16.03.2026 à 22:17
aplutsoc2
Limoges, Brest, Clermont-Ferrand … la poussée imposant l’unité au PS et à LFI est forte.. Môles de résistance : Payan à Marseille qui a voulu couper court en redéposant sa liste ce matin, Chikirou à Paris qui prétend vouloir l’ « unité antifasciste » en faisant tout pour se maintenir.
Nous reproduisons :
À Marseille, Benoît Payan a fermé la porte à toute discussion avec LFI en re-déposant ses listes dès la fin de matinée [ce lundi], avant n’importe quel autre maire PS ou assimilé dans une situation comparable, prenant donc le risque de jouer le sort de la ville à la roulette russe si jamais LFI se maintient sur la liste centrale dans une quadrangulaire.
Le rassemblement de Faisons Front Commun déjà convoqué en amont à 18h, mais qui a pris de ce fait une toute autre signification, a rassemblé un gros millier de personnes.
Réunis devant la mairie, les militants sont partis en manifestation spontanée vers le siège de campagne du « Printemps marseillais » – qui n’est plus que l’ombre du rassemblement qui avait fait élire Michèle Rubirola – trônant au milieu de la Canebière, aux cris de « Unissez-vous », « Ne nous trahissez pas » ou encore « Siamo tutti antifascisti », où ils se sont maintenus environ deux heures…
Bien qu’un nouveau rassemblement soit convoqué demain, on voit mal, à moins d’une mobilisation proprement massive, ce qui pourrait pousser le mairie à reconsidérer son choix…



16.03.2026 à 15:36
aplutsoc
Ces élections municipales ont connu le plus fort taux d’abstention de leur histoire à l’exclusion du scrutin de 2020 qui s’était déroulé sous le Covid. Beaucoup de faits sont allégués pour expliquer cela, mais la division à gauche a joué, sans aucun doute, pour paralyser une partie de l’électorat de gauche soucieux de défendre les droits sociaux et démocratiques.
À terme, cette situation, combinée à la casse des services publics et au pouvoir des intercommunalités, menace le caractère démocratique de l’institution communale.
Alors que l’électorat de gauche est ainsi confronté à la division (qui pèse nationalement même là où l’unité est réalisée sur la commune), l’électorat de droite n’a désormais plus aucune restriction, aucune barrière, à voter extrême droite que ce soit sous la forme du RN, de Reconquêtes comme à Paris, ou sous d’autres formes (faux « divers droite », etc.) C’est bien l’union des droites le tremplin vers la prise du pouvoir par les relais de Trump et Poutine en France qui veulent en finir avec les libertés publiques et l’État de droit. Là où il doit choisir, il choisit l’union des droites extrêmes, comme à Nice. C’est là la raison, avec la désunion à gauche, pour laquelle le RN peut conquérir des mairies importantes au second tour comme à Marseille, et non pas une poussée massive en sa faveur.
À gauche, les scores de LFI demandent une analyse politique précise, car ils combinent deux facteurs : des percées municipales par ancrage local et un évident affaiblissement de l’élément national-présidentiel dans la place de LFI. Les succès incontestables à Saint-Denis, Roubaix, Limoges, Toulouse, Courbevoie …, ne doivent donc pas être interprétés (ainsi que le fait bien entendu la direction de LFI) comme la confirmation de la « juste ligne », car ils se combinent à de vastes zones de faiblesse et au score « tassé » des deux candidatures LFI les plus liées à la stratégie nationale de division, Delogu à Marseille et surtout Chikirou à Paris. Ces résultats n’augurent donc rien concernant les présidentielles, et sont même potentiellement porteurs de crise d’un mouvement initialement fondé sur le seul présidentialisme.
À l’exception notable du Nord/Pas-de-Calais, les listes à dominante PS ou d’union dominées par le PS résistent bien, et les écologistes semblent capables de « sauver » Lyon, Bordeaux et peut-être Grenoble. En simplifiant, le vote populaire à gauche se porte sur les listes les plus susceptibles de gagner, et quand en plus, elles peuvent sembler tirer la dynamique d’ensemble le plus à gauche possible, cela leur profite.
Ces réalités ont produit un infléchissement dans l’orientation de LFI qui parle désormais de « front antifasciste » et de « fusions techniques ».
Front antifasciste ? Bien sûr, mais soyons précis : le front antifasciste, c’est le front commun contre l’union des droites, sur le plan électoral, et c’est la centralisation des luttes contre patronat et gouvernement, au plan social – les syndicats y ont vitalement leur place. Le front antifasciste ne consiste pas à saisir la « main tendue » par LFI, mais à frapper ensemble tout en marchant séparément et en discutant des orientations.
Fusions techniques ? Oui, mais rien n’est plus politique qu’une fusion technique ! Une fusion technique veut dire qu’on veut faire prévaloir les besoins sociaux et démocratiques communs contre les ennemis des libertés : ce n’est pas rien ! Et même si ceci ne conduit pas à des majorités municipales officiellement unies, ceci peut y pousser. Des fusions techniques voir plus s’imposent évidemment dans toutes les communes où les listes LFI sans dominer réalisent des scores significatifs dont l’apport est nécessaire pour barrer la route à l’union des droites, de Toulouse à Marseille en passant par Clermont-Ferrand et Lyon. Il faut donc combattre pour elles.
À Paris, Sophia Chikirou qui avait défini la nature politique de sa candidature en disant qu’elle visait à ce que le PS ne tienne plus la mairie, a déclaré hier soir que le danger était la droite et l’extrême-droite, mais pour faire porter toute la responsabilité du danger au seul PS sommé de « répondre à son appel ». Cette manière de tendre la main, à la manière du KPD allemand engagé dans une division forcenée et violente qui, soudain, le 20 juillet 1932, somme les sociaux-démocrates de le rejoindre dans une grève générale… le lendemain matin, est volontairement contre-productive et prolonge en fait la stratégie du secteur dirigeant de LFI que représente Chikirou, faisant le jeu de l’union des droites au compte de l’axe Trump-Poutine.
