Publié le 07.09.2026 à 15:51
Travailleur Alpin
Une étude menée sur près de trois millions d’enfants scolarisés en France entre 2018 et 2022 révèle que filles et garçons ont les mêmes performances en mathématiques à l’entrée au CP, mais qu’un écart se creuse dès le CE1 en faveur des garçons. Catherine Thevenot précise : « Cet écart est observé sur l’ensemble du territoire français, indépendamment du milieu socioéconomique, quel que soit le type d’écoles ou de pédagogies. Aucun lien n’étant établi entre facteurs biologiques et compétences mathématiques, ce sont très probablement des facteurs sociétaux qui sont responsables de cet écart de performances. »
Le facteur prédominant d’explication de l’infériorité des filles en mathématiques sont des stéréotypes de genre véhiculés par la société, l’école et les familles. « Les parents ont tendance à accorder une importance plus grande aux mathématiques dans le parcours éducatif de leurs fils, matière clef pour leur réussite future. Ils attribuent à un travail assidu et constant la réussite de leurs filles en maths et la réussite de leurs fils à un talent naturel. Les parents sont plus enclins à pratiquer avec les garçons des jeux liés aux maths comme des jeux de dés ou de comptage. Ils s’engagent aussi plus souvent dans des explications et des discussions de phénomènes scientifiques. Les garçons acquièrent ainsi une familiarité et une aisance qui renforcent leur confiance et leur auto-efficacité en maths. À l’école les enseignants ne sont pas à l’abri de biais de leur perception des compétences mathématiques des élèves en fonction de leur genre. Les garçons reçoivent souvent des encouragements plus spécifiques, ou des commentaires plus constructifs que les filles. Des stéréotypes de genre de la part des conseillers d’orientation pourraient biaiser leurs recommandations en orientant davantage les filles vers des carrières liées aux soins ou aux disciplines non scientifiques. »
Ce stéréotype de la réussite en maths fréquemment perçue comme typiquement masculine, bien que remis en question par la recherche scientifique, influence les comportements, choix et performances des filles en maths. Elles intériorisent l’idée qu’elles sont moins fortes que les garçons. Catherine Thevenot évoque les conséquences de cette intériorisation : « Il existe un lien direct entre les croyances sur ses propres compétences dans un domaine et les performances dans ce domaine, au-delà des compétences réelles des individus. Cela freine forcément les ambitions des filles dans les carrières scientifiques. Cela engendre une certaine anxiété vis-à-vis de cette discipline. »
À performance égale les statistiques révèlent que les femmes sont moins représentées dans les filières académiques Science, Technologie, Ingéniérie et Mathématiques : autour de 30% en classes préparatoires scientifiques ou en écoles d’ingénieurs, 12% à l’X (École polytechnique) et 15% à l’École centrale, puis moins de 20% des postes de chargées de recherche et moins de 10% des postes de professeures de mathématiques fondamentales ! Parmi les équivalents du prix Nobel, qui n’existe pas pour les mathématiques, la médaille Fields, décernée tous les quatre ans depuis 1936, a récompensé deux femmes sur l’ensemble des 80 lauréats : l’Iranienne Maryam Mirzakhani et l’Ukrainienne Maryna Viazovska. Le prix Abel, décerné annuellement depuis 2001 a récompensé une seule femme : l’Américaine Karen Uhlenbeck.
La lutte contre les stéréotypes réside dans une meilleure information des familles, des enseignants et bien sûr des enfants dès le plus jeune âge.
Catherine Thevenot a donné une conférence « Non, vous n’avez pas toujours été nuls en maths » dans le cadre du cycle « 1 heure de psy », proposé par Laurent Bègue-Shankland, professeur de psychologie sociale et directeur de la Maison des sciences de l’homme, en partenariat avec la bibliothèque de Grenoble. Elle est l’autrice de Des Mythes en Maths : brisons nos préjugés sur les mathématiques paru en 2025 aux éditions Tom Pousse.
Alain Allosio
Je dédie cet article à la mémoire de notre amie Claudine Kahane, grande scientifique astrophysicienne : que les étoiles lui soient douces !
