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Plus d'une quarantaine de civils ont été tués dimanche lors d'attaques perpétrées par des hommes armés dans la région de Ménaka, dans le nord-est du Mali, provoquant des déplacements de population, ont rapporté lundi à l'AFP plusieurs sources sécuritaires, locales et associatives.

20.10.2026 à 02:13

Ingérences étrangères : le Sénat se penche sur un projet de loi jugé "trop limité" avant la présidentielle

FRANCE24
Alors que la course à l’Élysée fait l'objet depuis plusieurs mois d'un ciblage attribué à des puissances étrangères - Viginum, le service de lutte contre les manipulations de l'information, a déjà détecté plus d'une centaine d'opérations numériques étrangères autour de ce scrutin -, le renforcement de l'arsenal juridique est érigé comme priorité du gouvernement dans cette dernière année du quinquennat. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait reçu en juin les partis politiques sur ce thème, évoquant alors les "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle" et soulignant que "l'ensemble de la classe politique" pouvait être concerné. Trois prétendants à l’Élysée, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, ont notamment été ciblés par des campagnes de désinformation en ligne attribuées à des réseaux prorusses. Autant de préoccupations qui ont poussé le gouvernement à déposer, durant l'été, un projet de loi sur le bureau du Sénat. Examiné mardi après-midi, il devrait y être adopté sans difficulté, avant sa transmission à l'Assemblée nationale. Le texte, qui propose notamment de tripler les peines encourues pour la diffusion de fausses informations en contexte électoral pour les porter à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, semble en effet assez consensuel. Mais il n'épargnera pas au gouvernement certaines critiques, devant un projet très succinct et articulé autour de seulement trois articles. "Le texte reste (...) trop limité. Il ne traite que de la lutte contre les manipulations de l'information alors que le panel des menaces hybrides venant de l'étranger est plus large", s'inquiète le président Les Républicains de la commission des Affaires étrangères, Cédric Perrin. Le sénateur de Belfort avance de nombreux angles morts : "le financement de la vie politique, l'audiovisuel et les réseaux sociaux, les cyberattaques, les actions en direction des diasporas, la corruption, les ingérences économiques ou la représentation d'intérêt". "C'est une occasion manquée", reprend le sénateur socialiste Rachid Temal, rapporteur du projet de loi, qui appelle à un "travail transpartisan" pour "aller plus loin" dans les prochains mois. Référé anti-fake news Les parlementaires ont en effet une marge de manœuvre limitée pour amender le texte, car toutes les propositions sans lien suffisamment étroit avec le projet initial sont automatiquement déclarées irrecevables. Les sénateurs devraient toutefois évoquer le sujet de la responsabilisation des plateformes et des réseaux sociaux, avec le dépôt d'un amendement du sénateur Horizons Claude Malhuret, visant à "reconnaître que l'amplification algorithmique de contenus" illicites "constitue un acte de diffusion engageant (la) responsabilité" des plateformes. Le centriste Laurent Lafon propose lui de créer une nouvelle infraction visant les fournisseurs d'intelligence artificielle lorsque leurs modèles contribuent par "imprudence" ou "négligence" à une "atteinte à l'intégrité du débat démocratique". Le texte gouvernemental prévoit par ailleurs la création d'une procédure de "référé" pour solliciter le retrait de fausses informations portant atteinte à certains intérêts fondamentaux de la Nation. Cela concernerait des "allégations (...) manifestement inexactes ou trompeuses", diffusées de manière "artificielle ou automatisée", selon le projet de loi. Une autre procédure de référé spécifique aux manipulations d'informations lors des élections politiques, déjà existante pour la plupart des scrutins nationaux, sera élargie à d'autres opérations de vote comme les municipales, les régionales et les départementales. En défendant cette mesure, M. Lecornu avait notamment ciblé les élections régionales et départementales de 2028.

