27.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 27 juillet 2026

27.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 27 juillet 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
« On voyait d’immenses pans de glacier s’effondrer dans la mer, et on avait juste envie de pleurer. Mais tous les touristes applaudissaient. Et vous vous disiez… “Vous ne voyez vraiment pas le lien ?” »
La Tara Polar Station a quitté Lorient pour sa première expédition au pôle Nord.
La GenZ indienne est dans la rue pour demander la démission du ministre de l’Éducation après qu’un compte satirique « le parti des cafards » a été créé sur Instagram.[…]Tout est parti d’une déclaration du président de la cour suprême indienne qui aurait qualifié les jeunes qui critiquent le gouvernement de « cafards ».
Le ministre de l’Éducation indien a finalement annoncé sa démission, après six jours de mobilisation des étudiant·es pour dénoncer les fraudes aux examens universitaires.

Washington va permettre à Riyad d’enrichir de l’uranium pour son programme d’énergie nucléaire. Une annonce qui survient alors que les hostilités ont repris entre les États-Unis et l’Iran et que les Houthis du Yémen ont annoncé vouloir mettre en place un blocus maritime contre la pétromonarchie.
Un homme au volant de son véhicule a foncé dans la foule à la fin de la marche des fiertés, samedi 25 juillet. La police allemande recherche toujours le suspect.
L’Union européenne s’est lancée dans un vaste programme de démantèlement de ses régulations écologiques, sociales, financières ou encore numériques… sous les applaudissements des lobbys industriels et financiers.
the EU governments re-enacted the suspicionless mass scanning of private communications […] without the approval of the European Parliament (a majority of voting MEPs had voted against the regulation). As a result, US providers like Meta or Google are once again permitted to conduct the controversial, warrantless mass scans of private chats and messages until 3 April 2028.
The European Commission is currently finalising negotiations with the Trump administration to conclude an “Enhanced Border Security Partnership” (EBSP) Framework Agreement allowing border control authorities to screen travellers against biometric databases and profile them for security concerns. The leaked draft text suggests that the Commission significantly caved in to US’s excessive demands for unfettered information access, exacerbating travel surveillance and putting our fundamental rights at risk.
A mass demonstration in central Bologna, Italy led to riots late on Monday, following the death of a man at the hands of police.

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées en raison des flammes. La forêt touchée abrite des espèces menacées d’aigles, de loups et de papillons.
Au mercredi 22 juillet, 275 000 hectares ont brûlé en Europe depuis le début de l’année, dont plus de la moitié en Espagne et en France.
Confrontée à une importante crise de l’eau, l’Angleterre a renforcé les restrictions concernant la consommation d’eau. Résultats : le nombre de conflits de voisinage a explosé, pour se transformer en une véritable bataille politique.
À partir d’août 2028, les États-Unis imposeront des droits de douane de 100 % sur les médicaments génériques, a annoncé le président Donald Trump mardi. Objectif : relocaliser la production des produits pharmaceutiques sur le territoire américain.
There’s already lots of research showing that gas stoves fill our homes with nasty air pollution, including cancer-causing chemicals and toxins that increase the risk of kids getting asthma.
Meurtres policiers, détention de masse, surveillance généralisée : guidé par la discrimination raciale, Trump redessine jour après jour les contours de l’appareil policier états-unien. Une politique qui bénéficie de puissants relais publics comme privés.

Concern over US effort to prosecute Sam Tunick, accused by authorities of wiping his phone using GrapheneOS
An EV charger’s charging port is a network port. We found SSH and Telnet services exposed on XCharge C6 chargers with default root:root credentials. A threat actor with a malicious EV can gain immediate full control access on the charger and perform energy theft or potentially cause physical damage.
Despite building an increasingly screen-focused world, billionaire tech leaders are keeping their own children away from the tech they helped create.
MSG’s sprawling surveillance system can monitor guests down to the second. Its owners made an exception for the pop star’s rehearsal dinner.
Les scientifiques avertissent que l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle du globe augmenteront à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles.
The party, which is holding its annual general meeting in Auckland on Sunday, announced a policy of pausing any data centre consents for a year. It comes after the Labor-led Government in Australia tightened the rules for these developments. “Right now, AI data centres can be consented behind closed doors, with no community input”
the bill would let the Trump administration and future administrations decide when an AI company must block user access, disable or restrict a particular capability, or shut an entire AI system down completely. The bill would require AI makers to deploy technical capabilities allowing them to throttle or shut down the systems when ordered to do so
major AI systems, including those built in the U.S., are more likely to refuse to criticize restrictive leaders or governments. It raises concerns that the large language models powering chatbots and AI agents could be regurgitating and spreading government influence over online speech as the technology is increasingly adopted worldwide.
ISBNdb advertises that it can keep the identity of AI companies secret. […] ISBNdb notes that AI companies may not want to be caught destroying printed books during the scanning process. “The optics problem is real,” ISBNdb’s site says. “‘AI company destroys two million books’ is not a headline that generates sympathy.”
Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Microsoft a accepté d’investir des milliards de dollars dans l’infrastructure informatique de Mistral en Europe
Sunday-to-Monday onslaught fuels speculation over AI-assisted bug reportsIf you’re responsible for Linux security, someone just dumped a pile of work onto your desk : 432 Linux kernel CVEs were published across Sunday and Monday this week. Linux watchers at nixCraft pointed out the volume on Monday morning, and it didn’t take long for seasoned sysadmins to start expressing concerns.
Two motions regarding “artificial intelligence” and Large Language Models (LLMs) were voted on among Codeberg e. V. members and passed. We are promising to not use any of your data to train LLM and explain what the planned Terms of Use change mean for ‘vibe-coded’ projects. We believe that LLMs endanger the free/libre software ecosystem as a whole.
Voir aussi L’anti-GitHub européen dit non au code écrit par Claude et Codex (clubic.com)
Pendant que GitHub continue d’intégrer Copilot à chaque recoin de sa plateforme, son concurrent européen a pris la direction exactement inverse. Le 22 juillet 2026, la communauté de Codeberg a voté à 71 % l’interdiction des dépôts majoritairement générés par IA, avec Claude et OpenAI Codex nommément dans le viseur. Une prise de position qui traduit autant un choix éthique qu’une contrainte économique très concrète.

Extinction Rebellion claims responsibility for chemical-filled balloon attack targeting concrete and steel
A protester was violently removed from the United Nations AI for Good Global Summit in Geneva on Wednesday after Palestine defenders disrupted a presentation by a senior Amazon executive to denounce Big Tech’s complicity in Israel’s genocidal war on Gaza.
Bill Williamson, 74, who lives in Ardentinny, said he had been at a weekly Palestine vigil outside Dunoon Burgh Hall on July 4 when he was approached by a pair of police officers while he was reading out Don’t Mention The Children by the Jewish writer Michael Rosen through a megaphone.[…] “Initially I thought, just let this die a death. But then I thought, people are not hearing about this gradual erosion of our civil liberties.“I thought, this is intimidation. The more people that know about it, I think the better.”
In sea pools built with sandbags and rubble, Amjed Tantesh gives traumatised children brief respite from their daily lives
Onze personnes ont été tuées samedi 18 juillet par l’armée israélienne, après un bombardement sur un immeuble. 1 144 Palestinien·nes ont été tué·es à Gaza depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu ».

Amid an alleged ceasefire, Israel continues massacring Palestinians and stealing land in Gaza. The ongoing violence is not accidental : it is a political necessity for any Israeli government in power.
L’invasion israélienne du Liban-Sud ne détruit pas seulement des vies, des champs et des vergers : elle annihile les habitats et fait tout pour rendre le retour impossible. Parmi celles et ceux qui ont choisi de rester malgré le danger, des femmes s’attachent à cultiver la terre.
« Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine. »

Voir aussi La DJ Barbara Butch va porter plainte contre LFI pour provocation à la haine et à la violence (huffingtonpost.fr)
Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite OMERTA et l’essayiste Alain Soral
After the United States slashed its foreign aid funding last year, more than 280,000 aid workers worldwide lost their jobs
The Women’s Tennis Association (WTA) Tour has aligned itself with the International Olympic Committee, World Athletics and World Boxing and has made it mandatory for its players to undergo a “one-time screening process for the SRY gene” to secure their eligibility in the women’s category.
La bassiste, figure de la scène underground de Los Angeles, a succombé à un cancer du cerveau. Sa formation a marqué le rock alternatif des années 1990 par son énergie punk et son engagement féministe.
La première phase des travaux comprend le désamiantage et le retrait du bas de la façade de l’édifice. Mais l’envolée des coûts, désormais estimés à 800 millions d’euros, partage les copropriétaires sur l’ampleur de la restructuration.
Hier au Conseil de Paris, s’est tenue une délibération relative à l’achat par la Ville de Paris d’un terrain dans le quartier des Ardoines à Vitry-sur-Seine. Cet achat est la première étape du projet contesté « Thermo-sur-Seine », construction d’une usine d’incinération de déchets industriels dans le 94, destinée à produire du chauffage pour… Paris.

« L’idée de regrimper là-bas, c’est juste impensable. Ça n’a plus de sens »
L’incendie qui a ravagé 4 400 ha de forêt dans la Drôme a mis près d’un mois à être fixé. Faute de moyens, les pompiers ont priorisé les personnes et les biens et laissé brûler la forêt, avec des dommages encore inconnus sur les espèces locales.
Lundi 20 juillet, un incendie a ravagé près de 10 hectares au chemin du Moulin-des-Marais à l’est de Nantes. 20 à 30 caravanes ont brûlé. Une soixantaine de familles ont tout perdu : leurs habitations, leurs affaires, leurs médicaments, leurs souvenirs de famille… Ce sont des familles roms, installées depuis des années dans cette agglomération.
Confrontés à une violente saison des feux, les volontaires comme les professionnels sont poussés dans leurs retranchements. Les syndicats réclament plus de moyens.
Voir aussi Incendies : les pompiers alertent sur leur épuisement après trois décès en deux semaines (sudouest.fr)
“À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux” […] ce manque d’avions rend “pratiquement totalement inefficace” l’action des Canadair. Sur un feu, il faudrait au moins quatre Canadair, quand ils se sont que deux actuellement.
