13.01.2026 à 16:23
aplutsoc2
Deux sortes de nouvelles sur la révolution en Iran.
L’une, c’est que le black-out, combiné, à l’étranger, au centrage médiatique sur l’héritier Pahlavi et sur les rodomontades interventionnistes de Trump (avec lequel les mollahs disent discuter), une répression démentielle se déchaine. De sources crédibles sur les réseaux sociaux, on envisage 12 000 morts à ce jour et l’équivalent d’un coup de force contre le peuple dans tout le pays.
La défaite provisoire de l’insurrection est une possibilité. Elle ne réconciliera pas le peuple qui est opposé à mort à tout l’appareil religieux-policier.
Mais l’autre élément est la libération de fait de plusieurs villes, dans le Kuzistan et le Kurdistan, et, dans le centre industriel d’Arak, l’élection d’un conseil par les ouvriers en grève qui a pris le contrôle de la ville, et dont le communiqué ci-dessous, diffusé par le PC et par d’autres courants, semble tout à fait authentique.
Cela c’est la révolution au niveau de 1979, avec le relais des conseils ouvriers temporairement formés au Nord de l’Irak en 1991, qui revient.
Ces deux aspects – massacre partout, conseils ouvriers et zones libérées – sont contradictoires, mais bien simultanés.
Pourrait faire pencher la balance une vraie mobilisation internationaliste à la base. C’est trop demander ?
— Déclaration des Conseils ouvriers d’Arak
« Aux travailleurs de la province de Markazi, à nos camarades du Khuzestan et à tout le peuple iranien. »
Pendant des décennies, nos revendications de pain ont été accueillies par les balles, et nos revendications de dignité par l’emprisonnement. Mais aujourd’hui, le silence est rompu. Nous, les travailleurs des usines d’Arak, déclarons ce qui suit :
Contrôle des lieux de travail : Désormais, la gestion des usines de fabrication de machines, d’AzarAb et de wagons Pars sera entre les mains de conseils ouvriers élus par les travailleurs. Nous ne reconnaissons plus les dirigeants nommés par le gouvernement ni les syndicats contrôlés par le régime.
Lien avec la terre : Notre grève ne porte plus sur les salaires. Nous appelons les citoyens d’Arak à former des conseils de quartier pour gérer la sécurité et la logistique. Nos usines sont vos protectrices.
Défense des soldats : Nous demandons à nos frères d’armes : ne devenez pas les assassins de vos propres pères. Si vous nous soutenez, nos conseils garantiront votre sécurité et celle de vos familles.
Ultimatum au Régime : Toute tentative d’entrée par la force dans les complexes industriels ou d’arrestation de nos représentants sera considérée comme une déclaration de guerre contre la ville entière. Si une seule goutte de sang ouvrier est versée, les flammes de la rébellion scelleront le pouvoir.
Nous ne sommes pas ici uniquement pour des salaires impayés. Nous sommes ici pour décider de la gestion de cette usine et de ce pays. L’ère des patrons et des mollahs est révolue. Tout le pouvoir aux conseils !
13.01.2026 à 00:02
aplutsoc
Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l’Intérieur de préparer d’éventuelles élections législatives aux mêmes dates que les municipales, en cas de dissolution. Ce couplage possible des élections municipales et législatives serait une catastrophe pour la démocratie au vu du délai, s’il se réalisait.
Il prendrait de court la gauche et favoriserait un petit chelem du RN dans un premier temps, municipales et législatives. En attendant le grand chelem avec la présidentielle.
Dans cet imbroglio électoral prévisible, puisque que la dissolution est possible à tout moment, que dire de cette gauche qui n’a pas su tirer les leçons de la victoire relative aux législatives anticipées de 2024 et qui ne cesse de mettre en spectacle ses chamailleries et autres pinaillages comme ses divergences.
Le RN, quant à lui, déjà fortement intégré aux institutions politiques, finalise sa stratégie d’accession au pouvoir, tant local que national. La récupération/absorption d’une grosse partie de la droite et de son électorat nous instruit sur la pertinence, pour le RN, de cette stratégie d’union des droites, menée de longue date, tambour battant.
