LePartisan.info À propos Webcams Podcasts Fil web
Médias
flux grenoblois

Le Travailleur Alpin

Publié le 22.09.2026 à 16:18

Edouard Schoene

Le local, situé sur l’avenue Jean-Jaurès, à Fontaine, a été acheté par l’atelier Fluo, tout comme le matériel. « Au cœur du projet, annonce l’association, on imprime des choses liées aux luttes sociales et à la contre-culture, des choses non commerciales et militantes. Mais on n’est pas sectaires », assure-t-elle.

Vue de l’exposition des 10 ans de l’Atelier Fluo.

Les différents travaux nécessaires sont réalisés par les adhérent·es eux-mêmes. Même philosophie concernant la gestion de l’atelier, qui se fait là aussi collectivement. L’association organise par ailleurs régulièrement des moments de partage des savoirs — sur les logiciels ou le matériel, par exemple.

Des visiteurs impressionnés par la qualité artistique des productions

Pour fêter ses dix ans d’existence en beauté, l’atelier Fluo organisait une exposition à la salle municipale Germinal, à Fontaine, non loin de ses propres locaux. Une réussite indéniable. Véritable vitrine de son travail, l’exposition a en effet fortement impressionné les visiteurs par la diversité et la qualité artistique des nombreuses productions (affiches, publications, livres, jeux, tracts, flyers, pochettes de disques…) ainsi que par la dynamique en cours.

Quelques exemples des œuvres exposées le week-end des 19–20 septembre, à découvrir ci-dessous.

Cet article Fontaine. L’atelier Fluo fête ses dix ans est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 22.09.2026 à 12:36

Bernard Tournier

Quatre-vingt-dix ans après le Front populaire, que peut encore nous apprendre 1936 ? Beaucoup, à l’heure où les questions de salaires, de retraites, de services publics et de partage des richesses reviennent au premier plan, tandis que l’extrême droite occupe une place croissante dans le paysage politique. Le ciné-débat organisé le 11 octobre à Saint-Marcellin propose de mettre cette histoire en débat. Dimanche 11 octobre à 18 h 30, le cinéma Les Méliès de Saint-Marcellin projettera La Rage au cœur, un court métrage de Pierre Verquin consacré au Front populaire. Une soirée organisée avec l’association des lectrices et lecteurs de l’Humanité du Sud Grésivaudan. La projection sera suivie d’un échange avec le réalisateur et son assistante réalisatrice, Louise Lougrada.

Une histoire qui parle au présent

La Rage au cœur n’est pas seulement une reconstitution historique. Le film rappelle que les grandes conquêtes sociales ont une histoire, celle des femmes et des hommes qui se sont organisés et mobilisés pour les obtenir. Car en mai et juin 1936, ce sont des millions de salariés qui entrent dans l’action. Les grèves se multiplient, les entreprises sont occupées et un rapport de forces inédit s’installe dans le pays.

De cette mobilisation sortiront des avancées qui bouleverseront durablement la vie quotidienne : hausse des salaires, congés payés, semaine de 40 heures, conventions collectives, reconnaissance des libertés syndicales ou encore élection de délégués du personnel. Autant de droits qui semblent aujourd’hui aller de soi et qui furent pourtant le résultat de luttes.

« La Rage au cœur », de Pierre Verquin (photographie de plateau). DR

C’est aussi ce qui rend 1936 très actuel. En 1936 comme en 2026, la question du partage des richesses est au cœur de l’affrontement social alors que c’est sur les plus précaires et le monde du travail que se tournent les gouvernements pour faire face à la crise, comme le montre les premières annonces sur le budget 2027 avec un plan d’austérité de 54 milliards d’euros.

Dans ce contexte, revenir sur le Front populaire rappelle une évidence souvent oubliée : les grandes avancées sociales n’ont jamais été offertes. Elles ont été conquises.

Quand la question sociale rencontre le combat antifasciste

Mais réduire le Front populaire aux congés payés serait passer à côté d’une autre dimension essentielle de son histoire. Le rassemblement se construit dans une Europe où le fascisme progresse. Mussolini est au pouvoir en Italie, Hitler dirige l’Allemagne depuis 1933 et, en France, les ligues d’extrême droite prospèrent dans un climat de crise économique, d’antiparlementarisme et de violentes campagnes antisémites. Face à cette menace, communistes, socialistes, syndicalistes et forces progressistes se rapprochent.

