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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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01.11.2026 à 19:41

Libérez Denys Matsola ! Manifestez dans votre ville le 1er novembre ! Communiqué de l’INSU.

aplutsoc

Le Réseau international de solidarité avec l’Ukraine (acronyme en anglais INSU) appelle ses organisations affiliées et tous les défenseurs des droits nationaux et sociaux de l’Ukraine à se mobiliser le 1er novembre ou aux alentours de cette date pour protester contre le sort de Denys Matsola, détenu dans des conditions épouvantables par les autorités russes […]
Texte intégral (1868 mots)

Le Réseau international de solidarité avec l’Ukraine (acronyme en anglais INSU) appelle ses organisations affiliées et tous les défenseurs des droits nationaux et sociaux de l’Ukraine à se mobiliser le 1er novembre ou aux alentours de cette date pour protester contre le sort de Denys Matsola, détenu dans des conditions épouvantables par les autorités russes depuis plus de quatre ans.

Le cas de Matsola illustre le traitement sadique infligé aux prisonniers de guerre ukrainiens par les autorités russes.

Qui est Denys Matsola ?

Matsola est un ancien responsable syndical étudiant, journaliste et militant des droits de l’homme qui a servi comme volontaire au sein du 501e bataillon indépendant d’infanterie de marine ukrainien. Il a été capturé le 4 avril 2022, lorsque le bataillon a été encerclé par les forces d’invasion russes lors de la défense de la ville côtière de Marioupol.

Cependant, Denys Matsola n’est pas entré en politique en tant que soldat. Il a grandi à Simferopol, en Crimée, et s’est engagé politiquement pendant ses études à l’université de Taurida, où il était membre du syndicat étudiant indépendant de gauche Direct Action (Priama Diia). Il a participé à des campagnes environnementales et à des luttes contre les constructions illégales, et a soutenu le mouvement des Tatars de Crimée.

Lorsque les forces russes ont occupé la Crimée en 2014, Matsola s’est opposé à l’annexion et a aidé les militaires ukrainiens pris au piège dans leurs bases lors de la prise de contrôle russe. Comme des milliers d’autres Criméens opposés à l’occupation, il a été contraint de quitter son domicile sans pour autant quitter l’Ukraine (il s’est installé à Kiev).

Là, Matsola a rejoint East SOS, une organisation créée en réponse à la guerre dans le Donbass et au nombre croissant de personnes déplacées en provenance de l’est de l’Ukraine. En tant que journaliste, il s’est rendu dans la région pour documenter les effets du conflit et venir en aide aux personnes déplacées. Il s’est ensuite installé à Lviv, où il a travaillé avec Right to Protection et collaboré à Krym Realii, le service de Radio Free Europe/Radio Liberty consacré à la Crimée, rendant compte de la situation sur la péninsule sous occupation russe.

Alors que la Russie concentrait ses forces autour de l’Ukraine tout au long de l’année 2021 et que la possibilité d’une nouvelle invasion devenait de plus en plus difficile à nier, Matsola s’est porté volontaire pour rejoindre le 501e bataillon indépendant de marines de la 36e brigade de marines, qui était déployé aux abords de Marioupol lorsque la Russie a lancé son invasion à grande échelle le 24 février 2022.

Le siège russe qui s’ensuivit dévasta Marioupol après des semaines de bombardements. Parmi les attaques qualifiées de crimes de guerre par les organismes internationaux figuraient le bombardement, le 9 mars, de la maternité et de l’hôpital pédiatrique, ainsi que la frappe aérienne du 16 mars sur le Théâtre dramatique, où des centaines de civils avaient trouvé refuge et où, selon une enquête de l’Associated Press, environ 600 personnes auraient pu être tuées.

Alors que la ville était détruite autour d’eux (au prix de près de 20 000 vies), les forces ukrainiennes chargées de la défense se sont retrouvées progressivement encerclées. Des soldats du 501e bataillon ont été capturés début avril, et Matsola figurait parmi ceux capturés le 4 avril.

Denys Matsola est représentatif des dizaines de milliers d’Ukrainien.nes qui ont rejoint la résistance ukrainienne après février 2022. Contrairement aux mythes qui réduisent cette résistance à un projet pro-OTAN ou impérialiste occidental, voire qui reprennent les calomnies de Poutine sur les néonazis, celles et ceux qui se sont portés volontaires pour le front provenaient d’horizons politiques et sociaux très variés, y compris des milliers de personnes généralement considérées comme de gauche : syndicalistes, journalistes, socialistes, anarchistes, féministes, écologistes et militants des droits de l’homme.

