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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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02.10.2026 à 12:38

Il y a 90 ans, la Révolution espagnole. Une expérience unique : les collectivisations. Par Francis Pallarés Aran.

aplutsoc

Vient de paraître récemment la traduction en français d’un ouvrage important de Victor Alba (1) En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne (2) Le livre est évidemment en rupture avec l’histoire mythifiée de la Guerre d’Espagne à laquelle nous avons eu droit pendant des décennies sous la forme de récits biaisés […]
Texte intégral (1646 mots)

Vient de paraître récemment la traduction en français d’un ouvrage important de Victor Alba (1) En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne (2)

Le livre est évidemment en rupture avec l’histoire mythifiée de la Guerre d’Espagne à laquelle nous avons eu droit pendant des décennies sous la forme de récits biaisés sur les Brigades Internationales ou sur le «¡No pasarán!» dans le style du film Mourir à Madrid… Souvenons-nous, c’est avec l’ouvrage de Pierre Broué et Émile Témime La Révolution et la guerre d’Espagne, publié en 1961, qu’avait commencé à se briser une certaine histoire officielle dominante sur la Guerre civile espagnole. Mais c’est surtout, en 1995, le film de Ken Loach, Land and Freedom, qui a enfin semblé dessiller les yeux du grand public et de nombreux-ses militant-e-s (3).

L’ouvrage comporte deux parties distinctes. D’abord, l’histoire de la guerre d’Espagne revisitée rappelant une question trop longtemps occultée et pourtant déterminante et unique : la Révolution sociale qui éclata dans la zone républicaine à la suite de l’échec initial du «golpe» fasciste ; les militaires et les forces réactionnaires voulaient empêcher la révolution, ils la déclenchent. Ensuite, un deuxième versant, tout aussi passionnant, transcrit une série d’entretiens de l’auteur avec des témoins et des combattants qui étaient encore vivants dans les années 1970.

Cette histoire de la Guerre d’Espagne est évidemment très proche des écrits de George Orwell (cf. « Hommage à La Catalogne »). L’écrivain britannique fut non seulement témoin, mais s’engagea pour combattre le fascisme dans une colonne du POUM ; il fut d’ailleurs grièvement blessé sur le front d’Aragon. Victor Alba fit sa connaissance à Barcelone.

Nous nous limiterons à citer deux extraits significatifs :

« […] Une expérience unique […] »

« […] Il arrive parfois que lorsqu’une expérience passe du statut de solution possible à celui de remède universel, elle y perde son nom. C’est pour cette raison que dans les années 1960 et 1970, on ne parlait plus de collectivisations, mais d’autogestion. Ce nom apparut dans le milieu syndical catholique français et se donna avec l’autogestion une nouvelle image […] Le terme de collectivisation est mieux défini, plus précis et, par conséquent, moins susceptible d’être manipulé et déformé […] Le lecteur dira que j’exagère si j’affirme que la révolution espagnole de 1936, avec toutes les limites imposées par le fait qu’elle eut lieu dans une partie d’un pays de troisième ordre et qu’elle dura à peine quelques mois, fut la seule révolution ouvrière que l’histoire ait connue. Mais si vous réfléchissez avec la volonté de vous détacher des clichés habituels, vous verrez que ni avant ni après, il n’y eut aucune autre révolution ouvrière.

La Commune de Paris en 1871, longtemps présentée comme un modèle d’insurrection prolétarienne, fut en réalité un mélange de patriotisme petit-bourgeois, du non-conformisme de certains intellectuels et de protestation sociale d’un prolétariat parisien coutumier des barricades. La Commune n’adopta aucune mesure de changement social qui puisse être considérée comme révolutionnaire.

La Révolution russe ne fut pas non plus une révolution ouvrière […]1917 ne fut pas l’œuvre des travailleurs, mais d’une élite disciplinée et audacieuse à la mentalité jacobine, qui établit non pas la dictature du prolétariat, mais la dictature sur le prolétariat, point contre lequel certains dirigeants ouvriers (Rudolf Rocker, Rosa Luxembourg) et quelques intellectuels (Bertrand Russel) avaient déjà mis en garde à l’époque et que les faits ont illustré avec abondance et dans des flots de sang […] »

« […] Dans cette mer polluée d’étiquettes et de clichés, c’est l’expérience espagnole de 1936 qui sauve l’idée de révolution ouvrière. Là-bas, oui, il y eut une authentique révolution ouvrière, accomplie par les travailleurs, de manière spontanée et de leur propre initiative, sans même attendre un mot d’ordre de leurs organisations. Ce fut une révolution menée par la base ouvrière de la société […]». pp. 41 à 44.

