30.06.2026 à 13:45
aplutsoc
Le 4 juillet, nous marcherons, déterminées à enfin en finir avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Nous marcherons en mémoire de Lyhanna, assassinée alors que le seul mis en cause avait déjà été dénoncé à la justice par plusieurs victimes dont une enfant victime d’une cinquantaine de viols ; assassinée alors qu’un précédent signalement avait été classé sans suite.
Nous marcherons en soutien à toutes les victimes, enfants comme adultes, à celles qui ont survécu et en hommage à celles qui ne sont plus parmi nous.
Nous marcherons en refus de l’impunité qui protège les agresseurs
Il est temps de prendre en compte la gravité des violences qui sont perpétrées très majoritairement contre les femmes et les enfants. Il est temps de reconnaître leur caractère systémique dans une société patriarcale. Les féministes et les enfantistes le réclament depuis les années 1970.
Face à ces revendications, les pouvoirs successifs n’ont opposé que des mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives qui continuent de secouer l’opinion publique.
Depuis trois semaines, un mouvement sans précédent traverse notre pays, place Vendôme, devant les tribunaux et les préfectures, pour demander qu’enfin de véritables transformations aient lieu. Face à l’accumulation des affaires de violences sexuelles qui touchent les enfants et les femmes, les citoyen.ne.s demandent des actes en urgence. Nous connaissons les solutions !
Il est temps de changer de paradigme, de répondre par une loi cadre intégrale à des violences omniprésentes qui bouleversent radicalement la vie des victimes, enfants ou adultes.
La prévention et l’éducation, notamment avec l’EVARS à l’école, sont fondamentales. Mais aussi l’accompagnement des victimes, la prise en compte de leur santé physique comme psychique, la garantie d’un parcours pénal protecteur et respectueux des besoins des victimes, la prévention, la lutte contre la récidive et la réparation.
Sans passer sous silence les violences invisibles et donc inaudibles : au travail, dans la rue, dans le cabinet du gynécologue ou les mutilations sexuelles. L’impunité doit cesser !
C’est pour cela que nous, féministes et enfantistes, avons élaboré ensemble une loi-cadre
Intégrale qui prend en compte l’ensemble de ces aspects. Elle s’appuie sur l’expérience de toutes les associations qui viennent en solidarité aux victimes.
Une coalition parlementaire transpartisane (regroupant l’ensemble des groupes politiques sauf le RN et l’UDR) à l’Assemblée nationale a élaboré une proposition de loi à partir de ces éléments, en étroite collaboration avec les associations expertes. Elle est déposée depuis début décembre sur le bureau de l’Assemblée. Et depuis lors, nous demandons sa mise à l’ordre du jour. Nous demandons aussi les moyens financiers nécessaires à sa mise en œuvre : 3 milliards d’euros par an.
Le premier Ministre, Sébastien Lecornu, vient de déclarer qu’elle serait débattue en octobre, tout en limitant immédiatement sur X sa portée.
Féministes et enfantistes, nous savons que la surenchère répressive prônée par l’extrême-droite et la droite extrême ne protégera ni les femmes ni les enfants.
Castration chimique, perpétuité réelle, rétablissement de la peine de mort. Ni la répression aveugle, ni la surenchère verbale, ni la politique du fait divers, n’ont jamais empêché les crimes et les délits.
Ces propositions ignorent de surcroît les besoins et les droits des victimes, réduites au rôle de prétexte dans des stratégies politiques conservatrices et réactionnaires.
C’est une loi-cadre intégrale qu’il nous faut.
NOUS MARCHERONS PARTOUT EN FRANCE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES, POUR CETTE LOI ET DES MOYENS LE 4 JUILLET ET TOUT LE TEMPS QU’IL LE FAUDRA. NOUS NE LÂCHERONS PAS.
Paris : rendez-vous à 15H place de la Bastille
Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale contre les violences sexuelles et Fondation des Femmes.
