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06.10.2026 à 20:28

UE : Cessation du financement d’un réseau antiraciste

Human Rights Watch

(Bruxelles, le 6 octobre 2026) – La décision de la Commission européenne de ne plus subventionner le Réseau européen contre le racisme (European Network Against Racism, ENAR), qui regroupe plus de 140 organisations à travers l’Europe, affaiblira les actions démocratiques de l’Union européenne, ont déclaré aujourd’hui 186 organisations non gouvernementales, dont Human Rights Watch. Voici leur communiqué :

Les ONG européennes se mobilisent en faveur du principal réseau antiraciste et s’alarment du retrait du financement par la Commission européenne

Nous, les organisations de la société civile soussignées, sommes profondément préoccupées par les informations selon lesquelles le Réseau européen contre le racisme (ENAR) aurait perdu sa subvention de fonctionnement de l’UE après plus de 20 ans de partenariat fructueux – une décision qui pourrait contraindre l’organisation à mettre fin à ses activités d’ici fin 2026. Dans un contexte d’atteinte croissante aux droits fondamentaux, cela porterait gravement atteinte au programme démocratique de l’UE, et saperait les efforts visant à garantir un espace civique ouvert et dynamique.

En tant qu’organisations de la société civile œuvrant à la promotion de l’égalité, de la démocratie et des droits fondamentaux, nous avons pu constater de nos propres yeux le rôle essentiel que joue l’ENAR dans la promotion de l’égalité en Europe, ainsi que le professionnalisme avec lequel ce réseau mène ses actions. 

Fondé en 1998, l’ENAR est le plus grand réseau antiraciste d’Europe, regroupant plus de 140 organisations antiracistes à travers le continent. L’ENAR a contribué à l’adoption de la directive sur l’égalité raciale et de la directive sur l’emploi, a milité en faveur du plan d’action antiraciste après le meurtre de George Floyd et a joué un rôle clé dans l’élaboration de la première stratégie antiraciste de la Commission européenne. De plus, l’ENAR finance chaque année 20 organisations antiracistes par le biais de son Fonds pour l’autonomisation et la résilience.

C’est précisément en raison de ce solide bilan et de son statut reconnu que nous avons été si choqués d’apprendre que l’ENAR avait perdu son partenariat de financement principal avec la Commission européenne.

Selon l’ENAR, après dix mois d’entretiens, d’audits et d’une profonde incertitude, ce réseau a été informé fin juillet que sa subvention de fonctionnement pour la période 2026-2028 avait été résiliée, apparemment en raison de préoccupations concernant ses capacités opérationnelles et organisationnelles. 

Un an auparavant, en juillet 2025, l’ENAR avait pourtant été informé, au même titre que d’autres bénéficiaires de subventions de l’UE, que l’évaluation requise pour renouveler l’accord de subvention était positive. Cependant, parmi les 70 bénéficiaires retenus par l’UE, l’ENAR est le seul à ne pas avoir obtenu la signature de l’accord, et risque donc de voir sa subvention résiliée. 

Bien que l’ENAR ait déclaré publiquement avoir engagé une action en justice contre cette décision, en raison de son désaccord avec l’évaluation finale sur laquelle elle repose, le réseau est confronté à un risque sérieux de fermeture. Nous soutenons la décision de l’ENAR de recourir à la justice pour faire valoir ses droits.

La perspective de voir le plus grand réseau antiraciste d’Europe perdre son financement de base suscite de profondes inquiétudes au sein de la société civile à travers l’Europe.

Si un partenaire de longue date de la société civile, ayant fait ses preuves dans la mise en œuvre de programmes, peut se voir privé de son financement de base, toute organisation œuvrant pour la défense de l’égalité et des droits fondamentaux a des raisons de s’inquiéter. 

De plus, à l’heure où les organisations antiracistes à travers l’Europe évoluent dans un environnement de plus en plus hostile, les conséquences d’un affaiblissement de l’infrastructure qui soutient la société civile antiraciste indépendante s’étendent bien au-delà d’une seule organisation.

