06.07.2026 à 21:33
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20 députés socialistes, dont le secrétaire général du parti Olivier Faure, ont voté la censure initiée par le groupe écologiste contre le gouvernement Lecornu, s’opposant ainsi à la décision majoritaire du groupe parlementaire.
C’est là un évènement politique que l’on ne saurait banaliser. D’abord, le sujet est vital, existentiel, capital, décisif. C’est un sujet de vie ou de mort qui vient, il serait temps de le comprendre. Ensuite, le vote de cette censure par le PS dans son ensemble aurait signifié le respect de la démocratie telle qu’elle s’est exprimée en 2024 par l’élection d’une majorité relative du NFP. De cela ni Hollande et son monde, ni Mélenchon, ne voulaient en aucun cas.
Les adhérents du PS votent le 9 juillet pour choisir entre des primaires ou non (et l’on sait très bien que ni Mélenchon, ni Hollande, ni Gluksmann, ni, cerise sur le gâteau, Roussel, n’iront à une primaire). La cassure du PS sur cette question est la même que celle du groupe parlementaire sur la censure vitale et climatique, mais les rapports de force n’y sont peut-être pas les mêmes, surtout après la décision d’Olivier Faure. Les forces qui ne veulent pas de primaire sont les héritiers de la présidence Hollande qui a engendré Macron. Une cassure claire est ce à quoi a intérêt la majorité sociale de ce pays.
Ces faits sont la conséquence de la politique criminelle des gouvernements capitalistes devant la crise bioclimatique. Quelles qu’en soient les suites, que celles-ci avortent ou non, ils confirment notre analyse selon laquelle le réalisme c’est comprendre que rien n’est joué.
Naturellement, la presse dite bourgeoise et J.L. Mélenchon se trouvent pour le coup d’accord pour minimiser et banaliser : le PS est « plus déchiré que jamais » et Olivier Faure « plus isolé que jamais ».
On verra. Aplutsoc n’a certes nulle raison de se raconter des histoires sur ce personnage, mais il faut savoir identifier les forces sociales fondamentales jusque dans ce type d’enjeux, et comprendre que pour faire levier, il faut parfois un petit poids sur le point qui pivote.
06.07.2026 à 16:56
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Contre la position d’Olivier Faure, sous l’impulsion de François Hollande et Boris Vallaud, une majorité des députés du groupe parlementaire PS, par 42 voix contre 23, ont choisi de ne pas voter la censure impulsée par le groupe écologiste à l’encontre de la politique climatique criminelle de l’exécutif.
Cela le jour même où la « canicule », c’est-à-dire la catastrophe thermo-capitaliste, repart, et où les méga-feux démarrent dans plusieurs points du pays, lequel n’a, de l’avis des pompiers sur le front, pas les moyens de faire face à ce qui s’annonce.
Le même jour, Jean-Luc Mélenchon fait savoir qu’à gauche et chez les écologistes, les uns et les autres doivent se rallier à lui d’ici novembre. Au delà, il n’y aura ni espérance ni pardon !
François Hollande et J.L. Mélenchon ont calibré conjointement leurs calendriers : Hollande compte faire savoir en décembre s’il se présente ou se retire en faveur d’un Edouard Philippe.
Pendant ce temps, la question de la grève, du retrait climatique est posée à échelle de masse et, samedi, plus de 100 000 manifestantes en France, en dehors de Mélenchon comme de Hollande, ont exigé de l’Assemblée nationale le vote sans délai d’une loi intégrale protégeant femmes et enfants des violences sexuelles.
Ce mouvement propre pour la vie, la survie et le mieux-être, a et aura son propre calendrier !
Et le « réalisme », c’est de s’y engager tout de suite, et bien sûr, pour tout député élu en tant que député NFP, de censurer ce gouvernement.
06.07.2026 à 16:34
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Aplutsoc appelle à signer, AVANT LE 7 JUILLET donc à faire circuler au maximum, cette pétition sur le site de l’Assemblée nationale dont voici le texte :
Le 7 juillet 2026, l’Assemblée Nationale est appelée à se prononcer sur la proposition de loi n°691, portée par le député Eric Pauget (LR), visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Un amendement gouvernemental instaurant une présomption de légalité des tirs a déjà été adopté en première lecture le 22 janvier 2026.
Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette pétition, demandons aux député·es de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026. Ce texte, examiné en commission des lois en janvier 2026, est désormais inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire. Son adoption constituerait une atteinte grave à l’État de droit, à nos engagements européens et au principe constitutionnel d’égalité devant la loi.
Cette demande repose sur quatre motifs graves et documentés.
Premier motif : un bilan humain qui rend ce texte inadmissible.
La loi de 2017 ayant élargi les conditions d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a produit des effets documentés et alarmants. Selon le recensement indépendant du média Basta!, confirmé par les données de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), 66 personnes ont été tuées lors d’interventions policières en 2024, dont 27 par arme à feu, record absolu depuis 1967.
La France a été interpellée à trois reprises par les organes de l’ONU comme le pays de l’Union Européenne comptant le plus grand nombre de personnes tuées ou blessées par des agents de la force publique. Adopter une nouvelle loi présumant la légalité des tirs policiers aggraverait mécaniquement cette tendance.
Deuxième motif : une violation caractérisée de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et de l’obligation de l’État de protéger le droit à la vie.
La jurisprudence constante de la CEDH impose à l’État une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains de ses agents. Il appartient à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire et proportionné et non aux victimes ou à leurs proches de prouver son illégalité. La Cour a affirmé que cette obligation est un élément intégral du devoir de l’État de protéger la vie, rendre justice aux victimes d’un usage illégal de la force et prévenir la répétition de tels actes.
Qu’un agent de l’État prenne la vie d’autrui constitue la plus grave ingérence aux droits humains possible. Le cadre déontologique de toute force de l’ordre doit poser un principe clair : en cas de doute, ne tirez pas. Ce principe est incompatible avec une présomption de légalité du tir.
La PPL n°691 inverse précisément cette logique. En présumant la légalité du tir, elle transfère la charge de la preuve sur les victimes, libère l’État de son obligation de justification, et va à l’encontre du concept même des droits humains. Voter ce texte exposerait la France à des condamnations répétées à Strasbourg.
Troisième motif : une rupture de l’égalité des citoyens devant la loi, contraire à la redevabilité des forces de l’ordre et susceptible d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
Le principe d’égalité des citoyens devant la loi est consacré par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le Conseil constitutionnel en est le garant et sanctionne régulièrement les dispositions qui y portent atteinte sans justification objective et proportionnée.
En créant une présomption de légalité au bénéfice exclusif des agents armés de l’État, la PPL n°691 établit une différence de traitement radicale entre la puissance publique et le citoyen ordinaire. Aucun autre justiciable ne bénéficie d’une telle présomption lorsqu’il cause la mort d’autrui. Cette inégalité structurelle, qui n’est justifiée par aucune nécessité proportionnée à l’objectif poursuivi, est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel.
Au-delà de la question constitutionnelle, ce texte porte atteinte à un principe fondamental de l’État de droit : la redevabilité des forces de l’ordre. Conférer à des agents de l’État le pouvoir de faire usage de la force létale implique nécessairement un contrôle juridictionnel effectif de cet usage. C’est précisément ce contrôle qui fonde la légitimité de la police dans une démocratie. Une force de l’ordre soustraite à la reddition des comptes ne perd pas seulement sa légitimité juridique, elle perd la confiance de la population qu’elle est censée protéger. Ce texte affaiblit la police autant qu’il affaiblit l’État de droit.
Nous appelons les parlementaires qui doutent de la constitutionnalité de ce texte à saisir le Conseil constitutionnel avant promulgation, conformément à l’article 61 de la Constitution.
Quatrième motif : un texte qui paralyse les enquêtes judiciaires et détruit les droits des victimes.
Si la légalité du tir est présumée dès l’ouverture du feu, l’infraction disparaît au moment même où elle est susceptible d’être commise. Cette logique rend impossible le placement en garde à vue dans les premières heures cruciales qui permettent d’éviter les concertations et de préserver les preuves. Elle vide l’instruction judiciaire de sa substance et prive les familles de victimes de toute voie de recours effective.
