18.01.2026 à 21:49
aplutsoc
Budget Lecornu, avant-dernier épisode ?
Le premier ministre Lecornu, vendredi soir 16 janvier, attendu soit sur l’annonce d’un recours aux ordonnances, soit du 49-3, pour mettre en œuvre le sacro-saint « budget », a réaffirmé son intention de « trouver un compromis » tout en faisant les « économies » prescrites par la « dette », bien qu’à la différence de son prédécesseur Bayrou, il évite la répétition obsessionnelle de ce mantra.
Il a annoncé vouloir « être du côté des travailleurs » : principalement le repas étudiant à un euro et une hausse moyenne de la prime d’activité de 50 euros, la renonciation à une année blanche pour l’Aide Personnalisée au Logement et l’Allocation Adulte Handicapé. Attention : cette dernière annonce est couplée à la réaffirmation de l’objectif d’une « allocation sociale unique », récemment rebaptisée « allocation de solidarité unifiée », qui vise à finir de dessaisir la Sécurité sociale, donc le salaire socialisé, des aides aux « pauvres » censées être maintenus en dessous du salaire minima et soumis à la chasse aux « fraudes ». Attention aussi, la prime d’activité n’est précisément pas du salaire !
Il est infantile de cracher sur ces petits gains qui, pour des millions de travailleurs, de chercheurs d’emplois et d’étudiants, ont leur importance. Ce qui est important politiquement est de comprendre leur pourquoi. Comme les reculs de cet automne, qu’ils aient été officiellement ou non lâchés par Matignon (décalage/suspension de la réforme des retraites, mais aussi suspension de la réforme de l’Assurance chômage, et démantèlement du « choc des savoirs » dans les collèges), leur cause profonde est la puissance sociale du monde du travail – du prolétariat : salariés, chômeurs, jeunes, retraités, qui a fait très peur au pouvoir lors de la lame de fond de septembre 2025.
Il est d’autant plus important de comprendre cela que pratiquement aucune force politique ne l’explique et que les directions syndicales nationales ne parlent pas ce langage, car avoir conscience de sa force incite à s’en servir !
La dernière série des reculs sociaux de Lecornu s’inscrit dans la prolongation de la cassure politique majeure de l’exécutif, de la présidence Macron, cristallisée dans l’atteinte portée au totem-tabou de la réforme des retraites, qui devait marquer le rétablissement d’un exécutif fort dans ce pays – échec total.
Mais tout le monde se demande bien comment Lecornu va faire pour « financer » cette dernière série d’annonces tout en maintenant les objectifs d’« économies », sans compter la hausse des dépenses militaires, beaucoup plus dispendieuse qu’elle ne devrait l’être, en raison des profits de l’industrie militaire et du nucléaire. Le « budget » est en tant que tel antisocial : il doit matérialiser des « économies » visant à la fois à faire hausser le taux d’exploitation (rapport plus-value/salaire) et diminuer les dépenses publiques en portant atteinte aux services publics.
A cet égard, exemplaire est l’entourloupe de l’annonce de la création de « 2000 postes » dans l’Éducation nationale, dont on ne sait comment Lecornu la calcule vu l’imbroglio scandaleux sur la tenue des concours de recrutement annoncés : la réalité est la suppression de 4000 postes dans les écoles, collèges et lycées, et le scandale démocratique est que, sous la tutelle des préfets qui ont reçu ce pouvoir par la toute dernière circulaire de Bayrou, en date du 5 septembre, sont en ce moment préparées, dans le secret au motif des élections municipales, les fermetures de classes et d’écoles d’un budget non voté !
Droite et extrême droite montent la garde contre tout recul supplémentaire et voudraient inverser la tendance. Au Sénat, droite et centre ont rejeté la création d’un corps de fonctionnaires pour les Accompagnatrices d’Élèves en Situation de Handicap (AESH), une question nationale montante. À l’Assemblée nationale, c’est le RN qui a, « par surprise » en l’absence de beaucoup de députés, proposé et fait voter la baisse de 5 milliards de la Dotation Générale de Fonctionnement des collectivités locales : le RN s’affirme ainsi comme le parti des fermetures de crèches, bibliothèques, cantines, centres sociaux, et même des postes de police municipale et des caméras de surveillance dont il se dit si friand !
En résumé, il est donc parfaitement clair que le budget doit être rejeté et que c’est sur le budget, qui concentre le maintien de l’axe antisocial de l’exécutif poussé en ce sens par droite et RN, que mobilisation sociale et censure, conjointement, devraient s’exercer.
PS et LFI, ou l’accord dans le désaccord.
Le PS, tout en se faisant le véhicule de la pression conduisant Lecornu à ces reculs successifs, non négligeables ni méprisables répétons-le, cherche à assurer le maintien de l’exécutif Macron/Lecornu le plus longtemps possible en évitant une censure parlementaire et une dissolution de l’Assemblée nationale.
J.L. Mélenchon, appelant ouvertement de ses vœux une candidature Hollande à la présidentielle (!!!), et LFI à sa suite, parlent de « trahison », franchissement du Rubicon, etc. Mais la masse des travailleurs n’est pas indifférente aux « petits gains » et « petits reculs » que le PS dit engranger et qui, répétons-le, proviennent en réalité, fondamentalement, de la puissance sociale du salariat et de ses mobilisations.
