Publié le 18.06.2026 à 18:47
Non classé
La région Auvergne-Rhône-Alpes coupe les vivres au CCN et au Pacifique
Il n’y aura pas de festival Impact à la rentrée cette année. Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN) se voit contraint d’annuler cet événement emblématique afin de faire face à une décision brutale de la région Auvergne-Rhône-Alpes : la suppression pure et simple de sa subvention de 100 000€ pour l’exercice 2026. Au téléphone, Yannick Hugron était encore « un peu sonné », car il venait d’avoir confirmation de la triste nouvelle « par voie de presse, dans un article de mesinfos.fr », la Région ne jugeant manifestement pas utile de notifier les principaux intéressés en amont. Le co-directeur du CCN dénonce d’ailleurs un manque de concertation global : « J’ai eu un rendez-vous avec la Région au mois de janvier. On a été très honnêtes dans nos échanges, très à l’écoute de leurs demandes. Ils nous disaient alors qu’on était plutôt dans la bonne direction, qu’ils voyaient vraiment les efforts fournis, notamment en ce qui concerne le lien avec le territoire. »
Quelques mois plus tard, la douche est donc encore plus froide. Et les conséquences immédiates : « Pour limiter la casse et le déficit sur 2026, on n’a pas eu d’autre choix que d’annuler notre événement le plus coûteux, le festival Impact (un budget de 35 000€, ndlr). Cette annulation intervient alors que certains artistes ont bloqué leur planning, et possiblement refusé d’autres projets pour s’engager avec nous. Ce qui est vraiment terrible, c’est que ça retombe toujours sur les artistes à la fin », déplore Yannick Hugron. Mais cette mesure drastique ne suffit pas à rééquilibrer les comptes, d’autant que le CCN a également subi une coupe de 20 000€ de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) début mai : « On est désormais au travail pour à la fois honorer nos engagements et minimiser le déficit. On gratte les fonds de tiroirs, on cherche des solutions. Malgré tout, on ne lâchera pas notre mission d’accompagnement des artistes et on continuera à se battre pour que la création reste vivante, ouverte et libre. »
Cette année, la Région a clairement décidé de s’attaquer aux structures de danse labellisées par l’État, coupant les vivres non seulement au CCN, mais également au Pacifique. Le Centre de développement chorégraphique national (CDCN) de Grenoble, après avoir essuyé plusieurs baisses de la Région depuis 2022, a lui aussi disparu de la liste des bénéficiaires, perdant sa subvention de 30 000€. Là encore sans avoir été consulté auparavant : « En janvier, la Région nous parlait d’une diminution probable, mais aucunement d’une suppression. On est dans des agissements complètement décomplexés, des décisions prises de façon unilatérale. Et ce, fin mai, alors qu’on a déjà engagé toute notre activité jusqu’à décembre 2026 et que le calendrier est déjà bien posé jusqu’en juillet 2027 », s’agace Bénédick Picot, directeur par intérim. L’incompréhension demeure totale au Pacifique qui, comme le CCN, œuvre depuis plusieurs années pour coller aux desiderata de la Région, à savoir la diffusion de spectacles en territoires ruraux : « En plus des 30 000€ de fonctionnement, on avait une enveloppe de 8000€ dédiée justement à la décentralisation vers la ruralité. Alors j’ai demandé à la Région ce qu’il en était. On m’a répondu que le dispositif était suspendu… On n’est pas à une contradiction près, mais il y a un enrobage, un emballage des discours pour essayer de justifier cette suppression qui, selon moi, est avant tout une décision politique. »
Face à ces interrogations, la région AURA se défend, toujours dans la presse : « S’agissant de lieux labellisés par l’État et largement financés par la Drac, il apparaît cohérent d’équilibrer et de réorienter les moyens de la Région vers des structures qui bénéficient directement au plus grand nombre et au tissu artistique dans son ensemble. » Difficile de ne pas percevoir, entre les lignes, une accusation d’élitisme à l’encontre du CCN et du Pacifique – l’opposition caricaturale entre « culture populaire » et « entre-soi artistique » étant très en vogue ces derniers temps, en particulier à l’extrême droite. Mais les spectateurs des précédentes éditions du festival Impact ne s’y tromperont pas : Grenoble vient de perdre un événement résolument grand public, accessible et – ça compte aussi – entièrement gratuit.
Dans un article de Sceneweb paru le 4 juin dernier, une phrase a fait bondir les équipes du CCN et du Pacifique. « La fusion entre [le CCN] de Grenoble – doté de 100 000 euros en 2025 – et Le Pacifique CDCN, lui aussi redescendu à 0, est envisagée par la DGCA. ». Alors, l’État aurait-il décidé de mutualiser ces deux structures (ce qui s’accompagnerait, on l’imagine, d’une inévitable réduction des effectifs) ? Yannick Hugron, co-directeur du CCN et Bénédick Picot, directeur par intérim du Pacifique, contredisent d’une même voix et avec force cette affirmation : « Ça n’est pas du tout d’actualité ! C’est une rumeur que je regrette de voir sortir dans la presse, car elle génère du trouble, de la confusion et de l’angoisse au sein des salariés », précise Bénédik Picot.
