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19.10.2026 à 12:18

"La France sous haute tension" : la presse européenne décrypte les manifestations et les violences du week-end

Valentin Ledroit

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines […]

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Texte intégral (1813 mots)
La Place de la République à Paris et ses rues adjacentes ont été l'épicentre des violences samedi 17 octobre
La Place de la République à Paris, samedi 17 octobre - Crédits : FreCha / wikimedia commons CC BY-SA 4.0

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines d'entre elles, avec des conteneurs, des barrières, des bicyclettes et du mobilier urbain".

En Italie, Il Giornale retient notamment "le clocher qui s'effondre, le toit dévoré par les flammes [et] une immense colonne de fumée" au-dessus de l'hôtel de ville de Limoges. La RTBF rapporte "qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil”. Dimanche, la situation était toujours sensible à Paris, où "des moments calmes [ont succédé] à des moments de tension entre forces de l'ordre et manifestants cagoulés", poursuit le service public belge.

Les fractures sociales françaises au cœur du mouvement

Au-delà du bilan matériel, la presse européenne s'interroge sur les causes du mouvement et des débordements. "Il s'agit d'un problème à 100 % d'origine française. Des conséquences d'un échec français né sur le sol français", affirme le journaliste du Spiegel, rejetant d'emblée tout lien entre les violences et l'immigration. "Cette affirmation, qui se cache également derrière l'expression 'violence migratoire', relève du racisme pur et simple", estime-t-il.

De son côté, The Independent rappelle que le système éducatif français peine à "permettre aux enfants issus de milieux défavorisés de gravir l'échelle sociale". Les manifestations lycéennes de septembre se sont depuis élargies, sous l'effet d'une colère liée au pouvoir d'achat et à la dégradation des services publics.

"Ces conditions de vie discriminatoires constituent une forme de violence sociale", complète Der Spiegel, évoquant les quartiers défavorisés où se concentrent les difficultés scolaires, le chômage et les tensions avec la police. "L'échec de la France consiste à laisser se succéder depuis des décennies, dans les banlieues, les générations perdues. […] Et pour certains, la criminalité offre une perspective plus attrayante que le système éducatif".

Der Standard considère que "la République française fait à ses jeunes citoyens une promesse qu'elle ne peut tenir : la promesse d'égalité". Le quotidien autrichien cite le témoignage d'un jeune manifestant, diplômé avec mention en physique et mathématiques, qui aurait déposé 80 candidatures pour des formations et des emplois, toutes infructueuses. "Il faut le souligner, Mohammed manifestait pacifiquement samedi", est-il précisé, en distinguant la mobilisation sociale des auteurs de violences.

Une crise de l'autorité qui pourrait profiter au RN ?

"À Paris, la police n'a plus maîtrisé la situation pendant des heures", note Der Standard qui décrit une "France sous haute tension". The Guardian rapporte les accusations de Guillaume Guérin, maire (LR) de Limoges, dénonçant "une défaillance colossale de l'État" après l'incendie de l'hôtel de ville. Selon l'édile, les assaillants n'étaient pas "des manifestants qui défendent des causes", mais "des personnes organisées pour faire la guerre".

Pour Blick, ces violences pourraient surtout bénéficier à Marine Le Pen. "Dans un décor très présidentiel, drapeau tricolore derrière elle, [la candidate du RN] a dressé le bilan accablant du titulaire de la fonction suprême. Une intervention qui, à bien des égards, la conforte dans son rôle de présidente (presque) déjà élue au suffrage universel". "Elle incarne la fermeté, l'autorité, le recours. Plus les émeutiers cassent, plus ils font son jeu politique", juge l'universitaire Dominique Wolton, interrogé par le journal suisse.

Dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé les violences dans une allocution télévisée, faisant part de sa "colère" et de sa "honte" [La Libre]. Le président a également promis de faire la lumière sur les "défaillances d'anticipation et de renseignements" des forces de l'ordre. Ce lundi matin, il a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, "compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel" [Euronews].