« […] La situation de Staline n’était pas facile : allié à la France, il voulait obtenir le soutien de l’Angleterre conservatrice et d’autres pays capitalistes face à Hitler – en 1936, Moscou n’avait pas encore envisagé la possibilité de s’allier avec lui. Mais elle fut considérée dès 1938 et c’est elle qui conduisit finalement Staline à imposer la bataille de l’Èbre à l’armée républicaine espagnole, qui devait la détruire et ainsi mettre un terme à la guerre civile, tout cela afin de prouver sa bonne foi à Hitler lors des négociations secrètes qui aboutirent au pacte de 1939 entre l’URSS et le Troisième Reich […] ».

« […] Pour ce qui est de la guerre civile espagnole, les intérêts de l’URSS – et par conséquent des communistes espagnols, même si seuls leurs dirigeants le comprenaient aussi clairement – pouvaient se résumer en trois points : a) empêcher toute mesure révolutionnaire qui inquiète les alliés de l’URSS ; b) aider la République en lui envoyant des armes (payables d’avance et en or, à la différence de l’Italie et du Troisième Reich qui faisaient crédit à Franco), en quantité suffisante pour continuer le combat, mais insuffisante pour l’emporter ; c) utiliser cette aide pour asseoir l’hégémonie politique du PCE dans la zone républicain, qui servirait à détruire les changements révolutionnaires déjà effectués et à monter en Espagne un procès parallèle à ceux de Moscou […] » , pp. 166-167.

Francis Pallarés Aran, le 01/10/2026

Notes

1) Victor Alba est le pseudonyme et le nom de plume de l’écrivain Pere Pagès i Elies. Né en 1916, ancien militant du POUM, il était journaliste, historien et enseignant. Emprisonné à Barcelone après les évènements de mai 1937, il a ensuite passé 6 ans dans les geôles franquistes.

Réfugié en France, il a collaboré à la revue Combat et participé à des traductions en français de poètes catalans avec Albert Camus. On lui doit une centaine d’ouvrages rédigés en castillan, en catalan, en français ou en anglais. Il a donné des cours de Sciences politiques aux USA et au Mexique. Il cesse de militer au POUM à la fin des années 1950. Victor Alba revient à Barcelone en 1970. Il est l’objet d’une campagne de diffamation de la part du PSUC (le Parti communiste catalan de l’époque). Il meurt en 2003 non loin de Barcelone, à Sitges.

Le POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista) était un parti communiste anti-stalinien. Contrairement à ce que colporte une certaine propagande, ce n’était pas un parti trotskiste. Il était surtout implanté en Catalogne. Il fut victime d’une répression féroce dans le camp républicain de la part du parti communiste stalinien officiel (PCE et son annexe catalane, le PSUC). Son dirigeant Andrés Nin, fut enlevé, torturé et assassiné.

2) Victor Alba, En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne, traduit par Clément Magnier, Préface Óscar Freán Hernández, éditions Smolny, Toulouse, 2024. L’ouvrage avait été publié en espagnol, il y a un quart de siècle, sous le titre Los colectivizadores, ed. Laertes, Barcelona, 2001.

3) Quelques repères :

17 et 18 juillet 1936, le putsch préparé de longue date par des généraux factieux pour renverser la IIème République espagnole se déclenche. Il échoue dans les deux tiers de la péninsule grâce à la réaction armée des milices syndicales et des partis ouvriers.

Les 19 et 20 juillet, Révolution dans la zone républicaine : des milices armées se constituent. Patrons, latifundistes, banquiers et prêtres s’enfuient ou sont massacrés. Des comités surgissent réalisant la collectivisation des entreprises et des terres. Hitler et Mussolini envoient immédiatement des avions, des troupes et des armes pour soutenir le «golpe». Spontanément des centaines de militants anarchistes, socialistes, communistes, démocrates étrangers (français, belges, allemands, italiens, anglais, juifs polonais, etc.) se précipitent en Espagne et s’engagent dans les colonnes ouvrières armées.

Juillet-août 1936, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, mais aussi l’URSS, etc. signent un pacte de non-intervention interdisant la livraison d’armes.

18 septembre, l’Internationale Communiste décide la constitution de Brigades Internationales.