Une telle présomption porte le risque qu’il n’y ait aucune investigation prompte, efficace et impartiale puisque c’est souvent seulement après une investigation approfondie que les éléments permettant de douter de la légitimité de l’action policière ressortent. Le Comité contre la Torture des Nations Unies a déjà recommandé à la France en 2024 de veiller à ce que toutes les allégations d’usage excessif de la force fassent l’objet d’une enquête rapide, approfondie et impartiale par une instance indépendante. Cette loi va dans la direction opposée.
Ce constat est partagé par des professionnels du droit : le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France, et la CGT-Intérieur s’opposent à ce texte pour des raisons techniques. Ce dernier a relevé que ce texte introduirait “une logique plus proche de l’accusatoire, sans en donner les garanties”.
NOTRE DEMANDE
Pour l’ensemble de ces motifs, violation de la jurisprudence de la CEDH, atteinte au principe constitutionnel d’égalité devant la loi pour toutes et tous, impact dévastateur sur le fonctionnement de la justice, aggravation prévisible du nombre de morts, nous demandons aux député·es de l’Assemblée Nationale de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026.
La France est déjà le pays d’Europe comptant le plus grand nombre de personnes tuées par des agents de la force publique. Ce texte aggravera mécaniquement ce bilan. Les représentant·es du peuple ont le pouvoir et la responsabilité de l’arrêter.
Nous demandons donc aux députés de :
Cette pétition ne constitue pas un procès fait aux forces de l’ordre. Elle est un appel à la défense de l’État de droit, adressé aux représentant·es du peuple français, avant qu’une loi aux conséquences humaines et juridiques graves ne soit adoptée sans les vérifications qui s’imposent.
02.07.2026 à 10:51
aplutsoc
Malgré la canicule succès de la journée contre toutes les répressions du 20 juin 2026 : ils ne nous empêcheront pas de lutter ! On continue !
D’autres photos arriveront, toutes les prises de paroles seront publiées dans les prochains jours.
Une initiative de regroupement inédite qui est partie des postiers et postières du 92, s’est adressée à tous les autres à La Poste et au-delà dans le public et le privé… et cela quelque soient les organisations syndicales, politiques et associatives.
Cette manifestation inédite ne s’est pas faite le jour d’un procès, d’une garde à vue ou d’une procédure disciplinaire…
…mais pour regrouper tous ceux et toutes celles qui qui sont habituellement convoqués dans des commissariats, des procès et des procédures disciplinaires isolés les uns des autres.
Plus de 500 travailleurs, travailleuses, jeunes se sont regroupés – malgré la canicule – une manifestation qui s’est transformée en Assemblée Générale et prises de paroles à ciel ouvert, une colère ouvrière qui s’est exprimée devant la banque Postale puis devant le ministère du travail ! Tous et toutes avec la même logique : ils ne nous empêcheront pas de lutter !
Alors que nos ennemis avancent, il est important d’allier le geste à la parole ! Il est urgent que tous ceux et celles qui refusent le boîte par boîte, le secteur par secteur se donnent réellement les moyens de faire front, de faire bloc… de se rencontrer !
C’est ce que nous avons fait : permettre un regroupement unitaire et large. On continue donc !
Il y aura des suites, évidement, car il s’agit d’un bras de fer sur le long terme avec le patronat et l’État !
Le succès militant du 20 juin nous permet de continuer, il s’agit bien d’un point de départ pour remporter ce bras de fer !
Restez donc attentifs aux prochains rdv :
1- Nous étions présents ce matin aux côtés d’Anasse Kazib. Mais aussi à ne pas oublier le secrétaire général de la CGT FAPT 66 Alexandre Pignon qui risque la révocation le 30 juin à Paris.
2- Justement la prochaine réunion unitaire de l’appel : « ils ne nous empêcheront pas de lutter » se tiendra le mardi 7 juillet à 19h30 (en hybride)
3- La proposition des postiers et postières du 66 – à discuter – d’organiser une rencontre nationale fin septembre, début octobre prochain contre toutes les répressions !
