03.10.2026 à 11:20
Du côté de chez Swans et des adeptes du bruit blanc…

03.10.2026 à 11:20
Du côté de chez Swans et des adeptes du bruit blanc…
Il y a des albums live qui immortalisent un groupe à un moment précis, et puis il y a ceux qui donnent l’impression de marquer la fin d’une époque entière. Newly Sentient Being appartient sans conteste à cette dernière catégorie. Capturant le dernier concert de l’ère gros son des Swans, cet opus monumental rassemble plus de deux heures et demie de musique qui sonnent moins comme un adieu que comme la dernière transmission en provenance d’une autre dimension.
Pendant quinze ans, Swans a développé un langage musical de plus en plus immense, fondé sur la répétition, le volume, la tension et la transcendance. Ce live clôt ce parcours en apothéose. La prestation oscille sans cesse entre des passages d’une beauté presque céleste et des éruptions sonores d’une brutalité physique, créant une atmosphère à la fois hypnotique, troublante et étrangement belle. Ce qui rend cet album particulièrement captivant, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’une rétrospective , car l’album contient une multitude de nouveaux morceaux qui n’ont jamais été enregistrés ailleurs, conférant à la prestation un sentiment de découverte alors même qu’elle marque la fin de ce chapitre particulier. Michael Gira et le groupe semblent complètement immergés dans la musique, laissant les morceaux s’étendre, muter et prendre progressivement vie. Au hasard, la définition du son, c’est rien que le voyage…
La formation est redoutable : Norman Westberg, Michael Gira, Dana Schechter, Phil Puleo, Christopher Pravdica, Larry Mullins et Kristof Hahn. Ensemble, ils créent un son qui peut être à la fois monumental et profondément intime ; quand tout se combine pour former quelque chose qui s’apparente moins à du rock conventionnel qu’à un rituel se déroulant en temps réel. D’où l’intérêt ( et la prise de risque) du groupe en action.
Les Swans ont toujours compris le pouvoir de la patience. Leur musique repose sur l’accumulation : un riff répété jusqu’à devenir hypnotique, un rythme poussé jusqu’à devenir physique, un son progressivement transformé jusqu’à ce que sa forme d’origine disparaisse. Sur Newly Sentient Being, cette approche atteint une intensité assez paroxystique. La musique peut sembler à la fois oppressante et libératrice, oscillant entre obscurité et moments d’une clarté extraordinaire.
Bien plus qu’un ajout au formidable catalogue d’enregistrements live de Swans, ce live est un document monumental témoignant d’un groupe qui clôt l’un de ses chapitres créatifs les plus significatifs avec un engagement absolu. On ne ressent nullement l’impression d’un groupe se contentant de faire acte de présence ; au contraire, les Swans tirent leur révérence avec amour, férocité et une volonté presque téméraire de repousser les limites de leur musique; comme le prouve le DVD qui accompagne la sortie.
Un adieu magnifique et un nouveau rappel que, à leur apogée, les Swans n’ont jamais sonné comme n’importe qui d’autre. Cherchez bien…
Jean-Pierre Simard, le 5/10/2026
Swans - New Sentient Being - Young Gods Records/ PIAS
03.10.2026 à 10:42
© Issey Miyake Inc
CORE
La série Core explore le cœur compacté des rouleaux de papier, en proposant une série de prototypes de mobilier conçus à partir d’expérimentations directement menées sur la matière, sans dessin préalable. En raison de la forte capacité d’absorption du papier, certains rouleaux Paper Log sont plongés dans de la cire fondue ou enduits de colle afin de devenir rigides. D’autres sont assemblés et ficelés en faisceaux afin d’éprouver leur résistance structurelle. Ils sont ensuite sculptés, taillés ou déchirés à l’aide de différents outils, comme des ciseaux à bois, des haches japonaises, des scies sauteuses, des meuleuses électriques ou encore une découpe au jet d’eau. En raison du caractère aléatoire de la compression des feuilles dans les rouleaux, chaque prototype est une pièce unique aux qualités organiques. Les différentes couleurs des papiers créent, au moment des découpes, des dessins inattendus. Transformé en objet de design, le matériau devient un tabouret, un fauteuil, un banc, des briques ou une table dont les textures singulières rappellent à la fois le bois et la pierre. Cette approche simple et radicale révèle les qualités intrinsèques du matériau, sa densité comme sa résistance.
