pour la lutte sociale
BLOG COLLECTIF - L.N Chantereau, Olivier Delbeke, Robert Duguet, Alexis Mayet, Luigi Milo, Vincent Presumey ...
Publié le 14.05.2026 à 13:28
Israël : de triomphe en triomphe jusqu’à sa “catastrophe finale” ! Par Yorgos Mitralias
aplutsoc
Publié le 12.05.2026 à 10:15
aplutsoc
Publié le 10.05.2026 à 17:34
Soirée Nicaragua le 22 mai 2026 à Paris (et 17, 18 et 19 mai à Toulouse, Montpellier, Lyon)
aplutsoc
Publié le 17.05.2026 à 19:47
Aplutsoc – Réunion publique en visio – Mercredi 20 mai 2026
Aplutsoc organise ce mercredi 20 mai à 20H une réunion-débat au croisement des questions françaises, internationales et militaires, faisant suite à nos réunions des 7 avril et 1° mai derniers.
Nous avons mis en discussion un projet d’appel concernant notamment les présidentielles.
Mais la situation évolue assez vite, et, dans l’immédiat, dans le sens de la détérioration, c’est-à-dire de la division, bien des secteurs militants se croyant tenus d’ « entrer en campagne » pour leurs chevaux respectifs.
Nous voudrions, avec une certaine gravité, rappeler deux choses.
Les élections locales britanniques, outre qu’elles accélèrent la crise du Royaume-Uni ouverte par le Brexit en Écosse, Pays-de-Galles, Irlande du Nord, ont vu une vague d’extrême droite dans les villes ouvrières et précarisées d’Angleterre, prolongée ce samedi 16 mai par la manifestation xénophobe appelée à Londres par l’agent poutinien qu’est Tommy Robinson.
Cet évènement, dont l’onde de choc peut faire tomber le gouvernement Starmer, nous rappelle que si Meloni a échoué à son référendum contre l’État de droit, et si Orban a été battu aux élections hongroises, le danger est pleinement là, et bien là, d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite et de l’union des droites dans les États clefs d’Europe occidentale : Royaume-Uni, Allemagne, France.
À cela œuvre l’axe Trump/Poutine. La France en 2027 est ici le maillon clef : un rétablissement du régime de la V° République, actuellement affaibli, avec le RN et l’union des droites, serait un évènement international majeur dans le sens de la pire réaction.
Deuxième point essentiel : tandis que les licenciements s’accélèrent et que le taux de chômage vient de dépasser les 8%, la situation des plus larges masses est en train de se détériorer rapidement sous l’effet de la hausse des prix et du retard des salaires, retraites, pensions et minima sociaux. Ce sont des millions et des millions de femmes, d’hommes, de vieux, de jeunes, qui doivent sauter des repas.
Dans cette situation, l’unité syndicale pour l’action, par la grève et la centralisation des luttes contre l’exécutif, débloquerait les énergies, modifiant y compris les rapports de force politiques !
Le peu qui s’est passé à propos du 1° Mai l’a montré, mais le gouvernement veut maintenir le cap, à la fois antisocial et arbitraire.
Ces deux questions : danger de l’extrême droite adossée à Trump et à Poutine, réalité sociale rendant nécessaire l’action unie immédiate, surplombent et conditionnent la présidentielle de 2027.
C’est pour cela que toute campagne autour d’une candidature particulière engagée dès maintenant nie la nécessité de la lutte sociale et de l’unité d’action immédiates. Et c’est aussi en raison de son orientation « pacifiste » faisant la part belle à Poutine que la candidature Mélenchon s’attache, et voudrait nous attacher à tous, une main dans le dos pour combattre l’extrême droite.
Le socle d’une politique utile comporte à la fois la lutte contre l’axe Trump/Poutine, abordant en ce sens les questions militaires, et la lutte immédiate pour l’unité d’action dans la défense du niveau de vie et des conditions d’existence du plus grand nombre.
La lutte pour l’unité à la présidentielle est-elle encore possible sur ces bases ? Et plus précisément : cette primaire que presque toutes les forces politiques et médiatiques dominantes veulent à toute force enterrer et ridiculiser définitivement, a-t-elle un sens la rendant encore possible ?
