19.10.2026 à 09:19
aplutsoc2
Dans sa déclaration du dimanche soir 18 octobre, le crépusculaire président de la V° République, Emmanuel Macron, n’a pas eu un mot pour la main arrachée d’un lycéen, l’œil crevé d’une lycéenne, et ils cachent les probables deux morts de ce samedi : le président, le ministre, les médias en continu, n’en parlent pas ! (1)
Macron a nié sans phrase toute violence partant de l’appareil d’Etat, qui depuis des semaines est à l’initiative du cycle de violence, du ministre de l’Intérieur Nunez aux policiers RN se déchainant – pas la totalité des policiers mais une partie conséquente d’entre eux. La violence des bandes s’est greffée sur la violence d’Etat, s’en sert et l’amplifie. A Limoges avec la mairie incendiée comme à Lyon avec l’Office du Tourisme ou à Marseille avec la mairie, la police frappant et gazant les manifestant, attaquant comme à Toulouse les banderoles intersyndicales, attaquant comme place de la République à Paris l’orchestre du Nouveau monde – point de départ des violences parisiennes – pendant qu’étaient incendiés ou fracturés mairies et bâtiments publics, juste à côté.
Ce matin, on apprend que le ministre Nunez et le président Macron se sont adonnés à la comédie de la démission refusée du ministre.
Mais alors d’où vient cette violence qui suscite, selon ses dires, sa « colère » et sa « honte » ?
Mais des « factieux de l’ultra-gauche », mon bon monsieur !
Ils sont bien incapables de nous dire qui sont ces milliers, ces dizaines de milliers, voire ces centaines de milliers, de « factieux de l’ultra-gauche », qui étaient sans doute cachés dans on ne sait quelle grotte et en sont soudain sortis …
Plusieurs médias explicitent les sourdes allusions biaisées et policières de Macron : il y aurait alliance entre l’ « ultra-gauche », « LFI » et des « bandes urbaines » dont le RN en susurrant, Zemmour et CNews en éructant, disent qu’il s’agit de noirs et d’arabes …
Ainsi donc, Macron a prétendu que des « factieux » de l’ « ultra-gauche » ont fait déferler la violence, et qu’ils ont, pratiquement, tenté un coup d’Etat.
La dernière fois qu’un président de la V° République a – contraint et forcé de rompre avec eux – dénoncé des « factieux », il s’agissait du général De Gaulle confronté au putsch des généraux à Alger le 21 avril 1961 : il avait alors, pour la seule et unique fois de l’histoire de ce régime, appliqué l’article 16, permettant au président de suspendre l’Etat de droit et de recourir à la force armée, l’Assemblée nationale, non dissolvable tant que l’article 16 s’applique, siégeant en permanence.
Macron est hors d’état d’appliquer l’article 16 ni même de proclamer une nouvelle variante d’état d’urgence tant de fois agité déjà. Après avoir prétendu qu’une mystérieuse « ultra-gauche » factieuse était à la source des violences, il a donc accouché du rappel du pouvoir préfectoral d’interdire des rassemblements, ce qui n’est pas un scoop, de l’annonce de concertations « autour de la table » organisées par le premier ministre Lecornu, et, surtout, de l’injonction faite à toutes les forces politiques de se prononcer contre « la violence », Lecornu étant censé, là aussi, les convoquer pour les sermonner.
Cette faiblesse exhibée tente de prolonger sa présidence et le régime de la V° République jusqu’aux présidentielles, en s’appuyant sur le consensus institutionnel des partis politiques et des directions syndicales : avant même son allocution, Jean-Luc Mélenchon, qui, samedi soir, déplorait que l’Elysée ait été mal protégé, lui demandait une « bonne fin » pour le mouvement lycéen. Seul Jordan Bardella – pas Marine Le Pen – a dit demander sa démission tout en hurlant comme lui aux factieux d’ultra-gauche : Bardella part en vrille.
L’Association des Maires de France et son président, David Lisnard, appelle à des rassemblements devant les mairies contre « les violences ». Faute de préciser de quelles violences il s’agit, ce sont donc des rassemblements pour la thèse complotiste des « factieux d’ultra-gauche », des rassemblements pour la violence d’Etat et toutes les violences subséquentes, organisées en utilisant la terrible image de la mairie de Limoges détruite.