Mais, dans tout le pays, cette orientation vacille, de même que vacille la position imprimée au PS de refuser « tout accord national » avec LFI, comme l’a répété hier soir Olivier Faure, laissant entendre toutefois que des accords locaux sont possibles. Évidemment, puisqu’ils sont nécessaires, et le reconnaître est une position nationale !
Le 8 mars dernier, le 14 mars, et maintenant dans la pression pour stopper l’union des droites de Paris à Marseille et dans tout le pays, la poussée d’en bas imposant l’unité est engagée.
Dans les urnes, dans la grève et dans la rue, front commun contre l’union des droites !
15.03.2026 à 16:46
aplutsoc
Il y a 82 ans, le 15 mars 1944, Ernest Legoff disparaissait au camp de Dora. Il se revendiquait de la 4ème internationale.
Nort-sur-Erdre (Loire-Inférieure), dimanche 13 septembre 1942.
C’est jour de courses hippiques. Vers 2 heures du matin, une trentaine de policiers en civil et armes au poing se présente au café que tient Yvonne Ledroit, 2 rue Notre-Dame et qui à cette heure est fermé. Toutes les issues sont surveillées. L’inspecteur qui dirige ce commando se présente. Une seule demande : « indiquez-nous où habite l’épicier Legoff ». C’est juste la demeure attenante.
Les policiers se déploient et bloquent toutes les issues. Ils pénètrent de force chez la famille Legoff. Il est près de 3 heures du matin. Ernest Legoff, son épouse et sa fille sont couchées dans l’unique chambre. Ils sont tous trois arrêtés. Ernest Legoff est immédiatement entravé et emmené à la gendarmerie de Nort-sur-Erdre. La maison est méticuleusement fouillée. En vain. Séparément, la mère et la fille sont interrogées par trois policiers puis transportées à Héric dans la ferme où deux résistants ont été cachés (Ce sont Valentin Cléro, 35 ans, et André Pérocheau, 31 ans. Tous deux seront fusillés par les nazis le 29 janvier 1943). Elles sont ensuite transférées au Commissariat central de Nantes rue Garde-Dieu où elles seront retenues 48 heures. Cette garde-à-vue leur permettra d’entrevoir rapidement leur mari et beau-père.
Ernest Legoff est aux mains du terrible Service de Répressions des Menées Anti-Nationales (SRMAN) qui, en juin 1942, a remplacé le SPAC (Service de Police Anti-Communiste). Inculpé pour avoir ravitaillé et hébergé des résistants communistes à qui ils auraient remis deux cartes de ravitaillement avant de les conduire chez un fermier d’Héric où ils restèrent cachés quelques jours, Dérisoire. Il est cependant longuement « cuisiné » par les brutes du SRMAN avant d’être remis à la police nazie.
Emprisonné à « Lafayette » , la prison de Nantes attenante au Palais de Justice, il se retrouve en cellule avec le militant communiste espagnol Alfredo Gomez Ollero – qui sera fusillé le 13 février 1943 – et le jeune français Roger Guédon – né en 1923 – qui sera déporté.
A son retour de déportation, Roger Guédon témoigne :
« Le Goff et moi avons eu la cellule où il y avait déjà Alfredo [Gomez Ollero]. Nous ne le connaissions pas, mais j’avais entendu prononcer son nom, et je dois dire que le téléphone arabe marche très bien en prison. Lui savait qui nous étions et comme il était un militant aguerri, le courant a vite passé entre nous. Vu mon âge, mon éducation politique était légère ; sachant que mon père était un ancien des Brigades, il s’intéressa à moi, il entreprit de me donner une éducation pour que je puisse me défendre dans l’avenir, car nous ne savions pas si nous resterons en prison ou nous serons déportés. Les discussions étaient souvent vives, mais toujours dans le domaine de la correction, car le père Le Goff se revendiquait de la 4ème internationale. A l’époque tout cela était de l’Hébreux pour moi »
En janvier 1943, Ernest Legoff est jugé par la Cour de Justice allemande réunie à grand renfort de propagande au palais de Justice de Nantes. Ce procès n’est qu’une mise en scène, tout est joué d’avance. Il est connu comme le « procès des 42 ». En réalité ce sont 45 hommes et 2 femmes qui sont jugés. 37 sont condamnés à mort puis fusillés quelques jours plus tard au terrain du Bêle.
S’il échappe à la peine capitale, pour preuves insuffisantes, Ernest Legoff est emprisonné puis déporté, d’abord au camp allemand de Compiègne qu’il quitte le 25 juin 1943 pour Buchenwald qu’il rejoint le 27 juin. Il y sera affecté à différents « Kommandos » de travail avant d’être envoyé à celui de Dora où il décédera le 15 mars 1944. Il avait 51 ans.
Aujourd’hui le nom d’Ernest Legoff, le père Legoff comme on l’appelait, est largement oublié de l’Histoire. Sa vie entière a pourtant épousé la terrible première moitié du 20ème siècle. Syndicaliste révolutionnaire, dirigeant communiste, nous savons, grâce au témoignage écrit de Roger Guédon, qu’en 1942, il se réclamait de la IVème internationale.
Quelques éléments biographiques :
Ernest Legoff est né le 29 mai 1892 à La Chapelle-des-Marais (44), au village de Camer où vivaient ses deux parents, Jean Legoff, 83 ans à sa naissance, charpentier et Marie-Joseph Hervy, 29 ans, ménagère.
