01.07.2026 à 15:06
aplutsoc2
Où est la réalité politique du moment présent ?
La mobilisation féministe pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, qui a déjà et va encore monter dans une série nationale de manifestations ce samedi 4 juillet, cherche à imposer, contre l’exécutif, le vote de cette loi par l’Assemblée nationale, et marque des points en ce sens !
Voilà une exigence démocratique de masse qui met en cause, en pratique, le fonctionnement du régime de la V° République, et qui a enlevé à l’extrême-droite, qui jappait d’impatience, toute possibilité de récupération.
D’autre part, la motion de censure des Ecologistes sur la catastrophe climatique et l’impéritie totale du gouvernement, irresponsabilité qui est une politique, suscite une campagne médiatique de haine. Pourquoi ? Parce qu’elle tape dans le mille.
Et elle rappelle que ce gouvernement n’est pas légitime. Et que les députés élus au titre du NFP forment la majorité relative de l’Assemblée nationale.
Le spectre de la censure de Lecornu s’était déjà dessiné à propos du 1° mai. Le groupe PS n’a aucune raison d’en avoir peur : il ne faut jamais avoir peur de la démocratie.
Il est, ceci dit, vraisemblable que le RN protégerait le gouvernement : le nouveau soi-disant parti de la clim’ protégera les destructeurs des conditions de vie du plus grand nombre, n’ayant d’autre ambition que de les détruire encore !
Réunion-débat avec Aplutsoc, dimanche, 5 juillet, à 14h au Maltais Rouge (40 rue de Malte – Métro République ou Oberkampf) à Paris (nous contacter pour avoir un lien afin de participer en visio : écrire à aplutsoc@netc.eu ).
01.07.2026 à 12:06
aplutsoc
La réforme des bourses n’est-elle pas encore à la poubelle ?
Depuis plus de deux ans, le projet de loi n° 10399, qui élargit le système des bourses dans l’enseignement, prend la poussière à la Rada. Il figure pourtant à nouveau à l’ordre du jour. Rappelons en quoi ce projet pose encore problème et quelles en seront les conséquences :
1 Violation de la Constitution. Bien que le nombre fixe de bourses financées (au moins 51 % du nombre de diplômés) ait été maintenu, une partie d’entre elles seront « subventionnées ». Or, ces subventions pourront ne pas couvrir intégralement les frais de scolarité. Pour beaucoup, ce manque restera de toute façon insurmontable. La réduction de ces possibilités d’accès à l’enseignement gratuit est en contradiction directe avec l’article 22 de la Constitution ukrainienne, qui interdit de restreindre les droits et libertés existants.
2. Aggravation des inégalités sociales. L’obtention d’une bourse prive les étudiant·e·s du droit à une allocation sociale. Cela ne tient pas compte des besoins de celles et ceux (en particulier les personnes déplacées à l’intérieur du pays ou les étudiant·e·s venant d’autres villes) qui, outre leurs frais de scolarité, doivent payer leur logement, leur nourriture et leurs transports. Parallèlement, il est prévu de réduire d’autres programmes d’aide publique selon des critères non précisés.
3 Le travail obligatoire. De plus, les étudiant·e·s bénéficiant d’une bourse seront contraint·e·s de signer un contrat les engageant à travailler pendant une durée de 1,5 à 3 ans auprès d’un employeur désigné par l’État — ce qui est présenté comme le seul moyen de conserver leur bourse. En cas de refus, ils et elles perdront leurs bourses. Ce qui est présenté ici comme un « choix » constitue en réalité une contrainte vers un emploi démotivant et souvent peu attrayant. Cela porte atteinte à l’autonomie professionnelle de l’étudiant e et renforce sa dépendance vis-à-vis de l’employeur.
Ainsi, le projet de loi n° 10399 orientera l’enseignement vers l’élitisme. Les bénéficiaires directs de cette politique ne seront pas les couches les plus vulnérables de la population, mais les employeurs, les universités privées (qui accueilleront les boursiers de l’État) et les familles aisées, capables de payer la différence des frais de scolarité. De cette manière, ces innovations excluront les personnes qui ont le plus besoin d’un soutien social, rendant les effectifs des étudiant es de plus en plus homogènes, tandis que les réalités des différentes couches de la population s’éloigneront de plus en plus les unes des autres. Cela constituera inévitablement une source de tensions sociales et de polarisation de la société.
