03.05.2026 à 08:52
aplutsoc2
Les manifestations et rassemblements de ce 1° mai, d’environ 300 000 participants, ont eu le caractère de préliminaires, de recherche, des batailles qui sont devant nous. La présence de la jeunesse a été très significative, souvent prépondérante dans les grandes villes.
Les discours syndicaux, lorsqu’ils sont écoutés s’ils ne sont pas trop rituels, outre les revendications (salaires, retraites, inflation), traitent souvent de « la paix » et de l’extrême droite, voire de la lutte contre le fascisme. Le pacifisme, surtout mis en avant par FO et des secteurs de la CGT, s’oppose de plus en plus explicitement à la lutte contre l’extrême droite. Nous appelons au débat sur ce point très important.
La veille de ce 1° mai, le Conseil d’Etat, par plusieurs saisines initiées par nos camarades de SUD-Commerce – et qui auraient dû l’être par les confédérations !-, a de fait désavoué Lecornu. Or, celui-ci, avec le soutien de Wauquiez et du RN, a récidivé dans la provocation, se rendant dans des boulangeries qui ont fait illégalement travailler leurs salariés. Cette bataille va donc continuer : la lutte sociale, ici, soulève de front la question de l’Etat de droit. Lecornu s’est là positionné de façon décisive : non seulement contre le droit des salariés et pour la hausse du temps de travail, mais pour le viol de la loi, donc pour la destruction du droit. On ne saurait mieux paver la voie à l’extrême droite et à l’ « union des droites » trumpo-poutinienne …
Dans cette situation, l’heure n’est pas aux provocations à la division, comme l’entartrage d’Olivier Faure, acte qui sert le RN, le gouvernement et le patronat. L’heure est au combat non pour l’unité en général, mais pour IMPOSER l’unité, dans la lutte sociale comme dans la présidentielle, et donc pour fonder l’unité sur la lutte pour interdire l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite trumpo-poutinienne en France.


30.04.2026 à 17:48
aplutsoc2
Le Conseil d’Etat après l’audience d’hier a rendu son jugement, que nous publions ci-dessous.
Ce type de document est d’une lecture peu accessible au prolétaire normalement constitué, donc nous traduisons : les camarades, et avec eux les syndicats CGT qui ont appuyé leur démarche et le groupe parlementaire écologique et social avec la députée de L’APRES Danielle Simonnet, ont gagné, mais le jugement ne dit surtout pas une chose pareille.
Ce qu’il dit, en synthétisant et en simplifiant, c’est que leur saisine était fondée, mais qu’elle a été annulée sur le fond entretemps car Lecornu avait remplacé son premier communiqué de presse validant l’illégalité par un autre plus prudent, lequel ne pose aucun problème au regard de la loi même s’il peut entretenir des « confusions dans le public ». Moyennant quoi, les plaignants recevront 1000 euros de l’Etat par syndicat !
Donc, en clair : on ne veut pas condamner Matignon et c’est bien la loi, et la loi au jour d’aujourd’hui, qui peut seule s’appliquer, mais on ne dira pas que le gouvernement la met en cause, mais les syndicats plaignants avaient de bonnes raisons de le faire !
Comme il se trouve qu’en fait Matignon s’oppose bel et bien à la loi, quoi que sur la défensive, le droit s’avère donc utile mais n’apportant pas de solution au conflit, car celui-ci relève de la lutte des classes :
« Le capitaliste se réclame de son droit d’acheteur quand il cherche à rendre la journée de travail aussi longue que possible et à faire deux journées de travail en une seule. D’un autre côté, la nature spécifique de la marchandise vendue implique une limitation de sa consommation par l’acheteur, et le travailleur se réclame de son droit de vendeur quand il veut limiter la journée de travail à une grandeur normale déterminée. Il y a donc ici une antinomie, droit contre droit, l’un et l’autre portant le sceau de l’échange marchand. Entre des droits égaux, c’est la violence qui tranche. » (Marx Le Capital, livre 1, section 3 : le passage qui introduit la lutte des classes).
Le rapport de force : on va voir demain ce qui va se passer. Mais pour ce rapport de force, il faut diffuser largement et faire connaître le jugement du Conseil d’Etat, et dans les syndicats, dire qu’il aurait été du rôle des confédérations de le rechercher !
Ci-dessous : le jugement du Conseil d’Etat, les communiqués CGT, SUD-Commerce et de Danielle Simonnet.




