21.04.2026 à 15:13
aplutsoc2
Le congrès confédéral de Force Ouvrière – la CGT-FO – a commencé hier, 20 avril, à Dijon, avec, comme toujours à FO où l’on fait « monter au congrès » des militants et des syndiqués non forcément mandatés, un très grand nombre de participants.
Un moment d’émotion, partagée légitimement bien au-delà de FO, a marqué le début du congrès avec l’apparition de Jacques Paris et Cécile Koelher, dont il n’est – enfin – plus dangereux pour elle et lui de faire savoir que c’est au cours d’un voyage ayant des raisons syndicales qu’ils ont été kidnappés par la police politique iranienne.

Sur le plan interne, il n’est a priori pas prévu que ce congrès voit un renouvellement significatif des instances : Frédéric Souillot reste en place et les membres de la direction semblent d’ores et déjà prédésignés.
Un congrès sans problèmes, donc ? Voire. Il inaugure en fait une série de congrès – CGT, CFDT, CGC dans les prochains mois – et, comme tout le syndicalisme en France, FO (contrairement à ce que beaucoup de militants croient) n’est nullement un monde à part.
Au plan revendicatif, ce sont seulement des « limitations des dégâts » face aux attaques gouvernementales et patronales contre le droit du travail, la Sécurité sociale et les services publics, dont le syndicalisme peut se prévaloir : dans la durée cela ne suffit pas.
FO se targue de persister contre vents et marées dans les négociations contractuelles de branches, mais les résultats sont pour le moins discutables : l’accord signé, avec le patronat et la CFDT, sur les ruptures conventionnelles, réduit la durée d’indemnisation des salariés concernés, et l’accord signé fin 2024 sur l’emploi des séniors ne garantit aucun droit pour les salariés à la retraite progressive, et offre des aubaines au patronat.
De fait, le principal argument de la direction de FO pour justifier de telles signatures est qu’elles sauveraient l’existence de la libre négociation en évitant que le pouvoir politique ne prenne la main. Mais le pouvoir politique prend la main quand cela lui paraît nécessaire et l’affaiblissement de la force du monde du travail face au patronat ne l’aide pas face au pouvoir politique !
Cette vieille pratique des accords de branche ou des accords contractuels parfois plus que discutables correspond, dans FO, à la pratique des fédérations du privé, principalement de la Métallurgie dont est issu Frédéric Souillot. Elle se combine à des professions de foi de radicalité qui ne mangent pas de pain : Frédéric Souillot répète qu’en 2023 FO voulait la « grève reconductible » qui n’a pas été possible à cause de l’intersyndicale, mais la condition politique de la grève reconductible était en réalité la centralisation de la bataille contre l’exécutif, combinant manifestation nationale et grève et ne reculant pas devant l’affrontement avec le pouvoir, et sur ce plan FO a pleinement participé à l’orientation de l’intersyndicale.
Il nous dit aujourd’hui que « L’intersyndicale permanente ne sert à rien. » Sans doute, mais actuellement, « l’intersyndicale », c’est quoi ? Depuis octobre 2025 c’est l’unité au sommet pour ne pas organiser de bataille nationale, et à cela FO, encore une fois, participe pleinement.
Radicalité verbale au nom de l’indépendance syndicale et compromis douteux sont les deux pôles d’une orientation, correspondant aux deux courants qui, dans l’appareil, s’entendent pour contrôler et verrouiller FO depuis la crise confédérale de 2018-2019 : schématiquement, la « Métallurgie », c’est-à-dire les « droitiers », et le POI ( mais notons que, au nom du refus du « dégagisme » et du respect des « prérogatives des organisations syndicales », le petit frère ennemi du POI, le PT, ne se différencie guère dans l’appareil syndical).
Quand Bayrou a tenté son « conclave » sur les retraites, FO a été la première organisation à claquer la porte : tant mieux. Mais actuellement, FO participe pleinement à sa suite, la « conférence Travail-Emploi-Retraites », qui, à bas bruit, sous l’égide de Lecornu et de Farandou, entretient le « dialogue social » institutionnel encadré, tendant à l’intégration des syndicats dans l’Etat et l’économie, ce contre quoi FO prétend défendre voire sauver la « politique contractuelle » des libres négociations de branches …
Intersyndicale permanente ou pas, l’unité syndicale sur les revendications répond aux besoins de la classe salariale, comme l’a encore montré récemment l’unité réalisée pour la défense du 1° mai. Et la défense de la classe salariale est historiquement liée à la défense de l’Etat de droit.