Le 2 juin 1912, il est mobilisé dans la Marine au 1er Dépôt des équipages de la Flotte. Le 1er juillet 1914, il est nommé quartier-maître et rejoint le torpilleur Dunkerque sur lequel il naviguera durant toute la Première Guerre mondiale. Il ne retrouve la vie civile qu’en mars 1919.
Il commence alors sa vie professionnelle à Saint-Nazaire, où il est domicilié 160 rue d’Anjou. Ajusteur, il rejoint le syndicat CGT puis la CGTU et le Parti communiste dès 1920. Rapidement il y assure des responsabilités importantes.
Le 21 août 1925, il est condamné à six mois de prison par le Tribunal de Saint-Nazaire pour incitation de militaires à la désobéissance.
En 1926, il s’installe à Nantes et anime la CGTU métallurgie sur la ville et la Basse-Loire. Aux côtés de Charles Tillon, il est l’un des principaux animateurs de la CGTU chez les dockers. En 1928, il s’éloigne du parti communiste.
Entre 1931 et 1934, on le retrouve domicilié en Maine-et-Loire, commune d’Angrie puis de La Potherie.
Le 23 janvier 1932, il se marie, à Saint-Nazaire, avec Marie-Madeleine Sottin. Avec son épouse et ses enfants, il s’installe en 1934 à Nort-sur-Erdre, d’abord rue de l’Hôtel de ville, puis place des Halles comme épicier gérant de l’Épargne de l’Ouest (les fameux Dock de l’Ouest).
Nous ne savons rien de ses engagements politiques au moment du Front Populaire. Peut-être avait-il conservé des liens avec ses camarades Gabriel Tharreau et Constant Boucault, syndicalistes à la CGTU et responsables communistes comme lui, qui, en 1935, créèrent la première organisation trotskyste dans le département. De même, nous n’avons aucun élément qui confirmerait qu’il ait rejoint le Front National, constitué à l’initiative du Parti communiste en mai 1941, comme les communistes l’ont affirmé à la Libération (confirmant par là-même qu’Ernest Legoff avait bien rompu avec ce parti).
De petite taille, vif et chaleureux aux yeux bleu-vert, Ernest Legoff fut toute sa vie un révolté profondément attaché à la classe ouvrière et à son émancipation.
Que ce 82ème anniversaire de sa mort soit l’occasion de rappeler qu’il fut un homme libre qui jamais ne se soumit. Au prix de sa vie.
Ne l’oublions pas.
Francois Préneau, 13 mars 2026
Toutes les références biographiques sont accessibles sur la page Mediapart de François Préneau
14.03.2026 à 13:57
aplutsoc2
Fin mars, se tient à Porto Alegre (Brésil), une grande conférence internationale « antifasciste ». Nous mettons des guillemets car, sans contester l’engagement antifasciste de la plus grande partie des intervenants, il n’y pas aujourd’hui d’antifascisme possible si on ne s’oppose qu’à un seul « impérialisme », l’américain (et encore en ne nommant même pas Trump et en ne saisissant pas en quoi il est nouveau !), si on ne défend pas l’Ukraine, ni les peuples et les femmes d’Iran, ni les Ouïghours, si on ne nomme pas Poutine, etc. : tel est le cas des appels sur lesquels s’est construite cette conférence, dont la plus influente composante politique est de fait le PT brésilien et donc, à travers lui, l’actuel gouvernement brésilien.
Cependant, les hésitations du PT brésilien devant les brutales transformations de la situation internationale provoquées par Trump depuis le début de l’année (Nigéria, Venezuela, Groenland, Cuba, guerre en Iran et dans tout le Proche-Orient, fin de toute mesure économique à l’encontre de la Russie, etc.), d’une part, et le poids de courants internationalistes brésiliens et argentins conséquents sur place, ont conduit à l’invitation officielle, à cette conférence, des centrales syndicales ukrainiennes FPU et KVPU et du Sotsialnyi Rukh.
Ces éléments ont suscité une discussion dans le RESU/ENSU, le réseau de solidarité avec l’Ukraine armement compris, où se sont exprimées, en schématisant un peu, trois positions :
– une opposition catégorique, surtout en Belgique, fondée sur l’appréciation exacte du caractère campiste et donc nullement antifasciste, car soutenant des régimes qualifiables de fascistes, du cadre organisateur de la conférence ;
–une position « molle » majoritaire, qui provient notamment de la IV° Internationale (ex- « SU »), selon laquelle antifascisme et internationalisme aujourd’hui seraient forcément (surtout en Amérique latine …) plus ou moins « campistes » et qu’il faut faire œuvre de « pédagogie » en allant leur parler de l’Ukraine et en préservant des cadres organisationnels communs malgré tout ;
–et la position sans doute sous-entendue pour beaucoup : 1) le cadre même de cette conférence est tout à fait trompeur en effet, 2) mais l’expérience est à faire que des camarades, ukrainiens et syndicalistes notamment, s’y rendent, pour, 3) faire un bilan précis.
Pour nous, ce bilan sera d’autant plus nécessaire qu’il est temps et grand temps de ne plus faire l’impasse sur la nécessité d’un réel internationalisme antifasciste qui ne sera pas la fausse résurrection de l’altermondialisme du début de ce siècle, mais dans lequel le réseau de soutien à l’Ukraine, les mouvements de masse contre Trump aux Etats-Unis, Femmes, Vie, Liberté en Iran … doivent être des pôles de référence : non pas des adjuvants à de grandes messes mêlant nostalgie « alter » et campisme, mais le cœur dynamique de l’internationalisme et de l’antifascisme réels.
Assumons nous pour ce que nous sommes afin de l’être pleinement !
La discussion sur ces questions s’impose, car au delà de cette conférence il y a la question de l’organisation internationaliste nécessaire aujourd’hui, qui doit notamment partir du fait que Trump et Poutine veulent imposer l’extrême droite en Europe, et contre-attaquer : pas d’antifascisme en dehors de ça !
