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Le Grand Continent - Groupe d'Etudes Géopolitiques

08.04.2026 à 11:22

Cessez-le feu : 8 des 10 points proposés par Téhéran donneraient à l’Iran une position plus favorable qu’avant la guerre

Matheo Malik

Hier soir, l’Iran et les États-Unis ont accepté un cessez-le-feu et l’ouverture de négociations sur la base d’une liste d’exigences hautement défavorables à Washington — et que la Maison-Blanche a contesté un jour après leur publication.

Si elles étaient effectivement mises en œuvre, elles placeraient Téhéran dans une position bien plus forte que celle qu’il avait à la veille de l’attaque du 28 février.

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Texte intégral (1956 mots)

Donald Trump a accepté comme « base » de la négociation 10 points communiqués par la partie iranienne par l’entremise du Pakistan avec la médiation indirecte de la Chine.

Dans un communiqué sur Truth Social, le président des États-Unis en effet annoncé qu’il avait « retenu » hier soir les forces dévastatrices qu’il s’était promis de déployer contre l’Iran et que le régime avait accepté un cessez-le-feu de deux semaines au cours desquelles les deux parties allaient travailler à rouvrir le détroit d’Ormuz.

Parallèlement, Téhéran étudierait toujours la proposition américaine en 15 points, qui inclurait notamment un engagement de l’Iran à ne pas se doter de l’arme nucléaire, la remise de ses stocks d’uranium hautement enrichi, des limitations de ses capacités balistiques, la fin de son soutien aux groupes alliés dans la région et la réouverture du détroit d’Ormuz.

Dans la région, la nouvelle est accueillie avec soulagement et circonspection. Si Benjamin Netanyahou a officiellement soutenu cette trêve, Israël a précisé qu’elle ne s’appliquait pas à ses actions au Liban contre le Hezbollah. Dans le Golfe, cette décision a été saluée mais les pays membres du Conseil de coopération du Golfe ont adopté une position de retenue.

La liste que nous traduisons ci-dessous est celle communiquée par l’agence de presse iranienne Fars News Agency. À la suite de l’annonce de Trump mentionnant le plan en 10 points, le ministre des Affaires étrangères iranien a à son tour confirmé qu’ils étaient pour l’Iran la condition du cessez-le-feu et la base de toute négociation. Ces dix points, les communications de la partie iranienne et les premiers éléments de mise en œuvre du cessez-le-feu — notamment l’annonce selon laquelle, aux termes de l’arrangement, l’Iran et Oman percevraient une taxe sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz — laissent en effet planer de sérieux doutes sur sa viabilité. Ces demandes restent dans la droite ligne des volontés maximalistes de la République islamique et constitueraient, dans l’hypothèse peu probable où ils étaient tous mis en œuvre, une victoire stratégique massive pour l’Iran.

Si l’on compare en effet la liste des exigences iraniennes avec la situation d’avant-guerre, 80 % de ces demandes, si elles étaient acceptées, mettraient Téhéran dans une meilleure situation géopolitique qu’avant le 28 février 2026.

À titre de comparaison, les points de la médiation pakistano-chinoise en faveur d’un cessez-le-feu « élargi » ne se retrouvent quasiment pas dans les demandes de Téhéran, qui, pour son plan de cessez-le-feu, ne mentionne d’ailleurs nullement la perspective d’une paix future mais seulement des engagements de non-agression — étendus, même, à Israël (point 9).

Après la menace de Trump de « rayer de la carte toute la civilisation iranienne », il y avait trois scénarios possibles : l’Iran reculerait ; l’Iran ne reculerait pas, mais Trump ferait marche arrière ; ou l’Iran ne reculerait pas et Trump mettrait sa menace à exécution. Le cessez-le-feu semble se situer entre les scénarios 1 et 2, et chaque partie le présente désormais comme une concession de l’autre.

Mais le risque d’une future escalade n’est pas pour autant écarté : l’Iran pourrait en effet conclure que la menace proférée hier par Trump n’avait pas de base matérielle réelle. Le fait que les États-Unis acceptent de discuter à partir des demandes maximalistes de Téhéran, ainsi que l’intention de l’Iran d’imposer une taxe pour le passage dans le détroit d’Ormuz, pourraient rendre la position du régime plus intransigeante encore — ce qui augmenterait le risque d’une reprise de la guerre.

