Publié le 20.03.2026 à 12:00
Luc Renaud
Les organisateurs rappellent la trop longue liste – non exhaustive – d’étrangers qui ont perdu la vie à la suite d’agressions criminelles. « À la mémoire d’Aboubacar Cissé, Malien, sans-papiers, musulman, tué dans une mosquée, nous luttons contre l’islamophobie et la négrophobie. À la mémoire de Djamel Bendjaballah, tué par un militant fasciste, nous nous opposons à la présence des fascistes dans nos quartiers. À la mémoire d’El-Hacen Diarra, Mauritanien, résident d’un foyer de travailleurs immigrés, tué par la police, nous exigeons vérité et justice pour tous les crimes policiers. À la mémoire de Mamadou Garanké Diallo, Guinéen, mort au large de Dunkerque en voulant traverser la Manche pour fuir une OQTF, nous revendiquons la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance des mineures isolées… »
En organisant cette manifestation dans le cadre d’un mouvement national, la Cisem appelle notamment à « se mobiliser pour faire obstacle aux rafles policières ; barrer la route au RN et à Reconquête et à tous les groupes fascistes ; s’opposer aux contrôles au faciès, aux armes et pratiques mortelles ; abolir le permis de tuer sur le refus d’obtempérer et la présomption de légitime défense pour la police ; obtenir le retrait des lois islamophobes, de la loi de 2004 dite « sur les signes religieux à l’école », à la loi « séparatisme » ; exiger la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineurs isolés, le renouvellement automatique des titres de séjour… » La Cisem demande à Grenoble « le relogement le plus rapide possible des occupants de la Métro et des écoles occupées » en rappelant que « le racisme passe aussi par l’appauvrissement et les politiques d’isolement social dont sont victimes les personnes sans-papiers ».
Sous le titre « Défendre les droits des migrants, c’est défendre l’ensemble du monde du travail ! », le PCF appelle également à cette manifestation.
Pour les communistes, « la stigmatisation de l’immigration est le moteur du processus de fascisation de la société, poussée par les médias de milliardaires comme ceux du groupe Bolloré ». Ce processus est mis en œuvre avec un objectif : « S’en prendre aux migrants, c’est servir l’agenda des tenants du capital, qui ont pour objectif l’intensification de l’exploitation du monde du travail. » De fait, « ce n’est pas et jamais été l’immigration en-soi qui fait pression sur les salaires des travailleurs, mais bien le fait de faire des travailleurs migrants des « sans droits ni titres » qu’il est possible d’exploiter sans limite. » Et « ce n’est pas un hasard si en Italie comme en France, on retrouve parmi les soutiens de l’extrême droite des franges du monde économique qui profitent allègrement du « travail dissimulé », exploitant des migrants traités en esclaves des temps modernes. » Une arme utilisée pour tirer tous les salaires et les conditions de travail vers le bas.
Le PCF insiste : « Notre camp social doit porter une parole forte. Une parole qui unifie, qui rassemble, autour d’un mot d’ordre clair : même travail, mêmes droits ! »
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Publié le 19.03.2026 à 19:40
Manuel Pavard
Dimanche 22 mars, les Grenoblois auront « le choix entre deux projets de société », résume Laurence Ruffin. « Le service public ou le modèle privé », selon Philippe Rio. « Le rejet de l’autre ou la main tendue », pour Guillaume Gontard. « Soit la première femme maire, soit le premier maire condamné », compare Cyrielle Chatelain. « Est-ce que vous voulez la honte ? Est-ce que vous voulez la fierté ? », demande François Ruffin au public.
Le public enthousiaste au Palais des sports.Intervenus à tour de rôle sur la scène du Palais des sports, ce mercredi 18 mars au soir, pour ce dernier grand meeting de la campagne municipale, les différents orateurs ont tous insisté sur ce point. Après la « fusion technique » entre la liste Oui Grenoble et celle de la France insoumise, le second tour donnera en effet lieu à un duel entre deux options antagonistes : Laurence Ruffin, candidate de l’union de la gauche, ou Alain Carignon, celui de LR mais aussi de l’union des droites.