Mais que propose en réponse à cette stratégie de conquête du pouvoir par l’extrême droite, la gauche ? Pour l’instant, elle est dans l’incapacité d’avancer une stratégie efficace contre la montée du fascisme 2.0, alors qu’il lui appartient de bien évaluer le moment historique.
Pourtant, nous ne sommes pas sans bille à gauche et, logiquement, une stratégie de front unique face à la fascisation tant sur le plan national, européen et international devrait être acquise depuis belle lurette.
Au-delà des éternels anathèmes et des crises passionnelles, la gauche se doit d’œuvrer rapidement à l’unité et prendre conscience que la ligne de démarcation première est l’antifascisme. Cette ligne transcende largement le clivage traditionnel gauche /droite.
La gauche doit œuvrer à un nouveau programme de la résistance qui ouvre l’espérance de jours heureux aux côtés de toutes les forces républicaines vaillantes. Un nouveau Conseil National de la Résistance 2.0 pour faire face.
Ghislaine, le 12/01/2026.
10.01.2026 à 18:56
aplutsoc2
Le chantage gouvernemental et ce qui serait possible contre lui.
Vendredi 9 janvier, les services du premier ministre Lecornu et du ministre de l’Intérieur Nunez ont fait savoir à la presse qu’ils examinent l’organisation d’élections législatives en même temps que les élections municipales, prévues les 15 et 22 mars prochains. Il s’agit très ouvertement d’une menace adressée aux députés à propos du budget 2026, toujours inabouti, et des motions de censure annoncées par le RN d’une part et LFI d’autre part.
Dans la V° République, c’est l’exécutif, même minoritaire et illégitime, qui menace le pouvoir théoriquement législatif. Les députés élus au titre du NFP en 2024 pour empêcher la formation d’un exécutif Macron/Bardella devraient, s’ils agissaient conformément à la démocratie, et pourraient, s’ils en avaient la volonté politique, censurer la poursuite, avec ou sans budget 2026, d’une politique antisociale qui atteint le droit à la santé et prévoit des milliers de suppressions de postes d’enseignants que préfets, ministres et recteurs sont en train de préparer alors qu’elles n’ont pas été votées par l’Assemblée nationale !
Une telle censure, appuyée sur les mouvements sociaux, viserait à renverser l’exécutif en place non pour avoir de nouvelles élections présidentielles, mais pour engager un processus constituant de changement de régime, seule issue démocratique à la crise politique française.
Tenez, d’ailleurs, une occasion de combiner censure et mouvements sociaux serait, par exemple, le 22 janvier prochain, jour de la niche parlementaire de LR qui va proposer que le 1° mai (voir aussi ici) ne soit plus par principe un jour chômé !
Mais en fait, si les directions des formations du NFP s’étaient réparties les rôles pour boucher l’issue, le résultat serait le même : le PS protège le gouvernement Lecornu en grignotant des reculs partiels qui résultent en fait de la poussée sociale de septembre 2025 (décalage/suspension de la réforme des retraites, dislocation du « choc des savoirs » au collège, reculs sur certaines des ponctions visant retraités et malades …), et LFI protège le régime de la V° République en refusant toute autre issue qu’une élection présidentielle pour faire élire Mélenchon et qui aura toutes les chances de faire élire Le Pen ou Bardella. Entre les deux, Ecologistes et PCF font un peu de la politique du PS et un peu de celle de LFI.
C’est uniquement pour cela, en combinaison avec l’attentisme syndical délibéré sur le plan national, que les coups antisociaux se poursuivent, que l’exécutif peut faire chanter l’Assemblée nationale par la menace de dissolution alors que c’est lui que la censure devrait faire partir, et que le RN peut espérer tirer le bénéfice électoral de la crise.
Dans ces conditions, les motions de censure auxquelles Lecornu réagit par le chantage à la dissolution ne sont ni l’une ni l’autre des motions visant à grouper les exploités et les victimes des politiques gouvernementales. Ce sont des motions-diversions, mais la crise politique est telle qu’une diversion peut accidentellement … marcher !
La motion-diversion du RN poussée par Trump et par Steve Bannon.