Un haut responsable israélien a déclaré hier soir que le cessez-le-feu avait été coordonné à l’avance avec Israël et que Téhéran avait accepté de rouvrir le détroit d’Ormuz sans que ses exigences ne soient acceptées au préalable : « L’Iran a reculé sur ses exigences et a cédé à la demande d’ouvrir le détroit. » Il a ajouté que l’administration Trump avait assuré qu’elle insisterait lors des négociations sur des points d’intérêt commun : le retrait de l’uranium enrichi à 60 % du territoire iranien, la fin de l’enrichissement d’uranium par Téhéran et l’élimination de la menace que représentent les programmes balistiques.

1 — Cessation complète de toute agression contre l’Iran et les groupes de résistance alliés.

Avant la guerre ouverte le 28 février, l’Iran avait déjà été attaqué directement par les États-Unis en juin 2025. Israël, avec l’appui des États-Unis, continuait à cibler les proxies iraniens dans la région. À la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu par Trump, le Premier ministre israélien a d’ailleurs précisé que celui-ci ne s’appliquait pas aux actions menées par Israël sur le territoire libanais contre le Hezbollah, affaibli par la campagne israélienne mais toujours directement soutenu et commandé par Téhéran.

2 — Retrait des forces de combat américaines de la région, interdiction de toute attaque contre l’Iran depuis des bases, et refus d’adopter des postures de combat.

La présence militaire américaine dans le Golfe est l’une des plus importantes au monde. Ce point est cohérent avec la position de la République islamique vis-à-vis des pays du Golfe depuis le début de la guerre — c’était l’objet du premier message public diffusé par le nouveau Guide Suprême Mojtaba Khamenei. Un retrait total des États-Unis de la région n’a cependant jamais été réellement évoqué auparavant et constituerait une victoire stratégique nette pour Téhéran.

3 — Limitation du passage quotidien des navires à travers le détroit d’Ormuz pendant deux semaines, dans le cadre du protocole de passage sécurisé, sous la supervision et selon les règles spécifiques de ce pays.

Aux termes de ces demandes, le détroit d’Ormuz ne serait donc pas ouvert mais directement contrôlé par Téhéran, ce qui constituerait, là encore, une situation nouvelle par rapport à l’avant-guerre. Dans sa publication sur Truth Social a pourtant conditionné le cessez-le-feu à l’« OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE » du détroit d’Ormuz.

Quelques heures après l’annonce, l’agence iranienne Tasnim déclarait que les passages dans le détroit seraient même conditionnés au paiement d’une taxe aux pays riverains du cours d’eau : l’Iran et Oman.

4 — Levée de toutes les sanctions primaires, secondaires et onusiennes.

Le régime iranien est sous sanction des États-Unis — à des degrés plus ou moins importants — depuis sa création en 1979.

5 — Compensation des pertes iraniennes par la création d’un fonds d’investissement et financier.

Il s’agirait d’un élément nouveau, consécutif aux destructions causées par les frappes israélo-américaines contre l’Iran, clairement à l’avantage de Téhéran puisqu’aucune réciprocité n’est mentionnée — même si, en comparaison, les pertes matérielles américaines sont très faibles. Fait notable, les 10 points iraniens ne mentionnent nulle part une garantie et des réparations spécifiques contre les infrastructures, notamment énergétiques.

6 — Engagement de l’Iran à ne pas fabriquer d’armes nucléaires.

Il s’agit d’un point qui serait également présent dans les 15 points américains. Toutefois, il ne constituerait pas une avancée nouvelle : le régime joue sur l’ambiguïté en s’interdisant déjà formellement, par le biais d’une fatwa du Guide Suprême de construire des armes nucléaires.

7 — Reconnaissance par les États-Unis du droit de l’Iran à enrichir l’uranium et négociation sur le niveau d’enrichissement.

La question de l’enrichissement de l’uranium est particulièrement délicate : lors des négociations à Genève qui ont eu lieu avant le 28 février, les États-Unis ont demandé à Téhéran de renoncer à tout enrichissement, en échange de quoi Washington a promis de fournir gratuitement du combustible nucléaire pour toute la durée de vie de leur programme nucléaire civil. Cette offre a été refusée par les négociateurs iraniens.

8 — Accord de l’Iran pour négocier des traités de paix bilatéraux et multilatéraux avec les pays de la région, conformément à ses intérêts.

L’une des demandes américaines avant le début de la guerre, le 28 février, était que l’Iran cesse de soutenir ses proxies dans la région. À Genève, Téhéran avait refusé de discuter de limitations de son programme de missiles balistiques ou de mettre fin à son soutien à ses alliés dans la région, notamment le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, les milices en Irak et les Houthis au Yémen.

9 — Extension d’un engagement de non-agression à tous les agresseurs vis-à-vis de l’ensemble des groupes de résistance.