Nous publions ci-dessous le très intéressant, mais comportant matière à discussion, texte de présentation adressé par le MES brésilien au RESU/ENSU pour présenter cette conférence qui se tiendra les 26-29 mars. Le MES, Movimiento Esquerra Socialist (Mouvement de la Gauche Socialiste), est un courant important à l’intérieur du PSOL (Parti du Socialisme et de la Liberté), « petit parti de masse » (plus de 200 000 membres) sur la gauche du PT, lequel PSOL connait actuellement un âpre débat causé par la participation au gouvernement « à titre individuel » d’un de ses dirigeants, Guilherme Boulos, ministre du Secrétariat général de la présidence Lula. Le MES est un courant pro-ukrainien, et est en outre opposé à cette participation gouvernementale stratégique.. Voici cette présentation dont nous rajoutons, dans le forum, les versions castillanne, anglaise et ukrainienne :
À propos de la Conférence antifasciste de Porto Alegre
Note du MES (Brésil)
La Ière Conférence internationale antifasciste, qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Porto Alegre (RS – Brésil), est née comme un acte politique urgent de résistance collective face à la montée mondiale de l’extrême droite et à l’escalade autoritaire qui menace les droits et la démocratie. Organisée par des forces antifascistes, la conférence s’ouvrira par un grand rassemblement dans la rue et comprendra divers panels thématiques construits de manière plurielle et participative, ainsi que des activités autogérées qui donnent aux mouvements sociaux, à la jeunesse et aux militants populaires les moyens de construire des alternatives concrètes de solidarité internationale et de lutte contre le fascisme.
La conférence est organisée à l’initiative du MES-PSOL en alliance avec le Parti des travailleurs (PT) et le Parti communiste (PCdoB) de Porto Alegre, alliance qui s’est étendue aux mouvements sociaux (tels que le Mouvement des sans-terre – MST) et divers syndicats nationaux de travailleurs, tels que les syndicats des travailleurs de l’éducation, des métroviarios et d’autres catégories plus organisées au Brésil.
Le PT est le parti de Lula, l’actuel président du Brésil. Au niveau international, il est lié au Forum de São Paulo, à l’Internationale progressiste et à des organismes similaires. C’est le plus grand parti du pays en termes de nombre d’adhérents et le deuxième plus grand groupe parlementaire à la Chambre des députés. Au sein du mouvement syndical, il dirige la CUT (la plus grande fédération syndicale du pays). Le gouvernement Lula reste en coalition avec d’autres partis de gauche, mais aussi avec des secteurs de la droite traditionnelle. La position de Lula sur l’Ukraine est assez centriste, critiquant la guerre de manière abstraite et défendant la paix immédiate (même avec des annexions de territoire ukrainien).
Le PCdoB est le plus grand parti dit « communiste » du pays, mais il connaît un grand déclin ces dernières années, perdant des parlementaires et de l’influence politique. Il dirige la fédération syndicale CTB. Ses positions sont les plus radicales au sein de la Conférence, étant directement liées à l’Internationale antifasciste impulsée par le gouvernement vénézuélien et défendant ouvertement des positions pro-Poutine.
Au sein du PSOL, le MES est la tendance la plus importante en termes de nombre de militants et la deuxième en termes de nombre d’adhérents. Nous avons deux députées fédérales, quatre députés d’État et plusieurs conseillers municipaux dans toutes les régions du pays, ce qui en fait l’une des plus grandes organisations de gauche parmi les jeunes et dans le mouvement syndical de l’éducation. Dans l’État brésilien du Rio Grande do Sul, dont Porto Alegre est la capitale, nous sommes la force la plus importante du PSOL et dirigeons le PSOL local, ainsi que les syndicats des métroviers, des travailleurs de la santé et des fonctionnaires de la ville de Porto Alegre. Au niveau national, nous avons majoritairement construit la Conlutas, une fédération qui se déclare ouvertement pro-Ukraine.
Le comité organisateur de la Conférence antifasciste a décidé que l’invitation serait ouverte à toutes les organisations et groupes qui se revendiquent antifascistes dans un large spectre, et que toutes les positions présentes dans ce domaine auraient la possibilité d’intervenir et de débattre, ainsi que d’organiser des ateliers et d’autres activités, garantissant ainsi la participation et le respect mutuel entre tous les camarades présents à Porto Alegre.
L’alliance pour la construction de la Conférence part de la nécessité de la lutte anti-impérialiste engagée depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement Trump, qui a déclenché la guerre tarifaire en 2025 et qui, cette année, a déjà kidnappé le président Maduro du Venezuela, étendu le blocus contre Cuba et, ces derniers jours, lancé des attaques sans précédent contre l’Iran. Dans ce contexte, l’unité avec les secteurs « campistes » devient nécessaire, en particulier en Amérique latine, mais sans reculer sur nos positions internationalistes : l’une des principales tâches est de soutenir la résistance ukrainienne face à l’agression de la Russie de Poutine.
Cette tâche de construction — dans laquelle nous, le MES, sommes la principale force motrice — est délicate, car elle combine la nécessaire unité avec les campistes et la lutte tout aussi nécessaire contre d’autres impérialismes que celui des États-Unis, comme l’impérialisme russe. L’unité contre l’impérialisme américain sera le thème central de la conférence, avec la participation de représentants cubains, vénézuéliens et autres, mais cette unité n’empêchera pas l’affirmation de la solidarité avec d’autres peuples en résistance dans le monde, comme par exemple les Ukrainiens, les dissidents russes et chinois, entre autres. La libre participation des délégués ukrainiens à toutes les séances plénières est donc assurée.
