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Lien du flux RSSHuman Rights Watch NewsHumans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

16.06.2026 à 16:59

La Cour d’appel de Londres valide l’interdiction de Palestine Action en tant qu’organisation « terroriste »

Human Rights Watch
Click to expand Image Une foule de personnes était rassemblée devant la Cour d’appel de Londres, le 15 juin 2026, pour exprimer leur soutien à l’organisation Palestine Action, interdite par le gouvernement britannique. © 2026 Tom Jeffreys/Press Association via AP Photo

Le 15 juin, la Cour d’appel de Londres a validé la décision du gouvernement britannique d’interdire l’organisation Palestine Action, qualifiée de « terroriste ». Cet arrêt préjudiciable, qui infirme une décision antérieure de la Haute Cour contre l’interdiction annoncée par le gouvernement, risque de restreindre davantage le droit de manifester au Royaume-Uni, et ailleurs dans le monde.

L’organisation Palestine Action a été créée en 2020 en tant que groupe de protestation prônant l’« action directe » pour s’opposer aux exactions du gouvernement israélien à l’encontre des Palestiniens. Le groupe a notamment pris pour cible Elbit Systems, une entreprise du secteur de la défense entretenant des liens étroits avec l’armée israélienne.

Depuis la décision prise en 2025 par le gouvernement britannique d’interdire Palestine Action, environ 3 000 personnes ont été arrêtées, dont certaines simplement brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Je m’oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action ». Plus de 700 de ces affaires sont en instance devant les tribunaux d’Angleterre et du Pays de Galles, et de nombreuses autres en sont au stade de la reformulation des chefs d’accusation.

La Cour d’appel a reconnu que l’interdiction pouvait avoir un « effet dissuasif », empêchant les personnes d’exprimer publiquement leurs opinions, mais l’a néanmoins jugée « justifiée et proportionnée » au motif que Palestine Action avait recouru à la violence en endommageant des biens. La Cour a exprimé sa « déférence » envers le gouvernement en matière de sécurité nationale.

De nombreux experts britanniques et des Nations Unies ont critiqué la définition trop large du « terrorisme » adoptée par le Royaume-Uni. Les meilleures pratiques, décrites dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies de 2004 soutenue par le Royaume-Uni, associent le terrorisme à des actes visant à causer la mort ou des blessures graves, ou à la prise d’otages.

Or, les dommages criminels, y compris les dommages matériels qui ne mettent pas la vie de personnes en danger, ne devraient pas être qualifiés de terrorisme, selon les normes internationales de bonnes pratiques ; ils relèvent plutôt du droit pénal ordinaire.

Qualifier un groupe de manifestants de « terroristes » a créé une situation absurde, où des milliers de personnes brandissant pacifiquement des pancartes sont accusées de soutien au terrorisme.

Le 12 juin, lors d’un autre procès pénal à Londres, un juge a condamné quatre membres de Palestine Action à des peines allant de cinq ans à sept ans et demi de prison pour un raid mené en 2024 contre une usine d’Elbit Systems, estimant qu’un « lien avec le terrorisme » dans leurs actions constituait une circonstance aggravante.

Human Rights Watch a documenté l’utilisation abusive des pouvoirs antiterroristes pour étouffer la dissidence dans de nombreux pays, dont la Tunisie, le Sri Lanka, la Turquie et l’ Inde. En interdisant Palestine Action, le gouvernement britannique s’est rapproché des gouvernements qui s’attaquent aux libertés démocratiques et font marche arrière en matière de droits humains.

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15.06.2026 à 06:00

Les attaques contre l'éducation ont augmenté de plus de 40 % dans le monde

Human Rights Watch
Click to expand Image Le système éducatif de Gaza est en ruines, ainsi que l’observait l’ONG Plan International en novembre 2025. © Plan International / Ahmed Salama

(New York) – Au moins 8 500 attaques contre l’éducation ont été menées dans le monde en 2024-2025, soit une hausse de plus de 40 % par rapport à la précédente période de deux ans, selon le rapport « Education Under Attack 2026 » (« Attaques contre l'éducation 2026 »), publié aujourd’hui par la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (Global Coalition to Protect Education from Attack, GCPEA). Ces attaques ont touché plus de 10 600 élèves, enseignants et autres membres du personnel éducatif dans 83 pays, dont 55 pays qui ne sont pas en situation de conflit armé actif.

« Nous pensons que l’augmentation réelle du nombre d’attaques est encore plus élevée », a déclaré Felicity Pearce, chercheuse principale pour la rédaction de ce rapport. « L’escalade des conflits, la restriction de l’accès humanitaire et les fréquentes censures de l’information signifient que de nombreuses attaques ne sont jamais signalées. »

Dans un contexte d’insécurité et d’instabilité accrues dans le monde, les niveaux de conflit ont atteint leur plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale. La GCPEA a recensé le plus grand nombre d’attaques en Colombie, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, en Haïti, en Palestine et en Ukraine. Rien qu’en Ukraine, plus de 900 attaques contre des écoles ont été enregistrées. En Palestine, plus de 2 000 attaques ont visé le secteur de l’éducation, et à la fin de l’année 2025, presque toutes les écoles de Gaza avaient été endommagées ou détruites. Haïti, dont la situation est présentée pour la première fois dans l’édition 2026 de ce rapport, a subi plus de 400 attaques. Les plus grands nombres de personnes tuées ou blessées ont été recensés au Myanmar, au Nigeria, au Yémen et au Cameroun.