Le système des bourses n’est pas mauvais en soi, mais sa mise en œuvre s’effectue par le biais d’une réduction des aides publiques et de la transformation de l’université en un produit de consommation qui est néfaste. Nous nous opposons à une politique qui creuse le fossé entre riches et pauvres et rend l’université vulnérable aux fluctuations du marché.
Mais que proposons-nous donc ?
Nous proposons de renforcer l’autonomie des universités et d’associer les étudiant-es à leur gestion. Nous proposons un financement stable afin que les universités puissent mettre en œuvre des stratégies de développement à long terme, plutôt que de consacrer l’ensemble de leurs ressources à la recherche de fonds.
Nous proposons des conditions d’emploi plus stables pour le personnel enseignant et de recherche, qui doit aujourd’hui souvent se contenter de contrats à court terme. Nous proposons une vision de l’université en tant que bien public et instrument essentiel d’émancipation, garantissant la cohésion sociale et l’accès de tous les citoyen·ne·s au savoir.
L’éducation n’est pas une marchandise ! L’université n’est pas un marché !
1er juillet 2026
Priama Diia
Source : RESU/PLT
30.06.2026 à 18:00
aplutsoc
En 2026-2027, le peuple ukrainien sera confronté à la terrible perspective d’un cinquième hiver d’invasion et d’une guerre d’usure qui a déjà duré plus longtemps que la Première Guerre mondiale ; le prochain hiver pourrait même être plus rude que celui qui vient de s’écouler.
L’Ukraine continuera d’être confrontée à la destruction de ses infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport ; à de nouveaux bombardements de ses écoles, hôpitaux et quartiers résidentiels ; à l’effacement de sa culture et de sa langue dans les territoires occupés par la Russie ; à l’assassinat, à la torture et aux violences sexuelles infligés par l’envahisseur à ses soldats capturés et à ses civils non combattants ; ainsi qu’à l’enlèvement de ses enfants.
Il ne s’agit pas seulement de tragédies humanitaires : ces actes violent les droits humains fondamentaux tels qu’ils sont consacrés par le droit international humanitaire. Ce sont des crimes de guerre au sens du Statut de Rome et des actes d’agression explicitement interdits par la Charte des Nations unies.
La Cour pénale internationale a lancé des mandats d’arrêt sur la base du droit international applicable à ces crimes, mais les grandes puissances n’ont pas la moindre intention de permettre leur application.
Malgré cette trahison de leurs droits, le peuple ukrainien poursuit sa résistance inébranlable, sur la ligne de front et en arrière front. Il continue d’affirmer son droit à la souveraineté, ses aspirations démocratiques, et d’exiger que les principes du droit international qui devrait nous protéger s’appliquent également à l’Ukraine.
Multiplions la solidarité avec l’Ukraine !
L’hiver dernier, les campagnes d’aide d’urgence menées par la société civile à travers l’Europe et dans le monde entier ont permis au peuple ukrainien de survivre. Aujourd’hui, cependant, l’aide apportée à l’Ukraine doit passer à la vitesse supérieure : notre solidarité doit devenir plus internationale, plus coordonnée et plus visible.
Nous vivons à une époque où la logique du pouvoir prime systématiquement sur le respect des droits humains et des lois qui les garantissent. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est l’expression manifeste de ce schéma récurrent, où des États et des gouvernements puissants sacrifient les droits humains et le droit international au profit de leurs intérêts géopolitiques.
Cela signifie que notre solidarité avec l’Ukraine ne concerne pas seulement l’Ukraine : elle est indissociable de la défense d’un ordre international qui protège les droits humains — pour tout le monde, partout. Que celles et ceux qui souhaitent raviver l’esprit de solidarité internationale contre la guerre et la montée de la menace d’extrême droite, autoritaire et fasciste y contribuent !
Construisons le Convoi de solidarité !
Tel est l’esprit et l’objectif du Convoi de solidarité des syndicats et des mouvements sociaux internationaux vers l’Ukraine, qui aura lieu cet automne. Il s’agit d’une initiative ambitieuse qui montrera au monde entier que l’Ukraine n’est pas seule.
Le convoi s’efforcera de répondre aux besoins variés et en constante évolution de la population ukrainienne en collaborant étroitement avec les syndicats, les organisations de la société civile, les associations locales et d’autres acteurs de terrain. La nature de l’aide transportée sera déterminée dans le cadre d’un dialogue permanent avec les personnes directement touchées et engagées sur place. La priorité sera donnée aux biens et ressources identifiés comme les plus urgents, tout en tenant compte de ce qui peut être fourni et acheminé le plus efficacement depuis les différents pays et territoires participant au convoi.