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Publié le 04.09.2026 à 16:39
Manuel Pavard
« Il n’y aura pas de dépôt de plainte de la Ville », a assuré Laurence Ruffin, lundi 31 août, en marge de son bilan des cent premiers jours du mandat. Propos confirmés dans un communiqué diffusé ce mercredi 2 septembre : « Non, la Ville de Grenoble ne veut pas criminaliser ni freiner l’élan de solidarité porté par les Grenoblois-es. »
La mise au point de la maire de Grenoble était particulièrement attendue par l’intercollectif des écoles occupées, qui ne cachait pas son inquiétude ces dernières semaines. Au point de convoquer la presse, ce lundi soir, devant l’hôtel de ville, afin d’interpeller publiquement la mairie, accusée d’avoir, au début de l’été, « effectué un virage à 180° par rapport à la position de la municipalité Piolle concernant les occupations d’écoles ».
Laurence Ruffin a assuré qu’aucune plainte ne serait déposée contre le collectif et les familles occupant les écoles, lors d’un point presse sur ses 100 premiers jours, le 31 août, à la MDH centre-ville.Depuis le début, à la rentrée 2022, des occupations visant à mettre à l’abri des familles avec enfants à la rue, la municipalité avait toujours manifesté un « soutien tacite » envers ce mouvement, de l’aveu même des militants. Lesquels réservaient l’essentiel de leurs flèches à l’État et au Département de l’Isère, maintenant un dialogue quasi constant avec les élus et services municipaux, malgré quelques désaccords. Un équilibre qui a pourtant failli voler en éclats.
En cause, une réunion organisée en juillet avec les représentant·es du collectif et de la Ville. Étaient présents Chloé Pantel, adjointe à l’action sociale et la grande précarité, Léonie Marcoux, adjointe aux écoles, ainsi que des dirigeants et techniciens du CCAS de Grenoble. « On a été surpris car le ton était hyper agressif de leur côté », raconte Laure, membre du collectif RESF de l’école Malherbe et de l’intercollectif des écoles occupées.
Pire, la militante évoque même des menaces et intimidations de la part d’une élue : « Dans la conversation, elle nous a dit que la Ville se réservait le droit de porter plainte si les occupations se poursuivaient durant l’été ou à la rentrée. On nous a même reproché d’inciter certaines familles à refuser les hébergements proposés. Mais ça n’a jamais été notre ligne de conduite », s’insurge-t-elle.
Les membres de l’intercollectif des écoles occupées et leurs soutiens rassemblés sur les marches de la mairie, le 31 août au soir.Le collectif a également interrogé les élues sur le sort des familles accueillies depuis le début des vacances estivales dans les hébergements d’urgence temporaires gérés par la mairie et le CCAS. Avec une date limite fixée au 15 septembre. « On leur a demandé ce qui était prévu après. Leur réponse ? ‘On ne sait pas’ ! », s’étonne Laure. Relancée à ce sujet durant la réunion, « la Ville a dit qu’il s’agissait simplement d’une plainte contre X, pour se couvrir », ajoute-t-elle.
« La mise à l’abri dans les écoles, si elle peut permettre d’éviter de passer la nuit dehors, ne peut pas devenir un mode d’hébergement pérenne pour pallier les manquements de l’État et du Département. »
L’explication est loin de satisfaire les militants. « Une plainte contre X, contrairement à ce qu’indique Mme Pantel, n’est pas un simple acte administratif : une fois déposée, la plainte échappe au plaignant puisque le parquet (ministère de la Justice) s’en saisit et décide des poursuites et des moyens à allouer à l’enquête », souligne ainsi l’association Droit au logement (DAL 38) sur les réseaux sociaux. « Dans ce cadre, familles sans-abri comme collectifs peuvent tout à fait être inquiétés, convoqués, gardés à vue, poursuivis, mis en examen, condamnés, etc. »
Quelques heures après cette publication, postée mercredi 2 septembre au matin, Laurence Ruffin a donc tenu à clarifier la situation et rassurer les organisations — dont le DAL — membres de l’intercollectif des écoles occupées. Néanmoins, le communiqué répète ce qu’avait déjà dit l’édile quarante-huit heures plus tôt : « La mise à l’abri dans les écoles, si elle peut permettre d’éviter de passer la nuit dehors, ne peut pas devenir un mode d’hébergement pérenne pour pallier les manquements de l’État et du Département. »
Illustration, « en juillet 2026, 16 ménages, soit 65 personnes dont 46 enfants, étaient encore présents dans les écoles. Seuls quatre ménages ont eu accès aux places d’hébergement de l’État et au logement, douze ont été pris en charge par la Ville », compare cette dernière. Au total, depuis septembre 2022, « plus de 400 personnes ont trouvé refuge dans les écoles » grenobloises, indique la mairie. In fine, la majorité d’entre elles ont pu bénéficier, au cours de l’année scolaire ou à la veille des vacances d’été, d’une place dans le dispositif d’hébergement d’urgence du CCAS.