Il s’agit d’un point en partie redondant avec le premier. Mais — parce qu’il vise implicitement et sans le nommer Israël — c’est aussi l’un de ceux qui rend en pratique inacceptable ces demandes : en pratique, cela impliquerait que Washington se porte garant qu’Israël n’attaque aucun groupe menaçant sa sécurité. Formulé de manière détournée, Téhéran demande en fait un renversement d’alliances.

10 — Abrogation de toutes les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique et du Conseil de sécurité des Nations unies, et ratification de l’ensemble des engagements dans une résolution officielle des Nations unies.

Là encore, un engagement rétroactif et total des agences onusiennes constituerait pour Téhéran une victoire stratégique — et lui laisserait de facto les mains libres pour poursuivre ses activités de recherche et de développement de technologies nucléaires.

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07.04.2026 à 18:44

La nouvelle architecture de sécurité du Golfe : une perspective irano-émiratie pour l’après-guerre

Matheo Malik

« Une civilisation entière va mourir ce soir » : Donald Trump ne menace pas seulement l’Iran — il tend un piège aux pays du Golfe pour les forcer à sortir de la diplomatie.

Mais il pourrait en être autrement.

Nous publions la première proposition conjointe portée par un Iranien et un Émirati pour penser le cadre de l’après-guerre.

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Texte intégral (1932 mots)

Au-delà de la tragédie humaine, les attaques américano-israéliennes contre l’Iran et les frappes iraniennes visant les États du Golfe qui se poursuivent sans relâche depuis le 28 février 2026 ont mis brutalement en évidence une absence : le Golfe n’avait, fondamentalement, aucune architecture de sécurité.

Le semblant d’ordre qui existait avant le déclenchement de cette guerre reposait sur une polarisation de la perception de la sécurité et des menaces par les différents États de la région. D’un côté la menace iranienne contre le Conseil de coopération du Golfe et de l’autre la menace états-unienne découlant de la présence de Washington dans la région dictaient un équilibre fragile qui reposait sur la dissuasion, la protection extérieure et une diplomatie ponctuelle et discrète entre l’Iran et les États arabes.

Cet équilibre a fait long feu.

La menace n’est plus seulement perçue : toutes les rives du Golfe sont désormais en feu. 

La question n’est plus de savoir si un nouveau cadre de sécurité régionale est nécessaire, mais qui en seront les acteurs, comment ils interagiront entre eux, et si cette nouvelle architecture pourrait être purement régionale — ou si elle devrait s’étendre.

Rétablir la confiance — et la dissuasion

Les attaques iraniennes ont provoqué une rupture profonde dans les relations de Téhéran avec les États arabes de l’autre côté du Golfe et ont sapé la confiance prudente qui avait commencé à s’instaurer grâce à la diplomatie régionale au cours des cinq dernières années. Reconstruire cette confiance sera difficile et prendra du temps. Quelle que soit la configuration politique qui émergera à Téhéran après la guerre, le rétablissement des relations avec les États du Golfe deviendra nécessairement l’une des priorités les plus importantes de la politique étrangère de tout futur gouvernement iranien — même si c’est une considération que les nouveaux dirigeants de la République islamique ont pour l’instant mis de côté.

Avant guerre, les discussions d’experts sur l’avenir de l’architecture de sécurité régionale dans le Golfe — auxquelles nous prenions part — se concentraient pour l’essentiel sur la nouvelle matrice de sécurité nationale englobant les domaines de l’énergie, de l’alimentation, de la santé et de la sécurité environnementale. 

Toutes les rives du Golfe sont désormais en feu. La question n’est plus de savoir si un nouveau cadre de sécurité régionale est nécessaire, mais qui en seront les acteurs.

Mehran Haghirian et Mohammed Baharoon

La guerre qui a commencé le 28 février imposera un réexamen encore plus large des dispositifs de sécurité du Golfe. Et ce nouveau cadre d’analyse ne portera pas seulement sur la capacité à repousser les attaques : il devra également aborder la question de la dissuasion elle-même. 

L’une des conséquences possibles de ce nouveau paradigme serait d’obliger le Golfe à devenir une région hautement sécurisée.

Le Conseil de coopération du Golfe s’engagera ainsi inévitablement dans une coordination de la sécurité collective à court terme, ce qui pourrait inclure la mise en commun des stocks d’intercepteurs, l’investissement dans des systèmes de défense aérienne de nouvelle génération, le renforcement des mécanismes de communication de crise ou la mise en place d’arrangements de sécurité calqués sur le modèle des mécanismes de l’OTAN. 

Ces efforts deviendront probablement un élément central de la trajectoire de la région dans un avenir proche, notamment dans le cadre de l’élargissement des liens militaires avec un ensemble de pays qui ont prouvé qu’ils étaient des partenaires fiables. 

