11.07.2026 à 17:46
aplutsoc
La crise du Parti Socialiste est un sujet qui concerne toute la classe ouvrière – n’en déplaise à une doxa assez répandue, nourrie à la fois par le dépit légitime de la présidence Hollande notamment (et de tout ce qui l’a précédée et préparée), mais aussi par une vision biaisée des trahisons du XX° siècle dont réchappe le stalinisme, doxa selon laquelle tout ce qui est PS ne sent vraiment pas la rose.
En fait, Hollande en engendrant Macron a conduit le PS à sa liquidation, mais celui-ci a persisté à exister, car à la base, dans les municipalités et les syndicats, le PS existe encore. Ceci a été une donnée décisive de la formation du NFP et de l’échec de Macron à mettre Bardella au gouvernement, en 2024.
Le choix de ne pas censurer le gouvernement Bayrou, puis Lecornu, choix largement aidé par la ligne de division de la direction de LFI, a placé la direction du PS devant un mur contre lequel elle a commencé à se frapper la tête de plein fouet cette semaine.
Acte 1, politiquement très important : Olivier Faure, premier secrétaire de ce parti, et une vingtaine de députés, choisissent de voter la censure du gouvernement Lecornu sur la question politique maintenant la plus urgente de toutes, la question climatique. Le voulant ou non, ils indiquent donc une direction, celle de la reconstitution de l’unité de tout le NFP pour affronter le pouvoir exécutif illégitime, maintenant — et du même coup affronter et battre le RN et l’union des droites.
Acte 2, la ligne de Mélenchon devant ce pas en avant et la possibilité d’unité qu’il indique : le refus, l’hostilité radicale. Nous avons vraiment là, directement, affaire à la tradition stalinienne du début des années 1930 : « O. Faure a trahi sa parole, sa dignité, la NUPES, le NFP, tout et tout le monde pour devenir le candidat des centres. (…) Maintenant, il met un maillot d’insoumis pour voter avec nous et les écolos la censure de Lecornu. Ce n’est plus une girouette. C’est un ventilateur. »
Sous l’humour médiocre, la haine, et même une certaine peur : tout courant réformiste ou social-démocrate de gauche réel constitue un danger mortel pour le candidat Bonaparte plébiscitaire. Il faut donc le tuer, et la convergence avec François Hollande et son monde est ici une évidence qui devrait sauter aux yeux de ceux qui ne sont pas aveugles …
D’ailleurs, ce même lundi 6 juillet, J.L. Mélenchon annonçait que pour se rallier à lui (avec armes et bagages, les yeux bandés et la corde au cou), chacun a jusqu’à novembre (juste avant l’échéance posée par F. Hollande pour annoncer sa candidature).
En outre, le vote interne chez les Écologistes, le même jour, voyait les partisans de Mélenchon et ceux de l’orientation vers Hollande, Glucksmann et le centre, battus ensemble (par 65% des voix), car ils étaient associés (logique !), par l’orientation représentée par Marine Tondelier, favorable à une primaire – mais voulant avancer sa propre candidature faute de primaire, ce qui était donc suspendu au vote interne du PS de jeudi.
Acte 3, le vote interne au PS a donc eu lieu jeudi, devant trancher entre une primaire unitaire hormis LFI, et un processus de désignation cantonné au seul PS associé à Place publique.
Le premier fait clef est ici le nombre remarquablement petit des votants : moins de 13 000 selon les rares sources accessibles. Pour comparaison, le vote interne au PCF avant son congrès a vu 24 600 votants. Le PS a plus de 13 000 adhérents, mais une telle démobilisation est un signe politique de décomposition, causée par les non-censures, les divisions, etc.
Les votants se sont divisés à peu près sur les lignes de force du dernier congrès, la position pro-primaire d’Olivier Faure ne progressant que légèrement par rapport à son score lors de celui-ci, de 42% à 45%, contre 55% choisissant, selon le titre involontairement humoristique du site du PS, « leur stratégie présidentielle pour 2027 ».