Le 25 octobre, la République envoie 73 % des réserves d’or de la Banque d’Espagne à Odessa pour acheter des armes. Auparavant 22 % de ces réserves d’or avaient été envoyées à Mont-de-Marsan.

8 novembre 1936, les premières Brigades Internationales entrent en combat lors de la bataille de Madrid.

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02.10.2026 à 12:13

Le vent se lève, il faut tenter de vivre.

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Chers amis, je suis depuis deux jours dans l’explosion de la jeunesse, avec elles et eux, sur le terrain. Journée émouvante car au lever, j’apprends par l’ami Patrick LT dont je sais la peine, la mort, hier, de la valeureuse militante féministe et anti-autoritaire ukrainienne Yvanka, qui nous envoyait (au RESU) des messages pleins de […]
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Chers amis, je suis depuis deux jours dans l’explosion de la jeunesse, avec elles et eux, sur le terrain.

Journée émouvante car au lever, j’apprends par l’ami Patrick LT dont je sais la peine, la mort, hier, de la valeureuse militante féministe et anti-autoritaire ukrainienne Yvanka, qui nous envoyait (au RESU) des messages pleins de vie, et pour qui (avec son unité militaire) nous avions collecté gilets pare-balles et matériel.

C’est avec Yvanka, 31 ans, morte au combat, en première ligne, à l’esprit que je suis allé sur le front des lycées.

Je ne vais pas faire un récit détaillé, mais la retrouvaille des élèves, le rôle déterminant des filles dans l’organisation et la victoire politique des jeunes de ce jour, qui est d’avoir surmonté la poussée de violence suscitée à la fois par l’Etat, qui l’a recherchée, et par les couches lumpens de la jeunesse, cela aussi à Moulins (Yzeure plus précisément hier), par leur sourire, leur force, leur masse, voila ce qu’il en est.

La consigne préfectorale d’arrestation immédiate de tout lanceur supposé de mortier n’a pas été un facteur d’apaisement, conduisant les policiers à arrêter systématiquement, sans le discernement dont je sais que dans notre localité ils sont capables.

Cela allait mal tourner, mais j’ai alors pris la responsabilité de parler aux lycéens et d’opérer le passage à ce qui s’apparente à une AG, avec une perspective : mardi 6, toutes et tous, de tous les lycées, dans l’unité, on converge, on exige d’être reçus à la préfecture, on désigne nos délégué.e.s pour cela, avec le soutien des syndicats appelant à la grève.

Je dédie cette matinée à Yvanka et aux élèves et collègues revu.e.s dans l’action de cette belle matinée. Le vent se lève, il faut tenter de vivre.

VP

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02.10.2026 à 11:40

Décès d’Ivanka « Haïka » Kutsenko – Collectifs de solidarité

aplutsoc

Dans la nuit du 1er octobre, nous avons appris que notre camarade Haïka avait trouvé la mort lors d’un bombardement d’artillerie. Elle avait 33 ans. Anarchiste, féministe, végétalienne, enseignante, notre chère camarade et amie. Elle incarnait l’inspiration et la résistance : sincère, tenace, pleine de vie. « J’avais le sentiment que je continuerais à frapper […]
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Dans la nuit du 1er octobre, nous avons appris que notre camarade Haïka avait trouvé la mort lors d’un bombardement d’artillerie. Elle avait 33 ans.

Anarchiste, féministe, végétalienne, enseignante, notre chère camarade et amie. Elle incarnait l’inspiration et la résistance : sincère, tenace, pleine de vie.

« J’avais le sentiment que je continuerais à frapper ce rocher, et que cela donnerait un résultat.»

L’expérience de Haïka a été consignée dans de nombreuses interviews, conférences et discussions. En juin, lors de la fête d’anniversaire des « Collectifs de solidarité », elle a raconté, aux côtés d’autres antiautoritaires, son expérience au sein de l’armée : le sexisme, les problèmes de logement, le véganisme, la logistique et la vie quotidienne au service. Elle n’avait pas peur de défier le système et, par son propre exemple, elle soutenait et motivait ses camarades qui souhaitaient rejoindre les rangs des Forces armées.