Source : https://www.loi-integrale.fr/appel-a-la-marche-du-4-juillet-2026/

30.06.2026 à 13:25
aplutsoc
Il y a quelques semaines, nous alertions sur l’emprise croissante de l’extrême droite sur l’Université française, conjuguée aux ingérences gouvernementales et à la répression des mobilisations de celles et de ceux qui la font vivre. Dans ce contexte moribond, un gouvernement à la légitimité très discutable vient d’apporter sa contribution à l’ambiance xénophobe et raciste qui pourrit notre pays. Par décret, Philippe Baptiste, ministre de l’ESR, veut mettre fin aux exonérations jugées « massives » par les universités des droits d’inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·ères extracommunautaires, introduits en 2019 via le programme au nom orwellien « Bienvenue en France ». Cet ancien cadre de Total devenu notre chef à toutes et à tous a d’ailleurs pu déplorer qu’à ce jour, « seulement 10 % d’étudiant·es extracommunautaires paient les droits différenciés », ce à quoi il entend « remédier ».
Concrètement, le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 enjoint les universités à une application plus stricte des frais différenciés, que beaucoup refusaient jusqu’à présent de mettre en œuvre. Cela revient à multiplier par 15 les droits d’inscription pour les étudiant·es extracommunautaires, qui auraient ainsi à payer 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros avant l’application, et 3 941 euros en master, contre 254 euros.
Le ministre nous vante les mérites financiers d’une telle mesure, en estimant à 250 millions d’euros les recettes supplémentaires pour les universités. Or, ces dernières apparaissent bien dérisoires au vu de la situation budgétaire catastrophique de l’ESR, mis à terre par des politiques néolibérales austéritaires à répétition. En réalité, à l’heure de la montée de la xénophobie et de l’extrême droite, c’est la marque d’une volonté politique de faire payer aux ressortissant·es des pays des Suds une politique diplomatique catastrophique, tout en réactualisant des rapports de domination forgés dans l’histoire coloniale de la France. La suppression des APL pour ces mêmes étudiant·es dès le 1er juillet en est déjà une manifestation criante.
Par cette décision contraire à la Constitution, le gouvernement compte aussi faire payer les échecs de sa politique néolibérale aux usager·ères les plus précaires de l’Université, et qui plus est, à celles et à ceux qui ne détiennent pas le bon passeport. Cette idéologie veut faire de l’Université un espace de compétition par l’argent, uniquement accessible aux mieux doté·es.
Depuis l’annonce du décret, les instances dirigeantes de nos universités ne font malheureusement pas front commun. Certain·es s’y opposent frontalement, et annoncent d’ores et déjà qu’ils et elles ne l’appliqueront pas à la rentrée 2026-2027. C’est le cas du conseil d’administration de l’Université Rennes 2, et du président de l’EHESS, Romain Huret. De son côté, le président de l’Université Clermont Auvergne, Mathias Bernard, est bien trop seul à appeler clairement à l’abandon de ce décret.
D’autres universités adoptent des postures encore plus ambivalentes : les discours se montrent souvent combatifs, les pratiques, elles, ne suivent pas. Ainsi, l’Université Evry-Paris Saclay a réussi à faire voter les exonérations des étudiant·es extra-communautaires avant la mise en œuvre du décret, mais l’appliquera tout de même à la rentrée 2027/2028. L’AMU, quant à elle, exprime sa grande radicalité en se déclarant « en attente de précisions quant à la mise en œuvre du décret par les autorités compétentes ». Enfin, l’Université de Bordeaux adopte un positionnement ubuesque : son Président Dean Lewis a d’abord accordé une longue interview pour critiquer ce décret, avant d’annoncer l’appliquer dès la rentrée prochaine à peine un mois plus tard.
Cette mesure, on sait déjà quels seront ses effets. Cerise moisie sur le gâteau ranci : l’Université de Strasbourg menace de désinscrire une cinquantaine d’étudiant·es, dans l’incapacité de payer de tels frais. La procédure de désinscription administrative est ainsi bel et bien engagée pour celles et ceux qui n’ont pas pu régulariser leur situation financière. L’établissement pousse le cynisme jusqu’à invalider leur année en considérant qu’iels n’ont purement et simplement jamais été inscrit·es administrativement, privant de diplôme et d’attestation des étudiant·es ayant pourtant payé une partie des frais, suivi les cours, passé les examens et validé leurs semestres. Ce tour de passe-passe permet à la présidence de bloquer la délivrance de leurs résultats au motif que l’inscription n’a jamais été finalisée, alors même que ces étudiant·es ont été sélectionné·es sur critères académiques.