La tête de liste de Oui Grenoble rappelle d’ailleurs que l’ancien maire, arrivé avec 0,7 % d’avance au premier tour, a « siphonné les voix de toute la droite, du macronisme jusqu’à l’extrême droite ». En face, une « gauche dispersée » mais néanmoins majoritaire : un peu plus de 58 % des suffrages en additionnant l’ensemble des listes. Une gauche qui a « su s’unir » en vingt-quatre heures, regroupant désormais quatorze partis — même si LFI n’entend pas faire partie d’une éventuelle majorité municipale. « Nous avons fait ici le Nouveau Front populaire grenoblois », se félicite ainsi Laurence Ruffin.
Laurence Ruffin entre Amandine Demore et Philippe Rio.La candidate se dit « fière de Grenoble, ville de la Résistance et compagnon de la Libération. C’est la ville du premier Planning familial, de la municipalisation de l’eau, de Mounier. Et c’est dans cette trajectoire qu’on s’inscrit aujourd’hui », explique-t-elle. « Grenoble inspire par son histoire, sa remise en question sans cesse, son municipalisme », abonde le maire PCF de Grigny (Essonne) Philippe Rio, président de la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens, citant lui aussi « la municipalisation de l’eau » et celle « du gaz », tout comme les « avancées écologiques et démocratiques ».
« Grenoble doit rester à gauche dimanche », implore l’édile francilien, réélu au premier tour, le 15 mars, pour un troisième mandat, et élu « meilleur maire du monde » en 2021, par la City Mayors Foundation, pour son action contre la pauvreté. Car, ajoute-t-il, « les élections municipales vont donner une tonalité à ce qui va se passer l’an prochain », avec le double rendez-vous des présidentielles et législatives. Chaque commune et chaque métropole remportées par la gauche seront « des espaces de résistance et d’espoir pour gagner en 2027 », affirme Philippe Rio. Et celui-ci de saluer ses camarades communistes présents dans la salle : David Queiros, réélu à Saint-Martin-d’Hères, et Amandine Demore, en ballottage très favorable à Échirolles. « Il y a deux nouveaux maires au féminin que l’on doit élire dimanche : ici Laurence, et à Échirolles, Amandine », s’exclame-t-il.
Philippe Rio, maire PCF de Grigny.Pour Philippe Rio, à Grigny comme à Grenoble, « l’union de la gauche, des écologistes et de tant d’autres » est une condition sine qua non à la victoire. Des militants qui, estime-t-il, « ont compris l’essentiel. Face au danger de la droite et de l’extrême droite, face aux crises sociales, démocratiques, écologiques, nous avons une responsabilité qui nous oblige et nous n’avons pas le droit de nous diviser. Nous n’avons pas ce luxe. »
Les élus communistes ont fait le déplacement.L’élu communiste illustre ses propos en évoquant « l’attachement aux services publics » des Grenoblois. Là aussi, « deux projets de société » s’opposent, souligne-t-il : « Celui du patrimoine de ceux qui n’en ont pas et qui en auront toujours besoin pour faire société. Et ceux qui voudront les privatiser, pour enrichir les actionnaires et les rendre inaccessibles, pour les classes populaires d’abord mais aussi pour les classes moyennes. Et ainsi continuer à diviser notre société. »
Sur la scène du Palais des sports, tous les intervenants insistent sur ce danger représenté par la droite et sur l’espoir qu’incarne l’union de la gauche. Le vote, ce dimanche, sera scruté de près car « Grenoble a toujours été une ville ouverte sur le monde, en avance », vante le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard, citant Hubert Dubedout, la municipalisation de l’eau, le Planning familial, la participation citoyenne…
Le sénateur écologiste de l’Isère Guillaume Gontard.Pour le président du groupe écologiste au Sénat, « le choix est plus que simple. Soit un projet qui permet de poursuivre l’adaptation au changement climatique, aux changements sociaux, soit un projet passéiste. Une ville qui tend la main ou une ville qui montre du doigt. » Guillaume Gontard en est convaincu, « en réalité, Alain Carignon n’aime pas Grenoble. Il s’en sert pour la corruption et pour ses magouilles. Mais Grenoble ne mérite pas ça. »
Cyrielle Chatelain, députée de la deuxième circonscription de l’Isère, dénonce quant à elle le programme du candidat Les Républicains et ses « idées en commun avec le Rassemblement national ». Le 31 janvier dernier, rappelle la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, « Alain Carignon et Thierry Perez [NDLR : député RN de la dixième circonscription de l’Isère] défilaient derrière la bannière d’Alliance Police nationale ».