En fait, ils ont adopté un chèque en blanc devant permettre à terme à François Hollande, en dehors de tout vote et de toute consultation de quelque parti que ce soit, et au titre d’ancien président de la V° République, de s’autoproclamer candidat fin 2026 une fois Raphaël Glucksmann lessivé, ou bien, et il choisira souverainement en fonction de ce qu’il appelle « les intérêts supérieurs de la France », de se retirer en faveur d’Édouard Philippe.
Cela signifie que le processus d’auto-liquidation du PS est à nouveau engagé (Olivier Faure représente, de fait, sa persistance dans l’être), et qu’il le serait (sous les applaudissements de J.L. Mélenchon) au profit de la V° République et, si ce n’est des macroniens, du moins de ceux qui ont engendré Macron. Et peut-être bien au bout du bout, d’Édouard Philippe !
Voici la déclaration d’Olivier Faure :
« Les militants ont tranché en choisissant une primaire réservée aux militants pour désigner notre candidat à l’élection présidentielle. Je respecte pleinement la souveraineté des militants et veillerai au respect de la décision qu’ils ont prise.
Le Parti socialiste est un parti démocratique et mon devoir est d’appliquer les décisions prises par les militants. Mais je continuerai à me battre jusqu’à la fin pour rassembler toute la gauche démocratique et écologiste et éviter l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir.
Je me félicite qu’il y ait, malgré tout, un processus de primaire. Il permettra un choix démocratique et donnera une légitimité à notre candidat. Dès le mois de septembre, des débats permettront de confronter les lignes politiques, les propositions et les idées, de sortir du simple rapport de force interne pour permettre aux militants de trancher, en octobre. Il faut que les Français comprennent ce que nous allons porter dans l’élection présidentielle. »
Olivier Faure malgré son vote de lundi pour la censure, choisit de ne pas renverser la table et de faire semblant, mais c’est bien, qu’il le veuille ou non, la liquidation du PS le sujet.
L’APRÈS a réagi par un communiqué, que nous reproduisons ci-dessous, appelant « celles et ceux qui ont défendu une candidature commune de continuer à œuvrer ensemble pour peser dans la situation », en « construisant un cadre permanent de coordination et d’action. »
La candidature de Clémentine Autain, qui, à la différence de celles de François Ruffin et de Marine Tondelier, n’entendait être légitimée que dans la perspective de primaires unitaires, devient, de fait, caduque. La proposition d’un cadre permanent d’organisation par L’APRÈS, de défensive doit devenir offensive, et aller vers des comités d’action ou quelque nom qu’on leur donne, car ce ne sera ni le 18 avril, ni le 2 mai 2027, que Marine Le Pen sera battue, mais avant dans la lutte directe.
Cependant, le récit de cette semaine du PS n’est pas terminé, car, vendredi 10 juillet, Ségolène Royal est sortie de sa boite. Voici sa déclaration :
« J’ai décidé de participer à la primaire après de nombreux échanges avec des gens rencontrés, des élus, des citoyens actifs dans des associations, des entreprises.
Je prends cette initiative avec humilité, sans égo, et sans posture de supériorité comme on en voit trop. Pour servir, en étant à l’écoute, avec discernement, expérimentée et respectueuse des différences de points de vue. Sauf la limite infranchissable du racisme et de l’antisémitisme. Du sexisme et de l’homophobie. Et de l’extrême droite, aux portes du pouvoir : comment pourrais-je ne rien faire, face à l’hypothèse selon laquelle la première femme de l’histoire de France qui accéderait à la présidence en serait issue ?
Notre pays secoué par de multiples crises exprime le besoin d’un avenir rassurant pour retrouver une FRANCE TRANQUILLE et confiante en son destin.
