04.10.2026 à 09:13
Quel est l’impact des décisions de la BCE sur les ménages modestes ?
04.10.2026 à 09:13
Quel est l’impact des décisions de la BCE sur les ménages modestes ?
L’ESSENTIEL
La nouvelle hausse de l’inflation a poussé la Banque centrale européenne (BCE) à augmenter ses taux directeurs – 2,5 % pour le taux de dépôt.
Entre lutte contre l’inflation, baisse des crédits et réduction de l’activité, les hausses de ces taux ont des conséquences pour les ménages modestes.
En luttant contre l’inflation, la BCE peut contribuer à ralentir l’économie française et d’augmenter le chômage.
Entre août 2025 et août 2026, les prix payés par les ménages ont progressé de 2,4 % sur le territoire national. Ce regain d’inflation contraste avec le repli observé depuis le pic de 2022, année où l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait porté l’inflation annuelle à un niveau record de 5,2 %.
Cette inflation vient affecter le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, disposant d’un niveau d’épargne plus faible et avec un niveau de vie relativement faible – appartenant aux 20 % des ménages les plus faibles pour l’Insee et 40 % pour la Drees.
Pour contrôler cette inflation et remplir son objectif premier de maintenir la stabilité des prix, la Banque centrale européenne (BCE) relève son taux directeur pour le refinancement des banques à 2,65 % et le taux de dépôt à 2,5 % en septembre 2026.
Mais quels sont les enjeux réels d’une telle décision pour les ménages modestes, plus exposés dans leur vie quotidienne à une hausse des prix ?
Si notre étude souligne que les décisions prises par la BCE concernent en premier lieu les banques, principaux vecteurs de transmission de la politique monétaire, elles exercent également une influence sur la consommation des ménages par le canal du crédit bancaire.
Afin de maintenir la stabilité des prix, la BCE dispose de différents outils. Le principal : le taux de refinancement des banques.
Concrètement, quand une banque souhaite prêter de l’argent à un ménage avec un projet d’investissement, elle doit disposer des fonds nécessaires. Si ce n’est pas le cas, une option est d’emprunter auprès de la banque centrale. Le taux appliqué à cet emprunt est le taux de refinancement – actuellement de 2,65 %. Les ménages empruntent ensuite à un taux plus élevé, incluant une prime de risque destinée à couvrir le risque de non-remboursement et une marge permettant à la banque de couvrir ses coûts et générer un bénéfice.
Quand l’inflation est faible, la BCE instaure une politique monétaire expansive, ou accommodante. Le taux de refinancement est plus faible, facilitant l’octroi de crédit par les banques. À l’inverse, pour lutter contre une inflation importante, ce taux est plus élevé. Il restreint à dessein la capacité des banques à obtenir des liquidités et de facto à prêter aux ménages. C’est ce qu’on appelle une politique monétaire restrictive.
Dans un contexte inflationniste accompagné d’une hausse des taux d’intérêt, les ménages perdent simultanément deux leviers pour maintenir leur consommation : la capacité d’emprunt, rendue plus coûteuse, et le pouvoir d’achat, rogné par la hausse des prix.
Ce second levier pourrait être préservé si les revenus progressaient au même rythme que les prix. Or, en France, les revenus progressent moins vite que les prix. La conséquence ? Une perte réelle de pouvoir d’achat. En 2023, les 10 % des Français les plus pauvres subissent une contraction de leur niveau de vie de -1 %. Pour ces ménages les plus modestes, qui ne peuvent ni emprunter ni puiser dans une épargne insuffisante, ce décrochage entre revenus et prix est particulièrement brutal.
À lire aussi : Une pauvreté aggravée : au-delà des indicateurs monétaires, le vécu
C’est précisément pourquoi l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la BCE revêt une importance sociale. En cherchant à contenir l’inflation, elle limite la dégradation du pouvoir d’achat de ceux qui n’ont aucun autre filet de protection.