Et LFI a pour horizon la présidentielle, à la date de 2027, donc, comme toutes les directions politiques des partis ayant obtenu aux élections de 2024 la majorité relative à l’Assemblée, comme le PS, le maintien en place de cet exécutif, quelles que soient les rodomontades sur la « destitution » !
Les fausses « motions de censure » du RN et de LFI.
Mercredi dernier, deux motions de censure n’ont pas eu la majorité à l’Assemblée nationale, l’une de LFI, l’autre du RN. Elles se ressemblaient beaucoup l’une et l’autre par ce sur quoi elles portaient et ce sur quoi elles ne portaient pas.
Elles ne portaient pas sur le budget, donc pas sur la politique antisociale du gouvernement. Nous invitons nos lecteurs à vérifier sur pièce : rien sur ce sujet en dehors de l’agriculture, ni dans celle de LFI, ni dans celle du RN. L’une et l’autre voulaient censurer le gouvernement sur l’accord UE/Mercosur, au nom des intérêts de « l’agriculture », mettant dans le même sac les industriels céréaliers et éleveurs et les petits paysans. La motion de LFI ajoutait à cela le retour de Maduro « sans condition » sur le sol vénézuélien, en ne disant pas un mot du maintien du régime de Maduro sans Maduro voulu par Trump : c’est là se prononcer sans le dire pour le retour de Maduro à la présidence, ce qui est également l’axe des récentes attaques de J.L. Mélenchon contre la CGT (voir ici la réponse de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT).
Dans la suite du texte, il est appelé à « sortir de l’OTAN » au moment précis où l’OTAN devient un champ d’affrontement entre Europe et Canada d’un côté, États-Unis de l’autre : le premier ministre canadien, après la première ministre danoise, vient de déclarer que l’article 5 du traité fondateur de l’OTAN (intervention militaire en cas d’agression contre un pays membre) doit s’appliquer au Groenland dans tous les cas de figure, ce qui veut dire y compris en cas d’agression étatsunienne !
Et nous avons encore dans cette motion ce bla-bla : « ne pas s’engager militairement en Ukraine sous l’égide d’un plan voulu et dirigé par les États-Unis pour ses seuls intérêts et affirmer une véritable politique indépendante de tout Empire en recherchant des partenariats avec tous les pays voulant œuvrer à restaurer le droit international », bla-bla qui ne veut rien dire d’autre que lâcher complètement l’Ukraine !
Il faut dire ce qui est : à la lettre, la motion de censure de LFI est, sur la même ligne qu’elle, pire que celle du RN !
Cette ligne est celle du pseudo souverainisme conduisant à l’alliance avec Poutine et à la capitulation devant Trump, quelles que soient les rodomontades contre « l’impérialisme yankee », en retard d’une guerre, ou de plusieurs.
La motion de censure RN n’a été votée que par les groupes RN, ciottistes et 3 non-inscrits. Mais la motion de censure LFI l’a été par le RN, les ciottistes, les mêmes 3 non-inscrits, LFI, 13 députés du groupe GDR formé autour du PCF sur 17 et 32 députés sur 38 du groupe écologiste, parmi lesquels les camarades de l’APRES (Autain, Corbière, Davi, Simonnet) et François Ruffin.
Sans doute se sont-ils dits qu’il faut forcément censurer ce gouvernement. Mais il ne s’agissait pas d’une censure : elle ne portait pas sur sa politique antisociale, mais affirmait une ligne de politique internationale bel et bien convergente entre LFI et RN, c’est-à-dire s’inscrivant dans la convergence Trump/Poutine sous le masque des flonflons « souverainistes » et « anti-impérialistes ».
Lecornu a eu beau jeu de dénoncer cette convergence, qui l’arrange, ce qui ne signifie pas que sa propre politique étrangère soit la bonne : elle cherche le compromis avec Trump et Poutine, tout en étant contrainte d’envoyer une (toute petite) troupe au Groenland, elle envisage la question militaire en relation avec les industriels de l’armement et le nucléaire, et elle envisage la formation de combattants dans les formes bourgeoises et autoritaires traditionnelles de l’embrigadement de la jeunesse. Toutes choses qui mènent à l’échec, voire à la capitulation et à la collaboration, que le RN et l’union des droites, vrais gagnants de la manœuvre des deux fausses censures, mettront en œuvre s’ils arrivent au pouvoir.
Leçons politiques.
Contre Trump et Poutine, et sur chacun des axes de la politique militaire du gouvernement – les questions des trusts de l’armement (à leur profit ou sous contrôle social ?), de la nature des armes produites (bombes A ou drones individuels ?), et de la mobilisation (embrigadement de la jeunesse ou auto-organisation sociale ?), les questions internationales en général et celle d’une politique militaire démocratique en particulier, deviennent, on le voit bien là, des conditions à l’unité efficace pour battre sur le terrain national la politique illégitime, minoritaire et antisociale de l’exécutif Macron/Lecornu !
