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 Pièces & Main d'Oeuvre

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Publié le 21.01.2022 à 09:51

François Graner dans "L'Eléphant" : "La recherche avance plus vite que nos capacités collectives de régulation"

A la suite de son texte "Devons-nous arrêter la recherche ?" publié sur Pièces et main d'oeuvre (ici), François Graner a donné cet entretien à la revue L'Eléphant de janvier 2022 (ouvrir le document ci-dessous).

Le texte de François Graner, et celui d'Alexandre Grothendieck, intitulé "Allons-nous continuer la recherche ?" sont également disponibles sur papier dans la Pièce détachée n°94.

Pour la recevoir, envoyer un chèque de 5 euros à l'ordre de Service compris :
Service Compris - BP 27 - 38172 Seyssinet-Pariset cedex

Lire aussi :
Parution de "Récoltes et semailles" d'Alexandre Grothendieck

- Service compris

PIÈCE JOINTE (PDF)


 

Publié le 20.01.2022 à 20:25

Parution de "Récoltes et semailles" d'Alexandre Grothendieck

36 ans après sa rédaction (1986), le monstre livre d'Alexandre Grothendieck (1928-2014) - presque 2000 pages de foisonnement poétique, philosophique, mathématique, d'enquête « sociologique », « ethnologique », et de méditation sur lui-même et sur son milieu de mathématiciens - voit enfin le jour (Editions Gallimard, col. Tel. 2 vol., 1932 p. 29,50 €)

Aurait-il été heureux de cette parution ? A coup sûr. Et non moins sûrement, il aurait eu honte de cette joie de paraître. Grothendieck avait la vanité honteuse.
Sa honte aurait tourné à la fureur de se voir publié « avec le soutien de l'IHES (Institut des hautes études scientifiques), grâce à la générosité d'Henri Seydoux », et de la « Fondation Cartier pour l'art contemporain. »
Tout ce que cet écologiste radical avait rejeté et déserté. La puiscience, la science (l'IHES) au service de la puissance - de l'innovation technologique - incarnée par Henri Seydoux, héritier de la famille Schlumberger, fondateur de start up (Parrot, Louboutin) ; et la consommation ostentatoire, dont la maison Cartier, filiale de Richemont, le deuxième groupe mondial de luxe, fait le florissant commerce.

Si vous voulez savoir pourquoi le patronage de l'Institut des hautes études scientifiques, financé par l'armée et déserté par Grothendieck en 1970, est une misérable imposture, lisez les propos d'Alexandre Grothendieck lui-même, « Allons-nous continuer la recherche ? », adressés aux physiciens du CERN, en 1972 (cf. ici).
Si vous voulez savoir qui fut Alexandre Grothendieck, génie mathématique, médaille Fields 1966, cofondateur de la revue Survivre, trois ans après les premiers articles de Pierre Fournier (1937-1973) dans Hara Kiri, lisez sa notice dans Notre Bibliothèque Verte (). Et vous verrez que Grothendieck, objecteur de conScience, refusait toute contribution à la guerre industrielle contre la nature et la liberté, comme il refusait toute contribution du complexe scientifico-militaro-industriel à ses propres recherches. L'ermite retiré dans sa maison de Lasserre, en Ariège, n'aurait jamais accepté que des industriels du numérique et du luxe, se fassent une élégante et discrète promotion sur son dos ; ni de leur servir de caution et d'ethics washing.

Que voulez-vous, il aurait dû détruire son livre, transmis à nombre de personnes, à divers moments de sa conception, au lieu de se borner à interdire toute publication de son vivant. Avait-il laissé des instructions post mortem ? Explicites ? Mais à quoi bon, puisque, non plus que Kafka, il n'a brûlé son œuvre, laissant à ses héritiers la possibilité d'une trahison qu'il espérait peut-être, et dont nous profitons aussi. C'est l'hypothèse et le reproche que lui fait Romain, un garçon dont nous vous parlerons un jour, s'il finit son livre.