Dans un esprit d’équipe et de rassemblement autour de plusieurs priorités :
À bientôt donc. Préparez-vous à venir voter nombreux et à participer à définir LA FRANCE TRANQUILLE et l’ORDRE JUSTE. Car rien n’est plus fort que des citoyens qui prennent leur destin en mains et surmontent ensemble les épreuves. »
On a le droit de rigoler, mais on ne saurait s’en contenter. De fait, son initiative, premièrement emm … François Hollande, et deuxièmement confère à la non-primaire du PS une visibilité inespérée pour ses tenants. Elle est sur son orientation V° République, autoritaire et corporatiste de « l’ordre juste », et rappelons que, toujours copine avec J.L. Mélenchon, elle aurait pu être tête de liste « insoumise » aux dernières élections européennes. En politique internationale, elle fait le pont entre le multilatéralisme trumpo-poutinien de Mélenchon et celui de Le Pen. C’est donc là plus qu’un grain de sable qui se met dans les rouages. Mais du point de vue de l’unité des exploité.e.s et des opprimé.e.s pour gagner contre le RN et la V° République, elle fait évidemment partie du problème, pas de la solution.
La solution ? Plus que jamais, à la rentrée, les comités d’action : sur la base de la discussion que nous avons impulsée le 5 juillet dernier, voila le sujet prochain.
Le 11/07/2026.

La France vit une tragédie politique : l’annonce de Marine Le Pen de se porter candidate à l’élection présidentielle, quelques heures après sa condamnation en appel, vient saper tous les fondements de l’État de droit. Dans le même temps, nous assistons, à peine surpris, à la validation par la majorité des adhérent·es du Parti socialiste de la stratégie des deux gauches irréconciliables et d’une victoire qui se jouerait au centre.
La victoire se joue à gauche, fièrement. Pour partager les ressources, les richesses, le travail et le pouvoir, assurer la bifurcation écologique et lutter contre les discriminations. L’espoir à gauche se crée dans notre capacité à transformer la société, pas à gérer ce qu’il reste d’un monde qui s’épuise, patriarcal et capitaliste.
L’histoire est tragique mais la fin n’est pas écrite. À un an de l’élection présidentielle, L’APRÈS affirme le chemin du rassemblement de la gauche sociale et écologiste comme seul à même de contrer la victoire de l’extrême-droite. Sa poussée est résistible. Elle demande une gauche à la hauteur du moment. Le contexte ne permet aucune hésitation : face à la menace autoritaire, xénophobe, antisociale, il faut unir nos forces.
Nous avons fait la NUPES. Nous avons fait le NFP. Plusieurs villes de France, en mars dernier, ont su trouver la voie de l’union, des accords entre forces de gauche. Il n’existe aucune justification à la division insurmontable si ce n’est pour celles et ceux qui jouent la défaite derrière leur candidature solitaire. Tout est question de volonté politique.
La volonté de l’électorat de gauche est là. Elle pousse nos organisations à nous réunir, pour l’élection présidentielle et les élections législatives, à créer les conditions du rassemblement, à écrire un programme qui rende la vie meilleure !
L’APRÈS propose à celles et ceux qui ont défendu la perspective d’une candidature commune de continuer à œuvrer ensemble pour peser dans la situation. Construisons un cadre permanent de coordination et d’action. Inscrivons l’exigence d’unité dans la durée. Plus largement, nous en appelons à chacune et chacun, candidat·es déclaré·es ou non. Hissons la gauche à la hauteur de l’histoire. Rassemblons-nous. Résistons ensemble.
Retrouvons nous à Tours du 22 au 24 août pour l’université d’été de L’APRÈS et en septembre à la Fête de l’Humanité.
Publié par L’APRÈS le 10 juil. 2026.
10.07.2026 à 13:44
aplutsoc2
Photo illustrant cet article : déjà plus de 1000 hectares brûlés dans une zone humide desséchée, la Brenne.