30.04.2026 à 12:00
aplutsoc
À la suite de la réunion-débat fort dense tenue le 7 avril dernier sur le thème « Guerre, armements, question du pouvoir : quelle stratégie pour l’émancipation ? », le Comité de rédaction d’Aplutsoc organise une rencontre publique ce 1° mai, que nous avions évoquée à la fin de cette réunion-débat, et propose de la structurer sur les thèmes suivants :
1°) En Europe, y compris « occidentale », France comprise, les larges masses sentent et savent qu’il y a danger d’agression armée, non pas d’une façon générale comme le spectre de « la guerre » ou comme « des guerres » diverses et nombreuses, mais de manière tangible comme une menace qui porte deux noms : Poutine et Trump.
Le premier a attaqué l’Ukraine dès 2014, tente de la détruire depuis 2022, a vassalisé la Biélorussie et la Géorgie, menace la Baltique, la Moldavie et la Pologne, le second favorise les menées du premier, projette l’annexion du Groenland, l’un et l’autre appuient les extrêmes droites dans toute l’Europe ainsi que le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou qui veut détruire les Palestiniens et vassaliser le Liban, et avec lequel Trump agresse l’Iran tout en y favorisant la répression des peuples.
2°) Le sentiment massif du danger d’agression des impérialismes russe et nord-américain fonde la volonté de se défendre, mais celle-ci n’est pas de même nature que les politiques des gouvernements européens ainsi que des institutions de l’UE. Leurs attaques contre les droits sociaux, les services publics, ainsi que leurs menées illibérales contre les libertés démocratiques et les migrants, et la défense de ce qu’il leur reste de sphères coloniales dans le monde (« outremer » et zones maritimes françaises notamment), ne protègent pas les peuples de Trump et de Poutine, bien au contraire.
Il serait de la responsabilité des mouvements sociaux, du syndicalisme, et de la gauche et des écologistes s’ils veulent représenter les besoins de la majorité, de porter une politique de défense se distinguant des plans officiels de réarmement, susceptibles d’être saisis, eux, par l’extrême droite ou l’union des droites si elles parviennent au pouvoir, notamment en France.
3°) La lutte contre l’extrême droite et l’union des droites et la défense contre la menace militaire de Trump et de Poutine sont liées l’une à l’autre. Lutter contre le RN en France sans combattre Poutine ni défendre l’Ukraine, c’est au mieux combattre avec un bras attaché dans le dos, au pire faire le jeu du RN. Associer l’extrême droite et l’union des droites à Trump et à Poutine est un puissant moyen de les combattre dans l’opinion publique.
Ainsi, les attaques de Trump contre l’Espagne et celles d’un Retailleau en France voulant la mettre « au ban des nations » (sic !) sont parfaitement convergentes, et ceci doit être dénoncé publiquement et massivement.
Empêcher RN et union des droites de prendre le pouvoir en France est un combat qui peut être gagné, qui ne peut l’être qu’en étant relié à l’affrontement contre Trump et Poutine et qui serait une puissante victoire contre eux s’il réussissait. Inversement, l’accession au pouvoir de l’extrême droite dans le cadre des institutions présidentialistes autoritaires de la V° République française constituerait un basculement européen.
Autrement dit, la France est politiquement un champ de bataille préalable à l’éventuelle guerre menaçante. Repousser la guerre ne se fera pas par des appels pacifistes à « la paix en Ukraine » et à la négociation avec le pouvoir russe, mais par la défaite des trumpo-poutiniens en France.
4°) Par conséquent, la réalisation de l’unité tant pour combattre le déni de démocratie de Macron en œuvre depuis 2024 que sa suite qui serait l’arrivée au pouvoir du RN et/ou de l’union des droites, unité sociale et syndicale dans les grèves et dans la rue et unité politique dans les élections, a besoin de la clarté contre Trump et Poutine : sans clarté contre Trump et Poutine, pas de clarté contre l’extrême droite.
Le pacifisme politique à gauche est donc aujourd’hui un obstacle majeur au combat pour gagner dans les luttes sociales et politiques et battre l’extrême droite. Il faut le distinguer de la volonté de paix des larges masses, tout à fait normale et saine, mais qui, elle, comprend la nécessité de se défendre contre les tyrans et d’être avec les peuples opprimés. Aujourd’hui, l’incompatibilité entre social-pacifisme et antifascisme apparaît de plus en plus et va s’affirmer.