L’école Malherbe a été occupée à plusieurs reprises depuis septembre 2022.Problème : celui-ci étant aujourd’hui saturé, « la durée de mise à l’abri dans les écoles augmente de façon inquiétante », observe la Ville de Grenoble. Et ce, « à la fois pour les familles, qui voient des situations temporaires se pérenniser, sans possibilité de cuisiner ni de se laver, et pour toute la communauté éducative, affectée par les situations des familles et amenée à adapter la vie de l’établissement ».
« Trois cent quarante places d’hébergement d’urgence sont financées et gérées en propre par la Ville de Grenoble et son CCAS. »
Plus globalement, la municipalité accuse l’État et le Département de ne pas assumer leurs responsabilités respectives en matière d’hébergement d’urgence et de protection des mineurs. Moyens dédiés insuffisants, « durcissement des textes et des pratiques préfectorales » sur l’accès aux titres de séjour… Un sombre tableau aux conséquences dramatiques pour les sans-logis. Ainsi, « en Isère, seulement 5 % de la demande qui s’exprime auprès du SIAO se voit proposer une solution d’hébergement », déplore la mairie.
Celle-ci vante en comparaison son engagement : « 340 places d’hébergement d’urgence sont financées et gérées en propre par la Ville de Grenoble et son CCAS, ainsi que 25 places supplémentaires créées en 2026 pour répondre aux besoins exprimés par l’occupation du siège de la Métropole. » Elle affirme réaliser « un tour de force budgétaire en maintenant un budget de 1,8 million d’euros dédié à la maraude sociale et à l’hébergement d’urgence, dans un contexte où la contraction des dotations de l’État aux collectivités oblige à des choix de priorisation budgétaire drastiques ».
Dans un tel contexte, la Ville prône une stratégie en trois points complémentaires. D’abord interpeller à nouveau et sans relâche l’État et le Département à propos de leurs compétences non assumées. Ce qui passera par « des démarches administratives et juridiques pour enjoindre l’État à jouer son rôle et pouvoir engager de nouveaux recours indemnitaires ». Ensuite, un travail de prévention pour identifier « en amont » les situations des familles et enfants en difficulté, « en lien avec les travailleurs sociaux, les agent-es de la Ville, les collectifs de parents et d’enseignant-es ». Objectif : « éviter la mise à l’abri systématique dans les écoles ». Troisième volet, rechercher « de nouvelles solutions pour offrir une solution digne d’hébergement ou de logement à chacune et chacun, sans dévoyer l’usage des bâtiments scolaires ».