L’avenir de l’ENAR ne concerne pas simplement un réseau. Il concerne la résilience du mouvement antiraciste européen, la capacité des communautés racialisées à être représentées, ainsi que l’engagement de l’Union européenne à soutenir une société civile indépendante et dynamique.

Nous exprimons notre entière solidarité avec l’ENAR et invitons toutes les personnes qui croient en l’égalité et à la justice à envisager de soutenir sa campagne de collecte de fonds, « Defend Anti-Racism ».

Organisations signataires :

1. European Civic Forum 

2. Academia Cidadã

3. Estonian LGBT Association

4. Subjective Values Foundation 

5. PRO PUBLICO

6. CCIE (Collective Against Islamophobia in Europe)

7. Lithuanian National Coalition of Non-Governmental Organisations (NGO Coalition)

8. Peace Institute Ljubljana

9. UEF Hungary

10. Dança AfroAveiro

11. Eurochild

12. ARCI 

13. Nyt Europa

14. Access Now

15. Apna Haq

16. Asociacion Por Ti Mujer

17. Greek Forum of Migrants 

18. Agora Association 

19. Multi Kulti Collective

20. VOIS Cyprus

21. Jovesólides

22. Amnesty International 

23. Giolli società cooperativa sociale

24. European Center for Not-for-Profit Law (ECNL)

25. EuroMed Rights

26. Waterford Integration Services - Ireland

27. Fair Play

28. SOS Racism Denmark

29. European Public Service Union (EPSU)

30. Comité Grec de Solidarité Démocratique internationale (EEDDA)

31. The Shelter Students Refuge 

32. Ligue des droits humains (LDH) France

33. European Women's Lobby

34. SOLIDAR

35. Voxeurop

36. Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)

37. Centre for Peace Studies

38. CIDAC - Centro de Intervenção para o Desenvolvimento Amílcar Cabral

39. Kif Kif vzw

40. KISA - ACTION FOR EQUALITY, SUPPORT, ANTIRACISM

41. Fundacja Inicjatywa Dom Otwarty

42. VOICIFY-European Forum for Youth with Lived Migration Experiences

43. Public Institution Roma Community Centre

44. Mizan law group for Human rights 

45. SolidarityNow

46. ARTICLE 19

47. Asian Voices Europe

48. European Disability Forum

49. #DiasporaVote!

