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09.10.2026 à 14:00

La Lettre

Nos évènements Rencontre-débat « Les médias français confrontés à la guerre menée par Israël au Liban », 14 octobre, 19h, La Césure (Paris) Le Centre culturel libanais en France (CCLF) organise une rencontre-débat sur le traitement de la guerre israélienne contre le Liban par les médias français. Avec : Alain Gresh, directeur d'Orient XXI Ziad Majed, politiste et chercheur franco-libanais, professeur d'université Arthur Sarradin, journaliste Denis Sieffert, journaliste, ancien directeur (…)

- Archives

Texte intégral (4811 mots)

Nos évènements

  • Rencontre-débat « Les médias français confrontés à la guerre menée par Israël au Liban », 14 octobre, 19h, La Césure (Paris)

Le Centre culturel libanais en France (CCLF) organise une rencontre-débat sur le traitement de la guerre israélienne contre le Liban par les médias français. Avec :
Alain Gresh, directeur d'Orient XXI
Ziad Majed, politiste et chercheur franco-libanais, professeur d'université
Arthur Sarradin, journaliste
Denis Sieffert, journaliste, ancien directeur de la publication de Politis

« Les médias français confrontés à la guerre menée par Israël au Liban »
14 octobre, 19h
La Césure, amphithéâtre
13 rue Santeuil, 75005 Paris
Entrée libre

Pour aller plus loin, dans les archives d'Orient XXI :

Ziad Majed, 7 mai
En Palestine — en particulier à Gaza — comme dans le Sud-Liban, la ruine excède largement le registre du dommage matériel. Elle constitue une politique israélienne à part entière qui ordonne l'espace, altère le temps et frappe les vivants à travers leurs lieux de vie. En pulvérisant les maisons, les bibliothèques, les archives, les photographies et les actes de propriété, cette stratégie s'attaque également au souvenir.
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Ziad Majed, 31 juillet
Pris dans les rivalités entre les États-Unis, Israël et l'Iran, le Liban n'a que peu de marge de manœuvre. Mais l'accord-cadre signé le 26 juin 2026 entre Beyrouth et Tel-Aviv sous l'égide de Washington est loin d'offrir une perspective de retour à la paix et à la libération du territoire libanais. D'autres tactiques sont pourtant possibles.
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Giulia Della Michelina, Décembre 2025
Outre les pertes humaines et matérielles, les bombardements israéliens incessants sur le sud du Liban provoquent un désastre écologique qui aggrave la pénurie d'eau et l'insécurité alimentaire des populations locales.
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Orient XXI dans les médias

  • Laurent Bonnefoy invité de Geopolitis sur RTS, « Yémen. L'offensive des Houthis »

Dimanche 4 octobre, Laurent Bonnefoy, chercheur au CNRS et membre du comité éditorial d'Orient XXI, était l'invité de l'émission Geo Politis de la Radio Télévision Suisse (RTS) pour parler de l'offensive des houthistes au Yémen.

Vous pouvez retrouver l'émission ici

Pour aller plus loin, dans les archives d'Orient XXI :

Helen Lackner, 28 septembre
Depuis le déclenchement de l'attaque israélo-états-unienne sur l'Iran en février 2026, les houthistes semblaient hésiter à s'engager. Il leur a fallu, au cours de l'été, déconnecter formellement leur stratégie militaire de celle de l'Iran et de ses intérêts pour lancer une opération éclair et capturer les abords du détroit stratégique de Bab El-Mandeb. Le tout aux dépens de l'Arabie saoudite.
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Afrah Nasser, 25 mars
La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février s'est étendue à toute la région. Un seul front est resté calme, celui du Yémen. Les houthistes qui contrôlent Sanaa se sont pour l'instant tenus à l'écart tout en soutenant verbalement Téhéran. Une hésitation qui tient autant à des facteurs internes au Yémen qu'aux calculs de la République islamique à ce stade du conflit.
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Laurent Bonnefoy, Septembre 2024
Il y a dix ans, le 21 septembre 2014, les rebelles houthistes s'emparaient de Sanaa et renversaient le gouvernement issu du « Printemps yéménite ». Depuis lors, leur exercice du pouvoir dans de larges parties du Yémen s'est affirmé tant en interne, à travers la mise en place d'un État autoritaire, qu'à l'échelle régionale, où leur capacité militaire va croissante. Le 15 septembre 2024, un de leurs missiles atteignait à nouveau le centre d'Israël, éloigné de plus de 2 000 kilomètres. Bilan.
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  • Orient XXI et Acrimed invités de Franck Barrat

Dans cette émission diffusée sur Youtube, Franck Barrat reçoit Sarra Grira, rédactrice en chef d'Orient XXI, Meriem Laribi, journaliste et Pauline Perrenot, journaliste et membre de la rédaction d'Acrimed, pour parler de l'enquête « Palestine : à France Info TV, la fabrique d'un verrouillage éditorial » menée conjointement par Acrimed et Orient XXI.