Le sort réservé à Matsola et aux autres prisonniers de guerre ukrainiens

Pendant environ trois ans après cela, la famille, les amis et les anciens collègues de Matsola se sont abstenus de lancer une campagne publique, craignant que la médiatisation ne complique un éventuel échange ou ne l’expose à des représailles pendant sa détention en Russie. Ils n’ont changé d’avis que lorsque des informations fournies par des prisonniers libérés ont révélé à quel point sa situation était alarmante.

En avril 2025, East SOS a rapporté que d’anciens prisonniers avaient localisé Matsola au centre de détention (CIZO) n° 2 de Kineshma, dans la région d’Ivanovo, en Russie. D’après leurs témoignages, il était maintenu en isolement cellulaire continu depuis avril 2023 et, pendant environ trois mois en 2024, les autorités pénitentiaires avaient considérablement restreint son alimentation. East SOS a averti que l’isolement cellulaire prolongé et la privation de nourriture mettaient gravement en danger sa santé physique et psychologique.

Bien que les informations concernant le traitement individuel de Matsola proviennent d’anciens prisonniers qui l’ont connu pendant sa captivité, elles s’inscrivent dans un schéma beaucoup plus large qui a été documenté de manière indépendante par les médias et les organisations de défense des droits de l’homme. Une enquête de l’Associated Press menée en 2025 a mis en évidence des preuves selon lesquelles la torture, la privation de nourriture, les maladies non soignées et le refus de soins médicaux avaient contribué à la mort de prisonniers de guerre ukrainiens détenus par la Russie ; on savait qu’au moment de l’enquête, plus de 200 d’entre eux étaient décédés.

En juin 2026, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies a rapporté que la quasi-totalité des prisonniers de guerre ukrainiens récemment libérés qu’elle avait interrogés avaient fait état de tortures ou de mauvais traitements, notamment de violents passages à tabac, de chocs électriques et du refus de soins médicaux adéquats, confirmant ainsi une pratique documentée six mois plus tôt par Human Rights Watch, qui avait constaté des actes de torture systématiques, notamment des passages à tabac, des positions de stress, la privation de sommeil, des chocs électriques, des simulacres d’exécution, des attaques par des chiens, ainsi qu’une alimentation et des soins médicaux insuffisants.

Ces conclusions ont également été corroborées par des prisonniers libérés appartenant à la 36e brigade d’infanterie de marine de Matsola lui-même, dont les témoignages décrivent les graves conséquences physiques et psychologiques de plusieurs années de captivité en Russie. Par conséquent, l’isolement cellulaire et la privation de nourriture dont Matsola serait victime s’inscrivent dans un schéma beaucoup plus large et bien documenté d’abus commis à l’encontre des prisonniers de guerre ukrainiens.

Par conséquent, l’INSU ne se contente pas de soutenir la demande visant à inclure Matsola dans un futur échange de prisonniers. Tant qu’il reste en détention, les autorités russes sont tenues, en vertu du droit international humanitaire, de le traiter avec humanité, de lui fournir une alimentation et des soins médicaux adéquats, de lui permettre d’entrer en contact avec sa famille et d’autoriser un suivi indépendant de ses conditions de détention.

Que puis-je faire ?

  • Agissez le 1er novembre pour faire connaître le cas de Denys Matsola et des prisonniers de guerre ukrainiens détenus en Russie
  • Demandez à votre syndicat, association sociale ou organisation religieuse d’adopter des résolutions exigeant la libération de Denys Matsola et un traitement humain pour tous les prisonniers ukrainiens, et de les transmettre aux ambassades et aux autorités russes
  • Diffusez ces résolutions par le biais des publications syndicales, des réunions, des réseaux sociaux et de la presse.
  • Écrivez aux autorités ukrainiennes chargées des échanges de prisonniers, en insistant pour que la libération de Denys Matsola reste une priorité

Source : site de l’INSU (comprenant aussi le RESU)

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01.11.2026 à 19:17

Même pas peur ! Par LD.

aplutsoc

Le Ministre de l’Intérieur nous avait promis l’apocalypse, on a eu droit à une puissante réplique des manifestations de samedi dernier, les déguisements en plus. Un demi-million de personnes dans tout le pays en dépit de la fin des vacances scolaires, 200.000 sur Paris à nouveau sur le boulevard des Maréchaux, désigné à la dernière […]
Texte intégral (623 mots)

Le Ministre de l’Intérieur nous avait promis l’apocalypse, on a eu droit à une puissante réplique des manifestations de samedi dernier, les déguisements en plus.