La catastrophe thermique, alimentaire et sociale, arrive à toute allure en France. On appelle encore ce qui nous arrive la « 3° canicule », celle de juillet après celle de juin et celle de mai, mais le terme est impropre : il s’agit de l’emballement climatique, prévu, connu, même s’il apparait aujourd’hui que le GIEC, intimidé, apeuré, par les menaces des lobbies climatosceptiques financés par les trusts du capital fossile et nourrissant l’extrême droite, n’avait pas osé tirer publiquement toutes les conclusions.
Les dites conclusions arrivent à toute vitesse. L’enchainement des trois « canicules » s’est produit AVANT MEME qu’El Nino, le plus grand El Nino de l’histoire, lui-même amplifié par le réchauffement, ne soit vraiment enclenché. C’est donc, avec la marge d’incertitude aléatoire due à la circulation atmosphérique instable, la menace d’une amplification continue du phénomène meurtrier, sur toutes les prochaines semaines, voire les prochains mois.
D’ores et déjà vieux isolés et nouveaux nés meurent. D’ores et déjà. Nous publions ci-dessous la lettre ouverte au ministre du Travail de la CGT Travail, Emploi, Formation professionnelle, qui fait mesurer l’état d’impréparation des textes du droit du travail. C’est la question du débrayage pour survivre, de la grève climatique, qui arrive à toute allure.
Le gouvernement vient d’adopter un plan « ORSEC chaleur » supposé permettre, selon les décisions préfectorales, la mise à l’abri d’autorité dans des locaux supposément moins brûlants, des personnes âgées isolées et des personnes à la rue (« SDF »). Mais qu’ ont fait le pouvoir exécutif et ses appuis parlementaires jusque là ? Ils étaient plus occupés à faire voter, avec le RN, la loi autorisant les assassinats policiers. Et, au Sénat, à élargir à nouveau le droit de polluer et de rendre les gens malades pour les capitalistes agro-industriels FNSEA et Coordination rurale.
Un texte assez connu de Lénine, en 1917, annonçait la révolution d’Octobre par ce titre : La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer. La vérité historique est qu’elle n’a pas été conjurée, que l’implosion des infrastructure et la famine se sont produites dans l’empire russe et poursuivies dans le territoire soviétique, mais que la catastrophe a formé la base de la révolution.
De même, la catastrophe bioclimatique n’est plus imminente, et on ne la conjurera pas : elle est là. Mais quand au gouvernement on parle d’adapter le pays à 4 degré de plus d’ici la fin du siècle, on doit comprendre une chose : c’est la mort de millions de gens qu’ils envisagent, de milliards à l’échelle planétaire. On peut encore éviter les plus 4 degrés, l’étuve mortelle, par des mesures stoppant les émissions de CO2 qui ne peuvent qu’être coercitives, mais faiblement pour le plus grand nombre et durement, radicalement, pour tout ce qui touche à l’accumulation et à la circulation accélérées du capital, et donc pour les capitalistes. De même, on peut « adapter » par la végétalisation, les volets en bois, les dispositifs de santé publique, et la climatisation dosée et ciblée, mais cela aussi n’est possible que par des mesures de mise en commun, de socialisation et d’expropriation du capital.
Outre les incendies généralisés et le caractère terrible de l’existence quotidienne, la crise thermique va se traduire par des hausses massives des prix alimentaires et des pénuries. Aucun candidat à la présidentielle, est-il besoin de le dire, n’est préparé à cela, aucun n’a envisagé que son joli calendrier institutionnel pourrait être secoué par les forces telluriques du capital fossile et l’ébranlement social qu’elles vont provoquer. Nous y allons tout droit. Toute politique qui ne part de cela est aux antipodes du réalisme.
09.07.2026 à 16:26
aplutsoc2
… mais il n’est pas interdit de les utiliser comme matériaux de réflexion. Le sondage IFOP pour LCI et le Figaro, largement diffusé, réalisé dans le cadre de l’onde de choc médiatique de la candidature de Marine Le Pen condamnée par le tribunal, a à la fois l’intérêt et la limite de donner l’écho à ce moment précis, de cet aspect de la situation politique qu’est l’idée que se font les sondés de leur vote supposé dans un peu moins d’un an. Résumons l’essentiel.