Son parcours militant l’a conduite à s’impliquer dans divers projets et initiatives anti-autoritaires à Kharkiv, Odessa, Kyiv, Lviv et en dehors des villes. Elle a donné des conférences, rédigé des articles et des contes, s’est consacrée à l’auto-édition, a pratiqué le freegane, et a exploré les décharges ainsi que la vie qui s’y déroule. Ivanka a beaucoup voyagé et a consacré sa vie au militantisme. Au début de l’invasion à grande échelle, elle a travaillé dans le cadre de projets humanitaires, venant en aide aux femmes et aux enfants des zones proches du front, avant de rejoindre elle-même la résistance armée.

Hayka s’est frayé un chemin en tant que soldate à travers les préjugés et les obstacles sexistes du système militaire, pour finir par être sur un pied d’égalité avec ses frères d’armes lors de missions de combat difficiles.

Hayka, tu vas beaucoup nous manquer.

Nos sincères condoléances à sa famille, ses amis, ses camarades, ses frères et sœurs d’armes.

Nous vous communiquerons les détails des obsèques dès que nous aurons plus d’informations. Pour l’instant, la date des funérailles n’est pas connue.

2 octobre 2026

Collectifs de Solidarité

Voir aussi :

Son entretien avec les Collectifs de Solidarité

 « Ivanka, notre combattante »

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02.10.2026 à 10:20

IVANKA EST MORTE SUR LE FRONT.

aplutsoc

Communiqué du comité français du RESU Ivanka a été tuée au combat sous les bombes russes le 1er octobre 2026.Il y a deux ans, nous lancions une campagne pour soutenir l’unité de cette jeune militante féministe de Bilkis engagée sur le front. C’est grâce à ses témoignages et aux photos de sa tranchée, de sa […]
Texte intégral (1119 mots)

Communiqué du comité français du RESU

Ivanka a été tuée au combat sous les bombes russes le 1er octobre 2026.
Il y a deux ans, nous lancions une campagne pour soutenir l’unité de cette jeune militante féministe de Bilkis engagée sur le front.

C’est grâce à ses témoignages et aux photos de sa tranchée, de sa petite chambre sur le front, de ses peurs, mais surtout de ses espoirs que, en une semaine, nous avions réuni les fonds pour l’achat de matériel de vision nocturne.

Depuis, elle nous écrivait, par Patrick Le Tréhondat, pour partager sourires et tâches des journées de repos et angoisses de l’avenir de cette guerre, des copains morts…

Nos pensées et notre solidarité vont à ses proches, à ses camarades de @Bilkis. À cellles et ceux qui résistent en Ukraine sur tous les fronts.
Hasta siempre, compañera !

Прощавай, друже

RESU France, le 02/10/2026.

En mémoire : un témoignage de la façon dont les échanges entre la ligne de front et le grand arrière de la solidarité internationale fonctionnent.

Publication du 29 septembre 2026 sur la page Facebook du RESU

GRÂCE À VOUS, NOUS AVONS PU AIDER À L’ACHAT

D’UN APPAREIL DE VISION NOCTURNE

POUR LA BRIGADE D’IVANKA, SOLDATE FÉMINISTE !

En moins d’une semaine nous avons pu rassembler la somme nécessaire à l’achat de l’appareil de vision nocturne demandé par Ivanka et les camarades de sa brigade.

Cette somme a déjà été envoyée.

Ivanka nous a fait parvenir un premier message dès samedi 27 septembre :

« Je vais vous écrire bientôt. J’ai eu plusieurs jours de garde et de travail consécutifs, je manque cruellement de sommeil. Aujourd’hui, je ne peux pas dormir avant demain matin car je suis sous terre avec ma radio. »

Ivanka nous donnera bientôt plus de ces nouvelles.

Mais, vous le savez, depuis plusieurs semaines, les bombardements et autres attaques de drones par l’armée russe ne laissent aucun répit ni à la population ni aux soldates et soldats ukrainiens.

MERCI À TOUTES ET À TOUS POUR VOTRE SOLIDARITÉ !

Ukraine_CombArt

Ambulance Mitraillée France

Comité belge du Réseau européen de solidarité Ukraine

Union Syndicale Solidaires

Соціальний рух

L’Anticapitaliste

European network in solidarity with Ukraine and against war

Collectif Syllepse

Білкіс

Un mot de la rédaction d’Aplutsoc

La disparition tragique d’une camarade féministe ukrainienne que nous connaissions par l’entremise des nouvelles échangées via le RESU ou les envois financiers occasionnels, nous attriste profondément, mais nous ne nous arrêterons pas de lutter pour que son combat vive et triomphe : pour la fin du sexisme et du patriarcat, pour la fin de l’occupation de l’Ukraine par Poutine, pour la fin de toute oppression et exploitation.