Une équipe soudée.Alain Carignon, ironise de son côté François Ruffin, a monté « une école de formation de la corruption : il n’y a que des gens condamnés autour de lui ». Reliant la tête de liste de la droite aux Trump, Poutine, Netanyahou et Milei actuellement au pouvoir dans le monde, le député de la Somme fait l’éloge, en comparaison, de « l’obsession de la coopération » manifestée par sa sœur. « C’est sa vraie originalité, son apport politique. Elle est habitée par ce désir de faire avec les gens », assure-t-il.
François Ruffin, de retour à Grenoble pour soutenir sa sœur.Évoquant « la soif d’unité des gens de gauche, depuis le 12 février 1934 » jusqu’à aujourd’hui, François Ruffin est persuadé que « les Grenoblois sauront trancher entre les deux bulletins ». Et ce, y compris dans la dernière ligne droite, « comme Thomas Ramos inscrivant la pénalité gagnante à la 82e minute » lors du France-Angleterre clôturant le Tournoi des six nations.
« Les heures devant nous sont cruciales », confirme Laurence Ruffin, qui appelle à la mobilisation et « remercie le Grenoble Alpes collectif » dont deux militantes sont venues réitérer leur soutien pour le second tour au Palais des sports. L’ancienne dirigeante de la Scop Alma s’adresse aux électeurs de gauche mais également à ceux de Place publique ou d’Hervé Gerbi, indique-t-elle. Et « à tous les Grenoblois et Grenobloises », inquiets du projet d’Alain Carignon.
Laurence Ruffin lance un appel à la mobilisation.Laurence Ruffin boucle alors la boucle en décrivant le choix que ces derniers auront à faire, dimanche 22 mars, « entre l’hospitalité et l’émancipation ou la régression sociale, entre une maire au travail ou un champion du clientélisme, entre deux méthodes, la corruption ou la coopération ». Et de conclure, sous les acclamations : « Faisons en sorte qu’aucune voix ne manque. Non à la corruption, non à Carignon, oui à Grenoble ! »
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Publié le 19.03.2026 à 17:58
Manuel Pavard
Sa prise de position était attendue. Pour diverses raisons. D’une part car ses passes d’armes avec Éric Piolle ont rythmé une bonne partie des conseils métropolitains, durant la dernière mandature. D’autre part pour sa prise de position en faveur de candidatures rivales au premier tour, dans plusieurs communes : citons la liste Grenoble capitale citoyenne, conduite par Romain Gentil, ou, autre exemple, la socialiste Laetitia Rabih — également soutenue par Place publique — à Échirolles. Mais dans son communiqué, Christophe Ferrari tient à « apporter sans ambigüité [son] soutien à Laurence Ruffin et à faire barrage à la liste d’Alain Carignon ».
Le président de la Métropole de Grenoble rappelle ce contexte. « Des différences et des débats m’ont éloigné de l’équipe municipale sortante », souligne-t-il, regrettant également « qu’il n’y ait pas eu ce pas de côté et cette ouverture plus large, notamment envers Grenoble capitale citoyenne, pour bâtir l’union de toute la gauche ». Des propos qui feront peut-être rire jaune certains militants locaux, au regard de l’influence prêtée au représentant de Place publique sur les divisions de la gauche dans différentes campagnes électorales.
Toutefois, assure Christophe Ferrari, « nous partageons avec Laurence Ruffin de nombreux engagements, beaucoup de combats communs et un socle de valeurs. Celles d’un territoire hospitalier et cosmopolite, qui bâtit et rénove des logements abordables, celles d’un territoire écologique accompagnant les habitants dans les transitions nécessaires, celles d’un territoire solidaire avec les plus précaires et vulnérables », précise-t-il.
