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27.07.2026 à 12:13

Peut-on s’inspirer du Japon pour repenser la durabilité de la filière textile en France ?

Nathalie Lallemand-Stempak, Maitresse de conférences en sciences de gestion, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Aleksandra Kobiljski, Directrice de recherche en histoire moderne et contemporaine, CNRS, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Longtemps, le Japon a été le pays du textile reconditionné. Analyse d’un modèle économique peu connu pour éclairer les voies d’une mutation possible du secteur textile.
Texte intégral (1955 mots)
Vous voyez trois kimonos ? C'est aussi un modèle original de reconditionnement de l'industrie textile. Damian Hutter/Unsplash, CC BY

Re conditionner le textile pourrait être un moyen de réduire l’empreinte écologique du secteur. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le Japon pratiquait encore la réutilisation à grande échelle des tissus pour créer de nouveaux habits. Comprendre le fonctionnement de ce modèle donne des pistes pour inventer un nouveau modèle de production et de consommation.


À l’échelle mondiale, l’industrie textile est le quatrième secteur ayant le plus d’impact sur l’environnement. Elle représente environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre et 20 % de la pollution mondiale d’eau potable. Corollaire d’une production toujours croissante, le cycle de vie des vêtements est de plus en plus court. Ce phénomène génère à son tour une quantité massive de déchets, à l’origine de catastrophes environnementales.

Si la France est en avance sur l’Europe dans l’application d’une responsabilité élargie du producteur (REP) à la filière textile, ses résultats restent néanmoins décevants. En 2023, seuls 32 % des textiles et chaussures mis sur le marché des particuliers ont été collectés. Et moins de 60 % des produits textiles collectés sont considérés comme réutilisables, faute d’une qualité suffisante.


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Une troisième voie existe

En réponse à ce problème, la durabilité appliquée au secteur textile s’articule aujourd’hui autour de deux leviers principaux : réduire la production – soit, faire moins, mais mieux ; et généraliser la collecte et le recyclage. Le premier est souvent présenté comme inévitable pour limiter l’impact environnemental de la filière. Cependant, il suppose de remettre en cause le modèle économique des acteurs qui dominent aujourd’hui le marché mais aussi de modifier les habitudes de consommation de la société. D’un autre côté, la rentabilité de l’activité de recyclage incite à maintenir des niveaux de production élevés, en contradiction avec l’objectif de réduction de son empreinte.

Dans ce débat, une troisième voie existe, pourtant rarement évoquée, en dépit d’une volonté affichée, le « reconditionnement ». Distinct de la simple notion de « seconde main », le terme désigne un ensemble de techniques et de pratiques reposant sur l’entretien, la réparation, l’échange, l’adaptation et la réutilisation et visant à prolonger la durée de vie des produits, quel que soit leur utilisateur. Son impact environnemental est marginal, tout en favorisant la création d’emploi local, notamment dans le tri, la réparation et le « re design » et en répondant aux habitudes de renouveau des consommateurs. Pourtant, son développement, et a fortiori sa généralisation, sont généralement considérés comme difficile, voire impossible dans un contexte de consommation de masse.

Exception nipponne

À ce jour, le Japon constitue la seule exception du G20 à avoir pratiqué le reconditionnement textile à grande échelle. Non pas au temps des artisans d’autrefois, mais en plein XXe siècle, entre les années 1920 et 1960, quand un kimono teint sur deux vendu à Kyoto, centre de la production nationale, était reconditionné. Loin de l’image d’Épinal présentant une population culturellement prédisposée à la sobriété, cette pratique trouve son origine dans le goût des Japonais pour la mode dans un contexte de ressources limitées. En effet, pendant plus de deux siècles, l’archipel a fonctionné en quasi-autarcie, produisant relativement peu de coton, tandis que la soie restait l’apanage d’une infime minorité : la haute strate de la classe guerrière, qui ne représentait elle-même qu’environ 7 % de la population. Face à une demande que l’offre en vêtements neufs pouvait pas satisfaire, le reconditionnement émerge comme une réponse.

Dès le XVIIIe siècle, la filière se structure. À Tokyo, deux marchés principaux coexistent :

  • l’un, dédié au commerce de gros, vend des textiles neufs issus de stocks invendus des saisons précédentes et qu’il faut remettre au goût du jour ;

  • le second est un marché d’occasion où les articles sont vendus sans être remis à neuf, mais où le tri revêt une importance cruciale. On y trie les textiles encore vendables localement de ceux destinés à d’autres marchés.