Un demi-million de personnes dans tout le pays en dépit de la fin des vacances scolaires, 200.000 sur Paris à nouveau sur le boulevard des Maréchaux, désigné à la dernière minute par la justice administrative comme lieu de la manifestation… et dire que certains voient le mouvement s’essouffler !

Pire, le dispositif policier, de plus en plus liberticide, n’aura pas empêché ni une manifestation sauvage depuis Bastille, ni une nocturne.

C’est une joie pure, une joie sans mélange, pour reprendre les mots de Simone Weill, qui s’exprime dans les cortèges par les pancartes, les chants, les danses et sur les visages.

Ce succès est un démenti éclatant au rabâchage sur les violences, même s’il y a pu avoir çà et là des incidents à la dispersion des cortèges qui font que l’absence de réponse politique du pouvoir, qui pense tenir droit dans ses bottes jusqu’aux élections de l’an prochain, fait que nous sommes sur une ligne de crête.

La force, c’est le nombre : la bonne tenue des manifestations de ce samedi est un encouragement pour des millions de travailleurs/euses, qui prennent attache avec les syndicats pour savoir comment se mettre en grève le 5 novembre prochain, journée rituelle de grève carrée voulue par les syndicats avant cet été en vue des élections dans la Fonction Publique, prévues en décembre prochain, devenue, par la force des choses, générale donc avec une tournure politique.

C’est de cela que, avec Arguments Pour La lutte Sociale (APLutSoc.), nous proposons de discuter en ligne aux militant-es syndicaux déterminées à voir la mobilisation s’élargir pour gagner ce mardi 3 novembre à 19 h.

LD, 31/10/2026.

Source : https://blogs.mediapart.fr/laurent-degousee/blog/311026/meme-pas-peur

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01.11.2026 à 09:18

Et maintenant ?

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Le 31 octobre a à nouveau été une défaite du gouvernement des factieux apeurés qui cherche la violence, et l’a à nouveau provoquée ça et là, notamment à Paris en organisant une souricière porte de Charenton. Mais il y a plus : la veille, un million de manifestants en Italie contre Meloni, reprenant en français […]
Texte intégral (600 mots)

Le 31 octobre a à nouveau été une défaite du gouvernement des factieux apeurés qui cherche la violence, et l’a à nouveau provoquée ça et là, notamment à Paris en organisant une souricière porte de Charenton.

Mais il y a plus : la veille, un million de manifestants en Italie contre Meloni, reprenant en français le « tout le monde déteste la police », en Allemagne 170 000 manifestants, le tout après la victoire de la liste étudiante contre l’aspirant dictateur Vusic en Serbie et au moment où les manifestants tentent ouvertement de renverser le pouvoir en Albanie.

J.L. Mélenchon déclare à l’issue de la manifestation parisienne : « Macron devra céder ou partir ». Certes, mais soyons plus précis : s’il s’agit de renverser l’exécutif, c’est donc sans attendre la présidentielle, et personne ne souhaite que ce soit pour que Macron soit, selon la constitution, remplacé par … Gérard Larcher, président du Sénat, jusqu’en mai 2027 ?!!!

Ce serait donc pour passer à un nouveau régime, réellement démocratique, par ailleurs promis par le même J.L. Mélenchon mais comme une VI° République qu’il octroiera un jour en tant que président de la V°. Pour y passer vraiment, il faudra que le peuple élise ses propres représentants, directement. Cela s’est déjà produit dans ce pays, en 1789 et en 1792 …

De plus, chasser Macron, ce serait un pas décisif pour chasser les Trump et les Poutine, et aider les peuples en lutte pour leur liberté, le peuple palestinien aussi bien que le peuple ukrainien !

Mais Macron peut-il céder, comme J.L. Mélenchon le lui suggère en alternative ?

Le gouvernement des éborgneurs de lycéennes et de lycéens ne veut céder sur rien parce qu’il est terrorisé, et il invoque déjà « les marchés », la Commission européenne et le FMI en prétendus juges de paix suprêmes actant le défaut de paiement et l’effondrement du pays, plutôt que de céder !