L’ampleur des feux dans le Sud-Ouest renvoie Laurent Nuñez à la promesse d’un projet de loi dédié à la sécurité civile et jamais concrétisé. Sans oublier le « nerf de la guerre » : le financement.
Le changement de direction du vent a plongé Bordeaux sous un dôme de fumée vendredi soir
L’appareil en question est un A400M d’Airbus, utilisé d’ordinaire par l’armée pour le transport militaire. Il sert à véhiculer des soldats, du matériel, de gros équipements comme des hélicoptères et des véhicules blindés.
Voir aussi Face aux incendies en Gironde, l’A400M va être déployé pour la première fois dès ce samedi (huffingtonpost.fr)

Plusieurs communes voisines de Bordeaux ont été évacuées dans la nuit de vendredi après l’apparition d’un pyrocumulonimbus, phénomène jamais observé en France.
Outre TotalEnergies et ses gains glanés sur le dos de la guerre au Moyen-Orient, BNP Paribas a dévoilé, jeudi 23 juillet, un bénéfice net au deuxième trimestre de 4,3 milliards d’euros, soit une hausse de 33,4 % sur un an. Malgré cela, aucune taxation de ces bénéfices n’est à ce jour prévue. […] le « modèle diversifié » de la BNP Paribas à tout l’air d’une formule pour adoucir le réel : des profits en partie générés sur des crimes de guerre. Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont déposé, mercredi, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d’injonction auprès du Conseil d’État afin que la France stoppe les activités de ses entreprises en Cisjordanie.
Le gouvernement avait réclamé un nouveau vote sur cette disposition du projet de loi, après un premier rejet dû à l’opposition des groupes de gauche.
Le principal mis en cause, Christophe B., est accusé d’avoir recruté des hommes afin de violer collectivement et face caméra plusieurs de ses compagnes successives.[…]Dix-neuf hommes sont désormais mis en examen, pour viols collectifs filmés, accompagnés d’« actes de barbarie » et de « crimes sexuels avec torture »
Si « Vakita », le média du journaliste Hugo Clément, s’affiche comme « 100 % indépendant », il a en réalité été financé par plusieurs milliardaires. Il bénéficie aussi des retombées de partenariats avec des marques, quitte à brouiller son activité journalistique.
Chaque semaine charrie son lot de violences à l’encontre de celles et ceux qui, d’une façon ou d’une autre, se définissent comme « écologistes » ou sont identifié·es comme tel·les.
Alors que le gouvernement compte pratiquer une nouvelle ponction dans les comptes de l’Unedic, plaçant l’organisme dans le rouge, les sénateurs de droite comme de gauche dénoncent la pratique, qui dure depuis trois ans. « C’est scandaleux, ce qu’il s’est passé entre 2023 et 2026 de façon insidieuse », pointe la sénatrice LR Frédérique Puissat.

Clivant jusqu’au sein du bloc central, le projet de loi agricole a été voté par l’Assemblée nationale, avant un dernier passage au Sénat dans quelques heures.
Voir aussi Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux (basta.media)
Le gouvernement et les député·es du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.
Et Loi d’urgence agricole adoptée à l’Assemblée : le gouvernement divise jusque dans ses rangs et couronne l’agrobusiness (humanite.fr)

« Démissionnez déjà, ça diminuera un peu notre éco-anxiété »
Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l’utilisation d’outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.

Contrôlés et verbalisés à répétition, de nombreux jeunes racisés subissent dès l’enfance un harcèlement policier dans l’espace public
Sur proposition d’Emmanuel Macron, le sénateur LR François-Noël Buffet est devenu, ce 21 juillet, le nouveau Défenseur des droits, après un avis favorable rendu par les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un nouveau cadeau fait par le président de la République aux droites les plus réactionnaires.

Léguevin près de Toulouse (Haute-Garonne) a décidé d’interdire le port du burkini dans sa piscine municipale. La Ligue des Droits de l’Homme a déposé un recours devant le tribunal administratif pour discrimination. Le juge des référés lui a donné raison.
Alternatiba, SUD-Rail, le SNJ-CGT, Greenpeace, la Ligue des auteurs professionnels, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et une vingtaine d’organisations demandent à la SNCF de revoir son partenariat avec Relay pour la vente de livres et de journaux en gare. Leur mobilisation s’appuie sur une enquête accusant l’enseigne de favoriser certains titres conservateurs ou d’extrême droite.
Cette mobilisation pose une question simple : l’argent public doit-il servir à économiser une commande ou à faire vivre les créateurs d’un territoire ? Les systèmes d’IA générative sont entraînés sur d’immenses corpus pouvant contenir des œuvres protégées. Le ministère de la Culture reconnaît lui-même que les mécanismes actuels ne garantissent pas suffisamment l’autorisation et la rémunération des auteurices.
This is a practical, hands-on brochure for movements and parties on the Left as they refine their approaches to organising and technology and take the next steps in their work.
Airbus has named French cloud services provider Scaleway as the destination for some 900 applications, with an initial 70 getting priority onboarding, as it seeks to put critical systems and data under European control.
Dix ans après sa promesse d’utiliser des énergies propres pour ses activités, le géant Meta vient d’y renoncer ce vendredi. Le groupe investit notamment dans des centrales au gaz pour alimenter ses data centers.