Quatre personnes discutent d
Cliquez sur l'image pour voir la vidéo.

Lire notre enquête :

Meriem Laribi, Pauline Perrenot, 30 septembre
Depuis le 7 octobre 2023, la rédaction de la chaîne de télévision de France Info est critiquée sur les réseaux sociaux pour sa couverture de la Palestine. Cette enquête, menée conjointement par Acrimed et Orient XXI, vise à comprendre les ressorts d'un récit journalistique dominé par le point de vue israélien et marqué par un tropisme occidentalo-centré. Comment la chaîne d'information publique a-t-elle contribué à normaliser le pire en Palestine ?
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Campagne de dons du Fonds pour une presse libre (FPL), jusqu'au 29 octobre

Le Fonds pour une presse libre (FPL) est un organisme à but non lucratif qui défend le pluralisme de l'information et l'indépendance du journalisme. Sa mission est d'accompagner et de soutenir les médias indépendants dans la recherche de leur propre modèle économique afin de développer un écosystème pérenne, solidaire et dynamique.

Le FPL lance une campagne de dons pour financer son dixième appel à projets « Présidentielle 2027 : six mois pour ne pas sombrer ».

Faire un don

Quarante ans de l'ONG Migration & Développement (M&D), 24 octobre, à partir de 13h30, Académie du climat, Paris

À l'occasion des 40 ans de M&D, l'ONG propose un après-midi de réflexion, d'échanges et de partage autour de la thématique « Perspectives de la solidarité internationale, du développement durable et de l'inclusion ».

Samedi 24 octobre 2026
À partir de 13h30
Académie du Climat
2 Place Baudoyer, 75004, métro Hôtel de Ville, Paris

À lire sur Afrique XXI

« “Mme Pauline” et fils, génocidaires unis pour la vie au Sénégal », Juliette Bour, Michael Pauron, 9 octobre 2026.

Bonnes feuilles. L'historienne Juliette Bour a étudié le parcours de quinze rwandaises condamnées pour avoir participé au génocide des Tutsis du Rwanda et qui occupaient des postes à responsabilité. Ses recherches ont fait l'objet d'un livre, Comme des hommes ?, aux éditions CNRS, dont Afrique XXI publie un extrait avec l'accord de l'autrice et de la maison d'édition.

Dans le Journal de bord de Gaza

« Juste un petit mot pour vous, mes amis. Je sais que vous étiez nombreux à demander de mes nouvelles, pourquoi je n'ai rien écrit depuis plus de 40 jours. Vous comprenez à présent les raisons de ce silence. Je vis toujours dans cette chambre noire. Autour de moi, il n'y a que l'obscurité, la misère et la souffrance des gens. J'ai le cœur triste, je suis déchiré de voir ma société souffrir ainsi. […] Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont demandé de mes nouvelles. Je suis toujours vivant. Et on continuera toujours de parler de la Palestine. »

Rami Abou Jamous, 7 octobre
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il fait le bilan de ces trois ans de guerre génocidaire contre Gaza et ses ravages sur la société palestinienne : misère, mariages précoces et captagon, le tout encouragé par les Israéliens.
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Les derniers articles

Sophie Boutière-Damahi, 9 octobre
Pour sa 13e édition du 10 au 18 octobre, le festival des cinémas des mondes arabes place les archives et le travail de restauration des films au cœur de sa programmation, de l'Égypte au Maroc en passant par la Palestine.
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Adèle Forveille, Pierre-Yves Baillet, 8 octobre
Lancé le 30 août 2026 à Khartoum, le « dialogue soudano-soudanais » entend tracer l'avenir politique du pays en plein conflit armé. Mais en s'établissant dans une zone tenue par l'armée, sans les forces politiques adverses ni cessez-le-feu, il soulève des questions sur ses objectifs et risque avant tout d'asseoir la légitimité du pouvoir militaire réinstallé à Khartoum.
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Laurent Bonnefoy, 6 octobre
La dimension confessionnelle du conflit yéménite est souvent caricaturée, dès lors qu'elle est intégrée dans les enjeux régionaux de rivalité entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. Si elle est une composante indéniable de la confrontation entre les houthistes et leurs ennemis, elle a été inégalement activée au fil des combats. Elle semble néanmoins faire son retour, au moment où la violence remonte d'un cran.
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Maël Galisson, 5 octobre
Le 24 novembre 2021, trente-et-une personnes exilées périssaient dans la Manche. Le procès de leurs passeurs s'est achevé le 30 septembre 2026. Pour les proches des disparus, c'est un début d'apaisement, mais il subsiste toujours des questions sans réponse, notamment sur la responsabilité des autorités françaises dans ce drame.
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Pour vous abonner à la Lettre d'Orient XXI en arabe, c'est ici