À six mois d’un scrutin très attendu, le climat politique inquiète également la presse étrangère. Der Standard estime que "[Jean-Luc] Mélenchon poursuit finalement la même stratégie de polarisation que [Marine] Le Pen : tous deux espèrent accéder au second tour de l'élection présidentielle grâce à l'autre". Un affrontement qui, selon le journal autrichien, "divise et sape la démocratie" et pourrait conduire à de nouvelles tensions "au plus tard au printemps prochain".

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16.10.2026 à 12:19

Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky défie Donald Trump, l'UE renouvelle son soutien à l'Ukraine

Manon Mazuir

"Plutôt que l’option de la docilité attendue par Donald Trump, le président ukrainien a finalement opté pour la confrontation", attaque Le Monde. Jeudi 15 octobre, "Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, après plusieurs jours de pause à la demande des autorités américaines", explique le quotidien du soir. "L'Ukraine avait […]

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Texte intégral (2115 mots)
"Vous pouvez compter sur nous", a assuré le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce vendredi 16 octobre - Crédits : Conseil européen
"Vous pouvez compter sur nous", a assuré le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce vendredi 16 octobre - Crédits : Conseil européen

"Plutôt que l’option de la docilité attendue par Donald Trump, le président ukrainien a finalement opté pour la confrontation", attaque Le Monde. Jeudi 15 octobre, "Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, après plusieurs jours de pause à la demande des autorités américaines", explique le quotidien du soir. "L'Ukraine avait frappé plus tôt une raffinerie de Rosneft à Riazan, au sud-est de Moscou" [L'Express].

Le courroux du président américain ne s'est pas fait attendre. "Je pense que c’est une honte", a déclaré Donald Trump à la chaîne Newsmax [Le Parisien]. "Tout ce que fait" Volodymyr Zelensky, "c’est de faire grimper les prix mondiaux du pétrole […]. Quand vous frappez des raffineries de diesel […] vous ne rendez pas service au monde", a fustigé celui qui a par ailleurs déclenché la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier [L'Express].

Le locataire de la Maison-Blanche a même de nouveau imputé au chef d'État ukrainien "la pleine responsabilité de l’impossibilité d’un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie" : "je pense qu’il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine", a-t-il ainsi lancé, comme le relate Le HuffPost. "Zelensky n’est pour nous pas le bon type pour trouver un accord", a tancé Donald Trump, qui avait déjà réclamé quelques jours plus tôt son remplacement [Libération].

Volodymyr Zelensky "trahi" par les États-Unis

Le président américain avait annoncé unilatéralement une "'trêve énergétique' la semaine dernière, surprenant ses alliés, Kiev y compris" [20 Minutes]. Un "cessez-le-feu concernant les sites énergétiques […] que la Russie n'a pas respecté", note L'Express.

Kiev accuse Washington "d'avoir suspendu le partage de renseignements et perturbé les services d'accès à internet par satellite Starlink, alors que les attaques russes contre l'Ukraine se sont intensifiées", relate Euronews. Le président ukrainien s’était inquiété, mardi 13 octobre, du fait que son pays n’avait pas été informé de l’imminence d’une attaque russe contre une centrale électrique de la capitale ukrainienne. Les perturbations ont été "présentées comme un problème technique". Une hypothèse rejetée par Volodymyr Zelensky selon qui des "responsables américains ont 'averti leurs homologues ukrainiens que le partage de renseignements serait suspendu si Kiev ne mettait pas fin à ses frappes'" [Euronews].

À l’origine également de ce changement de ton de l'Ukraine, "l’accord conclu [le 9 octobre dernier] entre les États-Unis et la Russie sur la livraison de barils de pétrole russe, vivement dénoncé par Kiev", décrypte Courrier international. "Un accord qui se fait au mépris des sanctions imposées sur le pétrole russe", rappelle Le Monde. Une stratégie assumée par Donald Trump "pour faire baisser le prix de l’énergie alors que les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre outre-Atlantique", contextualise L'Opinion.