L’exécutif va devoir très vite, sans doute dans la semaine du 19 au 23 janvier, choisir comment sortir de son impasse budgétaire. Et dans cette même semaine, la niche parlementaire de LR jeudi 22 va comporter une attaque contre le statut du 1° mai. Devant la guerre qui vient comme devant les attaques antisociales, le prolétariat et la jeunesse vont être, eux aussi, sans attendre 2027, non pas entrer en mouvement car ils le sont déjà de manières multiples, mais unifier et centrer leur mouvement.
Le 18/01/2026.
16.01.2026 à 10:04
aplutsoc
La République islamique d’Iran est secouée depuis plus de deux semaines par une vague de manifestations de masse, la plus importante depuis 2022. Ces manifestations se déroulent dans un contexte de crise économique profonde, de chute vertigineuse du rial iranien, d’inflation dépassant les 40 %, de forte hausse des prix des denrées alimentaires, du carburant et du logement, ainsi que de corruption systémique au sein des structures gouvernementales. La situation est aggravée par la sécheresse prolongée la plus grave qu’ait connue l’Iran ces dernières années, elle-même exacerbée par le changement climatique, qui provoque des perturbations de l’approvisionnement en eau et des pénuries alimentaires. À cela s’ajoutent la stagnation politique, le renforcement du contrôle théocratique, les nouvelles restrictions imposées aux droits des femmes, la discrimination à l’encontre de différentes catégories de la population et la répression brutale exercée par le Corps des gardiens de la révolution islamique et les forces paramilitaires du Bassidj.
Les manifestations actuelles s’inscrivent dans la continuité d’une vague de mécontentement social qui déferle sur l’Iran depuis quelques années. Ainsi, entre 2017 et 2018, puis entre 2019 et 2020, des vagues de manifestations et de grèves ont déjà secoué le pays , exacerbées par la dégradation de la situation socio-économique, la flambée des prix du carburant et les pénuries de pain, d’eau et d’électricité. Le point de départ symbolique du mouvement de protestation actuel fut le meurtre, en septembre 2022, de Mahsa Amini, une étudiante kurde de 22 ans, arrêtée par la police des mœurs pour avoir prétendument porté le hijab de manière incorrecte. Après son arrestation, la jeune femme fut sauvagement battue et mourut à l’hôpital. Sa mort déclencha des manifestations à travers tout le pays, sous le slogan « Femme, Vie, Liberté », qui, malgré la violence des violences, ne brisèrent pas la résistance de la société.
Les événements en Iran auront un impact considérable sur le monde entier et sur notre pays en particulier. Alors que la Russie de Poutine utilise, entre autres, des drones iraniens pour terroriser la population ukrainienne et attaquer les infrastructures civiles avec des intentions génocidaires, exposant des millions de personnes au risque de mourir de froid sans chauffage ni électricité, la solidarité des Iraniens ordinaires va aux victimes. Il est significatif que peu après le début de l’invasion russe, l’une des figures de proue du féminisme iranien, Nasrin Sotoudeh, ait exprimé sa solidarité avec les Ukrainiens. Divers secteurs de l’opposition iranienne, y compris la gauche radicale , ont également déclaré leur soutien indéfectible à la résistance ukrainienne face à l’agression russe.
La vague de protestations actuelle a éclaté fin décembre dernier pour des raisons économiques. Le mouvement a débuté par des grèves de petits commerçants et boutiquiers des bazars de Téhéran, qui ont fermé leurs boutiques en masse, incapables de résister à la dévaluation du rial et à la baisse du pouvoir d’achat de la population. Ils ont rapidement été rejoints par les habitants des quartiers populaires de la capitale, puis par les étudiants. Tout cela confirme que la colère populaire continuera de s’exprimer jusqu’à ce que l’omnipotence du clergé théocratique soit renversée.
En quelques jours, une vague de protestations a déferlé sur des dizaines de villes à travers le pays, de Téhéran et Mashhad à Shiraz, Ispahan, Kermanshah, et des centres industriels plus modestes. Les revendications socio-économiques se sont rapidement muées en slogans politiques explicites : « Mort au dictateur », « À bas le régime des ayatollahs », « Du pain, la liberté, la dignité » (une variante du slogan traditionnel de divers groupes socialistes iraniens, qui peut également inclure des revendications en matière de logement et d’emploi).
La vague actuelle de mobilisation protestataire, comme les précédentes, présente un caractère de classe clairement affirmé. Le mouvement de protestation repose sur les fondements suivants :
Ce sont les quartiers populaires et les petites villes qui sont devenus les foyers des affrontements les plus violents avec les forces de sécurité. Dans de nombreuses régions, les funérailles des manifestants tués se transforment en nouvelles manifestations antigouvernementales. La contestation prend de plus en plus l’allure d’un soulèvement national des pauvres et des opprimés contre l’oligarchie théocratique, dont le régime est qualifié de clérical-fascisme par l’opposition de gauche.
Cette évolution des événements n’est pas surprenante, compte tenu des traditions de protestation continues du pays, et aussi du fait que, comme l’ont noté des anarchistes locaux dans une interview accordée au magazine « Common », « le fossé entre le peuple et l’élite dirigeante s’est tellement creusé qu’il semble que l’élite et le reste de la société vivent dans deux mondes complètement différents : ils ne parlent pas la même langue et n’ont aucun point commun culturel, social, religieux ou politique. »
Dans l’espace médiatique, la figure emblématique des manifestations est Reza Pahlavi, fils du Shah Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution populaire de 1979. Il a publiquement soutenu les manifestants américains et appelé à des grèves nationales. Les médias occidentaux tentent de le présenter comme un potentiel « père shah » et une figure rassembleuse pour la nation.