© Issey Miyake Inc
PAPER LOG
La collection Pleats Please, lancée en 1988 par Issey Miyake, est une ligne de vêtements plissés, simples et légers, conçus pour s’adapter au corps et au mouvement. Lors du passage des vêtements, déjà cousus, dans la machine à plisser, ceux-ci sont protégés par une fine feuille de papier. Pour faciliter son transport avant son élimination ou son recyclage, les feuilles sont mises en ballots de 80 cm de hauteur pour 40 cm de diamètre, d’où leur nom de Paper Log, qu’on peut traduire par « bûche de papier ». Pour Satoshi Kondo, elle devient le point de départ d’une exploration de nouvelles potentialités, au-delà d’une simple démarche de recyclage : « Le projet Paper Log vise à redonner de la valeur à ce qui était autrefois perçu comme secondaire ou périphérique, en l’observant sous un angle renouvelé, explique le designer. Cette démarche, qui réinvestit un sous-produit du processus de plissage, cherche à dépasser la logique du simple recyclage. Elle ambitionne de transformer une matière résiduelle en une source de simplicité et de poésie dans le quotidien, dans l’esprit même de ce qu’Issey Miyake avait imaginé en créant Pleats Please. »
JP Simard avec Miyake Design Studio le 5/10/2026
Miyake Design Studio - Shell & Core
03.10.2026 à 10:12
Les mandalas acryliques moléculaires de Mu Pan
Mu pan - Pan 2
Dans la tradition bouddhiste, les mandalas sont des images de dévotion représentant l’univers ; leur géométrie précise et leurs motifs évoquent des royaumes sacrés et transmettent un sentiment d’ordre à travers des références symboliques aux éléments et à l’astrologie. Les moines bouddhistes tibétains créent minutieusement des mandalas colorés à base de sable dans le cadre de leur pratique de la pleine conscience. Une fois achevées, ces œuvres sont détruites de manière rituelle — le sable est traditionnellement rejeté dans un cours d’eau — afin d’illustrer l’impermanence et le caractère éphémère de la vie et du cosmos.
“4 Brutes” (2026), acrylic on wood panel, 20 x 24 inches
La collection s’inspire d’un adage bouddhiste chinois selon lequel une simple tasse d’eau contient d’innombrables formes de vie, et qu’il faut donc la consommer avec précaution. Mu plonge dans un univers de fantaisie et de symétrie, où animaux, humains et plantes se rencontrent et s’hybrident dans des configurations surréalistes. Certaines figures frôlent l’abstrait ; d’autres sont étranges, voire légèrement grotesques. Les personnages sont tour à tour extatiques, sournois et sereins : des squelettes aux ailes noires côtoient des êtres sublimes dans « 18 Angels », tandis qu’une scène dramatique mettant en scène des créatures des bois jaillit avec une touche divine dans « Burning Rabbit ».
“Burning Rabbit” (2026), acrylic on paper, 7 3/4 x 7 inches
La plupart des œuvres mesurent moins d’un pied de large, à l’exception d’une peinture sur panneau intitulée « 4 Brutes », qui mesure deux pieds de large. Les lignes, les formes et les expressions sont donc rendues avec un niveau de détail incroyable. L’artiste explique : « Je souhaite me concentrer sur le concept de la petitesse, car tout ce qui est petit recèle en réalité bien plus qu’il n’y paraît. Ainsi, chaque petite image est comme une goutte de sang, et chaque goutte de sang contient de multiples univers. »
“Deer” (2026), acrylic on paper, 15 x 10 3/4 inches
Micro MUniverse se tient jusqu’au 10 octobre à New York. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le compte Instagram de l’artiste.
Kate Mothes, le 5/10/2026 traduit par la rédaction
Mu Pan - Micro Muniverse
“Bear” (2026), acrylic on paper, 15 x 13 inches