Apple a contesté tomber sous le coup du Digital Market Act (DMA) en faisant valoir que sa boutique d’application n’en était pas une, mais cinq plus petites dédiées à leurs différents produits. Cet argument n’a pas convaincu le Tribunal de l’Union européenne. Quant à son iOS, il ne connaît pas un meilleur sort et est aussi désigné comme tombant sous la régulation du DMA.
Des propriétaires de moniteurs LG ont constaté qu’après un simple branchement de l’écran, Windows installe silencieusement une application nommée LG Monitor App Installer. Sa seule mission semble être de proposer un essai de l’antivirus McAfee.
Researchers say TikTok, X, and Meta aren’t providing data they’re legally required to.
On a longtemps pensé que les pesticides évaporés après l’épandage ne restaient que peu de temps dans l’atmosphère. On sait désormais qu’ils peuvent voyager sur des milliers de kilomètres. Une étude inédite nous permet d’en savoir plus sur la façon dont ces substances se déplacent dans l’air.
The Trump administration hates academic science funding, full stop. They hate where that money goes, and they hate who it goes to. They want to keep all that money for themselves, to hand out to favored cronies who can help them get elected and to steer yet more money and more power back into their hands.
l’Alliance française est une institution fondée dans les colonies, entretenue par la Françafrique, et dont le modèle social repose aujourd’hui sur la précarité de ceux qu’elle prétend servir. Petite rétrospective sur 140 ans de “mission civilisatrice” dont on se serait bien passés.
To save our movements, we need to come to terms with the connections between gender violence, male privilege, and the strategies that informants (and people who just act like them) use to destabilize radical movements. Time and again heterosexual men in radical movements have been allowed to assert their privilege and subordinate others. […] Misogyny and homophobia are central to the reproduction of violence in radical activist communities. Scratch a misogynist and you’ll find a homophobe. Scratch a little deeper and you might find the makings of a future informant (or someone who just destabilizes movements like informants do).
Réduire notre consommation de viande est l’un des leviers les plus efficaces pour limiter l’impact environnemental de notre alimentation. Pourtant, les hommes restent nettement plus réticents que les femmes à adopter des régimes végétariens ou végétaliens – et même à consommer des substituts de viande. Une résistance qui a peut-être moins à voir avec le goût qu’avec la masculinité.
Les idées antisémites sont aujourd’hui présentes au sein des courants masculinistes. Or l’histoire nous montre que masculinité dominante et antisémitisme sont associés depuis des siècles. Les hommes juifs ont souvent été décrits comme féminins et fragiles, et fondamentalement différents.
Après le naufrage du « Titanic » en avril 1912, la fille du capitaine du navire hérite d’une identité publique raccourcie qu’elle n’a pas choisie. Pionnière de l’aviation et passionnée d’automobile, elle montre par son parcours comment les récits historiques peuvent enfermer des vies complexes dans des histoires de fatalité.
320 000, c’est le nombre d’étudiant·es laissé·es sur le carreau en 2025 par la plateforme parcoursup. Une sélection à l’entrée de l’université voulue par les macronistes et appliquée avec zèle par certaines universités.
“You realize this is the first accessible guitar ever made in the world ? This is amazing. I can feel where I’m at on the fretboard without having to look for the harmonics.”
Arbuscular mycorrhizal fungi have shaped life on land for over 450 million years by forming symbiotic networks that move carbon and nutrients between plants and soils. These networks are made of tubular cells called hyphae, through which carbon can flow from plants into the soil. We were motivated by a simple question : what would it look like if we could see the hidden fungal networks beneath our feet ?
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
26.07.2026 à 10:00
L’IA, un nouvel internet… sans condition
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 10 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Le web va-t-il être remplacé par l’IA ? C’est en tout cas la perspective à laquelle travaille les grands acteurs de la tech.
Tous les grands acteurs des technologies ont entamé leur mue. Tous se mettent à intégrer l’IA à leurs outils et plateformes, massivement. Les Big Tech se transforment en IA Tech. Et l’histoire du web, telle qu’on l’a connue, touche à sa fin, prédit Thomas Germain pour la BBC. Nous entrons dans « le web des machines », le web synthétique, le web artificiel où tous les contenus sont appelés à être générés en permanence, à la volée, en s’appuyant sur l’ensemble des contenus disponibles, sans que ceux-ci soient encore disponibles voire accessibles. Un second web vient se superposer au premier, le recouvrir… avec le risque de faire disparaître le web que nous avons connu, construit, façonné.
Jusqu’à présent, le web reposait sur un marché simple, rappelle Germain. Les sites laissaient les moteurs de recherche indexer leurs contenus et les moteurs de recherche redirigeaient les internautes vers les sites web référencés. « On estime que 68 % de l’activité Internet commence sur les moteurs de recherche et qu’environ 90 % des recherches se font sur Google. Si Internet est un jardin, Google est le soleil qui fait pousser les fleurs ».