Si la politique monétaire de la BCE influence directement le pouvoir d’achat des ménages par le canal du crédit aux particuliers, elle affecte indirectement leur quotidien via le marché du travail. Comment ? En facilitant ou en restreignant l’accès au crédit pour les entreprises.
Une entreprise qui évolue dans un contexte où l’obtention d’un crédit est aisée pourra plus facilement investir, embaucher ou mieux rémunérer ses salariés. A contrario une politique monétaire restrictive, dans un contexte inflationniste, augmente dans un premier temps les coûts du crédit aux entreprises.
Entre juillet 2021 et juillet 2023, alors que le taux directeur de la BCE passe de 0 à 4 %, le taux d’emprunt des entreprises françaises augmente de 1,08 % à 4,42 %. Une entreprise n’empruntant plus investit moins. À cette baisse d’investissements s’ajoutent des coûts de production élevés, une demande pour les biens et services en baisse due à la diminution du pouvoir d’achat, le tout contribuant à une chute du chiffre d’affaires menant à des destructions d’emplois.
Les ménages les plus modestes sont les plus exposés aux fluctuations du marché du travail, notamment au chômage.
Par exemple, les jeunes sont les premiers à subir les changements de cycle économique induits par la politique monétaire.
Les chiffres l’attestent en France : entre le dernier trimestre 2024 et le deuxième trimestre 2026 (dernière donnée disponible), le taux de chômage des jeunes entre 15 et 24 ans (selon la mesure du BIT) a augmenté de 5 points, passant de 16,6 % à 21,6 %. Sur la même période, le taux de chômage de l’ensemble des actifs, indépendamment de leur âge, ne progresse que de 0,8 %.
En plus de leurs revenus et de leurs emplois, la politique monétaire influence le patrimoine des ménages.
Ainsi, la compression des taux de crédit, tombés à 1,06 % en décembre 2021, favorise la demande de biens immobiliers, poussant les prix à la hausse. Au troisième trimestre 2022, le prix des logements anciens progresse de + 6,4 % sur un an.
Or, 30 % des ménages les moins dotés possèdent moins de 40 000 euros de patrimoine, composé quasi exclusivement de livrets d’épargne réglementée et sans exposition à l’immobilier. Ils ne bénéficient pas de cette hausse des prix immobiliers, et la valeur de leur patrimoine n’en est pas accrue.
Compte tenu de ces disparités, les effets de la politique monétaire de la BCE peuvent détériorer la situation des ménages modestes en creusant les inégalités de patrimoine existantes.
En définitive, l’inflation n’affecte pas le pouvoir d’achat des ménages modestes de manière isolée ; elle interagit avec la réponse de la politique monétaire pour produire un effet cumulatif. La politique monétaire agit moins comme un simple correctif que comme un amplificateur des dynamiques de prix, avec des répercussions particulièrement marquées pour les ménages les plus modestes.
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
04.10.2026 à 09:12
Face à l’imprévu permanent, une autre logique d’entreprise émerge
L’ESSENTIEL
La crise est devenue permanente. Les situations critiques s’enchaînent quand elles ne se superposent pas.
Dans ce contexte, les logiques pour diriger l’entreprise ne peuvent plus être les mêmes. Certaines entreprises ont déjà commencé à en changer avec des résultats positifs.
Avoir une boussole et être robuste sont deux principes de cette nouvelle logique. Pour y parvenir, il faut prendre soin inconditionnellement des membres de son écosystème.
Nous ne traversons plus une succession de crises temporaires suivies d’un retour à l’équilibre. Nous sommes entrés dans une incertitude structurelle. Comment diriger face à cette nouvelle donne ?
Pendant des décennies, la direction d’entreprise s’est construite sur une hypothèse implicite : un environnement suffisamment stable pour prévoir, optimiser et contrôler. Une crise constituait alors une parenthèse. Pour absorber le choc, il fallait se replier, en attendant le retour à la prévisibilité et ajuster ses plans. Cette hypothèse ne tient plus dans un monde où les secousses se succèdent, quand elles ne se superposent pas.