Étant donné qu’elle est organisée dans cet esprit démocratique, nous considérons la conférence comme une excellente occasion de diffuser auprès du public latino-américain des informations sur la résistance légitime ukrainienne, et en particulier sur la situation actuelle des luttes de la classe ouvrière ukrainienne. Malheureusement, en Amérique latine, les secteurs campistes sont très puissants et ont diffusé de nombreux mensonges et désinformations sur l’agression russe, c’est pourquoi tous les efforts visant à informer et à débattre d’une position internationaliste sur l’Ukraine sont essentiels.
C’est pourquoi la participation de syndicalistes ukrainiens à une activité autogérée sur la situation ukrainienne sera très importante pour diffuser ces informations, en particulier auprès des syndicalistes brésiliens et latino-américains qui connaissent mal la situation. Il est également important de souligner que les années de guerre ont rendu encore plus évident le caractère d’extrême droite du gouvernement de Poutine et que, si auparavant la position pro-russe était beaucoup plus répandue, aujourd’hui les partisans cachent davantage leur soutien ouvert à Poutine et finissent par défendre une « paix abstraite », qui ne soutient pas la résistance ukrainienne, mais ne soutient pas non plus aussi ouvertement la politique de Poutine.
La conférence accueillera également d’importantes délégations en faveur de la résistance ukrainienne. La délégation argentine (deuxième plus grande délégation nationale à la Conférence) soutient dans sa grande majorité la résistance ukrainienne, tout comme d’importantes délégations de pays tels que le Mexique, Porto Rico et des pays d’Europe occidentale. En d’autres termes, ce seront des journées de débat entre différentes positions, au cours desquelles les participants ne seront pas totalement majoritaires et où il y aura un important pôle de défense de l’Ukraine.
Nous avons déjà plus de 140 ateliers inscrits. Parmi eux, environ 30 sont des activités internationales et, parmi celles-ci, plus de 20 seront organisées par des secteurs extérieurs au campement, tels que le CADTM, ATTAC, le Réseau écosocialiste et des secteurs de la dissidence vénézuélienne. Parmi ces ateliers, il y aura celui promu par l’ENSU « Le peuple ukrainien et sa classe ouvrière face à la guerre d’agression russe de Poutine ». Il y aura également un autre atelier distinct avec des opposants russes de gauche. Du côté du campisme, il y aura moins de 10 ateliers, dont un seul (celui de l’Internationale antifasciste) aura un caractère essentiellement pro-Poutine.
Nous réitérons notre invitation à nos camarades ukrainiens à venir à Porto Alegre pour nous soutenir dans le débat et la diffusion d’informations sur la résistance ukrainienne et la lutte organisée de la classe ouvrière de ce pays. Rendez-vous à Porto Alegre !
14.03.2026 à 12:15
aplutsoc2
Maria Bikbulatova, anarcho-communiste et féministe russe émigrée, dont nous avons publié un important article sur les réseaux policiers russes et « masculinistes » si proches, si proches, de groupes émigrés eux-mêmes parrainés par LFI et le POI notamment, fera une conférence sur ces sujets à Marseille le 20 mars prochain. En voici la présentation :
20 MARS Á MARSEILLE
Anti-Guerre ? Les réseaux d’influence russe dans l’extrême-gauche européenne
Vend. 20 mars – 19h – La Dar Centre Social Autogéré (127, rue d’Aubagne)
Présentation-discussion avec Maria Bikbulatova avec restauration à prix libre en soutien à la résistance queer féministe sur le front en Ukraine.
Maria Bikbulatova, militante anarcho-féministe russe en exil, documente avec d’autres camarades en Ukraine notamment, les réseaux de l’influence russe au sein de l’extrême-gauche française et européenne, particulièrement au sein des mouvements d’ « opposition à la guerre ».
Il est en effet possible d’identifier clairement des personnes, auto-proclamées « opposant.es » russes ou ukrainien.nes de gauche », tenir meeting dans des événements qui se prétendent « anti-impérialistes », parfois directement pilotés par Révolution Permanente ou La France Insoumise, alors que leur parcours politique laisse, au bas mot, songeurs…
Post Sovietic Left (PSL / Gauche Post Soviétique), mouvement La Paix par le bas (Peace from below )… on pourrait penser qu’une proximité idéologique serait la raison de cet aveuglement sur l’origine de ces militant.es, mais comment expliquer ces choix relationnels précis, alors que le passé et les liens de ces personnes les rattachent clairement à des réseaux d’extrême-droite et masculinistes ?
C’est ainsi que ces « opposants » se permettent d’appeler tranquillement au désarmement de l’Ukraine dans des meetings de « Guerre à la guerre » sans jamais questionner une industrie militaire russe qui, de son coté, tourne à plein régime, sous couvert d’une rhétorique gauchiste bâtie autour de la fable d’un soulèvement ouvrier contre le régime de Poutine comme seule voie pour la Paix.
D’autres mouvements, de la galaxie anti-autoritaire, soutiennent des initiatives faussement pacifistes en Ukraine sous couvert de soutien à la désertion unilatérale des ukrainien.nes, alors qu’ils passent sous silence des plateformes anarchistes efficaces d’aide à la désertion des soldats et conscrits russes, en Arménie notamment, aux frontières de l’empire.
Dans sa démonstration, Maria Bikbulatova va plus loin et montre comment à chaque réalité politique nationale ou communautaire, le Kremlin adapte et déploie des interventions manipulatrices via toute une nébuleuse de médias, réseaux sociaux et relais d’influence, avec comme objectif prioritaire de mettre l’Ukraine, sa résistance et ses soutiens à genou : soutien aux agriculteurs en Pologne, antimilitarisme pseudo-pacifiste en Allemagne, discours campiste anti-occidental en France…
Nous évoquerons également l’Afrique subsaharienne où la rhétorique décoloniale, avec les propres mots de la gauche, est largement mobilisée par les services d’une puissance fondamentalement bâtie sur la domination impériale, la russification et l’écrasement des peuples annexés. Un peu partout, la Russie cherche à capitaliser sur la colère des personnes opprimées et des minorités discriminées, pour les transformer en alliées d’une croisade ultra-réactionnaire qui, en synergie croissante avec le trumpisme, menace de coincer les forces d’émancipation dans un étau fatal.
