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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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04.10.2026 à 12:36

Par la jeunesse, l’affrontement social avant la présidentielle a commencé ! Éditorial du 04 octobre 2026.

aplutsoc

Le mouvement de la jeunesse parti des lycées vient de très loin. Il est le fait de la génération du Covid, des guerres et du basculement climatique, qui a subi Macron et Blanquer. Il combine des exigences universelles et fondamentales – « Nous voulons vivre, pas survivre », disent bien des pancartes – et des revendications précises […]
Texte intégral (820 mots)

Le mouvement de la jeunesse parti des lycées vient de très loin. Il est le fait de la génération du Covid, des guerres et du basculement climatique, qui a subi Macron et Blanquer. Il combine des exigences universelles et fondamentales – « Nous voulons vivre, pas survivre », disent bien des pancartes – et des revendications précises parfaitement formulées : des bâtiments humains adaptés au réchauffement, assez des classes à 35 ou plus, des postes de profs, des toilettes décentes, et à bas Parcoursup (et foutez-nous la paix avec nos portables, on est pas des zombis !).

Chacune de ces revendications immédiates est un défi au pouvoir exécutif et au capitalisme.

Le ministre de l’Intérieur Nunez impulse depuis le début violence et provocation, écrivant aux préfets le 30 septembre : « L’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre. » Tout est dit : l’État de droit ne saurait nous inhiber, donc « On peut cogner, chef ? Oui ! ».

Cette violence, dont le livre noir est d’ores et déjà aussi grave que début mai 1968, se cumule avec celle des groupes lumpen ou mafieux qui débarquent avec des mortiers et servent de prétexte à la violence policière, et à toutes les formes de provocation, certains médias s’y consacrant en exclusivité.

Mais le mouvement charrie, telle la marée, les provocations avec lui, les emporte et va plus loin. Il s’étend telle une nappe : parti des lycées de la banlieue parisienne, il a gagné tout le pays en passant souvent, avant les lycées de centre-ville, par des petits établissements de petites villes, avec le rôle notable des filles dans son organisation et son affirmation. Et ce sont les lycéens qui entraînent les étudiants !

Il n’a évidemment pas été déclenché par un coup de sifflet de LFI ou de quelque organisation que ce soit. LFI et toutes les organisations de gauche, du mouvement ouvrier et écologistes, sont parfaitement légitimes à y intervenir, quelles que soient les discussions nécessaires sur leurs orientations. Le RN y est interdit. Les élus comme Bally Bagayoko – qui a été exemplaire et a montré ce qu’est le vrai « maintien de l’ordre » – ont la responsabilité de se porter entre les lycéens d’un côté et les fauteurs de violence, police et bandes lumpen, de l’autre.

Quand la préfecture de police de Paris, le ministère de l’Intérieur, le premier ministre, le président, CNews, Bolloré et le RN disent que tout a été manipulé, il n’est pas impossible qu’ils soient sincères, tel Poutine croyant ses services qui lui disaient pouvoir prendre l’Ukraine en 3 jours !

Rien n’a été manipulé à l’échelle de ce mouvement, qui pose la question de l’avenir, de l’ordre social et du pouvoir, et retentit déjà internationalement, à commencer par la Wallonie et Bruxelles où se développe depuis l’an dernier un mouvement ressemblant par de nombreux aspects.

La masse des jeunes a besoin de perspectives pour aller de l’avant. Bien sûr, les syndicalistes, les élus responsables et les militants, doivent se porter à leurs côtés, mais cela n’est pas suffisant.

Le gouvernement est ébranlé et titube en mélangeant trois tactiques : la violence pure organisée depuis la place Beauvau, les fermetures massives de lycées avec interdiction de s’en approcher, et, le plus ridicule, la « plate-forme participative en ligne » du ministère de l’Éducation nationale !

Le mouvement a commencé à ébranler le budget, pour lequel Lecornu a besoin de Le Pen, en produisant le retrait des hausses de droits d’inscription en BTS et en Prépas. Il peut défaire tout le budget Macron/Lecornu/Le Pen s’il se poursuit et entraîne avec lui la masse des salariés. Il peut, non pas « faire reculer », mais battre et faire chuter le gouvernement et l’exécutif. Macron est acculé à chercher d’ores et déjà des solutions institutionnelles qu’il avait écartées lors de sa dernière conférence de presse, il y a très longtemps, à savoir une semaine : dissolution, article 16, démission.