Quoi qu’il en soit, nous ne faisons confiance ni au ministère, ni aux présidences d’université pour mener cette lutte. Nous l’affirmons avec force : personne ne devrait avoir le pouvoir d’accorder arbitrairement un droit à étudier. L’accès à l’Université doit être enfin totalement gratuit pour toutes et tous, sans distinction d’aucune sorte.
C’est la raison pour laquelle nous appelons les étudiant·es, les personnels et les enseignant·es-chercheur·euses, à se mobiliser pour faire pression sur ce gouvernement et ses relais, en leur signifiant par tous les moyens le dégoût qu’inspire cette mesure. Nous appelons aussi tout particulièrement à la solidarité avec les étudiant·es étranger·ères extracommunautaires : il faut les informer à la fac, sur leurs lieux de travail, dans les Crous et les soutenir le plus possible, moralement voire financièrement. Plus largement, nous appelons à la convergence avec les luttes antiracistes et contre l’extrême droite, qui fourmillent aujourd’hui en France, mais demeurent atomisées, que ce soit dans la rue, à l’échelle des quartiers, au sein des musées, de l’espace associatif, culturel et universitaire. Nous appelons aussi au soutien aux associations d’aide aux étranger·ères qui, elles aussi, subissent la répression institutionnelle.
Nous demandons à toutes et tous les président·es d’université à faire le minimum en refusant unanimement d’appliquer cette mesure.
Enfin, nous exigeons l’abrogation immédiate de ce décret par le gouvernement.
Le 30 juin 2026.
Association Nationale des Candidat·e·s aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)
30.06.2026 à 13:24
aplutsoc
La canicule est un fait politique central, décisif, envers la France. Ne l’appelons pas « canicule », mais ce qu’elle est : la catastrophe thermique montante, dans la catastrophe bio-géo-climatique globale que l’accumulation et la circulation accélérées du capital ont largement engagée. Pendant des jours, des gens mourraient souvent seuls chez eux. Pendant des jours, une chape terrible nous a écrasés. Comme déjà chaque année pour un milliard d’Indiens. L’horrible hécatombe dans les élevages industriels signe non pas la faible durabilité, mais l’obsolescence immédiate de ce type d’entreprise qui ne vise pas à produire de la nourriture, mais à accélérer accumulation et circulation du capital. Et la peur que cela recommence, dans quelques jours, est là. Personne ne peut plus parier que nous verrons les 50 degrés dans longtemps.
La catastrophe thermique a clairement vu gouvernement et appareil d’État dans le rôle, non seulement de ceux qui n’ont volontairement rien anticipé tout en prétendant outrageusement l’avoir fait, mais dans le rôle de ceux qui ne veulent rien faire et renvoient tout sur la population, et singulièrement sur les femmes, les mamans, assignées au rôle de responsable de l’hydratation des vieux, des malades et des enfants. Honte !
La catastrophe thermique a renvoyé les rodomontades climato-sceptiques au musée des horreurs criminelles. Elle porte un coup à la principale force politique du trumpisme et du fascisme climatique qui, avec un Elon Musk et autres tarés tout-puissants, veulent que crève le plus grand nombre : le RN et la droite façon Retailleau qui ont combattu toute mesure pendant des décennies et qui tentent maintenant de faire croire que la clim’ c’est avec eux !
La catastrophe thermique remet, hélas, toutes les pendules à l’heure. Elle met à l’ordre-du-jour la grève climatique. Le ministre du Travail Farandou, avant d’inviter les dirigeants syndicaux à voyager avec lui en Espagne pour voir comment on fait la sieste dans l’entreprise, au nom du « dialogue social », a déclaré qu’il faut toujours bosser quand il fait 30 degrés. Il nous indique le curseur : à 30 degrés, on arrête tout ! Grève climatique ! Voilà ce que serait un mot d’ordre intersyndical efficace, mettant en cause le pouvoir en place et forçant la bataille écologique la plus concrète !
