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06.03.2026 à 17:07

La lettre

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Hommage à Marina Da Silva, 9 mars, 18h30, Théâtre de la Ville de Paris Les amies de Marina Da Silva (1958–2026), journaliste engagée, circassienne aérienne et féministe, vous invitent à une soirée hommage le 9 mars 2026 au Théâtre de la Ville de Paris. Vous pouvez également participer à la cagnotte. Elle permettra l'organisation de l'événement ainsi que la réalisation d'une vidéo de l'hommage. Nous avons déjà recueilli près de 3 680 euros pour un objectif de 4 000. Hommage à Marina (…)

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Texte intégral (3924 mots)

Hommage à Marina Da Silva, 9 mars, 18h30, Théâtre de la Ville de Paris

Les amies de Marina Da Silva (1958–2026), journaliste engagée, circassienne aérienne et féministe, vous invitent à une soirée hommage le 9 mars 2026 au Théâtre de la Ville de Paris.

Vous pouvez également participer à la cagnotte. Elle permettra l'organisation de l'événement ainsi que la réalisation d'une vidéo de l'hommage. Nous avons déjà recueilli près de 3 680 euros pour un objectif de 4 000.

Hommage à Marina Da Silva
9 mars 2026
18h30
Théâtre de la Ville de Paris, salle des œillets
2 place du Châtelet, 75004 Paris (métro Châtelet)

Doha Chams, 5 février
Marina Da Silva, journaliste et militante, qui a contribué à Orient XXI dès son lancement, s'est éteinte à Paris le lundi 26 janvier 2026. Dans ce texte personnel, la journaliste libanaise Doha Chams lui rend hommage depuis Beyrouth.
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Performance « Et la terre comme la langue », hommage à Mahmoud Darwich, 12 mars, Théâtre du Châtelet, Paris

Mahmoud Darwich se disait « poète troyen » requis de retrouver la grande épopée de Troie, engloutie avec la cité vaincue.

Cette identité revendiquée occupa, une vie durant, sa quête poétique. Il lui fallait composer, faire ressurgir des flots du temps, l'Odyssée d'une perte et le récit d'un retour au port, le jour où les « Troyens », les siens cette fois, transformés, riches de la force, de la sagesse et de la capacité du chant, rentreraient au terme de leur long voyage forcé.

Et la terre comme la langue est cette Odyssée, le chant retrouvé de ceux qui, dans la perte, acquirent la force des dépassements.

Entre chant intime et épopée universelle, cette odyssée poétique et musicale est née de la rencontre entre Elias Sanbar, historien, ami et traducteur de Mahmoud Darwich (1941-2008), et le compositeur Franck Tortiller. Oratorio lyrique, Et la terre se transmet comme la langue fait entendre la voix du grand poète palestinien, ses mots d'exil et d'amour, de mémoire et de retour.

Le 12 mars 2026 à 20h
Grande Salle Théâtre du Châtelet
1 place du Châtelet, 75001 Paris
Tarifs de 5 à 35 €
Réservation et informations pratiques

Meryem Belkaïd, Février 2024
Mahmoud Darwich (1941-2008) est devenu le porte-voix de la cause palestinienne parce que sa poésie est acte de résistance à portée universelle. Mais la poésie palestinienne est multiple et a vu, depuis la Nakba de 1948 jusqu'à Gaza ces derniers mois, plusieurs générations de femmes et d'hommes écrire sur un futur de liberté et d'indépendance.
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Ruine, exposition d'Éric Souêtre, Galerie Éphémère, vernissage le 12 mars, Paris

Plasticien indépendant, Eric Souêtre présente une exposition du 12 au 23 mars sur le thème des ruines, avec Gaza comme sujet.
L'intégralité des recettes issues de la vente des œuvres reviendra à Médecins sans frontière (MSF).

12-22 mars 2026
Galerie Éphémère
21 rue Debelleyme, 75004 Paris

À lire sur Afrique XXI

« La RD Congo et le panafricanisme de la photo », Tom Schneider, 6 mars 2026

Histoire La photographie congolaise a 100 ans. L'occasion d'ouvrir un dialogue sur la manière dont l'œil étranger a illustré une narration nationale. Aujourd'hui, les photographes contemporains affirment une lecture décoloniale de cette histoire et revendiquent pleinement le droit à l'autoreprésentation.