L’affrontement social avant la présidentielle, non bridé, mais accéléré par celle-ci, a commencé. En avant !

Prochaine manche : la grève politique et de solidarité en soutien aux manifestations de la jeunesse le mardi 6 octobre prochain.

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04.10.2026 à 12:14

Comment gagner ? Réunion-débat dimanche 18 octobre de 14H à 17H.

aplutsoc

« Nous voulons vivre, pas survivre. Non à l’avenir capitaliste du réchauffement, des guerres, de Macron et de Le Pen ! » Le mouvement des lycéens, entraînant les étudiants et toute la jeunesse, a la force de défaire le projet de budget de Macron/Lecornu/Le Pen et de faire tomber le gouvernement. Il a la force potentielle de battre […]
Lire la suite (328 mots)

« Nous voulons vivre, pas survivre. Non à l’avenir capitaliste du réchauffement, des guerres, de Macron et de Le Pen ! »

Le mouvement des lycéens, entraînant les étudiants et toute la jeunesse, a la force de défaire le projet de budget de Macron/Lecornu/Le Pen et de faire tomber le gouvernement. Il a la force potentielle de battre la V° République AVANT le scrutin présidentiel, d’ouvrir la voie à la révolution et à la démocratie !

C’est pourquoi, il est la cible du déferlement des violences policières et des bandes lumpen. C’est pourquoi, il est la cible des dénonciations comme étant soi-disant manipulé.

C’est pourquoi les syndicats, les travailleurs, actifs, retraités, chômeurs, doivent le soutenir et le rejoindre en masse mardi 6 octobre, construisant l’unité pour gagner et battre le RN et la V° République !
  • Soutien aux jeunes !
  • Soutien à leur droit à tenir des AG dans les lycées et à s’organiser !
  • Grève politique contre la répression, le RN et le budget !

Nous invitons nos ami-es, lectrices et lecteurs à participer à notre prochaine réunion publique le dimanche 18 octobre 2026 de 14H à 17H au Maltais Rouge à Paris. N’hésitez pas à faire circuler largement le PDF ci dessous pour donner toute publicité à cette initiative !

La rédaction d’Aplutsoc.

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02.10.2026 à 12:38

Il y a 90 ans, la Révolution espagnole. Une expérience unique : les collectivisations. Par Francis Pallarés Aran.

aplutsoc

Vient de paraître récemment la traduction en français d’un ouvrage important de Victor Alba (1) En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne (2) Le livre est évidemment en rupture avec l’histoire mythifiée de la Guerre d’Espagne à laquelle nous avons eu droit pendant des décennies sous la forme de récits biaisés […]
Texte intégral (1646 mots)

Vient de paraître récemment la traduction en français d’un ouvrage important de Victor Alba (1) En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne (2)

Le livre est évidemment en rupture avec l’histoire mythifiée de la Guerre d’Espagne à laquelle nous avons eu droit pendant des décennies sous la forme de récits biaisés sur les Brigades Internationales ou sur le «¡No pasarán!» dans le style du film Mourir à Madrid… Souvenons-nous, c’est avec l’ouvrage de Pierre Broué et Émile Témime La Révolution et la guerre d’Espagne, publié en 1961, qu’avait commencé à se briser une certaine histoire officielle dominante sur la Guerre civile espagnole. Mais c’est surtout, en 1995, le film de Ken Loach, Land and Freedom, qui a enfin semblé dessiller les yeux du grand public et de nombreux-ses militant-e-s (3).

L’ouvrage comporte deux parties distinctes. D’abord, l’histoire de la guerre d’Espagne revisitée rappelant une question trop longtemps occultée et pourtant déterminante et unique : la Révolution sociale qui éclata dans la zone républicaine à la suite de l’échec initial du «golpe» fasciste ; les militaires et les forces réactionnaires voulaient empêcher la révolution, ils la déclenchent. Ensuite, un deuxième versant, tout aussi passionnant, transcrit une série d’entretiens de l’auteur avec des témoins et des combattants qui étaient encore vivants dans les années 1970.