On le voit à l’occasion du congrès confédéral de FO et dans la préparation du 1° mai, où le POI, organisation qui contrôle en même temps l’appareil central de LFI, permet, au nom de la « lutte pour la paix » et « contre le bellicisme européen », de couper, jusqu’à présent, cette organisation syndicale de la lutte contre l’extrême droite, et de préparer le « dialogue social » avec le RN.
En conclusion, ce que nous tentons et proposons n’est pas seulement une discussion à la fois théorique, politique et technique sur les questions militaires sous l’angle du combat pour l’émancipation, discussion dans laquelle nous ne prétendons certainement à aucun monopole, mais est une démarche avant tout politique situant ces questions comme une composante indispensable du combat immédiat et quotidien dès maintenant. En outre, il est vraisemblable que ce soit ainsi que la réflexion sur les questions militaires puisse trouver un débouché, s’élargisse et ne tourne pas en rond.
De plus, la crise écologique, qui va s’accélérant, va pousser des couches massives des peuples et de la jeunesse à des affrontements contre les pouvoirs établis, pour la survie et pour l’avenir. Le combat écologique vital n’a d’autre issue, lui aussi, que de se combiner avec l’affrontement contre Trump et Poutine, dans lequel les dimensions d’organisation sociale, de lutte politique, et de préparation militaire, ne sauraient être séparées par des frontières étanches.
C’est donc dans cette optique politique précisée par la discussion que nous proposons de nous retrouver pour avancer et approfondir la manière de populariser et d’imposer une saisie émancipatrice des questions du présent comprenant nécessairement leur dimension militaire. Ce texte de présentation est loin de « cadrer » toutes les questions européennes et mondiales, et est concrètement marqué par la situation française, mais cette discussion est naturellement internationale.
Nous vous invitons donc à l’issue de la journée du 1° mai, à 20H en visio :
https://us06web.zoom.us/j/85828246055?pwd=vL8mddXv8UZyqjN1RixauhYjQEIP2L.1
29.04.2026 à 21:47
aplutsoc2
Ce jour certains médias ont commencé à réaliser qu’il se passe peut-être quelque chose : il existe encore des éléments de droit qui permettent de stopper le pur arbitraire en mode V° République en roue libre, quand un premier ministre pond un communiqué de presse susceptible de suspendre l’application de la loi !
Ce matin, Conseil des ministres et audience au Conseil d’Etat se sont suivis … Le gouvernement en difficulté se contredit, voir ci-dessous.
La fédération SUD-Commerce est à l’origine de ce fait. Réponse du Conseil d’Etat demain. Ci-dessous : son communiqué, et la réaction de la députée Danielle Simonnet.
A propos de la procédure engagée devant le Conseil d’Etat
Le 29 avril 2026
Ce matin s’est tenue l’audience relative au recours que nous avons introduit contre l’injonction du Premier ministre du 17 avril dernier, qui demeure d’actualité en dépit du communiqué « rectificatif » publié… la veille de l’audience !
Celle-ci permet, de fait, aux boulangers et fleuristes de déroger à la loi en vigueur depuis 1947, qui garantit le caractère férié, chômé et payé du 1er Mai en faisant travailler des dizaines de milliers de salarié6es ce vendredi.
Notre Fédération du commerce, modeste par sa taille mais déterminée dans son action, se félicite d’avoir remis ce sujet au cœur du débat public. Cette audience s’est tenue le jour même où était examiné en Conseil des ministres un projet de loi allant dans le même sens. Nous ne sommes pas dupes : l’objectif est d’étendre, dès l’an prochain, le travail du 1er Mai à l’ensemble de nos professions, comme cela a déjà été fait pour le travail dominical et nocturne contre lesquels nous nous sommes opposés avec la même fermeté.
Nous remercions notre conseil, Maître Comolet, pour son engagement à nos côtés devant le Conseil d’État. Nous saluons également le soutien apporté par d’autres requérants : des inspecteurs du travail, dont l’indépendance est ici mise à mal, plusieurs syndicats CGT ainsi qu’un groupe parlementaire de gauche.
Dans l’attente du délibéré qui sera rendu demain, nous appelons les salarié-es du commerce à renforcer les organisation syndicales, y compris au sein de la nôtre. Nous sortons de cette étape confortés dans notre détermination à défendre leurs droits au quotidien, que ce soit par le biais de notre permanence juridique ou grâce à l’action de nos délégué-es dans les entreprises et les différents secteurs d’activité.
Enfin, nous donnons rendez-vous ce vendredi 1er mai, à partir de 14 h, le long de la manifestation parisienne au métro Voltaire pour un point fixe organisé avec des salarié-es mobilisés, notamment de Biocoop Place des Fêtes.


