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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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24.07.2026 à 14:40

Adresses – internationalisme et démocr@tie numéro 21 est paru !

aplutsoc

Télécharger le numéro 21 (PDF) Ministères de la vérité, négationnisme et propagande Éditorial d’Adresses – internationalisme et démocr@tie n°21 Pour ajuster les réalités aux intérêts sociaux et politiques des groupes dirigeants, il leur faut mentir et travestir leurs intérêts particuliers en prétendu intérêt général. Que cela se fasse au nom de Dieu ou de la souveraineté étatique […]
Texte intégral (1583 mots)

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Ministères de la vérité, négationnisme et propagande

Éditorial d’Adresses – internationalisme et démocr@tie n°21

Pour ajuster les réalités aux intérêts sociaux et politiques des groupes dirigeants, il leur faut mentir et travestir leurs intérêts particuliers en prétendu intérêt général. Que cela se fasse au nom de Dieu ou de la souveraineté étatique importe peu. C’est ce que font les gouvernements, et plus particulièrement, ceux que nous pourrions nommer illibéraux, dictatoriaux, fascisants ou fascistes.

Les uns diffusent des « fake news » à l’image des Protocoles des Sages de Sion, faux antisémite publié en Russie et diffusé dans le monde entier, sans internet faut-il le rappeler.

Les autres travestissent les réalités pour les faire entrer, tant bien que mal, dans les vêtements étriqués de leurs idéologies. C’est dans ce que nous pourrions nommer une novlangue que ces abjections sont popularisées, puis circulent grâce aux algorithmes biaisés des réseaux sociaux. Une novlangue et des institutions, le Corps des Gardiens de la révolution islamique en Iran, les outils d’intoxication de la Russie ; sans oublier l’ICE aux États-Unis, dont Timothy Snyder dresse un portrait édifiant dans son article « Nettoyage ethnique dans l’Ohio… grâce à la Cour suprême [1-Adresse n°21/242, p.17] ».

Les un·es et les autres construisent du négationnisme historique et de la propagande pour refuser tout débat démocratique, pour nier l’égalité des êtres humains et leur appartenance commune à l’humanité.

Nous avons affaire à des menteurs et des menteuses professionnel·les, pour reprendre un qualificatif, jugé conforme en justice, appliqué à un négationniste célèbre.

Mais tout cela n’est malheureusement ni réservé aux partisans·es du libre marché ou de l’extrême droite, ni aux gouvernements autoritaires. Partout, les politiques néolibérales, la destruction de la protection sociale, la privatisation de communs, engendrent la pauvreté et la recherche de bouc-émissaires. La montée de la xénophobie et du racisme n’est pas propre aux sociétés dites occidentales [2-Une déclaration « Xénophobie d’État en Afrique du Sud » et un article de Faisal Garba, « Comprendre la montée de l’afrophobie en Afrique du Sud et comment y faire face » illustrent ce phénomène dans un pays hier encore soumis à l’apartheid (Adresse n° 21/244, p.33 et 245, p. 35)].

Chez des « progressistes » des mêmes négationnismes ont été construits. Hier le petit père des peuples et le socialisme dans un seul pays, le pacte germano-soviétique et le partage de la Pologne, l’invasion de pays par l’armée soviétique, les silences et les mensonges sur les tristes réalités des pays dominés par les partis nommés communistes et leurs bureaucraties assassines…

Plus proche de nous, la transformation d’un dictateur syrien en défenseur du peuple ; un régime et ses bandes armées saluées comme front du refus ; la juste dénonciation du génocide palestinien dans le silence des autres en Ukraine, au Myanmar, en Chine ou au Soudan ; les luttes anticoloniales dans l’acceptation de la colonisation marocaine des Sahraoui·es ou des colonisations russe et chinoise ; l’adéquate dénonciation d’un régime d’apartheid opprimant les Palestinien·nes dans le silence (voire l’approbation au nom du relativisme culturel) des apartheids sexuels en Iran et en Afghanistan ; l’invention d’une consultation du peuple d’un État colonial (France) comme condition de la décolonisation d’un autre (Kanaky)…

Sans oublier les « antifascismes » qui ne disent mot des régimes de Poutine, Modi ou oublient les fascistes religieux et les bandes armées qui ravagent les droits des populations.

Nous avons publié de nombreux textes depuis le numéro 0 d’Adresses sur ces sujets : l’anti-impérialisme des imbéciles, les campismes (stratégique face à l’urgence, nationaliste ou décolonial) pour reprendre des termes de Amir Kianpour & Morteza Samanpour, les alignements de partis ou d’intellectuel·les prétendu·es progressistes sur la défense ou la justification d’alliances mortifères – au nom d’un anti-impérialisme partiel car limité aux États-Unis – tant avec des États qu’avec des groupes opposés aux droits démocratiques de tous et toutes.