C’est, d’autre part, une étape dans la nouvelle manœuvre de promotion de M. Lisnard, qui est en train de siphonner Retailleau et qui, alors que Bardella implose et que la crise des sommets du RN s’accentue, veut se présenter comme un prétendu « républicain » au programme de destruction des services publics, capable de faire l’union des droites. La recherche affolée d’un Bonaparte capable de faire « régner l’ordre » après la présidentielle se poursuit.
Rien n’oblige les maires à se plier à ce cadre. Le maire de Marseille demande des comptes aux forces de l’ordre, le maire de Paris dénonce la volonté de « pourrissement », des dizaines de maires respectueux de l’Etat de droit déplorent la destruction de la mairie de Limoges et l’attitude de l’appareil d’Etat, premier organisateur de la violence.
Le mouvement engagé de la jeunesse et de couches de plus en plus larges de la population va se poursuivre, parce qu’il a un contenu politique de fond : à bas Macron, le RN et la V° République !
(1) voir précision en premier commentaire dans le forum ci-dessous.
18.10.2026 à 23:22
aplutsoc
Ce dimanche soir, les participants à la réunion-débat organisée par Aplutsoc affirment leur solidarité avec le militant de gauche et historien indépendant ukrainien Vladyslav Starodubtsev, agressé dans la journée par des fascistes à Lviv.

Ils exigent la libération immédiate de Ritchy Thibault, porte-parole de PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale) et de l’association ZOR (jeunes roms), en grève de la faim. Ils s’élèvent contre les conditions de détention et de mise à l’isolement qui lui sont faites. Ils dénoncent les projets répressifs du gouvernement contre d’autres militants.
Ils dénoncent les calomnies lancées contre Vincent Présumey par la direction du PT (Parti des Travailleurs, ex-POID).
Paris, le 18/10/2026.
17.10.2026 à 21:27
aplutsoc2
Photo illustrant cet article : le cheval de Troie dirigé sur l’Elysée. La police l’a détruit dans la seconde photo. Celles et ceux qui l’ont construit le savaient. Elles et ils ont indiqué une direction : le pouvoir.
Déferlante. Quand le ministère de l’Intérieur reconnait 550 000 manifestants, vous pouvez doubler le chiffre. Ce 17 octobre 2026 a été, par la flamme de la jeunesse, la récapitulation instantanée des Gilets jaunes, des masses mobilisées en défense des retraites, et des « violences urbaines » après le meurtre de Naël : toutes les défaites sociales, mais qui n’ont pas vaincu le prolétariat qui se dresse, avec sa jeunesse, contre l’Etat pour tout reprendre et au delà.
Oui la jeunesse a entrainé les couches profondes, la majorité vivante du pays. 10 000 à Lorient, 1000 à Moulins, manif au Chambon-sur-Lignon, manifs dans des villages. 20 000 à Rennes, 5000 à Nîmes, 250 à Millau, 250 à Villefranche-de-Rouergue, 3800 à Laval, 800 à Cherbourg, 500 à St-Lô, 6000 à Nancy, etc., etc.
Le déferlement de violences va-t-il faire reculer la lame de fond quand des mairies brûlent et que des bandes pillardes surgissent ? On verra mais risquons un jugement : c’est peu probable.
Car la masse manifestante sait et sent que la violence, dont elle est la première victime, a d’abord pour cause la recherche des provocations dispersées par le ministère de l’Intérieur, véritable pilier ultime de l’exécutif et de l’Etat, une violence policière terrible qui cible avant tout les gamines et les gamins et a à nouveau arraché une main aujourd’hui, à Saint-Etienne, et pour cause seconde les bandes urbaines qui, ce soir, vont piller dans Paris – et les nervis néonazis dont nous apprenons à l’instant qu’ils sont de sortie ce soir à Lyon.
Mais cette masse qui sait et sent, et prend les coups, et combat, s’aguerrit. En résistant, en remontant au combat, elle apprend. Ceci s’est déjà produit en Europe contemporaine : sur le Maidan, en Ukraine.
