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La première photo de l’histoire revient en France pour le bicentenaire de la photographie
Août 1827 : la date est entrée dans la postérité. Nicéphore Niépce immortalise, grâce à son invention l’héliographie, le paysage aperçu depuis une fenêtre de sa propriété bourguignonne. C’est la toute première photographie de l’histoire : le Point de vue du Gras. L’image fixée à l’aide d’une chambre noire et d’une plaque d’étain polie recouverte de bitume de Judée laisse distinguer quelques formes géométriques – la silhouette d’une grange, d’une cheminée… L’aboutissement de huit années d’expérimentations.
La même année, le Français se rend à Londres et emporte dans ses bagages sa précieuse héliographie pour témoigner de son exploit auprès de la Royal Society, qui refusera toutefois d’examiner son invention. Perdue durant de longues années, la plaque ne refera finalement surface qu’en 1950, à Londres, oubliée dans une malle. Depuis, ce morceau d’histoire est conservé au Harry Ransom Center d’Austin, dans l’État du Texas aux États-Unis, et n’a jamais revu la France depuis 1827…
« L’enjeu principal du bicentenaire est de rendre visibles des points de vue singuliers de photographes. »
Dominique de Font-Réaulx
C’est dire l’excitation et l’émotion qu’a suscitée, ce jeudi 3 septembre, l’annonce de son retour dans l’Hexagone, à l’occasion du lancement du bicentenaire de la photographie. À partir de la fin avril 2027, le célèbre Point de vue du Gras sera présenté au musée Nicéphore-Niépce de Chalon-sur-Saône, au cœur de l’exposition « L’empreinte d’Hélios. 1826–1827, Niépce invente la photographie ». Cet événement exceptionnel viendra couronner une année de festivités célébrant, partout en France mais aussi dans les territoires ultramarins et à l’étranger, la photographie sous toutes ses formes.
« La photographie est partout, à tel point qu’elle est devenue transparente, presque invisible. L’enjeu principal du bicentenaire est de rendre visibles des points de vue singuliers de photographes », a expliqué, lors d’une conférence au ministère de la Culture, Dominique de Font-Réaulx, historienne de l’art spécialiste du XIXe siècle et présidente du comité scientifique du bicentenaire de la photographie. De septembre 2026 à septembre 2027, ce sont plus de 1 000 projets labellisés (expositions, rencontres, festivals, projections…) qui marqueront les 200 ans d’un médium en perpétuelle réinvention.
Zanele Muholi, une des affiches du bicentenaire de la photographie, 2026
Pour s’y retrouver dans cette offre pléthorique, le ministère de la Culture a mis en place une cartographie interactive recensant l’ensemble des événements. Pensé comme une grande fête, cet anniversaire entend aussi sortir la photographie des cimaises des musées pour investir tous les territoires, à travers un certain nombre d’initiatives populaires, à l’image du « LUX Tour » : une caravane-studio photographique itinérante qui sillonnera la France et fera étape dans les festivals et foires membres du réseau LUX.
Le bicentenaire de la photographie, c’est aussi une grande commande publique, « Réinventer la photographie », portée par le Cnap, qui soutient quinze photographes contemporains dont les travaux rejoindront les collections nationales ; mais aussi un beau livre coédité par le ministère de la Culture et le GrandPalaisRmn, Photographies. On l’aura compris : 200 ans après son invention, la photographie est plus vivante que jamais !
Bicentenaire de la photographie
Du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027
Plus d’informations sur le site du ministère de la Culture