Force est de constater que toutes les directions syndicales en sont très loin, même si elles parlent droit de retrait, etc., et si les fédérations de l’Éducation nationale ont déposé des préavis de grève climatique, ce qui prouve que la question est pleinement posée et le sera de plus en plus.
Mais la campagne déjà engagée pour les présidentielles n’est-elle pas l’illustration même de l’écart absolu entre réalité et discours officiels ? Cela vaut pour les candidats d’extrême droite et de droite adeptes, comme Retailleau, de l’ « écologie non punitive », c’est-à-dire de la punition par l’hyperthermie de tous les pauvres, vieux, malades, enfants dans les écoles sans volets. Mais cela vaut aussi à gauche, d’une part pour la pléthore de candidats « non mélenchonistes » dont ceux qui se situent sur le terrain de la présidence Hollande dont Macron fut le produit. Et aussi pour J.L. Mélenchon. Car la grève climatique et l’action de masse sont des questions immédiates, ici et maintenant, qui ne sauraient attendre l’arrivée du Sauveur suprême à l’Élysée, qui ne nous sauvera pas, c’est clair. Sauvons-nous nous-mêmes et soufflons nous-mêmes notre forge, comme dit la chanson, ou plutôt : construisons nous-mêmes les abris et les protections du genre humain et des milieux de vie !
Le réalisme impose de dire haut et fort que le scenario pré-écrit d’une présidentielle où la gauche divisée ne laisse de la place qu’à J.L. Mélenchon pour qu’à l’arrivée RN et union des droites prennent les rênes de la V° République, n’est en rien écrit. Car il y aura d’autres chocs thermiques. Car Trump et Poutine sont en difficulté, le premier devant le peuple américain, le second devant la résistance armée de l’Ukraine, qui peuvent rebattre les cartes. Et parce que les luttes sociales en France n’attendront pas. Déjà le mouvement féministe est en train de contraindre l’Assemblée nationale à aller vers une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants.
Il circule ce jour le fait que le NPA-A se rallierait à la candidature Mélenchon au nom de l’unité de la « gauche de rupture » et du « front uni antifasciste » (même si c’est plus complexe et nuancé dans le NPA-A, ce qui en résulte, c’est cela). Mais qu’est-ce qu’une « gauche de rupture » et qu’est-ce qu’un « front uni antifasciste » ?
Une gauche de rupture n’appelle pas les exploités et les opprimés à attendre le salut d’une élection présidentielle, et elle ne soutient pas XI Jinping et Poutine contre les peuples, soutenant ainsi sans le dire aussi Trump et J.D. Vance !
Le front uni antifasciste n’est pas une affaire d’idéologie mais de réalité : c’est le front commun pour interdire l’arrivée au pouvoir en France du RN et de l’union des droites.
La rupture anticapitaliste et l’unité antifasciste, c’est tout de suite pour la grève climatique et la défense de toutes les revendications, et c’est là-dessus que l’unité doit être imposée et peut l’être.
Les présidentielles ne sont pas jouées, en rien, ni même l’alignement des éléphants pour le premier tour, car la triple réalité de la catastrophe bioclimatique, du combat des peuples contre Trump et Poutine, et de la lutte sociale, est plus vaste et plus forte.
Aplutsoc appelle à participer aux manifestations féministes dans toute la France ce samedi 4 juillet, et invite à discuter des perspectives et de l’action commune nécessaire pour gagner dans la réunion-débat que nous organisons ce dimanche, 5 juillet, à 14h au Maltais Rouge (40 rue de Malte – Métro République ou Oberkampf) à Paris (nous contacter pour avoir un lien afin de participer en visio : écrire à aplutsoc@netc.eu ).
