LePartisan.info

REVUES

Lien du flux RSS
Réveiller l'espoir en un monde plus beau, plus juste et plus vivable.

03.10.2026 à 11:20

Du côté de chez Swans et des adeptes du bruit blanc… 

L'Autre Quotidien
Avant de proférer “ quiet is the new loud” et révéler Devendra Banhart au monde, Michael Gira était/est/sera une expérimentateur sonore bruitiste (ou pas), immense provocateur et grand générateur d’univers sonores inconnus et foudroyants avec les Swans, son groupe depuis 1982. Côté bruit, on lui trouve de suite deux descendants notoires comme Sunn O))) et les Canadiens de Godspeed You! Black Emperor. Toujours incapable de définir sa musique , sinon par le fait qu’il s’immerge totalement dedans, les live de la période bruitiste ressortent : Newly Sentient Being ou deux heures et demie d’exemples…

Texte intégral (930 mots)

Avant de proférer “ quiet is the new loud” et révéler Devendra Banhart au monde, Michael Gira était/est/sera une expérimentateur sonore bruitiste (ou pas), immense provocateur et grand générateur d’univers sonores inconnus et foudroyants avec les Swans, son groupe depuis 1982. Côté bruit, on lui trouve de suite deux descendants notoires comme Sunn O))) et les Canadiens de Godspeed You! Black Emperor. Toujours incapable de définir sa musique , sinon par le fait qu’il s’immerge totalement dedans, les live de la période bruitiste ressortent : Newly Sentient Being ou deux heures et demie d’exemples…

Il y a des albums live qui immortalisent un groupe à un moment précis, et puis il y a ceux qui donnent l’impression de marquer la fin d’une époque entière. Newly Sentient Being appartient sans conteste à cette dernière catégorie. Capturant le dernier concert de l’ère gros son des Swans, cet opus monumental rassemble plus de deux heures et demie de musique qui sonnent moins comme un adieu que comme la dernière transmission en provenance d’une autre dimension.

Pendant quinze ans, Swans a développé un langage musical de plus en plus immense, fondé sur la répétition, le volume, la tension et la transcendance. Ce live clôt ce parcours en apothéose. La prestation oscille sans cesse entre des passages d’une beauté presque céleste et des éruptions sonores d’une brutalité physique, créant une atmosphère à la fois hypnotique, troublante et étrangement belle. Ce qui rend cet album particulièrement captivant, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’une rétrospective , car l’album contient une multitude de nouveaux morceaux qui n’ont jamais été enregistrés ailleurs, conférant à la prestation un sentiment de découverte alors même qu’elle marque la fin de ce chapitre particulier. Michael Gira et le groupe semblent complètement immergés dans la musique, laissant les morceaux s’étendre, muter et prendre progressivement vie. Au hasard, la définition du son, c’est rien que le voyage… 

La formation est redoutable : Norman Westberg, Michael Gira, Dana Schechter, Phil Puleo, Christopher Pravdica, Larry Mullins et Kristof Hahn. Ensemble, ils créent un son qui peut être à la fois monumental et profondément intime ; quand tout se combine pour former quelque chose qui s’apparente moins à du rock conventionnel qu’à un rituel se déroulant en temps réel. D’où l’intérêt ( et la prise de risque) du groupe en action.
Les Swans ont toujours compris le pouvoir de la patience. Leur musique repose sur l’accumulation : un riff répété jusqu’à devenir hypnotique, un rythme poussé jusqu’à devenir physique, un son progressivement transformé jusqu’à ce que sa forme d’origine disparaisse. Sur Newly Sentient Being, cette approche atteint une intensité assez paroxystique. La musique peut sembler à la fois oppressante et libératrice, oscillant entre obscurité et moments d’une clarté extraordinaire.