Question cruciale : le RN et l’ « union des droites » au plan national, l’axe Trump-Poutine au plan international, sont des menaces frontales pour le syndicalisme. La tradition indépendante du syndicalisme, son « ADN » comme on dit, celle du 12 février 1934, de la grève générale parisienne d’août 1944, de la manifestation impulsée par la Fédération de l’Education Nationale contre l’instauration de la V° République le 30 juin 1958, du Non au référendum gaulliste en 1969, et récemment de l’impulsion donnée au Nouveau Front Populaire notamment par la CGT et la FSU en 2024, évitant un exécutif Macron/Bardella, cet « ADN », c’est de se porter en tête du combat en défense de l’Etat de droit et de la démocratie – condition, n’est-ce pas, camarade Souillot, de toute « politique contractuelle » et de toute « libre négociation ».
Or, FO se dirige tout droit vers un gros problème à ce sujet. Très clairement, sa direction prépare la poursuite du « dialogue social » et de la « politique contractuelle » en cas d’arrivée au pouvoir du RN et de l’union des droites en 2027.
Un signe national en a été donné, délibérément, juste avant l’ouverture du congrès confédéral : le cordial entretien, sur LCI, de Frédéric Souillot et du dirigeant RN Jean-Philippe Tanguy (président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale), qui figurait, jusqu’à la journée d’ouverture du congrès confédéral inclus, en tête d’affiche du site de FO (capture d’écran ci-dessous).

Un signe local nullement anodin : l’adresse de bienvenue à Louis Alliot et son équipe diffusée aux agents territoriaux de Perpignan (ci-dessous) !

Ici, il convient d’éviter toute explication convenue, fréquente chez des militants d’autres organisations syndicales, selon lesquelles ce genre de choses serait bien habituelles à FO, et se référant parfois au vieux couplet stalinien sur « FO-CIA », historiquement faux : FO s’appelle la CGT-FO, c’est un courant du mouvement ouvrier issu, comme la CGT et la FSU, de la vieille CGT, celle de la charte d’Amiens, et, plus directement aujourd’hui, FO est temporairement verrouillée par l’alliance des deux courants historiques que sont la « Métallurgie » et le POI. Le POI, qui détient donc, conjointement avec la « Métallurgie », un trousseau de clefs confédérales FO, et qui détient aussi, exclusivement, les clefs de la maison en accord avec J.L. Mélenchon … à LFI !
D’où la question : de quoi s’agit-il exactement et comment de tels écarts sont-ils possibles ? Et surtout : à quelles contradictions ceci conduit-il ?
De quoi s’agit-il exactement ?
Ni plus ni moins qu’un choix politique plus ou moins inavoué mais clair et conscient, d’adaptation préalable à un exécutif RN/Union des droites en France, en tentant de mimer la poursuite éternelle de la « politique contractuelle » et de la « libre négociation » dans l’« indépendance ». Ce que la direction de l’AFL-CIO tente, difficilement, de faire avec Trump.
Au nom de la charte d’Amiens, toujours invoquée et jamais lue, cela conduit à la trahison de la charte d’Amiens, comme si la besogne revendicative immédiate pouvait se poursuivre dans la normalité avec des forces politiques visant à la destruction de l’Etat de droit.
Mais rappelons qu’une telle adaptation à un pouvoir aux tendances illibérales avait déjà été tentée, par Jean-Claude Mailly, au terme d’une évolution de plus en plus « droitière » qui laissait loin derrière elle l’époque de Marc Blondel, et que cela avait conduit à fragiliser toute la confédération, produisant son renversement.
La tentative sans base large de nettoyage de l’appareil par Pascal Pavageau ayant conduit à son éjection presque manu militari, un compromis d’appareil entre POI et « Métallurgie » s’est ensuite établi, aboutissant, après Veyrier, à l’actuelle période Souillot.
Notons, pour mieux comprendre le verrouillage actuel, que les reliquats de l’ancien courant anarcho-syndicaliste de FO, qui avait repris une relative indépendance par rapport à l’appareil central rallié par le courant dit lambertiste, à la fin de la vie d’Alexandre Hébert, au début de ce siècle, sont très faibles politiquement et organisationnellement, que ce soit du côté du bulletin très épisodique L’anarcho-syndicaliste ou du « Gilet jaune » Frédéric Vuillaume, les uns et les autres sujets au complotisme poutinisant …
Mais pour autant, il ne fait aucun doute que la tradition d’un syndicalisme combattant pour des réformes sociales reste bien vivante dans l’ossature confédérale de FO, et qu’il n’est pas possible qu’elle consente à tolérer la destruction de l’Etat de droit et l’intégration des organisations syndicales à la machine de l’Etat, qui sont et seront au cœur du programme et des actes d’un éventuel exécutif RN/Union des droites !
Mais, seconde question, comment est-il possible, au nom du prétendu apolitisme abusivement référé à la charte d’Amiens, de refuser le combat contre l’extrême droite, alors même que LFI, dont le POI est le noyau dirigeant et en même temps une composante structurelle de l’appareil de FO, met en avant son identité antifasciste ?