En Europe et en Afrique, où Russian TV diffuse à fond, les populations musulmanes sont directement ciblées à travers l’approche publicitaire d’une Russie bienveillante. Le danger pour les minorités en Russie est pourtant effrayant, avec l’enrôlement forcé et la surveillance policière dans les mosquées sous prétexte d’antiterrorisme. Rappelons-nous aussi l’attrait de RT chez un vaste pan de Gilets jaunes, avec à la clé la popularisation de lectures complotistes des rapports de domination.
L’objectif de cette conférence-discussion est de porter à la connaissance du public l’existence de ces réseaux d’influence afin de vérifier les informations reçues et relayées, mais aussi d’augmenter la sécurité dans nos initiatives. Nous pensions que la guerre hybride est loin de nous ? Elle est dans les faits depuis longtemps au cœur de nos espaces collectifs et ne joue pas la partition de l’émancipation…
Rappelons que la « Post Sovietic Left », qui, comme son nom l’indique, se définit en référence à l’URSS, est un groupe d’émigrés représentés notamment, en France, par Alexeï Shaknine et Liza Smirnova, compagnons de route de LFI et du POI, et se fait le porte-parole d’une prisonnier politique important, Boris Kagarlistsky, qui, de sa prison, cosigne des articles avec Shaknine. Ce courant est extrêmement faible en Russie, où il considère que les « libéraux » (les héritiers de Navalny) sont plus dangereux que Poutine, et ignore les très importantes mouvances anarchises, ainsi que les nationalités non russes, la préservation de la Russie comme empire, voire le rétablissement de l’ « espace post-soviétique », étant un objectif qu’il présente comme « ouvrier ». S’il dénonce, comme Kagarlitsky, la manière dont Poutine fait la guerre depuis le 24 février 2022, il a auparavant soutenu le kidnapping de la Crimée et les soi-disant « séparatistes » du Donbass.
L’infiltration policière russe de ce milieu ne saurait faire doute, et ce sont notamment les alertes lancées par Maria Bikbulatova et, depuis L’viv où elle est réfugiée, Galina Rimbu, qui l’ont pointée, entrainant des menaces contre elles.
Alors que les petits réseaux « post-soviétiques » sont portés, en Europe, par les groupes dirigeants de LFI et du POI en France, de Your Party en Grande-Bretagne, de Potere al Popolo en Italie, et sont reliés à Sara Wagenknecht en Allemagne. Galina Rymbu a notamment pointé le rôle d’un faux « déserteur ukrainien », ukrainien de service dans les « meetings anti-guerre » de ces organisations (au nom du groupe « la paix par en bas »), totalement inconnu en Ukraine, introduit auprès du Conseil de l’Europe par Sophia Chikirou comme députée européenne, co-organisateur d’un rassemblement berlinois « pour la paix » avec l’extrême droite masculiniste, poutinienne et antisémite, Andreï Konovalov.
Ainsi que le rôle de Victor Sydorchenko, organisateur de brutalités néofascistes et prorusses à Kharkiv en 2014, qui apparaît à présent, quant à lui, comme un « internationaliste ukrainien » auprès du PT (Parti des Travailleurs). J’ai récapitulé ces éléments dans mon article du 8 novembre dernier, Le masculinisme post-soviétique n’est pas un internationalisme !
Un émissaire auprès de Mélenchon, un émissaire auprès de Gluckstein … et par les uns et les autres, des passerelles, pas grandes du tout mais plutôt étroites, avec l’extrême droite masculiniste, poutinienne et trumpienne !
Aplutsoc appelle donc à soutenir la réunion du 20 mars à Marseille et estime qu’information et transparence les plus larges possibles s’imposent sur les sujets courageusement abordés par les camarades anarcho-féministes ukrainiennes et russes, y compris pour leur protection car elles mettent le doigt sur un énorme sujet : l’influence poutinienne dans la gauche et le mouvement ouvrier.
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Un lecteur d’Aplutsoc, intervenant sur le forum faisant suite à l’échange cordial que j’ai eu avec LFI à Moulins, s’étonnait que l’on puisse parler de « poutiniens » dans LFI ou dans la direction de LFI. J’avais exactement écrit ceci : « … certains secteurs de LFI, au niveau le plus haut, sont pour moi quasi « poutiniens », alors que Trump et Poutine misent en France sur l’union des droites dont l’instrument d’arrivée au pouvoir en France est la diabolisation de LFI … »
L’influence poutinienne sur des secteurs clefs de la direction de LFI ne signifie pas bien sûr adhésion idéologique à l’ensemble du poutinisme. Elle s’illustre à la fois dans des liaisons dangereuses très précises telles que celles dont il vient d’être question, ainsi que dans des éléments importants d’orientation sur tous les sujets internationaux. Mais du coup elle ne se limite pas à cela mais surdétermine l’orientation politique imprimée à LFI par son Chef, par le groupe dirigeant Bompard-Chikirou-Panot, par le POI, le tout à vrai dire ne faisant qu’un, flanqué des « indigénistes décoloniaux », Bouteldja, Boussouma et autres.
Car en effet, la ligne de division, fut-ce, à la manière du KPD (PC) allemand en 1932, au nom du « front unique antifasciste » (1), et n’hésitant pas, comme on l’a vu par le maniement provocateur des allusions antisémites par J.L. Mélenchon dans plusieurs meetings, à contrarier l’unité pour la défense de LFI contre la diabolisation et la défense de ses militants lorsqu’ils sont agressés, cette ligne de division aboutit précisément à cultiver cette diabolisation, à s’en repaître, non seulement pour tenter de conforter une base constituée en citadelle assiégée, mais pour interdire toute unité réelle, favorisant ainsi … l’union des droites poussée par Trump, Vance et Poutine.