Merci à tous les signataires de l’appel à tous ceux et celles qui ont fait le déplacement.
En particulier à Union Syndicale SolidairesFédération Sud PttNPA-Révolutionnaires, L’UNEF mais aussi Rachel Keke à l’Assemblée qui nous a transmis sa colère et son énergie !
Et à The Blast qui a bravé la canicule et fait un reportage vidéo de la conférence de presse. Au journaliste de l’AFP, dont malheureusement la dépêche n’a pas été reprise mais qui a apprécié – lui aussi – les prises de paroles.
Le 25 juin 2026.
02.07.2026 à 10:42
aplutsoc
Dans une tribune, plus de 400 militantes et militants des Jeunes socialistes et du Parti socialiste réclament l’union de la gauche et des écologistes pour l’élection présidentielle de 2027. Ils appellent le Parti socialiste à désigner, dans le cadre d’une élection ouverte aux sympathisants, un·e candidat·e qui soutiendra la primaire du Front Populaire 2027.
Le Rassemblement national, et leurs soutiens sont chaque jour plus proches du pouvoir, plus menaçants pour nos droits, plus dangereux pour nos libertés. La possibilité de les voir gagner l’élection présidentielle en 2027 est réelle et terrifiante.
La droite, pour sa part, a renoncé aux principes républicains, faisant céder toutes les digues à des fins strictement électoralistes. Qu’il s’agisse d’un référendum sur l’immigration, d’attaques homophobes désormais décomplexées ou encore d’alliances avec Reconquête, l’ascendant idéologique de l’extrême-droite se confirme chaque jour davantage. Pourtant, nous ne croyons pas en la fatalité.
Nous nous sommes engagés parce que nous croyons en la force des convictions. L’avenir n’est jamais tracé. C’est à nous, à notre génération en particulier, de faire échec au pire. Alors que la droite sombre dans la démagogie et se fond dans les thèses les plus extrêmes, la gauche doit porter un changement qui ne soit pas synonyme de repli sur soi, de division de la société, de manipulation des peurs. C’est la raison pour laquelle elle doit construire son unité en vue de l’élection présidentielle, comme elle a su le faire dans la majorité de nos communes en vue des élections municipales. C’est la gauche rassemblée qui a permis la victoire à Paris, Marseille, Amiens, Nîmes, Lille et tant d’autres villes en France.
C’est cette union qui pourra apporter une rupture tout en battant l’extrême-droite à la présidentielle de 2027 et éviter que le pays des droits de l’Homme et du Citoyen, le pays des Lumières, de Victor Hugo, Gisèle Halimi et Jean Jaurès, ne tombe aux mains des réactionnaires.
Jeunes socialistes, nous sommes nombreux.es à nous être engagé.es pour faire gagner la gauche dans des moments de bascule, en 2022 et 2024, et à avoir défendu son union. Nous n’avons pas connu de grands soirs. Ces soirs où la vie change, où il est enfin permis de croire que demain sera meilleur qu’hier, où le futur s’ensoleille. Mais nous ne nous résignons pas. Il y aura, à nouveau, des 10 mai 1981 et des victoires de la gauche plurielle. Notre génération porte cet espoir. Elle se bat et se battra pour que triomphe la justice sociale et climatique.
La gauche est plurielle et diverse, parfois traversée de désaccords, mais elle sait, aussi et surtout, se rassembler sur l’essentiel et faire de la confrontation de ses idées une richesse. Elle sait pouvoir s’appuyer sur une force populaire enracinée dans la société, à même de dépasser les clivages politiques et de porter un projet majoritaire.
Les forces de gauche, écologistes, humanistes, syndicales, associatives et citoyennes doivent se réunir dans la primaire du Front Populaire 2027. Le Parti socialiste doit être moteur de cette union. Nous appelons à ce qu’il choisisse, dans le cadre d’une désignation ouverte aux sympathisants, un.e candidat.e qui portera cette exigence.
C’est le devoir de notre génération que d’empêcher que le pire advienne, afin de pouvoir œuvrer pour le meilleur.
Soutenez cette tribune et signez la pétition en remplissant ce formulaire.