En réalité, il est impossible d’imaginer un candidat plus inadapté à ce rôle. Le vieil « héritier du trône » n’est rien de plus que le chef (voire le principal instigateur) de l’une des nombreuses factions de l’opposition iranienne, pourtant très diverse – comme, par exemple, Maryam Rajavi, de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) et du Conseil national de la résistance iranienne. De plus, les dirigeants en exil des monarchistes et des anciens socialistes islamistes de l’OMPI entretiennent des liens très ténus avec les masses contestataires à l’intérieur du pays.
Ainsi, tous les manifestants ne voient pas Reza Pahlavi comme un futur monarque ou un futur chef politique.
Au final, le despotisme de son père était tout aussi tyrannique et répressif que celui des ayatollahs qui lui ont succédé – simplement non pas anti-occidental, mais pro-américain.
Après s’être emparé du pouvoir absolu lors d’un coup d’État en 1953, au profit des multinationales, contre le Premier ministre de centre-gauche Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé l’industrie pétrolière iranienne, le Shah a transformé son service de renseignement, la SAVAK, en l’un des plus tristement célèbres pour ses méthodes de torture et de terreur. Il n’est donc pas surprenant que, pour une part importante de la société iranienne, le souvenir du régime du Shah soit associé à l’autoritarisme, aux inégalités sociales et à la dépendance envers l’Occident. Les forces de gauche, les syndicats et les étudiants radicaux, ainsi que les représentants de nombreuses communautés ethniques autres que celle qui porte le titre de Shah, se montrent particulièrement sceptiques à l’égard de Pahlavi.
Le Syndicat des travailleurs des bus de Téhéran et de sa banlieue , l’un des plus importants syndicats indépendants du pays, a déclaré s’opposer à « la restauration d’anciens régimes autoritaires » et a appelé les travailleurs protestataires à former leurs propres représentants et instances d’autogestion. Pour eux, l’objectif de la protestation n’est pas le retour de la monarchie, mais le renversement de la dictature théocratique et l’instauration d’une véritable démocratie sociale et politique.
Il est crucial d’éviter que ne se reproduise la situation de 1979, lorsque, après la chute du régime haï de tous, les fruits de la révolution purent être accaparés par ses membres les plus conservateurs. Car, depuis le soulèvement anti-Shah, la lutte en Iran n’a jamais cessé, non pas pour la survie, mais pour la mort, entre ses forces motrices : d’une part, les fondamentalistes religieux réactionnaires, et d’autre part, les courants démocratiques opposés, principalement la gauche, au sein de laquelle les mouvements ouvriers et féministes ont joué un rôle déterminant . Du côté de ces derniers se trouvait et demeure l’intelligentsia iranienne progressiste, et notamment la puissante tradition du cinéma critique.
Le régime de l’ayatollah Khamenei a systématiquement réprimé les soulèvements par des arrestations massives, l’usage de munitions réelles, la torture, des exécutions extrajudiciaires et des menaces d’exécutions de masse. L’Iran est déjà le pays qui exécute le plus d’habitants au monde, à égalité avec une autre théocratie réactionnaire, l’Arabie saoudite, et les ayatollahs brandissent désormais la menace d’un nombre encore plus effroyable de condamnations politiques.
Des milliers de personnes ont déjà été arrêtées , et on dénombre plus de 2 000 morts violentes – et ce ne sont là que les chiffres officiels (l’opposition avance déjà le chiffre d’au moins 12 000 morts possibles). Les forces de sécurité n’hésitent pas à prendre d’assaut les hôpitaux. L’accès à Internet est périodiquement coupé dans le pays afin d’isoler les manifestants du monde extérieur et de poursuivre le massacre à la faveur de ces coupures.
Dans le même temps, la région est confrontée à un risque croissant d’intervention militaire directe des États-Unis et d’Israël, qui pourraient tenter d’exploiter la crise pour frapper l’Iran et renforcer ainsi leur position au Moyen-Orient. Un tel scénario, celui d’une nouvelle aventure impérialiste irresponsable, risque de déclencher une guerre civile, d’aggraver encore le nombre de victimes et de déstabiliser davantage la région, conduisant à une situation encore plus catastrophique pour les populations de Palestine et du Kurdistan.
Trump se présente déjà comme un « défenseur » non sollicité des victimes du régime iranien, un rôle que la propagande iranienne instrumentalise contre les manifestants. Cette attitude est d’autant plus cynique que lui et son administration, à l’instar de leurs alliés iraniens, qualifient les manifestants de « terroristes » et justifient le meurtre de civils (comme celui de Renée Goode, abattue par un agent de l’ICE).