En souvenir des motivations de l’engagement d’Ivanka, féministe et anti-fasciste ukrainienne conséquente, nous invitons nos lecteurs et lectrices à lire ou relire la publication du 11 février 2025 de l’interview d’Ivanka réalisée par Patrick Le Tréhondat le 8 février 2025 (Interview d’une militante féministe en armes – Ukraine).

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01.10.2026 à 23:31

90eme anniversaire de la Révolution espagnole – Deux initiatives en octobre 2026 et une en novembre 2026.

aplutsoc

Nous signalons à nos lecteurs et lectrices la tenue prochaine de deux initiatives consacrées au 90eme anniversaire de la Révolution espagnole, quand le peuple en armes s’est soulevé contre Franco et les militaires putschistes, tout en entamant des mesures de collectivisation sous gestion ouvrière dans les zones restées sous controle anti-fasciste en Catalogne et en […]
Lire la suite (297 mots)

Nous signalons à nos lecteurs et lectrices la tenue prochaine de deux initiatives consacrées au 90eme anniversaire de la Révolution espagnole, quand le peuple en armes s’est soulevé contre Franco et les militaires putschistes, tout en entamant des mesures de collectivisation sous gestion ouvrière dans les zones restées sous controle anti-fasciste en Catalogne et en Aragon.

Samedi 3 octobre 2026 à Choisy-le-Roi :

Montpellier le 9 octobre 2026 :

Paris, le samedi 21 novembre :

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01.10.2026 à 13:54

Billet du 1er octobre sur la situation du mouvement des lycéens contre la dégradation de leurs conditions d’étude et de vie.

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Par les proviseurs et par les RT (Renseignements Territoriaux, ex RG), et aussi par les messages des syndicats, les informations montent vers le sommet de l’État sur la réalité du mouvement lycéen : en dépit de l’usage de la violence (et des provocations et des provocations, il y en a) pour tenter de le faire […]
Texte intégral (1361 mots)

Par les proviseurs et par les RT (Renseignements Territoriaux, ex RG), et aussi par les messages des syndicats, les informations montent vers le sommet de l’État sur la réalité du mouvement lycéen : en dépit de l’usage de la violence (et des provocations et des provocations, il y en a) pour tenter de le faire avorter, usage qui a brisé la mâchoire d’un lycéen et probablement crever l’œil d’un autre, et en dépit du martellement d’un coup monté par “LFI”, le mouvement continue à s’étendre, comme une nappe, et depuis hier par le biais de petites villes, un peu partout, et d’ailleurs sans violences.

Macron a donc dû s’exprimer, car il sait bien qu’un tel mouvement met en cause tout l’équilibre légal et institutionnel du pays, et cela, AVANT la présidentielle.

Il a dit deux choses à propos de la jeunesse : que son angoisse et sa colère sont compréhensibles, mais que sa violence n’est pas admissible.

Ce faisant, il accrédite la thèse officielle reprise sur les réseaux sociaux, en termes violents, racistes et meurtriers, par le peuple de droite et d’extrême droite : que la jeunesse serait à l’initiative de la violence.

Or, ceci est faux.

Ceci est faux d’abord parce que “le blocus” comme mode d’action principal a été imposé aux jeunes, depuis les années 1990, par l’interdiction de fait de leur organisation INDÉPENDANTE (vous saisissez, collègues CPE ? C’est quand vous n’êtes pas là pour les cornaquer ! et oui, on connaît des CPE qui saisissent cela…).

Le “blocus” est une forme rapide de ce qui s’appelle, historiquement, le piquet de grève, mais dans ce cas, il se substitue aux autres modalités d’organisation.

Même quand une dizaine de gamins font flamber une poubelle, ceci résulte de cette situation et de la violence sociale à laquelle ils sont exposés.

Mais, de plus, dès qu’un “blocus” se dessine, il est directement attaqué physiquement par des hommes armés, les forces de l’ordre qui dans ce cas précis apportent le désordre. Encore en 2006-2008 ils cherchaient des porte-paroles pour discuter, maintenant la ligne politique, et militaire !, donnée par le ministère de l’Intérieur, est la confrontation physique immédiate.

C’est une honte, et c’est dangereux.