28.04.2026 à 20:11
aplutsoc2
Il fallait des irréductibles syndicalistes pour faire ce recours, ils l’ont fait, et maintenant ils ne sont plus seuls. L’Union Départementale CGT de Paris et la CGT de l’Inspection du Travail se sont joints à eux.
Et d’autre part, dans des termes proches, le groupe écologiste et social de l’Assemblée nationale, les députés étant lésés par l’arbitraire de l’exécutif,représenté par la députée Danielle Simonnet, a également saisi le Conseil d’Etat à l’encontre du communiqué de presse de Matignon annonçant que la loi ne serait pas appliquée le 1° mai, pour « abus de pouvoir, piétinement du parlement, non respect de l’indépendance de l’Inspection du travail », comme l’écrit Danielle Simonnet.
Audience demain mercredi à 11h, après le Conseil des ministres : faites tourner !


28.04.2026 à 19:29
aplutsoc
Note d’information rédigée en réponse à une demande de camarades syndicalistes.
L’Ukraine Solidarity Campaign (USC) n’a pas pour objectif de défendre les politiques ou les positions du gouvernement ukrainien, que ce soit en matière de politique intérieure ou étrangère. Nous nous organisons aux côtés des syndicats et de la gauche ukrainienne pour nous opposer aux politiques de droite de leur gouvernement ; cela inclut les militants de gauche qui, l’année dernière, ont organisé des manifestations pour la Palestine en Ukraine, malgré la guerre et la loi martiale. Nous contribuons simultanément à la défense des droits du peuple ukrainien et à la résistance de l’Ukraine contre l’impérialisme russe, résistance dont font partie les syndicats ukrainiens et la gauche ukrainienne.
Cela dit, sur la question palestinienne comme sur d’autres sujets, des informations erronées circulent au sujet du bilan du gouvernement ukrainien et de celui du gouvernement russe. Quels sont les faits ?
Ukraine, Palestine et Israel
Volodimir Zelensky et d’autres leaders politiques ukrainiens ont parfois tenu des propos de soutien à Israël, ce qui peut raisonnablement être critiqué. Nous ne prétendons pas que le gouvernement ukrainien soit systématiquement pour la Palestine et, bien sûr, le droit des Ukrainiens à vivre à l’abri de toute invasion et de toute occupation ne dépend pas de la qualité de la politique menée par leur gouvernement.
Juste avant la publication de cet article, une vague de désinformation affirmant que l’Ukraine avait légiféré pour sanctionner les critiques contre Israël, alors qu’en réalité, elle a légiféré pour sanctionner l’antisémitisme, est apparue en ligne. Nous ne jugeons pas utile d’y répondre, mais cela mérite d’être signalé.
Dans le même temps, il convient de noter ce qui suit. Alors que le Royaume-Uni a reconnu la Palestine comme état indépendant seulement en 2025, l’Ukraine l’a reconnue dès 1991 et elle n’a jamais dérogé à cette position. Ces dernières années, elle a concrétisé cet engagement en incluant la Palestine parmi les pays qu’elle invite à des événements internationaux, par exemple, le sommet international pour la paix en Suisse au mois de juin 2024.
Après les attaques du Hamas contre Israël au mois d’octobre 2023, le gouvernement ukrainien a exprimé son soutien à Israël. Lorsque les journalistes lui ont demandé publiquement de clarifier sa position, Volodimir Zelensky a répondu que l’Ukraine était prête à fournir une aide humanitaire aux Palestiniens, il a expliqué la reconnaissance par l’Ukraine de la Palestine en tant qu’état indépendant et il a dit que son gouvernement ferait tout son possible pour convaincre Israël de cesser les hostilités et de mettre fin au conflit.
L’Ukraine a condamné publiquement à plusieurs reprises les attaques contre les civils palestiniens, sa première déclaration en ce sens ayant été publiée le 18 octobre 2023. Cette déclaration réitérait également le soutien de l’Ukraine à un État palestinien indépendant.