Le mouvement de masse a cherché à se diriger sur le pouvoir car c’est la question du pouvoir qu’il veut résoudre, sans croire que la présidentielle la résoudra. Le cheval de Troie des élèves de l’école d’Art Boulle, qui a tenté de marcher sur l’Elysée au cri de « à bas l’Etat, les flics et les fachos », symbolise ce mouvement.
Ce qui lui manque, c’est une expression centralisée que pourraient lui apporter les organisations, partis et syndicats, qui craignent de la lui procurer, qui s’y refusent, car les directions politiques à gauche visent la présidentielle renouvelant l’ordre institutionnel de la V° République et de son appareil d’Etat, et les directions syndicales ne veulent pas occuper ce terrain.
Mais la lame de fond apprend. C’est cela, la réalité de la révolution, pulsation vitale de notre époque, portée par une jeunesse qui sait n’avoir rien à espérer à l’avenir dans cet ordre social. C’est la génération du Covid, de la guerre en Ukraine et en Palestine, de la précarité, et du réchauffement climatique, qui veut prendre son avenir en main pour avoir un avenir. Elle sait qu’il s’agit de sa vie. Elle est entrée en mouvement et ne se couchera pas.
Elle a explosé aussi parce que le seul débouché annoncé, la présidentielle de la V° République, porte un nom : Marine Le Pen, et qu’elle refuse radicalement cet avenir immédiat portant ce nom.
La lame de fond apprend – l’Etat aussi, qui a voulu ne pas être pris au dépourvu comme lors des Gilets jaunes et a recouru au « maintien de l’ordre » meurtrier à la Nunez, jouant sur le désordre, misant sur les bandes de pillards, mais atteignant ce soir ses limites, limites en effectifs, limites en organisation.
Ne doutons pas qu’au sommet de l’Etat, le recours aux moyens militaires et à l’article 16 de la constitution antidémocratique de 1958 est en discussion. Ils vont dire que ce 17 octobre, c’était l’insurrection dont ils ont peur, menée par une « ultra-gauche » fantasmatique, et qu’ils veulent éviter, conjurer, réprimer, en amalgamant incendies de mairies et prise des lieux de pouvoir. Mais ce n’était pas l’insurrection, qui sera celle de la majorité. C’était un entrainement. Et quand l’insurrection se met à flotter dans l’air, alors il ne suffit pas de proclamer l’article 16. Il faut pouvoir l’appliquer …
La lame de fond apprend, à son rythme. Aujourd’hui, 17 octobre 2026, ce fut une grande séance de gymnastique révolutionnaire avec toutes les contradictions et difficultés du mouvement réel, pour faire mieux, plus puissant, plus organisé, plus festif encore, la prochaine fois.
Aidons la déferlante à se saisir de ce jour comme d’une première répétition générale, aidons la déferlante à apprendre, aidons le mouvement réel à être ce qu’il est, contre l’Etat et le capital, pour sauver le monde et l’avenir humain.
C’est bien entendu de cela que nous allons parler tout à l’heure, au Maltais rouge, ce 18 octobre à 14 h.
16.10.2026 à 16:21
aplutsoc2

Mardi 13 octobre, les personnels de l’enseignement public seront massivement en grève, avec les lycéens, les étudiants et la jeunesse, qui vont déferler.
A Paris, CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT, UNSA, avec les syndicats étudiants et lycéens, appellent à manifester de Place d’Italie à Invalides. L’AG inter-facs et lycées et de nombreuses sections syndicales appellent à marcher vers Matignon à partir de l’Hôtel de Ville. Prendre les lieux de pouvoir comme objectif correspond aux besoins de la situation. Les masses dans les deux cortèges vont vers cet affrontement, pour battre le budget, l’exécutif et le régime.
Un million de manifestants à Paris, des millions de grévistes dans tout le pays, c’est la voie de l’unité et du succès.
Pendant ce temps, Trump soutient Poutine plus fortement et plus ouvertement que jamais. L’Ukraine résiste : en bombardant les Data Centers russes, elle a porté un coup à la propagande MAGA aux Etats-Unis !
La résistance ukrainienne montre la voie aux peuples européens, contre les Trump, les Poutine et les Le Pen !
Gagner contre le budget de Macron/Lecornu/Le Pen en France, Gagner contre les Trump, les Poutine et les Le Pen au plan international, voilà l’enjeu !