L’école Ferdinand-Buisson occupée pour mettre à l’abri une famille, en février 2024, dans le quartier de la Capuche.Sur ce dernier point, l’intercollectif des écoles occupées a tenté en vain de contacter la mairie durant l’été, pour obtenir des éclaircissements sur la réunion houleuse de juillet. « On n’a jamais eu de réponse », regrette Laure. Jusqu’à ce lundi 31 août : « Ils nous ont envoyé un mail à 18h12, douze minutes après le début de notre conférence de presse, pour nous proposer de travailler ensemble et de fixer une date de rencontre avec d’autres associations, comme l’Apardap, la Cimade… »
Le rendez-vous devrait se tenir vers la fin septembre. Mais d’ici là, il faudra régler une question, et pas des moindres : quid des « neuf familles ayant un hébergement temporaire jusqu’au 15 septembre » ? Les militants préviennent : « On ne pense pas que la Ville les remettra dehors, sans solution. Mais si jamais c’était le cas, on n’hésitera pas à les remettre à l’abri dans les écoles. »
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Publié le 03.09.2026 à 01:45
Manuel Pavard
L’ironie de la situation n’a pas échappé aux principaux concernés. Officiellement, « Bienvenue en France » est une stratégie gouvernementale lancée en 2018 pour attirer 500 000 étudiants internationaux d’ici 2027. Mais dans les faits, ce plan bien mal-nommé risque au contraire de « fermer les portes de l’enseignement supérieur public à des milliers de jeunes », fustige Alara, étudiante […]
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Publié le 02.09.2026 à 13:24
Manuel Pavard
Mi-juillet, Laurence Ruffin, élue officiellement maire de Grenoble lors du conseil municipal du 27 mars, dépassait la barre des cent premiers jours du mandat. Un cap symbolique mais pas seulement. Car durant la campagne, l’édile avait pris un certain nombre d’engagements sur les actions réalisables dans les semaines suivant son élection, plus particulièrement dans ce laps de temps précis. Une première séquence chargée de donner le ton et poser les bases de la politique municipale.
Laurence Ruffin se félicite des actions entreprises depuis le début de son mandat, lundi 31 août, à la MDH centre-ville.À la veille de la rentrée, Laurence Ruffin a donc convoqué la presse à la Maison des habitants centre-ville, rue du Vieux-Temple, afin de faire le bilan de ces cent jours, aux côtés d’Isabelle Peters, adjointe à la mémoire et à l’international, et Vincent Berlandis, adjoint à la coopération, à la fabrique citoyenne de la ville et la transformation de l’action publique. L’occasion de détailler les réalisations articulées autour du triptyque « coopérer, protéger et inventer ». Trois piliers qui, selon la maire, guident et guideront l’intégralité de son mandat.
Le premier d’entre eux vise à développer « la proximité et l’écoute envers les habitants ». Exemple, l’ouverture des portes de la mairie, le 20 juin dernier. L’objectif était de « décloisonner, changer les relations entre l’institution et les habitants, en instaurant un dialogue permanent », explique Vincent Berlandis. C’est également dans ce cadre que la nouvelle équipe municipale a réuni le 21 mai, au Palais des sports, les agents de la ville et du CCAS, pour un temps d’échange et de présentation. De même, une quarantaine d’habitants ont participé, le 7 juillet, à l’hôtel de ville, à un atelier sur le fonctionnement du budget municipal.
Toujours dans cette même logique, la ville de Grenoble a aussi lancé « l’expérimentation des maisons du quotidien », poursuit l’élu. Il s’agit d’une « unité mobile, adossée aux maisons des habitants », qui mettra en lien citoyens, associations, bailleurs sociaux… « Par exemple pour organiser des visites thématiques de quartiers ou identifier les difficultés rencontrées dans l’espace public », précise-t-il. Le lancement du dispositif est prévu vers la fin septembre dans le centre-ville, avant une généralisation progressive aux autres secteurs en 2027. « C’est la première brique de proximité du dispositif d’interpellation. » Vincent Berlandis évoque en outre le comité de pilotage sur l’épargne citoyenne, projet que souhaite développer la mairie. Laquelle rencontre actuellement des collectivités, des acteurs de la finance solidaires et des plateformes nationales et internationales.
L’axe « coopérer » concerne enfin les actions menées par la municipalité dans le domaine de l’international et de l’hospitalité. Isabelle Peters cite ainsi « le réseau Anvita (Association nationale des villes et territoires accueillants) que Grenoble a contribué à créer et dont Laurence Ruffin a pris la coprésidence », aux côtés du député européen Damien Carême. La ville de Grenoble va par ailleurs accompagner la tournée de projections du film Welcome to Europe, sur les parcours migratoires, « qui permettra de lancer le débat avec le grand public et les réalisateurs ».