En anglais

Laurent Bonnefoy, 6 October
The sectarian dimensions of the Yemeni conflict are difficult to grasp, often misunderstood when they are linked to the regional rivalry between Sunni Saudi Arabia and Shiite Iran. While the religious question is undeniably a component of the confrontation between the Houthis and their enemies, it has nevertheless been activated unevenly over the course of the fighting. In 2026, it seems to be making a comeback as violence is again on the rise.
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En italien

Jonathan Hassine, 7 ottobre
Il monopolio delle armi da parte dello Stato è uno degli obiettivi del governo formato nel 2025 da Nawaf Salam. Il piano prevede il disarmo di Hezbollah secondo un calendario articolato in più fasi, definito sotto la pressione di Stati Uniti e Israele. Tra ingerenze internazionali e divisioni interne, il Libano si muove su un crinale, tra una sovranità da riconquistare e lo spettro della violenza.
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Giulia Della Michelina, 5 ottobre
Tra le tre “zone pilota” previste dall'accordo quadro firmato a Washington da Israele e Libano nel giugno 2026, Zawtar El-Gharbiyeh è oggi sotto il controllo dell'esercito libanese. Il villaggio è però in gran parte distrutto e gli abitanti dubitano che il ritiro israeliano dal Libano del Sud sia davvero vicino. Reportage.
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En espagnol

Helen Lackner, 9 de octubre
Desde el comienzo de los ataques de Israel y Estados Unidos contra Irán, en febrero de 2026, los hutíes parecían reacios a involucrarse en la contienda. Pero durante el verano boreal, se desvincularon formalmente de la estrategia militar de Irán y de sus intereses para lanzar una operación relámpago y capturar los alrededores del estrecho estratégico de Bab el-Mandeb. Todo a costa de Arabia Saudita.
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En persan

سیلون سیپل، 27 سپتامبر
ژنرال گادی آیزنکوت، رقیب اصلی بنیامین نتانیاهو در انتخابات عمومی ۲۷ اکتبر، از نارضایتی گسترده بخش قابل توجهی از افکار‌عمومی از نخست‌وزیر اسرائیل بهره‌برداری می‌کند. در مورد آینده فلسطینی‌ها، موضوعی که عمدتاً در مبارزات انتخاباتی غایب است، او موافق اجماع موجود در جامعه یعنی مخالف با تشکیل هرگونه کشوری برای فلسطینیان است.
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09.10.2026 à 06:00

À Marseille, Aflam ravive la mémoire des cinémas arabes

Sophie Boutière-Damahi

Pour sa 13e édition du 10 au 18 octobre, le festival des cinémas des mondes arabes place les archives et le travail de restauration des films au cœur de sa programmation, de l'Égypte au Maroc en passant par la Palestine. « Que peut le cinéma dans un monde arabe bouleversé par les guerres d'effacement et régi par la loi du plus fort, au mépris des règles du droit international et des populations ? » s'interrogent les organisateurs du festival Aflam dans la présentation de leur 13e édition. (…)

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Texte intégral (2021 mots)

Pour sa 13e édition du 10 au 18 octobre, le festival des cinémas des mondes arabes place les archives et le travail de restauration des films au cœur de sa programmation, de l'Égypte au Maroc en passant par la Palestine.

« Que peut le cinéma dans un monde arabe bouleversé par les guerres d'effacement et régi par la loi du plus fort, au mépris des règles du droit international et des populations ? » s'interrogent les organisateurs du festival Aflam dans la présentation de leur 13e édition. Ils tentent d'y répondre avec une édition intitulée « Réparer l'image : parcours cinématographiques arabes en Méditerranée » et consacrée au travail autour des archives. Celles qu'il faut restaurer, celles qu'il faut retrouver, mais aussi celles qui permettent de se rencontrer, de reprendre le fil des histoires et de faire circuler les mémoires. Pour Mathilde Rouxel, programmatrice du festival, ces images peuvent « inspirer à la fois les cinéastes contemporains et les spectateurs, afin de mieux comprendre la région et les enjeux historiques qui la traversent ». Par ailleurs, la thématique rejoint le cycle « Vives archives », consacré au patrimoine cinématographique arabe, qui fête ses cinq ans cette année.