Au-delà du Golfe : géopolitique des grandes coalitions

Cependant, contrairement à ce à quoi l’on aurait pu s’attendre, la reprise des discussions sur une alliance stratégique au Moyen-Orient réunissant les États du Golfe, Israël et les États-Unis pourrait ne pas être une conséquence automatique de la guerre.

Si les attaques iraniennes auraient pu accélérer un tel rapprochement. Mais c’est une option que les pays du Golfe ont pour l’instant repoussée et qu’ils pourraient continuer d’éviter dans la mesure où elle les placerait dans un état de guerre permanent avec un voisin régional. Les États du CCG sont tout aussi préoccupés par la République islamique que par Israël leurs ambitions régionales respectives — car les deux puissances ont montré que l’action militaire brutale était leur moyen privilégié de résolution des différends. À l’inverse, la tradition de patience et de retenue stratégique du Conseil de coopération du Golfe fait qu’il ne considère pas que la puissance militaire seule mène à la stabilité.

Au Moyen-Orient, un nouvel ordre, même après cette guerre, ne signifierait pas non plus un retrait total des États-Unis. Cela ne signifierait pas non plus, pour ceux qui entretiennent des liens avec Israël, un renversement complet de cette relation. 

Il s’agira plutôt d’un ajustement minutieux visant à mettre en place une architecture de sécurité qui non seulement renforce l’autonomie de chaque État mais qui tienne également compte de leur réseau complexe de liens et d’intérêts géopolitiques. 

Dans le même temps, la guerre a mis en évidence à quel point la sécurité et la stabilité du Golfe sont étroitement liées aux intérêts stratégiques mondiaux : tout futur cadre régional impliquera très certainement des acteurs extérieurs dont la présence économique et militaire dans la région est déjà profondément ancrée.  

Le rôle de la Chine en tant que grand importateur d’énergie du Golfe, acteur clef des réseaux commerciaux mondiaux et garant de la détente négociée entre l’Iran et l’Arabie saoudite, garantit que Pékin a un intérêt direct à préserver les voies maritimes, les infrastructures énergétiques et la stabilité politique dans la région. L’Union européenne et le Royaume-Uni ont également renforcé leur engagement stratégique et économique dans la région. La Russie, qui a déjà présenté des propositions en faveur d’un cadre de sécurité collective au Conseil de sécurité des Nations unies, pourrait chercher à s’impliquer à nouveau à mesure que les débats sur la sécurité régionale évoluent. L’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil et d’autres pays ont également des intérêts croissants dans la stabilité du Golfe.

Un nouvel ordre au Moyen-Orient, même après cette guerre, ne signifierait pas un retrait total des États-Unis.

Mehran Haghirian et Mohammed Baharoon

La réponse diplomatique à l’attaque de l’Iran contre les États membres du Conseil de coopération du Golfe a été mondiale — notamment avec la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant que l’Iran mette fin à ses attaques, qui a été coparrainée par 135 pays. Cette résolution ouvre la voie à une réaction mondiale qui commence déjà à se manifester dans les discussions visant à former une alliance ou un consortium pour maintenir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.

De tels cadres pourraient s’apparenter à des initiatives similaires à la coalition mondiale de la guerre contre le terrorisme — ce qui aggravera la polarisation militaire dans la région et enfermera les deux rives du Golfe dans une animosité à long terme qui conduira très certainement à davantage d’instabilité, de chaos et de répercussions mondiales. 

Ce que la guerre a mis en évidence, ce n’est pas seulement la vulnérabilité militaire : elle a révélé les limites de la dissuasion et de la diplomatie, ainsi que la fragilité de l’approvisionnement alimentaire, des systèmes de dessalement de l’eau, de l’espace aérien, du transport maritime, de la logistique, des infrastructures numériques, de la fiabilité bancaire et du tourisme. Une résolution diplomatique du conflit pourrait aboutir à la création des fondements d’un cadre de sécurité inclusif, réaliste et ancré dans la coopération régionale. La première étape consiste toutefois à mieux comprendre les objectifs, et non les moyens. 

Les fins plutôt que les moyens

Les propositions antérieures en matière de dialogue, de coopération et de sécurité régionale ont toutes été écartées car jugées insuffisantes.

L’Iran avait proposé l’« Initiative de paix d’Ormuz ». La Russie a réitéré à plusieurs reprises son idée de sécurité collective. La Chine a avancé l’idée de transformer la région en une « oasis de sécurité ». Le Conseil de coopération du Golfe lui-même avait présenté la « Vision du CCG pour la sécurité régionale en 2024 » qui demeure à ce jour l’articulation la plus complète pour une coopération dans la région. Si aucune de ces propositions n’a suscité suffisamment d’intérêt à l’époque, toutes reflétaient la reconnaissance du caractère inadéquat de l’ordre existant. Il n’y a jamais eu d’effort collectif sérieux pour le remplacer. La guerre impose désormais un changement de cap.