En même temps, il tente de manœuvrer sur Parcoursup, comme il l’a déjà fait sur la contre-réforme des retraites, et ces manoeuvres sont, bien malgré lui, le commencement de la fin de la seconde des « réformes » emblématiques de Macron. Mais cette fin ne peut qu’être en même temps la sienne.

Autrement dit, les revendications immédiates principales : le retrait du projet de budget de guerre sociale du gouvernement, l’abrogation de Parcoursup, la hausse généralisée des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, le blocage des prix énergétiques et alimentaires, signifient le renversement du pouvoir exécutif.

C’est cette donnée politique clef qui pose la question de la grève générale et confirme la ligne générale du tract d’Aplutsoc diffusé dans des manifestations ce samedi (image illustrant cet article : sa joyeuse diffusion à Dijon !)

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01.11.2026 à 09:17

Invitation à la réunion d’Interventions Syndicales, mardi 3 novembre, 19h.

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Nous envoyer un mail pour avoir le lien visio. Chers camarades,  nous vous communiquons le tract d’Aplutsoc, issu de la discussion tenue lors de notre réunion-débat du 18 octobre (34 participants) et réactualisé depuis, consacré à la situation française : crise de régime, irruption de la jeunesse, et peut-être poussée vers la grève générale alors […]
Lire la suite (330 mots)

Nous envoyer un mail pour avoir le lien visio.

Chers camarades,

 nous vous communiquons le tract d’Aplutsoc, issu de la discussion tenue lors de notre réunion-débat du 18 octobre (34 participants) et réactualisé depuis, consacré à la situation française : crise de régime, irruption de la jeunesse, et peut-être poussée vers la grève générale alors que les présidentielles sont censées avoir lieu au printemps prochain.

La grève générale est une question politique au plus haut point. S’il est du rôle des syndicats de dérouler les revendications et d’aider les salariés (en activité, en retraite, en recherche d’emploi ou en formation) à les formuler, la grève générale est un affrontement de toute la classe salariale avec le capital et son Etat.

L’appel intersyndical au 5 novembre vise à « alerter le gouvernement sur l’immensité de la colère ». La CGT appelle à « généraliser la grève » et à de « grandes grèves intersyndicales ». Solidaires-Fonction publique déclare : « on augmente la pression sur le gouvernement ».

Mais si les revendications sont bien : le retrait du budget, l’abrogation de Parcoursup exigé par la jeunesse, la hausse généralisée des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, alors c’est bienl’affrontement direct avec l’exécutif qui s’impose !

Nous vous invitons à discuter de cette situation et de la place des organisations syndicales et de chacune d’elle, mardi 3 novembre à 19h.

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31.10.2026 à 12:14

L’irruption des plus jeunes en France. VP.

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Cet article est destiné au journal Pages de Gauche, journal socialiste vaudois (Suisse). Le mouvement lycéen français, plus puissant mouvement de la jeunesse depuis bien des années – sans doute depuis 1968 ! – a percuté la situation politique et a un impact international. Deux écueils sont à éviter pour bien le comprendre. Premier écueil : ce […]
Texte intégral (1476 mots)

Cet article est destiné au journal Pages de Gauche, journal socialiste vaudois (Suisse).

Le mouvement lycéen français, plus puissant mouvement de la jeunesse depuis bien des années – sans doute depuis 1968 ! – a percuté la situation politique et a un impact international. Deux écueils sont à éviter pour bien le comprendre.

Premier écueil : ce phénomène n’est pas seulement français, il s’inscrit dans un processus mondial, dit de la « GenZ ». Mais sa forme française l’amplifie et le relance.

Deuxième écueil : ne prenons pas ce mouvement pour une répétition de ceux du passé. Même pas de mai 68. C’est l’irruption du nouveau. Et le nouveau, c’est une génération qui sait d’avoir rien à perdre, ne pas avoir d’avenir dans l’ordre social existant.

En France, ils ont subi le basculement climatique de 2026 et les médias leur promettent comme avenir immédiat : Le Pen présidente. D’où l’explosion, avec des revendications immédiates claires et précises : pourvoir tous les postes de profs, alléger les effectifs par classes, revoir les emplois du temps éclatés par les réformes Macron-Blanquer du lycée, adapter les bâtiments au changement climatique, et abroger Parcoursup, la principale réalisation des tristes années Macron avec sa contre-réforme visant les retraites !