Restaurer le cinéma des luttes

Retenue dans le cadre de l'appel à projets de la Saison Méditerranée 2026, cette édition bénéficie d'un soutien financier de l'Institut français, qui a notamment permis d'organiser un atelier de formation à la restauration numérique à Marseille du 22 juin au 2 juillet 2026. Celui-ci a été mené avec l'Archive circulation initiative (ACI)1, le cinéma Polygone étoilé et la cinémathèque d'usage et de pratiques cinématographiques Dodeskaden. Aflam a accueilli à Marseille trois techniciens venus de Beyrouth, engagés dans un projet de laboratoire de restauration numérique au Liban. Une première étape que l'association aimerait prolonger : « L'engouement que cette expérience a suscité nous a donné envie de continuer, mais cela nécessite de trouver les moyens pour pérenniser l'action », souligne Mathilde Rouxel.

C'est le film Ahlam Saghira (« Petits rêves ») de Khaled El Hagar qui a pu bénéficier du travail mené lors de cet atelier. Réalisé en 1993, le premier long-métrage du cinéaste égyptien suit le jeune Ghareeb, qui perd son père en 1956, durant la crise de Suez. Onze ans plus tard, en pleine guerre israélo-arabe qui oppose Israël à l'Égypte, la Jordanie et la Syrie, le protagoniste retrouve en Gamal Abdel Nasser, le président, l'image de ce père disparu. Il rejoint alors la résistance, convaincu d'une victoire prochaine. Trente-trois ans après sa réalisation, le film sera présenté en ouverture du festival, en première mondiale, dans sa version restaurée en 4K.

Le documentaire Al Ahwar (« Les Marais », 1976) du cinéaste irakien Kassem Hawal, dont les bobines originales ont été brûlées, sera aussi présenté en avant-première dans une version restaurée grâce aux copies retrouvées par le réalisateur. Ce film permet de revivre le quotidien dans les marais mésopotamiens du sud de l'Irak avant que le régime de Saddam Hussein ne décide de les assécher, dans les années 1990, au motif qu'ils abritaient des insurgés chiites2.

Dès les années 1970, la caméra de Kassem Hawal a également accompagné la lutte palestinienne. Ce sera tout l'enjeu d'une rencontre organisée entre lui et le réalisateur palestinien Mohanad Yaqubi et intitulée « Les révolutionnaires ne meurent jamais : cinéastes solidaires du peuple palestinien ». Le travail de Yaqubi s'inscrit également dans cette archéologie des cinémas de lutte. Avec Elettra Bisogno, il a dirigé l'ouvrage Jocelyne Saab : Inventory 1973-1983 (Sharjah Art Foundation, 2025) qui répertorie les seize premiers films de la cinéaste franco-libanaise réalisés entre 1973 et 1983. Le festival rendra hommage au travail de la réalisatrice avec la projection de Ghazl Al Banat (1985), dans une version restaurée en 4K. Une séance intitulée « Fabriquer Beyrouth au cinéma : dans les coulisses de Jocelyne Saab » donnera à voir des rushes et des images d'archives liés à son travail, notamment autour du siège de Beyrouth en 1982 et du tournage de Nahla (1979) de Farouk Beloufa, auquel elle a participé.

Une autre table ronde sera quant à elle consacrée à la place faite aux archives arméniennes, kurdes et amazighes, interrogeant les récits nationaux qui ont contribué à laisser certaines histoires à la marge.

Reprendre possession

Le festival interroge aussi la fragilité matérielle des archives. En 2006, un incendie ravage une partie de l'appartement familial des Bouanani à Rabat. Il endommage des manuscrits, des photographies, des documents et des correspondances liés à l'œuvre du cinéaste marocain Ahmed Bouanani. Après la mort du cinéaste en 2011, sa fille, Touda Bouanani, entreprend de préserver et de rendre accessible ce fonds familial, qui réunit aussi le travail de sa mère, Naïma Saoudi, et celui de sa sœur, Batoul Bouanani, costumière et dessinatrice. Depuis 2021, elle préside à la sauvegarde et à la valorisation de cet héritage avec l'association Archives Bouanani. Aflam présentera dans une version restaurée Le Mirage (1979) fable d'Ahmed Bouanani qui se déroule dans le Maroc colonisé de 1947.

Cette logique de recherche et de remise en circulation traverse pareillement le travail du réalisateur, acteur, chercheur en cinéma et restaurateur de films franco-algérien Nabil Djedouani. Aflam consacrera un focus à ses Archives numériques du cinéma algérien, une plateforme alternative créée en 2012 et disponible sur YouTube, qui redonne à voir des films algériens oubliés. Djedouani retrouve ces films grâce à un dialogue avec les ayants droit et les institutions algériennes et internationales. Ensuite, il les numérise, parfois les restaure, en collaboration avec les autres membres de l'Archive circulation initiative — qu'il a fondée avec Mathilde Rouxel —, puis les met à disposition du public.

