06.03.2026 à 16:28
Conflit entre Israël et le Hezbollah : plus de 700 000 libanais forcés de fuir (Allemand)
05.03.2026 à 09:14
04.03.2026 à 16:00
Malgré des négociations avancées, les États-Unis et Israël ont amorcé, le 28 février, deux opérations militaires contre leur ennemi commun : la République islamique d'Iran. Des attaques aux objectifs flous et qui embrasent peu à peu le reste de la région.
Moins de deux mois après l'attaque au Venezuela, la politique belliqueuse de Donald Trump est à nouveau à l'œuvre. Samedi 28 février 2026, les États-Unis et leur allié Israël ont lancé deux opérations militaires aériennes illégales (…)
Malgré des négociations avancées, les États-Unis et Israël ont amorcé, le 28 février, deux opérations militaires contre leur ennemi commun : la République islamique d'Iran. Des attaques aux objectifs flous et qui embrasent peu à peu le reste de la région.
Moins de deux mois après l'attaque au Venezuela, la politique belliqueuse de Donald Trump est à nouveau à l'œuvre. Samedi 28 février 2026, les États-Unis et leur allié Israël ont lancé deux opérations militaires aériennes illégales contre la République islamique d'Iran, avec l'objectif de faire tomber le pouvoir en place.
Un but partiellement atteint : le lendemain, l'Iran confirme la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême à la tête du pays depuis 1989, ainsi que de plusieurs commandants militaires. Au total, au moins 1230 personnes auraient été tuées dans les bombardements israélo-étasuniens, selon le Croissant-Rouge iranien cité par Reuters le 6 mars.
Comme pour le Venezuela, cette agression militaire survient après des semaines de tensions et de menaces entre Washington et Téhéran, désigné par Donald Trump comme l'un de ses principaux ennemis depuis son premier mandat. Le déploiement progressif de forces navales étasuniennes au Moyen-Orient – le plus important depuis l'invasion de l'Irak – avait contraint, ces dernières semaines, le pouvoir iranien à négocier. La veille de l'attaque, un accord de paix était même « à portée de main », selon le principal médiateur.
Pour justifier cette soudaine déclaration de guerre, jugée illégale au regard du droit international, le président étasunien a évoqué au départ « les menaces imminentes que représente le régime iranien » pour son pays. Trois jours plus tard, le secrétaire d'État aux Affaires étrangères admettait toutefois que Washington s'était vu obligé de frapper « préventivement » l'Iran du fait d'une « action » imminente d'Israël contre Téhéran. Et ce, afin d'éviter des représailles iraniennes « plus importantes ». Bien que Donald Trump conteste ce version, l'État israélien a confirmé plus tard son projet initial d'une attaque « pour le milieu de l'année » 2026.
Le risque d'escalade militaire régionale est désormais sur toutes les lèvres. En réaction aux attaques, Téhéran riposte en bombardant Israël ainsi que des cibles militaires dans au moins huit pays du Moyen-Orient, dont Une base navale française aux Émirats Arabes Unis a notamment été touchée au deuxième jour du conflit, impliquant un peu plus la France dans cette guerre. Le régime a par la suite bombardé des groupes d'opposition kurdes armés basés au Kurdistan irakien voisin. Quelques missiles iraniens ont par ailleurs visé Chypre, la Turquie et l'Azerbaïdjan.
Surtout, la guerre a atteint le Liban. Le 3 mars, une salve de missiles du Hezbollah libanais (officieusement soutenu par l'Iran) ciblant Israël, en représailles à la mort de Khamenei, a provoqué la reprise du conflit armé entre les deux acteurs. En plus de bombardements sur la capitale Beyrouth, l'armée israélienne a pris le contrôle d'une partie au sud du pays pour créer une « zone tampon » le long de sa frontière avec le Liban. Intensifiant ses tirs, Israël a ordonné des évacuations massives dans le pays, dont plus de 700 000 habitants de Beyrouth le 5 mars. Le lendemain, un bilan du gouvernement libanais estimait 217 personnes ont été tués par les tirs israéliens.
Le doute pèse sur l'ampleur finale de l'opération étatsunienne et les objectifs réels des États-Unis. Censé durer initialement « deux ou trois jours », le conflit pourrait se poursuivre durant « quatre à cinq semaines », table Donald Trump. Le conflit pourrait même durer « jusqu'en septembre », selon un document interne révélé par Politico.
De même, sa stratégie pour faire tomber le régime en Iran reste floue. Si Donald Trump promettait au départ de laisser les Iraniens « prendre le contrôle de [leur] gouvernement » en affaiblissant la dictature islamique depuis le ciel, le président étasunien a ensuite envisagé d'envoyer des troupes au sol « si elles étaient nécessaires », avant de juger que ce serait « une perte de temps ». Le chef d'État réclame malgré tout de pouvoir choisir des successeurs « acceptables » à la tête du pays.
En attendant, les États-Unis et Israël envisagent de soutenir militairement des combattants kurdes armés et opposés au régime. Quelle que soit l'issue de cette guerre, Donald Trump espère encore faire plier le pouvoir iranien sans négociations : « Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, sauf en cas de CAPITULATION INCONDITIONNELLE ! », déclarait-il le 6 mars.