Dans une interview accordée au journaliste britannique Piers Morgan, Volodymyr Zelensky "a déclaré se sentir trahi par les agissements de Trump. 'C’est douloureux quand le président Trump choisit un camp, et pas le nôtre', a-t-il déploré" [L'Opinion].

L'Ukraine en quête de soutien européen

C'est à Bruxelles que Volodymyr Zelensky tente ce vendredi 16 octobre d'obtenir "un soutien réaffirmé de ses alliés européens" lors du Conseil européen réunissant les chefs État et de gouvernements de l'UE [BFM TV]. À leur arrivée au deuxième jour de ce sommet européen, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont réaffirmé "la nécessité de maintenir la pression sur la Russie pour contraindre Moscou à mettre fin à sa guerre d'agression contre l'Ukraine", informe La Libre. 

Présent dès jeudi dans la capitale belge, "le dirigeant ukrainien y a rencontré le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, pour souligner l'urgence de réapprovisionner l'Ukraine en missiles intercepteurs et en munitions, face à la recrudescence des frappes russes" [BFM TV]. Le patron de l'Otan a souligné de son côté "l'importance d'un 'cessez-le-feu énergétique" [TF1 Info].

"Auprès des Européens, qu'il a commencé à rencontrer dès jeudi après-midi, Volodymyr Zelensky a rappelé la nécessité de maintenir la pression sur Moscou" [BFM TV]. "Nous voulons tous en Europe que cette guerre prenne fin. Et pour que cela arrive, il faut des signaux forts : plus de pression réelle sur la Russie et davantage de soutien en matière de défense pour l'Ukraine", a-t-il martelé.

Mais le président ukrainien se trouve à Bruxelles en pleine discussion budgétaire européenne pour la période 2028-2034. "C'est le moment où on compte ses sous et la guerre en Ukraine coûte cher", note RFI. "Prix, durée de l’aide, c’est ce qui explique que, tout en affirmant leur soutien à l’Ukraine, de nombreux pays disent aussi leur soutien à un cessez-le-feu énergétique", fait valoir la radio française.

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15.10.2026 à 13:11

Budget pluriannuel, énergie, Ukraine… ce qui attend les Vingt-Sept au Conseil européen

Ugo Bertet

"Un sommet européen décisif débute à Bruxelles, jeudi 15 octobre, réunissant pour deux jours l'ensemble des dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne", entame France info. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Les discussions porteront notamment sur les "prix de l'énergie […] […]

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Texte intégral (2503 mots)
La réunion des vingt-sept chefs d’État et de gouvernement a débuté ce jeudi 15 octobre. Au centre, António Costa président du Conseil européen - Crédits : Conseil européen

"Un sommet européen décisif débute à Bruxelles, jeudi 15 octobre, réunissant pour deux jours l'ensemble des dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne", entame France info.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Les discussions porteront notamment sur les "prix de l'énergie […] et la question des déséquilibres macroéconomiques mondiaux, en particulier les relations avec la Chine", indique Adnkronos. Vendredi, "les dirigeants écouteront le président Volodymyr Zelensky sur les derniers développements [en Ukraine]", avant d'aborder les sujets de défense et de sécurité et de conclure par "la migration pendant le déjeuner", complète l'agence de presse italienne.

Mais le prochain budget pluriannuel de l’UE pour 2028-2034 devrait concentrer les tensions. "Les dirigeants de l’UE se dirigent jeudi vers leur plus grand affrontement sur le prochain budget à long terme de l'Union", écrit France 24. Face à un "futur budget […] susceptible d'être nettement plus important que l'actuel" [ZDF], et des pays réclamant des coupes budgétaires, les négociations "sont tendues", observe France info, alors que le président du Conseil européen, António Costa souhaite parvenir à "un accord final d’ici à la fin de l’année".

Budget 2028-2034 : "Nous sommes toujours loin d'un accord"

Pour la période 2028-2034, "la Commission européenne propose un budget de 1 985 milliards d’euros", destiné à financer "de nombreux projets de l'UE [comme] la politique agricole commune [et] le soutien aux régions [moins développées]", précise ZDF. Cette enveloppe initiale suscite cependant de vives tensions. "L’Allemagne et les autres contributeurs nets trouvent cela beaucoup trop élevé", indique le média allemand.