La mémoire comme matière vivante

Dans son film documentaire Dial H-I-S-T-O-R-Y (1997), également programmé par Aflam, Johan Grimonprez puise dans des images télévisées consacrées aux détournements d'avion, notamment ceux liés aux organisations palestiniennes des années 1960 et 1970. Par son travail d'exploitation des archives, le réalisateur belge pose ici les bases d'une réflexion politique autour des événements, mais surtout de la construction du récit médiatique qui en a alors été fait. Une question que le réalisateur a par ailleurs poursuivie dans son dernier film Soundtrack to a Coup d'État, consacré à la crise congolaise, à l'assassinat du premier ministre Patrice Lumumba et au rôle du jazz dans la diplomatie culturelle états-unienne pendant la guerre froide.

Plus largement, la réflexion sur la mémoire et la transmission que propose cette année Aflam se prolonge aussi dans les films contemporains de la programmation. Le Jour de la colère : Contes de Tripoli (2026), de Rania Rafei, fait directement dialoguer archives, lettres et images du présent pour retracer l'histoire de Tripoli, au Liban. D'autres films abordent, chacun à sa manière, les traces du passé et les liens familiaux. Dans Alea Jacarandas (2026), Hassen Ferhani filme une déambulation dans Alger au fil des récits de son père, tandis que Yunan (2025), d'Ameer Fakher Eldin, explore l'exil d'un écrivain arabe en Allemagne. Dans cette programmation, L'Entente – La face cachée d'Alexandrie (2025), du réalisateur égyptien Mohamed Rashad, déplace encore le regard. Présenté en présence du réalisateur, le film suit deux frères dans un quartier populaire d'Alexandrie.

La mise en récit passe également par l'intime. C'est le cas de Souraya mon amour (2025), de Nicolas Khoury, qui sera présenté en clôture du festival. Trente ans après la mort du réalisateur libanais Maroun Baghdadi, Souraya Baghdadi, actrice et veuve du cinéaste, revient dans ce documentaire sur leur histoire d'amour. Un dialogue se tisse alors entre cette histoire et celle du cinéma libanais.

Le film est construit à partir de conversations entre Nicolas Khoury et Souraya, d'images d'archives personnelles et d'extraits de Petites guerres, le film de Maroun Baghdadi sur le tournage duquel leur romance commence en 1981 à Beyrouth. Maroun meurt brutalement en 1993, alors que Souraya est enceinte de leur troisième enfant. Pour Mathilde Rouxel, « passer par l'intime, c'est accepter que ces histoires-là ne fassent pas seulement partie de la grande histoire, mais qu'elles constituent aussi des témoignages importants ».


1NDLR. L'Archive circulation initiative est un collectif fondé en 2024 par l'association Jocelyne Saab, Muja Films, le réalisateur et producteur tunisien Dhia Jerbi et les Archives numériques du cinéma algérien. Le collectif est dédié à la restauration, la circulation et la réactivation de films du patrimoine de pays arabes et africains. L'ACI travaille à renforcer les capacités locales de préservation en organisant des ateliers et des formations pour s'affranchir des laboratoires occidentaux.

2NDLR. Cet assèchement est considéré par l'ONU comme « l'un des pires crimes environnementaux de l'histoire ». De nombreux canaux et digues construits sous le régime d'Hussein ont été depuis démolis, permettant aux eaux du Tigre et de l'Euphrate d'irriguer à nouveau les marais. Mais le débit amoindri des fleuves, en raison des barrages installés en Turquie et en Syrie, a entraîné une salinisation inquiétante qui menace de nombreuses espèces et rend l'eau non potable. En 2016, les marais ont été classés patrimoine mondial de l'Unesco.

08.10.2026 à 06:00

Soudan. Sous couvert de dialogue, un monologue de l'armée

Adèle Forveille, Pierre-Yves Baillet

Lancé le 30 août 2026 à Khartoum, le « dialogue soudano-soudanais » entend tracer l'avenir politique du pays en plein conflit armé. Mais en s'établissant dans une zone tenue par l'armée, sans les forces politiques adverses ni cessez-le-feu, il soulève des questions sur ses objectifs et risque avant tout d'asseoir la légitimité du pouvoir militaire réinstallé à Khartoum. Dévastée par deux ans de combats, Khartoum reprend lentement vie depuis que l'armée en a chassé les Forces de soutien (…)

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Texte intégral (3072 mots)

Lancé le 30 août 2026 à Khartoum, le « dialogue soudano-soudanais » entend tracer l'avenir politique du pays en plein conflit armé. Mais en s'établissant dans une zone tenue par l'armée, sans les forces politiques adverses ni cessez-le-feu, il soulève des questions sur ses objectifs et risque avant tout d'asseoir la légitimité du pouvoir militaire réinstallé à Khartoum.