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Les derniers articles

Elie Kosseifi, 6 mars
Depuis la signature du cessez-le-feu de novembre 2024, le Hezbollah n'a pas réagi aux agressions israéliennes quotidiennes. Son retour aux opérations à l'aune de la guerre contre l'Iran soulève des questions sur sa stratégie. De son côté, en appelant à l'évacuation de larges portions du Sud-Liban et à celle de la banlieue sud de Beyrouth, Israël ne cache plus ses desseins coloniaux au Liban.
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Armin Messager, 5 mars
Si le 7 octobre 2023 constitue un tournant majeur dans la recomposition des rapports de force au Proche-Orient, il a également été le prétexte pour redessiner les lignes de démarcation. Israël a ainsi saisi cette séquence pour consolider et étendre son emprise territoriale à Gaza, en Cisjordanie, mais aussi au Sud-Liban et en Syrie, installant de facto des réalités durables sur le terrain. Une constante dans l'histoire coloniale de l'État.
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Chloé Fraisse-Bonnaud, Tania Racho, 4 mars
Les obligations de quitter le territoire français (OQTF) sont devenues un marqueur récurrent du débat public sur l'immigration en France. Derrière ce sigle se cache une réalité administrative souvent méconnue, propice aux simplifications et aux récupérations politiques. Mais cette mesure est surtout un mécanisme qui conduit à priver des milliers de personnes de leurs droits fondamentaux.
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Eran Tzidkiyahu, 3 mars
Autrefois délogé de la Knesset, le kahanisme, ce courant extrémiste religieux suprémaciste, irrigue désormais le champ politique dominant. En portant la promesse de l'exclusivité juive, cette idéologie ne se conçoit pas sans la violence — une violence d'État dont les Palestiniens sont les victimes fondamentales et dont les Israéliens, demain, seront les cibles collatérales.
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En italien

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Sylvain Cypel, 2 marzo
Per molto tempo Teheran è stata la grande alleata di Tel Aviv nella regione. Oggi, con le crisi che hanno progressivamente indebolito il regime di Ali Khamenei – ucciso il 28 febbraio in un attacco congiunto degli Stati Uniti e di Israele contro Teheran – il primo ministro israeliano Benyamin Netanyahu oscilla tra il “cambio di regime” e la tentazione del caos, sotto l'occhio vigile di Washington che rafforza la propria presenza militare nell'area. E punta – senza troppe illusioni – su Reza Pahlavi, il figlio dell'ultimo Scià.
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Fabio Merone, 28 febbraio
Il sistema iracheno si riorganizza faticosamente dopo le elezioni politiche dello scorso anno per eleggere le cariche al vertice dello Stato e dell'esecutivo, con un Parlamento senza opposizione.
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Jean Stern, 27 febbraio
Tagliata fuori dal mondo e sottoposta alle quotidiane vessazioni dell'esercito israeliano, Nablus resta una roccaforte della resistenza palestinese. Ma all'inizio del 2026, mentre la crisi economica si fa drammatica, la disperazione e la paura si insinuano negli animi. Reportage.
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En espagnol

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En persan

رامي أبو جاموس، 6 مارس
رامی ابو جاموس یادداشت های روزانه خود را برای «اوریان ۲۱» می نویسد. او که بنیانگذار «غزه پرس» - دفتری که در ترجمه و کارهای دیگر به روزنامه نگاران غربی کمک می کند- است، ناگزیر شده با همسر و پسر دو سال و نیمه اش ولید، آپارتمان خود در شهر غزه را تحت فشار ارتش اسرائیل ترک نماید. پس از پناه بردن به رفح، رامی و خانواده اش مجبور شدند مانند بسیاری از خانواده ها که در این منطقه فقیر و پرجمعیت گیر افتاده بودند، مجددا به تبعید داخلی خود ادامه دهند.. او رویداد های روزانه خود را در این فضا برای انتشار در «اوریان ۲۱» می نویسد.
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رامي أبو جاموس، 5 مارس
رامی ابو جاموس یادداشت های روزانه خود را برای «اوریان ۲۱» می نویسد. او که بنیانگذار «غزه پرس» - دفتری که در ترجمه و کارهای دیگر به روزنامه نگاران غربی کمک می کند- است، ناگزیر شده با همسر و پسر دو سال و نیمه اش ولید، آپارتمان خود در شهر غزه را تحت فشار ارتش اسرائیل ترک نماید. پس از پناه بردن به رفح، رامی و خانواده اش مجبور شدند مانند بسیاری از خانواده ها که در این منطقه فقیر و پرجمعیت گیر افتاده بودند، مجددا به تبعید داخلی خود ادامه دهند.. او رویداد های روزانه خود را در این فضا برای انتشار در «اوریان ۲۱» می نویسد.
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06.03.2026 à 06:00