Dans tous les cas de figure, Marine Le Pen est élue (avec ou sans bracelet électronique ? le sondage ne le dit pas). Au second tour, elle fait (dans le sondage), 54% contre 46% à Philippe, 55% contre 45% à Attal, et 70% contre 30% à Mélenchon, en outre crédité de 15% au premier tour (son maximum à ce jour dans les sondages Ifop). Avec une nuance qui peut comporter des évolutions possibles : 18% de l’électorat Le Pen de 2022 se déclare, dans le sondage, insatisfait de sa déclaration de candidature. Et une carence analytique de tout premier ordre : les abstentions ne sont pas envisagées !
Le vote RN est un vote massif et populaire, majoritaire dans les couches les moins organisées du prolétariat, ce qui ne le rend en rien inoffensif, comme a été en 2024 massif et populaire le vote Trump aux Etats-Unis, avec les conséquences que l’on connait.
Contre la victoire du RN, les « républicains » Attal et Philippe, ce dernier un peu, mais si peu, mieux placé que l’autre, tous deux héritiers de Macron bien que voulant faire croire le contraire, ne font pas « barrage ». Le vote pour un candidat « bourgeois » classique, comme Chirac, évidemment, en 2003, et Macron en 2017 et en 2022, est désormais largement rejeté, même devant Le Pen. C’est l’oeuvre, notamment, de Macron.
Si nous nous plaçons dans la logique « électorale, » il faudrait un ou une candidate susceptible, non de « rassembler » par sa modération ou son centrisme « républicain », mais par les espérances sociales et démocratiques majoritaires faisant d’elle ou de lui leur instrument.
Or, c’est ce que de toute évidence Mélenchon n’est pas, nettement plus mauvais face au RN que n’importe quel candidat « bourgeois » !
Ses partisans – nombreux, c’est vrai – veulent à toute force croire et faire croire qu’il sera nécessairement le dernier barrage et le barrage victorieux, eux qui ont pourtant tant conspué, parfois, la gauche « castor » en 2017 et en 2022. Ils misent maintenant sur une discipline contrainte et forcée, quasi ouvertement sur un vote de résignation.
Mais à ce stade ça ne marche pas, parce que la résignation ne suffit pas pour une dynamique populaire et démocratique. Outre le vote d’une population urbaine bien identifiée, vote lui-même plus mesuré qu’on ne le dit car dans le 93 par exemple c’est l’abstention qui prédomine à ce jour, il faudrait le vote de larges couches prolétariennes sur tout le pays – ce que Sanders, pour poursuivre cette comparaison, aurait pu sans doute avoir contre Trump en 2016, et ce que Mélenchon avait partiellement drainé en 2017 mais a perdu ensuite.
Reste que le principal intérêt de ce sondage, avec sa limite qui est de se faire l’écho du bruit médiatique autour de l’annonce de sa candidature par Md. Le Pen, est que si Mélenchon est, toutes choses égales par ailleurs, le pire candidat de second tour face à elle, aucun ne tient la route.
Connaissant les mobilisations sociales des Gilets jaunes aux retraites, connaissant l’importance de l’abstention, connaissant les sentiments partagés dans tous les secteurs de base de la gauche et des écologistes, il est possible de dire qu’une candidature unitaire, reposant sur l’ensemble de ces dynamiques, serait seule à même de drainer, non pas les « modérés » mais la majorité des secteurs prolétariens tentés par le vote RN ou l’abstention. Cette candidature serait une candidature de défense de la démocratie mais, par cela même, elle serait « antisystème » mais pas au sens de Le Pen : anti-V°République.
Est-ce impossible ? Le bon sens répond : oui. Est-ce nécessaire ? Le bon sens répond : oui. Le bon sens se contredit, car ce qui est nécessaire doit se frayer le chemin du possible.