Il est passionnant de voir cette génération, souvent des très jeunes (14-16 ans) et souvent des filles, entrer en mouvement, s’exprimer, s’aguerrir. Dans les manifs et les blocus, j’ai été frappé du dimorphisme filles/garcons. En clair, vive les filles ! C’est principalement par elles que les pancartes fleurissent, comme dans les manifs américaines ou ukrainiennes.

On les dit non-lecteurs ou non-lectrices, c’est totalement faux, mais la lecture de chaines Telegram est un sport de combat qu’ils savent pratiquer. Humour et déguisements sont au rendez-vous, surtout face à la violence. Les « battle d’aura », renouvelant un genre qui remonte à l’Iliade, régulent parfois les relations de groupes, voire les antagonismes filles/garçons !

Tout commentaire traitant ces enfants et ces jeunes comme saturés de biens de consommation passerait à côté du réel. Car elles et ils savent l’essentiel : la privation d’avenir, d’existence dans le monde, de raison sociale, que leur promet l’ordre existant. Cette privation fait d’elles et d’eux, au sens existentiel, des prolétaires.

Démarré à Mayotte puis à Créteil sur les revendications indiquées, le mouvement s’est étendu à la banlieue parisienne et s’est généralisé nationalement à travers les journées du 26 septembre (manifs pour l’urgence climatique) et du 29 (grève de la fonction publique, montée des pompiers à Paris). A partir de là, la politisation radicale des mots-d ‘ordre est frappante, car ils mettent en cause Etat, pouvoir et société : Macron démission et La jeunesse emmerde le Front National, enchainé l’un après l’autre, A bas l’Etat, les flics et les fachos !

C’est une radicalisation spontanée de l’expression lycéenne qui s’est produite, et qui porte à incandescence toute la situation politique : ils passent directement du rejet de Macron à celui de Le Pen, refusant le maintien du premier et l’élection de la seconde, mettant en cause de fait la légitimité des institutions de la V° République, présidentielle comprise, à laquelle d’ailleurs beaucoup d’entre elles et eux ne peuvent voter, n’ayant pas 18 ans.

LFI est entré dans les manifs – comme il se doit pour tout mouvement voulant être dans le réel ! – mais n’est pour rien dans cette explosion, n’ayant que la présidentielle comme perspective. Et les slogans « radicaux » ne viennent pas des organisations d’extrême gauche elles aussi légitimement présentes parmi eux : ils alternent avec … la Marseillaise, redevenue soudain, par les voix stridentes de milliers de jeunes filles, le chant de marche d’une armée révolutionnaire en construction !

Il est, par contre, incontestable que la violence immédiate de la répression a contribué à ce très rapide murissement politique. Les lycéens en France n’ont de droits démocratiques qu’étroitement encadrés, surveillés et coachés, fut-ce avec « bienveillance », dans les établissements : pas possible de faire une AG lycéenne comme ce fut le cas jusque dans les lointaines années 1990, les « blocus » leur ont succédé, prétexte à interventions policières et terrain pour les violences de bandes. C’est une effroyable violence qui s’est abattue sur les jeunes. On ne compte plus les yeux crevés, mains arrachées, mâchoires détruites, et les 10 000 (ce cap va être franchi ce jour, aucun doute) gardes à vue dans des conditions souvent indignes. Le gouvernement a espéré, à chaque étape, utiliser la violence pour étouffer et éclater le mouvement, et à chaque étape cela s’est retourné en son contraire.

La violence est aussi le fait de bandes délinquantes et de jeunes saisissant l’opportunité de gros pillages ou de menus larcins, mais le déclenchement du cycle fournissant le terrain à ce type de violence a toujours été l’initiative policière directement décidée par le ministre de l’Intérieur Nunez et les préfets à ses ordres. Et, depuis le 24 octobre, s’y sont ajoutées les agressions de groupes de nervis néonazis protégés de fait par la police – sans que l’on puisse dire si ceci fait partie des provocations de l’Etat ou si cela lui échappe, l’extrême droite étant bien présente dans les rangs policiers – dans une trentaine de villes.