Cette histoire de la Guerre d’Espagne est évidemment très proche des écrits de George Orwell (cf. « Hommage à La Catalogne »). L’écrivain britannique fut non seulement témoin, mais s’engagea pour combattre le fascisme dans une colonne du POUM ; il fut d’ailleurs grièvement blessé sur le front d’Aragon. Victor Alba fit sa connaissance à Barcelone.

Nous nous limiterons à citer deux extraits significatifs :

« […] Une expérience unique […] »

« […] Il arrive parfois que lorsqu’une expérience passe du statut de solution possible à celui de remède universel, elle y perde son nom. C’est pour cette raison que dans les années 1960 et 1970, on ne parlait plus de collectivisations, mais d’autogestion. Ce nom apparut dans le milieu syndical catholique français et se donna avec l’autogestion une nouvelle image […] Le terme de collectivisation est mieux défini, plus précis et, par conséquent, moins susceptible d’être manipulé et déformé […] Le lecteur dira que j’exagère si j’affirme que la révolution espagnole de 1936, avec toutes les limites imposées par le fait qu’elle eut lieu dans une partie d’un pays de troisième ordre et qu’elle dura à peine quelques mois, fut la seule révolution ouvrière que l’histoire ait connue. Mais si vous réfléchissez avec la volonté de vous détacher des clichés habituels, vous verrez que ni avant ni après, il n’y eut aucune autre révolution ouvrière.

La Commune de Paris en 1871, longtemps présentée comme un modèle d’insurrection prolétarienne, fut en réalité un mélange de patriotisme petit-bourgeois, du non-conformisme de certains intellectuels et de protestation sociale d’un prolétariat parisien coutumier des barricades. La Commune n’adopta aucune mesure de changement social qui puisse être considérée comme révolutionnaire.

La Révolution russe ne fut pas non plus une révolution ouvrière […]1917 ne fut pas l’œuvre des travailleurs, mais d’une élite disciplinée et audacieuse à la mentalité jacobine, qui établit non pas la dictature du prolétariat, mais la dictature sur le prolétariat, point contre lequel certains dirigeants ouvriers (Rudolf Rocker, Rosa Luxembourg) et quelques intellectuels (Bertrand Russel) avaient déjà mis en garde à l’époque et que les faits ont illustré avec abondance et dans des flots de sang […] »

« […] Dans cette mer polluée d’étiquettes et de clichés, c’est l’expérience espagnole de 1936 qui sauve l’idée de révolution ouvrière. Là-bas, oui, il y eut une authentique révolution ouvrière, accomplie par les travailleurs, de manière spontanée et de leur propre initiative, sans même attendre un mot d’ordre de leurs organisations. Ce fut une révolution menée par la base ouvrière de la société […]». pp. 41 à 44.

« […] La situation de Staline n’était pas facile : allié à la France, il voulait obtenir le soutien de l’Angleterre conservatrice et d’autres pays capitalistes face à Hitler – en 1936, Moscou n’avait pas encore envisagé la possibilité de s’allier avec lui. Mais elle fut considérée dès 1938 et c’est elle qui conduisit finalement Staline à imposer la bataille de l’Èbre à l’armée républicaine espagnole, qui devait la détruire et ainsi mettre un terme à la guerre civile, tout cela afin de prouver sa bonne foi à Hitler lors des négociations secrètes qui aboutirent au pacte de 1939 entre l’URSS et le Troisième Reich […] ».

« […] Pour ce qui est de la guerre civile espagnole, les intérêts de l’URSS – et par conséquent des communistes espagnols, même si seuls leurs dirigeants le comprenaient aussi clairement – pouvaient se résumer en trois points : a) empêcher toute mesure révolutionnaire qui inquiète les alliés de l’URSS ; b) aider la République en lui envoyant des armes (payables d’avance et en or, à la différence de l’Italie et du Troisième Reich qui faisaient crédit à Franco), en quantité suffisante pour continuer le combat, mais insuffisante pour l’emporter ; c) utiliser cette aide pour asseoir l’hégémonie politique du PCE dans la zone républicain, qui servirait à détruire les changements révolutionnaires déjà effectués et à monter en Espagne un procès parallèle à ceux de Moscou […] » , pp. 166-167.