La première a été annoncée par Jordan Bardella pour le RN, jeudi soir. Ce serait une motion de censure portant sur l’accord de libre-échange UE/Mercosur, auquel Macron a finalement dit s’opposer mais qui, la France étant minoritaire dans les instances de l’UE et Meloni s’étant ralliée au traité pour l’Italie, a été adopté vendredi 9 janvier à la majorité des pays de l’UE e²t pourrait entrer en vigueur sans même attendre sa ratification par le Parlement européen
Nous allons revenir sur le traité UE/Mercosur, mais il faut bien comprendre auparavant dans quel cadre global se place la manœuvre du RN.
Début janvier, le journal allemand Der Spiegel a fait état de fuites américaines selon lesquelles, si l’inéligibilité de Marine Le Pen était confirmée par le tribunal dans le procès en appel qui commence le 13 janvier, les juges français pourraient être sanctionnés par les Etats-Unis.
Et Steve Bannon, principale figure de l’aile du fascisme MAGA de plus en plus réservée sur la politique de Trump, a déclaré le 6 janvier que Marine Le Pen présidente est une nécessité pour tuer l’UE, après le Brexit et la réélection de Trump, alors que Bardella, « le gamin », « le poids plume », n’en serait pas capable (il lui en veut depuis que Bardella s’est enfui d’un rassemblement où Bannon faisait des saluts nazis, et pas pour la première fois, mais il y a là une appréciation intéressante sur les potentiels bonapartistes respectifs de Le Pen et de Bardella).
La motion de censure du RN, prétendant représenter « les agriculteurs », ne vise en rien à défendre la paysannerie, mais vise à relayer l’axe Trump/Poutine contre les Etats européens et contre l’UE, en exploitant l’affaiblissement de Macron et de l’impérialisme français qui, pour la première fois, est humilié dans le cadre de l’UE sur la question de sa politique agricole (la PAC), dont il fut historiquement l’initiateur.
Et LFI, pour ne pas être en reste …
Le lendemain matin, vendredi 9, Mathilde Panot, pour ne pas être en reste, annonçait que LFI allait déposer aussi une motion de censure, similaire à celle du RN en ce qui concerne l’accord UE/Mercosur, renchérissant sur l’ « affaiblissement de la France dans le monde » et, semble-t-il (le texte exact n’est pas encore connu), rajoutant l’exigence de libération de Nicolas Maduro, point sur lequel, après que les représentants LFI n’aient rien dit dans la réunion unitaire tenue sur le Venezuela à Paris le 6 janvier, J.L. Mélenchon a décidé de mener une offensive de division visant notamment Sophie Binet, dirigeante CGT. Parallèlement, et ceci sera peut-être aussi dans la motion, la sortie de la France de l’OTAN est exigée.
A propos du traité UE/Mercosur.
Le traité UE/Mercosur, dans lequel tous les gouvernements français depuis que sa négociation a commencé, c’est-à-dire depuis … l’an 2000 (!!!), sont effectivement impliqués, et que Macron dit rejeter en sachant qu’il n’y peut plus rien, formerait une zone de libre-échange entre l’UE et, en Amérique du Sud, le Brésil et les pays du cône Sud du continent.
Parmi les « agriculteurs », cette catégorie sociologique confuse qui mêle différentes branches, des capitalistes, des petits producteurs, et les ouvriers agricoles que l’on oublie toujours, viticulture et fromagerie en seraient avantagés, céréaliers et vendeurs de viandes bovines et de volaille seraient submergés par la concurrence brésilienne et argentine, et l’industrie allemande en tirerait bénéfice.
Mais les petits producteurs sont menacés aussi bien par le protectionnisme que par le libre-échange, ces deux visages du marché capitaliste : en cas de non-accord les gros céréaliers et gros éleveurs auraient toute facilité pour les écraser, la différence étant qu’en cas d’accord ils y seront plus impérativement obligés !
De plus, le protectionnisme à la Trump n’est pas l’alternative à la « mondialisation », mais sa forme contemporaine : les barrières se diffusent de manière mondialisée. Lula, président du Brésil, présente le traité comme une forme de la « multipolarité » censée unir Amérique du Sud et Europe contre les Etats-Unis de Trump, union qui pourrait d’ailleurs s’étendre à la Russie (et sacrifier l’Ukraine, cette redoutable exportatrice de blé !). Au Brésil aussi, les intérêts des petits, des sans terre et des ouvriers agricoles, ne sont pas ceux des gros, des propriétaires fonciers et des agro-capitalistes.