29.06.2026 à 14:19
aplutsoc
« Le communisme est la plus grande menace qui pèse sur notre pays depuis sa fondation, il y a 250 ans » ! Sans doute, cette déclaration tonitruante du président américain Donald Trump, faite par écrit le 26 juin, est destinée à sonner l’alarme et à regrouper derrière lui tout ce qu’il y a aux Etats-Unis de conservateurs, de réactionnaires et d’anticommunistes en vue des élections de mi-mandat en novembre prochain. Cela n’empêche qu’avec cette déclaration, Trump voit pour une fois juste. Et cela pour le grand embarras des médias libéraux ou même de gauche « modérée » de par le monde qui persistent à qualifier Mamdani de… « Démocrate » et qui feignent ne pas comprendre à qui et à quoi se réfère le président américain quand ils prétendent qu’il parle des leaders du …parti Démocrate !
Et pourtant, Trump non seulement se réfère nommément à Zohran Mamdani et à ses camarades Démocrates Socialistes (DSA) qui viennent de faire un malheur aux élections primaires du parti Démocrate de la semaine passée, mais il attaque aussi violemment avec ces mots les dirigeants de ce parti Démocrate parce qu’ils ne ripostent pas et laissent « les communistes faire ce qu’ils veulent » : «Ils ont peur de perdre les élections, ils ont peur du conflit. Ils ne sont ni assez intelligents ni assez coriaces pour lutter contre ce fléau. S’ils les combattaient comme ils combattent les républicains, ou moi, ils remporteraient la victoire, mais ils n’en ont pas le courage ». Et pour qu’il n’y ait aucun doute, Trump qualifie ses affirmations de « déclaration sur l’élection récente de communistes dans notre pays», tout en précisant que ces nouveaux élus « ne sont pas des sociaux-démocrates, ce sont des communistes purs et durs, athées» D’ailleurs, selon des témoignages des sénateurs Républicains qui avaient rencontré Trump au lendemain des succès électoraux des Démocrates Socialistes, celui-ci «s’est parfois laissé emporter par l’émotion, expliquant en substance que le communisme était en train de prendre le dessus »…(1)
Ceci étant dit, on doit constater que Trump a plutôt raison de dramatiser la situation. D’un côté, les victoires des militants DSA aux primaires du parti Démocrate tendent maintenant à devenir la règle, avec ou même sans le soutien proclamé de Mamdani -que les médias américains qualifie actuellement de « faiseur des rois »-, tandis qu’on compte déjà des maires DSA à New York, à Seattle, bientôt à Washington DC, et dans quelques mois probablement à Los Angeles. Et de l’autre, la direction du parti Démocrate est terriblement impopulaire, démoralisée, totalement discréditée auprès de sa base, sans idées. sans programme, sans personnalités capables de rivaliser avec Mamdani, Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez, et surtout dépourvue de volonté de faire barrage à Trump. Le résultat est que des jeunes femmes peu ou pas du tout connues, ainsi que des jeunes hommes DSA arrivent dernièrement à battre, souvent même à écraser, des députés et sénateurs sortants faisant partie de l’establishment Démocrate, soutenus et financés par des possédants et autres milliardaires, et surtout par AIPAC, le jusqu’à hier tout puissant lobby [pro-] israélien.
A ce point, il est opportun d’ouvrir une parenthèse pour mettre en exergue le rôle déterminant du « phénomène » Mamdani dans ce qui est l’échec historique de Netanyahou et de son Israël dans la guerre au Golfe Persique. En conquérant New York, « la plus grande ville juive du monde », grâce aussi au soutien actif des dizaines de milliers de jeunes juifs newyorkais, qu’il avait -lui-même mobilisé et organisé, Mamdani a accéléré et approfondi ce qu’était déjà le ”divorce » des juifs americains avec l’Etat sioniste, mais aussi le revirement historique de l’opinion publique americaine en faveur des Palestiniens. Étant donné la dépendance extrême et traditionnelle d’Israël du soutien financier, militaire et diplomatique des Etats-Unis, mais aussi de la communauté juive de ce pays, il ne fait pas de doute que les événements précités ont contribué grandement à l’affaiblissement d’Israël, à la prise de distances de Trump et de son administration par rapport à Israël, et à la fin, à ce qui fait que l’Etat hébreu est, selon le vice président américain JD Vance, « le plus haï du monde ». Et tout ça au moment où Israël est en train de vivre son heure de la vérité et d’être plongé dans une crise terminale. Une crise probablement sans retour !
