquait les congés payés – dont c’est cette année le 90e anniversaire – pour relever que « l’État doit aujourd’hui d’engager pour assurer le droit aux vacances pour tous » en citant les colonies de vacances : « le moyen de créer du lien social, d’apporter aux enfants une autre perspective que celle des yeux rivés sur les écrans des réseaux sociaux », disait-il.
Guillaume Gontard, sénateur apparenté écologistes de l’Isère.Cette journée des oubliés des vacances ne résume pas, loin s’en faut, le bouillonnement estival de l’activité du Secours populaire. Elle était réservée aux enfants, sans leurs parents, pour permettre aux uns comme aux autres de souffler un peu, aux côtés des « journées bonheur » destinées aux familles. D’autres dispositifs de solidarité sont à l’œuvre, comme ces aides directes, par le biais d’un partenariat avec l’Agence nationale pour les chèques-vacances qui ont permis à une centaine de familles de partir en vacances. Des aides ont encore permis à une cinquantaine d’enfants de séjourner en colonie tandis qu’un séjour est programmé pour le mois d’octobre à l’attention des seniors. Et il faut également citer les collectes de solidarité pour les sinistrés des incendies mais aussi au profit du peuple cubain, entre autres, et les villages « Copains du monde » organisés par le Secours populaire au niveau national en Arménie, à Cuba ou en Chine.
Elus, responsables du parc et bénévoles du Secours se sont retrouvés pour la présentation de cette journée.
Prendre de la hauteur pour un grand frisson.
Le petit train, un indémodable.
Les montagnes russes et leurs cris d’effroi.


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