Pour Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, « le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste ». Il souligne également que cette dynamique ne s’est pas limitée à « faire barrage » : elle s’est nourrie des aspirations du monde du travail et des mobilisations qui permettront ensuite d’obtenir des avancées qui ne figuraient pas toutes dans le programme initial du Front populaire. C’est là que l’histoire de 1936 rencontre les interrogations de 2026.

1936 n’est pas 2026, mais…

Les deux périodes ne sont évidemment pas identiques et l’histoire ne se répète pas. Mais la progression de l’extrême droite dans la France d’aujourd’hui, sur fond de colère sociale, de sentiment de déclassement et de défiance envers les institutions, donne une résonance particulière au 90e anniversaire du Front populaire.

L’expérience de 1936 rappelle notamment que combat antifasciste et progrès social peuvent être pensés ensemble. « Le pain, la paix, la liberté » : le mot d’ordre du Front populaire associait déjà les conditions d’existence, la démocratie et la paix.

« La Rage au cœur », de Pierre Verquin (photographie de plateau). DR

Une question traverse dès lors les décennies : comment répondre aux colères et aux aspirations populaires ? Comment redonner au monde du travail la capacité d’agir collectivement sur son avenir ? Comment transformer le mécontentement en conquêtes sociales plutôt qu’en divisions ?

Car les colères populaires peuvent emprunter des chemins différents. Elles peuvent conduire à rechercher des boucs émissaires parmi l’étranger, l’immigré, le chômeur ou le plus pauvre. Elles peuvent aussi remettre au centre du débat d’autres questions : qui produit les richesses ? Qui se les approprie ? Comment sont-elles réparties ? Qui décide de leur utilisation ?

C’est aussi pour cela que transmettre l’histoire ouvrière reste un enjeu politique. Oublier comment les droits ont été obtenus, c’est risquer de les croire éternels. Raconter les luttes de celles et ceux qui nous ont précédés ne relève donc pas de la nostalgie : cela permet de mieux comprendre les affrontements du présent.

Quatre-vingt-dix ans après 1936, La Rage au cœur invite ainsi moins à commémorer le Front populaire qu’à en débattre : que reste-t-il aujourd’hui à conquérir ?

Cet article Saint-Marcellin. Ciné-débat : 1936, quand le peuple fait l’histoire est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 21.09.2026 à 20:28

Manuel Pavard

« Non au permis de tuer » ! Le même mot d’ordre, le même slogan, la même banderole de tête également. Des mots qu’on a pu lire et entendre ce dimanche 20 septembre, à Grenoble comme dans une trentaine de villes de France métropolitaine et d’Outre-mer. Une journée de manifestation et de mobilisation nationale contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, organisée à l’appel d’une large coalition d’associations (Stop aux violences d’État, Amnesty International, Ligue des droits de l’homme, Justice pour Adama, Flagrand déni…), syndicats (Syndicat des avocat·es de France, Syndicat de la magistrature…) et partis de gauche (LFI, PCF, Les Écologistes, L’Après, NPA…).

Une foule massive dans les rues de Grenoble. DR

Voté le 7 juillet dernier par les députés, le texte sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre prévoit en effet que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi lorsqu’ils « font usage de leurs armes ». Une loi qui, si elle était adoptée, instaurerait un véritable risque de « permis de tuer », les enquêtes habituelles sur la conformité des tirs policiers pouvant de ce fait être freinées — voire pire. D’où la volonté des manifestants d’empêcher son examen au Sénat.

« Le texte inverse la charge de la preuve »

À Grenoble, le cortège est parti symboliquement de l’hôtel de police, boulevard du Maréchal Leclerc, pour rejoindre l’anneau de vitesse du parc Paul-Mistral. Sous un soleil estival, ils et elles étaient près de cinq mille à défiler, au son des chants et slogans dénonçant les violences et bavures policières et s’inquiétant de cette dérive sécuritaire. Certains rappelaient par ailleurs que la pétition contre cette loi avait rassemblé plus de 730 000 signatures sur le site de l’Assemblée… Avant d’être classée par les députés membres de la commission des lois en juillet.

Des pancartes ironiques et acides dans tout le cortège. DR

Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, étudiants, salariés et retraités… Tous partageaient en tout cas la conviction d’une loi dangereuse, ouvrant une boîte de Pandore. Un texte qui « inverse la charge de la preuve » et qui constitue « un recul par rapport aux principes de proportionnalité et aux standards de la jurisprudence européenne », fustige d’ailleurs la CGT Intérieur. Le syndicat — malheureusement minoritaire dans la police nationale — appelait lui aussi à manifester ce dimanche et « demande le retrait intégral » de la proposition de loi.