Iran – États-Unis – Israël. Pourquoi le Hezbollah a rejoint la guerre

Elie Kosseifi
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Depuis la signature du cessez-le-feu de novembre 2024, le Hezbollah n'a pas réagi aux agressions israéliennes quotidiennes. Son retour aux opérations à l'aune de la guerre contre l'Iran soulève des questions sur sa stratégie. De son côté, en appelant à l'évacuation de larges portions du Sud-Liban et à celle de la banlieue sud de Beyrouth, Israël ne cache plus ses desseins coloniaux au Liban. Le lundi 2 mars à l'aube, et contre toute attente, le Hezbollah a lancé une salve de missiles et (…)

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Texte intégral (2434 mots)

Depuis la signature du cessez-le-feu de novembre 2024, le Hezbollah n'a pas réagi aux agressions israéliennes quotidiennes. Son retour aux opérations à l'aune de la guerre contre l'Iran soulève des questions sur sa stratégie. De son côté, en appelant à l'évacuation de larges portions du Sud-Liban et à celle de la banlieue sud de Beyrouth, Israël ne cache plus ses desseins coloniaux au Liban.

Le lundi 2 mars à l'aube, et contre toute attente, le Hezbollah a lancé une salve de missiles et une nuée de drones vers Israël, alors que le Liban peine toujours à se remettre des répercussions du conflit de l'automne 2024.

Ces tirs ont suscité une vive colère au Liban, y compris au sein de la base du Hezbollah. Les bombardements israéliens qui ont suivi ont provoqué un mouvement de fuite des populations des villages du Sud et de la banlieue sud de Beyrouth, dans la nuit et aux premières lueurs de l'aube. Le bilan s'élevait, au jeudi 5 mars, à 77 morts et 527 blessés. Au milieu des déplacements, les interrogations angoissées et indignées quant au choix du moment et à l'efficacité de l'opération du Parti de Dieu se faisaient entendre.

Pour beaucoup, l'initiative aurait eu du sens en riposte aux agressions israéliennes continues depuis un an et demi, malgré un cessez-le-feu signé par Israël sous l'égide des États-Unis et de la France, et aux assassinats des cadres du Hezbollah. Mais pas à l'assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei, survenu au premier jour de l'offensive contre l'Iran. Depuis, Israël ne cesse de bombarder le pays. Dans le Sud-Liban, la vallée de la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth – bastions du Hezbollah –, les habitants craignent de payer encore une fois un lourd tribut.

D'autant que les infrastructures civiles sont fragiles, et qu'aucun plan gouvernemental – si tant est qu'il en existe – n'est en mesure d'accueillir les dizaines de milliers de déplacés. Ces derniers éprouvent des difficultés à trouver refuge dans les zones connues pour leur hostilité politique au Hezbollah. Les habitants craignent que des dirigeants du parti se trouvent parmi les déplacés et exposent ainsi leurs quartiers à des bombardements israéliens. Dans certaines régions, les conseils municipaux ont commencé à demander aux habitants de signaler tout nouvel arrivant afin de vérifier son identité, ce qui soulève, déjà, de vives tensions.

Israël applique ici une vieille stratégie qui consiste à jouer sur les fragilités sociales pour diviser la population. Cela fait craindre que la situation dégénère, notamment suite à l'ordre d'évacuation donné, le 5 mars 2026, aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth, qui, selon le ministre israélien des finances Betzalel Smotrich, « ressemblera à Khan Younès », dans la bande de Gaza. Une campagne de bombardements israéliens intense aggravera les destructions, les déplacements de population et la crise humanitaire actuelle.

Le 4 mars 2026, Israël a intimé aux habitants du Sud-Liban de se déplacer au nord du fleuve Litani.

Divisions au sein du parti ?

Dans les heures qui ont suivi les tirs de missiles et la contre-offensive israélienne, des spéculations ont émergé quant à de possibles divisions au sein du Hezbollah. Des informations faisaient également état de l'assassinat de responsables du parti, dont le chef du bloc parlementaire Mohammed Raad — elles ont depuis été démenties. Des médias ont rapporté qu'une de ses factions, agissant sur ordre direct des Gardiens de la révolution iraniens, avait pris l'initiative de ces tirs sans décision centrale de la direction.