Elle peut en avoir un si elle vise à aider à l’affrontement social et à battre l’extrême droite. Pour cela, elle ne saurait se réduire à un choix de candidats « présidents ».
Ne devrait-elle pas permettre la réunion d’assemblées locales, traitant des questions sociales, écologiques, démocratiques, et proposant aussi des candidates et des candidats unitaires à des législatives dans le but d’élire une assemblée constituante et de changer de régime ?
Ne seraient ce pas-là de vraies « primaires » renouant avec la dynamique de ce qu’a été, il n’y a pas si longtemps, le Nouveau Front Populaire qui, par une majorité relative à l’Assemblée nationale, a évité à notre pays un exécutif Macron/Bardella ?
Le sursaut social et démocratique, en France en 2026, est entièrement et totalement possible. Plus précisément : il est nécessaire !
Lien pour assister à la visio :
https://us06web.zoom.us/j/87533757823?pwd=qBUq96HQjH4Jk4gZYXNytzsUsj18f6.1
Publié le 14.05.2026 à 14:11
L’Internationale Poutine-Galloway ? Par Michael Baker
C’est une véritable calamité que la classe ouvrière du XXIe siècle ne dispose pas d’une internationale révolutionnaire qui lui soit propre. Notre mouvement ne saurait fonctionner sur une base purement nationale, et nous devons soutenir toute tentative sincère visant à construire une coordination internationale des forces révolutionnaires.
Rien de tout cela n’a de rapport avec le forum fondateur de « Sovintern – pour le socialisme au XXIe siècle », qui s’est tenu le week-end du 25 et 26 avril à la Maison des syndicats de Moscou. Sovintern est une initiative du parti Russie juste (Spravedlivaya Rossiya, ou SR), l’un des plus importants partis de Russie et, selon sa propre définition, « socialiste ». En l’occurrence, « socialiste » signifie une alliance de différentes tendances conservatrices : le parti est né en 2006 de la fusion des conservateurs nationalistes de Rodina (« Patrie »), du parti populiste de droite « Parti des retraités » et du « Parti russe de la vie », qui se définissait comme « nationaliste de gauche ».
SR a été fondé presque explicitement comme une « opposition contrôlée », sous l’égide du tacticien du Kremlin, Vladislav Sourkov. Il dispose de 28 sièges à la Douma d’État (sur 450), où il siège et approuve systématiquement les directives du parti de Poutine, Russie unie. En 2021, estimant manifestement que le rapport de forces n’était pas suffisamment nationaliste, SR a fusionné avec le parti de l’écrivain et démagogue d’extrême droite Zakhar Prilepine, aujourd’hui vice-président.
Compte tenu de la situation politique actuelle en Russie, il n’est guère surprenant que la création d’une nouvelle « internationale socialiste » n’ait que peu de rapport avec le socialisme ou l’internationalisme. Le congrès a été accueilli par un message vidéo de Poutine lui-même, qui a salué l’initiative sans réserve.
Le forum a abordé quatre thèmes : les « partisans numériques » et la communication politique à l’ère du numérique ; la plateforme Sovintern, intitulée « socialisme, réseaux sociaux, intelligence artificielle » ; « le conflit du Donbass comme point de convergence mondial » ; et « la situation en période de Troisième Guerre mondiale et le renforcement du front anti-impérialiste et antifasciste ». Un mélange explosif de stratégie technocratique sur les réseaux sociaux et de revanchisme partisan, le tout assorti d’une critique de l’OTAN, qu’il considère comme le mal suprême.
L’« anti-impérialisme » dont pouvaient faire preuve les forces réunies dans cette salle n’était en réalité qu’un moyen de soutenir divers projets impérialistes. Dans cette optique, l’invasion de l’ancienne colonie russe est présentée comme une victoire « anti-impérialiste ». Il n’est pas « antifasciste » de se réjouir du sort d’un État qui a permis au groupe Wagner de recruter des soldats directement dans ses prisons. En réalité, cet événement n’était qu’un vernis de « gauche » recouvrant les arguments nationalistes russes habituels.