Pour beaucoup de manifestant·es, cette dernière symbolise en outre un phénomène inquiétant. Comme le souligne en effet Lucie, jeune salariée grenobloise présente lors de la marche, « le RN n’est même pas encore au pouvoir que le gouvernement applique déjà son programme… Et déroule le tapis rouge à Alliance ! »

Cet article Grenoble. Près de 5000 personnes défilent pour dire « non au permis de tuer » est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 21.09.2026 à 20:27

Edouard Schoene

Le mot d’ordre de cette nouvelle marche pour la paix ? « Pour la paix : stop la guerre, stop la violence, stop la misère. Exprimons notre volonté de vivre en paix dans un monde de solidarité, de justice, d’ adelphité. »

Pierre-Jean Crespeau s’est d’abord exprimé au nom du collectif grenoblois (Mouvement de la paix, Trièves Palestine, AFPS, PCF, FSU, Libre Pensée, CGT, LSR, AIAK), avant le départ de la marche, place Victor Hugo : « La guerre est toujours un échec. Elle détruit les vies, jette les populations civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inégalités, nourrit les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et détourne des ressources considérables qui devraient être consacrées à I’emploi, aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics et à la transition écologique. Nous refusons que les droits sociaux, les libertés, la dignité humaine, la sécurité des peuples et l’avenir des générations futures soient sacrifiés aux logiques de guerre, de domination et de militarisation. Le droit international doit primer sur la force. Les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence. Une paix durable ne peut se construire sans justice sociale, justice écologique, coopération entre les peuples, respect de la souveraineté des États et réalisation concrète de tous les droits humains. »

Pierre-Jean Crespeau (Mouvement de la paix Isère), Zohreh (LDH Iran) et Pascal Costarella (La Libre Pensée).

Puis la quarantaine de participants se sont rendus en cortège au Jardin de ville. L’occasion pour Pierre-Jean Crespeau, président du comité de l’Isère du Mouvement de la paix, de reprendre la parole : « La promotion de la paix et de la sécurité internationales passe par le droit international, le respect des frontières reconnues et la reconnaissance du rôle essentiel de I’ONU, tant par ses résolutions que par ses agences. »

« Le devoir de dénoncer la persistance de I’empire colonial français »

Et le militant de citer quelques exemples illustrant son propos. « Contre le colonialisme sioniste illégal, nous appelons au respect de la souveraineté du peuple palestinien sur ces terres et des frontières de l’État de Palestine, dans le cadre du droit international. Nous appelons à l’arrêt de la collaboration des entreprises françaises, européennes, avec toutes les entreprises israéliennes profitant de la colonisation de la Cisjordanie et toutes celles qui contribuent à la guerre. Nous appelons à solidarité avec toutes celles et ceux, qui de chaque côté des murs dégoûtants, prennent des initiatives pour la paix entre les peuples israélien et palestinien. »

Les intervenants ont pris la parole à tour de rôle au Jardin de ville.

Autre exemple, « pour la fin de la guerre en Ukraine, la Russie doit stopper son agression, mais aussi l’engrenage qui l’enferme dans une logique de repli », a‑t-il poursuivi. « Les Occidentaux, eux, doivent cesser de voir l’Ukraine comme un nouveau marché à conquérir. Contre la militarisation de l’Europe, nous appelons à l’abandon des bases américaines en Europe et à la dissolution de l’OTAN, vestiges de la guerre froide et source d’instabilité et de tensions géopolitiques. »

Pierre-Jean Crespeau n’a enfin pas oublié de « dénoncer la persistance de I’empire colonial français et soutenir les processus de décolonisation de la Kanaky et de la Polynésie Française », tout en fustigeant « le néocolonialisme ».

Contre « la militarisation de la jeunesse et de la société

Pascal Costarella (La Libre Pensée) a pris le relais, centrant son intervention sur la militarisation de la jeunesse et de la société, « militarisation qui prépare les esprits à la guerre ». Extraits : « Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé la mise en place obligatoire d’une cérémonie pour ‘les morts pour la France’ dans les établissements scolaires, à partir du CM1. Une circulaire et un guide sont parus pour accompagner les enseignants qui ne laissent aucun doute quant à la finalité de cette mesure. Ils développent une conception d’un patriotisme sacrificiel : la citoyenneté y est définie en termes d’un engagement parfois douloureux, toujours exigeant, les ‘morts pour la France’ sont présentés comme le ‘symbole d’un sacrifice individuel au nom des valeurs communes’. »

À l’arrivée de la marche pour la paix, au Jardin de ville.

