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Lien du flux RSSHuman Rights Watch NewsHumans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

20.10.2026 à 06:00

Guatemala : Meurtre d’un éminent avocat anti-corruption

Human Rights Watch
Click to expand Image Des personnes regardaient une photo de l’avocat anti-corruption Juan Francisco Solorzano Foppa, abattu par des inconnus le 17 octobre 2026, lors de la veillée funèbre tenue dans la ville de Guatemala, le 19 octobre 2026.  © 2026 Cristina Chiquin/Reuters

(Washington, 20 octobre 2026) – Les autorités du Guatemala devraient rapidement mener une enquête rigoureuse et crédible sur le meurtre de Juan Francisco Solórzano Foppa, un éminent avocat spécialisé dans la lutte contre la corruption, ancien procureur et ex-directeur de l’administration fiscale du Guatemala, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Le 17 octobre, des assaillants armés ont abattu Solórzano Foppa au complexe sportif Campo Marte, à Guatemala City. Un autre homme, identifié par les autorités comme étant Gustavo Adolfo Aguilar Gamarro, a également été tué lors de cette attaque. Les autorités guatémaltèques ont arrêté deux hommes en lien avec ce crime, mais les procureurs ont déclaré qu’il n’existait aucune preuve les impliquant dans l’attaque, et un juge a ordonné leur libération. 

« Le meurtre de Juan Francisco Solórzano Foppa constitue une attaque choquante contre un avocat qui a joué un rôle de premier plan dans certaines des initiatives anticorruption les plus importantes du Guatemala », a déclaré Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques à Human Rights Watch. « Les autorités guatémaltèques devraient garantir une enquête approfondie, rapide et crédible, afin d’identifier non seulement les tireurs, mais aussi toute personne ayant planifié, ordonné ou facilité ce crime. »

Des assaillants armés ont ouvert le feu sur Juan Francisco Solórzano Foppa alors qu’il se trouvait au complexe sportif pour entraîner une équipe de football, le tuant sur le coup, selon les médias. Le président Bernardo Arévalo a condamné cet assassinat et a appelé à ce que les responsables, y compris toute personne ayant participé à la planification du crime, soient traduits en justice.

Juan Francisco Solórzano Foppa, âgé de 43 ans, était largement connu pour son action contre la corruption au Guatemala. Il a occupé le poste de directeur de l’analyse criminelle au sein du bureau du procureur général, puis a dirigé la Surintendance de l’administration fiscale du Guatemala, de 2016 à 2018. Il a contribué à faire avancer les enquêtes sur la corruption à haut niveau et l’évasion fiscale, participant ainsi aux efforts visant à récupérer des millions d’impôts impayés et apportant son soutien à d’importantes affaires de corruption, notamment dans le cadre de l’affaire pénale connue sous le nom de « La Línea » (« La Ligne »), qui avait conduit à la démission du président Otto Pérez Molina en 2015.

Après avoir quitté la fonction publique, Juan Francisco Solórzano Foppa a continué à exercer en tant qu’avocat et commentateur public. Il était connu pour dénoncer la corruption et les liens entre les groupes criminels, les responsables politiques et les autorités. 

En 2023, Juan Francisco Solórzano Foppa a brièvement rejoint l’équipe de défense de l’éminent journaliste José Rubén Zamora, qui fait l’objet de poursuites pénales arbitraires depuis 2022. Lors du mandat de la procureure générale Consuelo Porras, une campagne de poursuites pénales arbitraires contre les détracteurs du pouvoir a notamment conduit à la détention de Solórzano Foppa, accusé d’« entrave à l’enquête pénale », en lien avec sa défense de Zamora. Solórzano Foppa a qualifié ces poursuites d’arbitraires, et a plaidé coupable afin d’obtenir une libération anticipée.

« Le meurtre de Juan Francisco Solórzano Foppa est un rappel effrayant de la longue histoire des assassinats politiques au Guatemala », a affirmé Juanita Goebertus. « Les responsables devraient être amenés à rendre des comptes. »

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19.10.2026 à 22:25

Arabie saoudite : Un homme exécuté pour des infractions commises en tant que mineur

Human Rights Watch
Click to expand Image Des hommes tenaient des pancartes arborant le portrait du dignitaire religieux chiite Nimr al-Nimr, dont l’exécution en Arabie saoudite a suscité, en 2016, des manifestations de membres de la minorité chiite du pays. Certains mineurs accusés d’avoir participé à des manifestations de ce type ont ensuite été poursuivis en justice.  © 2016 STR/AFP via Getty Images

(Beyrouth) – Le 17 octobre, les autorités saoudiennes ont annoncé avoir exécuté Hassan Zaki al-Faraj, qui avait été condamné pour des crimes qu’il aurait commis alors qu’il était âgé de 14 ans, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. 