Les manifestants iraniens risquent de se retrouver pris en étau entre deux feux : une dictature théocratique à l’intérieur du pays et les intérêts impérialistes des États-Unis et d’Israël à l’extérieur, sans parler de la concurrence pour le pétrole et les ressources avec leurs voisins les plus proches (eux aussi antidémocratiques), comme le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït. Lorsque les gouvernements d’extrême droite d’Iran, des États-Unis et d’Israël tentent de prendre le peuple iranien en otage, la gauche internationale doit l’aider à affirmer sa propre subjectivité et son indépendance, surtout lorsque nos ennemis cherchent à instrumentaliser ce sentiment pour inciter à la xénophobie anti-musulmane ou à opposer le soutien aux manifestants iraniens à la solidarité avec les victimes du génocide à Gaza ou de la guerre au Soudan.
Dans ces conditions, il est honteux de constater comment certains partisans de « l’anti-impérialisme des imbéciles », qui ont finalement troqué l’internationalisme et l’analyse de classe contre des futilités géopolitiques – souvent les mêmes qui ont applaudi l’agression russe contre l’Ukraine – non seulement nient la solidarité des travailleurs iraniens, mais la manifestent au contraire par le biais du régime fondamentaliste sanglant des religieux et du capital local, responsable de l’exécution de milliers de communistes et autres militants de gauche. Ces complotistes vont plus loin que le président iranien Pezeshkian lui-même, contraint d’admettre que si le peuple est mécontent, c’est la faute du gouvernement et non celle d’une puissance étrangère – car ils perçoivent les manifestations populaires de millions de personnes comme une manœuvre des services secrets étrangers ou quelque autre délire.
Parallèlement, même l’actuel président iranien, Massoud Pezeshkian, a été contraint de reconnaître que les causes du mécontentement populaire sont internes et liées aux politiques du gouvernement.
Le Mouvement social (SR) ukrainien appelle la gauche internationale à se solidariser avec les manifestants iraniens et à nouer des liens avec les collectifs ouvriers et les étudiants révolutionnaires iraniens sur le terrain. Il ne s’agit pas de soutenir la restauration d’une monarchie moribonde, encouragée par des forces extérieures, mais de lutter pour le véritable développement démocratique du pays, auquel aspirent les Iraniens persécutés et affamés.
L’Iran n’a pas besoin d’un nouveau « dirigeant fort », mais de la dissolution de l’État théocratique, d’une restructuration fondée sur l’auto-organisation, de l’émancipation des femmes et des minorités, de la liberté syndicale et politique, et de conditions de vie décentes pour les ouvriers et les paysans. L’avenir de l’Iran ne doit pas être décidé par les ayatollahs, ni par les généraux du Corps des gardiens de la révolution, ni par des individus malhonnêtes autoproclamés, ni par des impérialistes étrangers, mais par le peuple iranien lui-même.
Aujourd’hui, les rues des villes iraniennes sont devenues le théâtre de la lutte pour le pain, la liberté et la dignité. Le sort de l’Iran, mais aussi l’équilibre des pouvoirs dans tout le Moyen-Orient, en dépendent.
Solidarité avec les rebelles, solidarité avec tous les opprimés !
SR, 15 janvier 2026.
Source : https://rev.org.ua/iran-na-mezhi-socialnij-vibux-proti-teokrati%d1%97-bidnosti-ta-represij/
16.01.2026 à 09:40
aplutsoc
« Ils profitent de notre malheur pour s’enrichir » : les habitantes de Marioupol sont indignées par les occupants.
A visage découvert, les femmes de Marioupol dénoncent les forces d’occupation russes.
Les anciennes résidentes des immeubles situés sur l’avenue Mir, les rues Bogdan Khmelnitsky, Kuprin et Zelinsky ont enregistré une vidéo. Selon elles, leurs maisons ont été démolies par les occupants russes en 2022.
Les habitantes de Marioupol, désespérées, ont enregistré une vidéo dans laquelle elles déclarent :
« Nous errons d’appartements loués en appartements loués… Les promoteurs immobiliers profitent de notre malheur et s’enrichissent. Mettez fin à l’arbitraire en matière de logement », déclarent les femmes désespérées.
Au cours des quatre années d’occupation, les envahisseurs ont officiellement mis fin au programme de logement « de compensation », laissant des milliers de familles de Marioupol à la rue. À présent, les pseudo-autorités locales promettent d’attribuer des logements dits «sans propriétaire », c’est-à-dire des appartements illégalement confisqués aux habitants contraints de quitter la ville en raison du blocus et de l’occupation russes. Les logements sont placés sous le contrôle de l’administration locale d’occupation. En octobre, il a été rapporté que plus de 1 500 appartements avaient déjà été « nationalisés » de cette manière.
15 janvier 2026
Patrick Le Tréhondat (RESU)
16.01.2026 à 09:31
aplutsoc
Peuple iranien, vie, liberté.
C’est avec ce slogan (femme, vie, liberté) que le mouvement des femmes a bouleversé le monde en 2022. Les Iraniennes se sont dressées contre le régime théocratique prêt à tout pour se maintenir et imposer une société faite de dominations, d’obscurantisme et de brutalités. Ces femmes voulaient pouvoir enfin vivre comme elles le désirent. Leur mouvement avait été réprimé comme l’avaient été les révoltes de 2009 et 2019.