Le 17 octobre, premier jour des vacances scolaires, le mouvement lycéen combiné aux Gilets jaunes, dont la structure de coordination autoproclamée est issue des groupes organisateurs des manifs pour l’urgence climatique de fin septembre, a réalisé avec lui le regroupement de larges secteurs du salariat et du syndicalisme. Les violences, notamment les pillages à Paris, Marseille, et l’incendie de la mairie de Limoges attribué à de supposés « ultra-gauche » d’une manière non démontrée à ce jour, ont servi à tenter d’effacer la portée de cette journée, qui a vu largement plus d’un million de manifestants.

Le samedi suivant, 24 octobre, le facteur d’ordre a été la cohésion des manifestants, le facteur de désordre fournissant le terreau des violences et des pillages a été la série d’interdictions désordonnées des préfectures, et le facteur d’ordre du million, à nouveau, de manifestants, a eu le dessus : victoire politique et morale sur le pouvoir.

C’est précisément à ce moment que les milices néo-nazies sont apparues dans plusieurs villes, et qu’un crime raciste, tentative de crime de masse, s’est produit à Trappes, en banlieue parisienne, leur auteur disant vouloir tuer des noirs et des arabes pour venger les commerçants victimes des manifestants …

Ces lignes sont écrites samedi matin 31 octobre. Les visuels humoristiques sur Halloween ont fait paniquer le ministre de l’Intérieur qui menace maintenant de faire arrêter des gamins déguisés. La rentrée scolaire est dans deux jours, et jeudi 5 novembre toutes les centrales syndicales appellent à une journée de grève.

Tout le monde a à l’esprit l’hypothèse de la grève générale. Mais il faut comprendre que la grève générale n’est pas la multiplication des grèves et ne vise pas à faire céder le pouvoir, mais qu’elle survient parce que l’existence même du pouvoir est en jeu et qu’il faut le chasser. Quant à céder sur les revendications, le pouvoir cherche à faire croire qu’il le fait sans le faire, commençant de fait à vaciller sur Parcoursup, ce totem du macronisme.

On dit souvent en France qu’après le second tour d’une élection présidentielle, il y a un « troisième tour social ». La même jeunesse qui a fait tomber Vusic en Serbie et battu Bolsonaro au Brésil vient de mettre, en France, le troisième tour avant le premier tour. C’est un commencement !

Vincent Présumey, 31/10/26.

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31.10.2026 à 09:44

» Nous avons eu quelque chose ; déjà, on a la peur du gouvernement. » par L.D.

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Voilà ce qu’a déclaré ce lundi un leader lycéen en sortant de la rencontre avec le gouvernement. L’acte 3 de la mobilisation, prévu demain samedi jour d’Halloween, va dans ce sens. Le gouvernement a peur : Il mobilise à nouveau 70.000 policiers tous corps confondus, comme samedi dernier, au motif que les réseaux sociaux seraient […]
Lire la suite (443 mots)

Voilà ce qu’a déclaré ce lundi un leader lycéen en sortant de la rencontre avec le gouvernement.

L’acte 3 de la mobilisation, prévu demain samedi jour d’Halloween, va dans ce sens.

Le gouvernement a peur :

Il mobilise à nouveau 70.000 policiers tous corps confondus, comme samedi dernier, au motif que les réseaux sociaux seraient saturés d’appels à un Halloween digne de la saga américaine ultra-violente, La Purge, dont le concept est simple : pendant une nuit, tout est permis, la police n’intervenant plus.

Le gouvernement a peur :

Alors que les interdictions de manifester et les couvre-feux sont ou désavoués par la justice administrative (exemple : Limoges) ou bien bafoués par les manifestant-es (exemple : Bordeaux), les arrêtés pris par les préfets, bras armés du gouvernement, tombent comme à gravelotte à la dernière minute, ce qui rend leur contestation quasi impossible.

Ce sont désormais des restrictions ubuesques qui sont édictées à l’encontre des personnes costumées en vue d’Halloween : pourtant l’horreur, ce sont des manifestant-es mineurs – et même des badauds – mutilés par un usage non seulement excessif mais indistinct de la force !

Le gouvernement a peur :

Il compte augmenter le SMIC dès le mois prochain, plus exactement d’avancer sa hausse mécanique qui devait intervenir en janvier 2027, pensant ainsi désamorcer la colère sociale.

En réponse, le MEDEF fait la moue. Certes, 15 euros d’augmentation ne vont pas changer grand chose pour les 14 % de smicard-es que compte le salariat mais celle-ci pose la question de l’augmentation générale des salaires.

CONTINUONS A LES EFFRAYER !

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