Que se passe-t-il, par exemple, dans la tête d’un responsable POI/LFI et en même temps FO, qui signe d’un côté un tract politique dénonçant la « fascisation » du monde, et de l’autre refuse que son organisation syndicale appelle à la lutte contre l’extrême droite ?
La réponse politique à cela doit être montrée clairement : ce responsable jouant un tel double jeu le fait au nom de « la paix ». Dénoncer l’axe Trump/Poutine serait tomber dans le « bellicisme de Macron », n’est-ce pas. La rhétorique pacifiste a ici pour fonction de se substituer à l’antifascisme, un antifascisme dénié au syndicat et qui, sur le plan strictement politique, s’avère un pur et simple poutinisme.
Au nom de la paix, il faut donc appeler au cessez-le-feu en Ukraine, et s’opposer à la dénonciation de l’extrême droite, ou, si ceci, par exemple dans un tract unitaire, n’est vraiment pas possible, tenter d’amalgamer extrême droite et Macron, régimes européens actuels et fascisme, distillant ainsi une totale confusion.
La direction de FO peut commencer à instiller l’adaptation au « dialogue social », non plus seulement avec Macron, mais avec le RN, grâce à la rhétorique pacifiste du POI, identique à celle des courants stalinisants dans la CGT (FSM) avec lesquels il travaille, et seulement grâce à elle.
Ceci n’aura qu’un temps, car les contradictions sont trop fortes. Que Mélenchon pense pis que pendre de la charte d’Amiens et ne s’en cache guère a certes son importance aussi, car cela montre que l’invocation de l’indépendance et des prérogatives syndicales sont des prétextes … politiques. Des opérations violentes comme celle qui a visé à interdire l’expression des syndicalistes FO animant les comités pour la libération de l’anarchiste russe Azat Miftaklhov, lors du congrès de la FNEC-FP-FO en décembre dernier, sont le signe de la tension que la ligne d’union sacrée « pacifiste » avec les régimes poutiniens et l’union des droites en France peut causer.
Et il faudra bien aussi un jour que l’on sache entièrement comment et pourquoi Cécile Koehler et Jacques Paris ont été envoyés dans un terrible traquenard en Iran, où la chambre corporative des mollahs est membre de la FSM, alliée du POI dans la CGT …
De même que l’orientation vers le « dialogue social » avec le RN va à l’encontre de la véritable tradition « réformiste », le campisme pro-poutinien du POI est en rupture avec le propre passé du courant dont est issue cette organisation, à l’époque où FO, avec la FEN, était aux premiers rangs européens pour la défense des prisonniers politiques en Europe de l’Est, comme Leonide Pliouchtch.
Concluons : aucun unanimisme de façade ne pourra éviter d’avoir affaire aux besoins de la classe ouvrière, tant pour le pain – les revendications – que pour la paix et la liberté – la défense de l’Etat de droit contre l’extrême droite. Et la CGT-FO, organisation dont le véritable « ADN » est bien le mouvement ouvrier, serait conduite à une crise destructrice, reproduisant en version très aggravée sa crise de 2018-2019, si l’orientation, principalement portée par le POI et mise en œuvre par la « Métallurgie », de refus du combat unitaire contre l’extrême droite et de défense de « la paix » au-dessus de la lutte des classes contre les dictatures, devait continuer à prévaloir. C’est bien du point de vue de la défense de la CGT-FO que la rupture du dialogue social avec Etat et patronat, le refus de tout dialogue social futur avec le RN, l’unité contre l’extrême-droite et l’union des droites, et contre l’axe fasciste Trump/Poutine, sont des nécessités.
Léon Serret-Pelloutier, le 21/04/26.
Complément, mardi 21, 17 h : de sérieux incidents se sont produits à l’ouverture du congrès, en raison du refus de la commission des mandats de valider ceux de plusieurs sections des Territoriaux : la Côte-d’Or et les agents des lycées de la Région Bourgogne-France-Comté, avec Frédéric Vuillaume, opposant notoire de Frédéric Souillot, les sections de Marseille, et de la Guadeloupe, des heurts ont eu lieu avec le service d’ordre du congrès. Finalement, Frédéric Vuillaume a pu intervenir en toute fin de séance. Dans notre article, nous avons souligné la faiblesse politique de ce qui reste comme courants anarcho-syndicalistes constitués dans FO. Mais il faut saluer le courage d’un militant qui entend rester sur le terrain d’un syndicalisme réellement indépendant, et veut renouer avec la charte d’Amiens. La lutte pour l’existence du syndicat en tant que structure de classe, indépendante, produira bien d’autres réactions, un peu plus tôt, un peu plus tard. C’est pourquoi nous donnons ici le texte de son intervention, qui par son existence même a mis en cause le verrouillage unanimiste opéré par l’alliance « Métallurgie »/POI.
