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Pièces & Main d'Oeuvre

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Publié le 27.06.2022 à 21:37

"Technopolice" : L'escroquerie du citoyennisme numérique

La Quadrature du net (QDN), association « pour un Internet libre, décentralisé et émancipateur » (tendance « RGPD »), était à Calais le 21 juin, Roubaix le 22 et Lille le 24, avec sa « Caravane de la Technopolice », afin d'alerter les citoyens sur les technologies de surveillance de masse dans l'espace public, et de lancer contre celles-ci une plainte collective : « Partout sur le territoire français, la Smart City révèle son vrai visage : celui d'une mise sous surveillance totale de l'espace urbain à des fins policières. »

Ladite « Quadrature » - pourtant un working space d'ingénieurs, de juristes et d'experts - révèle ainsi qu'elle ne sait, ni ce qu'est la police ; ni ce qu'est la technopolice. Mais qu'attendre de gens qui ne voient même pas l'ineptie du jeu de mots qui leur sert d'enseigne. La « quadrature du cercle » qu'ils essaient de détourner par humour machinal étant le type même du problème irrésoluble.
Quoi que prétendent la QDN et ses experts, l'« Internet libre » et le « numérique inclusif » ne seront jamais qu'un oxymore et un pléonasme. Examen d'une escroquerie en association citoyenne.

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Publié le 22.06.2022 à 21:49

Démonter le monde-machine

Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

Un ami informé nous fait suivre ce courrier envoyé par le service « Economie agricole » de la préfecture de la Nièvre aux exploitants agricoles en ce mois de juin 2022. On y lit ceci :

« Dans le cadre de la future programmation de la Politique agricole commune (PAC) 2023-2027, la Commission européenne a introduit un nouveau composant intitulé "système de suivi des surfaces en temps réel" (3STR) à compter du 1er janvier 2023.
[Celui-ci] se base sur l'analyse de l'activité agricole et des couverts implantés, analyse réalisée par le biais d'images satellites en continu, traitées informatiquement par l'intelligence artificielle. […]
Dans ce cadre, des exploitants seront sollicités par la DDT afin de fournir des photos géolocalisées pour vérifier certaines données analysées (couverts implantés et activité agricole) via une application sur smartphone. »

Suit un lien vers une vidéo (« Parlons PAC 2023 » sur Youtube) qui invite les exploitants à rejoindre la campagne de test du dispositif. On y suit Michel Texier, producteur de cyber-pommes de Haute-Vienne, nez sur l'écran de son smartphone au milieu de son unité de production industrielle - arbres alignés comme des poteaux surmontés de filets, sol quasi nus, à perte de vue : « l'application nous guide jusqu'au point fixe sur lequel on doit se rendre pour prendre la photo », nous explique-t-il, soulagé que cet autoflicage lui évite des tracasseries administratives.

Il y a quinze ans de ça, quand nous alertions contre le puçage électronique des animaux et des humains, Pierrot, notre copain paysan, nous avait déjà parlé du contrôle des parcelles par satellite. La contrepartie des subventions européennes, expliquait-il. Tu veux l'argent, tu te soumets. Ne t'avise pas de semer de l'orge au lieu de blé, la constellation satellitaire Copernicus (« Europe's eyes on Earth », sic) te dénonce sitôt le grain levé. Et prière de tailler les arbres en bordure qui masquent les parcelles.

Toute dignité abdiquée, voici les employés agricoles de l'Europe qui collaborent à leur propre machination. Ils viennent en renfort des satellites pour alimenter de leurs photos géolocalisées les bases de données cybernétiques. A défaut de nourrir correctement les humains, ils nourrissent les intelligences artificielles qui pilotent bientôt leurs tracteurs autonomes, les drones et les robots pour les remplacer dans leurs exploitations. C'est ainsi que les machines nous alimentent, et que nous dépendons toujours plus du règne machinal pour notre survie.

La revue Nature & Progrès nous a demandé pour son numéro d'avril-mai 2022 une mise à jour sur la machination de l'agriculture - dans sa version cybernétique notamment - et sur notre dépendance à l'égard du technotope. D'où le titre de notre papier : « Démonter le monde-machine ».