Des journalistes et militants proches du parti ont quant à eux appelé à attendre une déclaration officielle du Hezbollah, reflétant des soupçons de l'implication d'un tiers, comme lorsque des factions palestiniennes au Liban lancent des attaques similaires contre Israël. Ces doutes peuvent également refléter un manque de confiance envers la direction actuelle, comparée à celle du charismatique Hassan Nasrallah. L'assassinat du secrétaire général en septembre 2024 a laissé un vide immense, non seulement au sein du parti, mais aussi sur la scène politique libanaise et régionale.

Le Hezbollah a finalement revendiqué l'opération. Il l'a présentée comme un acte de « vengeance » pour Khamenei et de « défense du Liban et de son peuple », en riposte aux agressions israéliennes continues depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. Malgré ce communiqué, le scepticisme médiatique persistait, la déclaration n'ayant pas été diffusée par les canaux officiels habituels du parti ni par son service de presse, mais seulement par le canal de « communication militaire » sur la messagerie Telegram. Il a fallu que l'information soit relayée par des personnalités proches du parti, confirmant ainsi qu'elle représentait l'ensemble du parti.

Cette situation survient alors que la situation socio-économique du Liban demeure extrêmement fragile et ne peut supporter une nouvelle guerre dévastatrice. En outre, les tensions sociopolitiques, alimentées par la question du désarmement du Hezbollah, sont persistantes. De son côté, le gouvernement a décidé lundi 2 mars, avec l'appui de deux ministres proches du président du Parlement, Nabih Berri, chef de l'autre parti chiite Amal, et allié du Hezbollah, d'interdire les activités sécuritaires et militaires du Parti de Dieu. De profondes divisions menaceraient ainsi l'establishment politique chiite. Des informations, divulguées par l'entourage de Berri, laissent entendre que ce dernier avait reçu du Hezbollah la promesse de ne pas s'engager dans une nouvelle confrontation avec Israël. Des divergences ne sont donc pas à exclure cette fois-ci entre les deux groupes, ce qui est loin d'être anodin dans le paysage politique chiite libanais, même si des affrontements les ont déjà opposés, notamment durant la guerre des camps en 19851.

Plusieurs voix dans les milieux politiques et médiatiques – à l'instar du quotidien L'Orient le jour2 – ont qualifié la décision du Hezbollah de « suicide politique », tandis que l'organisation a continué de lancer des roquettes et des drones vers Israël, et à revendiquer ces attaques dans des communiqués successifs. Si cette décision reflète une intention préméditée de s'engager dans un conflit ouvert, il faut également l'inscrire dans le contexte de la confrontation régionale plus large qui se déroule depuis l'attaque menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le samedi 28 février 2026, et la complexité des enjeux à l'œuvre dans la région.

Une implication régionale

Environ deux semaines avant son assassinat, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait menacé d'étendre la guerre à un niveau régional en cas d'attaque étatsunienne et israélienne contre son pays. La décision du Hezbollah de participer à la guerre en cours intervient à un moment où Téhéran semble déterminé à accroître le coût de la guerre pour ses adversaires et à la généraliser à ses voisins. Cela apparaît avec ses attaques contre les bases étatsuniennes dans le Golfe et l'élargissement des cibles aux installations civiles et énergétiques de l'Arabie saoudite et du Qatar. Or, le jour de l'entrée en ligne du Hezbollah, les responsables militaires israéliens ont rapporté avoir observé un changement significatif dans le schéma des attaques de missiles iraniens au cours des dernières vingt-quatre heures, indiquant que Téhéran était passé d'attaques limitées à des opérations plus complexes et coordonnées.

L'opération du Hezbollah coïncide également avec l'annonce, tôt lundi matin, par une faction irakienne pro-iranienne répondant au nom de « Saraya Awliya' al-Dam » (« Brigades des gardiens du sang ») d'une attaque de drone visant la base militaire étatsunienne Victoria de l'aéroport international de Bagdad. L'on peut déduire par là une décision de Téhéran d'impliquer ses alliés régionaux dans la confrontation ouverte avec Israël et les États-Unis. De plus, le Hezbollah, en tant que parti idéologique, ne peut que réagir à l'assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, figure emblématique de l'idéologie dont il se réclame.