Avant qu’une désescalade significative puisse avoir lieu, une nouvelle base de référence devra être établie. 

Les lignes rouges d’hier ont désormais été franchies. 

La région a besoin d’une vision collective de la sécurité qui ne repose pas sur un consensus politique, mais sur des intérêts nationaux qui se recoupent. 

Sans cela, toute désescalade ou résolution diplomatique du conflit ne fera que retarder la résurgence des tensions ou de la guerre, sans résoudre les problèmes qui sont désormais remontés à la surface. 

La dissuasion ne sera pas uniquement d’ordre militaire. Elle devra reposer sur un réseau d’intérêts qui constituent des lignes de survie pour la région et sur la prise de conscience que celles-ci — à l’instar du détroit d’Ormuz — sont également des artères vitales pour le monde entier. 

Sous le feu des missiles et des drones, il est difficile de voir ces discussions avancer aujourd’hui.

Mais les moyens ont finalement peu d’importance : seuls les fins doivent guider notre chemin vers l’avenir.

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07.04.2026 à 06:00

Le blocage d’Ormuz peut-il provoquer une famine ? Anatomie d’un choc systémique

guillaumer

Après plus d'un mois de blocage du détroit, l'Afrique bientôt à cours d'engrais se prépare à affronter une crise alimentaire massive.

Face au choc d’Ormuz, cette faille structurelle pourrait devenir un risque global.

Dans une étude fouillée, Augustin Grandgeorge esquisse trois scénarios pour sortir de l'impasse.

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Texte intégral (4087 mots)

La fermeture presque complète du détroit d’Ormuz a déclenché une crise violente au sein des chaînes d’approvisionnement agricoles mondiales. Le choc logistique initial s’est transformé en un problème structurel plus inquiétant : non pas un blocage temporaire, mais une réorganisation des droits d’accès maritimes — avec des implications potentiellement permanentes pour la sécurité alimentaire mondiale 92.

Les conséquences pour les récoltes africaines de 2026 sont en grande partie déjà irréversibles. Face à cette situation, une réponse internationale coordonnée s’impose d’urgence. 

La dislocation des chaînes d’approvisionnement mondiales

Le blocus d’Ormuz a provoqué l’arrêt de l’une des artères maritimes les plus stratégiques de la planète.

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, le transit quotidien moyen dans le détroit est passé de 129 navires en février à seulement 4 le 7 mars 93 — soit une baisse de plus de 96 % par rapport au flux normal. Fin mars, le volume de trafic en tonnage avait reculé de 85 %.

Le détroit semble surtout avoir changé de propriétaire.

L’Iran l’utilise désormais comme un corridor à péage sélectif, avec un droit de veto, facturant 2 millions de dollars par navire, payables en yuans. La conséquence pratique est une hiérarchisation délibérée des marchandises autorisées. Le pétrole transite et génère des revenus pour les Gardiens de la révolution, mais non les engrais. Aucun navire transportant ces derniers n’a en effet reçu d’autorisation. Cette différence de traitement est stratégiquement importante, car elle signifie qu’une désescalade militaire partielle ne restaurera pas automatiquement les flux d’engrais.

Ainsi, au 26 mars, environ 400 navires attendaient l’autorisation des Gardiens de la Révolution pour entrer dans le golfe Persique. Le port de Jebel Ali, hub mondial de transbordement des Émirats arabes unis, n’est plus opérationnel. Au-delà de la question de l’accès, les dommages logistiques sont aggravés par l’action des mécanismes de marché : la capacité de fret est réallouée de manière active vers le pétrole et le GNL, qui sont bien plus rémunérateurs, évinçant systématiquement les produits agricoles 94 ; les primes d’assurance contre le risque de guerre se sont stabilisées à dix fois leur niveau d’avant la crise ; Maersk et CMA-CGM maintiennent la suspension de leurs réservations dans le Golfe ; surtout, contrairement à la crise de la mer Rouge en 2024, il n’existe pas d’option de réacheminement comparable pour les cargaisons en provenance du Golfe, car le détroit en verrouille sa sortie.

La déstabilisation du marché des engrais

Dans le secteur agricole, la conséquence la plus importante de la crise touche le marché des engrais, pour lequel le détroit d’Ormuz constitue un point de passage irremplaçable. Environ 30 à 35 % du commerce mondial d’engrais par voie maritime transitent par ce détroit, dont environ un tiers de l’urée mondiale.