La Cour suprême saoudienne aurait également confirmé la condamnation à mort d’un autre homme, Yousef al-Manasif, reconnu coupable de crimes qu’il aurait commis alors qu’il avait 15 et 16 ans, ce qui le place en danger d’exécution imminente. Au moins trois autres hommes condamnés pour des crimes qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient mineurs se trouvent dans le couloir de la mort, malgré des allégations de torture, d’aveux extorqués et d’isolement cellulaire prolongé.

« L’exécution de Hassan al-Faraj est inacceptable, d’autant plus qu’elle s’accompagne de preuves qui auraient été obtenues sous la torture et d’un historique bien documenté de procès inéquitables », a déclaré Joey Shea, chercheuse senior sur l’Arabie saoudite à Human Rights Watch. « Suite à la récente décision de la Cour suprême, Yousef al-Manasif court également un risque sérieux d’exécution. »

La condamnation à mort d’al-Manasif a récemment été confirmée par la Cour suprême , a rapporté l’Organisation européenne saoudienne pour les droits humains (European Saudi Organisation for Human Rights, ESOHR). En octobre et novembre 2022, la tristement célèbre Cour pénale spécialisée d’Arabie saoudite a prononcé des condamnations à mort à l’encontre d’al-Manasif et d’al-Faraj, ainsi que d’Ali al-Mabyook, de Jawad Qureiris, d’Ali al-Subaiti et de Mahdi al-Mohsen pour des crimes de terrorisme qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient mineurs, selon un rapport de l’ESOHR et des documents judiciaires. 

Les autorités saoudiennes ont arrêté al-Faraj le 27 novembre 2017, l’ont maintenu à l’isolement pendant six mois et l’ont inculpé de diverses infractions liées à la lutte contre le terrorisme, dont une qui aurait été commise alors qu’il avait 14 ans et qui concernait le fait d’avoir rencontré et noué des liens d’amitié avec d’autres personnes détenues ou recherchées, d’après l’acte d’accusation et les documents judiciaires. La Cour pénale spécialisée l’a condamné à mort le 3 novembre 2022, malgré les allégations selon lesquelles il aurait été torturé et contraint de signer les aveux sur lesquels repose sa condamnation, a déclaré sa défense. 

Les documents judiciaires examinés par Human Rights Watch montrent que les autorités ont arrêté al-Manasif le 6 avril 2017 et al-Mabyook le 29 janvier 2018. Al-Manasif a été arrêté pour avoir protesté contre le traitement réservé par les autorités saoudiennes à m leur minorité chiite et pour avoir participé à des cortèges funéraires en 2011 et 2012, alors qu’il était âgé de 15 et 16 ans, selon l’ESOHR et des rapports des Nations Unies. Al-Mabyook a été arrêté pour avoir participé à des cortèges funéraires avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans, selon l’ESOHR et les documents judiciaires.  

Le tribunal les a reconnus coupables et condamnés à mort le 2 novembre 2022, en vertu de lois antiterroristes vagues et générales, en se fondant presque exclusivement sur des aveux qui, selon leur défense, auraient été obtenus sous la torture, comme le montrent les documents. Les autorités n’ont informé al-Manasif des chefs d’accusation retenus contre lui que plusieurs mois après son arrestation, ne lui ont pas fourni d’assistance juridique pendant son interrogatoire et l’ont maintenu en détention provisoire pendant plus de deux ans, dont six mois à l’isolement, comme le montrent les documents. 

Al-Manasif et al-Mabyook ont tous deux interjeté appel devant la chambre d’appel de la Cour pénale spécialisée le 19 mars 2025. Ces recours étaient fondés sur le fait qu’ils étaient tous deux âgés de moins de 18 ans au moment où les infractions présumées ont été commises, selon les documents judiciaires. Le 26 août 2025, la cour d’appel a rejeté cet argument de la défense, en se référant aux dates figurant dans leurs aveux, malgré les allégations selon lesquelles ces aveux auraient été obtenus sous la torture.