Le Forum a publié six déclarations ( Voir : https://sovintern.org/en/forum ) une contre la guerre en Iran (avec un soutien explicite au gouvernement iranien actuel) ; une contre le blocus de Cuba (avec un soutien explicite au gouvernement cubain actuel) ; une déclaration de soutien explicite au gouvernement nord-coréen ; une déclaration appelant à une « compensation » pour l’Afrique pour le colonialisme, qui semble, en pratique, exprimer un soutien à divers gouvernements nationalistes africains et au concept de « multipolarité » ; une déclaration présentée innocemment comme abordant les « causes profondes » du conflit en Ukraine, alors qu’elle appelle en réalité à sa « dénazification et à sa démilitarisation », c’est-à-dire à une victoire russe totale ; et une déclaration appelant à la libération de Nicolas Maduro et de son épouse.
Tout cela semble confirmer un modèle que le gouvernement russe a souvent utilisé : la « multipolarité » et les « fronts anti-impérialistes » ne sont que des appellations pour une alliance géopolitique anti-américaine, qui fait fi de tout idéal ou action politique positive et qui, en pratique, justifie le soutien politique apporté à des régimes comme la théocratie iranienne, responsable de la mort de dizaines de milliers d’opposants politiques rien que cette année.
Le contenu de la conférence était prévisible : j’aurais pu vous rédiger la liste complète des discours avant même le début du week-end. Les questions intéressantes sont : qui était présent et pourquoi a-t-on laissé faire cela ?
La liste des dignitaires regorge de représentants peu connus d’organisations néo-staliniennes et nationalistes, notamment des Balkans, d’Afrique et d’Amérique latine. Mais des personnalités bien plus importantes ont pris la parole par vidéo : Evo Morales, ancien président de Bolivie, et Fernando Lugo, ancien président du Paraguay, en tête.
Étaient également présents Jackson Hinkle et Haz al-Din, dirigeants du Parti communiste américain (ACP), un groupe d’extrême droite dissident du CPUSA [le PC historique officiel des USA], extrêmement actif en ligne, ainsi que George Galloway, chef du soi-disant Parti des travailleurs de Grande-Bretagne (Workers Party of Britain ).
En dehors d’une communauté en ligne sans véritable influence sur le monde réel, l’ACP n’est pas une organisation viable et, à moins d’une croissance significative ou d’une réelle adhésion du mouvement ouvrier américain, elle ne mérite pas qu’on s’y intéresse. Galloway, c’est une autre histoire. Son organisation a une présence concrète et son passé politique au sein du mouvement socialiste britannique lui confère une crédibilité totalement imméritée, qu’il utilise pour développer son parti, notamment en remportant quatre nouveaux conseillers municipaux, en plus des quatre déjà élus aux élections locales.
Ce n’est un secret pour personne que Galloway est un piètre socialiste, ni qu’il est ouvertement pro-russe dans sa politique internationale. Pendant des années, il a été un pilier de la chaîne de télévision d’État Russia Today. Mais certains risquent, en le voyant participer à une conférence se réclamant du socialisme, de lui accorder le bénéfice du doute. Ils auraient tort.
Le Sovintern, à l’instar du parti SR lui-même, ne relève pas d’une initiative des partis de gauche. Poutine exerce un contrôle si étroit sur son « opposition » qu’il prononce des discours lors de leurs événements. Alors, pourquoi autoriser ce forum ?
La première raison est d’ordre stratégique : Poutine a grand besoin d’une bonne image internationale en ce moment. La guerre en Ukraine a fait de lui l’ennemi public numéro un, et toute tentative de rassembler des forces internationales, aussi insignifiantes soient-elles dans leur pays d’origine, vise à afficher sa popularité.
La seconde raison est d’ordre interne et concerne le rapport de forces au sein de l’opposition russe. La création du Sovintern par SR est motivée par la volonté de se mettre au même niveau que le Parti communiste de la Fédération de Russie (PCFR), deuxième parti du pays et ancien rival de Poutine à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Bien que le PCFR se soit montré parfaitement docile et que les élections en Russie moderne soient une formalité, Poutine se réjouit de laisser SR grignoter une partie de la crédibilité et de la popularité du PCFR, laissant ainsi les deux partis dans une situation nettement moins favorable que Russie unie.