À cette fin, le convoi traversera des villes et des capitales d’Europe, organisant des événements où les syndicats, les comités de solidarité, les ONG et les groupes féministes, écologistes et LGBTIQ+ pourront se réunir pour exprimer leur soutien.
Le Convoi de solidarité est mis en place parce que nous croyons qu’une paix juste pour l’Ukraine doit reposer sur le respect de l’intégrité territoriale, la responsabilité pour les crimes de guerre, l’indemnisation des dommages considérables infligés au pays et la reconstruction d’institutions multilatérales efficaces garantissant ces objectifs justes.
Il ne s’agit pas seulement de la cause de l’Ukraine, mais aussi celle du respect des droits humains consacrés par le droit international, et non la force, qui doit régir les relations entre tous les peuples et tous les États.
Nous invitons les organisations syndicales à tous les niveaux, les organisations féministes, LGBTIQ+, environnementales et humanitaires, celles qui s’opposent au fascisme et à l’extrême droite, ainsi que celles qui luttent pour une paix juste pour l’Ukraine, à soutenir cet appel et à rejoindre le projet.
Ensemble, organisons le convoi international de solidarité des syndicats et des mouvements sociaux en faveur de l’Ukraine !
Appel en différentes langues
ENGLISH Yкраїнська FRANÇAIS ESPAÑOL (CASTELLANO) PORTUGUÊS (DO BRASIL)
ITALIANO POLSKA CATALÀ NEDERLANDS ΕΛΛΗΝΙΚΑ
Cet appel a déjà été publié en français par les sites suivants :
30.06.2026 à 13:45
aplutsoc
Le 4 juillet, nous marcherons, déterminées à enfin en finir avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Nous marcherons en mémoire de Lyhanna, assassinée alors que le seul mis en cause avait déjà été dénoncé à la justice par plusieurs victimes dont une enfant victime d’une cinquantaine de viols ; assassinée alors qu’un précédent signalement avait été classé sans suite.
Nous marcherons en soutien à toutes les victimes, enfants comme adultes, à celles qui ont survécu et en hommage à celles qui ne sont plus parmi nous.
Nous marcherons en refus de l’impunité qui protège les agresseurs
Il est temps de prendre en compte la gravité des violences qui sont perpétrées très majoritairement contre les femmes et les enfants. Il est temps de reconnaître leur caractère systémique dans une société patriarcale. Les féministes et les enfantistes le réclament depuis les années 1970.
Face à ces revendications, les pouvoirs successifs n’ont opposé que des mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives qui continuent de secouer l’opinion publique.
Depuis trois semaines, un mouvement sans précédent traverse notre pays, place Vendôme, devant les tribunaux et les préfectures, pour demander qu’enfin de véritables transformations aient lieu. Face à l’accumulation des affaires de violences sexuelles qui touchent les enfants et les femmes, les citoyen.ne.s demandent des actes en urgence. Nous connaissons les solutions !
Il est temps de changer de paradigme, de répondre par une loi cadre intégrale à des violences omniprésentes qui bouleversent radicalement la vie des victimes, enfants ou adultes.
La prévention et l’éducation, notamment avec l’EVARS à l’école, sont fondamentales. Mais aussi l’accompagnement des victimes, la prise en compte de leur santé physique comme psychique, la garantie d’un parcours pénal protecteur et respectueux des besoins des victimes, la prévention, la lutte contre la récidive et la réparation.
Sans passer sous silence les violences invisibles et donc inaudibles : au travail, dans la rue, dans le cabinet du gynécologue ou les mutilations sexuelles. L’impunité doit cesser !
C’est pour cela que nous, féministes et enfantistes, avons élaboré ensemble une loi-cadre
Intégrale qui prend en compte l’ensemble de ces aspects. Elle s’appuie sur l’expérience de toutes les associations qui viennent en solidarité aux victimes.
Une coalition parlementaire transpartisane (regroupant l’ensemble des groupes politiques sauf le RN et l’UDR) à l’Assemblée nationale a élaboré une proposition de loi à partir de ces éléments, en étroite collaboration avec les associations expertes. Elle est déposée depuis début décembre sur le bureau de l’Assemblée. Et depuis lors, nous demandons sa mise à l’ordre du jour. Nous demandons aussi les moyens financiers nécessaires à sa mise en œuvre : 3 milliards d’euros par an.