Les intérêts du prolétariat et des petits producteurs agricoles brésiliens ou français se rejoindraient dans une agriculture visant à nourrir les gens et non à faire des profits par tous les moyens, respectueuse des milieux, organisée de manière à la fois individuelle-familiale et coopérative-collective, telle que la dessinent les programmes de la Confédération paysanne en France ou du Mouvement des Sans Terre au Brésil – base électorale de Lula qui n’en défend pas les intérêts une fois revenu au pouvoir.
Si l’alternative protectionnisme/libre-échange est une fausse alternative et si c’est bien d’ailleurs aux deux en même temps que sont confrontés aujourd’hui les vrais producteurs de nourriture, la revendication de non-ratification de l’accord UE/Mercosur, comme mesure d’urgence, est dans l’immédiat totalement légitime.
Mais ce sont des forces sociales et politiques différentes qui, sous le nom trompeur d’ « agriculteurs », cette catégorie imaginaire, se mobilisent, et il est significatif que, malgré les confusions, les gros tracteurs de quelques 200 patrons petits et moyens de la Coordination rurale – 200 tracteurs c’est voyant mais ce n’est absolument pas un mouvement de masse- aient pu, par la bienveillance du ministre (récemment préfet de Paris) Nunez, aller jusqu’à la tour Eiffel, alors que, deux jours plus tard, ses services ont brutalement arrêtés les porte-paroles de la Confédération paysanne, Thomas Gibert et Stéphane Galais, qui manifestaient aux côtés de l’UD CGT de Paris, de Solidaires, des Soulèvements de la Terre et des étudiants d’Agri-Tech – ils ont depuis été relâchés.
Quand la défense de « la France » conduit à l’alignement sur Poutine et Trump.
La motion de censure annoncée par LFI, ajoutant à une opposition au Mercosur tout aussi confuse que celle du RN et de la Coordination rurale, une protestation contre le déclassement mondial de l’impérialisme français et une défense du régime de Maduro alors que celui-ci cherche à continuer sous forme maduro-trumpiste, fait donc, par son contenu, tout autant le jeu de l’axe Trump/Poutine que la motion de censure du RN !
L’une et l’autre prétendent défendre « la France », c’est-à-dire l’impérialisme français. En opposant sa grandeur perdue à l’UE, et, dans le cas de LFI, aussi à l’OTAN, elles ne font que relayer la pression de Trump et Poutine contre l’Europe. Une politique anti-impérialiste et démocratique, outre qu’elle réclamerait comme première urgence au Venezuela la libération de tous les prisonniers politiques, et non pas le retour au pouvoir de Maduro mais son retour au Venezuela, préparerait surtout l’affrontement avec Trump et les Etats-Unis dans l’Atlantique et sur le Groenland, tout en aidant l’Ukraine. Une mesure anti-impérialiste efficace dans ce cadre serait la reconnaissance immédiate par la France du droit à l’autodétermination de la Kanaky et de tout l’ « outremer » et l’abandon de l’incroyable, couteuse et irréalisable prétention à « posséder » d’immenses Zones Economiques Exclusives dans les océans Pacifique, Indien et Atlantique !
Concernant l’OTAN, le vieux slogan de la « sortie de l’OTAN » fait aujourd’hui le jeu de l’axe impérialiste Trump-Poutine et des secteurs les plus archéo gaulliens de l’impérialisme français. Ce sont le remplacement de l’OTAN par une alliance défensive des peuples d’Europe, incluant l’Ukraine, ou l’expulsion des Etats-Unis d’une OTAN réformée, qui devraient être à l’ordre-du-jour si l’on veut sérieusement combattre Trump et Poutine.
L’issue.
S’il n’y avait dans la situation politique française que le chantage antidémocratique de Lecornu à la dissolution et ce genre de prétendues « motions de censure », nous irions à un shitstorm (tempête de merde) opposant un bloc bourgeois-bienpensant faisant passer la casse des services publics et de la protection sociale, à une convergence inavouée mais visible entre le RN et LFI au nom de la lutte contre l’UE et Washington.
Mais ces lignes sont écrites alors que les manifestations déferlent aux Etats-Unis et que toute la population iranienne est héroïquement dressée pour renverser la République islamique. Et alors que l’aggravation actuelle de la crise politique française a pour cause profonde, ne l’oublions jamais, la poussée sociale qui a mis en suspension le budget et cassé le totem-tabou de la réforme des retraites.