Le représentant de la Libre Pensée a également pointé « les documents officiels [qui] préconisent des partenariats, notamment avec les corps en uniforme, nouvelle occasion de faire pénétrer les armées dans les écoles, pour y diffuser une propagande militaire qui n’y a pas sa place. Cette cérémonie obligatoire instrumentalise l’école pour en faire un lieu d’embrigadement, un lieu où l’on conditionne les jeunes esprits à un effort de guerre considéré comme nécessaire. Ces choix politiques, largement portés par l’actuel ministre Edouard Geffray, fervent partisan du renforcement des liens entre l’école et les armées, relaient l’idéologie d’extrême droite », a‑t-il déploré.

Autre militante à prendre le micro, Zohreh, présidente de la Ligue pour la défense des droits de l’Homme en Iran, a dénoncé les guerres au Moyen-Orient, en Ukraine… « Nous sommes là pour dire non à la guerre en Iran, avec les civils victimes de ce conflit. Les citoyens d’Iran, s’ils condamnent la guerre, sont traités d’agent de l’ennemi, du Mossad ou des États-Unis, et réprimés », s’est-elle insurgée.

Cet article Grenoble. Une nouvelle marche pour la paix est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 21.09.2026 à 19:00

Manuel Pavard

« La mobilisation est beaucoup plus forte que d’habitude ! On voit que le rapport de force est en train de se construire. » Le constat de Nelly Bosio, représentante CGT, est partagé par l’ensemble des salariés rassemblés durant la pause méridienne, jeudi 17 septembre, devant l’entrée 1 du CEA de Grenoble, sur la Presqu’île scientifique. Et plus largement par tous ceux participant aux assemblées générales organisées au même moment sur les dix sites français du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Tous déterminés à engager la « bataille sur les salaires », à l’appel d’une intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, UNSA) parlant d’une seule voix.

Les militant·es CGT, largement mobilisé·es à Grenoble.

Si une telle unanimité existe, c’est parce que les calculs sont irréfutables, y compris pour la direction et les autorités de tutelle. « Le CEA est un établissement public de droit privé et on a une grille salariale exprimée en points, avec une valeur du point qui est gelée depuis 2009. Or, si cette valeur avait suivi l’inflation, elle aurait 30 % de plus aujourd’hui », explique Nicolas Buffet, ingénieur et secrétaire de la CGT au CEA de Grenoble.

Des pertes de salaire mensuelles de 760 à 2000 euros brut

« Il y a des gens qui, à cause de cette grille, sont payés en-dessous de la valeur du SMIC — ce qui est illégal — et qui ont des indemnités compensatrices de SMIC », déplore-t-il. Globalement, ce manque à gagner « représente des sommes qui peuvent être assez considérables » et ce, pour tous les salariés. Par exemple, « pour les petits salaires, c’est 30 %. La perte de salaire peut atteindre 760 euros brut par mois », par rapport à une valeur de point corrigée et basée sur l’inflation. « Et pour les salaires les plus élevés, ça va jusqu’à 2000 euros brut », précise Nicolas Buffet.

Au mégaphone, Nicolas Buffet, secrétaire du syndicat CGT du CEA Grenoble.

Conséquences, « le CEA n’est plus attractif comme il a pu l’être » et a même « du mal à embaucher ». Pour pallier ces difficultés, il a donc « mis en place une décision unilatérale de l’employeur (DUE) qui a augmenté les niveaux d’embauche des nouveaux salariés », indique le syndicaliste. Une mesure qui a malheureusement généré une nouvelle « injustice », souligne-t-il. « On l’a vu ces dernières années, les gens qui ont été embauchés avec cette DUE en place, sont tous au-dessus des plus anciens salariés. »

« On a besoin de recruter les meilleurs du monde dans nos domaines, donc il faut absolument qu’on soit attractifs sur les salaires sinon ils partent ailleurs : dans le privé ou à l’étranger. »

Cette iniquité et ce sentiment d’être maltraité peuvent en outre avoir des répercussions à une autre échelle. François Legrand, secrétaire adjoint du syndicat CFDT, rappelle en effet que « le CEA a des missions régaliennes », en matière de nucléaire, d’indépendance énergétique. Avec un réel enjeu de « souveraineté » industrielle et technologique, à l’image par exemple du CEA Leti, à Grenoble, qui « contribue à la compétitivité des entreprises en microélectronique ».