Le premier Ministre, Sébastien Lecornu, vient de déclarer qu’elle serait débattue en octobre, tout en limitant immédiatement sur X sa portée.
Féministes et enfantistes, nous savons que la surenchère répressive prônée par l’extrême-droite et la droite extrême ne protégera ni les femmes ni les enfants.
Castration chimique, perpétuité réelle, rétablissement de la peine de mort. Ni la répression aveugle, ni la surenchère verbale, ni la politique du fait divers, n’ont jamais empêché les crimes et les délits.
Ces propositions ignorent de surcroît les besoins et les droits des victimes, réduites au rôle de prétexte dans des stratégies politiques conservatrices et réactionnaires.
C’est une loi-cadre intégrale qu’il nous faut.
NOUS MARCHERONS PARTOUT EN FRANCE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES, POUR CETTE LOI ET DES MOYENS LE 4 JUILLET ET TOUT LE TEMPS QU’IL LE FAUDRA. NOUS NE LÂCHERONS PAS.
Paris : rendez-vous à 15H place de la Bastille
Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale contre les violences sexuelles et Fondation des Femmes.
Source : https://www.loi-integrale.fr/appel-a-la-marche-du-4-juillet-2026/

30.06.2026 à 13:25
aplutsoc
Il y a quelques semaines, nous alertions sur l’emprise croissante de l’extrême droite sur l’Université française, conjuguée aux ingérences gouvernementales et à la répression des mobilisations de celles et de ceux qui la font vivre. Dans ce contexte moribond, un gouvernement à la légitimité très discutable vient d’apporter sa contribution à l’ambiance xénophobe et raciste qui pourrit notre pays. Par décret, Philippe Baptiste, ministre de l’ESR, veut mettre fin aux exonérations jugées « massives » par les universités des droits d’inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·ères extracommunautaires, introduits en 2019 via le programme au nom orwellien « Bienvenue en France ». Cet ancien cadre de Total devenu notre chef à toutes et à tous a d’ailleurs pu déplorer qu’à ce jour, « seulement 10 % d’étudiant·es extracommunautaires paient les droits différenciés », ce à quoi il entend « remédier ».
Concrètement, le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 enjoint les universités à une application plus stricte des frais différenciés, que beaucoup refusaient jusqu’à présent de mettre en œuvre. Cela revient à multiplier par 15 les droits d’inscription pour les étudiant·es extracommunautaires, qui auraient ainsi à payer 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros avant l’application, et 3 941 euros en master, contre 254 euros.
Le ministre nous vante les mérites financiers d’une telle mesure, en estimant à 250 millions d’euros les recettes supplémentaires pour les universités. Or, ces dernières apparaissent bien dérisoires au vu de la situation budgétaire catastrophique de l’ESR, mis à terre par des politiques néolibérales austéritaires à répétition. En réalité, à l’heure de la montée de la xénophobie et de l’extrême droite, c’est la marque d’une volonté politique de faire payer aux ressortissant·es des pays des Suds une politique diplomatique catastrophique, tout en réactualisant des rapports de domination forgés dans l’histoire coloniale de la France. La suppression des APL pour ces mêmes étudiant·es dès le 1er juillet en est déjà une manifestation criante.
Par cette décision contraire à la Constitution, le gouvernement compte aussi faire payer les échecs de sa politique néolibérale aux usager·ères les plus précaires de l’Université, et qui plus est, à celles et à ceux qui ne détiennent pas le bon passeport. Cette idéologie veut faire de l’Université un espace de compétition par l’argent, uniquement accessible aux mieux doté·es.
Depuis l’annonce du décret, les instances dirigeantes de nos universités ne font malheureusement pas front commun. Certain·es s’y opposent frontalement, et annoncent d’ores et déjà qu’ils et elles ne l’appliqueront pas à la rentrée 2026-2027. C’est le cas du conseil d’administration de l’Université Rennes 2, et du président de l’EHESS, Romain Huret. De son côté, le président de l’Université Clermont Auvergne, Mathias Bernard, est bien trop seul à appeler clairement à l’abandon de ce décret.