C’est là qu’est l’issue. Shitstorm il n’y aura pas, tempête sociale et démocratique il y aura !
10.01.2026 à 17:58
aplutsoc2
Le texte que nous reproduisons, qui date d’aujourd’hui même, provient du Venezuela, et ne provient pas de milieux partageant les analyses que nous produisons par ailleurs sur la situation mondiale et contre le campisme, loin s’en faut, puisqu’il s’agit de la CTUV (Centrale Unitaire des Travailleurs du Venezuela), dont la direction est liée au PC vénézuélien et qui est affiliée à la FSM, Fédération Syndicale Mondiale soit-disant « lutte de classe », groupant plusieurs faux syndicats tels que la Chambre du travail des mollahs iraniens ou la centrale officielle biélorusse dont le « camarade syndiqué n°1 » est le premier patron du pays, Loukashenko.
Or, cette centrale vénezuelienne proteste contre le soutien à Maduro de la FSM, parce que, comme un certain nombre d’organisations encore membres de la FSM, il s’agit d’un vrai syndicat. S’ils écrivent ce qu’ils écrivent, c’est qu’ils savent ce dont ils parlent !
En France il est important de faire connaître cette prise de position au moment où, à partir de J.L. Mélenchon d’une part, et de la FSM dans la CGT d’autre part, se déroule une tentative de division des mobilisations déclenchées par le coup de force de Trump – et de division dans la CGT – au motif qu’il faudrait mettre en avant à tout prix la « libération de Maduro » et ne pas critiquer son régime, alors même que ce régime collabore maintenant avec Trump.
Les internationalistes, eux, soutiennent le peuple vénézuélien. Mélenchon soutient, lui « le peuple vénézuelien et ses institutions », c’est-à-dire l’Etat maduriste en train de se rallier à Trump.
Nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques, et non pas le retour de Maduro à la présidence, mais le retour de Maduro au Venezuela : ce n’est pas la même chose !
Et ce que nous préparons dans la mobilisation actuelle pour le Venezuela, c’est la suite, à propos de Cuba, du Groenland, de l’Ukraine et des pays européens que Poutine pourrait attaquer, ainsi que de Taïwan ; nous, nous ferons la guerre des peuples aux impérialismes, et pas la guerre des Poutine et des Maduro contre les peuples, laquelle conduit ces « anti-impérialistes », au final, à rallier … à rallier qui ? Trump et les Etats-Unis !
Dans ce combat pour l’affrontement avec tous les impérialismes, l’explosion d’une organisation menant à bien l’intégration des syndicats à l’Etat et à la police, avec la dissociation des syndicats de classe qui en font encore partie comme au Venezuela, en Inde, en Grèce, et parfois dans la CGT en France, serait une excellente chose pour la classe ouvrière !
Soyons inconditionnellement avec les syndicalistes vénézuéliens, que leur idéologie soit marquée par le stalinisme et le campisme ou non, du moment qu’ils tentent de défendre leur classe envers et contre tout. Salut aux efforts de la CTUV !
08.01.2026 à 22:32
aplutsoc2
Appel des organisations
Arguments pour la Lutte Sociale – ATTAC – Collectif Haiti France – Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua – CGT – Confédération Paysanne – CEDETIM/IPAM – CRID- Les Ecologistes – Pour une Ecologie Solidaire et Sociale -Emancipation Tendance Intersyndicale – France Amérique Latine – Fondation Copernic – FSU – L’Après – LDH – Le mouvement de la Paix – NPA Anticapitaliste – Nos Révolutions – PCF- PS – Réseau Bastille – Le Réseau Coopératif de Gauche Alternative – Solidaires – Solidaires Etudiant.es
Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela !
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.
Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA.
Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme étatsunien en Amérique latine, s’inscrivant dans
l’inflexion globale vers l’extrême droite.
Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.
Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays. C’est aux populations du Venezuela de décider librement, sans interférences, de leur avenir.
Les évènements du Venezuela, et les nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland illustrent l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. La réaction d’Emmanuel Macron, ne nommant pas l’agresseur et ne condamnant pas clairement cette violation évidente des principes fondamentaux du droit international, est une faute politique historique et un blanc-seing donné à Donald Trump pour la suite.