Sur le plan national, cette séquence peut représenter une occasion pour le Hezbollah de sortir de l'impasse épuisante dans laquelle il se trouve depuis des mois, subissant des frappes israéliennes incessantes sans réagir. La confrontation actuelle restaure ainsi son poids moral et politique, puisqu'il répond enfin à la promesse de ne pas rester passif face aux attaques israéliennes. Elle pourrait également lui offrir l'opportunité de remporter des victoires territoriales face à Israël, notamment si ce dernier décide d'étendre son incursion terrestre au Liban, comme semblent le suggérer les déclarations de ses responsables, en particulier du ministre de la défense Israël Katz, et l'ordre d'évacuation du Sud-Liban en deçà du fleuve Litani. Dans ce cas de figure, le Hezbollah mènera des combats et des opérations militaires et sécuritaires contre les soldats israéliens et les positions avancées d'Israël au Sud-Liban, où ce dernier compte déjà cinq bases militaires et construit un mur qui a absorbé 4 000 mètres carrés de nouvelles terres libanaises en 2025.

Par conséquent, même si le parti subit de nouveaux revers et que ses principaux dirigeants se font de nouveau assassiner, cela représente pour lui un coût accepté pour continuer à exister et éviter d'être complètement submergé par les répercussions de la défaite ou du revers militaire subi lors de la dernière guerre, et consolidé par l'accord de cessez-le-feu. Pour le parti, chaque jour qui passe sans qu'Israël assassine un de ses dirigeants clés, en particulier son nouveau secrétaire général, Naïm Qassem – qui figure, selon Israël Katz, sur la « liste des personnes à abattre » –, est un jour où il marque un point contre Israël dans la confrontation actuelle, d'autant plus que le parti est plus efficace dans des affrontements terrestres et peut infliger des pertes plus importantes à l'ennemi. Qassem a déclaré le 4 mars au soir que « le choix du parti est l'affrontement jusqu'au bout ».

Ce choix aura certainement un coût élevé pour les partisans du Hezbollah dans leurs villages, leurs foyers et leurs lieux de déplacement forcé, ainsi qu'en vies humaines, ce qui pourrait entraîner un déclin relatif du soutien populaire au Hezbollah. Mais ce dernier, fort de l'expérience de la guerre contre Gaza, parie sans doute que ses partisans, même initialement hésitants ou réticents à ses choix, le rejoindront rapidement à mesure que la confrontation s'intensifiera, ce qui semble déjà le cas.

Si cette séquence a commencé avec le lancement de missiles du Hezbollah, l'opération des bipeurs en septembre 2024 tout comme l'avancée territoriale israélienne démontrent que les opérations d'Israël contre le Liban sont planifiées de longue date, et qu'annexer le Sud-Liban est un objectif que Tel-Aviv poursuit depuis 1978. Le parti de Dieu peut par ailleurs apparaître comme la dernière ligne de défense d'une communauté chiite qui se sent menacée dans son existence.

La confrontation entre le Hezbollah et Israël pourrait se prolonger au-delà de la résolution du conflit entre les États-Unis et Israël d'une part, et l'Iran d'autre part. Israël a déjà évoqué la possibilité de séparer les deux fronts dans le cadre de ses efforts pour « démanteler le Hezbollah ». Plus la confrontation durera, plus elle connaîtra de changements imprévus pour les deux camps. La projection militaire et populaire du Hezbollah ne se limite pas au court terme.


1NDLR. Guerre menée contre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) par la milice chiite Amal, appuyée par la Syrie de 1985 à 1987.

2«  Le Hezbollah suicide le Liban  » titrait en une le quotidien le mardi 3 mars 2026.

05.03.2026 à 06:00

Armin Messager
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Si le 7 octobre 2023 constitue un tournant majeur dans la recomposition des rapports de force au Proche-Orient, il a également été le prétexte pour redessiner les lignes de démarcation. Israël a ainsi saisi cette séquence pour consolider et étendre son emprise territoriale à Gaza, en Cisjordanie, mais aussi au Sud-Liban et en Syrie, installant de facto des réalités durables sur le terrain. Une constante dans l'histoire coloniale de l'État. Quelles sont les frontières d'Israël ? Celles-ci (…)

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Texte intégral (3965 mots)

Si le 7 octobre 2023 constitue un tournant majeur dans la recomposition des rapports de force au Proche-Orient, il a également été le prétexte pour redessiner les lignes de démarcation. Israël a ainsi saisi cette séquence pour consolider et étendre son emprise territoriale à Gaza, en Cisjordanie, mais aussi au Sud-Liban et en Syrie, installant de facto des réalités durables sur le terrain. Une constante dans l'histoire coloniale de l'État.