Chers camarades,
Vous avez le salut fraternel du syndicat Force Ouvrière conseil régional Franche Comté Bourgogne
Avant d’intervenir sur le rapport d’activité, je vais vous parler de la situation de notre syndicat de base.
Nous sommes un syndicat combatif et revendicatif, libre et indépendant issu de la Charte d’Amiens.
Nous sommes un syndicat qui couvre tout le territoire de la Bourgogne Franche Comté sur 8 départements avec 1000 agents du siège et 3000 agents de lycées répartis sur 128 établissements dispatchés sur une zone allant de Besançon à Auxerre, du Creusot à Nevers et de Dijon au Territoire de Belfort.
Nous sommes le 2ème syndicat chez les catégories C et 3ème siège et lycées confondus. Nous siégeons dans toutes les instances représentatives, y compris dans les conseils médicaux, où nous défendons avec force et détermination les nombreux dossiers des agents usés par le travail qui demandent des reconnaissances de maladies professionnelles et d’accidents de travail, sans oublier les agents à qui on impose des retraites pour invalidité non imputable au service bien avant l’âge légal de départ à la retraite.
Nous luttons activement contre toutes les mesures d’austérité du conseil régional comme la volonté de fermer des lycées, des restaurations, des internats sous prétexte de baisse de natalité et de trop de mètres carrés à chauffer ou encore les non-remplacements au pied levé des agents en arrêt maladie, accidents de travail, maladies professionnelles etc.
Grâce à notre mobilisation, nous avons empêché la fermeture d’un lycée agricole de proximité et réussi à faire reculer le conseil régional sur plusieurs décisions politiques qui vont à l’encontre des intérêts des agents.
Nous avons aussi combattu et participé activement à toutes les grèves, manifestations, actions contre la réforme des retraites.
Malheureusement, notre syndicat en a payé le prix cher.
En effet le 26 avril 2023, veille de la visite de Macron au Château de Joux dans le Doubs, j’ai été placé en GAV pendant plus de 9h puis présenté au procureur de la République, puis au juge des libertés et des détentions qui m’a placé sous contrôle judiciaire m’interdisant de porter une arme jusqu’à mon procès qui s’est déroulé le 30 juillet 2023
Le seul crime que j’ai commis c’est de porter haut et fort les revendications de Force Ouvrière lors d’actions de blocage appelées par l’intersyndicale nationale et départementale qui ont réuni plus d’une centaine de personnes pour protester contre la réforme des retraites le 7 mars 2023 et le 24 avril 2023.
J’ai été condamné en première instance à un euro d’amende avec sursis, J’ai fait appel à cette condamnation abusive mais malheureusement j’ai été de nouveau condamné à 1500 euros d’amende avec sursis le 12 mars dernier juste pour avoir manifesté. Évidemment j’ai saisi la Cour de cassation pour combattre cette décision qui est totalement contraire à notre droit constitutionnel de manifester et qui criminalise l’action syndicale.
Malgré une répression féroce, à chaque fois que Macron ou un ministre de son gouvernement était en déplacement dans notre grande région, nous étions là pour faire entendre nos revendications légitimes, contrairement à certaines UD qui nous ont reproché par la suite de nous être substitués aux UD.
Ces nombreuses mobilisations m’ont occasionné en tant que secrétaire de notre syndicat des amendes pour avoir distribué un tract, ou encore pour avoir scandé des slogans, ou encore plus grave des arrestations brutales et abusives comme ça a été le cas lors de la venue du premier ministre Gabriel Attal à Montbéliard le 16 mars 2024 avec 16h de GAV ou encore le 17 mars 2025 lors de la venue de la ministre du travail à Besançon où les forces de l’ordre m’ont de nouveau interpellé, menotté et placé en GAV pendant 3h.
Cette chasse à l’homme continue encore et récemment avec une nouvelle arrestation le 2 octobre 2026 avec encore 24h de GAV supplémentaires lors d’une manifestation à l’appel de l’intersyndicale nationale.
Malgré ces nombreuses arrestations, GAV, procès abusifs nous n’avons eu aucun soutien de notre confédération.
Pourtant lorsqu’un militant Force Ouvrière est attaqué, c’est tout Force Ouvrière qui devrait se lever pour dénoncer ces abus de pouvoir et cette grave entrave à notre droit fondamental de manifester.
Malheureusement, maintenant à chaque fois que nous manifestons ou même distribuons simplement des tracts les forces de l’ordre sont toujours présentes en nombre, même des écrits de notre syndicat peuvent se terminer en convocation au commissariat, comme ça a été le cas pour notre secrétaire adjoint et moi-même. Nous devrions tous être très préoccupés par cette dérive autoritaire car militer, manifester, revendiquer devient un délit alors que c’est un droit.