Nous entrons sans doute dans l’horreur climatique, El Nino arrivant par dessus les deux et trois, et combien, de « canicules » engagées. La production alimentaire va s’effondrer. Les larges masses seront poussées aux issues radicales. Trump et Poutine, les deux parrains de Mme Le Pen, tremblent sur leurs fondements. Le bon sens dans sa globalité est dialectique, il assume les contradictions pour y faire face, et il envisage les comités d’action et l’auto-organisation par en bas – ce dont nous avons discuté dans notre réunion, importante, de ce 5 juillet- , car ce n’est ni le 18 avril, ni le 2 mai 2027, que Mme Le Pen, et la V° République dont elle est la plus haute incarnation c’est-à-dire la pire, peut et doit être battue.
C’est avant !
VP.
08.07.2026 à 18:37
aplutsoc2
Comme je l’ai expliqué, et les faits l’ont confirmé, la principale contradiction qui a traversé le congrès confédéral de la CGT-FO à Dijon a opposé la vocation démocratique du syndicalisme contre tout régime autoritaire, fasciste ou bonapartiste, et donc contre le RN et l’union des droites, d’une part, à la tentation de préparer le terrain au « dialogue social » avec au pouvoir … le RN.
Et face à cette contradiction principale, et aux autres concernant la défense des revendications, le bloc verrouillé « Métaux-POI » a tenu, la contribution décisive du POI/LFI ménageant ainsi la possibilité du « dialogue social’ avec le RN consistant à marteler « la paix, la paix, paix en Ukraine, non aux dépenses militaires qui font fermer écoles et lits d’hôpitaux ».
Le verrouillage par l’alliance POI/ »Métaux » est identifié et dénoncé par les courants se disant anarcho-syndicaliste, comme Frédéric Vuillaume des Territoriaux de Bourgogne/Franche-Comté, et aussi par le PT (Parti des Travailleurs, ex-POID), le rameau frère, frère ennemi mais néanmoins siamois, du POI.
Suite à des questions qui sont parvenues à la rédaction d’Aplutsoc qui me les a communiquées, je voudrais dans ce billet préciser le rôle du PT et de ses responsables syndicaux dans l’équilibre général de FO. C’est d’ailleurs très simple : leur rôle consiste à dénoncer la Sainte Alliance POI/ »Métaux » pour essayer ensuite de s’y incruster en préservant leurs positions !
Démonstration. La Tribune des Travailleurs (TT) du 1° avril 2026 rend compte de l’intervention du PT dans ce congrès (ce n’est pas dit comme ça, ce sont des « interventions de militants », mais tout le monde comprend).
Un axe central : « la guerre » – laquelle ? « la guerre », on vous dit, qui est quelque chose de mal et d’impérialiste. Donc, contre « la guerre », il y aurait un problème selon le grand article de la TT, à savoir les « positions mélenchonistes » visant à aliéner l’indépendance syndicale. Après une tentative de faire passer cette position « mélenchoniste » en commission, le représentant POI de la Fédération de l’enseignement (FNEC-FP-FO) passe un accord avec ceux des fédérations de la Défense et des Métaux pour présenter une version édulcorée de l’amendement initial, « mélenchoniste ». La TT condamne : « .. sur les questions essentielles, l’attelage « métallurgie-défense-enseignement » s’est assuré le contrôle du congrès », manière de désigner la Sainte Alliance POI/ »Métaux ».
Ah mais, les valeureux syndicalistes du PT sont là pour préserver l’indépendance syndicale, qu’on se le dise ! Qu’ont-ils donc fait ?