Evidemment, nous allons lire Récoltes et semailles, et tâcher d'en tirer plus que de la colère et de la douleur. Si un éditeur prend enfin, soudain, le risque commercial de publier l'énorme livre de Grothendieck, c'est peut-être aussi qu'après deux années de « crise sanitaire », l'idée se fait jour que les chances de survie et de liberté pour l'humanité dépendent du renversement de la caste scientifique ; le cerveau dirigeant de la technocratie dirigeante.

Les lecteurs désireux de creuser cette idée peuvent commander notre Pièce détachée n°94, contenant "Allons-nous arrêter la recherche ?", d'Alexandre Grothendieck, et "Devons-nous arrêter la recherche ?", de François Graner, chercheur et biophysicien (voir ici).

Pour la recevoir, envoyer un chèque de 5 euros à l'ordre de Service compris :
Service Compris - BP 27 - 38172 Seyssinet-Pariset cedex

Lire aussi :François Graner dans "L'Eléphant" : "La recherche avance plus vite que nos capacités collectives de régulation"

- Documents

PIÈCE JOINTE (PDF)


 

Publié le 12.01.2022 à 16:51

Dites « Non ! » - « Espace numérique de santé » : comment refuser le pillage automatisé de vos données

Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

Tandis que le Covid-19 sature notre attention, la technocratie accélère la virtualisation et la déshumanisation de nos vies en toute discrétion. Depuis le début janvier 2022, l'administration française ouvre automatiquement un « Espace numérique de santé » (ENS) à chaque usager du système de soin. Cet espace virtuel, nommé « Mon espace santé » donne accès à votre « dossier médical partagé » (DMP). Celui-ci est disponible, pour les usagers volontaires, depuis la « loi de modernisation du système de santé » de Marisol Touraine, ministre de François Hollande (janvier 2016).

Le dossier médical partagé stocke vos données de santé à destination des services médicaux et de la Sécu : historique de soins des 12 derniers mois, résultats d'examens, antécédents médicaux, comptes-rendus d'hospitalisations, coordonnées de vos proches à prévenir en cas d'urgence, directives anticipées pour votre fin de vie. C'est bien pratique.

Le nouvel « Espace numérique de santé » adjoint au DMP une « messagerie sécurisée » pour la transmission de documents ; un « agenda santé » avec vos rendez-vous ; enfin un « catalogue de services » judicieusement nommé store (« magasin » en anglais), dans lequel vous choisissez des applications à qui vous livrerez vos données personnelles, en échange de rappels pour manger cinq fruits et légumes par jour.

Selon l'appel à candidatures aux start up, éditeurs de logiciels et fabricants de gadgets connectés pour figurer dans le store : « En synthèse, il s'agit à travers l'ENS de permettre aux usagers d'avoir et de donner accès aux données relatives à leur santé (ici) ». L'avantage entre bizenessemen, c'est de se dire les choses clairement.

Apparemment, les Français aimeraient mieux pas. L'Espace numérique de santé a été testé dans trois départements pilotes, la Haute-Garonne, la Loire-Atlantique et la Somme depuis juillet 2021. Bilan : 3,5 % d'usagers de la Sécu avaient branché l'aspirateur à données en octobre.

Qu'à cela ne tienne. L'ouverture de notre « espace numérique de santé » est automatique, c'est-à-dire qu'elle ne nécessite nul consentement de notre part. Si vous n'avez pas de dossier médical partagé, il est lui aussi créé automatiquement. Nous pouvons toutefois refuser ces ouvertures :
1) à condition d'être informés,
2) de réagir dans les temps,
3) et de savoir comment faire.
On reconnaît la technique de manipulation du nudge : on ne vous demande plus votre consentement, on vous oblige à refuser. Très bien ; refusons.

Voici comment faire.

Soyez vigilants : dans les semaines qui viennent, l'Assurance maladie doit vous envoyer un courrier ou un mail vous informant de l'ouverture de votre « espace santé ». Vous aurez alors six semaines pour refuser, à compter de l'envoi du courrier.
La procédure à suivre est aussi simple que toutes les procédures de l'administration française. Nous la copions ci-après, à partir des « conditions générales d'utilisation » du site monespacesante.fr.
A nous de dire non.