Texte intégral (605 mots)
Alors que la course à l’Élysée fait l'objet depuis plusieurs mois d'un ciblage attribué à des puissances étrangères - Viginum, le service de lutte contre les manipulations de l'information, a déjà détecté plus d'une centaine d'opérations numériques étrangères autour de ce scrutin -, le renforcement de l'arsenal juridique est érigé comme priorité du gouvernement dans cette dernière année du quinquennat. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait reçu en juin les partis politiques sur ce thème, évoquant alors les "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle" et soulignant que "l'ensemble de la classe politique" pouvait être concerné. Trois prétendants à l’Élysée, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, ont notamment été ciblés par des campagnes de désinformation en ligne attribuées à des réseaux prorusses. Autant de préoccupations qui ont poussé le gouvernement à déposer, durant l'été, un projet de loi sur le bureau du Sénat. Examiné mardi après-midi, il devrait y être adopté sans difficulté, avant sa transmission à l'Assemblée nationale. Le texte, qui propose notamment de tripler les peines encourues pour la diffusion de fausses informations en contexte électoral pour les porter à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, semble en effet assez consensuel. Mais il n'épargnera pas au gouvernement certaines critiques, devant un projet très succinct et articulé autour de seulement trois articles. "Le texte reste (...) trop limité. Il ne traite que de la lutte contre les manipulations de l'information alors que le panel des menaces hybrides venant de l'étranger est plus large", s'inquiète le président Les Républicains de la commission des Affaires étrangères, Cédric Perrin. Le sénateur de Belfort avance de nombreux angles morts : "le financement de la vie politique, l'audiovisuel et les réseaux sociaux, les cyberattaques, les actions en direction des diasporas, la corruption, les ingérences économiques ou la représentation d'intérêt". "C'est une occasion manquée", reprend le sénateur socialiste Rachid Temal, rapporteur du projet de loi, qui appelle à un "travail transpartisan" pour "aller plus loin" dans les prochains mois. Référé anti-fake news Les parlementaires ont en effet une marge de manœuvre limitée pour amender le texte, car toutes les propositions sans lien suffisamment étroit avec le projet initial sont automatiquement déclarées irrecevables. Les sénateurs devraient toutefois évoquer le sujet de la responsabilisation des plateformes et des réseaux sociaux, avec le dépôt d'un amendement du sénateur Horizons Claude Malhuret, visant à "reconnaître que l'amplification algorithmique de contenus" illicites "constitue un acte de diffusion engageant (la) responsabilité" des plateformes. Le centriste Laurent Lafon propose lui de créer une nouvelle infraction visant les fournisseurs d'intelligence artificielle lorsque leurs modèles contribuent par "imprudence" ou "négligence" à une "atteinte à l'intégrité du débat démocratique". Le texte gouvernemental prévoit par ailleurs la création d'une procédure de "référé" pour solliciter le retrait de fausses informations portant atteinte à certains intérêts fondamentaux de la Nation. Cela concernerait des "allégations (...) manifestement inexactes ou trompeuses", diffusées de manière "artificielle ou automatisée", selon le projet de loi. Une autre procédure de référé spécifique aux manipulations d'informations lors des élections politiques, déjà existante pour la plupart des scrutins nationaux, sera élargie à d'autres opérations de vote comme les municipales, les régionales et les départementales. En défendant cette mesure, M. Lecornu avait notamment ciblé les élections régionales et départementales de 2028.

20.10.2026 à 02:07

Brise-glace et câble sous-marin: l'UE dévoile sa stratégie pour l'Arctique

FRANCE24
Les tensions entre Européens et Américains sont retombées depuis que le président américain a affiché ses velléités de prendre le contrôle de ce territoire autonome danois. Le Danemark, les Etats-Unis et le Groenland ont signé en septembre un accord à New York mettant fin, du moins pour le moment, à la crise. Mais les Européens ont été franchement secoués par ces menaces en début d'année et veulent désormais plancher ensemble sur les moyens de muscler leur empreinte dans l'Arctique, conscients également de la présence d'une Russie hostile dans la région. Voilà à quoi doit servir la "stratégie pour l'Arctique", dévoilée en milieu de journée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et ses équipes. "Les nouvelles dynamiques dans l'Arctique nécessitent que l'Europe soit un partenaire fort et fiable", souligne un des commissaires européens qui a travaillé à l'élaboration de ce document, Jozef Síkela. "C'est précisément ce que nous visons à accomplir avec notre nouvelle stratégie." Brise-glace et câble sous-marin Selon une ébauche du texte, consultée par l'AFP, l'UE souhaite notamment: - Renforcer la flotte européenne de brise-glaces, ces navires essentiels pour naviguer sur des routes de plus en plus stratégiques - Muscler son système de surveillance afin de mieux détecter des navires de la flotte fantôme - Connecter, à long terme, l'Europe au Japon via un câble sous-marin passant par le Groenland et le Canada (les Etats-Unis ne sont pas mentionnés) Aucun financement supplémentaire n'est prévu dans cette proposition. Ursula von der Leyen avait déjà annoncé 200 millions d'euros pour le Groenland lors de sa visite dans le territoire autonome danois début septembre. Le Groenland compte utiliser les nouveaux fonds européens pour participer au développement de projets concrets, comme le développement d'un meilleur accès à internet. Bruxelles espère quant à elle en profiter pour diversifier l'accès européen aux matières premières critiques -- jusqu'ici très lié à la Chine. Le projet de document consulté par l'AFP préconise aussi de renforcer la coopération avec des pays non membres de l'UE partageant les mêmes objectifs, comme le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège. Il propose également d'organiser régulièrement un sommet réunissant les partenaires du "voisinage nordique". Les Etats-Unis figurent parmi les pays susceptibles d'y participer. L'Amérique de Donald Trump, longtemps un allié clé dans la région, se fait remarquer par son absence dans le reste du document. Dérèglement climatique et voies stratégiques L'Arctique est également au cœur de préoccupations environnementales de l'UE. Selon les experts, la région se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale sous l'effet du changement climatique, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales. Bruxelles souligne la nécessité d'y investir dans les renouvelables. La fonte de la banquise ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les Etats-Unis ont ainsi intensifié leur présence dans cette zone, en particulier dans le but d'accéder à ses importantes ressources naturelles et de développer de nouvelles routes maritimes. En août, la Chine et la Corée du Sud ont envoyé des porte-conteneurs par la route maritime du Nord, qui traverse les eaux territoriales russes, afin d'en tester la viabilité. Cette voie devient navigable pendant des périodes de plus en plus longues à mesure que la banquise recule.