Dévastée par deux ans de combats, Khartoum reprend lentement vie depuis que l'armée en a chassé les Forces de soutien rapide (FSR), en mars 2025. Le gouvernement de Kamil Idris, replié à Port-Soudan pendant les combats, est revenu dans la capitale en janvier 2026. Signe d'une sécurité retrouvée, une partie de la population regagne peu à peu l'agglomération. Elle retrouve une ville meurtrie : l'électricité est revenue, mais les coupures restent fréquentes. Les immeubles éventrés rappellent à chaque coin de rue la violence des combats. C'est ici, dans la capitale, que le comité pour le « dialogue soudano-soudanais » dit vouloir faire revenir la vie politique.

« Aujourd'hui, les partis politiques soudanais sont tous hors du pays, certains au Caire, d'autres ailleurs en Afrique. Ils ne peuvent pas se parler normalement. Une fois qu'ils seront ici, libres de rencontrer les gens et de revoir leurs proches après trois ans de guerre, tout changera », explique à Orient XXI le rédacteur en chef du quotidien Al-Tayyar, porte-parole du comité chargé de préparer le dialogue. Le groupe préparatoire réunit une vingtaine de membres, universitaires, avocats ou encore journalistes venus de l'intérieur comme de l'extérieur du pays. Il borne son mandat au volet politique du conflit et laisse le volet sécuritaire aux belligérants. De Djeddah à Addis-Abeba, en passant par Le Caire et Genève, médiations et conférences se succèdent depuis le début de la guerre en avril 2023 : toutes à l'étranger, toutes sans issue. « Quand ces dialogues se tiennent hors du pays, les voix de la majorité des Soudanais, ceux qui vivent ici et subissent la guerre, sont souvent mal représentées, sous-représentées ou complètement absentes », plaide Mohammed Munir Ahmed Saifeddine, également membre du comité, qui a quitté l'Ouganda, où il réside, pour s'installer à Khartoum le temps des travaux du dialogue.

Les FSR écartées

Selon lui, celui-ci devra s'attaquer aux racines du conflit : parmi elles, le partage des richesses, l'identité de « groupes ethniques qui ne se voient pas représentés » et « la manière dont le pays aurait dû mener la transition vers un gouvernement civil démocratique ». La dernière formule est pour le moins prudente. La transition a commencé avec la chute d'Omar Al-Béchir en 2019, mais le général Abdel Fattah Al-Bourhane, commandant de l'armée régulière, et Mohammed Hamadan Dogolo, dit Hemetti, le chef des FSR, y ont mis fin conjointement par un coup d'État militaire en octobre 2021. Leur désaccord sur l'intégration des FSR dans l'armée, prévue par l'accord-cadre de décembre 2022, a ensuite débouché sur la guerre.

Également passée sous silence, la dimension régionale du conflit pèse pourtant lourd, chaque camp s'appuyant sur ses parrains. Les Forces armées soudanaises (FAS) du général Al-Bourhane peuvent compter sur l'Égypte, soucieuse de stabiliser sa frontière sud, et sur la Turquie et l'Iran, notamment en matière de fourniture de drones. Officiellement médiatrice, l'Arabie saoudite penche elle aussi du côté de l'armée, au nom de la défense des institutions et pour contrer les ambitions émiriennes. Malgré les démentis d'Abou Dhabi, plusieurs enquêtes1 ont prouvé que les FSR reçoivent leur soutien, acheminé principalement par le Tchad et le fief libyen du maréchal Khalifa Haftar, dans l'est du pays ; un appui militaire adossé à sa mainmise sur l'or soudanais. Khartoum accuse également l'Éthiopie d'abriter des camps des FSR, ce qu'Addis-Abeba dément. L'Éthiopie accuse à son tour Le Caire et Khartoum d'apporter leur soutien aux rebelles du Tigray depuis la reprise des combats.

Face à cet imbroglio national et régional, aucun règlement ne semble imaginable sans réunir les deux camps. Or, ce dialogue s'organise chez l'un des deux belligérants, sans la présence du second. Le général Abdel Fattah Al-Bourhane, commandant des FAS et président du Conseil de souveraineté, a donné son aval et promis son soutien. Il en a d'emblée écarté Tasis, l'alliance politique formée autour des FSR, ainsi que le Parti du congrès national (NCP) d'Omar Al-Béchir. Somoud, la coalition civile anti-guerre présidée par l'ancien premier ministre Abdallah Hamdok, refuse catégoriquement de s'associer à un processus qui, conduit depuis les zones tenues par l'armée et sans cessez-le-feu, reviendrait selon elle à entériner la partition de facto du pays. « Ce qu'ils cherchent à faire à Khartoum, c'est un dialogue qui consacre Bourhane comme le gouvernement légitime du Soudan », accuse son porte-parole, Bakry Eljack, joint par téléphone.