Une véritable industrie du reconditionnement

La vente au détail y côtoie ainsi le commerce de gros, et une part importante des acheteurs est composée de colporteurs qui participent aux enchères du matin avant d’écouler leur marchandise dans l’après-midi ou via les enchères du soir. Plusieurs marchés régionaux, alimentés par les textiles en provenance des métropoles, complètent ce réseau à l’échelle du pays.

Loin d’être une pratique de subsistance prémoderne vouée à disparaître avec la modernisation, à partir des années 1920, le reconditionnement textile au Japon évolue et devient une industrie à part entière. Se met alors en place un écosystème complexe, associant des compétences techniques diverses et hautement spécialisées – réparation, re-teinture, nettoyage, détachage, refaçonnage – dont les différents métiers s’organisent en corporations, syndicats et associations professionnelles.

Le shikkai – (dont le nom signifie littéralement « marchand de toutes choses ») est une figure centrale du reconditionnement. Ni fabricant ni simple revendeur, il est avant tout un coordinateur. C’est lui qui orchestre l’ensemble du cycle de vie d’un vêtement, de sa première teinture jusqu’à ses reconditionnements successifs. Il évalue l’état du tissu, conseille le client sur les options de reconditionnement, supervise le parcours des pièces qui leur sont confiées, mobilise un réseau d’artisans hautement spécialisés, contrôle chaque étape du processus, puis restitue la pièce finie. Le shikkai peut également servir de point de vente, mais son principal atout réside dans sa proximité avec le client et dans sa capacité à orchestrer cet écosystème artisanal. In fine, c’est la fonction d’intermédiaire qualifié de proximité qui fait du shikkai le pivot de toute la filière.

La réparabilité au cœur de la valeur

On distingue trois facteurs clés de succès du reconditionnement textile au Japon :

Premièrement, la culture vestimentaire est fondée sur un vêtement à la structure simple et standardisée, pour les hommes comme pour les femmes : le kimono. La valeur perçue du vêtement ne résidant pas dans sa coupe mais dans la qualité et la quantité du tissu qui le compose, ainsi que dans la richesse et le design de ses motifs, sa réparabilité est un critère intégré dans la conception même du produit.

RTS 2023.

Deuxièmement, l’habit constitue une forme de capital et d’épargne mobilisable. En témoigne l’exemple d’une maison guerrière au bord de la faillite qui, en 1842, parvient à récupérer l’équivalent de la moitié de son revenu annuel en vendant son stock de vêtements. Ce principe traverse l’ensemble des groupes sociaux jusqu’au XXe siècle. Ainsi, l’expression « mener la vie de bambou » – vendre progressivement ses vêtements pour assurer sa subsistance – est encore très répandue au Japon après 1945. Lorsqu’ils sont trop usés pour être revendus en l’état, les kimonos servent encore à la fabrication de cols, de bordures, d’éponges, ou de housses, procurant une source de revenus modeste mais stable.

Un vivier d’artisans

Enfin, la société dispose d’un vaste vivier d’artisans dotés d’une haute technicité couvrant un large spectre de microspécialisations liées à la prolongation de durée de vie des textiles. Cet ensemble est structuré en réseau, avec un maillage territorial fin permettant de limiter considérablement la perte de valeur lors du passage d’un état à un autre. Il associe des services de proximité coordonnés par des acteurs dédiés à de grands pôles commerciaux nationaux capables de gérer des flux importants. Les compétences en matière de tri et de préparation y jouent un rôle central, bien qu’elles demeurent mal documentées, car largement exercées par des femmes dans des contextes informels.

Alors qu’en France une loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile a été promulguée le 8 juillet 2026 après un long parcours parlementaire, certains s’inquiètent déjà du caractère insuffisant de ce texte pionnier. L’expérience japonaise du reconditionnement à grande échelle montre pourtant que la conciliation entre désir de consommation et durabilité environnementale n’est pas une utopie, mais une possibilité historiquement documentée. Elle suppose cependant de déplacer la création de valeur de l’achat de produits neufs vers leur entretien, et de rendre désirable leur réparation, leur transformation et leur circulation prolongée.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

27.07.2026 à 12:11

Les lanceurs d’alerte au travail se censurent, car ils sont ignorés par leur hiérarchie. Comment éviter d’en arriver à un drame ?