Mais pour atteindre et surtout se maintenir au niveau d’excellence requis, « on a besoin de recruter des gens qui sont hyper compétents, les meilleurs du monde dans nos domaines », décrypte-t-il. Et on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, comme dit le proverbe. « ll faut absolument qu’on soit attractifs sur les salaires sinon ils partent ailleurs : dans le privé ou à l’étranger pour une carrière internationale », alerte François Legrand, formel sur ce point. « C’est la clé pour les dix ans et vingt ans à venir. »

Les représentants des différentes organisations syndicales ont pris la parole tour à tour.

Pour l’élu CFDT, le CEA doit désormais mettre « les moyens à la hauteur de sa stratégie et de ses ambitions ». Ce qui est loin d’être le cas actuellement, de l’avis général. « Ce qu’on veut, c’est une revalorisation structurelle, en partant de la valeur du point. Et pas la foire aux primes individualisées, dans l’opacité la plus totale », prévient-il.

Manifestation prévue à Bercy, devant le ministère de tutelle

Après les assemblées générales réussies de ce 17 septembre, les syndicats vont maintenant proposer des actions, rencontrer les députés, aller voir les préfectures… « La difficulté, c’est que notre interlocuteur dans le cadre des négociations, c’est notre administratrice générale qui, elle, n’a pas les pouvoirs décisionnels d’augmenter les salaires », confie Nicolas Buffet. « Et on a des ministères de tutelle qui, eux, sont censés le faire », ajoute le responsable CGT.

Une mobilisation supérieure à la moyenne, parmi les quelque 4000 salarié·es du centre de Grenoble.

Ce ministère de tutelle, « c’est Berçy. Et on projette d’aller manifester à Berçy », annonce Céline Fleury, secrétaire de la CFDT du CEA de Grenoble. Une manifestation nationale dont la date n’est pas encore fixée. Mais une chose est sûre, ce sera décidé « en collectif », entre les salariés, comme tout ce qui concernera cette lutte, assure la militante syndicale. « L’idée, c’est de retrouver du collectif alors qu’on est dans une société où chacun va de son côté, et face à une direction qui va essayer d’individualiser tous les traitements. »

Cet article Grenoble. « Le CEA n’est plus attractif » : mobilisation générale pour les salaires est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 21.09.2026 à 12:42

Edouard Schoene

Maire de Fontaine de 1959 à 1984, Louis Maisonnat fut auparavant combattant dans les maquis du Vercors puis de la libération de la Drôme, mais aussi directeur du Travailleur alpin et des Allobroges. Il revenait à Renaud Lugli, secrétaire de la section PCF Fontaine rive gauche — Vercors d’ouvrir la cérémonie d’hommage et de donner la parole aux intervenants·es : « Nous sommes réunis ici à Fontaine, sur cette place qui porte son nom. Parler de Louis Maisonnat, c’est parler de Fontaine. Il avait une conviction : une ville populaire doit d’abord être construite pour celles et ceux qui y vivent. »

Les communistes fontainois et le secrétaire départemental du PCF Jérémie Giono, aux côtés notamment de la députée PS de l’Isère Marie-Noëlle Battistel et de son homologue socialiste Guillaume Lissy, président de la Métro et maire de Seyssinet-Pariset.

Et le communiste fontainois de poursuivre : « C’est dans cet état d’esprit qu’il agit pour le logement, avec la création de la société d’économie mixte, ‘Le logement ouvrier’, pour répondre à l’arrivée de nouvelles populations. C’est dans cet esprit qu’il accompagne le développement économique de Fontaine et la création d’une des premières zones industrielles de la région. C’est dans cet esprit encore qu’il défend les équipements, la culture, le sport et l’éducation. »

« Faire vivre ses combats »

Premier président du Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise, créé en 1973, Louis Maisonnat fut l’un des principaux artisans du retour du tramway dans notre agglomération (inauguré en 1987). « Quarante ans après sa disparition, nous ne sommes donc pas ici pour transformer Louis Maisonnat en statue », souligne Renaud Lugli. « Nous sommes ici pour faire vivre ses combats, parce que son héritage n’est pas une pièce de musée. Il est une invitation à continuer, continuer à nous battre, continuer à nous rassembler, continuer à croire que la politique peut changer concrètement la vie des gens. »