La coopération avec le procureur de la République Étienne Manteaux et la police nationale est citée en exemple par la mairie.Parmi les actions entreprises, certaines se situent au carrefour de plusieurs des piliers précités, à l’image de la politique de sécurité et de prévention. Celle-ci concerne en effet la coopération, la municipalité agissant en « lien étroit » avec le procureur de la République, la préfète de l’Isère et la police nationale. Mais aussi la protection, à savoir « la question de vivre en sécurité dans la ville », souligne Laurence Ruffin. La maire vante « le gros travail effectué depuis le début du mandat, avec notamment le lancement du GLTD (Groupe local de traitement de la délinquance) à Hoche, sous l’impulsion du procureur, ou le recrutement de cinquante policiers municipaux ». Une mobilisation qui s’est traduite aussi par ses « deux rencontres avec Laurent Nuñez et Sébastien Lecornu ». Sans oublier le volet prévention, avec le recrutement de nouveaux médiateurs et médiatrices.
Plusieurs mesures ont été prises dans le cadre du deuxième pilier mis en avant par Laurence Ruffin, « une ville qui protège et améliore le quotidien ». La ville apporte ainsi « un soutien poussé aux personnes en grande précarité, notamment aux familles monoparentales, qui représentent 35 % des familles à Grenoble et dont 60 % sont en-dessous du seuil de bas revenus », indique Isabelle Peters. D’où la nouvelle tarification sociale baptisée « coup de pouce famille monoparentale », qui permet une réduction des tarifs de restauration scolaire et d’accueil périscolaire du soir. Autre aide apportée aux familles monoparentales, la priorité dans les demandes d’entrée en crèche : une vingtaine de familles supplémentaires en ont bénéficié lors de la commission d’admission de juillet.
L’élue communiste loue également la mise en place des « ordonnances vertes » à destination des femmes enceintes. « Le dispositif prévoit des ateliers autour de l’alimentation, des perturbateurs endocriniens, et une distribution de paniers de fruits et légumes bio », détaille-t-elle. Le tout grâce à « un partenariat entre la ville, la CPAM, la CAF, le département, l’AGECSA et les professionnels de santé ». Objectif : favoriser une alimentation saine et accessible pendant la grossesse. L’expérimentation sera menée sur le secteur 6 pendant cinq mois, puis généralisée en cas de succès.
La ville de Grenoble a mis en place un projet d’accès à la montagne pour 390 jeunes Grenoblois.Isabelle Peters mentionne enfin le projet « Jeunes en montagne » lancé par la ville de Grenoble, afin de faciliter l’accès des jeunes Grenoblois et Grenobloises aux massifs alpins qui les entourent. Grâce à ce dispositif doté d’un budget de 24 000 euros, « 390 jeunes ont pu partir en immersion à la montagne cette année, avec des nuitées dans des refuges, dans des gîtes ou en bivouac ; certains dans le cadre scolaire, d’autres issus d’associations socioculturelles », se félicite l’adjointe.
« On a la volonté que, même l’été, Grenoble soit agréable à vivre. »
Le troisième pilier, « inventer », est lié aux solutions que Grenoble doit imaginer et mettre en œuvre pour « préparer l’avenir, dans une ville particulièrement touchée par le réchauffement climatique », rappelle Laurence Ruffin. « On a la volonté que, même l’été, Grenoble soit agréable à vivre. » Ce qui suppose de s’attaquer aux « vraies inégalités » existant entre les habitants, sur le fait de partir en vacances ou non, de vivre dans un logement isolé ou dans une passoire thermique, de disposer d’une terrasse, d’un jardin ou d’habiter un logement sans balcon, etc.
Les inégalités entre logements face au réchauffement climatique, un défi pour la municipalité.L’anticipation du changement climatique se traduit à la fois par des politiques d’atténuation et d’adaptation, toutes étant indispensables. Les élu·es citent ainsi la mobilisation du CCAS, qui a créé une équipe citoyenne dédiée à la « vigilance canicule », mêlant bénévoles et agents volontaires du CCAS. L’objectif est de renforcer la veille auprès des publics les plus sensibles aux fortes chaleurs, en particulier les personnes âgées isolées.