Consultez la liste des signataires en cliquant ici.
02.07.2026 à 09:35
aplutsoc
Eddie Dempsey, secrétaire général du syndicat ferroviaire RMT, continue de faire l’objet de vives critiques – en particulier lors des grèves du métro de Londres – pour sa rencontre avec Alexeï Mozgovoï en 2015 et les propos élogieux qu’il a tenus à son sujet par la suite.
Mozgovoï commandait la brigade séparatiste « Fantôme » à Altchevsk (dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine), qu’il dirigeait comme une sorte de fief personnel. Dempsey l’y a rencontré en mai 2015.
Après l’assassinat de Mozgovoï, survenu deux semaines plus tard, Dempsey a rédigé une nécrologie élogieuse à son sujet dans le Morning Star : « Un chef de milice antifasciste charismatique… Il a affirmé son attachement à la cause de l’édification d’une Novorossia populaire et socialiste… Ses camarades poursuivront la lutte de leur défunt commandant pour atteindre ce précieux objectif. »
Dempsey ne s’est jamais départi de cette appréciation de Mozgovoï.
L’ouvrage d’Andreï Kozlov intitulé Le véritable « Fantôme » du Donbass : Vie et destin du commandant de la brigade « Fantôme », le héros de la Novorossia Alexeï Mozgovoï — publié à Moscou l’année dernière — apporte des éclairages utiles sur l’antifascisme et les aspirations socialistes que Dempsey prête à Mozgovoï.
Tout comme Dempsey, Kozlov voue une grande admiration à Mozgovoï. Il s’en distingue toutefois par la manière dont il caractérise les convictions politiques de ce dernier :
« Un commandant. Une personnalité avec un grand P. Un homme. Un chef. Un ami. […] Un défenseur de la langue russe, de la culture russe, des traditions militaires et historiques de la Russie et de l’Union soviétique. »
Kozlov est mieux placé que Dempsey pour évaluer Mozgovoï. Il a dirigé le service de contre-espionnage de la « Brigade Fantôme » entre novembre 2014 et mai 2015, avant de reprendre son activité d’avocat à Moscou.
Son ouvrage relève davantage de l’anecdote que de la recherche universitaire. Le contenu ne tient pas les promesses du titre. Le ton est laudateur, voire hagiographique, plutôt que critique. Il présente néanmoins un certain intérêt.
Le lecteur apprend, par exemple, que dans sa jeunesse, Mozgovoï — Ukrainien de naissance — avait été membre de la « Jeune Garde », une organisation de jeunesse nostalgique de l’époque soviétique rattachée au Parti des régions (formation pro-russe et favorable aux oligarques), alors dirigée par l’un de ses députés, Arsen Klinchaev.
Au moment du Maïdan, Mozgovoï travaillait en Russie. Avant de partir pour le Donbass, écrit Kozlov, « une réunion s’est tenue à la Douma d’État russe le 10 avril [2014], au cours de laquelle Mozgovoï a rencontré Vladimir Jirinovski et Sergueï Mironov, les dirigeants respectifs du LDPR et du parti « Russie juste ». Selon ses propres dires, il a réussi à obtenir leur soutien moral. »
Jirinovski était un démagogue ultranationaliste d’extrême droite. Mironov est un nationaliste russe corrompu et pro-Poutine, visé par des sanctions occidentales pour avoir financé des groupes armés pro-séparatistes en Ukraine.
À l’instar de Klinchaïev, des alliés improbables pour un « chef de milice antifasciste ».
De retour dans le Donbass, Mozgovoï prit d’abord la tête de la Jeune Garde. Bien que Kozlov omette de le mentionner, les banderoles déployées lors des rassemblements où Mozgovoï prenait la parole à cette époque appelaient à l’unification de l’Ukraine, de la Russie et du Bélarus en une « Sainte Russie » (sans faire mention de l’hallucination de Dempsey d’une « Novorossiya populaire et socialiste »).
Lorsque Kozlov rencontre Mozgovoï pour la première fois, ce dernier a créé sa Brigade fantôme et pris le contrôle d’Alchevsk. Intentionnellement ou non, la description que fait Kozlov du bureau et de l’apparence physique de Mozgovoï résume parfaitement ses convictions politiques.