D’autres universités adoptent des postures encore plus ambivalentes : les discours se montrent souvent combatifs, les pratiques, elles, ne suivent pas. Ainsi, l’Université Evry-Paris Saclay a réussi à faire voter les exonérations des étudiant·es extra-communautaires avant la mise en œuvre du décret, mais l’appliquera tout de même à la rentrée 2027/2028. L’AMU, quant à elle, exprime sa grande radicalité en se déclarant « en attente de précisions quant à la mise en œuvre du décret par les autorités compétentes ». Enfin, l’Université de Bordeaux adopte un positionnement ubuesque : son Président Dean Lewis a d’abord accordé une longue interview pour critiquer ce décret, avant d’annoncer l’appliquer dès la rentrée prochaine à peine un mois plus tard.
Cette mesure, on sait déjà quels seront ses effets. Cerise moisie sur le gâteau ranci : l’Université de Strasbourg menace de désinscrire une cinquantaine d’étudiant·es, dans l’incapacité de payer de tels frais. La procédure de désinscription administrative est ainsi bel et bien engagée pour celles et ceux qui n’ont pas pu régulariser leur situation financière. L’établissement pousse le cynisme jusqu’à invalider leur année en considérant qu’iels n’ont purement et simplement jamais été inscrit·es administrativement, privant de diplôme et d’attestation des étudiant·es ayant pourtant payé une partie des frais, suivi les cours, passé les examens et validé leurs semestres. Ce tour de passe-passe permet à la présidence de bloquer la délivrance de leurs résultats au motif que l’inscription n’a jamais été finalisée, alors même que ces étudiant·es ont été sélectionné·es sur critères académiques.
Quoi qu’il en soit, nous ne faisons confiance ni au ministère, ni aux présidences d’université pour mener cette lutte. Nous l’affirmons avec force : personne ne devrait avoir le pouvoir d’accorder arbitrairement un droit à étudier. L’accès à l’Université doit être enfin totalement gratuit pour toutes et tous, sans distinction d’aucune sorte.
C’est la raison pour laquelle nous appelons les étudiant·es, les personnels et les enseignant·es-chercheur·euses, à se mobiliser pour faire pression sur ce gouvernement et ses relais, en leur signifiant par tous les moyens le dégoût qu’inspire cette mesure. Nous appelons aussi tout particulièrement à la solidarité avec les étudiant·es étranger·ères extracommunautaires : il faut les informer à la fac, sur leurs lieux de travail, dans les Crous et les soutenir le plus possible, moralement voire financièrement. Plus largement, nous appelons à la convergence avec les luttes antiracistes et contre l’extrême droite, qui fourmillent aujourd’hui en France, mais demeurent atomisées, que ce soit dans la rue, à l’échelle des quartiers, au sein des musées, de l’espace associatif, culturel et universitaire. Nous appelons aussi au soutien aux associations d’aide aux étranger·ères qui, elles aussi, subissent la répression institutionnelle.
Nous demandons à toutes et tous les président·es d’université à faire le minimum en refusant unanimement d’appliquer cette mesure.
Enfin, nous exigeons l’abrogation immédiate de ce décret par le gouvernement.
Le 30 juin 2026.
Association Nationale des Candidat·e·s aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)
30.06.2026 à 13:24
aplutsoc
La canicule est un fait politique central, décisif, envers la France. Ne l’appelons pas « canicule », mais ce qu’elle est : la catastrophe thermique montante, dans la catastrophe bio-géo-climatique globale que l’accumulation et la circulation accélérées du capital ont largement engagée. Pendant des jours, des gens mourraient souvent seuls chez eux. Pendant des jours, une chape terrible nous a écrasés. Comme déjà chaque année pour un milliard d’Indiens. L’horrible hécatombe dans les élevages industriels signe non pas la faible durabilité, mais l’obsolescence immédiate de ce type d’entreprise qui ne vise pas à produire de la nourriture, mais à accélérer accumulation et circulation du capital. Et la peur que cela recommence, dans quelques jours, est là. Personne ne peut plus parier que nous verrons les 50 degrés dans longtemps.
La catastrophe thermique a clairement vu gouvernement et appareil d’État dans le rôle, non seulement de ceux qui n’ont volontairement rien anticipé tout en prétendant outrageusement l’avoir fait, mais dans le rôle de ceux qui ne veulent rien faire et renvoient tout sur la population, et singulièrement sur les femmes, les mamans, assignées au rôle de responsable de l’hydratation des vieux, des malades et des enfants. Honte !
La catastrophe thermique a renvoyé les rodomontades climato-sceptiques au musée des horreurs criminelles. Elle porte un coup à la principale force politique du trumpisme et du fascisme climatique qui, avec un Elon Musk et autres tarés tout-puissants, veulent que crève le plus grand nombre : le RN et la droite façon Retailleau qui ont combattu toute mesure pendant des décennies et qui tentent maintenant de faire croire que la clim’ c’est avec eux !