Des priorités qui « ne sont pas partagées » par le candidat LR, assène le maire de Pont-de-Claix.« En promettant des coupes massives dans les budgets municipaux et métropolitains, dans les services publics, sans s’engager à baisser rapidement les impôts et l’endettement, Alain Carignon ne peut ni prétendre soulager le portefeuille des Grenobloises et Grenoblois, qu’ils soient habitants, commerçants, acteurs économiques ou associatifs, ni améliorer le cadre et la qualité de vie à Grenoble, ni préparer l’avenir en particulier des plus fragiles pour qui l’existence d’un service public fort est une question de survie », dénonce-t-il.
Christophe Ferrari conclut son communiqué par un appel aux électeurs grenoblois : « Dimanche, aucune voix ne doit manquer à Laurence Ruffin pour battre Alain Carignon, l’heure est à la mobilisation ! » Un soutien qui entraîne une question : le président de la Métropole donnera-t-il des consignes de vote du même ordre à Meylan et à Échirolles ?
Après l’échec d’une fusion avec la liste Oui Grenoble, Romain Gentil, passé à côté d’une qualification au second tour pour trois petites voix, avait promis de donner ses consignes de vote en fin de semaine. Le candidat de Grenoble capitale citoyenne, soutenu par Place publique, le PRG et Équinoxe, l’a fait ce jeudi 19 mars : « Le 22 mars, l’enjeu doit dépasser les divergences de pratiques. Dans l’isoloir dimanche, une seule question à se poser : “est-ce que l’on veut d’Alain Carignon comme maire de Grenoble ?” Pour “Grenoble capitale citoyenne”, la réponse est claire : c’est non. C’est pourquoi nous invitons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs que nous avons portées, une ville solidaire, écologiste et démocratique, à se mobiliser dimanche pour voter “Oui Grenoble”. »
Romain Gentil refuse de « laisser les finances de la ville à une droite affairiste et discréditée » ainsi que « la destruction des services publics qui sera la conséquence des coupes budgétaires proposées par Alain Carignon. Nous refusons de laisser la question de la sécurité être instrumentalisée à des fins électoralistes, au détriment de réponses justes et efficaces », ajoute-t-il. Avant de lancer, en vue du second tour : « Grenoble doit rester ancrée à gauche ».
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Publié le 18.03.2026 à 12:19
Manuel Pavard
Après la fusion officialisée entre Oui Grenoble et la France insoumise, c’est désormais une coalition de quatorze partis de gauche , « dans l’esprit du Nouveau Front populaire », qui attaque la dernière ligne droite de la campagne municipale. À quelques jours du second tour, Laurence Ruffin a maintenant un objectif en tête : mobiliser massivement ses électeurs et convaincre le maximum de Grenoblois. Et pour enclencher cette dynamique, la liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne invite les habitants ce mercredi 18 mars au soir au Palais des sports, pour son grand meeting du second tour.
Laurence Ruffin s’adressera une nouvelle fois aux électeurs, mercredi 18 mars.Le rendez-vous est donné dès 19h30, avec un concert pour « chauffer » le public, avant les différentes prises de parole. Parmi ces soutiens, sont annoncés le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard, président du groupe écologiste – solidarité et territoires au Sénat, la députée de la deuxième circonscription de l’Isère Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale ou encore le frère de la candidate, François Ruffin, député de la Somme et fondateur du mouvement Debout ! — déjà présent au meeting du premier tour, le 11 mars dernier.
Autre invité de marque, Philippe Rio, maire PCF de Grigny, dans l’Essonne, et président national de la Coopérative des élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes. Celui qui a été élu « meilleur maire du monde » par la City Mayors Foundation, en 2021, pour son action contre la pauvreté, vient d’être réélu au premier tour, dimanche 15 mars, pour un troisième mandat. Une large victoire avec 65,78 % des voix, à la tête de la liste d’union de la gauche, « Grigny pour vous ».
Philippe Rio, maire de Grigny et président national de la coopérative des élus communistes, interviendra au meeting pour soutenir Laurence Ruffin et la liste d’union de la gauche.Les intervenants céderont ensuite la parole à Laurence Ruffin, qui défendra son « projet politique aux antipodes » de celui d’Alain Carignon. Le candidat LR qui, dénonce Oui Grenoble dans un communiqué, « porte une approche réactionnaire, autoritaire, affairiste, climatosceptique, antiféministe et raciste contraire aux valeurs portées par Grenoble, ville Compagnon de la Libération ». À l’inverse, la liste d’union de la gauche et sa candidate entendent « continuer à faire vivre la Grenoble que nous aimons : la ville de toutes les révolutions et de toutes les résistances, une ville solidaire, émancipatrice, antiraciste, ouverte sur le monde ».