Au 11 mars, 23 navires chargés d’engrais étaient bloqués dans le Golfe, immobilisant ainsi environ 1,1 million de tonnes de stock 95.

La réaction des prix a été rapide et sévère. Le prix de l’urée est passé d’environ 490 dollars la tonne avant la crise à 750 dollars le 24 mars. Cette hausse est directement alimentée par l’arrêt des exportations de GNL qatari, car le gaz naturel représente jusqu’à 80 % des coûts de production de l’ammoniac. Selon Rabobank, 44 % des exportations mondiales d’urée et 47 % du soufre (essentiel pour les engrais phosphatés) seraient désormais menacées.

Le blocage des engrais à Ormuz risque de provoquer une crise alimentaire mondiale.

Le Brésil, immense puissance agricole, achète un cinquième de ses engrais dans le Golfe ; les modélisations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estiment que les producteurs céréaliers latino-américains pourraient voir leurs revenus baisser de plus de 7 % en 2026, ce qui aurait des conséquences directes sur les prix alimentaires mondiaux 96.

Si le blocus empêche la commercialisation des engrais en provenance des pays du Golfe, la production de ces engrais dans d’autres pays est également touchée par la crise. La hausse des coûts du gaz a ainsi provoqué des fermetures partielles ou des réductions de production dans des usines d’engrais en Inde, en Malaisie et au Bangladesh. Dans ce dernier pays, ces fermetures et réductions surviennent alors que commence la saison du riz Boro — qui représente plus de la moitié de la production céréalière annuelle du pays. Les producteurs européens d’engrais sont également confrontés à une compression de leurs marges.

Les effets se répercutent sur les engrais phosphatés, qui ne dépendent pas du gaz comme matière première mais sont exposés à l’explosion des coûts de l’énergie et des transports. Le groupe marocain OCP, premier exportateur de phosphates au monde, dépend des importations de soufre et d’ammoniac en provenance du Golfe pour transformer son phosphate brut en engrais. Cet exemple illustre le fait que le blocus contraint non seulement l’approvisionnement extérieur de l’Afrique, mais aussi sa capacité de production propre.

Aucun mécanisme international coordonné n’a été conçu pour répondre aux chocs d’approvisionnement en intrants agricoles.

Augustin Grandgeorge

La vulnérabilité des différents pays du monde est d’autant plus grande qu’il n’existe pas de réserves stratégiques d’engrais azotés — contrairement au pétrole pour lequel des stocks sont constitués par l’AIE et les différents États. Il n’existe pas non plus d’architecture de réponse internationale coordonnée équivalente à celle qui existe pour l’énergie.

Le choc se transmet donc immédiatement et sans amortissement aux décisions agricoles sur le terrain. Ce risque n’a jamais pu être pallié par la communauté internationale.

L’Afrique est l’épicentre de la crise

Le continent africain se trouve à la confluence d’un choc des prix et d’un calendrier agricole critique 97. Les conséquences pour 2026 sont déjà en grande partie irréversibles.

L’Afrique subsaharienne importe en moyenne 19 % de ses engrais du Moyen-Orient, certains États étant bien plus exposés que d’autres : le Soudan en importe 54 %, la Tanzanie 31 %, la  Somalie 30 % et le Kenya 26 %. La crise a précisément frappé pendant la période d’achat des intrants pour les principales saisons agricoles de la région, c’est-à-dire les semis de juin-juillet en Afrique de l’Ouest (Nigeria, Sahel) et la saison Meher 98 de juin-août dans la Corne de l’Afrique. Au Kenya et en Tanzanie, les grandes pluies ont déjà commencé et le maïs doit être semé dès maintenant.

Le préjudice économique subi par les agriculteurs opère donc par un double mécanisme. D’une part, le coût de l’urée par rapport au prix du maïs a plus que doublé, ce qui dissuade les agriculteurs d’utiliser des engrais, effet aggravé par une baisse préexistante de 25 % de la consommation d’engrais à la suite des crises ukrainienne et du Covid. Dans le même temps, les agriculteurs du Kenya et de Tanzanie sont confrontés à un second choc : la perturbation logistique a réduit leur capacité d’exportation, abaissant les revenus ruraux au moment même où les coûts des intrants augmentent de beaucoup. Cette double pression — hausse des coûts, baisse des revenus — érode simultanément la capacité productive et la résilience des ménages.