Une légitimation internationale des militaires

La ville est redevenue sûre, insiste Saifeddine, qui se félicite de la venue, du 8 au 10 septembre 2026, du Quintette, attelage de l'Union africaine (UA), de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de la Ligue arabe, de l'Union européenne et de l'ONU. Le choix du lieu a valeur de symbole. Réunir les Soudanais à Khartoum, y recevoir des délégations étrangères, c'est consacrer la capitale reprise par l'armée comme centre légitime de la vie politique, et rapatrier les tractations à l'intérieur du pays. « C'est un moyen pour nous de tenter de reprendre la main sur les pourparlers et de diminuer les influences étrangères », souligne pour Orient XXI Gibril Ibrahim, ministre des finances et chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Le soutien du Quintette doit aussi, selon lui, conforter les garanties promises aux Soudanais de l'étranger qui hésitent encore à rentrer.

Ces assurances, Osman Mirghani et trois autres promoteurs de l'initiative, dont l'avocat Nabil Adib, sont venus du Caire les réclamer au général Al-Bourhane. « Sans un engagement du gouvernement à accueillir cette conférence, au moins financièrement, et à garantir une atmosphère libre, pour que tous les participants puissent s'exprimer et venir sans hésitation, il est très difficile de l'envisager », explique Mirghani. Il s'agit de pouvoir « convaincre les partis qu'il ne leur arrivera rien s'ils viennent au Soudan ». Le chef de l'armée a accédé à la demande, assure-t-il. Signé par Al-Bourhane et annoncé le 1er septembre par le ministre de la justice Abdallah Darf, le décret n° 363 classe les plaintes déposées par des organes de l'État contre des Soudanais de l'étranger pour leurs actes ou opinions politiques, et accorde aux participants une immunité de leur arrivée à leur départ. Le texte vise d'abord l'opposition civile en exil. Abdallah Hamdok et quinze autres opposants sont poursuivis depuis avril 2024 pour « incitation à la guerre contre l'État », atteinte à l'ordre constitutionnel et crimes contre l'humanité, des chefs passibles de la peine de mort. Chez Somoud, le décret ne convainc pas. « Pourquoi aurions-nous besoin d'une protection, pour commencer ? » s'insurge Bakry Eljack. Il poursuit :

Sommes-nous des criminels ? Avons-nous pris part à la guerre ? Avons-nous commis des crimes de guerre ? Un génocide ? Des crimes contre l'humanité ? Ces accusations n'ont, dès le départ, aucun fondement juridique. Elles relèvent de la politisation de la justice par Bourhane lui-même.

Une conversation entre amis ?

Le comité n'échappe pas non plus au soupçon de connivence. Saifeddine s'en défend : « Bourhane a dit qu'un groupe de gens était venu le voir avec une proposition pour réunir les Soudanais, lui avait demandé des garanties, et qu'il avait accepté. Certains en ont conclu qu'il nous avait nommés. » Le 29 septembre 2026, le comité annonce avoir commencé à inviter « toutes les forces politiques sans exception », et Nabil Adib assure que Somoud « doit faire partie du dialogue ». Début octobre, la coalition anti-guerre, par la voix de son porte-parole, affirme pourtant à Orient XXI n'avoir reçu aucune invitation formelle. Bakry Eljack ironise : « Si vous parlez avec des gens d'accord sur tout, ce n'est pas un dialogue, c'est une conversation entre amis. »

Mais à Khartoum, parmi les partis politiques et les formations civiles interrogés, personne ne réclame une table ouverte à tous. Le général Siddiq Mohammed Ismail, vice-président de la branche du parti Oumma, proche de l'armée, compte prendre part au dialogue, mais refuse d'y voir siéger Hemetti ou toute entité affiliée aux FSR, dont les combattants ont, à ses yeux, trop de sang sur les mains. Au sein de la confrérie soufie Qadiriyya, qui soutient l'armée comme l'initiative, on ne veut pas entendre parler de pardon pour les FSR. Même refus chez les jeunes des comités de résistance, qui ont accepté de se confier à Orient XXI sous leur seul prénom : « Pas de discussion possible avec l'ennemi. » Ahmad dirige l'un de ces réseaux locaux qui ont porté la révolution de 2019. Quand la guerre a éclaté, il a pris les armes aux côtés des FAS pour défendre son quartier. Sur la méthode, il reproche au comité son manque de transparence dans le choix de ses membres. « Comment avoir confiance si nous ne participons pas ? J'ai peur qu'ils aient un agenda caché et que, comme d'habitude, la jeunesse soit mise de côté. »