Il n’est pas nécessaire, faut-il le préciser, de souhaiter cela machiavéliquement, pour jouer un tel rôle dans la lutte des classes. L’ego de Mélenchon y suffit, et la préservation de la place des têtes dirigeantes accrochées à leur rôle dirigeant le complètent. Avec pour couronner le tout le POI (dont J.L. Mélenchon est aujourd’hui le dirigeant effectif) savourant son rôle de garde prétorienne en cultivant une idéologie qui se croit marxiste et trotskyste précisément en ce qu’elle n’a intégré dans sa vision du monde aucune des nouveautés planétaires survenues depuis trois décennies et demi : comme d’autres sectes (mais qui n’ont pas eu la chance, ou la malchance, d’hériter des clefs de la maison à LFI et à la CGT-FO), la répétition du même devient, à un moment donné, la pire des infidélités aux principes tout en se croyant fidèles.
Ainsi, on se croit héritier de Karl Liebknecht en écrivant : « Il faut le cessez-le-feu immédiat. Il faut l’arrêt des livraisons d’armes. Ni Otan, ni Poutine, ni Zelenski ! »
Cette phrase peut faire croire qu’elle est « anti-poutinienne », elle est en fait poutinienne : sa conclusion pratique est l’écrasement de l’Ukraine. Alors que des Khamenei, des Bachar el Assad, des Maduro, le Hamas … sont jugés comme anti-impérialistes malgré tout (un « malgré tout » qui disparaît d’ailleurs souvent !), Zelenski, lui, est mis sur le même plan que l’agresseur impérialiste et qualifié, dans bien des publications du POI, de fauteur de guerre n°1.
Cette orientation n’est pas celle de Liebknecht et les phrases pacifistes, qui déjà en 1915 avaient le don d’énerver … Lénine, ne sont ici que la couverture de l’union interclassiste – l’union sacrée, donc – avec les partisans de l’adaptation « pacifiste » de la France à la multipolarité impérialiste de Trump et Poutine.
Sauf que pour opérer celle-ci, pour mettre en œuvre la politique internationale de Mélenchon et du POI, la candidature sérieuse, du point de vue du capital, c’est l’union des droites.
La phrase ci-dessus est extraite d’un virulent billet d’Informations Ouvrières (journal du POI), du 6 février dernier, signé Pierre Paletot, signature fréquente dans ce journal sur les sujets syndicaux : l’objet en est de conspuer la déclaration de l’intersyndicale française, et notamment de la CGT et de la CGT-FO, en solidarité avec les centrales ukrainiennes FPU et KVPU et soutenant les manifestations tenues à l’occasion de l’anniversaire de la guerre généralisée contre l’Ukraine.
Cette déclaration, qui a l’importance d’exister, ne va pourtant pas jusqu’à soutenir la demande des syndicats ukrainiens de livraisons d’armes, mais cela n’empêche pas le POI de la traiter de « honteuse » : car elle n’appelle pas au cessez-le-feu immédiat livrant au génocide les territoires occupés et désarmant l’Ukraine.
Tel est le programme poutinien du POI concernant l’Ukraine. Il peine à l’imposer aux organisations syndicales, même à la CGT-FO où existent encore des traditions internationalistes remontant au temps où FO appuyait Solidarnosc en Pologne et la libération de l’ukrainien Leonide Pliouchtch en URSS – il est vrai qu’en ce temps-là, le courant d’où provient le POI, quels qu’aient été ses défauts, était, lui, internationaliste.
Niché comme garde prétorienne de Mélenchon, le POI tente de jouer le rôle de police politique de Poutine dans les organisations syndicales, aux côtés de la FSM (Fédération Syndicale Mondiale) et de divers groupes staliniens, et en avant d’eux. Si cette fonction politique n’arrive pas à imposer toute sa ligne, elle joue, avec d’autres, un rôle important pour paralyser l’expression effective de l’internationalisme envers l’Ukraine comme à l’échelle mondiale. Son angle d’attaque le plus facile consiste à affirmer que « la guerre », sans plus de précision, est ce qui ampute ou sert de prétexte à amputer les budgets de l’école, de la santé, etc.
Au congrès de la fédération FO de l’enseignement, la FNEC-FP-FO, à Angers les 15-19 décembre dernier, des syndicalistes anciens de la fédération, par ailleurs animateurs de la campagne pour la libération du mathématicien anarchiste emprisonné par Poutine, Azat Miftakov, ont, le soir du mercredi 17 décembre, parce qu’ils s’opposaient au texte international renvoyant dos-à-dos Poutine et Zelenski et voulant désarmer l’Ukraine, été interrompus par les huées organisées d’une cinquantaine de congressistes – ou de supposés tels – criant « casse-toi ». L’une des délégués ainsi attaqués a fait un malaise. Le lendemain matin, le secrétaire national du SN-FO-LC (syndicat des lycées et collèges), François Pozzo di Borgo (POI), saisi de la gravité des faits par la délégation du SN-FO-LC de Paris, a fait porter leur entière responsabilité sur les syndicalistes victimes, provoquant le départ immédiat du congrès de 6 des 7 délégués de la délégation parisienne du SN-FO-LC.
Nous rapportons ici ces faits car, forcément, ce récit – qui ne nous vient pas directement des camarades syndicalistes internationalistes victimes – circule dans le mouvement ouvrier, et que c’est tout le mouvement ouvrier qui est concerné : dans l’intérêt de la confédération FO elle-même, de telles méthodes, et la politique au compte de laquelle elles sont mises en œuvre, ne sauraient être acceptées et doivent donc être publiquement connues et dénoncées – toute dissimulation aurait des conséquences plus délétères encore. Nous avons connu la police politique stalinienne dans les organisations ouvrières. Il ne saurait être permis au POI où à qui que ce soit de la reconstituer.