En combinant ces différents effets, les projections prévoient un effondrement potentiel des rendements céréaliers pouvant atteindre 50 % dans les principales régions africaines pour la saison qui s’ouvre. Selon La FAO, l’absence d’engrais azotés réduira les rendements du maïs de plus de 40 %. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la conséquence humanitaire la plus directe de cette crise est l’exposition de 45 millions de personnes supplémentaires à une insécurité alimentaire aiguë 99.

La fenêtre d’action est courte. Au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, les semis débutent en juin. Compte tenu des délais incompressibles d’acheminement maritime, portuaire et terrestre — soit cinq à six semaines entre le départ d’un port alternatif et l’arrivée dans les exploitations de l’intérieur —, le 15 mai est la dernière date à laquelle des engrais peuvent être chargés sur un bateau pour espérer arriver à temps. Au-delà, la saison 2026 est perdue, quels que soient les moyens mobilisés.

Une attention particulière doit être portée aux pays enclavés. En effet, pour le Sahel, la République centrafricaine ou le Malawi, la flambée des prix du diesel rend déjà le coût du transport de la nourriture et des intrants prohibitif. Les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires desservant ces pays doivent donc être traitées comme un corridor prioritaire.

La démonstration politique est simple : il est moins coûteux et plus rapide d’agir maintenant que de gérer une famine.

Augustin Grandgeorge

«  Sans engrais aujourd’hui, nous aurons la faim demain 100 »

Après un mois de fermeture du détroit d’Ormuz, la communauté internationale a commencé à réagir.

Le 26 mars dernier, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a nommé un envoyé spécial chargé de négocier la reprise des flux d’engrais à travers le détroit — sur le modèle de l’accord céréalier de la mer Noire conclu en 2022. Dans un communiqué signé par plusieurs figures internationales 101, l’International Crisis Group a soutenu l’initiative et souligné qu’elle servirait à la fois les intérêts états-uniens et iraniens, ce qui pourrait être un premier pas vers la paix. Le plan prévoit l’établissement d’un centre de coordination à Oman pour vérifier les cargaisons et prévenir les attaques contre les navires commerciaux 102.

L’Iran a accepté d’entamer des négociations, mais de nombreux obstacles demeurent : les sanctions contre le pays compliquent toute transaction commerciale entre celui-ci et les entreprises occidentales ; la vérification des cargaisons à grande échelle sera lente ; enfin, la question de l’escorte navale des navires reste en suspens. Sur ce dernier sujet, si une proposition de résolution a été faite par Bahreïn au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie et la Chine pourraient y opposer leur veto.

Le mécanisme existe en théorie, mais il n’est pas certain qu’il fonctionne en pratique. Pour l’instant, le détroit reste fermé et le temps presse.

En tout état de cause, la communauté internationale est confrontée à un choix immédiat et binaire, défini par une échéance impérative : comme évoqué précédemment, la date du 15 mai est la dernière à laquelle des engrais peuvent être chargés à bord d’un navire à temps.

Les Nations unies estiment qu’un programme d’urgence de subvention des engrais — incluant approvisionnement, transport et distribution aux agriculteurs africains en 60 jours — coûterait plusieurs milliards de dollars. La seconde option serait une opération d’aide alimentaire à grande échelle qui débuterait fin 2026, au fur et à mesure que les récoltes sous-fertilisées échoueraient. Les coûts humain, financier et politique de ce programme dépasseraient de loin ceux de l’action préventive, et ses effets en termes de malnutrition, de déplacements et de mortalité seraient profonds et durables.

Sortir de la crise : trois scénarios

On peut d’ores et déjà commencer à imaginer quelques scénarios, qui peuvent servir d’aide à la décision.

Scénario 1 — Une désescalade avant mi-avril

Si le conflit se calme rapidement, les prix mondiaux des engrais devraient se stabiliser et les retards logistiques commencer à se résorber.

Les décisions de renoncer aux engrais ont déjà été prises dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest et de la Corne de l’Afrique. Si le plan du secrétaire général des Nations unies est couronné de succès, une réouverture rapide accélérerait la reprise pour la saison 2027. Cependant, les dommages causés aux cultures ne seraient pas réversibles pour le cycle en cours : des millions d’agriculteurs connaîtront des pertes de rendement, un effondrement des revenus et des revers nutritionnels pour l’année 2026.

Scénario 2 — Un blocus prolongé et une réponse internationale coordonnée avant mi-avril 

Si le conflit persiste au-delà des prochaines semaines, la communauté internationale devrait financer d’urgence un programme d’approvisionnement en engrais ciblant les agriculteurs africains. Il nécessiterait de mobiliser des fournisseurs alternatifs — Nigeria et Algérie pour l’urée, Maroc pour les phosphates, ainsi que des producteurs nord-américains et est-européens —, de sécuriser des corridors logistiques de substitution, et de coordonner la FAO, le PAM, les donateurs et les gouvernements. Ces efforts devront être menés à une vitesse que le système multilatéral a rarement atteinte.