Depuis des mois, des dirigeants rapportent combien les secousses autour d’Ormuz, avec leur impact sur les prix de l’énergie ravivent leurs inquiétudes et suspendent leurs décisions. Cette crise iranienne n’est qu’un épisode parmi d’autres crises militaires, politiques, économiques, financières, technologiques, sanitaires, climatiques, démographiques, voire sociales. L’imprévu est devenu la norme. Les entreprises le subissent, mais peu l’ont intériorisé. Elles continuent de considérer l’incertitude comme un accident, et non comme leur nouvel environnement. Elles poursuivent encore une logique conçue pour un monde stable reposant sur la prévision et l’optimisation.
Pourtant, d’autres entreprises ont pris acte du changement. Elles font place à la boussole et à la robustesse.
Quand le secteur bancaire suédois a traversé, en 1991, l’éclatement d’une bulle immobilière, puis, en 2008, la crise des subprimes, le pays a nationalisé toutes ses banques, sauf une : Handelsbanken, laquelle n’a même pas sollicité ses actionnaires. Actrice majeure en Suède, Handelsbanken est également présente au Royaume-Uni, en Norvège et dans d’autres pays en Europe. Au Royaume-Uni, lors de la crise du Covid, avec seulement 1 % du marché de la banque de détail, elle a accordé 50 % des prêts aux petites et moyennes entreprises (PME).
À lire aussi : Face aux polycrises, l’État doit devenir stratège
Comment expliquer cette capacité à traverser les crises là où d’autres vacillent ? La réponse est double : une boussole inspirante et une robustesse fondamentale.
Un proverbe rappelle que, « Si vous ne savez pas où vous allez, tous les chemins vous y mènent », et plus grave encore, vous y êtes déjà. Vouloir la maximisation du profit ne constitue pas une boussole. Cela entraîne une oscillation permanente entre conquête de marchés et réduction des coûts, entre décentralisation et reprise de contrôle, et, en période de crise, cela conduit souvent à la paralysie.
À l’inverse, la boussole de Handelsbanken consiste en un soin inconditionnel de la santé financière de ses clients. Mais c’est sa robustesse qui lui permet de la suivre dans la durée. Cette robustesse repose moins sur l’optimisation que sur des relations de caring (au sens où l’entreprise prend soin) profondément différentes avec ses collaborateurs, ses clients et ses fournisseurs.
Ainsi, la banque accorde une réelle confiance à ses agences : celles-ci disposent de leur propre compte d’exploitation et décident localement de près de 75 % des prêts. Le directeur de l’agence concernée donne aussi son aval pour les grands prêts à des entreprises comme Volvo. Ces opérations figurent dans le compte d’exploitation de son agence.
Quant aux conseillers, ils ne privilégient pas des transactions opportunistes, mais le bien de leurs clients. Comme l’exprimait Jan Wallander, le PDG qui a transformé cette banque :
« La situation financière des personnes est presque aussi importante que leur santé. Un bon banquier devrait posséder les mêmes qualités qu’un bon médecin généraliste. »
Cette logique fonctionne-t-elle ? Handelsbanken affiche parmi les plus faibles ratios de pertes sur crédits au monde, moins de 0,1 %, et, depuis plus de cinquante ans, elle surpasse ses concurrents, si on prend comme indicateur le rendement des capitaux propres. Mais ces performances ne sont pas l’objectif poursuivi. Ils sont la conséquence du suivi de la boussole en étant robustes : au final, l’entreprise comme ses actionnaires en bénéficient, grâce à des rendements sains et durables.
Handelsbanken n’est pas un cas isolé. Avec Laurent Marbacher nous décrivons dans notre dernier ouvrage The Caring Company de nombreuses entreprises qui ont adopté cette double logique, comme le laboratoire pharmaceutique japonais Eisai ou encore la laiterie française LSDH.