Il s’agit donc d’une mascarade de conférence, un exercice de propagande nationaliste visant à soutenir l’impérialisme russe et plusieurs autres démagogues nationalistes. Deux questions demeurent, auxquelles je suis incapable de répondre : pourquoi diable Galloway, soi-disant de gauche, participerait-il à ce cirque ? Et pourquoi un socialiste britannique sensé voterait-il pour son parti s’il y a participé ?
Source : https://workersliberty.org/story/2026-05-13/putin-galloway-international
Publié le 14.05.2026 à 13:28
Israël : de triomphe en triomphe jusqu’à sa “catastrophe finale” ! Par Yorgos Mitralias
« Quelques jours après le massacre de Deir Yassin, ceux qui représentaient aux États-Unis les organisations qui avaient commis ce massacre, ont eu la brillante idée de s’adresser à Einstein pour lui demander son soutien. La réponse du grand savant juif, qui reste -malheureusement- largement inconnue, a été presque laconique, tout juste 50 mots :
A l’attention de Shepard Rifkin,
Directeur exécutif des Amis Américains des Combattants pour la Liberté d’Israël
Cher Monsieur,
Lorsqu’une catastrophe réelle et finale nous surprendra en Palestine, les premiers responsables seront les Britanniques et les seconds seront les organisations terroristes nées de nos rangs.
Je ne veux voir personne qui soit associé à ces gens qui font fausse route et sont des criminels.
Sincèrement vôtre,
Albert Einstein
Malheureusement, tout montre qu’Einstein a eu de nouveau raison. Les Britanniques étant depuis longtemps un lointain souvenir, ce sont effectivement les épigones des « organisations terroristes » de 1948 qui inéluctablement conduisent Israël – qu’ils gouvernent – vers la « catastrophe finale » ! Un Israël qui peut se montrer maintenant plus puissant et arrogant que jamais, mais qui, en même temps, est en train de traverser sa plus grande crise existentielle de son histoire, pourrissant et se désintégrant à son intérieur. Le compte à rebours a déjà commencé et l’heure de la vérité approche… »
C’est avec ces phrases que nous concluions notre article « Quand Einstein appelait “fascistes” ceux qui gouvernent Israël depuis 44 ans… » écrit en août 2021 (1). Aujourd’hui, notre constat que « le compte à rebours a déjà commencé et l’heure de la vérité approche » ne paraît plus aussi impertinent ou même choquant qu’il a pu paraître il y a presque cinq ans. En effet, oui, sans doute, Israël non seulement « peut se montrer » mais est « maintenant plus puissant et arrogant que jamais ». Mais, également sans doute, Israël est maintenant plus isolé et même plus haï que jamais, tant par l’écrasante majorité des habitants du globe, que par la plupart des citoyens américains, juifs américains inclus !
Et pourtant, les dirigeants israéliens, Netanyahou en tête, pavoisent non sans raison. Pourquoi ? Mais, parce qu’ils sont actuellement en bonne voie pour réaliser leur objectif historique, d’ailleurs de plus en plus proclamé et assumé publiquement par eux : la création du « Grand Israël » ! Et en effet, après avoir rasé au sol Gaza et réduit les Gazaouis survivants du génocide à « vivre » – et à mourir sous les bombes qui continuent de leur tomber dessus-, dans un enfer sur terre qui ne dépasse plus…12% de leur territoire déjà enclavé et minuscule, l’armée israélienne s’attaque maintenant simultanément au Liban, à la Syrie et à l’Iran ! Sans oublier évidemment, le reste de la Palestine, la Cisjordanie occupée où les colons secondés par les soldats du Tsahal, terrorisent et tuent à volonté les indigènes, tout en incendiant impunément leurs maisons et leurs villages et en détruisant (déracinant) par dizaines de milliers leurs oliviers multiséculaires.
Alors, à l’exception de l’agression à l’Iran contre lequel Israël n’a pas de revendications territoriales, partout ailleurs (Liban, Syrie, Territoires Occupés) l’établissement par l’armée israélienne des tristement célèbres « zones de sécurité » ou « zones tampon », ne cache plus le véritable objectif, d’ailleurs révélé désormais fièrement par des ministres de Netanyahou : l’annexion et la colonisation par Israël de ces territoires qui deviennent, de l’aveu des éminences israéliennes, des « clones » de ce Gaza en majorité détruit et vidé de sa population !