Aujourd’hui, c’est toute la société iranienne qui s’est levée contre le pouvoir des mollahs. La vie en Iran est devenue hors de prix et si instable que les petits commerçants, à bout de souffle, se soulèvent. La confiscation économique va de pair avec la confiscation politique : fortunes captées par les proches du pouvoir, corruption, milices et polices parallèles utilisées pour faire taire, intimider, punir.
Une nouvelle fois, les Iraniennes et Iraniens qui contestent subissent la violence inouïe d’un régime qui a coupé internet à la population et coupé l’Iran du reste du monde, un régime qui combat les manifestant.es à la mitrailleuse. Les ONG évoquent des centaines de morts et le bilan risque d’être plus lourd encore.
Nous ne devons pas laisser écraser cette révolution. Notre solidarité doit se manifester partout dans l’unité. La gauche doit être au premier rang, sans hésitations, pour défendre le peuple iranien et l’aider à renverser cette république islamique qui n’a que trop opprimé sa population.
La solidarité avec le mouvement en cours en Iran exige que la France et l’Union européenne, muettes face aux brigandages de Trump, agissent pour aider le peuple d’Iran par des sanctions contre le régime, mais aussi en permettant le rétablissement des communications internationales, essentielles pour éviter l’étouffement de la mobilisation populaire par le pouvoir.
L’alternative au régime des Mollahs ne peut pas être un retour en arrière. La chute de la République islamique ne justifie ni la restauration d’un trône, ni le recyclage des anciennes élites. Les Iraniennes et Iraniens doivent pouvoir choisir leur destin, avoir le droit de vivre libres, de reprendre le pouvoir sur leur corps, leur travail, leur avenir. L’émancipation ne se délègue pas, elle se construit par les mobilisations populaires et se fonde sur la démocratie.
Danielle Simonnet
Source : L’APRES hebdo du 16 janvier 2026.
15.01.2026 à 21:34
aplutsoc2
La situation internationale connait une accélération, selon des lignes visibles depuis des années et plus particulièrement depuis l’avènement du second Trump à la présidence des Etats-Unis.
Le fait le plus important est l’explosion révolutionnaire en Iran. Mais depuis une semaine, c’est la semaine sanglante. Les masses iraniennes sont de toute façon irréconciliables avec un régime et des institutions – mosquées comprises – dont elles veulent la destruction. Mais le massacre est de l’ordre de dizaines de milliers de morts. C’est la méthode syrienne : à défaut de calmer les masses, on les tue.
Trump a soi-disant menacé d’intervenir, les bases américaines au Qatar ont connu un début d’évacuation, puis il a annoncé que les tueries avaient cessé. De toute évidence, quel que soit le degré de conscience de Trump qui n’est pas un sujet, ses menaces, comme la mise en avant du prince héritier, ont couvert la répression en créant un effet d’attente sur une éventuelle intervention. Mais kidnapper Khamenei le motivait moins que kidnapper Maduro.
Dans les deux cas, Iran et Venezuela, ce qui l’inquiète, ce sont les masses. Alors, bien entendu, les milieux internationalistes veulent affirmer leur solidarité tout en s’opposant à ces « ingérences » dont ils perçoivent le caractère contre-productif.
Il faut soutenir à fond leurs initiatives. Mais il y a quelque chose à leur dire. Comment être efficace dans le soutien tout en rejetant ces ingérences que certains perçoivent parfois comme la seule bouée de sauvetage ?
Il y a une réponse à cette question. Elle suppose que l’on s’oriente vers les questions centrales de la force dans l’ordre social, la question du pouvoir et la question des armes.
Ce sont DES ARMES qu’il faut TOUT DE SUITE aux peuples d’Iran. Des armes, et pas Trump !
Bien entendu, les mêmes qui disent vouloir intervenir, mais à cette heure ne l’ont pas fait et n’ont fait en réalité qu’aider Khamenei, ne veulent surtout pas fournir des armes aux insurgés. C’est donc bien là la revendication que la solidarité internationaliste doit mettre en avant, les armes ne seront pas données, elles seront arrachées.
Si l’on objecte qu’il n’y a pas en Iran de structures organisées aptes à s’armer, trois remarques s’imposent. D’abord, cette objection est abstraite : le problème de dizaines de millions d’iraniens est de ne pas se faire tuer et d’être vainqueurs et pas morts. Ensuite, ce n’est pas complétement vrai : le conseil ouvrier d’Arak ou les syndicats indépendants à Téhéran, parmi les chauffeurs de bus ou les enseignants, existent. Mais surtout, dans notre période historique de crise totale, les choses ne se conforment pas à l’ordre théorique dans lequel elles sont censées se produire. Quand une grève de masse s’étend, les ateliers et les bureaux partent en grève avant d’avoir défini leurs revendications. La grève parfois précède le syndicat. A Minneapolis, la question de l’autodéfense armée est posée contre ICE, dans un mouvement de masse de défense de la démocratie et même de la constitution. Faut-il attendre qu’il y ait des soviets ou des conseils pour s’armer quand les armes deviennent la condition d’existence de toute action de masse ?
C’est là le caractère de notre époque. Bien sûr, poser la question des armes n’est pas y répondre d’un coup. Mais elle se pose et ne pas le dire n’apportera d’autre réponse que les cimetières, et même pas les cimetières, mais les bâches en plastiques pour cadavres défigurés.