Texte intégral (608 mots)
Les tensions entre Européens et Américains sont retombées depuis que le président américain a affiché ses velléités de prendre le contrôle de ce territoire autonome danois. Le Danemark, les Etats-Unis et le Groenland ont signé en septembre un accord à New York mettant fin, du moins pour le moment, à la crise. Mais les Européens ont été franchement secoués par ces menaces en début d'année et veulent désormais plancher ensemble sur les moyens de muscler leur empreinte dans l'Arctique, conscients également de la présence d'une Russie hostile dans la région. Voilà à quoi doit servir la "stratégie pour l'Arctique", dévoilée en milieu de journée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et ses équipes. "Les nouvelles dynamiques dans l'Arctique nécessitent que l'Europe soit un partenaire fort et fiable", souligne un des commissaires européens qui a travaillé à l'élaboration de ce document, Jozef Síkela. "C'est précisément ce que nous visons à accomplir avec notre nouvelle stratégie." Brise-glace et câble sous-marin Selon une ébauche du texte, consultée par l'AFP, l'UE souhaite notamment: - Renforcer la flotte européenne de brise-glaces, ces navires essentiels pour naviguer sur des routes de plus en plus stratégiques - Muscler son système de surveillance afin de mieux détecter des navires de la flotte fantôme - Connecter, à long terme, l'Europe au Japon via un câble sous-marin passant par le Groenland et le Canada (les Etats-Unis ne sont pas mentionnés) Aucun financement supplémentaire n'est prévu dans cette proposition. Ursula von der Leyen avait déjà annoncé 200 millions d'euros pour le Groenland lors de sa visite dans le territoire autonome danois début septembre. Le Groenland compte utiliser les nouveaux fonds européens pour participer au développement de projets concrets, comme le développement d'un meilleur accès à internet. Bruxelles espère quant à elle en profiter pour diversifier l'accès européen aux matières premières critiques -- jusqu'ici très lié à la Chine. Le projet de document consulté par l'AFP préconise aussi de renforcer la coopération avec des pays non membres de l'UE partageant les mêmes objectifs, comme le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège. Il propose également d'organiser régulièrement un sommet réunissant les partenaires du "voisinage nordique". Les Etats-Unis figurent parmi les pays susceptibles d'y participer. L'Amérique de Donald Trump, longtemps un allié clé dans la région, se fait remarquer par son absence dans le reste du document. Dérèglement climatique et voies stratégiques L'Arctique est également au cœur de préoccupations environnementales de l'UE. Selon les experts, la région se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale sous l'effet du changement climatique, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales. Bruxelles souligne la nécessité d'y investir dans les renouvelables. La fonte de la banquise ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les Etats-Unis ont ainsi intensifié leur présence dans cette zone, en particulier dans le but d'accéder à ses importantes ressources naturelles et de développer de nouvelles routes maritimes. En août, la Chine et la Corée du Sud ont envoyé des porte-conteneurs par la route maritime du Nord, qui traverse les eaux territoriales russes, afin d'en tester la viabilité. Cette voie devient navigable pendant des périodes de plus en plus longues à mesure que la banquise recule.

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