Francis Pallarés Aran, le 01/10/2026

Notes

1) Victor Alba est le pseudonyme et le nom de plume de l’écrivain Pere Pagès i Elies. Né en 1916, ancien militant du POUM, il était journaliste, historien et enseignant. Emprisonné à Barcelone après les évènements de mai 1937, il a ensuite passé 6 ans dans les geôles franquistes.

Réfugié en France, il a collaboré à la revue Combat et participé à des traductions en français de poètes catalans avec Albert Camus. On lui doit une centaine d’ouvrages rédigés en castillan, en catalan, en français ou en anglais. Il a donné des cours de Sciences politiques aux USA et au Mexique. Il cesse de militer au POUM à la fin des années 1950. Victor Alba revient à Barcelone en 1970. Il est l’objet d’une campagne de diffamation de la part du PSUC (le Parti communiste catalan de l’époque). Il meurt en 2003 non loin de Barcelone, à Sitges.

Le POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista) était un parti communiste anti-stalinien. Contrairement à ce que colporte une certaine propagande, ce n’était pas un parti trotskiste. Il était surtout implanté en Catalogne. Il fut victime d’une répression féroce dans le camp républicain de la part du parti communiste stalinien officiel (PCE et son annexe catalane, le PSUC). Son dirigeant Andrés Nin, fut enlevé, torturé et assassiné.

2) Victor Alba, En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne, traduit par Clément Magnier, Préface Óscar Freán Hernández, éditions Smolny, Toulouse, 2024. L’ouvrage avait été publié en espagnol, il y a un quart de siècle, sous le titre Los colectivizadores, ed. Laertes, Barcelona, 2001.

3) Quelques repères :

17 et 18 juillet 1936, le putsch préparé de longue date par des généraux factieux pour renverser la IIème République espagnole se déclenche. Il échoue dans les deux tiers de la péninsule grâce à la réaction armée des milices syndicales et des partis ouvriers.

Les 19 et 20 juillet, Révolution dans la zone républicaine : des milices armées se constituent. Patrons, latifundistes, banquiers et prêtres s’enfuient ou sont massacrés. Des comités surgissent réalisant la collectivisation des entreprises et des terres. Hitler et Mussolini envoient immédiatement des avions, des troupes et des armes pour soutenir le «golpe». Spontanément des centaines de militants anarchistes, socialistes, communistes, démocrates étrangers (français, belges, allemands, italiens, anglais, juifs polonais, etc.) se précipitent en Espagne et s’engagent dans les colonnes ouvrières armées.

Juillet-août 1936, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, mais aussi l’URSS, etc. signent un pacte de non-intervention interdisant la livraison d’armes.

18 septembre, l’Internationale Communiste décide la constitution de Brigades Internationales.

Le 25 octobre, la République envoie 73 % des réserves d’or de la Banque d’Espagne à Odessa pour acheter des armes. Auparavant 22 % de ces réserves d’or avaient été envoyées à Mont-de-Marsan.

8 novembre 1936, les premières Brigades Internationales entrent en combat lors de la bataille de Madrid.

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02.10.2026 à 12:13

Le vent se lève, il faut tenter de vivre.

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Chers amis, je suis depuis deux jours dans l’explosion de la jeunesse, avec elles et eux, sur le terrain. Journée émouvante car au lever, j’apprends par l’ami Patrick LT dont je sais la peine, la mort, hier, de la valeureuse militante féministe et anti-autoritaire ukrainienne Yvanka, qui nous envoyait (au RESU) des messages pleins de […]
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Chers amis, je suis depuis deux jours dans l’explosion de la jeunesse, avec elles et eux, sur le terrain.