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Publié le 17.03.2026 à 18:56
Luc Renaud
La liste Unie pour Saint-Marcellin, conduite par Elisabeth Pouech et Christophe Ghersinu, a décidé de se retirer et de ne pas participer au scrutin de dimanche prochain.
Cette décision a été prise « en toute responsabilité républicaine ». Elle fait suite au résultat du premier tour où elle avait obtenu 17,93 % des suffrages, ce qui la plaçait en quatrième position, à 27 voix de la candidature de « Saint-Marcellin demain » (18,81%).
Une liste de centre droit était créditée de 35,83 %, « Saint-Marcellin ensemble ». Un rendez-vous a été proposé aux candidats de cette liste « pour constituer une alliance technique afin d’empêcher que la liste de fusion [des deux listes de droite totalisant 46,24 % des suffrages à elles deux] qui représente la droite dure voire extrême puisse prendre le contrôle de notre commune et peser sur l’avenir de notre intercommunalité. Cette proposition n’a malheureusement pas été retenue », constatent les deux têtes de liste.
Le danger de l’élection d’une alliance très marquée à droite
« Dans un contexte national marqué par la progression de l’extrême droite et d’une droite dure, la liste « Unis pour Saint-Marcellin » a estimé qu’elle ne pouvait pas prendre le risque de contribuer, même indirectement, à cette dynamique » et les co-listiers de gauche appellent « à prendre la mesure de l’enjeu démocratique de ce second tour et à agir en conséquence », tout en soulignant que « la liste « Saint-Marcellin Ensemble » portera de fait, seule » la responsabilité d’une éventuelle élection d’une « droite dure voire extrême » à Saint-Marcellin.
Les candidats de la liste de gauche annoncent d’ores et déjà qu’ils vont se constituer en association citoyenne afin de « continuer à porter et défendre nos valeurs de solidarité, d’écologie et de démocratie, au service de toute la population ».
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Publié le 17.03.2026 à 11:57
Manuel Pavard
Les négociations s’étaient ouvertes dès la proclamation des résultats du premier tour des municipales. Elles se sont poursuivies tout au long de la journée du lundi 16 mars, pour aboutir à un accord en fin de journée, confirmé à la fois par Laurence Ruffin et par Allan Brunon. La liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne et celle de la France insoumise vont donc fusionner en vue du second tour, qui donnera ainsi lieu à un duel entre Laurence Ruffin et Alain Carignon, dimanche 22 mars.
Laurence Ruffin entourée ‚au Jardin de ville, d’une partie de ses colistiers et colistières du premier tour, liste qui sera quelque peu modifiée pour le second tour. © Luc RenaudPour la candidate de la liste Oui Grenoble comme pour son homologue insoumis, crédités respectivement de 26,33 % et 14,59 %, c’est la menace incarnée par Alain Carignon (LR), arrivé légèrement en tête avec 27,03 % des voix, et donc le risque d’un retour aux affaires de la droite 31 ans après, qui ont précipité la recherche d’une alliance.
Un accord qualifié de « technique » et non « programmatique » par Allan Brunon, dont l’objectif affiché est de battre « la droite affairiste, clientéliste, raciste et islamophobe » représentée par l’ancien maire de Grenoble. Laurence Ruffin abonde, évoquant un rapprochement « sur la base de notre projet », et qui permet à sa liste de rester « majoritaire ».
Sur quels termes est fondé cet accord ? Concrètement, la fusion impliquera, selon nos informations, l’arrivée de treize colistiers LFI sur la liste commune. D’âpres discussions ont été nécessaires pour fixer ce chiffre qui a pour avantage, du côté de Oui Grenoble, de ne pas offrir aux insoumis une potentielle minorité de blocage au conseil municipal. Ce qui aurait été le cas, par exemple, avec seize. Néanmoins, ces derniers pourront se satisfaire de disposer, en cas de victoire de la gauche, de treize élus dont huit futurs conseillers métropolitains LFI — l’autre point sur lequel ont porté les tractations.
Arrivé troisième au premier tour avec 14,59 %, le candidat LFI Allan Brunon fusionne sa liste avec celle de Laurence Ruffin. © LFI Grenoble / FacebookTout cela a naturellement pour corollaire le départ d’un nombre équivalent de colistiers présents sur la liste de Laurence Ruffin au premier tour. Ces treize noms devraient se répartir à parts égales — disons plus ou moins égales, nombre impair oblige — entre les membres issus de la société civile et des partis politiques. Les choses se décanteront à ce sujet dans la journée du mardi 17 mars, les listes définitives pour le second tour devant être déposées en préfecture avant 18 heures.
Par ailleurs, Laurence Ruffin et son équipe poursuivent en parallèle les discussions entamées avec la liste Grenoble capitale citoyenne, conduite par Romain Gentil (Place publique, Parti radical de gauche, Équinoxe). Lequel, un temps annoncé qualifié pour le second tour, échoue finalement pour trois maigres voix, avec un score de 9,995 %, arrondi initialement à 10 %.
Romain Gentil est arrivé quatrième le 15 mars, manquant la qualification pour le second tour à trois voix près. © Manuel PavardSur ce point, les négociations s’annonçaient tout sauf aisées, Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, ayant exclu toute alliance entre son mouvement et LFI. Mais Laurence Ruffin semblait malgré tout plutôt optimiste sur l’aboutissement de cette « discussion tripartite », saluant notamment le sens des « responsabilités » manifesté par les militants locaux, parfois à rebours de consignes nationales déconnectées du terrain.
Si l’on y ajoute le soutien implicite apporté ce lundi 16 mars par le Grenoble Alpes collectif (4,98 % au premier tour), qui a affiché sa volonté de faire barrage à Alain Carignon, Laurence Ruffin aura rempli son premier objectif de « faire l’union » en rassemblant l’ensemble de la gauche. Une vieille stratégie du mouvement ouvrier, réactualisée selon le contexte local : le front unique antifasciste contre l’union des droites. Reste à transformer l’essai dimanche.
Il n’y aura finalement pas d’alliance entre les listes de Laurence Ruffin et de Romain Gentil, éliminé pour trois voix manquantes à l’issue du premier tour. Le candidat de Grenoble capitale citoyenne, soutenu par Place publique, le PRG et Équinoxe, l’a annoncé ce mardi 17 mars, en début d’après-midi : il a refusé l’offre de Oui Grenoble, qui lui proposait d’abord deux puis trois places, sur la liste commune. Romain Gentil n’a pas encore donné de consignes de vote à ce stade, ce qu’il pourrait faire « en fin de semaine ».
[Encadré ajouté le mardi 17 mars 2026 à 15h53]
Cet article Municipales à Grenoble. La fusion actée entre les listes de Laurence Ruffin et LFI est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 17.03.2026 à 11:15
Daniel Oriol
« Tant pis pour eux ! », fulminait M Charpenay lors de la publication des résultats à Roussillon. Les propos amers d’un perdant invectivant « les Roussillonnais.es qui assurent que l’équipe municipale en place ne fait rien et qui d’après lui ne se seraient pas déplacés.es ». Contrairement à ces commentaires, les électrices et les électeurs ont bien mesuré le danger de sa liste. 79% pour le maire sortant contre 20% pour celle de M Charpenay ! Avec un taux de participation de 44,7%, 4,83% de votes blancs et 2,75% de votes nuls, chiffres dont l’une des explications est sans conteste l’absence de liste de gauche.
A Saint-Maurice-l’Exil, le taux de participation a atteint 52,58%. Là aussi, les électrices et électeurs sont venu.es dire non aux propos agressifs de M Hamadache pendant sa campagne. Avec 75,6% des voix contre 24,4%, la liste de gauche conduite par M Genty a hautement gagné ce scrutin.
A Clonas-sur-Vareze, 63% de participation. Là, même si M Dumas conseiller sortant ne se trouve qu’en troisième, il gagne trois points par rapport à 2020 et s’installe dans la vie politique du village. Des électrices et électeurs donnent pour argument la jeunesse de ce candidat. Argument réel ou bien argument diplomatique ?
Cet article Roussillonais. L’échec de l’extrême droite est apparu en premier sur Travailleur alpin.