En plus de l'âge et du genre, Saifeddine promet une meilleure représentativité « selon la géographie ». Cette promesse bute contre la réalité de la guerre. Depuis la chute d'El-Fasher, le 26 octobre 2025, les FSR tiennent les cinq capitales des États du Darfour. Gibril Ibrahim, dont le mouvement est né dans cette région, met en garde : « Avec ce dialogue, nous devons faire très attention à ne pas envoyer de mauvais messages aux zones encore sous contrôle des milices. » Le danger, pour lui, serait que les habitants du Darfour et du Kordofan se croient exclus, abandonnés à Tasis par un pouvoir résigné à l'existence d'un autre État. Le comité a fait de l'unité une ligne rouge et a écarté d'avance toute proposition de partition. À Nyala, au Sud-Darfour, cet autre État prend pourtant forme. Le gouvernement de Tasis y organise ses propres examens du certificat soudanais, l'équivalent du baccalauréat. En mai 2026, il s'est doté d'une banque centrale, confiée à Hussein Yahia Jangol, gouverneur de la Banque centrale du Soudan de février 2022 à mai 2023. Dans les faits, le Soudan est divisé entre deux entités politico-militaires.

Le bruit des balles

Tous disent vouloir la paix, mais sur la voie pour l'atteindre, les avis divergent. Pour le comité, elle passe d'abord par la politique. Cette guerre est, selon Osman Mirghani, « un conflit politique plus que militaire ». Somoud exige un préalable humanitaire à toute discussion. « Il faut être fou pour songer à un dialogue politique pendant que des drones tuent des gens, tranche Bakry Eljack. Il faut d'abord un environnement propice au dialogue, c'est-à-dire une trêve et l'acheminement de l'aide humanitaire ». La coalition s'en tient à la feuille de route publiée le 12 septembre 2025 par le Quad (États-Unis, Arabie saoudite, Égypte, Émirats arabes unis) : trois mois de trêve humanitaire débouchant sur un cessez-le-feu permanent, puis une transition de neuf mois vers un gouvernement civil, hors du contrôle de « toute partie belligérante ». Dans les comités de résistance, l'exercice paraît prématuré. Ahmad, qui réclamait une place à la table, la juge dressée trop tôt : « Évidemment, je ne suis pas contre un dialogue entre Soudanais, mais nous devrions d'abord consacrer nos efforts à vaincre les FSR. Ensuite, nous pourrons rebâtir l'État et créer un gouvernement civil. » Mohammed, qui dirige un autre comité de la ville, acquiesce et prolonge : « D'abord les FSR, ensuite les généraux corrompus. » Tous deux disent soutenir « l'armée en tant qu'institution » mais attendent d'elle qu'elle quitte la scène politique une fois la guerre gagnée.

Du côté de la coalition anti-guerre, la question est réglée. « Cette idée est déjà morte. Somoud n'y participera pas », assène Bakry Eljack. Le comité, lui, espère réunir la conférence avant la fin de l'année. « Nous allons continuer nos efforts, répond Saifeddine. Quelles autres options avons-nous ? Si nous ne faisons rien, que se passera-t-il ? La guerre continuera. La déception continuera. La souffrance de la société et du peuple soudanais continuera. »

Le dialogue de Khartoum peut-il trouver sa légitimité sans réunir les camps qui se font la guerre ? Pour l'armée, l'enjeu semble aussi se jouer ailleurs : il ne s'agit pas tant d'obtenir la participation de ses adversaires que de conforter, auprès des acteurs internationaux, sa position de pouvoir légitime. Du 8 au 10 septembre, l'Union africaine, l'IGAD, la Ligue arabe, l'Union européenne et l'ONU ont effectué leur première visite au Soudan depuis le début de la guerre. Ce déplacement n'allait pourtant pas de soi. Selon un responsable de la médiation cité par Sudan Tribune, plusieurs membres du Quintette craignaient qu'un déplacement organisé par l'un des belligérants n'entame leur neutralité. Il a tout de même eu lieu. Leurs envoyés y ont été reçus par le général Al-Bourhane. Ils ont rencontré le gouvernement et entendu le comité préparatoire. Dans sa déclaration finale, le Quintette affirme « rejeter les structures de gouvernement parallèles ». L'Union africaine a salué l'initiative dès sa présentation. La Ligue arabe, où l'Égypte et l'Arabie saoudite, proches de l'armée, pèsent de tout leur poids, s'est félicitée du décret d'immunité. Aucune diplomatie ne s'engage sur le résultat final. Le Quintette rappelle l'exigence d'un cadre « crédible et inclusif », et l'Union africaine refuse de lever la suspension de l'adhésion du Soudan sans accord national préalable. Certes, en venant à Khartoum, ces organisations ne valident pas l'issue du processus, mais offrent néanmoins à l'armée une reconnaissance politique qui dépasse le cadre du dialogue.


1« Fuelling Sudan's conflict : weapons, fighters and external support networks », Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, 1er septembre 2026.

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