Bien plus qu’un ajout au formidable catalogue d’enregistrements live de Swans, ce live est un document monumental témoignant d’un groupe qui clôt l’un de ses chapitres créatifs les plus significatifs avec un engagement absolu. On ne ressent nullement l’impression d’un groupe se contentant de faire acte de présence ; au contraire, les Swans tirent leur révérence avec amour, férocité et une volonté presque téméraire de repousser les limites de leur musique; comme le prouve le DVD qui accompagne la sortie.
Un adieu magnifique et un nouveau rappel que, à leur apogée, les Swans n’ont jamais sonné comme n’importe qui d’autre. Cherchez bien… 

Jean-Pierre Simard, le 5/10/2026
Swans - New Sentient Being - Young Gods Records/ PIAS

03.10.2026 à 10:42

Chez Miyake, après Pleats Please voici Shell & Core

L'Autre Quotidien
Le Miyake Design Studio, fondé par Issey Miyake en 1970, dévoilait à l’occasion de la récente Design Week milanaise l’exposition « The Paper Log: Shell and Core ». Mené par Satoshi Kondo, directeur artistique et designer du studio, en collaboration avec l’agence d’architecture Ensamble Studio, ce projet expérimental explore les qualités formelles et matérielles d’un sous-produit issu de la fabrication des vêtements plissés. Ce travail s’articule en deux volets complémentaires : Shell (enveloppe), consacré à des objets de mémoire, et Core (noyau), un ensemble de prototypes de mobilier. À la croisée du design et de l’architecture, cette démarche repose avant tout sur la recherche et l’expérimentation.

Texte intégral (1249 mots)

Le Miyake Design Studio, fondé par Issey Miyake en 1970, dévoilait à l’occasion de la récente Design Week milanaise l’exposition « The Paper Log: Shell and Core ». Mené par Satoshi Kondo, directeur artistique et designer du studio, en collaboration avec l’agence d’architecture Ensamble Studio, ce projet expérimental explore les qualités formelles et matérielles d’un sous-produit issu de la fabrication des vêtements plissés. Ce travail s’articule en deux volets complémentaires : Shell (enveloppe), consacré à des objets de mémoire, et Core (noyau), un ensemble de prototypes de mobilier. À la croisée du design et de l’architecture, cette démarche repose avant tout sur la recherche et l’expérimentation.

© Issey Miyake Inc

CORE

La série Core explore le cœur compacté des rouleaux de papier, en proposant une série de prototypes de mobilier conçus à partir d’expérimentations directement menées sur la matière, sans dessin préalable. En raison de la forte capacité d’absorption du papier, certains rouleaux Paper Log sont plongés dans de la cire fondue ou enduits de colle afin de devenir rigides. D’autres sont assemblés et ficelés en faisceaux afin d’éprouver leur résistance structurelle. Ils sont ensuite sculptés, taillés ou déchirés à l’aide de différents outils, comme des ciseaux à bois, des haches japonaises, des scies sauteuses, des meuleuses électriques ou encore une découpe au jet d’eau. En raison du caractère aléatoire de la compression des feuilles dans les rouleaux, chaque prototype est une pièce unique aux qualités organiques. Les différentes couleurs des papiers créent, au moment des découpes, des dessins inattendus. Transformé en objet de design, le matériau devient un tabouret, un fauteuil, un banc, des briques ou une table dont les textures singulières rappellent à la fois le bois et la pierre. Cette approche simple et radicale révèle les qualités intrinsèques du matériau, sa densité comme sa résistance.

© Issey Miyake Inc

PAPER LOG

La collection Pleats Please, lancée en 1988 par Issey Miyake, est une ligne de vêtements plissés, simples et légers, conçus pour s’adapter au corps et au mouvement. Lors du passage des vêtements, déjà cousus, dans la machine à plisser, ceux-ci sont protégés par une fine feuille de papier. Pour faciliter son transport avant son élimination ou son recyclage, les feuilles sont mises en ballots de 80 cm de hauteur pour 40 cm de diamètre, d’où leur nom de Paper Log, qu’on peut traduire par « bûche de papier ». Pour Satoshi Kondo, elle devient le point de départ d’une exploration de nouvelles potentialités, au-delà d’une simple démarche de recyclage : « Le projet Paper Log vise à redonner de la valeur à ce qui était autrefois perçu comme secondaire ou périphérique, en l’observant sous un angle renouvelé, explique le designer. Cette démarche, qui réinvestit un sous-produit du processus de plissage, cherche à dépasser la logique du simple recyclage. Elle ambitionne de transformer une matière résiduelle en une source de simplicité et de poésie dans le quotidien, dans l’esprit même de ce qu’Issey Miyake avait imaginé en créant Pleats Please. »