Photo © Pascale Cholette
Publié le 15.06.2026 à 16:42
Projection
Dans son nouveau long-métrage, Les Roches rouges, Bruno Dumont met en scène ses acteurs non professionnels préférés : des enfants. Et plus jeunes encore que dans sa merveille de série P’tit Quinquin. On ne ratera donc pas cette avant-première, fondus que nous sommes d’un réalisateur qui ne nous a jamais déçus.
Photo ©Rosa Filmes
Publié le 15.06.2026 à 16:12
autre style de musique
Eh oui, ça tombe un dimanche cette année. Alors certains anticipent et proposent des événements siglés « fête de la musique » dès le samedi soir, notamment quartier Flaubert où l’on nous annonce des choses à la Correspondance et au Bar Radis, ou à la Source de Fontaine qui programme entre autres The Mojo Gang. Mais c’est bien le 21 que Grenoble se transformera en festival surpeuplé parfois étouffant. Alors voici deux-trois idées selon vos kifs respectifs.
Côté électro, l’embarras du choix mais quelques valeurs sûres : The DARE night (techno, house, trance…) square Docteur-Martin, Bashment (dancehall, shatta, hip-hop, afrobeat…) quai Perrière, Hadra et ADN (du downtempo à la psytrance) sur l’esplanade du musée, et le jeune collectif Amen Break Club (bass music) non loin au Féno.
Côté concerts, on a repéré un classique et efficace Stone Cavalli + Bäton au Coq-Tail, une affiche bien noise – et notamment le duo La Chiale – au Not a beer, un plateau Retour de Scène qui fait la part belle à la jeunesse à la Bifurk, sans oublier la grande scène world au Jardin de ville (en partenariat avec la Ville) qui alignera notamment l’afrobeat de La Kossa. En revanche, on n’a pas encore pu récupérer le programme du bar À l’Ouest, plutôt solide en général.
Photo ©Ville de Grenoble
Publié le 15.06.2026 à 13:45
autre type d'expo
Il faut parfois faire confiance à une programmation et à celles et ceux qui l’ont façonnée. En l’occurrence, suivons les yeux fermés la Villa Glovettes qui, avec son festival Solstice-en-Vercors, convie une douzaine d’artistes pour nous faire vivre une expérience inédite au beau milieu de la montagne. On n’en sait pas vraiment beaucoup plus, et c’est très bien comme ça.
Photo ©Nacho Grez
Publié le 15.06.2026 à 13:16
autre style de musique
Mois des fiertés toujours avec cette Pre Pride Party histoire d’être bien en forme pour la manif’ du lendemain (la marche démarre à 15h, ça vaaaa). Au programme, la rappeuse M4UV3 dont on vous dit régulièrement le plus grand bien, avec son collectif Nébuleuse, les DJ La Sueur, Kmy et Monastère, ainsi que quelques performances : Oscar Rifié·e (drag), Circle Trix (hula hoop) et Flying Jaguar (waacking).
Photo ©DR
Publié le 15.06.2026 à 12:19
Rencontres et Débat
Les échos autour de Jim Queen, nouveau film d’animation du studio Bobbypills (Les Kassos, Monsieur Flap, etc.) sont très bons, car ce long-métrage est certainement l’un des premiers du genre à aborder l’homosexualité – dans une société hétéronormative – avec tant de liberté. Comme on le dit souvent, on ira voir… D’autant que cette séance spéciale sera présentée par trois assos (Vues d’en Face, SOS Homophobie et Le Refuge.
Photo ©Bobbypills Umedia
Publié le 15.06.2026 à 11:44
Rap
On prend le train en route (ça commençait mercredi) mais il est encore temps de vous annoncer la Grenoble hip-hop trilogie organisée par Wolf Crew Records. Soit trois dates dans trois lieux différents, avec des rappeur·euses du coin – certains déjà identifiés comme le collectif Cellule hits, d’autres à découvrir à l’image de Zey (en photo). Chaque concert est précédé d’un open-mic.
Photo ©Robin Buirod
Publié le 15.06.2026 à 11:13
Lecture
En plus de son premier album, la chanteuse grenobloise Ada Unn (que l’on suit attentivement chez VRaAC) s’apprête à sortir une plaquette de poésies. Ce qui la rend d’autant plus légitime à mener cette lecture musicale autour des « stéréotypes qui entourent la création au féminin, en littérature comme en musique ». Nous voilà tout ouïe !
Photo ©Alexis Rosier