De la Palestine à l’Ukraine, en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela, les peuples agressés
sont en première ligne de l’autoritarisme et de la fascisation accélérée ayant cours actuellement partout
dans le monde. Face à tous les prédateurs, et à ceux qui laissent faire, le respect du droit des peuples à
l’autodétermination doit être au cœur de nos mobilisations.
Nous appelons à se rassembler partout dans le pays ce samedi 10 janvier pour exiger :
Commentaire de la rédaction : l’existence de cette position commune est importante. Aplutsoc (Arguments Pour la Lutte Sociale) a pris part aux rencontres qui l’ont permis, dans lesquelles des discussions sont intervenues pour savoir s’il fallait mettre au centre le mot d’ordre de « libération de Nicolas Maduro ». Nous avons dit pour notre part que dans ce cas il fallait mettre au même niveau le mot d’ordre de libération immédiate de tous les prisonniers politiques au Venezuela, dont la vie est menacé, que le régime maduriste sans Maduro maintient, dans l’opacité la plus totale, en détention, et dont Trump ne demande aucunement la libération. Finalement, ni la libération de Maduro, toutefois implicite car son kidnapping est dénoncé, ni celle des prisonniers au Venezuela, n’apparaissent dans le texte.
Il se trouve que suite à sa publication, J.L. Mélenchon, expliquant du même coup par là sa non-signature par LFI, a cité ce texte en l’appelant « déclaration de Sophie Binet » parce qu’il aurait, et donc Sophie Binet aurait, « abandonné l’exigence de libération immédiate du président vénézuelien ». J.L. Mélenchon en l’appelant « président vénézuelien », dénie la réalité, à savoir qu’il a perdu les élections. Il prétend de manière inexacte que le texte unitaire s’opposerait à sa libération (revendication légitime : il n’a pas à être jugé à New York, mais à Caracas si les prisonniers politiques sont libérés et le peuple est réellement libre !). Ne serait-ce pas plutôt parce que lui voudrait que l’on appelle à son RETOUR AU POUVOIR, totalement opposé à la souveraineté du peuple vénézuélien ? Et, pour des raisons qui sont les siennes, celles de LFI et celles du POI, il fait de cette position qu’il interprète de façon inexacte une position non pas unitaire, à l’exception de LFI et de quelques autres, mais de la seule CGT ou, pire, de la seule Sophie Binet !
Qui donc voudrait que la CGT ne puisse dénoncer « De la Palestine à l’Ukraine en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela », « la fascisation actuellement partout dans le monde » -c’est-à-dire l’Axe Trump/Poutine ! – et être aux cotés de TOUS les peuples, condition de l’efficacité pour être aux côtés du peuple vénézuélien ?

Manifestons le samedi 10, dans toute la France, non pas pour le retour au pouvoir de Maduro, mais contre TOUTES les agressions impérialistes !
08.01.2026 à 16:25
aplutsoc2
Hier, mercredi 7 janvier, le DHS, (Department of Home Security, Département de la Sureté Intérieure des Etats-Unis), a organisé la « plus grande opération » de ICE (Immigration and Customs Enforcement), consistant à lâcher 2000 agents armés et masqués sur les villes de Minneapolis et Saint-Paul. Les nervis de l’armée raciste et trumpiste qu’est ICE ont assassiné une femme au volant de sa voiture, qui tentait de faire demi-tour quand ils ont surgi, en lui tirant dessus à travers le pare-brise.
Comme lors de l’assassinat raciste de Georges Floyd, en 2020, à Minneapolis aussi, qui avait déclenché la vague de manifestations à l’origine de la défaite électorale de Trump cette année-là, tout est filmé et la vidéo circule partout. On sait maintenant que la victime, Renée Nicole Good, était une femme – blanche- de 37 ans, maman d’un petit garçon de 6 ans qu’elle allait chercher à l’école, dont le papa était décédé, qui vivait avec une compagne qui a assisté au meurtre, et qu’elle était active dans la « community » du quartier et à ce titre effectuait une surveillance sur les opérations de ICE dans sa rue. Elle publiait également des poèmes.
