27.05.2026 à 20:00
2027, l’année de rupture ? Un soir avec le stratège de Mélenchon
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27.05.2026 à 20:00
2027, l’année de rupture ? Un soir avec le stratège de Mélenchon
La rencontre avec Manuel Bompard
Le numéro 2 de LFI arrive Au Poste avec une mission: convaincre que la candidature Mélenchon n'est pas le pari d'un homme, mais d'une équipe. Sur la question de l'alliance à gauche, il est tranchant --- Roussel et Tondelier ont dit non, mais il maintient l'offre: «Mais... avec une date de péremption. Si c'est pour qu'il y ait des gens qui trois jours avant le premier tour de l'élection présidentielle se disent ah j'ai rien fait de toute la campagne, mais je vois que Mélenchon il est bien placé, donc je vais le soutenir... ça en fait: pas question.»
A propos du Rassemblement national, Bompard refuse le fatalisme. Il juge l'argument du «vote de barrage» épuisé et périlleux: «la vérité est que le RN a une peur bleue d'un affrontement contre nous au second tour.» Il accuse frontalement ceux qui ciblent Mélenchon plutôt que Bardella: «Tous les coups que vous aurez mis à Mélenchon au premier tour, Bardella pourra ensuite les utiliser.»
Sur la fiscalité, Bompard décrypte la logique de la taxe Zucman, de la flat tax à supprimer, d'une réforme de l'héritage: «Aujourd'hui, le principal propagateur des inégalités sociales en France, c'est la transmission. C'est le patrimoine.»
Concernant les médias, il nomme et assume: «Bernard Arnaud, Patrick Drahi, Saadé... S'ils lnvestissent dans les médias, ce n'est pas par intérêt économique, mais par intérêt idéologique.» L'une des premières mesures d'un gouvernement LFI serait, selon lui, de démanteler les trusts de presse privés. Vient la question des ingérences étrangères ciblant des élus LFI --- attribuées à l'entreprise Blackcore, soupçonnée d'être proche des services israéliens --- il exige une réponse politique: «Vouloir perturber le processus électoral d'un autre pays, c'est un acte hostile. Comment on répond à cet acte hostile?»
Enfin, sur la Sixième République, le coordinateur refuse de donner des «garanties» et retourne la question: «Ne me demandez pas des garanties et créez les conditions populaires pour empêcher tout gouvernement de reculer.»