Trois maires PCF isérois représentant le « communisme municipal » : Gilbert Biessy (Échirolles), Louis Maisonnat (Fontaine) et Paul Jargot (Crolles). DR

Antonine Ronseaux, ancienne institutrice et élue dans l’équipe municipale dirigée par Louis Maisonnat, conte une anecdote : « Je me souviens de la réhabilitation de ces bâtiments que les plus anciens connaissent, qu’on appelait le Mail courbe. J’entends Monsieur le maire, Louis Maisonnat, après avoir rencontré les locataires. C’est urgent, il faut faire quelque chose. Il faut faire des travaux d’isolation. Ce n’est pas possible que ces locataires dépensent autant d’argent pour avoir froid. »

Le public attentif aux prises de parole.

Pour Michel Barrionuevo, élu d’opposition à Sassenage et ex-responsable du PCF à Fontaine, « Louis était très proche des femmes et des hommes. Et pour être certain de ne rien oublier d’une demande, d’une sollicitation, il sortait son petit carnet. » Le militant évoque également la bataille des élections législatives 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles. Louis Maisonnat, malade, hésitait alors à partir en campagne. « Ce marathon réalisé en trois semaines, fut accompli avec le soutien de sa femme. Nous commencions chaque jour par la première rencontre à 9 heures. Louis Maisonnat s’était lancé le défi de faire une rencontre dans chacune des 169 communes de l’immense troisième circonscription. »

Michel Barrionuevo, élu d’opposition à Sassenage et ex-responsable du PCF à Fontaine.

À l’époque, les maires accueillaient le candidat communiste, quelle que soit sa sensibilité. Une tradition républicaine. Les temps ont changé. Franck Longo, actuel maire de Fontaine (MoDem), brillait ainsi par son absence.

Yvonne Roussin, citoyenne de Fontaine, tient à exprimer son émotion en quelques mots, concluant : « Il reste inoubliable pour ceux qui l’ont côtoyé. Merci Monsieur Louis Maisonnat. »

Artisan du communisme municipal

Yves Contreras, qui fut adjoint au maire Louis Maisonnat puis premier adjoint de Yannick Boulard, se souvient : « Quand nous arrivâmes en 1983 au conseil municipal, ses premiers mots furent pour nous, les plus jeunes élus. ‘Soyez attentifs aux autres, aux fontainois et fontainoises, au personnel communal. À leurs représentants syndicaux, respectez-les.’ Et d’ajouter, ‘votre place d’élu n’est pas dans les bureaux, mais dans la ville, avec la vie associative, dans les quartiers, dans les commerces, sur les marchés, devant les écoles et les entreprises’. Et pour s’assurer que nous avions bien compris, il nous mettait une deuxième couche. ‘La première qualité d’un ou d’une élu, ce n’est pas d’avoir une grande langue mais deux grandes oreilles’. » Yves Contreras cite une autre phrase du maire : « L’important, ce n’est pas de prendre une décision, mais de vérifier si elle est traitée. »

Yves Contreras, ancien adjoint au maire Louis Maisonnat.

De nombreux exemples sont égrenés, illustrant le souci quotidien de Louis Maisonnat à répondre aux demandes les plus petites et pressantes des jeunes, des locataires, des syndicalistes en lutte.

Claudine Didier, élue d’opposition à la ville de Fontaine et à la Métropole, évoque les réalisations de l’édile PCF : « Nous lui devons la première ligne de tramway à Fontaine, la zone des Vouillants, l’une des premières zones industrielles de France, un programme de logements accessibles, des équipements publics, des écoles, la bibliothèque, la piscine, des équipements sportifs, la MJC et l’hôtel de ville. Dès 1971, il innove dans l’agglomération en impulsant des réunions de quartier. Il mettra en place des événements festifs. Tel que le carnaval, Fontaine en montagne, la foire d’automne, la fête de la jeunesse. »

Claudine Didier, conseillère municipale et métropolitaine PCF.

Louis Maisonnat sera l’un des artisans, en France, du « communisme municipal ». Lequel s’est traduit à Fontaine par des générations d’habitants — dont de nombreux immigrés originaires d’Italie — qui se sont intégrées dans une vie sociale riche. Les municipalités successives conduites par l’élu communiste reflétaient la diversité politique de la gauche ainsi que la diversité sociale de la commune.