50. 7amleh - The Arab Center for the Advancement of Social Media

51. Digitalcourage

52. Liga voor Mensenrechten

53. ILGA World

54. International Planned Parenthood Federation - European Network (IPPF EN)

55. Friends of the Earth Europe

56. ALT-TEXT

57. SETCa FGTB - Bruxelles Hal Vilvorde 

58. PICUM

59. European Digital Rights (EDRi)

60. Politiscope

61. Civil Society Alliance Greece

62. Europia 

63. D3 - Defesa dos Direitos Digitais

64. ONE PEOPLE ASBL

65. Lafede - justícia global

66. International Rescue Committee (IRC)

67. Läkare mot rasism

68. International Federation of Resistance Fighters (FIR) - Association of Anti-Fascists

69. IDPAD Coalition UK

70. SIEMPRE asbl/vzw

71. European Association of Lawyers for Democracy and World Human Rights (ELDH)

72. European Roma Grassroots Organisations (ERGO) Network

73. Vredesactie

74. Humanists International

75. Coexister France

76. Quaker Council for European Affairs 

77. END FGM EU

78. Le MOC

79. Changemakers Lab

80. Humanity Diaspo

81. Radio Africa

82. Homo Digitalis

83. Schwarze Frauen Community

84. Swiss Minorities Sports Culture & Integration (Swiss Minors)

85. ternYpe - International Roma Youth Network

86. SUPERRR

87. ESWA

88. POUR LA SOLIDARITE

89. Intersect Madrid

90. SLOGA

91. SKUHNA SO.P

92. Volonteurope

93. Human Rights Watch

94. Change Partnership

95. Meeting Points Foundation 

96. Mission Wings Foundation 

97. Òmnium Cultural - Catalonia

98. Fem-R

99. Northern Ireland Council for Racial Equality 

100. EAPN - European Anti-Poverty Network 

101. Revibra Europe 

102. Foundation SolidarityWorks

103. Queer Varna Foundation

104. The Wheel

105. Fundación para la Innovación, Investigación, Formación y el Desarrollo Comunitario

106. Povod Institute

107. Forum za enakopraven razvoj

108. Društvo Bodi svetloba

109. Humanitas – Centre for Global Learning and Cooperation 

110. Irídia - Human Rights Defense Centre

111. Romani Godi

112. Orion Grid for Leadership and Authority

113. COSPE

114. Roma Feminist Collective

115. Here to Support

116. PI Roma Community Centre

117. Balbriggan Integration Forum

118. Queerstion Media

119. Saúde das Mães Negras e Racializadas em Portugal (SaMaNe)

120. Altera APS

121. Asociacion Cultural Baizara

122. Gibanje za pravice Palestincev

123. Ljubljana Pride Association

124. Democracy International e.V.

125. Generation 2.0 RED

126. Cap Magellan

127. Maison de l'Europe de Paris

128. Hand in Hand tegen racisme vzw

129. World Organisation Against Torture (OMCT)

130. European Movement Italy

131. SEMPER SCOTLAND

132. Stefan Batory Foundation

133. Liberties

134. Balkan Civil Society Development Network

135. Greek Forum of Refugees

136. Forum of European Muslim Youth and Student Organisations (FEMYSO)

137. TGEU – Trans Europe and Central Asia

138. FLAC (Free Legal Advice Centres)

139. Irish Council for Civil Liberties

140. Jeunes Européens - France

141. Statewatch

142. NOSOTRAS APS 

143. League For Defence Of Human Rights - Romania

144. neue deutsche organisationen (ndo)

145. Finnish League for Human Rights

146. The Foundation Black Justice Poland

147. New Women Connectors 

148. Collective for Inclusion and Against Islamophobia in Belgium

149. Muslim Youth Federation - FJM ASBL

150. Movement for Freedom, Inclusion, and Humanity – MLIH

151. Meld Islamofobie (Report Islamophobia)

152. Asociación Pro Derechos Humanos España

153. LEVL vzw

154. Dokumentation and Counseling Center against Islamophobia and Anti-Muslim Racism

155. Union des progressistes juifs de Belgique

156. Initiative for Development and Cooperation (IDC), Serbia

157. BePax

158. Vlaams Netwerk tegen Armoede

159. International Network Against Cyber Hate

160. EQUITAS (The European Network Against Islamophobia)

161. FORWARD (Foundation of Women's Health Research and Development) 

162. Attac France

163. Equipop

164. SOEPIC

165. Hellenic League for Human Rights

166. The National Council of Women of Finland (Naisjärjestöjen Keskusliitto)

167. La Quadrature du Net

168. Antigone

169. G.FC. GENERATION FOR CHANGE CY

170. Centre Bruxellois d'Action Interculturelle asbl (CBAI)

171. Les Impactrices

172. European Jews for Palestine

173. Albanian Human Rights Group

174. VoxPublic

175. Ethnic Debate Forum - Denmark

176. Schwarze Schafe e.V.

177. Ökotárs-Hungarian Environmental Partnership Foundation

178. PIC - Legal Center for the Protection of Human Rights and the Environment

179. Lunaria APS

180. La Cimade (blog Mediapart)

181. Italian Coalition for Civil Liberties and Rights (CILD)

182. Youth Work Ireland

183. Victoires Populaires

184. New Europeans 

185. Défense des enfants International Belgique

186. Roma Active Albania

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06.10.2026 à 08:00

Yémen : Les Houthis poursuivent en justice des employés de l’ONU et des membres de la société civile

Human Rights Watch
Click to expand Image Des véhicules des Nations Unies transportaient des employés de l’ONU vers le site d’une réunion avec des responsables du Comité de supervision du Yémen dans la province d'Al-Hodeïda, au Yémen, le 17 mai 2023.  © 2023 Mohammed Hamoud/Getty Images

(Beyrouth, 6 octobre 2026) – Depuis le 18 août 2026, les autorités houthies de facto au Yémen ont engagé des poursuites judiciaires contre au moins huit personnes travaillant dans les domaines des droits humains et de l’action humanitaire, ont déclaré aujourd’hui Amnesty International et Human Rights Watch ; ces personnes sont visées par des chefs d’accusation liés à l’espionnage et passibles de la peine de mort. Les huit accusés sont deux employés des Nations Unies, un consultant de l’ONU et cinq personnes qui travaillaient avec des organisations internationales et locales de la société civile sur divers sujets, notamment la santé, les droits humains et l’aide humanitaire. 