On pourrait se demander : c’est tout ? Est-ce ça le Grand Israël des rêves messianiques des dirigeants sionistes d’hier et d’aujourd’hui ? La réponse est donnée par pratiquement tous les membres du gouvernement Netanyahou : désormais totalement décomplexés, ils revendiquent un « Eretz Israël » qui englobera bien plus que le sud du Liban et s’étendra jusqu’à Damas. Et en plus, ils ne cachent pas qu’ils pourraient faire usage de ce que l’actuel ambassadeur de Trump à Jérusalem appelle le « droit biblique d’Israël » sur un immense territoire allant « du Nil à l’Euphrate » ! Simple délire messianique ou projet géopolitique en cours de réalisation ? Si on croit ce que Netanyahou lui-même se plaît à répéter depuis un an, il s’agit de l’objectif historique du sionisme auquel il croit dur comme fer et à la réalisation duquel il se donne corps et âme…
En somme, Israël ambitionne de devenir ou plutôt est déjà en train de devenir une superpuissance régionale. Foulant aux pieds tant le droit international que les plus élémentaires droits humains des populations environnantes, qu’il tue d’ailleurs par milliers et expulse de chez elles par millions, il est en train de dominer militairement une toujours plus grande partie du Moyen-Orient, à laquelle il impose déjà sa loi. Mais, ce n’est pas tout. L’opposant israélien bien connu Daniel Levy a tout à fait raison de signaler que l’Israël de Netanyahou nourrit des ambitions encore plus grandes. Dans un article retentissant intitulé What Benjamin Netanyahu and the Israeli right really mean when they invoke ‘Greater Israel (Ce que Benjamin Netanyahu et la droite israélienne entendent réellement lorsqu’ils évoquent le « Grand Israël » ), publié le 13 avril dans The Guardian, il constate que « Dans ses récents discours, Netanyahou a commencé à qualifier Israël non seulement de « superpuissance régionale », mais aussi, « à certains égards, de superpuissance mondiale ». Israël cherche à se positionner au cœur d’une alliance régionale qui pourrait perdurer même en cas de déclin de la puissance américaine. Netanyahou a promis que cette alliance hexagonale serait déployée contre « l’axe chiite radical […] et l’axe sunnite radical émergent ». Israël n’a pas hésité à désigner la prochaine « menace » à contrer : la Turquie »(2).
Simples vœux pieux et fanfaronnades de Netanyahou ou un projet ambitieux qu’il faut prendre au sérieux ? Encore une fois, les faits ne mentent pas. Le projet grandiose de Netanyahou est déjà en train de se réaliser. Et si des pays arabes, comme ceux du Golfe Persique, les Émirats en tête, commencent à lorgner pour leur sécurité vers Israël après que les États-Unis de Trump les ont déçus en ne faisant absolument rien pour les protéger des missiles et des drones de l’Iran, d’autres en Afrique ou même en Europe tombent déjà sous la coupe d’Israël. Comme, par exemple, la Grèce et Chypre, deux membres de l’Union européenne, qui sont déjà très liés économiquement et militairement à Israël, dont ils sont d’ailleurs les deux plus fidèles et inconditionnels soutiens.
Et pourtant, malgré ou plutôt à cause de toutes ces ambitions mégalomanes et messianiques, et à cause de ces « triomphes romains » d’Israël de Netanyahou, ce pays n’a jamais été aussi isolé, haï et en crise qu’aujourd’hui ! Emporté par l’ivresse de ses succès militaires qui ont fait de lui le monstre génocidaire de nos temps, l’État d’Israël, mais aussi la société israélienne multiplient leurs fuites en avant, feignant de croire que leurs guerres interminables contre des ennemis vrais ou inventés de toute pièce, remettront toujours à plus tard leur heure de la vérité.