Quelles sont les frontières d'Israël ? Celles-ci n'ont cessé d'évoluer — et d'être repoussées — depuis 1949, à chacune des guerres menées contre ses voisins. Trop souvent présentées comme des opérations de « défense », les offensives que Tel-Aviv mène sur les fronts limitrophes depuis le 7 octobre 2023 s'inscrivent dans cette histoire longue. Notons que cette évolution territoriale est largement assumée publiquement, à travers les cartographies militaires, les tribunes stratégiques et les déclarations de responsables.

Gaza, divisée en deux blocs

Le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 n'a pas signifié un retour à la situation géographique d'avant le 7 octobre pour la bande occupée par Israël depuis 1967. Loin de figer les positions, il a entériné une transformation déjà en cours. Après des déplacements forcés de populations de l'est vers l'ouest depuis octobre 2023 et des incursions militaires progressives, un nouveau contrôle territorial s'est imposé. Ce redéploiement a ensuite été formalisé par la création de « zones de sécurité », des espaces placés sous contrôle militaire direct et vidés en partie de leur population. Quant aux « lignes de démarcation », souvent matérialisées par la « ligne jaune » sur les cartes, elles demeurent floues et mouvantes, reflétant un rapport de force encore instable plutôt qu'une frontière stabilisée.

L'enclave est divisée en deux blocs : environ 53 % du territoire est placé sous contrôle militaire israélien, contre 47 % pour la population gazaouie. Cette séparation a été matérialisée depuis décembre 2025 par une « ligne jaune » : alignements de blocs de béton peints en jaune et bermes de terre formant une frontière intérieure de fait. Ces zones ont été déclarées zones de tir ou interdites, rendant tout retour civil hautement improbable, accentuant une compression démographique sans précédent à l'ouest de l'enclave. De plus, la majorité des terres agricoles et plus de la moitié des puits d'eau se trouvent sous contrôle israélien.

Des images satellites révèlent un déplacement progressif de ces blocs, centaine de mètres par centaine de mètres, sans proclamation officielle1. Dans le même temps, le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a évoqué l'émergence d'« une nouvelle ligne de frontière », laissant entrevoir la possible stabilisation durable de cette division. La « ligne jaune » marque un tournant dans la mesure où la zone tampon n'est plus périphérique, mais intérieure et mouvante, redessinant l'espace au cœur même de l'enclave.

En Cisjordanie, un niveau record d'expansion coloniale

À la suite des accords d'Oslo (septembre 1993), la Cisjordanie a été divisée en trois zones : la zone A (18 %), avec un contrôle palestinien mais des incursions israéliennes régulières ; la zone B (22 %), avec un contrôle civil palestinien et une sécurité conjointe avec les Israéliens ; la zone C (60 %), sous contrôle total israélien, incluant la majorité des colonies et des ressources, notamment les terres agricoles. Mais les restrictions imposées par le gouvernement israélien y limitent fortement la construction, l'accès à l'eau et aux infrastructures.

Depuis le 7 octobre 2023, plusieurs pouvoirs administratifs ont été transférés de l'armée à une autorité civile dirigée par le ministre des finances, Bezalel Smotrich. Ce basculement d'un régime militaire vers une administration civile intégrée à l'État israélien constitue une étape décisive pour l'annexion et prépare sa légalisation juridique. Parallèlement, l'armement massif des colons, avec 120 000 armes distribuées depuis 2023, encouragé par Itamar Ben Gvir, le ministre de l'intérieur, et présenté comme une « défense civile », leur permet de mener directement des expulsions, des agressions et des incendies de terres palestiniennes. Ces actions visent à chasser les paysans des zones rurales pour concentrer la population dans les villes et fragmenter davantage l'espace palestinien2.

En 2025, l'expansion coloniale a ainsi atteint des niveaux records : annonce de 22 nouvelles colonies, légalisation d'avant-postes, et reprise du projet E1 qui prévoit la construction de 3 000 logements israéliens entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adoumim, avec le risque de couper la Cisjordanie en deux. Par-dessus tout : la relance du cadastre foncier, le 15 février 2026, permettant de déclarer « terres d'État » des propriétés palestiniennes dont les propriétaires ont été forcés au départ. Cette procédure va faciliter et systématiser leur achat par des Israéliens et agrandir les capacités d'intervention et d'administration israéliennes. On compte aujourd'hui 737 000 colons israéliens dans tous les territoires cisjordaniens et Jérusalem-Est, contre 622 000 en 2017. Ces politiques s'inscrivent dans une ligne assumée par les ministres d'extrême droite Smotrich et Ben Gvir, partisans de l'annexion.