Pour exercer son droit d'opposition, l'Usager (c'est vous) dispose de deux moyens :
3.3.a Exercer son droit d'opposition via monespacesante.fr

1. Pour cela, depuis monespacesante.fr, l'Usager doit s'identifier en saisissant les données suivants (sic) :
• Son code provisoire ou celui de son enfant ou celui du majeur qu'il représente (reçu par mail ou courrier)
• Son numéro de sécurité sociale
• Le type de carte Vitale qu'il détient
• Le numéro de série de sa carte Vitale

2. L'Usager est ensuite redirigé vers une page lui permettant d'activer ou de s'opposer à la création de « Mon espace santé ».
3. Il s'oppose à la création de « Mon espace santé ».
4. L'Usager est ensuite redirigé vers une page de confirmation de son choix.
5. Après confirmation, une page de prise en compte de son choix est affichée. Un justificatif au format PDF est mis à sa disposition.

3.3.b exercer son droit d'opposition via le support téléphonique
L'Usager a également la possibilité de s'opposer à la création de « Mon espace santé » en contactant le support téléphonique.
1. Pour cela, en contactant le 3422 (service gratuit + prix d'un appel, disponible de 08h30 à 17h30 du lundi au vendredi), l'Usager doit communiquer au conseiller :
• Le code confidentiel communiqué dans le courrier ou le courriel d'information reçu
• Son numéro de sécurité sociale
• Le numéro de série de sa carte Vitale
2. Une fois la demande d'opposition enregistrée par le conseiller, l'Usager a la possibilité de demander un justificatif. Exigez-le.

La cyberpolice, c'est l'organisation cybernétique de la cité (polis). C'est le pilotage informatisé des Numéros d'inscription au répertoire (NIR, alias « numéro de sécurité sociale »), par la technocratie, au moyen de sa machinerie numérique.

Nous ne sommes pas des numéros !
Nous sommes des humains et des personnes !
Nous REFUSONS d'être pillés, pilotés et contraints, en masse et en « distanciel », par la technocrature !

Merci de faire circuler cet appel à la révolte anti-numérique.

Pièces et main d'œuvre
Grenopolis, le 12 janvier 2022

***

Témoignage
Suite à notre alerte, une lectrice bretonne a appelé l'Assurance maladie au 3422 :

« Une opératrice tout à fait charmante, un humain un vrai ! m'a informée que le site pour refuser la "création de l'espace santé" était en maintenance depuis vendredi ! c'est ballot...

Elle m'a confirmé que le déploiement de l'espace santé se faisait par région (eh oui, comme le Linky !) et que le 29 n'était, pour le moment, pas concerné. Malgré tout, si le site n'avait pas été en maintenance, elle aurait pu prendre en compte ma demande de refus, même sans le code "confidentiel".

Il parait que je recevrai ce fameux "sésame" quand le Finistère sera concerné par le déploiement.
Déploiement qui devrait se terminer en mars ... (plus rapide que le Linky ....)

Vous pouvez donc, effectivement, contacter le 3422 sans attendre de courrier de la sécu.

Par contre, elle m'a confirmé que si on écrivait à la sécu pour refuser la création de cet espace, le courrier ne parviendrait pas jusqu'à eux ! Deux moyens, uniquement, sont prévus pour signifier votre refus :
le 3422
votre espace personnel. »

Vous aussi, appelez le 3422, et dites-nous ce qu'il advient de votre refus d'"espace numérique de santé". Merci.

***

(Pour télécharger ce texte, ouvrir le document ci-dessous).

Lire aussi : Terreur et possession. La police des populations à l'ère technologique, Pièces et main d'œuvre (L'Echappée, 2008)
(en librairie ou par correspondance, ici)

- Nécrotechnologies

PIÈCE JOINTE (PDF)


 