Dans un monde où l’imprévu est permanent, elles ne cherchent plus à anticiper un équilibre, tout en optimisant l’existant : elles suivent leur boussole en étant robustes pour encaisser les chocs, et même en sortir renforcées.
C’est cette transformation que de plus en plus de dirigeants explorent aujourd’hui. Encore faut-il savoir l’engager concrètement. Cette transformation ne se décrète pas et ne se déploie pas selon une méthode toute faite. Chaque entreprise doit co-construire son propre mode de fonctionnement autour des deux principes déjà évoqués :
le premier est une boussole : définir ensemble, avec ses collaborateurs, le bien – la valeur sociale – que l’entreprise entend durablement apporter à ceux dont elle prend soin, qu’il s’agisse de ses clients, ses fournisseurs sans oublier sa communauté locale. Cette boussole lui permet de dépasser les relations purement transactionnelles avec les membres de son écosystème.
le second est la robustesse nécessaire pour suivre cette boussole, y compris dans la tempête. Pour cela, il faut donner aux collaborateurs une réelle autonomie d’action et remplacer progressivement le contrôle par la confiance. Il ne s’agit donc pas d’ajouter un programme de plus, mais de revoir en profondeur la logique même selon laquelle l’entreprise fonctionne et ses dirigeants agissent.
La performance économique hors pair, dans les périodes fastes comme dans ce nouvel environnement de crises, n’est pas le but de cette logique : elle en découle.
Isaac Getz ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
04.10.2026 à 09:12
Non, le stoïcisme n'est pas ce « truc de mecs » revendiqué par les masculinistes
L’ESSENTIEL
Le stoïcisme est une philosophie de l’éthique personnelle de la Grèce antique, qui enseigne la maîtrise de soi et l’acceptation sereine du destin.
Sénèque, Épictète et Marc Aurèle comptent parmi les philosophes stoïciens les plus connus.
Ces dernières années, sur les réseaux sociaux, la « manosphère » se revendique beaucoup du stoïcisme, en interprétant et en dévoyant des concepts philosophiques qui n’ont pourtant rien de viriliste.
__
Dans son ouvrage de 2018 Not All Dead White Men (non traduit en français, NdT) consacré aux classiques, à la misogynie et à l’ère numérique, la classiciste américaine Donna Zuckerberg a noté avec une certaine inquiétude que « les hommes de la manosphère éprouvent une profonde fascination pour la philosophie stoïcienne ».
Elle explique clairement comment ces espaces en ligne utilisent des extraits d’œuvres stoïciennes pour affirmer que les femmes sont psychologiquement inaptes au stoïcisme. Par exemple, la « manosphère » s’appuie sur l’éloge de la logique prôné par le stoïcisme pour prétendre que les hommes possèdent une « rationalité supérieure », tandis que les femmes seraient guidées par leurs émotions. En réalité, ils considèrent le stoïcisme comme une arme résolument virile contre la nature manipulatrice et trompeuse des femmes et contre leur influence. Pour ces raisons et bien d’autres encore, la « manosphère » soutient que les femmes ne pourront jamais être stoïciennes.
La prévalence des idées stoïciennes dans notre monde a conduit certains, dont Zuckerberg, à se demander s’il s’agit simplement d’une malheureuse déformation des textes antiques ou s’il y a quelque chose de troublant qui se cache sous la surface d’ouvrages tels que les Méditations de Marc Aurèle.
Une partie du problème réside dans l’image profondément ancrée du stoïcien comme d’une personne dénuée d’émotions et indifférente. Les stoïciens sont courageux et résilients, mais ne se soucient peut-être de personne d’autre qu’eux-mêmes. Le stoïcisme correspond-il vraiment à un état d’esprit macho, froid et indifférent ? Est-il vraiment réservé aux hommes ?