Mais, revenons à ces Etats-Unis de Trump qui sont également plongés dans une crise historique. Trump a raison de s’inquiéter et de sonner l’alarme car il est lui-même et son régime en crise, au point de paraître presque incapables de faire barrage à Zohran Mamdani et ses « communistes ». Par exemple, il n’y aucun leader Republicain, Trump compris, en état de rivaliser avec les leaders du camp « communiste » en popularité. En effet, tous les sondages donnent Alexandria Ocasio-Cortez, Mamdani et Bernie Sanders bien plus populaires que tous les leaders tant du parti Démocrate que Republicain ! Ce qui fait qu’ une éventuelle candidature d’Ocasio-Cortez à la présidence du pays en 2028, est en train de gagner en crédibilité et en soutien populaire…
Tous ces événements qui auraient pu paraître impossibles et de pure politique fiction il y a quelques années, sont maintenant possibles parce qu’ils correspondent à l’évolution très réelle, sans précédent et de plus en plus profonde et accélérée que la société nord-américaine a accomplie dans ses deux dernières décennies bien tumultueuses. C’est ainsi que ceux des citoyens américains qui considèrent qu’il serait «a good thing » (une bonne chose) que leur pays passe du capitalisme au socialisme, sont actuellement plus du tiers (38%) de la population, tandis qu’ils n’étaient que 18% en 2010. Et détail très significatif, c’est maintenant la grande majorité des Démocrates (72%) et des Indépendants (60%) qui pensent que le système capitaliste ne marche pas bien ou ne marche pas du tout bien ! (2)
En somme, la récente avalanche des succès électoraux des militants Démocrates Socialistes [DSA], la grande popularité de Zohran Mamdani, d’Ocasio-Cortez et surtout de Bernie Sanders, ou même le revirement radicale de l’opinion publique en faveur des Palestiniens et contre Israël ne tombent pas du ciel et ne sont pas des produits éphémères d’un quelconque mouvement de protestation des citoyens américains. En réalité, ils plongent leurs racines dans la (multi)crise historique des Etats-Unis et de leur société, laquelle a été énormément accélérée et approfondie par l’arrivée au pouvoir de ce Caligula nazifié qu’est Donald Trump. Sans oublier évidemment, le plus populaire de tous les américains, ce vieux sénateur indépendant Bernie Sanders dont les deux campagnes électorales pour la présidence des Etats-Unis ont radicalisé et politisé toute une génération de jeunes américains, qu’on retrouve maintenant à la tête de ce que Trump appelle un peu allégrement « menace communiste » qui plane au dessus de la superpuissance américaine. Et pour terminer, on ne peut être sûrs que d’une chose : la suite des événements promet d’être terriblement passionnante…
YM, 29 juin 2026
Notes
1. Voir aussi notre texte Vers l’inéluctable affrontement à mort Trump-Mamdani! : https://blogs.mediapart.fr/yorgos-mitralias/blog/101125/vers-l-ineluctable-affrontement-mort-trump-mamdani
2. How open are Americans to socialism, after all?: https://edition.cnn.com/2026/06/25/politics/democratic-socialism-primary-elections
29.06.2026 à 08:54
aplutsoc
Pour cause de canicule, report de l’initiative initialement prévue le 26 juin

Le 10 septembre 2025, nous étions plus de 500.000 à descendre dans la rue et à mener des centaines d’actions, notamment des blocages, partout en France avec comme mot d’ordre « Indignons-Nous/Bloquons Tout ! »
Né sur les réseaux sociaux l’été dernier en réponse au plan d’austérité XXL annoncé alors par Bayrou, Premier Ministre de l’époque, ce vaste mouvement auto-organisé a débordé le cadre classique des contestations syndicales et politiques.
Il a fait entendre la colère – mais aussi les attentes – du plus grand nombre : jeunes, privé·es d’emploi, travailleurs·euses ou retraité·es, nous nous sommes retrouvé·es avant, pendant et après autour de la réussite de cet événement.
Comme avant lui, Nuit Debout, les Gilets Jaunes, les révoltes suite au meurtre de Nahel ou encore la contestation du pass sanitaire, ce mouvement hors-cadre a fait trembler le pouvoir… et même provoqué la chute d’un gouvernement !