Contrairement à ce que prétend la propagande russe, l’Ukraine vote régulièrement contre Israël à l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur les questions relatives aux droits des Palestiniens. L’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Michael Brodsky, qui s’était plaint très ouvertement de ce fait en 2023, a dit que l’Ukraine s’opposait à Israël dans quatre-vingt-dix pour cent des cas. Michael Brodsky a été particulièrement contrarié par le vote de l’Ukraine, au mois de novembre 2022, pour une résolution appelant à la tenue d’une conférence de paix entre Israël et la Palestine à Moscou, alors même que l’Ukraine défendait son propre peuple et son territoire contre l’invasion russe. Cependant, ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres. Par exemple, l’Ukraine a soutenu la même année une résolution de l’ONU demandant à la Cour Internationale de Justice (CIJ) d’enquêter sur l’occupation prolongée, la colonisation et l’annexion du territoire palestinien par Israël.
L’Ukraine a également régulièrement envoyé de l’aide alimentaire et d’autres formes d’aide humanitaire aux Palestiniens pendant le génocide israélien postérieur à 2023, en quantité suffisante pour nourrir des centaines de milliers de familles palestiniennes pendant de longues périodes. À au moins une occasion, au mois d’octobre 2024, cette aide a été touchée par des bombardements russes alors qu’elle attendait d’être embarquée, comme les cargaisons alimentaires ukrainiennes destinées à l’Afrique.
Au mois de septembre 2025, Zelensky a prononcé un discours très remarqué à l’ONU, critiquant l’absence de soutien concret aux peuples confrontés à la violence et à l’occupation. Il a dit que « si une nation veut la paix, elle doit quand même continuer à développer ses armes. C’est malsain, mais c’est la réalité. Le droit international ne fonctionne que s’il y a des amis puissants prêts à le défendre. Que peuvent réellement attendre de l’ONU ou du système mondial le Soudan, la Somalie, la Palestine ou tout autre peuple en proie à la guerre ? Depuis des décennies, ils ne peuvent attendre que des déclarations et encore des déclarations. Même tout ce qui se passe à Gaza reste sans issue ».
Russie et Israël
Par ailleurs, le gouvernement israélien refuse depuis 2022 les demandes d’aide militaire de l’Ukraine. Benjamin Netanyahou et Vladimir Poutine restent, comme depuis longtemps, des alliés proches, comme ils sont tous les deux également des alliés de Donald Trump.
Au cours des deux dernières années, Benjamin Netanyahou et Vladimir Poutine se sont entretenus au moins six fois. Au mois de janvier 2026, après l’un de ces appels, Benjamin Netanyahou a dit devant le parlement israélien : « je m’entretiens régulièrement avec Vladimir Poutine et ce dialogue revêt une importance pour la protection de nos intérêts en matière de sécurité ». L’ambassadeur d’Ukraine a officiellement protesté à ce sujet et le ministère israélien des Affaires étrangères a adressé un avertissement à l’ambassadeur d’Ukraine.
Au mois de juin 2025, les journalistes ont demandé à Vladimir Poutine dans une interview les raisons pour lesquelles la Russie n’aidait pas l’Iran pendant la campagne des bombardements israéliens et américains contre l’Iran, qui s’est avérée être le prélude à la guerre actuelle, alors que l’Iran avait fourni des missiles à la Russie pour sa guerre contre l’Ukraine.
« Israël est maintenant presque un pays russophone. Deux millions de personnes originaires de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et de la Russie vivent en Israël. Nous en tenons compte », a répondu Vladimir Poutine.
Cela reprenait un thème que Vladimir Poutine met en avant depuis de nombreuses années, mais surtout le soutien de la Russie à Israël, y compris et, en fait, particulièrement sous les gouvernements israéliens d’extrême droite, n’est pas seulement rhétorique.
Tout en utilisant de manière opportuniste une rhétorique de soutien à la Palestine, la Russie a massivement aidé Israël sur le plan matériel pendant le récent génocide. Selon un rapport du mois de novembre 2025 de l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) militante Oil Change International (OCI), dont le titre était « de nouvelles données révèlent les pays qui alimentent le génocide à Gaza », entre le mois de novembre 2023 et le mois d’octobre 2025, la Russie a fourni quarante-cinq pour cent des produits pétroliers raffinés d’Israël, c’est-à-dire le carburant sans lequel la machine de guerre israélienne n’aurait pas pu fonctionner, et elle a également été un important fournisseur de pétrole brut [ New Data Exposes Countries Fueling Genocide in Gaza, 13 novembre 2025 ]. En d’autres termes, la Russie est tout aussi responsable des crimes d’Israël contre les Palestiniens que les états qui ont armé Israël. Alors que l’Ukraine envoyait de la nourriture en Palestine, la Russie envoyait du carburant à Israël.
Source : https://ukrainesolidaritycampaign.org/2026/04/21/ukraine-russia-palestine-and-israel-some-facts/