Nous poursuivons la publication de textes sur l’anti-impérialisme, sur le pacifisme et des réponses possibles aux guerres menées par des puissances, grandes ou non. En effet, le soutien nécessaire aux peuples d’Iran et d’Ukraine, c’est-à-dire la solidarité internationaliste, nécessite de construire des alliances par-delà les multiples frontières [3-Voir dans ce numéro : Marco Norris, « Le pacifisme, fétiche métaphysique et trahison de l’émancipation » (Adresse n°21/40, p.7) ; Frieda Afary, « Comment être contre la guerre dans un monde multipolaire ? » (Adresse n°21/241, p. 14) ; Snijana Oleksun, « Lettre ouverte à la Conférence internationale contre la guerre de Londres » (Adresse n°21/247, p. 42) ; Siyavash Shahabi, « Anti-impérialisme, solidarité et question de société » (Adresse n° 21/243, p.28)].

Les tristes silences des un·es et des autres, au nom de conjonctures ou de clientélisme électoraux, les oublis – volontaires ou non – des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par des États ou des bandes armées, l’absence de dénonciation des fournitures d’armes ou du commerce avec les voyous étatiques, tout en refusant d’autres armes aux Ukrainien·nes envahi·es et bombardé·es par la Russie de Poutine, un pacifisme niais mettant sur le même plan les agresseurs et les agressé·es, le mépris pour les résistances concrètes – en particulier des femmes (rappelant la sinistre déclaration « il n’y a pas mort d’homme ») – la liste est longue, trop longue, des abandons de la solidarité internationaliste concrète.

Les luttes de travailleurs ou de travailleuses font rarement la une des médias. Des chaînes industrielles sont mondialisées, les organisations syndicales pourraient être plus attentives aux conséquences désastreuses de l’organisation capitaliste de production.

L’industrie du nickel en est un exemple parmi d’autres, comme l’illustre l’article de Sarinah, « Les travailleuses qui font le sale boulot de l’industrie indonésienne du nickel [4-Adresse n°21/246, p.39] ». Quant au changement climatique, sujet de tant de gloses masquant soit le déni soit l’impuissance à s’attaquer à ses racines, trop rares sont les appels unitaires, notamment en ces temps de canicule, comme celui que nous publions et qui à cette force de dessiner un large arc de forces [5–« Climat : un appel à la résistance démocratique, sociale et écologique » (Adresse n°21/248, p.45)].

Des expériences émancipatrices d’hier et d’aujourd’hui tracent des possibles pour nos colères, nos espérances et nos réflexions. Des coopératives vivent et réhabilitent la primauté du droit d’usage sur le droit privatif de possession lucrative, comme le montre l’Organisation internationale du travail (OIT) qui rend compte d’une expérience éthiopienne [6-« Une coopérative avicole réhabilite la primauté du droit d’usage » (Adresse n°21/247, p. 42)].

De son côté, Enrique Cal, qui préside la Fédération uruguayenne des coopératives de logements, discute dans un long entretien de la place des coopératives dans la lutte pour l’émancipation sociale [7-« Le droit d’usage contre la spéculation immobilière » (Adresse n°21/250, p.49)].

Contre les mensonges des polices de la vérité, nous pouvons aussi opposer nos mémoires critiques et l’hier qui était un peu le présent. Quatre-vingt-dix ans après, Andy Durgan et ses « Réflexions sur la révolution espagnole de 1936 [8-Adresse n°21/251, p.58] » nous invite à apprendre des expériences et des erreurs en Catalogne et en Espagne.

Bonnes lectures et que volent les cerf-volants de l’espoir

Didier Epsztajn, Michel Lanson, Patrick Silberstein

Sommaire du numéro 21

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24.07.2026 à 14:09

Des manifestations contre le limogeage de Mykhailo Fedorov de son poste de ministre de la Défense se sont poursuivies en Ukraine pour le huitième jour consécutif. PLT

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Des rassemblements ont lieu le 23 juillet dans de nombreuses villes du pays, notamment à Kyiv, Lviv, Dnipro, Ivano-Frankivsk, Loutsk et Mykolaïv. Les manifestants exigent la réintégration de Mykhailo Fedorov au ministère de la Défense. Dans la capitale, les manifestants se sont rassemblés traditionnellement place Ivan Franko. Une grande manifestation, serait également prévue le 24 […]
Texte intégral (598 mots)

Des rassemblements ont lieu le 23 juillet dans de nombreuses villes du pays, notamment à Kyiv, Lviv, Dnipro, Ivano-Frankivsk, Loutsk et Mykolaïv. Les manifestants exigent la réintégration de Mykhailo Fedorov au ministère de la Défense.

Dans la capitale, les manifestants se sont rassemblés traditionnellement place Ivan Franko. Une grande manifestation, serait également prévue le 24 juillet.

À Lviv, des manifestants se sont rassemblés sur l’avenue Svobody, près du monument Taras Chevtchenko. Ils brandissent des pancartes où l’on peut lire : « Rendez-nous Fedorov », « Écoutez le peuple », « Que devient Fedorov ? » et « Non à l’arbitraire, oui aux réformes ».

A Dnipro, un rassemblement impliquant des habitants locaux se poursuit dans la ville. Des dizaines de personnes y participent.