Le dossier du numéro, intitulé « Quels outils, pour quels paysans ? », comprend également des articles sur la traction animale, le bélier hydraulique et les ingénieux bricoleurs de l'Atelier paysan. Réjouissant à lire, pour nous et pour les lecteurs en quête de « solutions alternatives » - et tant mieux si les élèves ingénieurs renient leur dressage pour s'intéresser à la terre.

Pour lire l'article, ouvrir le document ci-dessous.

Pour commander la revue : Nature & Progrès, 13, bd Louis Blanc - 30100 Alès (Tél : 04 66 91 21 94).

- Nécrotechnologies

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Publié le 20.06.2022 à 22:30

Les Calanques, suite

Fin avril, Le Platane nous informait de l'instauration d'un QR code par le Parc national des Calanques pour accéder à celle de Sugiton (ici).
Aujourd'hui, le même Platane décortique les liens entre le Parc et les start up marseillaises de la "French Tech" pour concevoir la smart nature.
N'allez plus dans les Calanques, tiens, visitez-les en réalité virtuelle sur le Metavers.

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

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Publié le 19.06.2022 à 22:14

Metavers

Il n'est pas si fréquent qu'une lecture nous frappe au point d'y repenser souvent, des années durant. Mais on ne lit pas si souvent, non plus, de description aussi réaliste de notre monde. D'ailleurs, ça ne dure pas. Dix pages à peine – dix minutes de lecture, comme disent les sites à la page. A peine le temps d'un aperçu chez les voisins, le soir, quand ils oublient de fermer les volets et de tirer les rideaux. Aaah, c'est donc ça la vie des gens. Mais c'est nous les gens, c'est notre vie telle qu'elle s'offre parfois, fugitivement, à nos yeux, lors d'une rupture d'hallucination. Enfin, voyez-vous même.

L'auteur se nomme Peio Cachenaut, et il était plutôt surpris qu'on se souvienne de son récit. Un soir à Bayonne, il y a cinq ans, on boit un verre en terrasse avec les amis de la revue Hau, après une conférence-débat. Ils sont chics, ils nous offrent un exemplaire de leur revue, le numéro 7. Heureusement, il n'y a qu'un article en basque - et de belles images, quoique énigmatiques, des paysages mentaux aux couleurs du rêve. Comme ces Basques ne sont pas du genre à harceler les gens de messages pour faire parler de leurs œuvres, on le fait à leur place.

L'éditeur c'est Gogo - 64130 Maule.
Le contact : revue.hau.aldizkaria (at)gmail.com

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

Lire aussi : Dans l'homme tout est bon (homo homini porcus)

- Documents

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Publié le 13.06.2022 à 14:14

“Contre la résilience” : causerie avec Thierry Ribault à Grenoble

Nous accueillons Thierry Ribault pour une causerie autour de son dernier livre, Contre la résilience - A Fukushima et ailleurs (L'Echappée, 2021).

Avec l'accélération de l'effondrement, la technocratie invoque la résilience comme solution à chaque manifestation de la Crise (accident nucléaire, pandémie, terrorisme, sécheresse, etc). Il s'agit de nous adapter au pire sans jamais remonter aux causes, comme en témoigne la loi française votée en 2021, “portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets”.
Le mot lui-même vient de l'anglais resilience, issu du latin resilire : « sauter en arrière », d'où « rebondir, résister ». Quand la société industrielle détruit le monde et chasse les humains de leur propre vie, il revient à chacun de trouver en soi les moyens de “rebondir”.

Thierry Ribault a passé 15 ans au Japon comme chercheur et a notamment enquêté sur la “gestion” technocratique de la catastrophe de Fukushima. Il en a tiré une réflexion critique sur la résilience comme idéologie de l'adaptation et technique du consentement à la catastrophe en cours.

Vendredi 17 juin à 19h au Chimère-Café, 12 rue Voltaire à Grenoble.

Venez avec vos amis !

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