Cependant, cette heure de la vérité d’Israël ne peut plus tarder, et il y a désormais une foule d’évènements qui ne trompent pas. Comme, par exemple, le fait que le soutien historique, sinon le coffre-fort et l’arsenal d’Israël que sont traditionnellement les États-Unis d’Amérique, commencent à prendre leurs distances sous la pression de leur opinion publique qui se découvre majoritairement… pro-palestinienne. Et aussi que la Diaspora juive fait majoritairement de même, tandis que la jeunesse juive très radicalisée organise et prend souvent la tête des manifestations pro-palestiniennes surtout aux États-Unis ! Et aussi, que New York, la plus grande ville juive du monde, a fait élire comme maire le jeune socialiste musulman Zohran Mamdani soutenu activement par des dizaines de milliers de new-yorkais juifs.
Mais, malgré l’énorme importance de tous ces évènements -encore impensables il y a quelques ans – ils ont une moindre influence sur la crise de l’État d’Israël et de sa société – divisée d’ailleurs en camps irréconciliables – que le pourrissement moral galopant de cet État à son intérieur. Un pourrissement qui le rapproche maintenant plus que jamais de ce qu’Einstein appelait déjà en 1948, « sa catastrophe finale ».
Notes
1. Quand Einstein appelait “fascistes” ceux qui gouvernent Israël depuis 44 ans : https://blogs.mediapart.fr/yorgos-mitralias/blog/240821/quand-einstein-appelait-fascistes-ceux-qui-gouvernent-israel-depuis-44-ans
2. What Benjamin Netanyahu and the Israeli right really mean when they invoke ‘Greater Israel’: https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/apr/13/benjamin-netanyahu-middle-east-greater-israel
Publié le 12.05.2026 à 10:15
Publié le 10.05.2026 à 17:34
Soirée Nicaragua le 22 mai 2026 à Paris (et 17, 18 et 19 mai à Toulouse, Montpellier, Lyon)
Le Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua (CSPN), France Amérique Latine (FAL) vous invitent, dans le cadre des Semaines de l’Amérique Latine et des Caraïbes (SALC), à la soirée :
Nicaragua : Le bâillon, l’exil ou la prison. Témoignages d’exilé.es et de victimes de la répression
22 mai 2026 de 20h à 22h
Lieu: LE DOROTHY, 85 bis Rue de Ménilmontant – 75020 Paris
M°Ménilmontant ou Gambetta
Depuis le soulèvement populaire d’avril 2018 au Nicaragua, le régime autoritaire du couple Ortega-Murillo gouverne par la répression et la terreur : des centaines de morts, de prisonniers et prisonnières politiques (dont plusieurs centaines ont été expulsé•es et déchu•es de leur nationalité), des disparu•es. Près de deux millions de Nicaraguayen•nes ont choisi le chemin de l’exil ou été empêché•es de rentrer au pays. Les élections de 2021 n’ont pas été validées par les instances internationales, plus aucun journal papier n’existe au Nicaragua, la majorité des journalistes sont exilé•es.
Pour témoigner de cette réalité d’atteintes systématiques aux droits humains, nous accueillerons :
- Rafael Aragón, prêtre dominicain hispano-nicaraguayen est un penseur de la théologie de la libération et figure emblématique d’une église au service des pauvres et de l’émancipation des peuples en Amérique centrale. Il a travaillé pendant quarante ans au Nicaragua, notamment dans des communautés rurales. Il a été interdit de séjour dans ce pays après un voyage en Espagne.
- Gabriel Putoy, enseignant, autochtone, fait partie des milliers de personnes emprisonnées à la suite du mouvement social de 2018. Torturé et menacé de mort, il est aujourd’hui réfugié au Costa Rica voisin, où il continue de subir le harcèlement du régime.
- et Emilia Yang, directrice et créatrice de « AMA y No Olvida », musée de la mémoire contre l’impunité, un musée conceptuel et de mémoire communautaire créé en collaboration avec l’Association Mères d’avril (AMA), qui explore des formes participatives d’art pour se souvenir et exiger justice pour les victimes de la violence d’État dans son pays d’origine, le Nicaragua.
Nous espérons votre présence.
Pour celles et ceux qui ne sont pas à Paris, trois autres soirées sont prévues à Toulouse (17 mai), Montpellier (18 mai) et Lyon (19 mai) avec le frère Rafael Aragon. Vous trouverez le détail en pièce jointe.
