04.05.2026 à 11:15
aplutsoc
Note de la rédaction
Dan La Botz nous a demandé la possibilité de faire paraître la traduction en français de son texte, initialement paru en langue anglaise sur le site australien Links. Nous accédons à sa demande au titre de la libre et nécessaire discussion entre militants et courants dans le mouvement ouvrier et révolutionnaire.
Dan La Botz, né en 1945, est entré dans le mouvement révolutionnaire aux USA durant les années de contestation et de fortes mobilisations de la jeunesse contre la guerre du Vietnam et avec les autres sujets qui ont occupé l’actualité d’alors : lutte pour les droits civiques des Noirs, apparition du féminisme à partir de la lutte pour la liberté de l’avortement et de la contraception, début du mouvement gay après les émeutes de Stone Hall, et surtout la vague de grèves dans l’industrie à la fin des années 60 jusqu’au bout des années 70 avant le retour de bâton incarné par Reagan.
Dan s’est investi dans le mouvement des International Socialists, au départ initié par Hal Draper. Il a connu les évolutions chaotiques au sein du mouvement révolutionnaire sous l’effet des contre-coups de l’émergence du néo-libéralisme. Ainsi, il compte parmi les fondateurs des Teamsters for a Democratic Union (TDU) en 1975 qui, hélas !, de mouvement contestataire à la base opposé à la bureaucratie mafieuse du puissant syndicat des Teamsters est devenu dans les dernières années récentes une caution sinon une composante de ladite bureaucratie.
Après sa période en tant que chauffeur de camion, il a été enseignant. Il a travaillé au Mexique dans les années 80, en lien avec le PRT (section mexicaine du SU) pour soutenir les syndicalistes combatifs voulant promouvoir un syndicalisme indépendant du pouvoir du PRI face aux transformations de l’économie du pays avec le phénomène des maquiladoras.
Dan a participé à la création de Solidarity, à l’animation de la revue « third-campiste » New Politics. Il a contribué au rapprochement entre Solidarity et la Quatrième Internationale (ex-SU), tenant chronique régulièrement dans International Viewpoint et dans l’Anticapitaliste.
Ces dernières années, de Black Lives Matter aux mouvements d’opposition à Donald Trump, la gauche à travers l’émergence des DSA avec la hausse spectaculaire des adhésions par dizaines de milliers, phénomène jamais vu aux USA depuis les temps héroïques de Eugène V Debs ou les débuts du Pari communiste, a connu un retour spectaculaire sur la scène politique. Néanmoins, le poids du campisme au sein de cette gauche va de pair avec la question non résolue de l’émergence d’un parti ouvrier indépendant des Democrates.
La prégnance du campisme et de la forme secte parmi les nombreux groupes de surface nationale ou locale dans cette gauche US renouvelée constituent le contexte de cette réévaluation du passé soutenue par Dan. Ceci sera certainement son testament politique car des ennuis de santé liés à l’âge vont certainement le mettre sur la touche d’ici peu. Raison de plus pour publier son texte.
Et nous espérons qu’à défaut de poursuivre la discussion sous une forme écrite, nous aurons les moyens d’échanges verbaux encore longtemps avec Dan.
Nous poursuivrons ce débat par la publication d’autres contributions d’auteurs voulant répondre à Dan.
La rédaction.
Introduction du texte de Dan La Botz
Bien que mort depuis plus d’un siècle, Vladimir Lénine demeure une figure centrale des débats sur le marxisme moderne, de par son rôle prépondérant dans la Révolution russe, son talent stratégique et tactique reconnu, et ses théories politiques célèbres. Évaluer Lénine s’avère toutefois complexe, compte tenu du contexte turbulent et complexe de son époque et de ses conséquences. Adulé en Union soviétique, vilipendé ailleurs, il nous faut faire preuve de discernement pour saisir toute la portée de sa pensée et de son œuvre.
Sommaire
Considérez ceci : après sa mort en 1924, à l’âge de 53 ans, il fut quasiment canonisé. Son corps embaumé, exposé dans un cercueil ouvert dans son tombeau de la Place Rouge, devint un lieu de pèlerinage pour des dizaines de millions de fidèles communistes. Ses idées subirent un sort similaire. L’État soviétique publia ses ouvrages les plus importants – véritables textes sacrés – en de nombreuses langues, à des centaines de milliers d’exemplaires, et les distribua gratuitement ou à prix modique dans de nombreux pays. À l’époque de Staline, les communistes créèrent le terme « marxisme-léninisme » pour désigner leur idéologie. Partout en Union soviétique, puis en Europe de l’Est et dans le monde entier, la lecture de l’œuvre de Lénine devint le fondement même de l’idéologie communiste. Même les communistes dissidents ou rivaux, comme les maoïstes et certains trotskistes, adoptèrent l’appellation marxiste-léniniste, et Lénine fit partie intégrante de leur dogme. J’ai dit que Lénine fut canonisé, mais j’aurais dû dire déifié : le dieu d’une religion d’État dans les pays communistes.
Le marxisme-léninisme, bien sûr, n’a pas seulement été imposé par les États communistes à leurs peuples, mais aussi adopté avec enthousiasme et de façon volontaire par les aspirants révolutionnaires des pays capitalistes et en développement. Je me souviens de mes débuts dans les milieux de gauche dans les années 1960 : tous les groupes de jeunes que je rencontrais organisaient des groupes d’étude pour lire et discuter de Lénine, généralement de manière très passive, acceptant sans esprit critique les enseignements du père de la pensée et de l’organisation révolutionnaires modernes. Après tout, nous étions de jeunes militants qui lisions Lénine parce qu’il avait construit le parti révolutionnaire, les bolcheviks, qui avait mené la Révolution russe. Et nous voulions construire un parti révolutionnaire dans notre propre pays, quel qu’il soit, pour mener la révolution nationale et contribuer à la révolution internationale. À cette époque, des groupes radicaux faisaient la même chose partout dans le monde : ils lisaient Lénine et devenaient léninistes. Cette expérience se répète aujourd’hui, à une échelle moindre, parmi les jeunes de gauche de nombreux pays, y compris aux États-Unis. Cet essai se veut une mise en garde à leur intention.
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