Concernant le rapport d’activité de notre confédération
Nous avons été scandalisés d’apprendre que toi Frédéric Souillot, tu as signé pour notre organisation syndicale un communiqué commun avec les organisations patronales datant du 17 décembre 2024
Cette décision prise sans aucun mandat est totalement contraire aux principes fondateurs de la Charte d’Amiens qui grave dans le marbre notre indépendance ABSOLUE à l’égard du patronat des gouvernements et des partis.
Malheureusement, tu as récidivé récemment, Le 2 mars 2026 nous avons appris avec stupeur et colère que tu as signé le projet d’accord sur l’assurance chômage avec la CFDT, la CFTC et le patronat qui entérine une réduction de la durée d’indemnisation des ruptures conventionnelles.
Cette signature est inacceptable, car elle valide un projet d’accord scélérat qui valide un recul des droits des salariés.
Le 7 octobre 2025 tu t’affichais au côté de Xavier Bertrand lors de la conférence nationale des groupes départementaux des Services Publics et de Santé.
Une nouvelle fois tu piétines la Charte d’Amiens que tu bafoues régulièrement en te comportant comme un patron voyou et c’est peut-être pour ça que tu as signé ce communiqué et cet accord qui sont contraires aux intérêts de la classe Ouvrière. Visiblement tu te sens plus proche des organisations patronales et du MEDEF que des syndicats de base, combatifs et revendicatifs comme le nôtre.
Nous souhaitons dénoncer aussi la mise en place de EFO qui, pour nous est un outil patronal qui permet à la confédération de « squeezer » les syndicats de base pour les adhésions et les stages syndicaux et qui est un moyen de nous contrôler, comme ça a été le cas pour notre syndicat en nous bloquant nos commandes de cartes et de timbres en 2025 ou encore en bloquant notre mandat pour ce congrès sous prétexte que nous n’avons pas 12 timbres sur nos cartes comme bon nombre de syndicats de base comme le nôtre.
Cette pratique est scandaleuse et totalement inadmissible.
Cette volonté de tout dématérialiser est aussi une pratique dangereuse puisque récemment nos données personnelles ont été volées par des hackers. Étant donné que nous combattons au conseil régional le tout dématérialisé, nous demandons l’arrêt de l’utilisation de ce logiciel de flicage.
Nous souhaitons aussi rappeler aux structures, telles que la confédération ou certaines UD, que nous ne sommes pas vos subalternes, nous sommes des syndicats libres et indépendants et que votre rôle est de nous aider à nous développer et pas nous mettre des bâtons dans les roues ou encore essayer de nous mettre sous tutelle.
Nous ne sommes pas des commerçants qui doivent vendre des cartes. Nous sommes une organisation Ouvrière et nous devons convaincre les salariés de nous rejoindre pour soutenir notre ligne combative et revendicative, pour engager un vrai rapport de force qui fera aboutir nos revendications légitimes et évitons de tomber dans le piège d’un dialogue social totalement stérile voulu par le gouvernement, le patronat et les élus qui nous empêche d’être sur le terrain.
Notre organisation syndicale doit stopper rapidement cette culture du chef, cette dérive bureaucratique totalement éloignée des conditions de travail et des conditions de vie des salariés et revenir à la démocratie Ouvrière comme le faisaient nos anciens.
Force Ouvrière n’est plus audible au niveau national.
Si nous ne réagissons pas rapidement collectivement l’incroyable travail des militants de base, qui est le cœur battant de Force Ouvrière, sera sali par des décisions de la confédération prises, sans concertation, dans le cadre d’un « dialogue social » de façade totalement contraire aux intérêts de la classe Ouvrière.
C’est pour toutes ces raisons que nous voterons contre le rapport moral d’activité et financier.
Pendant ce temps-là, Macron et son gouvernement corrompu avancent à grand pas et continuent de nous imposer le rythme effréné de ses réformes mortifères et liberticides qui dégradent nos conditions de travail et nos conditions de vie.
Rien ne les arrête, cette fois en lien avec le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans et peut-être à 67 ans, le gouvernement s’attaque aux arrêts maladie qu’il juge trop nombreux, aux indemnités journalières qui lui coûtent trop cher. Il a même imposé aux agents publics 10 % en moins sur le traitement par jour d’arrêt maladie car il sait que de très nombreux salariés seront cassés physiquement, psychologiquement, par le travail et qu’ils ne pourront plus travailler.
Nous devons combattre avec force et détermination ces mesures criminelles.
Ils vont continuer à démanteler, désorganiser nos services publics en les vidant de leur force de travail, comme ils l’ont fait avec les hôpitaux, pour mieux les privatiser.
Ce ne sont ni les patrons des multinationales, ni les politiques qui en subissent les lourdes conséquences au quotidien, c’est nous qui voyons nos parents, nos enfants attendre des heures avant de pouvoir être pris en charge aux urgences pour y être soignés.