Voici l’amendement de la Sainte Alliance, adopté en plénière : « Le congrès refuse l’augmentation sans fin des dépenses militaires au détriment du service public et incompatible avec la satisfaction des revendications. Il exige le cessez-le-feu partout dans le monde, en particulier en Ukraine, en Iran, au Liban, ainsi que l’arrêt des massacres en Palestine. Le congrès appelle ses syndicats à prendre les initiatives nécessaires pour empêcher la guerre. »
Bien, bien, bien … et donc, un courageux délégué (membre du PT) a tenté d’amender cet amendement, mais la tribune n’a pas intégré sa proposition au motif que le texte proposé résultait d’une décision de la Sainte Alliance, pardon, d’un accord entre les trois fédérations le proposant. Quel était l’amendement à l’amendement ? Il consistait à ajouter le mot « syndicales » après le mot « initiatives ». C’EST TOUT.
TOUTE l’orientation internationale du POI/LFI, reconduite ou impliquée dans le blabla général de cet amendement contre « la guerre », est partagée par le PT. En ce sens, le PT est tout autant « mélenchoniste » que n’importe quel stalinien se disant pacifiste. Il combat la guerre défensive de l’Ukraine contre la Russie, dont il nie d’ailleurs l’existence en la faisant passer pour une guerre de l’OTAN, et il défend l’impérialisme chinois contre l’impérialisme américain, comme Mélenchon, alors même que les deux coopèrent conflictuellement en tentant un partage du monde de fait. Le soutien à « la paix » conduit au soutien de ce partage, c’est-à-dire à la forme réelle de l’union sacrée aujourd’hui, chez Gluckstein-le-petit comme chez Mélenchon-le-grand. CQFD.
Au fait, quel était l’enjeu central de ce congrès pour le PT ? La défense de l’indépendance syndicale contre LFI. Certes, les divagations populistes et plébiscitaires de Mélenchon contre les formes ouvrières d’organisation et contre l’héritage vivant de la charte d’Amiens doivent être combattues. Mais elles ne le sont en rien quand on partage son orientation internationale fondamentale, c’est-à-dire son orientation dans la lutte des classes, car la lutte des classes est internationale dans son contenu.
Et là encore, démonstration en a été donnée par l’intervention de Luc Bénizeau, du SNUDI-FO 94, en fait intervention du PT à la tribune du congrès, vitupérant contre « l’attaque », la menace envers le syndicat, représentée par … le RN ? Macron ? le MEDEF? l’union des droites ? Non, par « un dirigeant politique » (Mélenchon, qu’il ne nomme même pas) pour qui « la charte d’Amiens n’ a plus de raison d’être ».
Et pour quoi pensez-vous qu’après ces mâles paroles, appela ce courageux délégué ? Il appela à voter POUR le rapport d’activité de Frédéric Souillot et de la Sainte Alliance POI/ »Métaux », arguant que F. Souillot avait dit être pour l’indépendance syndicale (ouf !), et pour la charte d’Amiens (re-ouf !) – a-t-il également dit qu’il était pour la santé et contre la maladie ?
Quant à la question du RN, de la lutte pour l’empêcher d’arriver au pouvoir, connais pas !
Ainsi, en inventant le fétiche selon lequel l’enjeu central du congrès aurait été la menace mélenchoniste, et selon lequel, certainement avec l’aide héroïque des délégués membres du PT (parions que D. Glucsktein leur a expliqué qu’ils faisaient comme Lambert en 69 !), Frédéric Souillot avait permis au syndicalisme, à FO, et à la choucroute, de continuer, n’est-ce pas, le « syndicalisme libre et indépendant » n’a pas été « balayé » !
Ce vote pour est logique, car sur l’essentiel -le soutien au partage du monde entre impérialismes multipolaires appelé « la paix », et le déni de l’enjeu politique du RN et de la question du pouvoir en France – il y a accord entre la Sainte Alliance POI/ »Métaux » et le PT (et donc avec Mélenchon quelles que soient les phrases sur la charte d’Amiens). Le PT est la mouche du coche de cette Sainte Alliance.
Léon Serret-Pelloutier.
07.07.2026 à 23:24
aplutsoc2
Marine Le Pen et sa bande ont été condamnés pour détournements massifs de fonds publics, complicité et recel de détournements de fonds publics, ayant largement perpétué et utilisé un système mis en place au temps de Jean-Marie Le Pen (totale continuité). Une enquête pour détournement de fonds publics vise également Jordan Bardella.