Depuis le 7 octobre 2023, l'expansion coloniale en Cisjordanie s'est intensifiée de manière spectaculaire. Selon l'ONG israélienne La Paix maintenant, plus de 2 400 hectares ont été déclarés «  terres d'État  » en 2024 et début 2025, soit 0,68 % de la zone C. Les colons ont ouvert 116 km de nouvelles routes non autorisées, fragmentant davantage le territoire et restreignant l'accès palestinien. Par ailleurs, 86 nouveaux avant-postes ont été établis, dont 60 fermes agricoles. L'impact humain est massif : selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), 1 222 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis fin 2023, et 39 843 personnes ont été déplacées, au moins temporairement. L'année 2025 a également marqué un record dans les attaques et dommages sur les propriétés palestiniennes avec 1 828 incidents, tandis que la justice israélienne abandonne la plupart des poursuites, laissant les colons agir en quasi-impunité.

Au Sud-Liban, la « zone tampon » est une « zone morte »

L'offensive aérienne israélienne massive a commencé le 23 septembre 2024, suivie une semaine plus tard par l'engagement de l'armée de terre. Elle a entraîné une destruction massive dans une bande d'environ 5 kilomètres au nord de la « ligne bleue », démarcation tracée par l'ONU en 2000, au lendemain du retrait israélien du Sud-Liban, occupé depuis 1978. Les bombardements aériens quasi quotidiens depuis, les tirs d'artillerie, l'usage d'armes incendiaires et désormais de glyphosate ont rendu de vastes secteurs inhabitables.

Officiellement, Israël a affirmé ne pas chercher à créer une « zone tampon » mais à repousser l'unité Radwan du Hezbollah. Dans les faits, pourtant, il a installé un corridor vidé de sa population civile — plus de 95 000 Libanais avaient déjà été déplacés dès juin 2024 —, les infrastructures — routes, réseaux d'eau et d'électricité, terres agricoles — ont été détruites ou lourdement endommagées et des quartiers entiers de villages ont été rasés pendant la guerre3. Le risque de mort, les destructions, l'impossibilité de vivre faute d'infrastructures, la dégradation écologique ont transformé le tissu social et démographique local, d'où le surnom de « zones mortes ». Si certains habitants sont progressivement revenus en novembre 2025, cela ne concerne pas tous les villages.

L'armée libanaise a pourtant affirmé en janvier 2026 avoir achevé le désarmement du Hezbollah entre le Litani et la « ligne bleue » comme convenu par le cessez-le-feu, mais les bombardements se poursuivent, en violation de l'accord. Israël a positionné cinq bases israéliennes au-delà de cette ligne — Labounneh, Jabal Blat, Shaked, Houla et Hamamis — et érigé un mur en monoblocs de béton de neuf mètres de haut, absorbant de nouvelles terres de villageois du sud (4 000 m² en 2025 ). Des colons poussent pour débuter l'implantation de colonies : un scénario similaire aux annexions de la zone tampon du Golan. Le 2 mars 2026, Israël a ordonné l'évacuation de 30 villages du Sud-Liban, provoquant, encore une fois, un déplacement forcé de la population. Puis, le 4 mars, il a ordonné le déplacement de toute la population libanaise présente au sud du fleuve Litani, vers le nord, correspondant aux projections coloniales expansionnistes de l'appareil d'État israélien depuis 1978.

Ordre d
Ordre d'évacuation publié par l'armée israélienne le 4 mars 2026, intimant aux habitants du Sud-Liban de se déplacer au nord du fleuve Litani.

En Syrie, entre désir d'expansion et stratégie militaire

Depuis la guerre de juin 1967, Israël occupe le plateau du Golan, pris à la Syrie au terme des combats. Une politique de colonisation s'y est peu à peu déployée tandis que la « Loi sur le Golan » de 1981 est venue formaliser de manière illégale aux yeux du droit international l'annexion de la région. En 2019, le président étatsunien Donald Trump a reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan. Depuis, la colonisation s'est étendue, avec près de 32 implantations4.