CP_Tournée_Nicaragua_Mai-2026TéléchargerPublié le 10.05.2026 à 12:08
Proposition pour gagner en 2027.
Présentation
Aplutsoc a organisé deux réunions-débats publiques les 7 avril et 1° mai, à partir de la question des guerres et des menaces de guerre en Europe et de la nécessité pour les forces voulant l’émancipation sociale de s’approprier, en toute indépendance, les sujets militaires. La discussion dans ces deux réunions, comme nous l’avons proposé à l’issue de la seconde, nous a conduit à envisager le lancement d’un appel unitaire associant ces questions et celle des présidentielles. Voici donc le texte soumis à discussion, modification, critique, amendements …, en vue d’une nouvelle rencontre ouverte que nous proposons le mercredi 20 mai prochain.
Proposition de texte
Chacune et chacun le voit et le ressent : il y a danger, international et national. Danger de l’axe Trump/Poutine au plan international et danger du RN et de l’union des droites au plan national, les deux étant étroitement liés l’un à l’autre.
La fuite-en-avant impérialiste de la Maison blanche et du Kremlin menace l’Europe et les peuples du monde, à commencer par les peuples ukrainien et palestinien.
Si Meloni est en difficulté en Italie et si Orban a perdu en Hongrie, l’extrême droite intégrée à cet axe ultra-réactionnaire et néofasciste vise le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. La France est pour elle un maillon décisif, car elle hériterait du potentiel autoritaire du régime de la V° République et du contrôle de l’armée et des armes nucléaires.
Mais le paradoxe est là : la grande majorité, notamment de la jeunesse et des femmes, et avec eux des exploités et des opprimés, aspire à une issue démocratique et écologique. En France, nous avons imposé l’unité pour empêcher l’avènement d’un exécutif Macron/Bardella en 2024, et les poussées sociales de décembre 2024 et de septembre 2025 ont montré la force réelle du mouvement d’en bas.
Or, la manière dont les forces politiques de gauche en France « préparent les présidentielles » équivaut à l’organisation de la défaite.
La tenaille Mélenchon/Hollande nous conduit à Bardella !
L’unité doit être et sera IMPOSÉE par en bas, sur la base des revendications qui sont là, et celle-ci ne peut que se faire contre l’extrême droite et contre l’axe Trump/Poutine :
- pour la rupture avec le capitalisme illibéral de Macron qui conduit tout droit à LePen/Bardella ;
- pour la rupture avec le régime de la Vè république ;
- et pour une paix juste partout où la guerre impérialiste fait rage ou menace, pour la fin de l’occupation génocidaire en Ukraine et en Palestine, pour l’arrêt des frappes en Iran et au Liban, et des menaces sur Cuba, Taïwan …
L’unité et la victoire exigent que l’extrême droite et l’union des droites soient dénoncées et attaquées indissociablement en tant que relais de Trump et de Poutine œuvrant à l’asservissement de l’Europe – non pas comme marché commun de l’UE ou place forte d’un “Occident” imaginaire, mais comme espace de conquêtes démocratiques et sociales et de luttes populaires capables de faire obstacle à l’offensive impérialiste globale.
Il n’y aura donc ni unité pour la défense de l’ordre existant et des institutions nationales et européennes existantes, ni unité pour « la paix » en sacrifiant le peuple ukrainien et toute l’Europe centrale et orientale.
L’unité sera antifasciste, c’est-à-dire qu’elle préparera le combat contre l’axe Trump/Poutine.
Pour battre Bardella/Le Pen/Retailleau and co et sortir de Macron/Philippe/Attal and co en 2027, il faut assumer le combat contre toutes les forces impérialistes et réactionnaires à commencer par celles de Trump et de Poutine en Europe, tout en imposant l’unité sur nos revendications démocratiques, sociales et écologiques.
Une candidature unitaire à la présidentielle, ne contribuant pas à l’organisation de la défaite, doit remplir ces conditions.
Avis, critiques, amendements, suggestions, peuvent être envoyés à notre boite mail : aplutsoc@netc.eu