Cette question s’est posée en Syrie au printemps 2011 et ceci a déterminé toute la suite terrible des évènements. L’Ukraine a elle aussi besoin d’armes, et les Palestiniens aussi alors que le Hamas les a expropriés de leur propre combat, les a désarmés en fait, et les expose aux coups.
Le second fait central de ces derniers jours est le Groenland. Trump et Vance, qui font les divas et les biches à propos de l’emploi de la force en Iran, font les taureaux et les forts des Halles s’agissant du Groenland.
Menace russo-chinoise ? Foutaise.
Terres rares ? Pas l’essentiel.
Bouclier anti-missile ? S’ils l’exigeaient gentiment, l’OTAN et le Danemark leur offriraient son implantation au Groenland.
Mais qu’est-ce qu’ils ont donc avec le Groenland ?
Réponse : attaquer le Groenland c’est amorcer l’attaque militaire contre l’Europe.
Depuis un an, la guerre sur deux fronts menace l’Europe. Elle vient. Et quand Poutine déclare « hausser le ton » à propos de la « présence de l’OTAN » au Groenland, ce ne sont pas les Etats-Unis qu’il menace. C’est l’Europe. De concert avec les Etats-Unis.
La France (qui avait commencé discrètement depuis des mois), l’Allemagne, la Suède, la Norvège, envoient des soldats au Groenland, officiellement pour assurer sa protection contre la prétendue menace russo-chinoise, quasi ouvertement dans l’espoir que cette petite présence militaire dissuadera l’agression étatsunienne.
Aussi dérisoire et biaisé que cela paraisse, le fait est là : les puissances européennes ont amorcé des opérations militaires, à reculons et en tremblant, dirigées en réalité contre l’attaque américaine qui vient.
Les questions militaires sont les questions politiques centrales du monde parce que la force armée définit le pouvoir d’Etat. Armer les Ukrainiens pour qu’ils repoussent les armées russes, envoyer des armes aux insurgés iraniens pour qu’ils se défendent, ce qui suffirait à faire tomber la République islamique, combattre en Europe pour des gouvernements démocratiques prenant en compte les besoins sociaux de la majorité et donc le besoin de défense populaire et armée contre Trump et Poutine, donner ainsi l’impulsion de la victoire à la résistance démocratique majoritaire du peuple américain contre Trump, tout cela fait sens et bloc.
Et tout cela ne conduit pas à la guerre mondiale, c’est au contraire la condition nécessaire pour l’éviter, en prenant l’autre voie, celle de la démocratie, de l’écologie, de la révolution.
VP, le15/01/26.
15.01.2026 à 14:52
aplutsoc
Présentation :
Le samedi 17 janvier 2026 auront lieu partout en France ( 15H à Paris, place du Panthéon ) des initiatives de diverses formes (rassemblements ou manifs) de soutien au peuple iranien et sa mobilisation contre le régime théocratique des mollahs. Aplutsoc appelle ses ami-es et lecteurs à participer massivement à ces actions.
La concomitance des mobilisations engagées depuis 15 jours par les femmes, les jeunes et les travailleurs d’Iran contre la dictature sanguinaire et des événements provoqués par Trump par son intervention au Venezuela, rend absolument nécessaire une mobilisation internationale de soutien aux peuples d’Iran et du Venezuela qui fasse la différence, contre Trump et ses meilleurs ennemis que sont les régimes maduriste et iranien, pour le droit des peuples contre tous leurs ennemis internes (les dictateurs et les exploiteurs) et leurs ennemis externes (les impérialistes cherchant à conserver ou étendre leurs zones d’influence et de prédation respectives).
Nous reproduisons ci-dessous plusieurs appels à cette mobilisation.
Document 1
Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.
À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.
Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.
Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.
Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.
Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.
Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.
Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.
Nous, acteurs de la société civile, exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.
Nous appelons à une mobilisation massive en soutien au peuple iranien samedi 17 janvier 2026 à Paris (lieu et horaire à définir), et partout en France.
Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.
À bas les dictateurs !
Femmes, vie, liberté vit et vaincra !
Signataires :
Iran Justice, LDDHI (Ligue des droits de l’Homme en Iran), Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), Cedetim Ipam, Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (RESU), Confédération générale du travail (CGT), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), France Kurdistan, Institut Ouïghour d’Europe, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Russie-Libertés, SOS Racisme, Ukraine CombArt…
Les organisations syndicales françaises, CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires expriment leur plein soutien aux mobilisations en cours en Iran, qui se déroulent dans un contexte d’effondrement économique, d’hyper inflation et d’explosion de la pauvreté.
Face à cette colère légitime et à une mobilisation puissante, la République islamique d’Iran répond par une répression accrue, des violations massives et systématiques des droits humains et d’atteintes répétées aux libertés fondamentales. Aujourd’hui, les manifestant.es déplorent des centaines de morts, des arrestations massives, des détentions arbitraires et des violences les visant. Les forces de “maintien de l’ordre” interviennent jusque dans les hôpitaux où des blessé.es sont soigné.es.
Depuis plusieurs semaines, les autorités iraniennes ont intensifié les arrestations arbitraires, multiplié les violences et les entraves graves aux droits de la défense, prononcé de lourdes condamnations à l’encontre des manifestant·es, des syndicalistes et des défenseur·es des droits humains.