Journée émouvante car au lever, j’apprends par l’ami Patrick LT dont je sais la peine, la mort, hier, de la valeureuse militante féministe et anti-autoritaire ukrainienne Yvanka, qui nous envoyait (au RESU) des messages pleins de vie, et pour qui (avec son unité militaire) nous avions collecté gilets pare-balles et matériel.

C’est avec Yvanka, 31 ans, morte au combat, en première ligne, à l’esprit que je suis allé sur le front des lycées.

Je ne vais pas faire un récit détaillé, mais la retrouvaille des élèves, le rôle déterminant des filles dans l’organisation et la victoire politique des jeunes de ce jour, qui est d’avoir surmonté la poussée de violence suscitée à la fois par l’Etat, qui l’a recherchée, et par les couches lumpens de la jeunesse, cela aussi à Moulins (Yzeure plus précisément hier), par leur sourire, leur force, leur masse, voila ce qu’il en est.

La consigne préfectorale d’arrestation immédiate de tout lanceur supposé de mortier n’a pas été un facteur d’apaisement, conduisant les policiers à arrêter systématiquement, sans le discernement dont je sais que dans notre localité ils sont capables.

Cela allait mal tourner, mais j’ai alors pris la responsabilité de parler aux lycéens et d’opérer le passage à ce qui s’apparente à une AG, avec une perspective : mardi 6, toutes et tous, de tous les lycées, dans l’unité, on converge, on exige d’être reçus à la préfecture, on désigne nos délégué.e.s pour cela, avec le soutien des syndicats appelant à la grève.

Je dédie cette matinée à Yvanka et aux élèves et collègues revu.e.s dans l’action de cette belle matinée. Le vent se lève, il faut tenter de vivre.

VP

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02.10.2026 à 11:40

Décès d’Ivanka « Haïka » Kutsenko – Collectifs de solidarité

aplutsoc

Dans la nuit du 1er octobre, nous avons appris que notre camarade Haïka avait trouvé la mort lors d’un bombardement d’artillerie. Elle avait 33 ans. Anarchiste, féministe, végétalienne, enseignante, notre chère camarade et amie. Elle incarnait l’inspiration et la résistance : sincère, tenace, pleine de vie. « J’avais le sentiment que je continuerais à frapper […]
Lire la suite (489 mots)

Dans la nuit du 1er octobre, nous avons appris que notre camarade Haïka avait trouvé la mort lors d’un bombardement d’artillerie. Elle avait 33 ans.

Anarchiste, féministe, végétalienne, enseignante, notre chère camarade et amie. Elle incarnait l’inspiration et la résistance : sincère, tenace, pleine de vie.

« J’avais le sentiment que je continuerais à frapper ce rocher, et que cela donnerait un résultat.»

L’expérience de Haïka a été consignée dans de nombreuses interviews, conférences et discussions. En juin, lors de la fête d’anniversaire des « Collectifs de solidarité », elle a raconté, aux côtés d’autres antiautoritaires, son expérience au sein de l’armée : le sexisme, les problèmes de logement, le véganisme, la logistique et la vie quotidienne au service. Elle n’avait pas peur de défier le système et, par son propre exemple, elle soutenait et motivait ses camarades qui souhaitaient rejoindre les rangs des Forces armées.

Son parcours militant l’a conduite à s’impliquer dans divers projets et initiatives anti-autoritaires à Kharkiv, Odessa, Kyiv, Lviv et en dehors des villes. Elle a donné des conférences, rédigé des articles et des contes, s’est consacrée à l’auto-édition, a pratiqué le freegane, et a exploré les décharges ainsi que la vie qui s’y déroule. Ivanka a beaucoup voyagé et a consacré sa vie au militantisme. Au début de l’invasion à grande échelle, elle a travaillé dans le cadre de projets humanitaires, venant en aide aux femmes et aux enfants des zones proches du front, avant de rejoindre elle-même la résistance armée.

Hayka s’est frayé un chemin en tant que soldate à travers les préjugés et les obstacles sexistes du système militaire, pour finir par être sur un pied d’égalité avec ses frères d’armes lors de missions de combat difficiles.

Hayka, tu vas beaucoup nous manquer.

Nos sincères condoléances à sa famille, ses amis, ses camarades, ses frères et sœurs d’armes.