« Sur la table, plusieurs icônes étaient disposées, et à côté, des munitions de revolver brillaient éparpillées. … Ma mémoire s’efforçait de me rappeler le nom d’un des généraux blancs [qui avaient combattu les bolcheviks pendant la guerre civile russe] qui ressemblait à cet homme assis à cette table. »
Apprenant que son dernier volontaire était avocat de profession, Mozgovoy lui confia la tâche de régler les problèmes causés par la mise en place d’un « tribunal populaire » quelques semaines auparavant.
Ce « tribunal populaire » avait permis aux quelques deux cents participants de voter sur les peines à infliger à deux hommes accusés de viol. C’était probablement la seule fois où les habitants d’Alchevsk, alors sous contrôle de Mozgovoy, eurent l’occasion de voter. Le vote fut le suivant : exécuter l’un ; envoyer l’autre au front.
Mozgovoï avait également profité de l’occasion pour exposer ses vues sur le rôle des femmes.
Inquiet des critiques suscitées par son « tribunal populaire », Mozgovoï charge Kozlov de rédiger une justification du procès. Ce dernier s’exécute et produit un document expliquant que le « tribunal populaire » était parfaitement conforme aux articles 6, 10 et 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU.
Kozlov suggère même d’organiser d’autres « tribunaux populaires » : « L’idéal serait de tenir deux ou trois autres procès de ce genre. La répétition de la procédure témoigne du bon déroulement du procès et du respect des droits. » Sagement, Mozgovoï ne donna pas suite à cette suggestion.
Les Moscovites feraient peut-être bien, eux aussi, d’y réfléchir à deux fois avant de choisir Kozlov comme avocat.
Kozlov insiste sur le succès de Mozgovoï dans la réduction de la criminalité à Altchevsk, en particulier en ce qui concerne le trafic de drogue : « Dès son arrivée à Altchevsk, la Brigade Fantôme a lancé une guerre sans merci contre la drogue. Au terme du premier mois de rafles, plusieurs laboratoires de stupéfiants avaient été détruits. » Les alambics clandestins ont subi le même sort.
Espérant pouvoir conclure un accord avec Mozgovoï, les barons locaux de la drogue sollicitent une entrevue avec lui. Kozlov décrit la rencontre :
« … Mozgovoï fit une contre-proposition. D’ici vingt-quatre heures, tout trafic de drogue devrait cesser. Quiconque se ferait prendre ne pourrait s’en prendre qu’à lui-même. Les trafiquants seraient passés par les armes. Quant aux consommateurs, ils suivraient une thérapie consistant à creuser des tranchées (sur le front). »
Mozgovoï goûta fort peu les menaces de violence à peine voilées suscitées par sa contre-proposition :
« Mozgovoï dégoupilla une grenade et la tint fermement en main. De l’autre, il sortit son pistolet automatique Stechkin. Il tira dans la jambe de l’auteur des menaces. Puis il s’en alla, après les avoir prévenus que, dans un quart d’heure, un lance-flammes Shmel — voire plusieurs — serait utilisé contre le bâtiment. »
On trouvait des personnages singuliers dans les rangs de la milice « antifasciste » de Mozgovoï. Kozlov décrit une scène où Mozgovoï passe en revue de nouvelles recrues de la brigade. Celles-ci lui déclarent :
« Nous menons des activités militaires et de l’agitation. Nous sommes communistes ! Nous sommes des communistes russes ! Nous défendons les intérêts du peuple russe ! Les idées russes ! Nous sommes venus ici pour combattre la menace sioniste. Contre le complot juif et les attaques visant les Slaves. »
Mozgovoï leur répond en soulignant que les communistes sont censés être internationalistes. Sur un ton moins positif, il expose ensuite sa propre conception du sionisme :
« On a beaucoup écrit sur le sionisme. J’ai lu ces écrits. Mais qu’est-ce que le sionisme ? C’est la cupidité, la soif d’un pouvoir injuste et sans fondement, et le désir de vivre aux dépens d’autrui. C’est accumuler des richesses pour soi-même au prix de la sueur des autres, au prix du sang des autres. »
Malgré l’ampleur de l’ouvrage (332 pages), Kozlov ne trouve curieusement pas de place pour les nombreux autres personnages hauts en couleur qui composaient la brigade de Mozgovoï.