Les revendications sociales et syndicales sont systématiquement criminalisées, l’appareil judiciaire et sécuritaire instaure un climat de peur pour étouffer toute forme de contestation collective.
Ces pratiques sont en violation flagrante des engagements internationaux de l’Iran, notamment des Conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et des Pactes internationaux relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels
Les organisations syndicales dénoncent la criminalisation systématique des revendications sociales et syndicales, ainsi que l’utilisation de l’appareil judiciaire et sécuritaire pour faire taire toute contestation. Elles rejettent également les tentatives d’ingérence extérieure provenant, notamment, des États-Unis et d’Israël.
Les femmes occupent une place importante dans les mobilisations actuelles en Iran, qui ont repris depuis fin décembre dans de nombreuses villes du pays. Leur engagement ne se limite pas à des revendications économiques, mais s’inscrit aussi dans une contestation plus
large des atteintes aux libertés fondamentales et de la ségrégation de genre imposée par le régime des mollahs.
Elles subissent une répression spécifique particulièrement violente : arrestations massives, détentions arbitraires, viols et violences physiques en tous genres… Les jeunes sont également au cœur des mobilisations et figurent parmi les premières cibles de la répression.
Nombre d’entre eux/elles sont arrêté.es, lourdement condamné.es, et certain.es exécuté.es à l’issue de procédures expéditives, dans une stratégie assumée de terreur visant à dissuader la jeunesse iranienne de s’engager et de se mobiliser.
Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires réaffirment leur attachement indéfectible à la solidarité internationale entre les travailleuses et les travailleurs et entre les peuples. Elles appellent les autorités françaises, européennes et l’ensemble des instances internationales compétentes à agir sans ambiguïté et avec détermination pour exiger la fin immédiate de la répression, le respect des libertés fondamentales et la protection effective des personnes mobilisées.
Elles exigent notamment :
Les organisations syndicales françaises continueront à porter ces exigences dans toutes les instances nationales, européennes et internationales.
Elles apportent leur soutien aux travailleuses, travailleurs et à l’ensemble de la société civile iranienne dans leur mobilisation pour la justice sociale et les libertés fondamentales.
Elles appellent à se joindre au rassemblement le samedi 17 janvier à Paris à 15h, place du Panthéon.
Paris, le 13 janvier

Depuis le 28 décembre, les manifestations contre la crise économique sans précédent qui accablent la population en Iran ont gagné en intensité pour toucher l’ensemble des classes de la société et des régions.
Nourri-es des acquis des révoltes de ces dernières années et prêt-es à en découdre, les manifestant-es réclament aujourd’hui sans aucune ambiguïté la chute de ce régime dictatorial, théocratique, militarisé et misogyne.
Comme elles le font depuis 47 ans, les autorités massacrent impitoyablement les manifestant-es, les témoins sur place font état d’un usage massif de la force, d’arrestations arbitraires, de tortures et de sévices en détention.
Les manifestant-es blessé-es sont traqué-es jusque dans les hôpitaux, et ce sont des images de véritables charniers qui nous parviennent heure après heure.
Nous, collectifs féministes et associations de défense des droits humains de la société civile en diaspora, disons notre rejet de la République islamique qui tire à balles réelles sur sa propre population.
Nous sommes solidaires des Iraniennes et des Iraniens en lutte contre leur dictateur et en accord avec leurs aspirations légitimes à une vie libre et digne dans une société égalitaire.
Nous soutenons les manifestant-es issu-es de la société civile et les militant-es qui réclament leurs droits les plus élémentaires face à un État qui commet des crimes contre les femmes, les minorités sexuelles et de genre, les groupes ethniques et nationaux minorisés, les classes populaires, les Afghan-es (immigré-es et descendant-es), les opposant-es, et ce depuis ses premiers jours d’existence.
Fidèles au slogan « Femmes, Vie, Liberté » et au mouvement émancipateur qui l’a porté en 2022, nous réaffirmons qu’aucun peuple n’est libre tant que sévit l’apartheid de genre, à l’instar de ce que vivent les Iraniennes qui subissent chaque jour les lois de la République islamique.
En écho à ces révoltes, et alors que la population en Iran est mise à l’isolement en raison des coupures massives d’internet orchestrées par les autorités, nous témoignons de la diversité de l’opposition à la République islamique.
Nous demandons à ce que cette diversité soit entendue ici. La solidarité internationale n’a besoin ni d’hommes providentiels, d’où qu’ils viennent, ni d’ingérence étrangère.
Nous voulons la chute de la République islamique, l’égalité, la fin des discriminations systémiques, le droit à l’auto-détermination.
Vive la solidarité internationale ! Vivent les peuples en lutte ! Femmes, vie, liberté !
À l’appel de :
Rendez-vous samedi 17 janvier 2026 à 15h Place du Panthéon
Solidarité avec les Iranien·nes en lutte pour la démocratie, la liberté et l’égalité en Iran
Ni clercs, ni sauveurs suprêmes : Jina est notre guide !
Pour l’autodétermination des peuples !
Femmes vie liberté vit et vaincra !