Wim Vandekerckhove, Professeur en éthique des affaires, EDHEC Business School
15 % des salariés estiment qu’il y a des irrégularités dans leur organisation. Très peu d’entre eux font part de ces préoccupations à la direction ou via un canal dédié aux lanceurs d’alerte.
Texte intégral (1568 mots)

15 % des salariés estiment qu’il y a des irrégularités dans leur organisation. Très peu d’entre eux font part de ces préoccupations à la direction ou via un canal dédié aux lanceurs d’alerte. Alors, avant que la vie d’un collègue soit en danger, comment signaler un dysfonctionnement ?


Qu’il s’agisse du scandale pharmaceutique du Mediator en France ou du tollé suscité par l’affaire dite du « Dieselgate », lorsqu’un scandale éclate, on entend souvent parler d’un ou deux lanceurs d’alerte, en se demandant pourquoi tous ceux qui étaient au courant n’ont rien dit alors que les conditions d’une catastrophe étaient réunies, sous leurs yeux.

Alors pourquoi la plupart des gens restent-ils silencieux lorsqu’ils sont témoins d’actes répréhensibles ?

Une étude récente menée par Transparency International sur les lancements d’alerte en entreprise révèle que 15 % des employés estiment que des irrégularités ont lieu sur leur lieu de travail. Les deux tiers d’entre eux déclarent faire part de leurs préoccupations à d’autres personnes, le plus souvent à leur supérieur hiérarchique direct.

Lors d’une réunion d’équipe, ils peuvent demander s’ils ont bien compris la procédure, ou interroger un collègue pour savoir si ce qu’ils sont censés faire est conforme à la politique de l’entreprise. À ce stade, ils expriment alors une préoccupation, mais cela ne fait pas nécessairement d’eux des lanceurs d’alerte, ou du moins ils ne se considèrent pas comme tels.

Nos recherches antérieures indiquent que la réaction la plus courante face à ce faible niveau de partage des préoccupations est que l’employé est ignoré.

Pour la plupart d’entre nous, le fait d’être ignoré, dès cette étape, est la raison principale pour laquelle nous n’allons pas plus loin. Très peu d’employés feront en effet part de leurs préoccupations à la direction ou via un canal dédié aux lanceurs d’alerte.

Majorité silencieuse

Selon Navex, l’un des leaders européens dans la gestion de systèmes et de logiciels d’alerte interne au sein des entreprises, le nombre moyen d’employés signalant des irrégularités via un canal dédié (lorsqu’il existe) est de 1,57 pour 100 employés.

À quel point ce chiffre est-il faible ?

Imaginons une entreprise de 200 employés. L’étude de Navex suggère que, lorsque les salariés qui expriment des doutes sont ignorés (comme évoqué précédemment), seuls trois d’entre eux feront part de leurs préoccupations via un canal interne de signalement. En résumé, théoriquement, si vous avez 200 employés et que 30 d’entre eux sont témoins d’un acte répréhensible, 27 gardent le silence et seuls 3 osent parler.

Le fait de s’exprimer dépend en grande partie du type d’acte répréhensible. Nous sommes plus enclins à signaler les actes qui constituent une menace pour la santé ou la sécurité d’une personne, et moins enclins à signaler ceux qui concernent une violation de la politique de l’entreprise. Mais voici le hic : avant que la vie de quelqu’un ne soit en danger, nous avons déjà passé beaucoup de temps à garder le silence face à la pente glissante des violations de la politique de l’entreprise.

Notre silence face aux « fautes mineures » constitue un apprentissage comportemental qui encourage en réalité le silence face aux fautes plus graves dont nous pourrions être témoins.

Depuis 2019, la directive européenne sur le lancement d’alerte impose à toutes les organisations de plus de 50 salariés de disposer d’un canal interne de lancement d’alerte et d’avoir la capacité d’assurer un suivi rigoureux des signalements reçus par ces canaux.