Les autorités saoudiennes ont arrêté Qureiris le 31 décembre 2020, selon les documents judiciaires. Elles l’ont inculpé en vertu de la loi antiterroriste pour des infractions présumées commises alors qu’il était âgé de 15 et 17 ans. La Cour pénale spécialisée l’a reconnu coupable et condamné à mort le 5 novembre 2022, malgré les allégations de violents passages à tabac subis pendant les interrogatoires afin de le contraindre à signer des aveux, indiquent les documents. M. Qureiris a également été maintenu à l’isolement pendant 270 jours afin de le contraindre à avouer, selon ces documents.

La décision a été soumise à la même juridiction pour réexamen le 12 novembre 2025, date à laquelle Qureiris a déclaré n’avoir commis aucune des infractions qui lui étaient reprochées, à l’exception d’une participation à une manifestation en 2010 alors qu’il était âgé de 15 ans, comme le montrent les documents judiciaires. La juridiction a confirmé sa condamnation à mort le 2 mars 2025. 

Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a conclu l en novembre 2024 que les détentions d’al-Manasif, d’al-Faraj et de Qureiris étaient arbitraires et fondées sur l’exercice par ces hommes de leur droit à la liberté d’expression lorsqu’ils ont participé à des manifestations contre le traitement réservé par l’Arabie saoudite à la minorité chiite du pays. 

Le 9 avril 2026, les autorités saoudiennes ont exé u Ali al-Subaiti pour des crimes qu’il aurait commis alors qu’il avait 12 ans, selon l’Agence de presse saoudienne. Le 23 octobre 2017, les autorités saoudiennes ont arrêté al-Subaiti, alors âgé de 19 ans, et l’ont inculpé en vertu de dispositions antiterroristes, notamment pour adhésion à une organisation terroriste et financement de celle-ci, ainsi que pour tentative de porter atteinte au tissu social et à la sécurité nationale en incitant à la manifestation, selon l’acte d’accusation. Les chefs d’accusation comprenaient la participation à une manifestation alors qu’il avait 12 ans et le fait d’avoir « couvert des terroristes » à l’âge de 17 ans. Le tribunal a condamné al-Subaiti à mort le 17 octobre 2022, selon l’ESOHR.

La loi saoudienne sur la juvénile a w de 2018 et un décret de 2020 ont mis fin à l’application de la peine de mort à l’encontre de personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits, dans les affaires ne relevant pas de la loi antiterroriste de 2017 s m. Dans les affaires non liées au terrorisme, la peine de mort est remplacée par une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans. Human Rights Watch a doc u menté l’utilisation abusive et de longue date par l’Arabie saoudite -s des dispositions antiterroristes pour faire taire n ce diss e nt. 

En 2025, l’Arabie saoudite a exécuté Jalal al-Labbad et Abdullah al-Derazi, tous deux accusés d’avoir commis des crimes alors qu’ils étaient mineurs, dans le cadre d’une vague d’exécutions sans précédent e nted, malgré les appels l lancés par des experts de l’ONU p et des organisations de défense des droits de l’homme s pour mettre fin à ces exécutions. 

Human Rights Watch a docu m enté des violations de longue date t du droit à un procès équitable a dans le système de justice pénale saoudien, notamment des restrictions t ou la privation n de l’accès c à une représentation juridique et pour c des aveux obtenus sous la contrainte, ce qui rend hautement improbable qu’aucun des huit hommes ait bénéficié d’un procès équitable. 

La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, à laquelle l’Arabie saoudite est partie, interdit strictement le recours à la peine de mort pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans. L’article 6, paragraphe 2, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 6 de la Charte arabe des droits de l’homme obligent les pays qui appliquent la peine capitale à ne l’utiliser que pour les « crimes les plus graves ». Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort dans tous les pays et en toutes circonstances en raison de sa cruauté inhérente et de son caractère irréversible. 