Ce système a été celui que nous avons connu depuis les origines du web. L’intégration de l’IA, pour le meilleur ou pour le pire, promet néanmoins de transformer radicalement cette expérience. Confronté à une nette dégradation des résultats de la recherche, notamment due à l’affiliation publicitaire et au spam, le PDG de Google, Sundar Pichai, a promis une « réinvention totale de la recherche » en lançant son nouveau « mode IA ». Contrairement aux aperçus IA disponibles jusqu’à présent, le mode IA va remplacer complètement les résultats de recherche traditionnels. Désormais, un chatbot va créer un article pour répondre aux questions. En cours de déploiement et facultatif pour l’instant, à terme, il sera « l’avenir de la recherche Google ».
Les critiques ont montré que, les aperçus IA généraient déjà beaucoup moins de trafic vers le reste d’internet (de 30 % à 70 %, selon le type de recherche. Des analyses ont également révélé qu’environ 60 % des recherches Google depuis le lancement des aperçus sont désormais « zéros clic », se terminant sans que l’utilisateur ne clique sur un seul lien – voir les études respectives de SeerInteractive, Semrush, Bain et Sparktoro), et beaucoup craignent que le mode IA ne renforce encore cette tendance. Si cela se concrétise, cela pourrait anéantir le modèle économique du web tel que nous le connaissons. Google estime que ces inquiétudes sont exagérées, affirmant que le mode IA « rendra le web plus sain et plus utile ». L’IA dirigerait les utilisateurs vers « une plus grande diversité de sites web » et le trafic serait de « meilleure qualité » car les utilisateurs passent plus de temps sur les liens sur lesquels ils cliquent. Mais l’entreprise n’a fourni aucune donnée pour étayer ces affirmations.
Google et ses détracteurs s’accordent cependant sur un point : internet est sur le point de prendre une toute autre tournure. C’est le principe même du web qui est menacé, celui où chacun peut créer un site librement accessible et référencé.
L’article de la BBC remarque, très pertinemment, que cette menace de la mort du web a déjà été faite. En 2010, Wired annonçait « la mort du web ». À l’époque, l’essor des smartphones, des applications et des réseaux sociaux avaient déjà suscité des prédictions apocalyptiques qui ne se sont pas réalisées. Cela n’empêche pas les experts d’être soucieux face aux transformations qui s’annoncent. Pour les critiques, certes, les aperçus IA et le mode IA incluent tous deux des liens vers des sources, mais comme l’IA vous donne la réponse que vous cherchez, cliquer sur ceux-ci devient superflu. C’est comme demander un livre à un bibliothécaire et qu’il vous en parle plutôt que de vous le fournir, compare un expert.
La chute du nombre de visiteurs annoncée pourrait faire la différence entre une entreprise d’édition viable… et la faillite. Pour beaucoup d’éditeurs, ce changement sera dramatique. Nombre d’entreprises constatent que Google affiche leurs liens plus souvent, mais que ceux-ci sont moins cliqués. Selon le cabinet d’analyse de données BrightEdge, les aperçus IA ont entraîné une augmentation de 49 % des impressions sur le web, mais les clics ont chuté de 30 %, car les utilisateurs obtiennent leurs réponses directement de l’IA. « Google a écrit les règles, créé le jeu et récompensé les joueurs », explique l’une des expertes interrogée par la BBC. « Maintenant, ils se retournent et disent : « C’est mon infrastructure, et le web se trouve juste dedans ». »
Demis Hassabis, directeur de Google DeepMind, le laboratoire de recherche en IA de l’entreprise, a déclaré qu’il pensait que demain, les éditeurs alimenteraient directement les modèles d’IA avec leurs contenus, sans plus avoir à se donner la peine de publier des informations sur des sites web accessibles aux humains. Mais, pour Matthew Prince, directeur général de Cloudflare, le problème dans ce web automatisé, c’est que « les robots ne cliquent pas sur les publicités ». « Si l’IA devient l’audience, comment les créateurs seront-ils rémunérés ? » La rémunération directe existe déjà, comme le montrent les licences de contenus que les plus grands éditeurs de presse négocient avec des systèmes d’IA pour qu’elles s’entraînent et exploitent leurs contenus, mais ces revenus-là ne compenseront pas la chute d’audience à venir. Et ce modèle ne passera certainement pas l’échelle d’une rétribution généralisée.
Si gagner de l’argent sur le web devient plus difficile, il est probable que nombre d’acteurs se tournent vers les réseaux sociaux pour tenter de compenser les pertes de revenus. Mais là aussi, les caprices algorithmiques et le développement de l’IA générative risquent de ne pas suffire à compenser les pertes.