JP Simard avec Miyake Design Studio le 5/10/2026
Miyake Design Studio - Shell & Core

03.10.2026 à 10:12

Les mandalas acryliques moléculaires de Mu Pan

L'Autre Quotidien
Pour l’artiste Mu Pan, le mandala est la source d’inspiration d’une série d’œuvres sur papier aux couleurs vives. Dans son exposition personnelle actuelle, Micro MUniverse, à la galerie Hashimoto Contemporary, l’artiste basé à Brooklyn compose des scènes narratives explosives et excentriques, rendues à ce que la galerie décrit comme « un niveau moléculaire ».

Texte intégral (2030 mots)

Pour l’artiste Mu Pan, le mandala est la source d’inspiration d’une série d’œuvres sur papier aux couleurs vives. Dans son exposition personnelle actuelle, Micro MUniverse, à la galerie Hashimoto Contemporary, l’artiste basé à Brooklyn compose des scènes narratives explosives et excentriques, rendues à ce que la galerie décrit comme « un niveau moléculaire ».

Mu pan - Pan 2

Dans la tradition bouddhiste, les mandalas sont des images de dévotion représentant l’univers ; leur géométrie précise et leurs motifs évoquent des royaumes sacrés et transmettent un sentiment d’ordre à travers des références symboliques aux éléments et à l’astrologie. Les moines bouddhistes tibétains créent minutieusement des mandalas colorés à base de sable dans le cadre de leur pratique de la pleine conscience. Une fois achevées, ces œuvres sont détruites de manière rituelle — le sable est traditionnellement rejeté dans un cours d’eau — afin d’illustrer l’impermanence et le caractère éphémère de la vie et du cosmos.

“4 Brutes” (2026), acrylic on wood panel, 20 x 24 inches

La collection s’inspire d’un adage bouddhiste chinois selon lequel une simple tasse d’eau contient d’innombrables formes de vie, et qu’il faut donc la consommer avec précaution. Mu plonge dans un univers de fantaisie et de symétrie, où animaux, humains et plantes se rencontrent et s’hybrident dans des configurations surréalistes. Certaines figures frôlent l’abstrait ; d’autres sont étranges, voire légèrement grotesques. Les personnages sont tour à tour extatiques, sournois et sereins : des squelettes aux ailes noires côtoient des êtres sublimes dans « 18 Angels », tandis qu’une scène dramatique mettant en scène des créatures des bois jaillit avec une touche divine dans « Burning Rabbit ».

“Burning Rabbit” (2026), acrylic on paper, 7 3/4 x 7 inches

La plupart des œuvres mesurent moins d’un pied de large, à l’exception d’une peinture sur panneau intitulée « 4 Brutes », qui mesure deux pieds de large. Les lignes, les formes et les expressions sont donc rendues avec un niveau de détail incroyable. L’artiste explique : « Je souhaite me concentrer sur le concept de la petitesse, car tout ce qui est petit recèle en réalité bien plus qu’il n’y paraît. Ainsi, chaque petite image est comme une goutte de sang, et chaque goutte de sang contient de multiples univers. »

“Deer” (2026), acrylic on paper, 15 x 10 3/4 inches

Micro MUniverse se tient jusqu’au 10 octobre à New York. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le compte Instagram de l’artiste.

Kate Mothes, le 5/10/2026 traduit par la rédaction
Mu Pan - Micro Muniverse

“Bear” (2026), acrylic on paper, 15 x 13 inches

⬅️ 3 / 20 ➡️

  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
✝ Période
 
  ARTS
Actualitté
Autre Quotidien (L')
Beaux Arts
Collateral
Recours au poème
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
Dans les algorithmes
Framablog
Goodtech.info
Libre à lire (April)
Quadrature du Net
Revue Eur. Médias et Numérique
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview