Publié le 12.02.2026 à 19:23
Luc Renaud
Les revendications syndicales portent d’abord sur « réel service public de l’électricité intégré ». Le syndicat demande ainsi de « sortir du marché les énergies qui sont des biens de première nécessité » ; une baisse de la TVA à 5,5 % pour des tarifs plus justes, « une planification énergétique de long terme » et « la maîtrise publique de l’ensemble de la filière ». Des revendications qui s’accompagnent de « la défense des acquis sociaux des industries électriques et gazières considérés comme indispensables au maintien d’un service public performant ».
Dans le même temps, les délégués ont estimé que l’égalité femmes hommes est un « chantier majeur ». En effet, « la filière énergie reste marquée par des inégalités : écarts salariaux, déroulement de carrière, faible mixité, présence de violences sexistes ». D’où la nécessité de « réduire les écarts de rémunération ; d’ouvrir davantage de métiers aux femmes ; d’améliorer l’articulation entre vie professionnelle et personnelle et de renforcer les dispositifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. »
Un congrès, c’est aussi le moment d’un examen du fonctionnement du syndicat. Les délégués ont estimé nécessaire de renforcer la participation du syndicat « à l’union locale et à l’union départementale, afin de peser davantage dans les débats et mobilisations du territoire » et de mieux jouer son rôle au sein du « collectif nucléaire (COLNUC), où le syndicat entend continuer de porter des propositions sur l’avenir de la filière ».
Le congrès a également décidé de développer la formation syndicale et son implantation locale avec « une présence renforcée sur le terrain, un meilleur suivi des nouveaux adhérents, la montée en compétence des élus et un travail spécifique auprès des cadres ».
Enfin, « le syndicat réaffirme son soutien au modèle solidaire des activités sociales des IEG, accessibles à tous les agents, actifs comme retraités et s’oppose à toute évolution qui irait vers un système individualisé et défend le maintien d’un financement collectif garant de leur pérennité ».
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Publié le 12.02.2026 à 19:18
Manuel Pavard
« Maintenant, il faut passer des paroles aux actes et rapidement ! » La phrase prononcée par un militant CGT résume le sentiment unanimement partagé par les quelque 150 sans-logis qui occupent le siège de la Métropole de Grenoble depuis le 19 novembre. De fait, le vote d’une délibération-cadre lors du dernier conseil métropolitain, vendredi 6 février, a fait souffler un vent d’espoir au-dessus du bâtiment de la place André-Malraux. Mais une semaine plus tard, les livreurs à vélo et leurs familles sont toujours là, dans « ce lieu [qui] n’est pas fait pour vivre », selon un occupant.
Les femmes, dont plusieurs mères de famille, décrivent un quotidien difficile à vivre pour elles et leurs enfants.Pourtant, assure Raphaël Beth, militant de Droit au logement Isère (DAL 38), depuis le vote positif des conseillers métropolitains, « il n’y a plus aucun frein à ce relogement. Il n’y a plus aucun obstacle administratif et politique. Les travaux sont en train d’être faits dans tous les logements, les personnes sont prêtes à partir à tout moment… Alors on ne comprend pas pourquoi ça prend autant de temps », s’interroge-t-il.
C’est pour cette raison que les occupants et leurs soutiens (associatifs, syndicaux et politiques) avaient convié la presse sous des barnums installés devant le siège de la Métropole, ce jeudi 12 février. Avec un double objectif. D’abord interpeller les mairies (Cf. encadré) ayant accepté de réquisitionner des logements vacants appartenant au patrimoine municipal. Et surtout, leur fixer un ultimatum, doublé d’une date butoir. « Nous avons décidé de quitter la Métropole au plus tard le 25 février, plus personne ne veut rester ici après cette date », explique Mohamed Fofana, secrétaire général du syndicat CGT des livreurs à vélo et président de l’association Adali.
Une majorité des occupants sont livreurs à vélo pour les plateformes comme Deliveroo ou Uber Eats.« Nous demandons aux communes qui ont mis à disposition ces biens de nous donner les clés. On a absolument besoin des clés avant le 25 février », martèle-t-il, évoquant « une urgence ». Et d’ajouter, indigné : « C’est une honte, c’est inadmissible de laisser des êtres humains, des femmes enceintes, des bébés, vivre dans ces conditions ! » La majorité d’entre eux, rappelle en outre Mohamed Fofana, sont « des travailleurs », livreurs à vélo pour les plateformes de livraison de repas, qui « font tourner l’économie du pays ». Quant aux enfants nés à Grenoble, sur le sol français, ceux-ci sont bel et bien « Français ».
Raphaël Beth souligne, lui, un point essentiel : les logements fournis par les municipalités « étaient vides depuis des années et étaient censés rester vides pendant un long moment, en attendant des projets urbains ». D’où cette première victoire que savoure le militant du DAL 38 : « Un logement, ce n’est pas fait pour spéculer, c’est fait pour loger des gens. Ce dispositif est quelque chose d’assez inédit, qui a été gagné par la lutte, poursuit-il. Sans cette lutte collective admirable, ces logements seraient restés vides. »
Plusieurs occupants ont pris la parole à tour de rôle pour évoquer leur ras-le-bol mais aussi leurs espoirs de relogement.Il reste désormais une douzaine de jours aux villes concernées pour achever les travaux, signer les conventions et remettre les clés aux futurs résidents. « Si on n’a pas réussi à loger tout le monde au-delà de ce délai, les maires peuvent financer des appart-hôtels », anticipe Raphaël Beth, précisant que le budget et les solutions existent pour les élus.
Mohamed Fofana et sa fille dans les locaux de la Métropole occupés depuis près de trois mois par près de 150 personnes.Pour lui comme pour la plupart des occupants, le compte à rebours est enclenché. Car tous concèdent une crainte : que ces communes attendent les élections municipales, susceptibles — en cas de changement de majorité — de remettre en cause leurs engagements. D’où la volonté affichée de mettre fin à cette situation avant le 25 février. On aura alors dépassé les trois mois d’occupation…
Neuf communes mettent à disposition des logements vides appartenant au patrimoine municipal et gérés par l’Établissement public foncier local (EPFL) : Grenoble, une quinzaine de studios ; Saint-Martin-d’Hères, un hôtel avec une trentaine de places ; Échirolles, deux logements ; Pont-de-Claix, quatre appartements et quatre chambres ; Seyssinet-Pariset, un logement ; Gières, deux logements ; La Tronche, un logement ; Meylan, un logement ; Saint-Égrève, un logement et une maison en cours de travaux. Une offre globale qui répond à la quasi-totalité des besoins, même s’il manque encore une petite dizaine de places pour pouvoir reloger les 150 occupant-es du siège de la Métropole.
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Publié le 11.02.2026 à 16:25
Manuel Pavard
Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 mars 2023. Des inscriptions antisémites, anticommunistes et pro-nazies étaient découvertes à Fontaine, sur des panneaux jetés dans le jardin d’Édouard Schoene ainsi que sur des affiches annonçant le loto des Amis du Travailleur alpin. Des messages odieux : « Drancy Auschwitz, le retour vite ! », « Juifs cocos, race de merde », « Grill chambre à gaz », « Judéo-communistes », « Viva Mussolini » ou encore « En souvenir de la famille Schoene à Drancy »… Le tout accompagné de croix gammées. Ce qui avait suscité une immense émotion, entraînant une grande manifestation antifasciste, le 31 mars 2023, à Fontaine.
Une trentaine de militants et sympathisants (du PCF, du MRAP, de la LICRA) sont venus soutenir Edouard Schoene avant l’audience à la cour d’appel.Près de trois ans après pourtant, le ou les coupables courent toujours. Ceci, malgré la plainte avec constitution de partie civile déposée en novembre 2024 par l’ancien élu communiste fontainois et malgré les nombreux éléments à charge — pour certains nouveaux — dont celui-ci dispose avec son avocat. C’est d’ailleurs pour convaincre la justice de poursuivre l’instruction que Me Bernard Schmid a interjeté appel, au nom de son client, contre l’ordonnance de non-information rendue le 20 août 2025 par la juge d’instruction.
« J’ai cité dans la plainte des articles de la loi sur la liberté de la presse pour l’incitation à la haine raciale et l’apologie de crime contre l’humanité. Et un article du code pénal pour les menaces de mort. »
Soutenu sur place par une trentaine de personnes (militants du PCF, du MRAP, de la LICRA…), Édouard Schoene était ainsi convoqué devant la cour d’appel de Grenoble ce mardi 10 février au matin. Une audience qui a d’abord donné lieu à des débats ubuesques concernant un point de procédure. « En présentant l’affaire, la présidente a dit que mon dossier était irrecevable. Selon l’avocate générale, j’aurais dû le déposer au greffe du tribunal judiciaire et non de la cour d’appel », s’étonne-t-il, précisant avoir été mal orienté à l’accueil du palais de justice — ce qu’a bien admis la cour.
Edouard Schoene et son avocat Me Schmid, aux côtés du lanceur d’alerte Raymond Avrillier, ancien élu écologiste à Grenoble.Heureusement, les réticences de la représentante du parquet n’ont pas empêché Me Schmid d’aborder brièvement le fond. Et d’invalider les arguments justifiant l’ordonnance de non-information. « La juge d’instruction a considéré que les faits ne revêtaient aucune qualification pénale », rapporte l’avocat, en profond désaccord avec cette analyse. Et de préciser : « J’ai cité dans la plainte des articles de la loi sur la liberté de la presse pour l’incitation à la haine raciale et l’apologie de crime contre l’humanité. Et un article du code pénal pour les menaces de mort. » Trois infractions que l’on peut aisément relier aux propos incriminés, selon lui.
Édouard Schoene et son défenseur misent en outre sur deux épisodes récents, susceptibles d’accréditer leur thèse. « Depuis que nous avons interjeté appel […], des faits nouveaux se sont produits, qui relèvent probablement de la même série d’agissements », souligne Me Schmid dans ses conclusions adressées à la cour d’appel. La première affaire date du 16 novembre 2025 lorsque des inscriptions antisémites et haineuses ont été retrouvées sur la porte de la salle accueillant le meeting de lancement de campagne de la liste « Fontaine nous rassemble ». Des attaques visant plus particulièrement LFI et… Édouard Schoene — qui a déposé plainte dès le lendemain.
Pour l’avocat, il s’agit « évidemment du même auteur ». Et ce, d’autant que « des indices concordants dirigent les soupçons vers un ancien conseiller municipal de la ville de Fontaine, Franck Sinisi ». Si cet ex-élu d’extrême droite reste bien sûr « présumé innocent » à ce stade, rappelle Me Schmid, le personnage, sulfureux, traîne toutefois de lourdes casseroles judiciaires, ayant déjà été condamné pour incitation à la haine raciale, après avoir tenu des propos discriminatoires envers les Roms, en 2017. Une affaire qui lui avait valu d’être exclu du FN — avant son adhésion à Civitas.
Les soutiens d’Édouard Schoene devant la salle d’audience.Pour couronner le tout, Franck Sinisi est actuellement mis en cause dans un second dossier de nature similaire. Il a été placé en garde à vue le 13 janvier, dans le cadre de l’enquête sur les tags racistes et les ossements de porc découverts devant une salle de prière musulmane de Fontaine, le 19 septembre dernier. Son ADN a en effet été identifié sur un des os. Déféré au parquet, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Grenoble le 10 avril, poursuivi pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion ».
Quant à la cour d’appel, celle-ci rendra sa décision le 24 mars prochain. Édouard Schoene et son avocat espèrent trois choses : l’annulation de l’ordonnance de non-information du 20 août 2025 ; l’ouverture d’une information dirigée contre X en matière d’apologie de crime contre l’humanité, d’incitation à la haine raciale et de menaces de morts ; enfin, la mise en œuvre de mesures d’instruction afin de déterminer l’éventuelle implication de Franck Sinisi dans les faits mentionnés.
« Si l’instruction se poursuit, on demandera une expertise graphologique », annonce d’ailleurs Me Schmid. Avant de partager sa conviction, toujours à propos de l’ancien conseiller municipal FN : « À supposer que ce soit lui, il finira par être confondu. »
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Publié le 10.02.2026 à 18:21
Travailleur Alpin
La digue qui existait auparavant entre la droite dite « républicaine » et l’extrême droite est déjà en train de rompre de toutes parts, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, laboratoire de cette union des droites, sous l’impulsion de Laurent Wauquiez. Et sans surprise, Grenoble n’échappe pas à cette tendance. Illustration avec les révélations du NPA-Révolutionnaires pointant ce mardi 10 février dans un communiqué, photo à l’appui, les liens entre Alain Carignon, Valentin Gabriac et un militant de l’UNI Grenoble se trouvant aujourd’hui dans l’œil du cyclone.
Ce dernier a en effet agressé et menacé plusieurs étudiant-es le 3 février dernier, lors des élections du Crous, sur le campus de Saint-Martin‑d’Hères, à proximité de l’arrêt de tram Bibliothèque universitaire. « Des menaces de mort et de viol, accompagnées d’insultes sexistes, ont été proférées à plusieurs reprises, notamment à travers des propos tels que : ‘Je vais tous vous planter, bande de salopes’. Plusieurs coups ont également été portés », dénonçaient les syndicats de l’Université Grenoble Alpes (Unef, UEG, Solidaires, CGT, FSU) dans un communiqué daté du 5 février.
Or, ce militant de l’UNI apparaît aux côtés d’Alain Carignon et de Valentin Gabriac — ainsi que d’autres personnalités de droite — sur une photo prise lors de l’apéro de rentrée de l’UNI Grenoble, en septembre 2024. Les candidats respectifs des Républicains et du Rassemblement national ont donc été interpellés publiquement à ce propos lors du débat public organisé jeudi 5 février, à Saint-Bruno, dans le cadre de la campagne municipale.
C’est Baptiste Anglade, candidat du NPA‑R à Grenoble, qui a interrogé Alain Carignon et Valentin Gabriac. « Il leur a posé une question simple : ce militant, qui a agressé une étudiante et proféré des menaces de mort contre plusieurs autres, se situe-t-il du côté des Républicains ou du RN ? Malgré plusieurs relances, aucune réponse et aucune condamnation », s’insurge le parti. Lequel rappelle par ailleurs que « plusieurs membres ou anciens responsables de l’UNI participent activement à leurs campagnes » [NDLR : de ces deux listes].
« En refusant de condamner ces faits, M. Carignon et M. Gabriac assument politiquement leur proximité avec l’extrême droite étudiante », conclut le NPA‑R dans son communiqué. Une porosité déjà matérialisée dans certaines communes iséroises où des maires et têtes de liste de droite n’hésitent plus à sauter le pas, à l’instar de Franck Longo qui accueille dans son équipe, à Fontaine, des élus flirtant avec les positions d’extrême droite.
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Publié le 09.02.2026 à 12:26
Travailleur Alpin
Un maire de droite « minoritaire » [en 2020, Julien Stevant l’avait emporté au second tour avec 46,53% des suffrages, dans un contexte de triangulaire où le maire sortant Alain Dezempte (36,87%) devait pâtir de la concurrence d’une liste de gauche « dissidente » (16,58%), ndlr], jamais la formule n’aura eu autant de sens qu’à l’approche du scrutin des 15 et 22 mars prochain.
Si l’équipe élue en 2020 était le fruit de la fusion des listes de premier tour de Julien Stevant (24,82%) et de Laurent Lavost (23,94%), le mariage sera vite consommé. En 2023, le torchon brûle entre le maire et les anciens colistiers de M. Lavost, qui vont jusqu’à réclamer la démission de M. Stevant en plein conseil municipal, le 23 février. S’en suit le retrait des délégations aux adjoints concernés par la « dissidence », et une période d’incertitudes où tout le monde se demande si la commune ne va pas finir par être mise sous tutelle par la préfecture, faute de majorité pour voter le budget. Laurent Lavost, 1er adjoint, débloquera les choses en ralliant la majorité, laissant sur le bord ses anciens colistiers qui se considèrent désormais comme un groupe d’opposition, mené par Jean-Christophe Martin, ex-adjoint aux finances.
Le mandat se poursuivra cahin-caha, chaque conseil étant l’objet de spéculations sur la capacité du maire – ne disposant plus que de 15 élus fidèles sur les 29 du conseil – à rassembler une majorité et le quorum. Une période qui voit la fin des retransmissions vidéos du conseil municipal (officiellement pour « raison technique »), un état de fait que dénonceront les élus de l’opposition de gauche, qui n’auront de cesse de réclamer « une vraie transparence » sur les débats qui agitent la représentation communale.
Alors, effectivement, tout le monde s’attendait à ce que le match entre « loyalistes » et « dissidents » se rejoue dans les urnes en 2026. Certains se posaient toutefois la question, car le groupe « dissident » avait fait le choix de refuser de siéger pendant presque trois ans : n’allaient-ils pas, au final, jeter l’éponge et laisser le champ libre à Julien Stevant ?
Mais non, le match aura bien lieu : Jean-Christophe Martin annonce sa candidature en janvier, à la tête du collectif « Rives au cœur de tout ». Si l’affichage est « sans étiquette », le ton est, sans surprise, à droite : baisses d’impôts, mutualisation des équipements sportifs et associatifs… sans oublier de ressusciter une « fake-news » de la campagne de 2020 sur la situation financière d’alors de la commune [* voir encadré ci-dessous], une manière de griffer une gauche qui s’organise pour la reconquête.
Jérôme Barbieri, désigné tête de liste dès février 2025 par le collectif de campagne. La liste « Rives Demain, une ville pour toutes & tous » est en effet en campagne depuis septembre, l’ancien 1er adjoint Jérôme Barbieri ayant été désigné tête de liste par son collectif en février 2025, déclarant sa candidature à la rentrée avec une lettre diffusée à tous les Rivois. Le collectif enchaînera avec trois rencontres publiques thématiques, pour construire le programme qu’allait porter la liste. « Des échanges très intéressants, avec des intervenants de grande qualité », des dires d’un colistier : ces temps, qui ont rassemblé au total près d’une centaine de personnes différentes, ont permis à l’équipe d’étoffer un programme présenté mi-janvier à la population.
Mais la surprise est venue de l’autre côté, avec l’annonce de la candidature de Franck Rettmeyer, fils de l’industriel et ancien maire (1983–1995) Christian Rettmeyer, une « grande famille patronale » de l’industrie papetière de Rives. Les Rivois se souviennent de l’importance – encore en partie actuelle – de la société Allimand, modèle de paternalisme patronale. Franck Rettmeyer revendique explicitement cet héritage, se vantant dans les colonnes du Dauphiné Libéré de ce que « en 25 ans de présidence chez Allimand, je n’ai jamais connu une heure, ou même une minute de grève. J’étais un président social et dans le consensus ». Ce qui ne l’empêchera pas de céder sa société à un fonds d’investissement à son départ en retraite, en 2023.
Un troisième larron s’est finalement invité à la table de la droite.Une liste baptisée « Union pour Rives », et qui peut compter sur l’implication de… deux adjoints restés jusque là fidèles à Julien Stevant : Jean-Paul Gout (adjoint en charge de l’aménagement, des travaux, de l’urbanisme et de l’environnement) et Jean-Luc Fontaine (adjoint aux finances, qui a succédé à Jean-Christophe Martin en 2023). Il se murmure aussi que Laurent Lavost, 1er adjoint en charge de la sécurité et de la médiation, serait finalement sur cette liste également.
C’est dans ce contexte que l’équipe de Jérôme Barbieri inaugurait son local de campagne, ce samedi 7 février, en présence de plus d’une soixantaine de Rivois, soutiens ou simples curieux. Un événement qui aura vu deux soutiens de poids s’afficher en faveur du candidat.
André Vallini, conseiller départemental du canton, ancien président du Département et ancien député puis sénateur, a réaffirmé au micro son attachement à la commune de Rives, rappelant l’héritage « irremplaçable » de Robert Veyret (conseiller général du canton de 1976 à 2015), et ses premiers pas en politique à Tullins, aux côtés du maire d’alors, un certain… Yves Barbieri, père de Jérôme Barbieri.
Sandrine Nosbe, députée Nouveau Front populaire de la circonscription depuis la dissolution de 2024, a quant à elle rappelé l’importance d’avoir des listes de gauche avec un programme ambitieux, pour « changer vraiment la vie des gens », et remercié les militants rivois pour « tous ces porte-à-porte que nous avons fait ensemble en mai et juin 2024 », se déclarant disponible pour « venir donner un coup de main dans cette belle campagne ».
« Rives demain » peut compter sur une belle dynamique, en lien avec son programme, listant 49 propositions dont 15 mesures phares. Mais aussi sur une attente : après un mandat jugé chaotique par beaucoup, et dont la concurrence en mars de pas moins de trois listes issues de l’équipe élue en 2020 est le dernier symptôme, Rivoises et Rivois sont nombreux à souhaiter un apaisement et un retour à une stabilité. C’est ce que promet « Rives demain » : « une méthode reposant sur le travail et le dialogue, et une équipe soudée ».
Peut-être aussi un moyen de conjurer une nouvelle fusion « bancale » entre listes de droite au soir du premier tour ?
Robert W. Wellnes
Les différentes listes qui s’opposaient au maire sortant Alain Dezempte en 2020 reprenaient toutes en cœur un « argument » : la ville serait au bord de la faillite, victime d’une gestion « calamiteuse », voir au bord de la mise sous tutelle par la préfecture… le candidat Jean-Christophe Martin a ressuscité cet argument dans sa lettre de candidature pour 2026.
Pourtant, les faits sont têtus, et le groupe des élus « Rives Gauche » [ndlr : nom de la liste Dezempte en 2020] avaient déjà produit un tract sur le sujet en avril 2025. Extraits.
« L’audit commandité par M. Stevant lui-même est clair : entre 2014 et 2020, stabilité des ressources et réductions des charges de fonctionnement de 1,6 % par an ; entre 2022 et 2025, +21 % de d’augmentation en 4 ans »
« Depuis 2020, la dette est passé de 4,7 millions d’euros à 7,7 millions »
« La capacité de désendettement a presque doublée, passant de 3,46 ans en 2020 à 8,89 ans en 2026 »
« Aucune maîtrise des dépenses, ce qui conduit à une épargne négative : en 2025, la commune s’endette pour rembourser ses emprunts ! »
Mais comme dit le proverbe, « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »…
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Publié le 09.02.2026 à 11:46
Maryvonne Mathéoud
En décembre 2024, Ahmed al-Charaa, à la tête du groupe djihadiste Hayat Tahrir al- Cham (HTC), s’est emparé du pouvoir à Damas. Depuis lors, ce groupe et les forces qui lui sont associées multiplient les agressions meurtrières contre les populations kurdes, druzes et alaouites.
Le 6 janvier 2025 était lancé une vaste offensive sur les quartiers kurdes d’Alep, avant de s’étendre aux régions placées sous leur administration autonome. La Turquie joue un rôle majeur dans cette agression par son soutien politique, militaire et logistique.
Cette agression contre les Kurdes a été rendue possible par l’accord de Paris du 6 janvier 2026 entre les États Unis, Israël et la Syrie, où Washington a délibérément abandonné les Kurdes.
Kobane est restée le symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.Le droit, la justice et la dignité sont du côté des Kurdes. Leur victoire sur Daesh, l’expérience démocratique, féministe et multiculturelle du Rojava suscitent une grande admiration dans le monde entier. Dans cette région de Syrie, toutes les personnes vivent à égalité de droits, quelle que que soit leur appartenance culturelle, linguistique ou religieuse. C’est une expérience unique au Moyen Orient, un espoir pour l’avenir qu’il faut protéger.
Un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien a été rendu public le 30 janvier 2026. Cet accord peut permettre d’éviter de nouvelles effusions de sang et d’ouvrir la voie à une stabilisation durable de la région. Cet accord constitue une avancée politique significative, en ce qu’il reconnaît implicitement l’existence du peuple kurde en Syrie et la nécessité de traiter ses droits dans un cadre politique. Toutefois, cette avancée demeure fragile et ne saurait être considérée comme définitivement acquise.
La solidarité internationaliste envers les Kurdes est plus que jamais nécessaire.
Les différentes organisations appellent les autorités françaises et européennes à :
En Turquie le convoi d’aide pour Kobane bloqué par les autorités turques. Mercredi 4 février un convoi d’aides collectées par la plateforme de solidarité des Kurdes de Turquie avec la population de Kobane, ville à majorité kurde du Nord de la Syrie, a été interdit de passage et renvoyé par les autorités turques à Diyarbakir, ont annoncé les organisateurs.
Rassemblement samedi 7 février, à l’appel d’Aiak.Vingt-cinq camions contenant de l’eau, du lait, des préparations pour nourrissons et des couvertures étaient partis samedi de Diyarbakir, grande ville à majorité kurde du Sud-Est de la Turquie.
« Malgré toutes les démarches, leur passage vers Kobane n’a pas été autorisé », a annoncé la Plateforme de protection et de solidarité de la ville de Diyarbakir.
Les camions ont été bloqués au poste-frontière de Suruç, qui fait face à Kobane, mais les organisateurs avaient pensé obtenir l’autorisation de traverser une centaine de km plus loin à Araz, ont-ils expliqué.
« Cependant, la délégation n’ayant pas non plus obtenu l’autorisation, les camions sont rentrés à Diyarbakir », précisent-ils mercredi.
La ville de Kobane est restée le symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
Agressions contre les Kurdes, répression en Iran, génocide à Gaza, attaques contre les minorités en Syrie et en Iran : les peuples du Moyen-Orient ont déjà trop souffert des guerres et des violences politiques. La situation est désastreuse pour les peuples du Moyen-Orient.
Au Moyen Orient comme dans le reste du monde, le droit international, qui inclut la protection des droits humains et le droit à l’autodétermination des peuples doit être respecté.


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Publié le 07.02.2026 à 14:42
Edouard Schoene
De mémoire de Fontainois, jamais une assemblée publique préélectorale n’avait consacré autant de temps à présenter en détails, à plusieurs voix, un programme municipal. Ce qui a été fait par neuf candidats durant 90 minutes : Laurent Richard, Mathilde Rabut, Laurent Zorman, Sébastien Teyssier, Esma Aggoun, Florent Périllat, Flora Jacqueline, Anne Habozit et Frank Bonnaud. La plaquette de 28 pages distribuée en fin de réunion expose la liste complète des 37 candidats, le programme complet et les premiers soutiens.
Le public est venu en nombre assister à cette présentation. © YBLes priorités énoncées pour le mandat sont au nombre de sept :
Les candidats ont détaillé ces différents points à la tribune avec beaucoup d’énergie et de conviction. Il apparaissait très nettement que le détail du programme était le fruit de débats, de convictions fortes de celles et ceux qui l’ont bâti depuis des mois avec des débats publics nombreux.
Chaque court exposé était suivi d’une prise de parole depuis la salle de différents citoyens — connus pour nombre d’entre eux — qui ont témoigné et apporté un soutien appuyé à la liste « Fontaine nous rassemble ». Citons ainsi Magali Curtot, Alain Grasset, Yves Contreras, Muriel Chaffard, Gérard Brion, Jean-Philippe Vincent…
Un panel diversifié de candidats et candidates entourant le binôme formé de Claudine Didier (PCF) et Slimane Rais (LFI). © YBIl revenait à Slimane Rais (LFI), second sur la liste, et Claudine Didier (PCF), tête de liste, de conclure les prises de paroles. Le militant insoumis a souligné le rôle qu’a joué le collectif citoyen pour aboutir à un accord PCF-LFI-Les Écologistes : « C’est un grand moment pour Fontaine. Nous avons un objectif, faire reculer la droite, l’extrême droite, gagner les municipales… Notre responsabilité à gauche, c’est de ne pas laisser se banaliser les idées d’extrême droite. Nous choisissons l’humain, la justice, la fraternité, la démocratie, la culture. Travailler ensemble est une grande aventure humaine. De la diversité des points jaillissent les meilleurs perspectives. »
Claudine Didier a poursuivi, rejointe par les candidats·es. « Des Fontainois restent à convaincre, a‑t-elle rappelé. Dites autour de vous ce que vous avez entendu ce soir. Nos propositions répondent aux attentes de nos citoyens. Les Fontainois souhaitent une seule liste à gauche. Cet objectif est atteint ! »
Claudine Didier, militante communiste et tête de liste de « Fontaine nous rassemble », à la tribune. © YBLa tête de liste a pris un engagement : « Je mettrai au service de la ville mon expérience. Je suis totalement consciente des responsabilités qui seront les miennes comme maire. Je suis sincère et je ne fais jamais de fausses promesses. Je vis à Fontaine depuis 36 ans. Je porte, avec l’équipe une ambition : faire en sorte que chaque habitant aime vivre et rester à Fontaine. » Et de conclure : « Nous nous attacherons à faire vivre la concertation pour guider nos prises de position. Des élus accessibles présents dans tous les quartiers, attentifs à toutes les générations. »
La liste finalisée était sur scène. Les caractéristiques majeures de cet ensemble de 37 candidat-es : diversité, présents pour un premier mandat, nombre de jeunes candidat-es, engagement net pour un changement de société et un mandat au service des Fontainois et des Fontainoises.
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