La transposition dans la législation nationale des 27 États membres de l’Union européenne est en place depuis un certain temps. Grâce à des mesures de protection renforcées et à des exigences en matière de canaux de signalement, l’objectif de la directive européenne était de créer un environnement permettant aux employés de faire part de leurs préoccupations en toute sécurité et efficacement.

Manque de confiance dans les processus

Selon nos recherches, les employeurs et employés utilisent des logiques différentes. Ce qui semble freiner les employés, c’est l’impression que le fait de s’exprimer comporte des risques. Ils ne sont pas convaincus que le signalement d’irrégularités à leur employeur donnerait lieu à des mesures concrètes et qu’ils ne subiraient aucune conséquence négative pour avoir fait part de leurs préoccupations. En d’autres termes, les employés restent silencieux parce qu’ils ne font pas confiance aux canaux de signalement.


À lire aussi : Mort d’un lanceur d’alerte chez Boeing : la culture corporative nord-américaine montrée du doigt


Cela contraste avec l’excès de confiance observé chez les dirigeants. Ils pensent que les questions importantes seront abordées, mais craignent que les canaux de communication ne soient utilisés à mauvais escient. Nos travaux de recherche auprès de professionnels de la conformité suggèrent que la haute direction souhaite conserver le contrôle total des cas de signalement interne.

Gestion des signalements

Il n’en reste pas moins que les organisations ont encore beaucoup à faire pour s’améliorer. Dans le cadre du projet BRIGHT soutenu par la Commission européenne (Building Resilience through Integrity, Good Governance, and Honesty Training), un outil d’auto-évaluation Speak Up Self Assessment (SUSA) en ligne et gratuit a été créé. Il est développé à l’intention des professionnels de l’intégrité à travers l’Europe afin qu’ils puissent évaluer eux-mêmes la culture de lancement d’alerte et les systèmes de signalement au sein de leurs organisations.

Cet outil est conçu pour fournir un retour d’information sur la manière dont des entreprises telles que le groupe français EDF, par exemple, se conforment aux exigences de l’Union européenne, à la norme ISO 37002:2021 et aux lignes directrices de la Chambre de commerce internationale (CCI).

Les données de SUSA indiquent que des canaux de signalement existent, mais qu’ils sont trop souvent de mauvaise qualité. Alors que la plupart des organisations semblent espérer une solution miracle, ce qu’il faut réellement, c’est un effort continu de la part de la direction pour instaurer et renforcer une culture du dialogue.

Culture du signalement

Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers en espérant que le silence de l’ancienne génération soit en voie de disparition, laissant la place à la voix de la nouvelle génération.

Au contraire, une étude menée par Protect, la principale organisation caritative britannique qui soutient et conseille les lanceurs d’alerte, montre que la génération Z est encore plus silencieuse que les baby-boomers.

Cette récente étude a révélé que les jeunes travailleurs (âgés de 18 à 24 ans) sont moins enclins à s’exprimer que tout autre groupe d’âge, quel que soit le type d’irrégularité. La majorité silencieuse, confrontée à des obstacles tels que la peur et le sentiment d’impuissance, semble s’agrandir, ce qui devrait être une vraie source de préoccupation.

The Conversation

Wim Vandekerckhove a reçu des financements de la Commission Européenne pour coordonner le projet BRIGHT et développer l'outil d'auto-évaluation Speak-Up Self-Assessment (SUSA) ( http://www.susatool.com ).

26.07.2026 à 09:38

How next-generation photovoltaics could contribute to electricity storage

Vera Moerbeek, Doctorante en physique, Centre national de la recherche scientifique (CNRS); Université de Perpignan Via Domitia
Solar energy is associated with intermittency issues, as it only generates electricity when the sun shines. Certain PV systems can provide cost-effective power reserves for storing electricity.
Texte intégral (1177 mots)

Due to the falling price of silicon solar cells, as well as their manageable size, the sight of solar panels on household rooftops has become a familiar one. However, solar energy, as many other sustainable forms of energy, is intermittent. At peak moments, such as on sunny summer days, the grid is flooded with solar energy, while during the evening and in winter, when energy tends to be most in demand, supply is less. In order to secure energy availability on demand, storage needs to be integrated into the grid.