Publié le 07.01.2022 à 21:42

Aix-« en-Provence » : un technosite de la société industrielle

Aix-en-Provence continue, paraît-il, d'être « la ville préférée des Français » - enfin – des lecteurs de L'Express et du Nouvel Obs - ingénieurs, cadres et CSP+ - lors de leurs sondages annuels. Ils voudraient tous emménager dans la première au palmarès des « villes où il fait bon vivre » (et sinon, à Bordeaux ou à Montpellier). Tous, sauf notre ami Jacques Rossi qui y réside depuis son enfance, voici quatre ou cinq dizaines d'années, sans avoir grande affection, ni intérêt, pour son lieu de résidence familial. C'est normal. Les « socio-professionnels supérieurs » d'Ailleurs-en-France sont victimes d'une persistance rétinienne ; le syndrome de Cézanne ou de la Sainte-Victoire. Ils s'imaginent la vie dans une toile impressionniste (Arles de van Gogh, Giverny de Monet, Tahiti de…). Ce serait si chic. Si classe. Et puis en-Provence. Persistance mémorielle et syndrome de Mistral, Daudet, Pagnol, Giono, dont les proxénètes de l'immobilier et du tourisme ont su faire de l'argent. Aix, Aquae Sextiae, les Eaux de Sextius (-122 av. J.C.), n'est « en-Provence » que depuis le décret du président Paul Doumer du 2 février 1932, pris à la demande du conseil municipal.

L'indifférence de Jacques à son lieu de résidence est celle des résidents de tous ces lieux devenus indifférents. Il a fallu insister pour qu'il s'informe – et nous informe – de l'affaire des éoliennes censées détruire la crête de la Sainte-Victoire, afin de produire de « l'énergie propre ». Un lieu impersonnel suscite peu de remarques personnelles, à moins de défi et d'effort délibéré. Son enquête l'a pourtant ramené avant – et même avant son enfance, à Cézanne et Zola, qui a peu fait pour le tourisme local et qu'on ne classe jamais parmi les écrivains provençaux. Elle l'a également mené dans le « bassin de vie » local où il a découvert ce que nous avons découvert dans la cuvette grenopolitaine, les mêmes entreprises, les mêmes techno-industries – le CEA, STMicroelectronics, le nucléaire, les semi-conducteurs - la même classe technocratique ayant aménagé les lieux de manière fonctionnelle et conforme à ses intérêts.
De villes que Stendhal, Zola et Cézanne avaient toutes raisons de haïr et mépriser, il ne reste plus guère que des marques publicitaires, Aix (en Provence), Grenoble. Elles sont devenues ce que leurs bourgeois d'alors voulaient qu'elles deviennent, des métropoles où il fait bon vivre pour les technocrates et lecteurs de L'Obs. C'était d'ailleurs ces bourgeois, devenus industriels, que vomissaient nos artistes ; et non pas le peuple des faubourgs ; ni les pierres et les paysages, détruits depuis et dont ils nous ont sauvé le souvenir.

Que nous reste-t-il à sauver ? Notre santé mentale ; la certitude que deux et deux font quatre et que nous avons bien vu ce que nous avons vu. Et pour cela, il nous faut enquêter ; comparer sans relâche la ville et la vie d'avant à celles d'aujourd'hui pour tenir à jour le bilan de nos gains et de nos pertes. Ce bilan est ici esquissé pour un technosite local d'un système général.

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

- Nécrotechnologies

PIÈCE JOINTE (PDF)


 

Publié le 05.01.2022 à 21:45

La cloche citoyenne

Hayduke vum Herrenstengel nous écrit : "J'ai pondu une petite nouvelle il y a deux semaines. Une sorte de parabole sur le contexte actuel. Je l'ai distribuée autour de moi à celles de mes connaissances qui gardent encore une certaine autonomie intellectuelle. Ça semble plaire.
Hier, les propos du président sur les non-vaccinés qui ne seraient "plus des citoyens" m'ont décidé à vous écrire. Ce n'est pas de la mégalomanie, mais je crois que mon humble texte exprime quelque chose de fort pour les personnes concernées. Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, je n'ai pas de portable, je diffuse pour l'instant autour de moi. A vous de voir si ça rentre dans votre ligne éditoriale.
Encore merci pour tout votre travail. Je suis conseiller municipal dans mon village, et les débats affligeants sur la vidéosurveillance (pardon... vidéoprotection, c'est tellement mieux), la 5G, Gazpar, l'armement de la police municipale et d'autres encore me font parfois perdre le Nord. Heureusement qu'il y a encore des boussoles comme PMO."

Comme ce conte nous plaît à nous aussi, nous trouverions dommage d'en priver nos lecteurs.
Pour le lire, ouvrez le document ci-dessous.

- Faits divers

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