La question de l’accès à l’eau est elle aussi prioritaire, comme en témoigne l’ouverture élargie de la piscine Jean-Bron, 220 jours par an. Ceci pour « augmenter l’offre de nage et renforcer l’apprentissage de la natation, notamment pour les enfants scolarisés », justifie Isabelle Peters. Plus de baignade donc, mais aussi plus d’espaces verts. La ville a ainsi tenu son engagement : « aujourd’hui, chaque Grenoblois dispose d’un parc ou espace vert à moins de cinq minutes à pied de chez lui », affirme la majorité. Illustration : le nouveau square Lilian-Dejean inauguré en mai dernier, rue Mallifaud, ou l’extension du parc Flaubert.
La lutte contre le réchauffement climatique se décline également dans la réhabilitation des écoles, avec de plus en plus de cours végétalisées, à l’instar de l’école des Trembles dont les élèves ont beaucoup mieux supporté la canicule. « Il reste encore un grand nombre d’écoles à végétaliser », reconnaît néanmoins Vincent Berlandis, qui évoque l’ambition de la mairie consistant à « permettre aux Grenoblois d’utiliser les cours d’école pendant les vacances ». L’élu et sa consœur Isabelle Peters n’oublient pas non plus l’ouverture et l’inauguration festive de la cour Perret, qui a rouvert ses portes début juillet, ou encore la transformation de l’accueil du Museum.
Au final, assure Laurence Ruffin, « on a réalisé quasiment tous nos engagements des cent jours ». Reste notamment la baignade dans l’Isère, prévue initialement le 30 août et in fine reportée au 12 septembre. Un simple « décalage », promet la maire, saluant le travail effectué pour garantir les conditions d’une baignade en sécurité. Autre sujet encore en cours, celui concernant l’hébergement, dont le nombre de places a augmenté. « Un travail sur la vacance des bâtiments » est actuellement mené, confie l’édile. Ce qui doit conduire au lancement effectif des brigades de réquisition, à l’automne prochain.
La maire et ses deux adjoint·es se sont également projetés vers les prochains mois du mandat.Vincent Berlandis le concède toutefois, « les politiques publiques prennent du temps et ce n’est pas en cent jours qu’on peut transformer une ville ». Cela se déroule « sur le temps long » en effet. Et « maintenant s’ouvre une autre période qui va aboutir au plan de mandat », abonde Laurence Ruffin. Une feuille de route qui permettra de poursuivre et déployer les expérimentations : développement des maisons du quotidien, nouvelles séances du budget communal dans les quartiers, poursuite des actions de fraîcheur, renouvellement des séjours montagne, développement de l’offre de piscine, soutien aux familles monoparentales, mobilisation du patrimoine existant…
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Publié le 27.08.2026 à 17:11
Luc Renaud
Daniel Maron s’est éteint dans la nuit du 24 au 25 août dernier. Né le 17 juillet 1940, il venait d’avoir 86 ans.
« Homme de lettres », comme il aimait à se définir, Daniel Maron a effectué sa carrière professionnelle comme facteur, à Vienne. C’est à la retraite qu’il avait rejoint Lens-Lestang, près de Beaurepaire.
Daniel Maron était un militant communiste de toujours. Il avait rejoint le parti après son passage sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie. Parti auquel il est toujours resté fidèle, à Vienne puis Beaurepaire, en portant ses couleurs lors de différents scrutins électoraux, en exerçant des responsabilités au niveau local et départemental et en n’hésitant jamais à mettre les mains à la pâte, que ce soit à la fête du Travailleur alpin, à la foire de Beaucroissant ou lors des fêtes et initiatives dont il était souvent l’organisateur. Un engagement qui le rendait toujours disponible pour « donner la main », par exemple lors de la création du potager solidaire de Beaurepaire et de son épicerie.
Toutes activités que devaient pourtant s’interrompre, sans qu’il fût possible d’y déroger, lors du Tournoi des cinq nations – six aujourd’hui. Car Daniel Maron était un amoureux du rugby, qu’il pratiqua, et portait haut « la mauvaise foi du supporter » devant les matchs de l’équipe de France. Ses amis n’ignoraient rien de cette passion : pour son 70e anniversaire, ils s’étaient tous habillés en vert : le cadeau, c’était un billet pour Dublin où il put assister à un match du tournoi.