Les Houthis devraient immédiatement mettre fin à ces poursuites et libérer sans condition les huit personnes dont les dossiers ont été transmis au parquet, ainsi que les dizaines d’autres membres du personnel de l’ONU et acteurs de la société civile que les Houthis ont arrêtés arbitrairement au cours des deux dernières années. 

Ces poursuites constituent la dernière escalade en date de la répression menée par les autorités houthies contre la société civile dans la partie du Yémen qu’elles contrôlent, avec des vagues successives d’arrestations de Yéménites depuis le 31 mai 2024, visant notamment le personnel de l’ONU et des membres de la société civile. Les Houthis ont arbitrairement détenu plus de 100 employés et autres personnes, les maintenant en détention sans inculpation et leur refusant l’accès à un avocat et à leur famille. 

Plusieurs cas de détention ont débuté en tant que disparitions forcées. Une disparition forcée a lieu lorsqu’une personne est privée de liberté et que sa détention est niée ou que sa situation ou le lieu où elle se trouve sont dissimulés, la plaçant ainsi hors de la protection de la loi. 

« Alors que les combats s’intensifient à nouveau au Yémen, les Houthis ont pris la décision malveillante de poursuivre au moins huit membres du personnel des Nations Unies et de la société civile pour des chefs d’accusation qui pourraient, en cas de condamnation, entraîner la peine de mort », a déclaré Diala Haidar, spécialiste du Yémen à Amnesty International. « Exiger la libération immédiate de collaborateurs des Nations Unies et de membres de la société civile au Yémen devrait être une priorité absolue pour les gouvernements, et non une considération secondaire. » 

Human Rights Watch et Amnesty International ont mené des entretiens avec sept personnes ayant une connaissance directe de ces affaires, notamment des proches des personnes détenues.

Les huit personnes transférées en vue de leur jugement sont toujours en détention et leur état de santé se détériore ; parmi elles, au moins deux souffrent de diabète et n’ont pas pu bénéficier de soins médicaux adéquats, et une autre présente un risque de glaucome. L’une d’entre elles est atteinte d’un cancer de l’estomac et suit une chimiothérapie depuis sa mise en détention. 

Certains proches ont déclaré que les détenus leur avaient confié avoir été contraints d’avouer des faits d’espionnage sous la torture, ou sous la menace de la torture. 

Depuis 2015, Amnesty International a recensé des dizaines de cas dans lesquels les autorités houthies ont utilisé des accusations d’espionnage pour cibler des opposants politiques et faire taire la dissidence pacifique. Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté le recours à la torture par les Houthis pour obtenir des aveux. 

« Il est aberrant que des détenus risquent la peine de mort simplement pour avoir fourni une aide médicale et alimentaire, ou pour avoir promu les droits humains, la paix et le dialogue », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à Human Rights Watch. « Les autres gouvernements devraient d’urgence intensifier leurs efforts diplomatiques pour obtenir la libération des dizaines de membres de la société civile yéménite et de membres du personnel des Nations Unies détenus arbitrairement, surtout compte tenu des attaques subies par des prisons pendant le conflit. »

Le fait d’imposer la peine de mort à l’issue de procédures inéquitables rend son application arbitraire et contraire aux normes juridiques internationales, ont déclaré les deux organisations. De plus, en vertu du droit international des droits humains, seuls les « crimes les plus graves » peuvent légitimement donner lieu à la peine de mort, celle-ci étant interprétée comme se limitant à l’homicide volontaire. Aucune des personnes faisant l’objet de poursuites n’a été accusée de tels actes. Amnesty International et Human Rights Watch s’opposent sans réserve à la peine de mort, dans tous les cas et en toutes circonstances.