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Très proche tant de J.L. Mélenchon lui-même que du POI, l’ex-carriériste sarkozyste Sophia Chikirou se trouve, utilisant ses fonctions de députée européenne, au centre de la promotion de la « Gauche post-soviétique » et des opposants russes en exil plus ou moins érigés en mascottes ou en alibis par LFI et le POI : « vous voyez bien que nous sommes contre Poutine puisque nous soutenons des opposants » – on a vu plus haut les problèmes posés par l’orientation politique et les liaisons dangereuses de ces émigrés, dont certains sont, incontestablement, de vrais opposants (en même temps attachés à l’intégrité de « la Russie », mais ceci est fréquent chez les opposants russes en dehors des anarchistes) … mais pas tous.
La même Sophia Chikirou, comme candidate à la mairie de Paris, est, de tous les candidats municipaux notoires de LFI, la plus engagée dans une ligne de division ouvrant la voie à l’union des droites, son objectif premier avoué étant de faire perdre la mairie de Paris au PS pour la rendre à la droite, donc à l’union des droites.
Trump et Poutine misent en France sur la diabolisation de LFI pour faire arriver l’union des droites au pouvoir. S’il n’est pas, disais-je plus haut, nécessaire de recourir à des explications machiavéliques pour expliquer la manière dont la ligne de division de la direction de LFI fait le jeu de cela, il est tout de même permis de s’interroger sur le rôle systématiquement joué, tout particulièrement, par Mme Chikirou.
Vincent Présumey, le 13 mars 2026.
(1) La manière donc certains appels à l’unité des sommets de LFI – à la base cela peut être tout à fait différent – sont à rapprocher de la politique de division du KPD allemand ayant joué le rôle clef dans l’arrivée de Hitler au pouvoir, provient de bonnes sources : l’historien Jérôme Chapoutot, excellent dans sa stricte spécialité (les hautes sphères financières et prussiennes), mais combinant ignorance sidérante et arrogance sans limite dès qu’il s’agit du mouvement ouvrier, a entrepris, au service de Mélenchon qui a repris cette grotesque fadaise historique, de raconter que la social-démocratie allemande n’avait pas répondu aux appels à l’unité lancés par le KPD. J’avais déjà fait justice par avance, sans le faire exprès, de ce cette fake new, dans mon article sur son livre Les irresponsables, en juillet dernier :
« Lorsque ce coup d’Etat prussien est commis le 20 juillet, le KPD appelle à l’unité et à la grève générale pour le … lendemain. Ceci permet à certains historiographes de dire que les communistes allemands ont quand même appelé à l’unité d’action. En fait, s’il est probable que cette posture s’explique en partie par la pression de la base pour une véritable action qui ne pouvait qu’être unitaire, elle vise à déconsidérer grève générale et unité et y arrive : tout le monde comprend très bien que cet appel à « l’unité à la base » ne sera pas suivi et les militants du KPD ayant un emploi ne font pas grève. Cet appel intempestif, prenant de court la construction du front unique ouvrier, a en fait contribué à la défaite. Pour les ouvriers social-démocrates, un an après le plébiscite rouge-brun qui réclamait ce qui vient de se produire, il montre que les communistes sont des guignols. Il y a révolte, mais associée à une profonde démoralisation, dans les rangs social-démocrates : la capacité de lutte manifestée par les appareils syndicaux réformistes contre le putsch de Kapp en 1920 est morte. »
13.03.2026 à 17:24
aplutsoc
Document 1

Nous l’avons fait !!! Plus de 3 000 femmes ont participé aujourd’hui à la Marche des Femmes 2026 !
Pour la première fois depuis le début de la guerre, les femmes sont descendues dans les rues de la ville pour que l’État entende leur voix !
Nous nous sommes rassemblées non pas pour célébrer, mais pour rappeler : le 8 mars est une journée de lutte pour les droits, la dignité et la sécurité des femmes.
Nous sommes descendues dans la rue pour clamer haut et fort :
Les femmes dans l’armée ont droit à l’égalité et au respect.
Les femmes détenues doivent rentrer chez elles.
Les droits des femmes ne peuvent être restreints et redéfinis en catimini, sans débat public. Nous exigeons le retrait de tous les projets de loi [réactionnaires] , copies conformes du nouveau Code civil !
La marche d’aujourd’hui n’est pas une simple marche. Voici la solidarité, la voix et la force de toutes les femmes d’Ukraine !
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé à la Marche des femmes aujourd’hui, qui nous ont soutenus, organisés, informés et qui nous ont encouragés ! Nous ne nous arrêterons pas tant que l’État n’entendra pas nos voix, car lorsque les femmes s’unissent, tout est possible !
Les droits des femmes ne sont pas un privilège, ils sont la norme.

Source : https://marshzhinok.com.ua/
Document 2

Des manifestations de grande ampleur ont eu lieu dans les villes ukrainiennes à l’occasion de la Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. Plus de trois mille activistes ont participé à la Marche des femmes à Kyiv, la plus importante depuis le début de l’invasion à grande échelle.
Nous nous sommes également joints aux manifestations et exprimons notre entière solidarité avec les principales revendications de la Marche. Nous attirons une nouvelle fois l’attention sur la nécessité :
Nous remercions les organisatrices et toutes les personnes qui ont participé à la Marche des femmes.
Cependant, nous ne pouvons nous empêcher d’exprimer notre inquiétude concernant deux facteurs :
Nous remercions encore une fois toutes les personnes qui se sont jointes à nous, qui ont organisé et participé à ces événements.
12 mars 2026
Priama Diia
Source : RESU / PLT