Un engagement politique indéfectible, le rugby, mais aussi la pêche à la truite dans les rivières du pays roussillonais ou les lacs de montagne, ces grands « moments de convivialité » comme on dit aujourd’hui : tout cela « ne pouvait exister qu’en s’appuyant sur une amitié sincère, solide, qui a soudé notre groupe au fil des années, là où le mot fraternité a pris tout son sens », écrivent ses amis en lui rendant hommage.
À sa compagne, Christiane, à sa famille, à ses proches et à ses amis, la rédaction du Travailleur alpin présente ses sincères condoléances.
Les obsèques de Daniel Maron auront lieu le mercredi 2 septembre à 9h30 au crématorium de Beaurepaire.

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Publié le 27.08.2026 à 15:49
Travailleur Alpin
Ce 26 août, des inondations dévastatrices ont ravagé le Népal laissant derrière elles des centaines de victimes, de blessés et de personnes disparues. Des milliers de familles, mais aussi des touristes se retrouvent aujourd’hui sans ressources, privés de logement et confrontés à une situation d’urgence.
Face à cette tragédie, le Secours populaire français lance un appel à la solidarité. L’association appelle aux dons financiers pour donner à son partenaire népalais et son réseau d’associations partenaires en Asie du Sud-Est les moyens d’agir afin d’accompagner les personnes sinistrées pour faire face aux besoins immédiats, comme dans la durée.
Depuis le séisme qui a dévasté le Népal en 2015, le Secours populaire français soutient son partenaire népalais, expérimenté et engagé auprès des populations les plus vulnérables, et compte également sur son réseau en Asie du Sud-Est et en Indonésie.
Les dons financiers peuvent être envoyés au 8 rue des Peupliers, 38100 Grenoble. Préciser « Fonds d’urgence ». Dons également possibles sur https://www.secourspopulaire.fr/38/don/
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Publié le 26.08.2026 à 17:07
Manuel Pavard
Plus de 220 000 personnes évacuées, quelque 240 habitations détruites, quatre sapeurs-pompiers décédés et des centaines d’autres blessés… Les terribles incendies survenus durant l’été en Gironde, dans les Landes, mais aussi dans le Var, à Fontainebleau ou dans la Drôme, laissent derrière eux un lourd bilan. Et des images imprimées sur les rétines de millions de Français. « L’opinion publique a pris conscience de certaines choses. Il y a quand même eu 183 maisons brûlées au Porge… En France », s’émeut Adrien Guerre, sapeur-pompier professionnel (SPP), sergent-chef à Saint-Martin-d’Hères et représentant du personnel CGT.
L’impressionnant incendie qui a ravagé plus de 42 000 hectares en Gironde doit entraîner une vraie prise de conscience de la part des pouvoirs publics, espèrent les sapeurs-pompiers. © SDIS 33 / Instagram (capture d’écran)Pour lui comme pour la quasi-totalité de ses collègues, « les méga-feux de l’été ont fait office de déclencheur et de révélateur », mettant en lumière « un manque criant de moyens et de financement ». Pourtant, « le sujet est sur la table depuis 2022 », rappelle-t-il. Il s’agissait déjà d’incendies en Gironde, à l’époque. Et l’intersyndicale avait déjà alerté le ministre. Mais « les promesses étaient restées lettre morte », déplore Adrien Guerre. Pire, « la situation s’est depuis aggravée dans le pays et les moyens alloués aux SDIS n’augmentent pas alors que les réalités du terrain le justifieraient ». Un chiffre ? « Depuis 2015, on a mille engins feux de forêt en moins sur l’ensemble du territoire », illustre le pompier martinérois.
Évoquant également le « point de rupture » de l’été 2026, les organisations syndicales du SDIS de l’Isère (CGT, Syndicat autonome SPP-PATS 38, Avenir secours, Sud SPP-PATS 38) partagent ce constat d’une situation « devenue intenable » pour les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels administratifs, techniques et spécialises (PATS). Réunies en intersyndicale, elles ont donc adressé une lettre ouverte aux parlementaires de l’Isère, datée du mercredi 19 août.