À lire aussi : Want to be happy? Then live like a Stoic for a week
Comme je l’explique dans mon nouveau livre Stoicism Is Not What You Think (non traduit en français, NdT), la réponse courte est bien sûr « Non ». Les stoïciens considéraient la rationalité comme la caractéristique déterminante des êtres humains, et c’est notre rationalité qui fait de nous les membres d’une seule et même communauté humaine. Toutes les autres caractéristiques, telles que l’origine ethnique, la nationalité et le genre, sont sans importance par rapport à la raison commune que possèdent tous les êtres humains. Les stoïciens n’ont donc aucune raison d’établir une distinction stricte entre les hommes et les femmes.
Le philosophe stoïcien romain Gaius Musonius Rufus, actif au Ier siècle de notre ère, s’est directement exprimé sur ce sujet précis. En réponse à la question de savoir si les femmes devaient étudier la philosophie, il a fait valoir que les femmes et les hommes possèdent les mêmes sens qui leur fournissent des informations sur le monde et les mêmes capacités rationnelles. Ils sont tous deux également capables d’agir avec vertu.
Si la philosophie est l’étude de la manière de mener une vie bonne, il serait alors absurde de suggérer qu’elle ne convient qu’à une partie de l’humanité. Musonius cite de nombreux exemples où les femmes font preuve de la vertu « virile » qu’est le courage, notamment lorsqu’elles protègent leur progéniture. Si jamais vous souhaitez voir ce qu’est le véritable courage, rendez-vous simplement à la maternité la plus proche.
Musonius soutient également que les filles devraient recevoir la même éducation que les garçons – une idée radicale à son époque. Les vertus les plus importantes que sont le courage, la modération, l’équité et la capacité à prendre de bonnes décisions sont tout aussi essentielles pour les filles que pour les garçons ; elles doivent donc, bien sûr, être enseignées aux unes comme aux autres. Musonius était un enfant de son époque et évoluait largement dans les limites de sa culture ; il partait du principe que la plupart des femmes finiraient par s’occuper d’un foyer. Mais au Ier siècle de notre ère, c’était une hypothèse tout à fait raisonnable. Bien qu’il ne soit pas parfait, ce philosophe stoïcien est probablement ce qui se rapproche le plus d’un théoricien féministe dans l’Antiquité.
À lire aussi : Stoicism on Tiktok promises happiness – but the ancient philosophers who came up with it had something very different in mind
On nous dit que de nombreux membres de la manosphère sont des lecteurs assidus de Marc Aurèle. Ses Méditations comportent plusieurs passages où il semble dire qu’il faut « être un homme » et, à un moment donné, il critique quelqu’un pour son « manque de virilité ». Mais il convient de rappeler que Marc Aurèle n’écrivait pas un ouvrage de maximes de développement personnel destiné à être lu par d’autres ; il s’adressait à lui-même dans un journal intime.
Lorsque Marc Aurèle se dit qu’il doit être un homme, il veut dire qu’il doit incarner les qualités propres à ce qu’il est en tant qu’homme adulte dans le monde où il vit. On peut s’interroger sur ce que signifie « être un homme », mais il est assez clair que ce que Marc Aurèle a à l’esprit, c’est d’être rationnel, calme et d’agir pour le bien-être de toute l’humanité.
Il est possible que Marc Aurèle oppose implicitement cela à une image négative des femmes, présentées comme irrationnelles et excessivement émotionnelles, mais je pense qu’il est plus probable qu’il l’oppose à l’état d’adolescent immature et irrationnel.
Lorsque Marc Aurèle se dit « sois un homme », ce qu’il veut très probablement dire, c’est « sois un adulte ». De plus, dans ces passages, il ne se contente pas de dire « sois un homme », mais généralement « sois un homme bon », et c’est l’adjectif « bon » qui importe. Le mot « homme » fait simplement référence à Marc Aurèle lui-même. Qu’est-ce qu’un homme bon ? C’est quelqu’un qui agit dans l’intérêt de toute l’humanité. Une femme bonne, c’est exactement la même chose.
John Sellars est affilié à l'association à but non lucratif « Modern Stoicism ».