La catastrophe thermique remet, hélas, toutes les pendules à l’heure. Elle met à l’ordre-du-jour la grève climatique. Le ministre du Travail Farandou, avant d’inviter les dirigeants syndicaux à voyager avec lui en Espagne pour voir comment on fait la sieste dans l’entreprise, au nom du « dialogue social », a déclaré qu’il faut toujours bosser quand il fait 30 degrés. Il nous indique le curseur : à 30 degrés, on arrête tout ! Grève climatique ! Voilà ce que serait un mot d’ordre intersyndical efficace, mettant en cause le pouvoir en place et forçant la bataille écologique la plus concrète !
Force est de constater que toutes les directions syndicales en sont très loin, même si elles parlent droit de retrait, etc., et si les fédérations de l’Éducation nationale ont déposé des préavis de grève climatique, ce qui prouve que la question est pleinement posée et le sera de plus en plus.
Mais la campagne déjà engagée pour les présidentielles n’est-elle pas l’illustration même de l’écart absolu entre réalité et discours officiels ? Cela vaut pour les candidats d’extrême droite et de droite adeptes, comme Retailleau, de l’ « écologie non punitive », c’est-à-dire de la punition par l’hyperthermie de tous les pauvres, vieux, malades, enfants dans les écoles sans volets. Mais cela vaut aussi à gauche, d’une part pour la pléthore de candidats « non mélenchonistes » dont ceux qui se situent sur le terrain de la présidence Hollande dont Macron fut le produit. Et aussi pour J.L. Mélenchon. Car la grève climatique et l’action de masse sont des questions immédiates, ici et maintenant, qui ne sauraient attendre l’arrivée du Sauveur suprême à l’Élysée, qui ne nous sauvera pas, c’est clair. Sauvons-nous nous-mêmes et soufflons nous-mêmes notre forge, comme dit la chanson, ou plutôt : construisons nous-mêmes les abris et les protections du genre humain et des milieux de vie !
Le réalisme impose de dire haut et fort que le scenario pré-écrit d’une présidentielle où la gauche divisée ne laisse de la place qu’à J.L. Mélenchon pour qu’à l’arrivée RN et union des droites prennent les rênes de la V° République, n’est en rien écrit. Car il y aura d’autres chocs thermiques. Car Trump et Poutine sont en difficulté, le premier devant le peuple américain, le second devant la résistance armée de l’Ukraine, qui peuvent rebattre les cartes. Et parce que les luttes sociales en France n’attendront pas. Déjà le mouvement féministe est en train de contraindre l’Assemblée nationale à aller vers une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants.
Il circule ce jour le fait que le NPA-A se rallierait à la candidature Mélenchon au nom de l’unité de la « gauche de rupture » et du « front uni antifasciste » (même si c’est plus complexe et nuancé dans le NPA-A, ce qui en résulte, c’est cela). Mais qu’est-ce qu’une « gauche de rupture » et qu’est-ce qu’un « front uni antifasciste » ?
Une gauche de rupture n’appelle pas les exploités et les opprimés à attendre le salut d’une élection présidentielle, et elle ne soutient pas XI Jinping et Poutine contre les peuples, soutenant ainsi sans le dire aussi Trump et J.D. Vance !
Le front uni antifasciste n’est pas une affaire d’idéologie mais de réalité : c’est le front commun pour interdire l’arrivée au pouvoir en France du RN et de l’union des droites.
La rupture anticapitaliste et l’unité antifasciste, c’est tout de suite pour la grève climatique et la défense de toutes les revendications, et c’est là-dessus que l’unité doit être imposée et peut l’être.
Les présidentielles ne sont pas jouées, en rien, ni même l’alignement des éléphants pour le premier tour, car la triple réalité de la catastrophe bioclimatique, du combat des peuples contre Trump et Poutine, et de la lutte sociale, est plus vaste et plus forte.
Aplutsoc appelle à participer aux manifestations féministes dans toute la France ce samedi 4 juillet, et invite à discuter des perspectives et de l’action commune nécessaire pour gagner dans la réunion-débat que nous organisons ce dimanche, 5 juillet, à 14h au Maltais Rouge (40 rue de Malte – Métro République ou Oberkampf) à Paris (nous contacter pour avoir un lien afin de participer en visio : écrire à aplutsoc@netc.eu ).