L’heure n’est plus aux discussions mais à l’action. Car aujourd’hui, « [leur] colère dépasse le stade de l’alerte ». Une colère qui est « le résultat de décennies de sous-investissement, d’arbitrages budgétaires défavorables et d’un désengagement progressif de l’État envers la sécurité civile. L’écart entre les discours officiels et la réalité du terrain n’a jamais été aussi profond », soulignent les syndicats. Lesquels ne demandent « pas de compassion » mais exigent « des décisions politiques et législatives à la hauteur des enjeux ».
Quid des revendications des sapeurs-pompiers ? Adrien Guerre résume les trois principales. Tout d’abord, des financements d’urgence et pérenne afin de « mieux financer les SDIS », selon le représentant CGT, qui vise à la fois l’État et le département de l’Isère. Ensuite, lancer un plan national de recrutement, aussi bien des sapeurs-pompiers professionnels que des effectifs administratifs, techniques et spécialisés. Pour l’Isère, l’intersyndicale estime ainsi « les besoins à 150 SPP et 50 PATS ».
Les sapeurs-pompiers de l’Isère lors d’une opération de sensibilisation auprès des habitants de la Villeneuve, en janvier 2025.« On manque de pompiers professionnels », confirme Adrien Guerre qui, outre le recrutement, insiste sur la nécessité de « former correctement » les futurs soldats du feu. On l’a vu en effet ces dernières semaines, à chaque fois, « la lutte contre les feux de forêt repose sur le volontariat ». D’ailleurs, « si on convertissait en équivalent temps plein le travail non salarié des volontaires, cela reviendrait à embaucher 23 000 professionnels sur le territoire », explique-t-il.
Le militant syndical évoque enfin la santé des sapeurs-pompiers, sujet « longtemps tabou » selon lui. Face aux incendies, « l’inhalation de particules de carbone et de fumées toxiques est cancérigène, pourtant on a très peu de protections », s’indigne celui qui se souvient avoir combattu, par le passé, « deux feux de forêt avec des simples cagoules, en respirant de la fumée H24 ». De fait, la majorité des SDIS ne disposent pas des cagoules filtrantes efficaces contre les fines particules, mais au coût élevé.
Dans leur lettre ouverte, les syndicats du SDIS 38 réclament donc le « déploiement d’équipements de protection de nouvelle génération contre les risques toxiques et cancérigènes liés notamment aux feux d’espaces naturels ». Sans oublier la « reconnaissance effective des pathologies professionnelles auxquelles sont exposés les agents ». On pense aux cancers (poumon, foie, vessie…) mais également aux problèmes psychiatriques, à l’instar du trouble de stress post-traumatique (TSPT), souvent sous-estimé. « On a tous dans nos connaissances un ou deux collègues qui souffrent de stress lié aux interventions », affirme Adrien Guerre.
Ces différentes propositions, auxquelles s’ajoutent d’autres revendications comme la prise en compte de la pénibilité pour la retraite, la modernisation des filières, le recentrage sur les missions essentielles ou la revalorisation salariale, « s’adressent aux parlementaires et à Laurent Nuñez », indique le sapeur-pompier isérois. L’intersyndicale du SDIS 38 appellent en effet les députés et sénateurs locaux à intervenir auprès du gouvernement — et notamment du ministre de l’Intérieur — pour porter leurs demandes.
Les camions des pompiers investiront les rues de Paris du 26 au 29 septembre.Quant au contexte, celui-ci ne doit rien au hasard, à l’approche du coup d’envoi de la campagne présidentielle et à quelques semaines de la présentation du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile, prévue le 8 septembre. Cela intervient surtout à un mois d’une mobilisation nationale « d’une ampleur inédite », à laquelle se joindra le SDIS de l’Isère. À partir du 26 septembre, des sapeurs-pompiers professionnels et personnels administratifs venus de toute la France occuperont ainsi la place de la République, à Paris, durant quatre jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Avec en point d’orgue, une manifestation que l’intersyndicale nationale espère « historique », le 29 septembre, dans les rues de la capitale.
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