Ils font tout pour nous faire travailler plus et plus longtemps, ils s’attaquent aux jours fériés et même au premier mai, journée symbolique des luttes de la classe Ouvrière.
Ils nous maltraitent, ils nous exploitent, ils nous divisent
Avec les conséquences de leurs guerres qui font exploser le prix des carburants, du gaz, de l’électricité et à terme de l’alimentation, nos salaires, nos retraites, nos pensions ne nous permettent plus de vivre de notre travail, alors que dans le même temps on apprend qu’en France il y a de plus en plus de millionnaires.
Comment peut-ont accepter ces injustices, cette maltraitance ?
Cette situation n’a que trop duré, il est encore temps d’agir, de s’organiser, de prendre nos responsabilités avant qu’il ne soit trop tard, il en va du devenir de notre société et de l’avenir de nos enfants.
Retrouvons notre conscience de classe, soyons combatifs, revendicatifs et déterminés, portons haut et fort, avec fierté les valeurs du syndicalisme de lutte des classes issu de la Charte d’Amiens.
Seule la grève générale et le blocage du pays feront aboutir nos revendications légitimes et nous permettront de mettre à terre ce système capitaliste qui nous fait crever.
Vive le syndicalisme libre et indépendant de lutte de classe
Vive la CGT FORCE OUVRIÈRE
20.04.2026 à 19:00
aplutsoc
L’Espace Inter de la CGT a réalisé une interview d’Aliaksandr Yarashuk, président du Congrès bélarussien des syndicats démocratiques (BKDP), devenu exilé avec son expulsion de son pays en septembre 2025 après avoir passé trois ans et demi en prison.
Nous reproduisons ce document en raison de son intérêt quant au devenir de l’Europe de l’Est, des efforts de Poutine pour conforter et utiliser les régimes autocratiques à sa solde dans sa quête de reconstitution de l’Empire Russe des Tsars et de Staline, dont la guerre d’invasion contre l’Ukraine est l’expression la plus sanglante. Yarashuk intégre son action dans le cadre du combat international pour les droits des salariés, notamment en portant la défense du droit de grève, ici au sein de l’OIT.
20.04.2026 à 18:38
aplutsoc
Nous signalons à nos lecteurs la parution du numéro 3 du bulletin Lignes de mire disponible en téléchargement sur le site du Réseau Bastille.
Au sommaire :
Les animateurs de ce bulletin organisent une réunion en ligne, le jeudi 23 avril à 18 heures
Cliquer sur le lien : https://meet.google.com/dek-pkkx-tsm
Présentation de ce numéro de Lignes de mire : Actualité et actualisation de l’Armée nouvelle
C’est l’analyse globale de la situation mondiale qui a alerté certains militants, peu nombreux par ailleurs, qui tentent difficilement de reprendre et d’actualiser ce qui était jadis au cœur de la recherche socialiste : la question de l’armée et de la société.
Certes, la guerre en Ukraine nous amène à analyser et à comprendre une situation concrète. Comment le prolétariat peut-il participer, de la manière la plus démocratique possible, à la défense de son pays contre l’invasion impérialiste russe?
Toutefois, si nous voulons avancer dans cette discussion et produire des bases théoriques communes, nous devons nécessairement nous poser des questions précises sur la démocratie, l’organisation sociale, la politique de défense, le rôle et l’organisation de l’armée d’un point de vue «socialiste».
Produire un socle de positions théoriques communes ne signifie pas se désintéresser de l’actualité de la lutte des classes, mais prendre soin de ne pas se noyer dans le flot des informations et le relativisme.
Pour ce faire, il n’est pas possible d’aborder de front l’ensemble des problèmes : mobilisation, recrutement, démocratie, armement, stratégie, etc. Plusieurs séances seront nécessaires et nous devrons sans doute planifier nos rencontres.
Pour notre troisième ou quatrième rencontre, suivant les invitations, nous avons donc décidé de repartir de la base de la réflexion, afin d’éviter une discussion intéressante, mais sans étapes. Pour les prochaines séances, ce serait une grande avancée si un collectif prenait en charge la planification de nos étapes de recherches.
Le Réseau Bastille participera pleinement mais rappelle qu’il offre un cadre pour ce travail collectif étant avant tout un réseau.
20.04.2026 à 18:17
aplutsoc
Nous poursuivons la publication d’éléments de bilan sur la conférence de Porto Alegre.
Nous mettons à disposition en version anglaise (PDF) et en version française, l’appréciation donnée par l’Union Syndicale Solidaires qui, depuis 2022 en France, participe activement au comité français du RESU et qui, au niveau international, agit au sein du Réseau syndical international de solidarité et de luttes. Au sein de cette structure syndicale, l’USS côtoie le syndicat brésilien CSP-Conlutas qui n’a pas participé à l’initiative de Porto Alegre.