Et la mobilisation intersyndicale du 18 septembre, qui a profité de la dynamique du 10, a pesé sur la discussion parlementaire du budget même si plusieurs mesures antisociales ont finalement été adoptées.
Nous avons aussi œuvré à donner un prolongement à cette poussée, d’abord en organisant un meeting aux Invalides le 15 novembre 2025 puis une Semaine noire sur Paris en mars dernier.
Plusieurs mois après, où en sommes-nous ?
Au plan international, la résistance du peuple ukrainien face à l’envahisseur russe tient bon après quatre ans de conflit ; le génocide du peuple palestinien se poursuit et s’étend au Liban ; et la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Iran – soi-disant pour libérer la population opprimée par le régime – pour le contrôle du pétrole et de son acheminement a des répercussions durables sur toute l’économie mondiale, dont la nôtre ; la Kanaky, toujours sous domination française, lutte pour son indépendance.
Salaires en berne, licenciements en hausse, montée du mal-logement, casse accélérée des services publics dont celui de l’Éducation Nationale, de la Santé et du travail social, détérioration sensible du climat, nouvelles épidémies, course à la guerre… Qui peut croire que cette situation peut perdurer comme si de rien n’était jusqu’en 2027 et, plus encore, se réglera par l’élection d’un homme providentiel à cette date ?
Ne les laissons pas jouer avec nos vies, ensemble, transformons tout !
Alors que les syndicats sont absorbés par leurs congrès et la préparation des élections dans la Fonction Publique et les partis par la préparation des présidentielles, il est temps de reprendre nos affaires en main.
Sur notre lieu de travail, d’études ou de vie, dans notre syndicat, organisation politique ou collectif, discutons, proposons, retrouvons le déclic qui a réussi, l’an dernier à infléchir la situation politico-sociale du pays. Sortons du cadre, rencontrons-nous pour nous soutenir entre personnes déterminées afin que les différents mouvements grandissent, s’unissent et gagnent à la rentrée.
Pour en discuter, nous organisons une soirée publique, ouverte à tous·tes, dont des représentant·es de différentes luttes menées ces derniers mois, vendredi 3 juillet à 19h à l’EDMP, 8 impasse Crozatier, 75012 Paris (M° Reuilly-Diderot ou Ledru-Rollin).
Mail : bloquonstoutIDF@proton.me
26.06.2026 à 14:14
aplutsoc
Des militants de gauche en Israël ont lancé un nouveau parti politique, A Place for Us All (Likulina Makan / Makom Lekulanu en arabe et en hébreu) [Une Place/Un Lieu pour Nous Tous], avant les élections législatives de cet automne.
La plupart des personnalités de premier plan, et la base militante initiale du parti, viennent de Standing Together, le mouvement social de gauche fondé en 2015, qui est passé à plus de 7.000 membres et est le plus grand mouvement binational de base (palestinien-juif) d’Israël. Bien qu’il n’y ait aucun lien juridique ou organisationnel formel entre le nouveau parti et Standing Together, le parti promouvra les mêmes perspectives de co-résistance binationale pour la paix et l’égalité, et la justice sociale.
Uri Weltmann, qui a pris une permission d’absence de son rôle d’organisateur national de terrain de Standing Together, a déclaré:
« Le nouveau parti a été formé dans le but de changer radicalement le cours de la politique israélienne, sur fond de polycrise aiguë affectant notre société : le 7 octobre et ses conséquences, avec la guerre génocidaire lancée contre Gaza, qui laissera des cicatrices cette terre pour des générations ; l’autoritarisme croissant du régime de Netanyahu, avec son recul des normes et libertés démocratiques ; l’incapacité de la politique israélienne à continuer à soutenir le fait qu’un cinquième de ses citoyens sont des Arabes-Palestiniens.
« Un Lieu Pour Nous Tous est un parti engagé dans une vision d’un accord de paix israélo-palestinien, basé sur la fin de l’occupation et l’établissement d’un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël, avec la liberté de mouvement et sans séparation avec des barrières ou des checkpoints ou la supériorité juive. Reconnaissant que cette terre est la maison de deux peuples, nous appelons cette vision « Deux États dans une patrie partagée ».