Tout est filmé, y compris les cris de sa compagne et les insultes des nervis de ICE empêchant par la force un médecin d’intervenir.
Ce n’est pas le premier meurtre de ICE, mais probablement le 9° en quatre mois. Mais la publicité totale de celui-ci et le contexte politique local – Minneapolis est une ville « démocrate », avec un syndicalisme présent – ainsi que la situation générale, 4 jours après le coup de force sur le Venezuela, donnent à cet odieux assassinat un relief particulier.
Immédiatement, des manifestations spontanées, massives, ont éclaté dans tous les Etats-Unis, et les réseaux No Kings se sont mobilisés.

Mais immédiatement aussi, le DHS, sa cheffe Christie Noem depuis le Texas en arborant un costume de cow-boy, et, avec sa vulgarité habituelle, Donald Trump lui-même, ont présenté un récit mensonger doublé d’une innovation langagière : Renée Nicole Good était selon eux une « terroriste domestique ». Ainsi aux « terroristes étrangers » et aux « gauchistes radicaux », s’ajoute cette catégorie universelle : les « terroristes domestiques ». C’est très simple : vous êtes chez vous, ou devant chez vous, et ICE vient vous tuer, et ce meurtre est la preuve que vous étiez une ou un « terroriste domestique ».
Le maire de Saint-Paul (le meurtre a eu lieu à la limite de Minneapolis et Saint-Paul, côté Saint-Paul), Jacob Frey, a exigé que ICE « foute le camp de notre ville ». Mais attention : dès le tout premier communiqué local du DHS, qualifiant leur victime de terroriste, les nervis ont écrit que ce « terrorisme » est « la conséquence de la diabolisation de nos agents par les politiciens des villes sanctuaires » (une « ville sanctuaire » accueille des migrants). Ainsi, ils désignent non seulement n’importe qui comme « terroriste domestique », mais ils accusent les élus démocrates de terrorisme.
A l’aune des discours et des actes de guerre civile et de terreur du pouvoir trumpien, les réactions démocrates sont du pipi de chat car aucun de ces élus, au-delà des discours, n’a entrepris de mettre en œuvre ce dont des millions de femmes et d’hommes ont besoin : l’autodéfense organisée armée, qui, sans aucun doute, serait victorieuse, car c’est la majorité qui ainsi se défendrait.
Ces évènements sont, d’un point de vue mondial, nous disons bien mondial, centraux. L’affrontement principal se déroule aux Etats-Unis mais la résistance ukrainienne, le soulèvement iranien, et la solidarité internationale, vont dans le même sens : celui de la lutte pour résister et pour renverser les tyrans.
Que quelques jours à peine après le coup de force au Venezuela cette nouvelle étape de l’affrontement social et démocratique aux Etats-Unis s’engage est le fait central.
Précisons bien une chose par rapport aux réflexes et commentaires gauchistes habituels, pour qui toute l’opposition à Trump serait marquée par la trouille et la tendance à capituler des chefs Démocrates, et pour qui ce mouvement ne serait pas « révolutionnaire » : il l’est. Il est révolutionnaire, précisément parce qu’il n’a pas de rhétorique « révolutionnaire » héritée du XX° siècle et de ses mensonges staliniens et caudillistes, mais qu’il est pleinement démocratique et même constitutionnel. Là réside son contenu politique et donc social révolutionnaire. La démocratie est la ligne de classe, la ligne de cassure et de bascule sociale autour de laquelle se nouent les affrontements, de l’Ukraine et de la Cisjordanie à Minneapolis en passant par l’Iran.
Les trumpiens l’ont compris à leur façon qui ne prétendent plus du tout restaurer la démocratie dans leurs interventions militaires, et qui se préparent des lendemains difficiles au Venezuela en misant tout sur Delcy Rodriguez et le chavo-madurisme dictatorial et corrompu dont ils veulent faire leur pantin. Pour l’instant, la mainmise simple et directe sur le pétrole n’a pas eu lieu, et encore moins l’élimination du narcotrafic dont tout indique qu’en fait Trump entend non pas l’éradiquer, mais prendre part à ses bénéfices. Car les tyrans fascistes 2.0 sont aussi, bien entendu, des bandits.