Pour tenter de rapprocher les positions, "l'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, a présenté la dernière proposition […] avec des réductions de quelque 140 milliards d'euros au total budgétaire" [France 24]. Dublin souhaite néanmoins "sanctuariser les fonds dédiés à l’agriculture et à la cohésion", tout en proposant "55 milliards d’euros de ressources propres supplémentaires, via notamment la fiscalité environnementale et une contribution des grandes entreprises", souligne France info.

Mais cette nouvelle proposition ne fait pas l'unanimité. L’Allemagne, à la tête des pays dits 'frugaux', exige "des réductions de plusieurs centaines de milliards d’euros" [France 24]. "Dans l’autre coin du ring européen, on retrouve les "amis de la cohésion", ceux qui défendent les fonds de cohésion destinés aux régions européennes les plus pauvres, ainsi que le maintien d’une PAC forte", explique Ouest-France. La France, qui en fait partie, estime que l’Europe a besoin d’un budget plus important "pour faire face aux défis croissants auxquels [elle] est confrontée" [France info]. "La présidence française a prévenu les représentants européens qu'elle ne signerait pas d'accord sur le budget européen sans l'inscription de nouvelles recettes substantielles", indique BFM TV.

Un accord d’ici à la fin de l’année, voulu par António Costa, paraît de plus en plus incertain. "Nous sommes toujours loin d’un accord", a averti le chancelier allemand Friedrich Merz [France info], tandis que "l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas ont déjà indiqué qu'ils ne souhaitaient pas d'un accord à tout prix", rapporte RMF 24. Pour l'heure, "l'objectif est de trouver un compromis d'ici la fin de cette année, et donc aussi avant l'élection présidentielle française au printemps", un objectif "extrêmement ambitieux", analyse ZDF.

Énergie, Chine, migration… les autres sujets du sommet

Au-delà du budget, les dirigeants européens auront "un débat très attendu sur les prix de l'énergie, que les hostilités au Moyen-Orient ont propulsés à des niveaux record", écrit Euronews. À ce sujet, "six États membres (l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, le Portugal et l'Espagne) ont proposé une taxe exceptionnelle à l'échelle de l'UE pour capter les profits excessifs des compagnies énergétiques", mais "l’idée reste clivante", souligne le média paneuropéen.

Face à un "déficit commercial quotidien de 1 milliard d’euros" avec la Chine, Bruxelles veut obtenir des "résultats tangibles [de Pékin]" [Euronews]. À la suite de la visite du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič à Pékin la semaine dernière, "le Conseil devrait donner un mandat à la Commission pour préparer de nouveaux instruments de riposte, comme l'ont demandé la France et l'Allemagne dans un document commun, avec notamment la possibilité de couper l'accès au marché européen des entreprises chinoises en cas de pratiques déloyales répétées sur un secteur, ou encore un mécanisme plus ou moins contraignant de diversification des approvisionnements", indiquent Les Échos.

Vendredi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, participera aux discussions sur l’Ukraine. Les Vingt-Sept devraient aborder "la façon de continuer à financer Kiev pour résister à l'agression russe, puisque le prêt de 90 milliards d'euros pour 2026-2027 'ne répondra pas à tous les besoins' du pays", analyse Adnkronos. Les "attaques hybrides d'origine russe" et "la situation au Moyen-Orient" figureront également à l’ordre du jour [Adnkronos].

Enfin, les dirigeants tiendront un "débat stratégique sur la migration" [Adnkronos]. Ce dernier, consécutif à la crise migratoire de Ceuta, "devrait opposer Sánchez à la majorité emmenée par Meloni dans la salle", souligne Euronews. Malgré un agenda 'dense', "personne n'attend aucune décision sur les questions à l'ordre du jour […], il s'agira 'd'ouvrir la voie' pour que les décisions soient prises à l'avenir", précise une source diplomatique européenne [Adnkronos].

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