The pumped hydroelectric storage plant is one example of widespread technology for storing energy by pumping water from a lower reservoir to a higher one, and electricity is generated on demand by letting the water flow back through turbines. The expansion of these plants, however, is limited by the amount of suitable geographical sites. A technology that does not bear these constraints is the electrochemical battery. Lithium-ion batteries present in everyday electronics are examples of these. On a larger scale, companies are starting to invest in large batteries supporting the grid. The dominant technology for such large batteries is currently lithium iron phosphate (LFP). A report by the International Energy Agency (IEA) predicts lithium demand to multiply by more than 40 times in 2040 compared to 2020, largely caused by this need. Lithium mining, however, comes with considerable geopolitical and humanitarian concerns. If lithium mining has a significantly negative impact on local health, water supply, biodiversity and soil, can we maintain that it’s helping us to move towards a sustainable future?

Thermal storage as an alternative for electrochemical batteries

Another alternative is thermal energy storage, in which energy is stored in the form of heat.

Due to the high energy density, abundance and low cost of storage materials, thermal storage seems very promising for longer duration storage. This is the principle behind solar water heaters. On a bigger scale, it is mainly used in combination with concentrated solar power plants (CSP), such as the Crescent Dunes Solar Energy Project in the USA or Andasol Solar Power Station in Spain, for example. In these installations, the first step is to convert solar energy to heat using large mirrors, either parabolic or smaller flat ones tracking the Sun, which concentrate sunlight and heat a large reservoir of molten salt. The second step consists of converting heat into electricity: the heat stored in the salt powers a turbine.

Thermal storage implemented in this way has remained marginal, because the turbines used in CSP become more efficient as they become larger, meaning that the concept is generally not cost-effective at lower scales and therefore requires very large plants, involving big startup investment and maintenance costs. Even though smaller CSP plants with integrated thermal storage exist, such as the linear Fresnel plant at Llo in southern France, they remain even more uncommon.

The efficiency of thermal storage poses a challenge, since heat is notoriously difficult to convert to “useful” energy, including electricity: the efficiency of this process is fundamentally limited by what is known as Carnot’s law. For example, at 300°C, the theoretical maximum conversion efficiency is about 50%, meaning the actual efficiency is going to be even lower. In comparison, lithium-ion batteries, which are not limited by the same physical law and have been optimised for decades, surpass 90%.

While the efficiency of heat to electricity conversion would be improved at higher temperatures, turbines hardly withstand such elevated temperatures.

Using photovoltaics for conversion of heat radiation to electricity

However, there is another way to turn heat into electricity, namely via radiation: this is the principle behind the solar cells you see on rooftops and solar farms. Typical solar cells convert energy from the Sun. In contrast, the idea behind so-called thermophotovoltaic devices (TPV for short) is to harvest the (mostly infrared) radiation from a very hot object, where energy is stored, and turn it into electricity. For example, silicon melts at 1414°C and graphite can be heated up to more than 2000°C. At these high temperatures, the Carnot limit is pushed up to 83% and 87% respectively. In practice, experiments at MIT and the University of Michigan have now pushed conversion efficiency to beyond 40%.

Different device designs

The most recently developed device, which is now being introduced on the market, feature a storage medium in the form of a block of graphite or silicon, for example, heated by electricity. It is therefore similar to a lithium-ion battery but it operates by doing successive energy conversions from “electricity to heat to electricity” instead of from “electricity to chemical energy to electricity”.

However, it would be interesting to heat up our storage medium directly by the Sun, so that the device becomes a direct source of renewable energy.

In our setup at PROMES laboratory, conveniently located in the sunny south of France, the storage medium (graphite during our first tests) was heated with concentrated radiation from the Sun, using a parabolic mirror and a tracking mirror, and can be dubbed “solar to heat to electricity” or storage-integrated solar TPV (SISTPV). It’s the first prototype of a SISTPV system. An important advantage compared to CSP with molten salt storage is that the TPV battery could be cost-effective at a much smaller scale.

Although substantial work remains to improve both the efficiency of TPV cells in themselves and thermal batteries’ overall efficiency, SISTPV offers a promising avenue for supporting the transition to renewable energy. By combining energy collection, storage and electricity generation in a single, compact and potentially cost-effective device, it transforms an intermittent energy source - the Sun - into a firm one, making solar energy available on demand.

The Conversation

Vera Moerbeek received funding from l'École doctorale "énergie et environnement" (ED305).

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