Version PDF :
16.10.2026 à 16:20
aplutsoc2
Confrontés à la lame de fond lycéenne, et à son soutien par la majorité réelle de la population, craignant d’échouer à faire passer son budget de guerre sociale, le pouvoir exécutif est en proie à de vrais hésitations sur sa stratégie policière, démarrée par la violence folle contre les jeunes et les enfants, mise en cause par les organisations et municipalités démocratiques et syndicats, mais depuis mardi, il affiche, non sa détermination, mais sa nervosité provocatrice, pour la journée du samedi 17 octobre.
Le premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont d’ores et déjà décidé qu’il y aurait des « violences urbaines ». Ils tentent la stratégie de la tension. Depuis le mardi 13 octobre, avec l’agression policière contre la FSU et le vol de la banderole intersyndicale éducation à Lyon, avec l’inqualifiable invasion policière du lycée Paul Eluard de Saint-Denis, avec une invraisemblable multiplication de séquestrations de mineurs sous le nom de « gardes à vue » – plus de 8000, un niveau de répression physique jamais vu depuis la guerre d’Algérie, par dessus mai 68 et les Gilets jaunes !!! – le ministre de l’Intérieur Nunez cherche la violence.
A cette heure, il veut imposer un trajet de manifestation parisienne partant de Bastille à 14h mais allant sur la place de Clichy et non sur la Concorde. Tout le monde comprend que c’est le symbole, et la réalité, des lieux de pouvoirs situés à proximité qui sont la cause de la menace de violence orchestrée depuis la place Beauvau contre la manifestation : c’était déjà la cause place Vauban et aux Invalides mardi, quand les deux manifestations ont convergé en direction de Matignon.
Additif 18 h : le parcours autorisé part de République vers place de Clichy.
Et M. Nunez autorise ouvertement les grenades dites de « désencerclement » et autres armes dites, dans sa novlangue, « intermédiaires » !
Ce pouvoir irresponsable s’imagine-t-il que par des violences le premier jour des vacances scolaires, il se garantira de la reprise du mouvement lycéen dès le lundi 2 novembre ? C’est tout le contraire qui est vrai !
A la veille du 17 octobre, nous prenons date.
A bas le budget ! Nunez démission ! Unité contre Le Pen et la V° République !
16.10.2026 à 08:30
aplutsoc2
Pour un mouvement qui a commencé à se structurer il y a deux semaines seulement et toujours durement réprimé, réunir près d’un demi-million de personnes ce mardi quelques jours après deux fortes mobilisations, c’est remarquable.
Un long et joyeux cortège de dizaine de milliers de manifestant-es a serpenté sur la rive droite en direction des Invalides, qu’iels proviennent d’Hôtel de Ville, où résonnaient les airs de l’Orchestre du Nouveau Monde, découvert lors de Nuit Debout, et de place d’Italie.
Ce sentiment de libération, cette joie collective contagieuse, cette (im)pertinence des pancartes qui fait tressaillir : il se passe manifestement quelque chose…
Ainsi, un modeste syndicat de ma connaissance m’indique avoir reçu, depuis le week-end dernier, une dizaine d’appels et de mails de salarié-es de petites comme de grosses structures du commerce, secteur faiblement syndiqué, qui veulent s’assurer qu’iels sont bien couverts par un préavis pous faire grève, individuellement ou collectivement, ce samedi.
De même alors que de nouveaux lieux d’études improbables tels que Stanislas, les Mines ou l’Ecole Nationale de Danse rentrent à leu tour dans la mêlée.
Et Greta arriva
La célèbre activiste climatique est venu ce jour rendre visite aux lycéen-nes de Paul Eluard à Saint Denis, un établissement particulièrement mobilisé depuis le début.
Avec son humilité habituelle, elle a fait part de son admiration pour leur mobilisation qui fait des émules en Belgique comme en Italie et entre aussi en résonnance avec d’autres de la Gen Z, que ce soit dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et en Inde.
La France phare de l’humanité ? C’est déjà ce qui s’est passé au moment des Gilets Jaunes. Les Gilets Jaunes ? Ça tombe bien car c’est bras dessus bras dessous que jaunes et jeunes manifesteront samedi prochain !