« Un promoteur infatigable de la paix et de la solidarité internationale »

Laurent Jadeau, élu communiste d’opposition à Fontaine, salue quant à lui le « promoteur infatigable de la paix et de la solidarité internationale ». Ce que Louis Maisonnat a « concrétisé avec deux jumelages en 1963 : Schmalkaden en Allemagne et Alpignano en Italie. Suivis en 1991 par un troisième avec Sommatino signé par Yannick Boulard. Ce premier jumelage en 1963 était d’une audace et d’une vision incroyables. En effet, nous sommes moins de vingt ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale et en pleine tension de la Guerre froide. Louis Maisonnat signe avec Karl-Heinz Hesse, le maire de Schmalkalden, un jumelage alors que les blessures dans le peuple de France sont encore très vives. Qui plus est, cette ville se situe en RDA, pays qui n’est même pas encore officiellement reconnu par l’État français. Il se développe immédiatement entre nos deux villes par les échanges entre associations. »

Laurent Jadeau, élu d’opposition PCF à Fontaine.

Danielle Resta, fille aînée de Louis Maisonnat, prend à son tour la parole au nom de la famille, en remerciant le PCF pour l’hommage rendu : « Être réunis ici, sur cette place qui porte son nom, est un moment émouvant pour nous. Avec les élus, les équipes municipales et le personnel de la ville, Louis a œuvré pour faire avancer Fontaine, développer ses services et améliorer la vie quotidienne des familles, des jeunes et des aînés. Celui et ceux qui ont travaillé avec lui le savent, il avait un caractère bien trempé. Il était exigeant, parfois très exigeant. Mais cette exigence était aussi celle qu’il s’imposait à lui-même et qu’il mettait au service des projets auxquels il croyait. Il était à la hauteur de son engagement. Il avait des convictions fortes, une volonté farouche de les défendre jusqu’au bout. Il pouvait être déterminé, parfois direct, et il ne renonçait pas facilement lorsqu’il estimait qu’une décision était juste. »

La famille Maisonnat.

Sa fille rappelle qu’il n’était pas seulement un élu, mais « avant tout un mari, un père, un beau-père, un grand-père, un homme aimant, attentif à sa famille, un homme qui savait écouter, conseiller et qui était à l’écoute de ses enfants et de ses proches. Il était un humaniste profondément attaché à Fontaine et à celles et ceux qui y vivaient. » Et Danielle Resta de conclure : « Aujourd’hui, nous voulons avoir une pensée pour toutes les personnes qui l’ont connu, qui ont travaillé avec lui, qui ont partagé ses combats, qui ont parfois discuté avec lui ou qui ont simplement croisé son chemin. »

La plaque en son honneur sur la place Louis-Maisonnat.

La matinée hommage s’est terminée par un buffet et des chants populaires et révolutionnaires (La Marseillaise, Le Chant des partisans, l’Internationale…) interprétés par Claude Belmudes. Parmi les nombreux présents, citons aussi Alfred Gryelec, ancien maire et conseiller général de Vizille, Yannick Boulard et Jean-Paul Trovero, anciens maires de Fontaine, Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère, Salavatore Origlio, ex-principal du collège Gérard-Philipe, Marie-Noëlle Batistel, députée de la quatrième circonscription, Guillaume Lissy, maire de Seyssinet et président de la Métropole, Mitra Rezai, élue à Saint-Martin‑d’Hères, ou encore Sylvette Rochas (Échirolles).

Yves Contreras, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Jadeau.

Vidéo hommage

La section PCF Fontaine rive gauche Vercors a produit une vidéo relatant l’hommage rendu à Louis Maisonnat : youtube.com/watch?v=7T45IVouvE4

Cet article Fontaine. Vibrant hommage à l’ancien maire PCF Louis Maisonnat, décédé il y a 40 ans est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 19.09.2026 à 06:14

Travailleur Alpin

Le soutien reçu dans les locaux du Secours populaire commence par un colis alimentaire et un bon accueil, sans jugement — même les personnes venant en voiture peuvent connaître un épisode de vie très compliqué. Nabil Chetouf, secrétaire général du Secours populaire de l’Isère, défend l’idée que « la misère n’appartient à personne », soulignant que nous avons très probablement, dans notre entourage, au moins une personne touchée. Plus de 20 000 personnes ont ainsi été aidées en Isère par les 3 980 bénévoles de l’association, durant la première moitié de l’année 2026.