Pour Google, les réactions aux aperçus IA laissent présager que le mode IA sera extrêmement populaire. « À mesure que les utilisateurs utilisent AI Overviews, nous constatons qu’ils sont plus satisfaits de leurs résultats et effectuent des recherches plus souvent », a déclaré Pichai lors de la conférence des développeurs de Google. Autrement dit, Google affirme que cela améliore la recherche et que c’est ce que veulent les utilisateurs. Mais pour Danielle Coffey, présidente de News/Media Alliance, un groupement professionnel représentant plus de 2 200 journalistes et médias, les réponses de l’IA vont remplacer les produits originaux : « les acteurs comme Google vont gagner de l’argent grâce à notre contenu et nous ne recevons rien en retour ». Le problème, c’est que Google n’a pas laissé beaucoup de choix aux éditeurs, comme le pointait Bloomberg. Soit Google vous indexe pour la recherche et peut utiliser les contenus pour ses IA, soit vous êtes désindexé des deux. La recherche est bien souvent l’une des premières utilisations d’outils d’IA. Les inquiétudes sur les hallucinations, sur le renforcement des chambres d’échos dans les réponses que vont produire ces outils sont fortes (on parle même de « chambre de chat » pour évoquer la réverbération des mêmes idées et liens dans ces outils). Pour Cory Doctorow, « Google s’apprête à faire quelque chose qui va vraiment mettre les gens en colère »… et appelle les acteurs à capitaliser sur cette colère à venir. Matthew Prince de Cloudflare prône, lui, une intervention directe. Son projet est de faire en sorte que Cloudflare et un consortium d’éditeurs de toutes tailles bloquent collectivement les robots d’indexation IA, à moins que les entreprises technologiques ne paient pour le contenu. Il s’agit d’une tentative pour forcer la Silicon Valley à négocier. « Ma version très optimiste », explique Prince, « est celle où les humains obtiennent du contenu gratuitement et où les robots doivent payer une fortune pour l’obtenir ». Tim O’Reilly avait proposé l’année dernière quelque chose d’assez similaire : expliquant que les droits dérivés liés à l’exploitation des contenus par l’IA devraient donner lieu à rétribution – mais à nouveau, une rétribution qui restera par nature insuffisante, comme l’expliquait Frédéric Fillioux.
Même constat pour le Washington Post, qui s’inquiète de l’effondrement de l’audience des sites d’actualité avec le déploiement des outils d’IA. « Le trafic de recherche organique vers ses sites web a diminué de 55 % entre avril 2022 et avril 2025, selon les données de Similarweb ». Dans la presse américaine, l’audience est en berne et les licenciements continuent.
Pour la Technology Review, c’est la fin de la recherche par mots-clés et du tri des liens proposés. « Nous entrons dans l’ère de la recherche conversationnelle » dont la fonction même vise à « ignorer les liens », comme l’affirme Perplexity dans sa FAQ. La TR rappelle l’histoire de la recherche en ligne pour montrer que des annuaires aux moteurs de recherche, celle-ci a toujours proposé des améliorations, pour la rendre plus pertinente. Depuis 25 ans, Google domine la recherche en ligne et n’a cessé de s’améliorer pour fournir de meilleures réponses. Mais ce qui s’apprête à changer avec l’intégration de l’IA, c’est que les sources ne sont plus nécessairement accessibles et que les réponses sont générées à la volée, aucune n’étant identique à une autre.
L’intégration de l’IA pose également la question de la fiabilité des réponses. L’IA de Google a par exemple expliqué que la Technology Review avait été mise en ligne en 2022… ce qui est bien sûr totalement faux, mais qu’en saurait une personne qui ne le sait pas ? Mais surtout, cet avenir génératif promet avant tout de fabriquer des réponses à la demande. Mat Honan de la TR donne un exemple : « Imaginons que je veuille voir une vidéo expliquant comment réparer un élément de mon vélo. La vidéo n’existe pas, mais l’information, elle, existe. La recherche générative assistée par l’IA pourrait théoriquement trouver cette information en ligne – dans un manuel d’utilisation caché sur le site web d’une entreprise, par exemple – et créer une vidéo pour me montrer exactement comment faire ce que je veux, tout comme elle pourrait me l’expliquer avec des mots aujourd’hui » – voire très mal nous l’expliquer. L’exemple permet de comprendre comment ce nouvel internet génératif pourrait se composer à la demande, quelles que soient ses défaillances.
Mêmes constats pour Matteo Wrong dans The Atlantic : avec la généralisation de l’IA, nous retournons dans un internet en mode bêta. Les services et produits numériques n’ont jamais été parfaits, rappelle-t-il, mais la généralisation de l’IA risque surtout d’amplifier les problèmes. Les chatbots sont très efficaces pour produire des textes convaincants, mais ils ne prennent pas de décisions en fonction de l’exactitude factuelle. Les erreurs sont en passe de devenir « une des caractéristiques de l’internet ». « La Silicon Valley mise l’avenir du web sur une technologie capable de dérailler de manière inattendue, de s’effondrer à la moindre tâche et d’être mal utilisée avec un minimum de frictions ». Les quelques réussites de l’IA n’ont que peu de rapport avec la façon dont de nombreuses personnes et entreprises comprennent et utilisent cette technologie, rappelle-t-il. Plutôt que des utilisations ciblées et prudentes, nombreux sont ceux qui utilisent l’IA générative pour toutes les tâches imaginables, encouragés par les géants de la tech. « Tout le monde utilise l’IA pour tout », titrait le New York Times. « C’est là que réside le problème : l’IA générative est une technologie suffisamment performante pour que les utilisateurs en deviennent dépendants, mais pas suffisamment fiable pour être véritablement fiable ». Nous allons vers un internet où chaque recherche, itinéraire, recommandation de restaurant, résumé d’événement, résumé de messagerie vocale et e-mail sera plus suspect qu’il n’est aujourd’hui. « Les erreurs d’aujourd’hui pourraient bien, demain, devenir la norme », rendant ses utilisateurs incapables de vérifier ses fonctionnements. Bienvenue dans « l’âge de la paranoïa », clame Wired.