Après la chute du régime de Bachar Al-Assad, le 8 décembre 2024, Israël a profité du chaos pour lancer une vaste opération terrestre en Syrie. Il a pris le contrôle de la zone démilitarisée instaurée en 1974, après la guerre d'octobre 1973, entravant la mission de la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD). Son armée a avancé dans les régions de Deraa et de Kuneitra, occupant environ 350 km² supplémentaires, du Mont Hermon au bassin du Yarmouk. En parallèle, plusieurs centaines de frappes aériennes ont visé les infrastructures militaires syriennes. Le gouvernement israélien a dans le même temps approuvé un plan visant à doubler la population des colons juifs dans la partie syrienne du Golan.

On compte désormais neuf positions militaires israéliennes établies dans les territoires occupés, notamment autour de Kuneitra. Au début de la transition syrienne, Israël a d'abord justifié ces mouvements par la prévention d'une menace « terroriste » et la création d'une « zone de défense stérile ». Pour Damas, il s'agissait d'une violation du cessez-le-feu de 1974. Israël soutenait alors que l'accord était caduc avec la disparition de son signataire de facto, tout en invoquant l'autodéfense.

Si la posture israélienne s'inscrit dans sa logique historique d'expansion et de projection stratégique, les analyses et discours de responsables israéliens traduisent également une inquiétude persistante face à l'émergence d'un État syrien centralisé et aligné sur Ankara à leurs frontières. La constitution d'une zone tampon s'inscrit alors dans une double finalité : contenir les recompositions régionales et entraver la consolidation d'un axe Damas-Ankara, tout en posant les jalons d'un dispositif de contrôle et de dissuasion, redessinant l'équilibre frontalier, susceptible d'influencer tout futur arrangement politique au bénéfice d'Israël.

Par ailleurs, les gestes d'ouverture adressés aux Druzes syriens qui peuplent le Golan ne relèvent pas uniquement d'une politique de voisinage pragmatique. Ils s'inscrivent dans la tradition de « la politique des périphéries » consistant à exploiter les lignes de fracture internes des sociétés voisines en cherchant des appuis parmi certaines minorités. Ici, en exploitant les massacres de Druzes de juillet 2025.

Le Golan constitue un espace stratégique fondamental pour Israël : il surplombe le Sud syrien, garantit le contrôle de ressources hydriques du lac de Tibériade et des sources du Jourdain situées sur le flanc occidental du Mont Hermon et offre une profondeur face à Damas. Grâce à l'altitude, Israël peut surveiller et contrôler un terrain avancé, détecter toute menace et intervenir, ce qui lui donne une marge de manœuvre plus importante que celle de Damas. Cette topographie vaut à ces hauteurs le surnom des « yeux d'Israël », permettant la surveillance et l'installation de bases militaires.

Parallèlement, l'intégration civile des territoires se poursuit : infrastructures, projets énergétiques et implantations renforcées transforment ces zones en parties fonctionnelles de l'État. Dans le même temps, les populations originaires des nouveaux territoires autour de Kuneitra sont poussées à quitter leurs terres.

L'extension du contrôle israélien, qu'elle prenne la forme d'occupation militaire, de colonisation ou d'annexion, repose à la fois sur des logiques matérielles — ressources, hauteurs stratégiques, axes militaires — et sur une dimension symbolique et religieuse. De nombreux espaces disputés sont investis d'une charge biblique intégrée à l'imaginaire d'Eretz Israel (la terre d'Israël) et, pour certains courants, à une temporalité messianique.

L'annexion progresse toujours par étapes : déplacement des populations natives, démilitarisation, création de zones tampons, domination militaire, implantation de colonies, puis formalisation juridique. On assiste à l'articulation de faits accomplis militaires, d'ingénierie démographique et de normalisation juridique, faisant de l'espace annexé à la fois un levier stratégique, un réservoir de ressources et un projet idéologique. Cette dynamique s'accompagne de déplacements et d'exils répétés : arrachement à la terre, à la mémoire, aux liens sociaux qui entretiennent les cycles de violence, et installent durablement un ordre structurellement inégalitaire fondé sur la contrainte, la soumission et l'humiliation des populations voisines, sous le regard au mieux passif, au pire complice des pays occidentaux.


1Benedict Garman et autres, «  Israel moves Yellow Line deeper into Gaza, satellite images show  », BBC, 16 janvier 2026.

2Marium Ali, «  Mapping forced displacements and settler attacks by Israel in the West Bank  », Al Jazeera, 17 février 2026.

3Raya Jalabi, et autres, «  Israel's push to create a ‘dead zone' in Lebanon  », Financial Times, 27 juin 2024.

4Madjid Zerrouky, «  Israël impose la même répression sur le plateau syrien du Golan qu'en Cisjordanie  », Le Monde, 9 novembre 2025.

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