Nous vous communiquerons les détails des obsèques dès que nous aurons plus d’informations. Pour l’instant, la date des funérailles n’est pas connue.

2 octobre 2026

Collectifs de Solidarité

Voir aussi :

Son entretien avec les Collectifs de Solidarité

 « Ivanka, notre combattante »

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02.10.2026 à 10:20

Ivanka est mort sur le front.

aplutsoc

Communiqué du comité français du RESU Ivanka a été tuée au combat sous les bombes russes le 1er octobre 2026.Il y a deux ans, nous lancions une campagne pour soutenir l’unité de cette jeune militante féministe de Bilkis engagée sur le front. C’est grâce à ses témoignages et aux photos de sa tranchée, de sa […]
Texte intégral (1119 mots)

Communiqué du comité français du RESU

Ivanka a été tuée au combat sous les bombes russes le 1er octobre 2026.
Il y a deux ans, nous lancions une campagne pour soutenir l’unité de cette jeune militante féministe de Bilkis engagée sur le front.

C’est grâce à ses témoignages et aux photos de sa tranchée, de sa petite chambre sur le front, de ses peurs, mais surtout de ses espoirs que, en une semaine, nous avions réuni les fonds pour l’achat de matériel de vision nocturne.

Depuis, elle nous écrivait, par Patrick Le Tréhondat, pour partager sourires et tâches des journées de repos et angoisses de l’avenir de cette guerre, des copains morts…

Nos pensées et notre solidarité vont à ses proches, à ses camarades de @Bilkis. À cellles et ceux qui résistent en Ukraine sur tous les fronts.
Hasta siempre, compañera !

Прощавай, друже

RESU France, le 02/10/2026.

En mémoire : un témoignage de la façon dont les échanges entre la ligne de front et le grand arrière de la solidarité internationale fonctionnent.

Publication du 29 septembre 2026 sur la page Facebook du RESU

GRÂCE À VOUS, NOUS AVONS PU AIDER À L’ACHAT

D’UN APPAREIL DE VISION NOCTURNE

POUR LA BRIGADE D’IVANKA, SOLDATE FÉMINISTE !

En moins d’une semaine nous avons pu rassembler la somme nécessaire à l’achat de l’appareil de vision nocturne demandé par Ivanka et les camarades de sa brigade.

Cette somme a déjà été envoyée.

Ivanka nous a fait parvenir un premier message dès samedi 27 septembre :

« Je vais vous écrire bientôt. J’ai eu plusieurs jours de garde et de travail consécutifs, je manque cruellement de sommeil. Aujourd’hui, je ne peux pas dormir avant demain matin car je suis sous terre avec ma radio. »

Ivanka nous donnera bientôt plus de ces nouvelles.

Mais, vous le savez, depuis plusieurs semaines, les bombardements et autres attaques de drones par l’armée russe ne laissent aucun répit ni à la population ni aux soldates et soldats ukrainiens.

MERCI À TOUTES ET À TOUS POUR VOTRE SOLIDARITÉ !

Ukraine_CombArt

Ambulance Mitraillée France

Comité belge du Réseau européen de solidarité Ukraine

Union Syndicale Solidaires

Соціальний рух

L’Anticapitaliste

European network in solidarity with Ukraine and against war

Collectif Syllepse

Білкіс

Un mot de la rédaction d’Aplutsoc

La disparition tragique d’une camarade féministe ukrainienne que nous connaissions par l’entremise des nouvelles échangées via le RESU ou les envois financiers occasionnels, nous attriste profondément, mais nous ne nous arrêterons pas de lutter pour que son combat vive et triomphe : pour la fin du sexisme et du patriarcat, pour la fin de l’occupation de l’Ukraine par Poutine, pour la fin de toute oppression et exploitation.

En souvenir des motivations de l’engagement d’Ivanka, féministe et anti-fasciste ukrainienne conséquente, nous invitons nos lecteurs et lectrices à lire ou relire la publication du 11 février 2025 de l’interview d’Ivanka réalisée par Patrick Le Tréhondat le 8 février 2025 (Interview d’une militante féministe en armes – Ukraine).

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