La discussion doit se poursuivre car il en va de l’avenir de la solidarité avec la lutte du peuple ukrainien qui est en jeu dans le nouveau contexte actuel.
19.04.2026 à 20:56
aplutsoc2
NDR : cette contribution a été suscitée par la discussion pout le Parlement de l’APRES de ce samedi 18 avril, qui s’est prononcé en faveur de la candidature à la candidaturte de Clémentine Autain à la présidentielle, sujet sur lequel nous reviendrons bientôt.
Le 31 mars dernier, c’était le personnel de l’Éducation Nationale, le plus grand employeur du pays, qui était appelé avec un certain succès à la grève par plusieurs syndicats contre les suppressions de postes dans ce secteur.
Le 4 avril dernier, la foule se pressait à Saint-Denis, dans la ville des rois morts et du peuple vivant selon l’expression, honteusement déformée, de son nouveau Maire le soir de son élection : pas une nuance de gauche ne manquait à l’appel tout comme de nombreux militant-es syndicaux CGT, FO, FSU et Solidaires qui étaient elles et eux aussi de la partie.
Ce qui a été brillamment fait contre le venin du racisme, qui vise à diviser notre classe, il a été de nouveau possible de le faire cette semaine contre l’attaque en règle du 1er Mai ourdie par la macronie, avec le renfort de la droite et de l’extrême droite : le gouvernement a dû, sous la pression intersyndicale et la menace d’une mention de censure, remballer la remise en cause du caractère férié, chômé et payé de ce jour emblématique de notre histoire sociale.
Ces démonstrations de force en appellent d’autres : d’abord contre la loi Yadan, qui devrait être examinée dans l’hémicycle à partir du 16 avril prochain, qui vise à criminaliser le soutien au peuple palestinien et toute critique de la politique du gouvernement israélien en s’appuyant sur le succès de la pétition déjà signée par 700.000 personnes. Egalement en exigeant le blocage des prix des carburants et la gratuité des transports en commun, préalable par ailleurs indispensable à toute transition écologique.
L’unité, oui mais autrement et pas seulement dans les urnes.
Oui, notre camp aspire à l’unité, pas derrière tel ou tel étendard ou homme providentiel, mais en en étant le moteur, dans l’action tout comme politiquement, comme cela vient de se passer en Hongrie, face à la menace de l’accession au pouvoir du RN à l’instar des législatives de 2024.
Dès lors, tout comme l’invitation, à peine voilée, de Manuel Bompard à se ranger derrière la candidature de LFI, la primaire de la gauche, toujours prévue le 11 octobre prochain, ne peut demeurer notre seule réponse car elle menace de perdre de sa substance vu les clivages post-municipaux qui traversent le PS et le flottement qui prévaut chez les écologistes.
En effet, là où elle vise à cristalliser une aspiration légitime, elle menace, outre d’être reprise par la droite qui cherche aussi son poulain, de se transformer en un instrument de division supplémentaire, coincée entre la candidature social-libérale d’un Raphaël Glucksmann, qui singe à l’extrême le sectarisme de ses détracteurs, voire – quelle horreur ! – d’un François Hollande, qui peut arborer son expérience, et celle de Jean-Luc Mélenchon, qui pousse ses pions en s’adressant aux médias alternatifs et en dialoguant avec d’autres penseurs et représentants de notre camp.
Voilà ce que devrait être notre feuille de route, à tous les niveaux, alors que les bifurcations et les embardées, au plan intérieur comme international avec l’échec grandissant de la guerre de Trump et de Netanyahou, tournée non contre les mollahs et le Hezbollah mais contre les peuples iranien et libanais eux-mêmes, sont devant nous.
Contribution d’un camarade de L’APRES validée par la section du Val d’Oise.
19.04.2026 à 19:59
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C’est à l’évidence une victoire de l’unité syndicale, prouvant, aux syndicalistes eux-mêmes et surtout aux directions nationales des organisations syndicales, ce que peut cette unité, que le recul gouvernemental imposant un recul des parlementaires macroniens (et extrême droite avec eux !) sur le 1° mai.
Mais c’est précisément pour cette raison que Lecornu a voulu ne pas avoir l’air de trop reculer et a annoncé, par pur arbitraire de l’exécutif bien dans la manière de la V° République, prendre des dispositions pour que les « artisans boulangers et fleuristes » puissent ouvrir le 1° mai. La CGT (communiqué ci-dessous) a raison de refuser cette embrouille, d’autant que d’ores et déjà, on peut signaler des boulangeries et viennoiseries industrielles qui font travailler leurs salariés le 1° mai au motif qu’ils seraient de braves artisans boulangers, ben voyons !