« La vague d’exécutions en Arabie saoudite, en particulier pour des infractions commises par des mineurs, ne montre aucun signe de ralentissement en 2026 », a conclu Joey Shea. « Cela montre l’urgente nécessité pour la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement saoudien afin qu’il mette immédiatement fin aux exécutions et abolisse la peine de mort une fois pour toutes. » 

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19.10.2026 à 08:00

UE, Belgique, Danemark : Évoquer les droits humains lors de la visite du chef d’État vietnamien

Human Rights Watch
Click to expand Image Le dirigeant vietnamien To Lam serrait la main de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une rencontre tenue en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 24 septembre 2024. © 2024 Pool UE/Agence Hans Lucas via Reuters

(Bruxelles, 19 octobre 2026) – Au cours de la visite du président vietnamien To Lam à Copenhague et à Bruxelles durant la semaine du 19 au 24 octobre, les dirigeants de l’Union européenne, de la Belgique et du Danemark devraient l’inciter à réaliser des avancées concrètes afin d’améliorer le bilan du Vietnam en matière de droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Human Rights Watch a écrit à la Première ministre danoise, au Premier ministre belge et – aux côtés d’autres organisations – aux présidences du Conseil européen et de la Commission européenne, afin d’exprimer son inquiétude face à la répression accrue des droits humains au Vietnam, qui viole plusieurs obligations et engagements que le pays a contractés auprès de l’UE via un accord commercial de 2020.

« Le gouvernement vietnamien n’a pas tenu sa promesse de mener des réformes, et continue plutôt de réprimer les libertés fondamentales », a déclaré Patricia Gossman, directrice adjointe senior de la division Asie de Human Rights Watch. « Les dirigeants européens devraient communiquer clairement et publiquement au président To Lam que les violations des droits humains, y compris ceux des travailleurs, ne seront plus tolérées. »

Dans ses courriers, Human Rights Watch a souligné que le gouvernement vietnamien a fortement intensifié sa répression à l’encontre des libertés fondamentales au cours des dix dernières années. Avant d’accéder à la présidence du Vietnam, To Lam a occupé les fonctions de ministre de la Sûreté publique (dirigeant les forces de police) de 2016 à 2024, puis de Secrétaire général du Parti communiste vietnamien.

Sous l’autorité de To Lam, la police vietnamienne a lancé une vaste campagne répressive qui a décimé la société civile du pays, accentué la répression transnationale et élargi la portée et le recours à des lois draconiennes qui pénalisent l’exercice de la liberté d’expression, ce qui enfreint les obligations du Vietnam en matière de droits humains.

Prisonniers politiques au Vietnam Brefs profils (en anglais)

Au moins 160 prisonniers politiques sont actuellement incarcérés au Vietnam, ayant été poursuivis en vertu de lois draconiennes qui bafouent leurs droits à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’activisme pacifique en faveur des droits humains et de la démocratie. Parmi ces prisonnier.ère.s politiques figurent Pham Doan Trang, une écrivaine qui milite pour les droits humains, Can Thi Theu, une activiste défendant les droits fonciers, Pham Chi Dung et Nguyen Tuong Thuy, des journalistes indépendants, Hoang Duc Binh, un défenseur des droits des travailleurs, ainsi que Le Dinh Luong, Nguyen Van Tuc, Tran Duc Thach, Tran Van Bang et Nguyen Trung Ton, activistes pro-démocratie.

Au cours des neuf premiers mois de 2026, les tribunaux vietnamiens ont reconnu coupables et condamnés à de longues peines de prison au moins 28 activistes, dont les blogueurs connus Hoang Thi Hong Thai et Huynh Ngoc Tuan. La police a arrêté au moins 39 autres personnes accusées d’avoir critiqué le gouvernement ou d’appartenir à des groupes religieux ou politiques en disgrâce.

Le gouvernement vietnamien a manqué de mettre en place les réformes juridiques auxquelles il s’était engagé en passant des accords de libre-échange et de partenariat. Il s’était notamment engagé à ratifier la Convention n° 87 de l’Organisation internationale du travail sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, alors qu’il continue à entraver la mise en place de syndicats indépendants.

En dépit de l’incapacité du Vietnam à honorer ses promesses, l’Union européenne a avancé d’un cran ses relations bilatérales avec ce pays, avec la signature d’un Partenariat stratégique global. Des préoccupations continuent certes d’être exprimées dans le cadre de dialogues annuels sur le sujet des droits humains, mais sans parvenir à déboucher sur des résultats concrets.

« L’Union européenne et ses États membres devraient cesser de fermer les yeux sur la répression au Vietnam », a conclu Patricia Gossman. « Leurs dirigeants devraient plutôt indiquer clairement à To Lam que si le Vietnam poursuit sa répression sans adopter de réformes, les relations politiques et commerciales de ce pays avec l’Europe en subiront les conséquences. »

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