Mais il n’y a pas que les « contenus » qui vont se recomposer, la publicité également. C’est ainsi qu’il faut entendre les déclarations de Mark Zuckerberg pour automatiser la création publicitaire, explique le Wall Street Journal. « La plateforme publicitaire de Meta propose déjà des outils d’IA capables de générer des variantes de publicités existantes et d’y apporter des modifications mineures avant de les diffuser aux utilisateurs sur Facebook et Instagram. L’entreprise souhaite désormais aider les marques à créer des concepts publicitaires de A à Z ». La publicité représente 97 % du chiffre d’affaires de Meta, rappelle le journal (qui s’élève en 2024 à 164 milliards de dollars). Chez Meta les contenus génératifs produisent déjà ce qu’on attend d’eux. Meta a annoncé une augmentation de 8 % du temps passé sur Facebook et de 6 % du temps passé sur Instagram grâce aux contenus génératifs. 15 millions de publicités par mois sur les plateformes de Meta sont déjà générées automatiquement. « Grâce aux outils publicitaires développés par Meta, une marque pourrait demain fournir une image du produit qu’elle souhaite promouvoir, accompagnée d’un objectif budgétaire. L’IA créerait alors l’intégralité de la publicité, y compris les images, la vidéo et le texte. Le système déciderait ensuite quels utilisateurs Instagram et Facebook cibler et proposerait des suggestions en fonction du budget ». Selon la géolocalisation des utilisateurs, la publicité pourrait s’adapter en contexte, créant l’image d’une voiture circulant dans la neige ou sur une plage s’ils vivent en montagne ou au bord de la mer. « Dans un avenir proche, nous souhaitons que chaque entreprise puisse nous indiquer son objectif, comme vendre quelque chose ou acquérir un nouveau client, le montant qu’elle est prête à payer pour chaque résultat, et connecter son compte bancaire ; nous nous occuperons du reste », a déclaré Zuckerberg lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de l’entreprise.
Nilay Patel, le rédac chef de The Verge, parle de « créativité infinie ». C’est d’ailleurs la même idée que l’on retrouve dans les propos de Jensen Huang, le PDG de Nvidia, quand il promet de fabriquer les « usines à IA » qui généreront le web demain. Si toutes les grandes entreprises et les agences de publicité ne sont pas ravies de la proposition – qui leur est fondamentalement hostile, puisqu’elle vient directement les concurrencer -, d’autres s’y engouffrent déjà, à l’image d’Unilever qui explique sur Adweek que l’IA divise par deux ses budgets publicitaires grâce à son partenariat avec Nvidia. « Unilever a déclaré avoir réalisé jusqu’à 55 % d’économies sur ses campagnes IA, d’avoir réduit les délais de production de 65 % tout en doublant le taux de clic et en retenant l’attention des consommateurs trois fois plus longtemps ».
L’idée finalement très partagée par tous les géants de l’IA, c’est bien d’annoncer le remplacement du web que l’on connaît par un autre. Une sous-couche générative qu’ils maîtriseraient, capable de produire un web à leur profit, qu’ils auraient avalé et digéré.
Nilay Patel était l’année dernière l’invité du podcast d’Ezra Klein pour le New York Times qui se demandait si cette transformation du web allait le détruire ou le sauver. Dans cette discussion parfois un peu décousue, Klein rappelle que l’IA se développe d’abord là où les produits n’ont pas besoin d’être très performants. Des tâches de codage de bas niveau aux devoirs des étudiants, il est également très utilisé pour la diffusion de contenus médiocres sur l’internet. Beaucoup des contenus d’internet ne sont pas très performants, rappelle-t-il. Du spam au marketing en passant par les outils de recommandations des réseaux sociaux, internet est surtout un ensemble de contenus à indexer pour délivrer de la publicité elle-même bien peu performante. Et pour remplir cet « internet de vide », l’IA est assez efficace. Les plateformes sont désormais inondées de contenus sans intérêts, de spams, de slops, de contenus de remplissage à la recherche de revenus. Et Klein de se demander que se passera-t-il lorsque ces flots de contenu IA s’amélioreront ? Que se passera-t-il lorsque nous ne saurons plus s’il y a quelqu’un à l’autre bout du fil de ce que nous voyons, lisons ou entendons ? Y aura-t-il encore quelqu’un d’ailleurs, où n’aurons-nous accès plus qu’à des contenus génératifs ?
Pour Patel, pour l’instant, l’IA inonde le web de contenus qui le détruisent. En augmentant à l’infini l’offre de contenu, le système s’apprête à s’effondrer sur lui-même : « Les algorithmes de recommandation s’effondrent, notre capacité à distinguer le vrai du faux s’effondre également, et, plus important encore, les modèles économiques d’Internet s’effondrent complètement ». Les contenus n’arrivent plus à trouver leurs publics, et inversement. L’exemple éclairant pour illustrer cela, c’est celui d’Amazon. Face à l’afflux de livres générés par l’IA, la seule réponse d’Amazon a été de limiter le nombre de livres déposables sur la plateforme à trois par jour. C’est une réponse parfaitement absurde qui montre que nos systèmes ne sont plus conçus pour organiser leurs publics et leur adresser les bons contenus. C’est à peine s’ils savent restreindre le flot
Avec l’IA générative, l’offre ne va pas cesser d’augmenter. Elle dépasse déjà ce que nous sommes capables d’absorber individuellement. Pas étonnant alors que toutes les plateformes se transforment de la même manière en devenant des plateformes de téléachats ne proposant plus rien d’autre que de courtes vidéos.