Les filles et les femmes ont été exposées à des risques accrus de violence et d’exclusion, notamment lors d’attaques ciblées contre des écoles de filles et des violences sexuelles liées aux conflits au Cameroun, en République centrafricaine, en Colombie, en Haïti et au Nigeria. En Afghanistan, les autorités ont fermé les écoles pour filles au-delà de la sixième année scolaire et ont arrêté des enseignantes, poursuivant ainsi leur offensive contre l’éducation des filles.

Le nombre de cas d’utilisation d’écoles à des fins militaires a presque doublé ; le GCPEA a recensé plus de 1 900 cas, la Colombie, la RD Congo et l’Éthiopie étant particulièrement touchées. L’occupation d’écoles par des forces armées ou des groupes armés perturbe non seulement l’éducation et endommage des infrastructures éducatives vitales, mais elle accroît également les risques de recrutement d’enfants, de violences sexuelles et d’attaques de représailles.

Le rapport souligne également l’utilisation croissante d’armes explosives dans les zones peuplées, y compris des explosifs lancés par des drones, lors d’environ 300 attaques contre des établissements scolaires. Plusieurs attaques ont été menées pendant les heures de cours, tuant des élèves et des enseignants et forçant la fermeture prolongée des écoles.

Le GCPEA appelle tous les États à adhérer à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, et exhorte les gouvernements, les agences des Nations Unies et les bailleurs de fonds à prendre cinq mesures urgentes :

Renforcer les protections juridiques pour les enfants et les systèmes éducatifs.Mettre fin à l'utilisation d’écoles à des fins militaires.Maintenir et protéger la surveillance des attaques à travers le monde.Préserver l'éducation pendant les cycles électoraux.Financer les systèmes d'alerte précoce et d'action préventive.

« Ce à quoi nous assistons, c’est la destruction des espoirs et de l’avenir des enfants, l’éducation en soi étant prise pour cible », a déclaré Lisa Chung Bender, directrice exécutive de la GCPEA. « Il s’agit souvent d’attaques délibérées. Ne pas les empêcher relève d’un choix politique, et les conséquences marqueront les générations à venir. »

La Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) est une coalition d’agences des Nations Unies et d’organisations non gouvernementales visant à protéger l’éducation dans les situations d’urgence. Ce rapport 2026 est le huitième de la série « Education Under Attack ». Il analyse les tendances mondiales et dresse le profil des attaques et de l’utilisation militaire d’écoles et d’universités dans 28 pays. Le rapport 2026 a bénéficié du généreux soutien de la fondation Education Above All, de l’ONG Education Cannot Wait, et du gouvernement norvégien.

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12.06.2026 à 21:20

Les investissements américains en RD Congo devraient favoriser la lutte contre la corruption et le respect des droits

Human Rights Watch
Click to expand Image Une mine de cuivre à ciel ouvert à Kolwezi, en République démocratique du Congo, photographiée le 6 juillet 2016.  © 2016 Per-Anders Pettersson/Getty Images

Le gouvernement américain prévoit d’importants investissements dans des minéraux critiques en République démocratique du Congo, tout en affirmant que les entreprises américaines contribueront à « la paix, la prospérité et la dignité » de la région. Mais pour qu’une telle contribution au développement économique soit efficace, les gouvernements américain et congolais devraient s’attaquer aux schémas persistants de corruption et d’atteintes aux droits humains dans le secteur minier.

Lors d’une réunion de son conseil d’administration qui s’est tenue le 3 juin, l’US Development Finance Corporation, une institution financière du gouvernement américain, a décidé d’ajouter 900 millions d’USD à un investissement existant de 600 millions d’USD dans l’Orion Critical Mineral Consortium, un fonds basé à New York. Le consortium a annoncé plusieurs investissements majeurs en RD Congo, dont un projet de participation dans des mines appartenant à la multinationale Glencore.

La RD Congo dispose de vastes gisements de minéraux critiques utilisés pour la défense, l’intelligence artificielle, les transports et d’autres industries, mais son secteur minier est depuis longtemps marqué par la corruption. Lors d’une audience publique avant la réunion du conseil d’administration, Human Rights Watch et Resource Matters, un groupe basé en RD Congo et à Bruxelles, ont appelé à consulter les communautés et les activistes congolais sur les risques liés aux droits humains et à la corruption avant la finalisation des investissements.

Nous avons également exprimé des inquiétudes sur le fait que, pour faciliter une transaction entre Orion et Glencore, le gouvernement américain pourrait assouplir les sanctions contre l’homme d’affaires israélien Dan Gertler. En 2017, le département du Trésor américain a sanctionné Dan Gertler – qui touche toujours des redevances liées à la production dans deux mines appartenant à Glencore – en vertu de la loi américaine Global Magnitsky Act. Le département du Trésor américain a déclaré que Dan Gertler « a amassé sa fortune grâce à des centaines de millions de dollars de transactions opaques et entachées de corruption dans le secteur minier et pétrolier » en RD Congo.

L’assouplissement des sanctions contre Dan Gertler porterait atteinte à la responsabilisation en matière de corruption en RD Congo, et affaiblirait la crédibilité des sanctions anti-corruption américaines dans le monde entier. Si le gouvernement et les investisseurs américains tiennent réellement à favoriser une paix et une prospérité durables en RD Congo, ils devraient lutter de manière efficace contre la corruption et renforcer le respect des droits humains dans le secteur minier.

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