Les huit personnes transférées au Parquet pénal spécialisé de Sanaa, la capitale du Yémen, sont poursuivies pour « espionnage » et « aide à l’ennemi » (selon les articles 127 et 128 du Code pénal yéménite), deux chefs d’accusation passibles de la peine de mort. Le Parquet pénal spécialisé a également formulé des accusations vagues et excessivement générales concernant le travail humanitaire et de défense des droits humains des détenus, alléguant que ceux-ci avaient des « objectifs cachés et malveillants » s’inscrivant dans un plan prémédité visant à « détruire les valeurs de la société ». 

Le tribunal pénal spécialisé de Sanaa, créé en 1999, est compétent pour juger divers crimes et délits liés à la sécurité et considérés comme préjudiciables à la sécurité de l’État et à l’intérêt public. À mesure que les Houthis ont consolidé leur contrôle sur les territoires, ils ont également renforcé leur emprise sur le pouvoir judiciaire, et ce tribunal a été utilisé comme un instrument de répression politique. 

Les huit détenus se sont vu refuser un accès adéquat à leurs avocats. 

Sami Kallabi, 41 ans, qui travaillait pour l’ONU au moment de son arrestation le 6 juin 2024, est atteint d’un cancer et suit une chimiothérapie dans un hôpital militaire. Malgré son état de santé critique, il s’est vu refuser les visites de sa famille et les autorités houthies refusent de révéler où il est détenu.

Labib Shayef, 57 ans, est un consultant également arrêté le 6 juin 2024 dans son bureau à Sanaa. Depuis lors, il n’a été autorisé à recevoir qu’une seule visite de sa famille, en août 2025. Son état de santé s’est gravement détérioré en détention. Il souffre de diabète et a contracté l’hépatite B pendant sa détention, mais n’a pas bénéficié d’un accès adéquat aux soins de santé.

Les procureurs ont interrogé Labib Shayef sur son travail au sein d’organisations locales et internationales, notamment dans le cadre de programmes liés au genre et à la paix. 

Au moment de son arrestation, le Dr Ali Al-Mudhwahi était consultant pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et conseiller auprès du ministère de la Santé publique et de la Population des Houthis, a déclaré son épouse, Safiah Mohammed, à Human Rights Watch. Les autorités l’ont soumis à « l’isolement cellulaire, à la torture et à de fortes pressions psychologiques » tout au long de sa détention, lui a-t-il confié par téléphone, a ajouté son épouse.

Les Houthis, qui s’opposent à la vaccination, ont tenté de forcer le Dr Ali Al-Mudhwahi à déclarer que les vaccins ne sont « rien d’autre que des outils d’espionnage » et qu’il est « un espion recruté par l’Organisation mondiale de la santé », a indiqué son épouse. 

À partir du 31 mai 2024, les Houthis ont mené une série de raids dans les zones sous leur contrôle, arrêtant arbitrairement 13 membres du personnel de l’ONU et au moins 50 membres du personnel d’organisations de la société civile yéménites et internationales. Depuis lors, les Houthis ont arbitrairement arrêté des dizaines d’autres membres du personnel de l’ONU et de la société civile. À la date du 5 octobre 2026, au moins 72 membres du personnel de l’ONU, ainsi que des dizaines de travailleurs humanitaires et de la société civile, tous de nationalité yéménite, étaient toujours détenus par les Houthis.

Le 11 février 2025, un travailleur humanitaire du Programme alimentaire mondial est décédé alors qu’il était détenu par les Houthis. Son décès renforce les craintes pour la sécurité et le bien-être des autres personnes détenues arbitrairement dans les centres de détention gérés par les Houthis, compte tenu des antécédents de ces derniers en matière de torture et d’autres mauvais traitements infligés aux détenus. 

De nombreux détenus ont été arrêtés sans qu’on leur présente de mandat d’arrêt et ont été victimes de disparitions forcées pendant des mois, avant que leur détention ne soit reconnue et que l’on ne sache où ils se trouvaient. Si certains ont reçu des soins médicaux, ce n’est pas le cas de nombreux autres, y compris des personnes souffrant de pathologies graves. 

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