« Toutes les plateformes tendent vers le même objectif, puisqu’elles sont soumises aux mêmes pressions économiques ». Le produit des plateformes c’est la pub. Elles-mêmes ne vendent rien. Ce sont des régies publicitaires que l’IA promet d’optimiser depuis les données personnelles collectées. Et demain, nos boîtes mails seront submergées de propositions marketing générées par l’IA… Pour Patel, les géants du net ont arrêté de faire leur travail. Aucun d’entre eux ne nous signale plus que les contenus qu’ils nous proposent sont des publicités. Google Actualités référence des articles écrits par des IA sans que cela ne soit un critère discriminant pour les référenceurs de Google, expliquait 404 Media (voir également l’enquête de Next sur ce sujet qui montre que les sites générés par IA se démultiplient, « pour faire du fric »). Pour toute la chaîne, les revenus semblent être devenus le seul objectif.
Et Klein de suggérer que ces contenus vont certainement s’améliorer, comme la génération d’image et de texte n’a cessé de s’améliorer. Il est probable que l’article moyen d’ici trois ans sera meilleur que le contenu moyen produit par un humain aujourd’hui. « Je me suis vraiment rendu compte que je ne savais pas comment répondre à la question : est-ce un meilleur ou un pire internet qui s’annonce ? Pour répondre presque avec le point de vue de Google, est-ce important finalement que le contenu soit généré par un humain ou une IA, ou est-ce une sorte de sentimentalisme nostalgique de ma part ? »
Il y en a certainement, répond Patel. Il n’y a certainement pas besoin d’aller sur une page web pour savoir combien de temps il faut pour cuire un œuf, l’IA de Google peut vous le dire… Mais, c’est oublier que cette IA générative ne sera pas plus neutre que les résultats de Google aujourd’hui. Elle sera elle aussi façonnée par la publicité. L’enjeu demain ne sera plus d’être dans les 3 premiers résultats d’une page de recherche, mais d’être citée par les réponses construites par les modèles de langages. « Votre client le plus important, désormais, c’est l’IA ! », explique le journaliste Scott Mulligan pour la Technology Review. « L’objectif ultime n’est pas seulement de comprendre comment votre marque est perçue par l’IA, mais de modifier cette perception ». Or, les biais marketing des LLM sont déjà nombreux. Une étude montre que les marques internationales sont souvent perçues comme étant de meilleures qualités que les marques locales. Si vous demandez à un chatbot de recommander des cadeaux aux personnes vivant dans des pays à revenu élevé, il suggérera des articles de marque de luxe, tandis que si vous lui demandez quoi offrir aux personnes vivant dans des pays à faible revenu, il recommandera des marques plus cheap.
L’IA s’annonce comme un nouveau public des marques, à dompter. Et la perception d’une marque par les IA aura certainement des impacts sur leurs résultats financiers. Le marketing a assurément trouvé un nouveau produit à vendre ! Les entreprises vont adorer !
Pour Klein, l’internet actuel est certes très affaibli, pollué de spams et de contenus sans intérêts. Google, Meta et Amazon n’ont pas créé un internet que les gens apprécient, mais bien plus un internet que les gens utilisent à leur profit. L’IA propose certainement non pas un internet que les gens vont plus apprécier, bien au contraire, mais un internet qui profite aux grands acteurs plutôt qu’aux utilisateurs. Pour Patel, il est possible qu’un internet sans IA subsiste, pour autant qu’il parvienne à se financer.
Les acteurs oligopolistiques du numérique devenus les acteurs oligopolistiques de l’IA semblent s’aligner pour transformer le web à leur seul profit, et c’est assurément la puissance (et surtout la puissance financière) qu’ils ont acquis qui le leur permet. La transformation du web en « web des machines » est assurément la conséquence de « notre longue dépossession », qu’évoquait Ben Tarnoff dans son livre, Internet for the People.
La promesse du web synthétique est là pour rester. Et la perspective qui se dessine, c’est que nous avons à nous y adapter, sans discussion. Ce n’est pas une situation très stimulante, bien au contraire. A mesure que les géants de l’IA conquièrent le numérique, c’est nos marges de manœuvres qui se réduisent. Ce sont elles que la régulation devrait chercher à ré-ouvrir, dès à présent. Par exemple en mobilisant très tôt le droit à la concurrence et à l’interopérabilité, pour forcer les acteurs à proposer aux utilisateurs d’utiliser les IA de leurs choix ou en leur permettant, très facilement, de refuser leurs implémentations dans les outils qu’ils utilisent, que ce soit leurs OS comme les services qu’ils utilisent. Bref, mobiliser le droit à la concurrence et à l’interopérabilité au plus tôt. Afin que défendre le web que nous voulons ne s’avère pas plus difficile demain qu’il n’était aujourd’hui.
Hubert Guillaud
Cet édito a été originellement publié dans la première lettre d’information de CaféIA le 27 juin 2025.