Des maires et des élus municipaux (LFI ou non LFI) qui s’interposent jouent leur rôle d’élus en urgence, mais en réalité, ils ne devraient pas avoir à venir protéger les jeunes des agressions physiques de bandes spéciales d’hommes armés. C’est délétère.

À Issoire, à Chamalière, les jeunes ont manifesté de façon toute pacifique. Dans les petites villes, s’il n’y a pas tel commissaire ou tel proviseur qui se croit investi de la mission de « sévir », tout devrait bien se passer. Mais ne serait-ce pas ce qui inquiète l’exécutif ?

Correspondant.

Document 1

Motion adoptée par l’AG du personnel du lycée Moissan de Meaux

« Nous, personnels du lycée Moissan de Meaux, réuni•e•s en assemblée générale, apportons tout notre soutien à la mobilisation lycéenne en cours. Elle s’inscrit pleinement dans le cadre de la contestation de la destruction du service public contre laquelle nous étions déjà en grève le mardi 29 septembre.

Localement, les conditions dans lesquelles étudient nos élèves sont déplorables : fenêtres non fonctionnelles, absence de rideaux, moisissures dans les salles, toilettes surchargées, temps de repas trop courts, absences liées aux retards de transports, prix excessif du matériel scolaire. La région avait promis des travaux, ils tardent à venir.

Nous déplorons que l’attention se soit polarisée sur le spectacle de poubelles brûlées et la dégradation de vitres par quelques-uns et condamnons toute forme de violence d’où qu’elle vienne. Elle ne doit toutefois pas nous faire oublier les mots d’ordre lycéens légitimes de ces dernières semaines pour comprendre qu’il s’agit là, plus largement, d’une crise de l’organisation de la scolarité :

  • Emplois du temps surchargés,
  • Mise en compétition des élèves lors de procédures de recrutement opaques sur Parcoursup,
  • Non-remplacement des professeurs (il manque toujours un professeur d’histoire à Moissan).

C’est pourquoi, nous soutenons absolument leur mobilisation et ses revendications.

Elle n’est pas le sursaut aveugle d’une jeunesse désespérée, mais s’inscrit consciemment dans le prolongement de la contestation de la réforme du bac et de la mise en place de Parcoursup sous le diktat de M. Blanquer.

Les seules réponses que le pouvoir apporte après deux semaines de contestation sont ou bien l’inscription de celle-ci dans le cadre institutionnel précisément contesté (« circulez, y’a rien à voir »), ou bien l’envoi de la force publique pour intimider, réprimer et blesser. »

Prise de position des 40 collègues réunis en AG au lycée Henri Moissan de Meaux aujourd’hui (jeudi 1er octobre 2026 matin)

Document 2

Communiqué d’Alexis Corbière, député de l’Alliance Pour une République Écologique et Sociale (APRES) de Montreuil et de Bagnolet, du mardi 29 septembre 2026

Soutien aux enseignants et aux lycéens de Montreuil et de Bagnolet

La jeunesse est mobilisée dans les lycées, y compris à Montreuil et à Bagnolet. Elle demande avec passion que la république tienne sa promesse d’égalité et d’éducation. Elle a raison. C’est la raison pour laquelle je condamne le mépris affiché contre les lycéens par de nombreux ministres du gouvernement et toute forme de réponse policière brutale contre ces mouvements légitimes.

Depuis des années, l’éducation nationale et la jeunesse, en particulier dans le département de la Seine Saint Denis, sont maltraitées, alors que notre département est le plus jeune de France et que plus de vingt-neuf pour cent de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

A nouveau, en cette rentrée, les lycéens et leurs enseignants ont été confrontés au non-remplacement de professeurs, à des Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH) et à des personnels sociaux médicaux manquants et à des classes surchargées. Dans le département de la Seine Saint Denis, malgré une augmentation du nombre d’élèves, il y a cent trente et une fermetures de classes. Le taux d’encadrement s’est fortement dégradé, sans compter l’absence d’infirmières et de médecins scolaires.

Au mois de septembre 2026, en raison de Parcoursup et de son tri social basé sur des critères opaques, huit cent vingt-trois lycéens de l’académie de Créteil sont encore sans formation dans l’enseignement supérieur.

Tout cela doit cesser. Plutôt que moquer et provoquer, le gouvernement doit débloquer en urgence des fonds pour notre école publique et il doit protéger les lycéens et les enseignants qui se mobilisent pacifiquement. J’apporte mon plein soutien à tous ceux qui se mobilisent pour l’école publique.     

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