Les efforts du PAM pour réacheminer les engrais via les corridors de la Turquie et du Pakistan offrent un soulagement partiel mais ne peuvent se substituer aux circuits traditionnels. L’économiste en chef de la FAO, Maximo Torero, a appelé le FMI à rouvrir d’urgence son soutien aux pays vulnérables pour les importations d’engrais.

Il convient également de signaler un risque aggravant : la tentation, pour les pays producteurs d’engrais, de restreindre leurs exportations pour protéger leur propre marché intérieur.

Ce réflexe protectionniste qui semble défensif serait en réalité dévastateur : en 2022, des restrictions similaires sur les exportations de céréales avaient transformé une pénurie régionale en crise alimentaire mondiale. Appliquer la même logique aux engrais aujourd’hui produirait les mêmes effets. L’économiste en chef de la FAO Maximo Torero a explicitement mis en garde contre ce scénario et a appelé le G20 à le prévenir par une coordination préalable.

Il faut également garder à l’esprit une condition politique : tout programme d’urgence devra être conçu avec les gouvernements africains et les institutions régionales, et non simplement pour eux. Les pays africains n’ont sans doute pas été suffisamment associés à la Food and Agriculture Resilience Mission (FARM) de 2022. Cette fois, un pays africain pourrait prendre la tête de l’initiative à venir. Le continent a déjà démontré sa capacité d’action en la matière par le passé : lorsque les prix des engrais et des denrées alimentaires ont flambé après l’invasion russe de l’Ukraine, les institutions africaines ont mobilisé d’importantes ressources financières et institutionnelles — notamment via la Banque africaine de développement — pour soutenir leurs agriculteurs.

Cette capacité existe toujours. Ce que les gouvernements africains — qui devront faire preuve de solidarité budgétaire interne — demanderont à la communauté internationale ; ce n’est pas qu’elle se substitue à leurs propres actions, mais qu’elle les soutienne.

La démonstration politique est simple : il est moins coûteux et plus rapide d’agir maintenant que de gérer une famine.

Les conséquences du blocage d’Ormuz pour les récoltes africaines de 2026 sont en grande partie déjà irréversibles.

Augustin Grandgeorge

Scénario 3 — Un blocus prolongé et une réponse tardive ou insuffisante

Ce scénario est celui par défaut si les choses continuent au rythme actuel.

Les récoltes céréalières en Afrique de l’Ouest et dans la Corne de l’Afrique pour le second semestre 2026 seraient alors gravement compromises, avec des conséquences en cascade : insécurité alimentaire aiguë pour des dizaines de millions de personnes, famine localisée dans des zones déjà fragiles (Sahel, Somalie, Soudan), et déstabilisation politique accélérée dans des États déjà sous pression. Le coût dépasserait de loin celui d’une intervention rapide.

Les leçons d’Ormuz : réduire la dépendance agroalimentaire

Quelle que soit l’issue militaire immédiate du conflit, le blocus d’Ormuz a mis en évidence une lacune fondamentale dans l’architecture de la sécurité alimentaire mondiale.

Si l’Agence internationale de l’énergie tente de maîtriser les crises énergétiques, aucune institution similaire n’existe pour les engrais, pour lesquels aucune réserve stratégique n’est constituée. Plus généralement, aucun mécanisme international coordonné n’a été mis en place pour répondre aux chocs d’approvisionnement en intrants agricoles.

Remédier à ces vulnérabilités structurelles devrait désormais figurer à l’agenda diplomatique. L’invasion de l’Ukraine, à titre d’exemple, avait contribué à en porter d’autres à l’attention de la communauté internationale.

La crise plaide également avec force pour une accélération de la production d’engrais en Afrique et, plus largement, pour une véritable autonomie agroalimentaire africaine. Il ne s’agit pas d’atteindre l’autarcie, mais de se doter de la capacité à gérer ses dépendances et à absorber les chocs externes sans les subir.

En 2050, la population africaine devrait atteindre les 2,5 milliards. Le continent dispose des atouts nécessaires pour devenir l’une des grandes puissances agricoles durables du XXIe siècle : outre ses terres et ses ressources considérables pour l’agriculture, les grandes entreprises d’engrais OCP et Dangote y sont implantées. Pour y parvenir, il faudra néanmoins réaliser des investissements durables, intégrer les marchés de manière régionale et faire preuve d’une volonté politique que cette crise devrait enfin contribuer à cristalliser.

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