Comme Alexandre Kostine, cofondateur de la brigade « Fantôme » et l’un de ses commandants. Kostine a par la suite créé sa propre brigade. Comme il l’expliquait dans un entretien accordé à « La Ligne du peuple russe » (« Pour l’orthodoxie, l’autocratie et la nation russes ») fin 2014 :
« J’ai participé à la création de la Brigade Fantôme et j’en ai été l’un des commandants. Puis un nouveau bataillon a vu le jour, « Août » – la Brigade de l’Assomption de la Vierge Marie et Mère de Dieu. L’idée m’est venue spontanément, dans un moment d’illumination, lors du baptême de mes filles à l’église. »
(Et c’est bien compréhensible. Quel parent ne s’est jamais dit, au baptême de son enfant : « Tiens, et si je créais une milice impériale russe ? »)
Un sentiment de tragédie imprègne le livre de Kozlov. Mozgovy y est dépeint comme une figure à la fois épique et solitaire, « condamnée à la défaite », selon les mots de Kozlov, par la puissance des forces opposées à ce courageux commandant de milice.
Mais aucune tragédie n’est complète sans un amour sans partage. En l’occurrence, celui d’Anna Samelyuk, attachée de presse de la Brigade Fantôme.
L’ex-mari de Samelyuk combat dans le bataillon Azov, unité nationaliste ukrainienne d’extrême droite. (On comprend aisément pourquoi leur mariage a échoué.) Dans le cadre lugubre d’Alchevsk, une idylle naît entre Samelyuk et Mozgovoy. Kozlov écrit :
« De telles relations ne naissent que dans des circonstances extrêmes. Seulement lorsque les deux amants comprennent que chaque jour pourrait être le dernier. Et pourtant… ils restent ensemble, se suivant mutuellement dans les guerres, les intrigues et jusqu’à la mort. Ensemble. »
« Ce dont j’ai besoin, confie avec émotion Samelyuk à un membre de la Brigade fantôme, c’est d’un mari bien vivant, pas d’un héros mort. » Hélas, le destin en a décidé autrement. Mais, ajoutant une touche de Roméo et Juliette à la tragédie, Samelyuk trouve la mort dans la même embuscade que Mozgovoy. Ainsi, même dans la mort, ils sont restés unis.
Kozlov conclut son ouvrage en évoquant la manière dont Poutine a décrit Mozgovoy — lors de l’annonce, en 2023, de l’annexion par la Russie de quatre régions de l’est de l’Ukraine — comme « un véritable héros, non seulement de la Novorossia, mais aussi de la Russie ».
En revanche, Kozlov omet de mentionner la campagne menée pour défendre Mozgovoy par le nazi russe Alexander Zhuchkovsky, chef du Mouvement impérial russe et partisan déclaré de l’élimination de l’Ukraine et des Ukrainiens.
En 2018, un tribunal de Louhansk a condamné Alexander Kostin, mentionné plus haut, à quatorze ans de prison pour vol à main armée et meurtre. Mozgovoï avait été le complice de Kostin dans ce crime. Toutefois, écrit Joutchkovski, il s’agissait en réalité d’un procès-spectacle visant à détruire la réputation des chefs paramilitaires de la première heure : « Porter un coup à Mozgovoï, c’est porter un coup à l’ensemble des milices. »
Le livre de Kozlov ne contient pas véritablement de révélations inédites sur Mozgovoï. Il ne fait que confirmer son statut de héros tout désigné pour les politiciens impérialistes russes partisans du génocide et pour les nazis. Ce qui demeure un mystère, c’est la raison (*) pour laquelle un secrétaire général de syndicat se sent à l’aise à leurs côtés.
Source : https://workersliberty.org/story/2026-06-12/mozgovoy-ghost-brigade-and-donbas