Des chiffres qui correspondent aux impressions d’augmentation de besoins sur le terrain de la part des bénévoles. Et qui confirment les enseignements du vingtième sondage Ipsos/Secours populaire, centré cette année sur la précarité énergétique. D’après ce dernier, 40 % des Français actifs estiment que leur travail ne suffit plus et ne leur permet pas de couvrir l’ensemble de leurs dépenses (+10 points par rapport à 2025) tandis que 71 % des Français sont inquiets pour leur capacité à faire face à la hausse du carburant (+13 points).

Après avoir quitté son ancien siège de la rue des Trembles, le SPF 38 vient d’emménager dans son nouveau siège, rue des Alliés.

Le Secours populaire favorise l’entraide, l’émancipation et invite chacun·e à agir pour ne laisser personne au bord de la route. Illustration avec les mineur·es, qui représentent 38 % des bénéficiaires des aides fournies par l’association, selon Zoé Constantini, coordinatrice départementale ressources et communication. Des aides qui ont continué pendant l’été et qui s’étendent bien au-delà de simples colis alimentaires (accès aux droits, aux soins, à l’éducation, aux vacances…).

Un appel aux soutiens de toutes sortes

« La place des associations comme le Secours populaire français est irremplaçable. Elle ne doit ni être sous-estimée, ni instrumentalisée, ni affaiblie », indique le SPF 38. Nabil Chetouf rappelle ainsi que l’État ne pourrait pas faire face si toutes les associations arrêtaient leurs actions. Celles-ci ont donc besoin de soutien de la part des collectivités et de toutes les bonnes volontés.

Concernant le Secours populaire de l’Isère, le responsable associatif sollicite les bénévoles de tous profils. Qualités requises ? Le sens de l’accueil mais aussi la capacité à inspirer confiance aux bénéficiaires, afin que ceux-ci puissent s’ouvrir sur leur situation personnelle. Il lance également un appel pour des espaces de stockage — actuellement un « point noir » — dont les besoins sont de 1500 à 2000 m² pour l’Isère. Cependant il se gardera bien de communiquer leurs emplacements suite aux cambriolages dont ils ont malheureusement été la cible ces dernières années. On songe notamment à celui commis juste avant Noël en 2023, dans un de leur plus grand entrepôts, à Échirolles. Cambriolage qui leur a valu un préjudice de plusieurs centaines de milliers d’euros.

À l’intérieur du bâtiment.

Toujours au rayon des besoins, l’association lance également un appel pour remplacer l’un de ses véhicules, actuellement cassé. M. Chetouf souhaite par ailleurs étudier la possibilité de s’associer à des agriculteurs pour la collecte de denrées. Enfin, un repas de soutien sera organisé par le Secours populaire, au tarif de 250 euros, déductible d’impôts (soit 85 euros de la poche des contributeurs et contributrices après déduction).

Une précarité qui augmente partout en Europe

Dans un contexte où la précarité augmente, Nabil Chetouf note en tout cas une augmentation des tensions. Des personnes ne mangent ainsi qu’un repas par jour dans la septième puissance économique mondiale alors que les grandes fortunes professionnelles françaises ont vu leur patrimoine multiplié par 6,6 entre 2005 et 2025.

Le constat de l’installation de la précarité n’est malheureusement pas meilleur à l’échelle de l’Europe : presque trois Européen·es sur dix (29 %) se déclarent en situation de précarité et 24 % peinent également à se chauffer suffisamment, selon le baromètre Ipsos/Secours populaire.

Chez nos voisins, 72 % des Allemands estiment qu’il sera plus difficile pour les prochaines générations de trouver un emploi stable (12 % de plus qu’en 2025). Ce qui laisse des personnes avec des salaires insuffisants pour maintenir une situation de vie stable, d’après Der Paritätische, partenaire allemand du Secours populaire. De leur côté, 62% des Italiens déclarent se sentir isolés socialement (+10% par rapport à 2025). L’une des raisons poussant Arci, partenaire italien du Secours populaire, à organiser des fêtes ouvertes à tous sur des places publiques.

Heureusement, face à cette situation, 57 % des Européens se disent aujourd’hui prêts à s’engager bénévolement dans une association. La solidarité sera peut-être notre notre alliée face aux difficultés et aux défis de taille que rencontre notre société.

Cet article Grenoble. Le Secours populaire lance sa campagne « pauvreté — précarité » est apparu en premier sur Travailleur alpin.