L’explosion de protestations démocratiques aux Etats-Unis est aussi le facteur n°1 qui rend difficile la mainmise sur le Groenland, bien avant les réactions apeurées des chefs d’Etat européens. Au Groenland, se construit un sentiment national intégrant la conscience Inuit et y associant les habitants d’origine européenne. L’appel de la chanteuse islandaise Björk à l’indépendance, contre Trump, se situe dans ce cadre et indique quelles évolutions se déroulent dans la conscience collective des pays scandinaves, menacés en même temps par la Russie.
Les arraisonnements par l’armée US de deux bateaux des « flottes fantômes » pétrolières russes en provenance du Venezuela, ainsi que les menaces d’intervention en Iran, peuvent sembler périlleuses pour la Russie. Mais sur l’essentiel – l’Ukraine – Trump aide Poutine. La pression sur la Russie vise à la détacher de la Chine, qui n’a pu réagir à la mise en cause de ses intérêts au Venezuela et qui les voit menacés en Iran.
En Iran, c’est le soulèvement populaire qui est le moteur, et c’est la crainte de la révolution qui suscite les menaces d’intervention US visant à prendre les devants. Des dizaines de manifestants tués n’ont pas stoppé la montée du mouvement marqué ce jour par la libération de plusieurs villes du Sud-Ouest (Nord du Khûzistân) et par la grève générale kurde. L’effondrement de la République islamique ébranlerait tous les tyrans et les hégémons, Trump compris.
Nous avons donc, depuis quelques jours, une combinaison entre l’accentuation de l’affrontement aux Etats-Unis et la fuite en avant de la bande de Mar-a-Lago dans des interventions extérieures : Nigéria, Venezuela, menaces sur Cuba, la Colombie, le Groenland, l’Iran, pression pour que l’Ukraine capitule (ça, ce n’est pas nouveau) et pour séparer la Russie de la Chine (qui ont peu de chances d’aboutir).
Répétons-le, c’est le climat intérieur aux Etats-Unis qui constitue le principal facteur rendant difficile une OPA armée sur le Groenland, rejetée massivement aux Etats-Unis comme au Canada. Le sens de la pression contre le Groenland, c’est l’asservissement de l’Europe. Comme la première ministre social-démocrate du Danemark l’a déclaré, une agression du Groenland serait la mort de l’OTAN. Mais la bande trumpiste mise sur le désarroi, les divisions et les complicités européennes. OTAN et UE seraient cassés en tant qu’institutions ayant tant soi peu de sens et d’efficacité, et Poutine pourrait intervenir en Arctique et en Baltique. Si l’on prend en considération ces paramètres-là, de nouvelles provocations armées visant l’Europe sont logiques et vraisemblables.
Une « anecdote » de réseaux sociaux montre d’ailleurs comment le régime russe, pourtant sans doute brusqué par certaines opérations US, entend en profiter. Un « même » circule depuis des jours, censé représenter le partage du monde selon Trump. Il y a trois zones : « Me » (moi) en Amérique, Poutine en Russie, Europe et Afrique occidentale, Xi en Asie-Pacifique. Exit l’Europe (et le Canada), exit l’Inde, exit le Japon, exit l’Amérique latine. Mais il s’avère que cette carte, censée se moquer de Trump et exhiber l’impuissance européenne, a pour auteur Kyrill Dmitriev, proche de Poutine, président du principal fond souverain russe, partenaire de Musk dans le projet invraisemblable de pont-tunnel dans le détroit de Behring, actif en politique étrangère. Il a fait un découpage « à la hache » sur la mappemonde, mais pas n’importe comment : toute l’Europe est dans la zone russe, y compris l’Europe nord-atlantique (Royaume-Uni, Scandinavie sauf l’Islande en toute limite). Cette carte revendique l’Europe si la Russie doit perdre Caracas, la Havane et quelques autres points d’ancrage !

Mais la mobilisation démocratique du peuple américain, la perspective de la révolution iranienne , la résistance ukrainienne, sont au moment présent les trois points chauds qui ont l’entière capacité de faire entièrement trébucher les plans concurrents d’asservissement du monde, et qui triompheront si les peuples de toute l’Europe, à l’image de la résistance ukrainienne et de la jeunesse serbe, entrent dans la danse. Soyons clairs : ils y seront, de toute façon, contraints.
VP, le 08/01/26.