« Plaider pour augmenter le salaire minimum en Israël de 35 NIS à l’heure à 50 NIS par heure, ainsi qu’appeler à l’éducation universelle gratuite dès la naissance, Un Lieu Pour Nous Tous est fondé sur les valeurs socialistes. »
« Le parti sera co-dirigé par des citoyens juifs et arabo-palestiniens d’Israël. Il parlera avec le même message politique en hébreu et en arabe, en travaillant à convaincre, mobiliser, organiser et rassembler politiquement à la fois les citoyens juifs et palestiniens d’Israël, autour d’une vision partagée de l’avenir, fondée sur des principes de justice sociale qui reconnaissent que la grande majorité des gens au fond ont des intérêts partagés, qui sont en opposition avec ceux de la petite minorité au sommet. »
Les élections doivent avoir lieu en Israël au plus tard le 27 octobre, mais on s’attend généralement à ce qu’elles se tiennent plus tôt. Le système de représentation proportionnelle du pays exige qu’un parti obtienne au moins 3,25 % des voix pour remporter un siège au Parlement. Selon des sondages internes, le parti « A Place for Us All » est actuellement tout près de ce seuil, ce que Weltmann a qualifié de « très bon début pour un parti qui n’a pas encore lancé sa campagne électorale et qui ne fait pas encore campagne dans la rue ni sur les réseaux sociaux ».
Ces élections sont perçues comme une occasion de chasser la coalition d’extrême droite de Benjamin Netanyahu, et certains courants de gauche craignent que le parti « A Place for Us All » ne divise le vote de centre-gauche anti-Netanyahu. En réponse à ces inquiétudes, Weltmann a déclaré : « Nous ne voulons pas faire de la figuration. Nous ne serons pas candidats le jour du scrutin si nous ne sommes pas certains que le soutien que nous recevons des électeurs arabes et juifs se traduira par la fin du règne de Netanyahu. »
La principale force électorale de gauche est Hadash, le front électoral du Parti communiste israélien. Officiellement binational, son électorat est en grande majorité arabo-palestinien. Le parti compte actuellement trois députés à la Knesset. L’autre option électorale se réclamant de la gauche est le parti des Démocrates, issu de la fusion du Parti travailliste israélien et du parti social-démocrate Meretz. Meretz a parfois fait des tentatives d’organisation politique binationale et a compté des députés palestiniens, mais ces deux partis, ainsi que les Démocrates eux-mêmes, restent fondamentalement des partis traditionnels de la gauche sioniste. Les Démocrates se sont montrés timides sur la question de l’occupation.
Parmi les autres forces d’opposition figurent les partis qui s’organisent au sein des 20 % de la population israélienne d’origine palestinienne, tels que Balad, Ta’al et Ra’am. Ces partis couvrent un large éventail d’orientations politiques, allant du nationalisme laïque à l’islamisme. Il est arrivé que des partis palestiniens présentent des listes communes aux élections législatives. Ta’al, Balad et Hadash ont annoncé qu’ils se présenteraient ensemble aux prochaines élections.
L’opposition traditionnelle à Netanyahu comprend des partis qui le critiquent parfois par la droite sur les questions sécuritaires et militaires. Selon les sondages actuels, le candidat le plus probable pour succéder à Netanyahu au poste de Premier ministre est Gadi Eisenkot, ancien général de Tsahal.
Alors que la date limite d’inscription des candidats n’est pas encore fixée d’ici à plusieurs mois, la situation électorale pourrait évoluer considérablement. Toutefois, le lancement d’une nouvelle initiative politique qui met l’accent sur la co-résistance binationale, l’égalité entre Juifs et Palestiniens et un programme social de gauche est une évolution positive. Les socialistes et internationalistes du monde entier devraient se rapprocher de ce nouveau parti et nouer des liens, le cas échéant.
Ira Berkovic, le 24 juin 2026.
Source : https://workersliberty.org/story/2026-06-24/new-binational-left-party-launched-israel