Le « volontariat des salariés », le salariat, rapport social fondamental du capitalisme, consistant dans la contrainte à vendre sa force de travail pour vivre, est une sordide foutaise – ce que chacun sait.
Nous reproduisons aussi l’article de la fédération SUD-Commerce sur le sujet, qui fait bien le point.
Une discussion corollaire a également surgi, Sophie Binet ayant appelé à faire du 8 mars une autre journée chômée et payée, ce que le gouvernement a refusé, avec le soutien de la CFDT (qui a également approuvé de fait, en faisant semblant de croire que seuls les artisans boulangers travailleraient, le nouveau projet Lecornu) pour qui mieux vaut que le 8 mars soit une grève. Retenons le verre à moitié plein plutôt que vide : la CFDT a parlé de grève pour le 8 mars, et en effet, il faudra que le 8 mars 2027, qui tombera avant les présidentielles, soit une grande grève féministe, unitaire et contre l’extrême droite et l’union des droites !
Document 1

Document 2
Le 19 avril 2026
Lundi dernier, après avoir reculé sur la remise en cause de l’universalité du caractère férié, chômé et payé du 1er Mai face à la mobilisation, dont celle de l’ensemble des syndicats, le Premier Ministre a renvoyé prudemment cette question à la discussion des branches professionnelles concernées dans la perspective de légiférer d’ici le 1er mai 2027.
Or ce vendredi, après avoir reçu les employeurs de la boulangerie et de la fleuristerie, il a pourtant annoncé que les 150.000 salarié-es de ces entreprises − alors que les artisans en question peuvent déjà travailler ce jour-là − pourraient aussi le faire dès le 1er mai prochain pour peu, d’une part, qu’iels manifestent leur volontariat par écrit et, d’autre part, que leur salaire soit doublé.
Le » en même-temps » du gouvernement
En indiquant également que » Les services de l’Etat vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi « , le gouvernement remet en cause l’indépendance de l’Inspection du travail, qui s’appuie sur une convention internationale et qui est reconnue comme un principe général du droit par le Conseil Constitutionnel et d’Etat.
En méprisant enfin les prérogatives respectives de l’exécutif et du législatif, en charge lui de modifier la loi, ce n’est pas seulement une décision antisociale qu’il a prise mais également illibérale : pas besoin d’une accession au pouvoir de l’extrême droite l’an prochain, qui vient de perdre les législatives en Hongrie, pour s’asseoir sur le principe de la séparation des pouvoirs !
Céder un peu, c’est capituler beaucoup
La CGT, après avoir été le fer de lance de la mobilisation, a, par l’intermédiaire de sa Secrétaire Générale, ouvert la porte à une évolution de la situation des seules boulangeries, et proposé que le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, devienne un jour férié, ce que le Ministre du Travail vient de refuser là où la CFDT est satisfaite : c’est une bonne idée mais encore faudrait-il d’abord s’assurer que le 1er Mai le reste bien lui l’an prochain !
Dans le commerce, nous savons bien que le risque est qu’ensuite, tout comme pour le travail dominical et nocturne, d’autres secteurs d’activité réclament à leur tour de pouvoir faire travailler leur personnel : c’est ainsi déjà le cas pour celui de la boucherie…
Ne restons pas les bras croisés !
Il est de la responsabilité des syndicats :
– de contester le caractère illégal des décisions gouvernementales ainsi que poursuivre les entreprises qui bafoueraient la loi ;
– d’appeler à la grève pour couvrir les salarié-es qui se verraient imposés de travailler tant on sait que le lien de subordination est prégnant dans ces TPE.
Egalement celle des inspecteurs du travail qui peuvent agir en opportunité.
et surtout manifestons vendredi 1er mai 2026 !
Nous devons redonner des couleurs au 1er Mai en manifestant cette année plus nombreux qu’à l’ordinaire d’autant que ce sont pas les autres motifs d’insatisfaction qui manquent :
– l’explosion du prix des carburants,
– les licenciements qui repartent à la hausse (Alinéa, Lidl ou Le Printemps),
– le flicage des arrêts maladie en lieu et place de fustiger la détérioration des conditions de travail, dont le management rétrograde, dans maintes entreprises qui expliquent leur hausse,
– l’instauration d’un droit de timbre à 50 euros pour saisir les Prud’hommes etc.
C’est aussi le bon moment de s’organiser en se syndiquant (le montant de la cotisation syndicale est en partie déductible de l’impôt sur le revenu, qu’on soit imposable ou pas).
Sur Paris, notre syndicat Francilien tiendra un point fixe sur le parcours de la manifestation, qui partira à 14 h République, en compagnie de salarié-es du magasin Biocoop de place des Fêtes, à nouveau mobilisés suite à leur grève victorieuse de janvier dernier où iels ont obtenu entre autre 4,5 % d’augmentation de salaire : comme quoi la lutte paie !