Les juges ont fait en sorte qu’elle puisse se présenter à la présidentielle tout en devant faire appel de sa condamnation pour éviter le port d’un bracelet électronique. Après Sarkozy, qu’elle a soutenu contre la justice, président de la V° République lui aussi tardivement condamné comme le grand délinquant qu’il est, voici donc une candidate à la présidence qui s’affirme en même temps délinquante et mafieuse, « tête haute et front dressé ».
Sa campagne démarre donc d’emblée comme un bras de fer visant à intimider le pouvoir judicaire, et détruire l’Etat de droit, pour accomplir la V° République comme régime autoritaire. Du même coup, elle contraint le fat Bardella et les courants visant à un gouvernement de coalition du RN et de la droite dite traditionnelle dans lequel le RN serait sous contrôle, à s’aligner : il ne sera pas sous contrôle.
C’est ainsi la campagne de Trump et de Poutine qui démarre en France. Marine Le Pen entend être élue en tant que condamnée pour ses pratiques mafieuses, afin de les imposer et les banaliser, tels Orban, Erdogan ou Poutine.
Il est faux de dire que « rien n’est changé » (J.L. Mélenchon) : la nature radicalement hostile à toute garantie des droits du RN est réaffirmée frontalement pour une campagne condamnée à la fuite en avant « populiste » ou au piétinement. Ce qui va susciter des contradictions, et qu’Edouard Philippe, après avoir annoncé vouloir en finir avec l’école publique, va tenter d’exploiter;
La crise de régime s’aggrave encore : sans l’institution présidentielle, le phénomène du clan Le Pen prévaricateur et visant à former au pouvoir une mafia oligarchique n’aurait pas vu le jour. Rompre avec ce régime, instaurer une République démocratique, sociale et laïque associée librement aux autres peuples, tel doit être le programme de la démocratie, qui ne passera pas par un scrutin présidentiel.
L’unité d’action tout de suite pour les besoins urgents face à la catastrophe qui vient va devoir se dresser et affronter ce régime pour battre une bonne fois le gang Le Pen. Attendre un homme providentiel, Mélenchon ou Philippe, pour battre « dans les urnes » Marine Le Pen, c’est une illusion dangereuse qui fait son jeu. Elle doit être battue avant, par l’affrontement social dans le pays.
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07.07.2026 à 15:28
aplutsoc
Que ceux qui se qualifient d’« antimilitaristes » examinent les conséquences de leur politique.
La nuit dernière, Kyiv a de nouveau été la cible d’une attaque russe de grande envergure. Le bilan s’élève déjà à plus de 14 morts, tous des civils.
Depuis des semaines, les Ukrainiens alertent sur la pénurie critique de munitions pour les systèmes de défense aérienne. L’aide militaire en provenance d’Europe et des États-Unis n’arrive désormais qu’en quantités limitées.
En conséquence, aucun des missiles balistiques tirés sur Kyiv lors de l’attaque de la nuit dernière n’a été intercepté.
– Aucun des 6 missiles 3M22 Zircon/Onyx ont été interceptés.
– Aucun des 23 missiles Iskander-M/S-400 ont été interceptés.
Nous estimons que la responsabilité de ces décès incombe non seulement à Trump et aux responsables politiques pro-russes en Europe, mais également à ceux qui, depuis des années, s’opposent à ce que l’Ukraine dispose des moyens de se défendre, tout en se cachant derrière une fausse notion d’antimilitarisme. Cette position a contribué à cultiver l’indifférence — et parfois une hostilité ouverte — au sein de certains courants de la gauche occidentale à l’égard de l’aide militaire à l’Ukraine.
Ces choix relèvent d’une responsabilité politique, publique et morale et il faudra en rendre compte.
6 juillet 2026
Solidarity Collectives