À Ivano-Frankivsk, pour le huitième jour consécutif, des manifestants se sont rassemblés   pacifiquement pour soutenir l’ancien ministre de la Défense, Fedorov. Le soir du 23 juillet, les participants se sont de nouveau réunis dans le centre-ville pour exprimer leur désaccord avec sa démission et appeler les autorités à revenir sur leur décision,

À Mykolaïv, les habitants se sont rassemblés pour le huitième jour consécutif en soutien à Mykhailo Fedorov. Malgré la démission d’Oleksandr Syrskyi de son poste de commandant en chef des forces armées ukrainiennes, la principale revendication est la réintégration de Mykhailo Fedorov au poste de ministre de la Défense. Les manifestants rejettent les autres postes que lui propose le président.

Patrick Le Tréhondat, 24 juillet 2026

L’ultimatum de Loutsk

Comme dans d’autres villes, les participants aux manifestations de soutien à Fedorov à Loutsk sont prêts à entamer des rassemblements illimités si les autorités ne prennent pas de décision concernant leurs revendications d’ici vendredi 24 juillet.

C’est ce qu’a déclaré le 23 juillet Anton Svatko, représentant « Semiarusna Gora », co-organisateur des manifestations à Loutsk.

« Nous attendons jusqu’à vendredi. S’il n’y a pas de réaction ni de décision concrète d’ici là, des rassemblements illimités débuteront le 24 juillet », a déclaré un représentant de l’organisation.

« Nous sommes satisfaits d’avoir été entendus. Syrsky n’a pas seulement été limogé, mais une personne compétente a été nommée à sa place », déclare un manifestant. « Cependant, notre deuxième revendication – le retour de Fedorov au poste de ministre de la Défense – n’a toujours pas été satisfaite. »

Parmi les revendications supplémentaires des manifestants figure une plus grande transparence de la part des autorités.

« On ne nous a pas expliqué pourquoi Fedorov a été démissionné. C’est pourquoi nous exigeons une communication transparente entre les autorités et la société. Car, selon la Constitution, le pouvoir appartient au peuple dans notre pays », a déclaré Anton Svatko.

« Je suis très heureux que tant de personnes soient venues aux récents rassemblements, surtout en soirée. Les militaires sont également venus et nous ont exprimé leur soutien. Je suis heureux que nous ne restions pas silencieux et que nous ayons des citoyens conscients », a déclaré un manifestant.

Patrick Le Tréhondat, le 23 juillet 2026

Source : RESU

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24.07.2026 à 13:57

Vous connaissez beaucoup de peuples qui se mobilisent pour faire tomber le chef d’état-major de l’armée ? Daniel Tanuro

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L’an passé, un mouvement de masse spontané du peuple ukrainien a forcé le gouvernement Zelensky à annuler son projet de mise sous tutelle des organes indépendants de lutte contre la corruption. Près de douze mois plus tard, rebelote. Un mouvement tout aussi spontané et encore plus massif force Zelensky à limoger son chef d’état-major, le […]
Texte intégral (744 mots)

L’an passé, un mouvement de masse spontané du peuple ukrainien a forcé le gouvernement Zelensky à annuler son projet de mise sous tutelle des organes indépendants de lutte contre la corruption.

Près de douze mois plus tard, rebelote. Un mouvement tout aussi spontané et encore plus massif force Zelensky à limoger son chef d’état-major, le général Syrsky. Aux dernières nouvelles, les manifestations continuent pour exiger que Mikhailo Fedorov retrouve son poste au ministère de la Défense… d’où Zelensky l’a limogé quelques jours plus tôt.

Les informations sur ce qui se passe au sommet sont évidemment à prendre avec des pincettes. Mais une chose semble indiscutable : à la base, en dépit de la guerre et des bombardements russes sur les cibles civiles – ou peut-être justement pour cette raison – le peuple ukrainien approfondit constamment ses exigences de transparence, de démocratie et de contrôle sur la conduite du pays. Pour quelle Ukraine nous battons-nous ? cette question est le fil rouge qui relie toutes les mobilisations populaires.

Du coup, le contraste est vraiment saisissant entre la société ukrainienne qui évolue de plus en plus dans cette direction, d’une part, et la société russe qui semble de plus en plus atomisée, dépolitisée et résignée face au despotisme néofasciste des oligarques poutiniens, d’autre part.

Ce contraste, la plus grande partie de la gauche mondiale, occidentale notamment, ne le voit même pas. Elle ne comprend rien à ce qui se déroule sous ses yeux. Au lieu de juger la situation en termes concrets de rapports sociaux, de domination coloniale et de droit a l’auto-détermination, elle la juge en termes abstraits de guerre et de paix. Ou pire, en termes de blocs, comme si le peuple ukrainien (« ukrnazi », disent les plus bornés) n’était que l’instrument d’une agression impérialiste (donc occidentale), et comme si la Russie faisait partie d’un « camp anti-impérialiste » dont on devrait souhaiter la victoire !

Les récents événements montrent une fois de plus, mais avec encore plus d’acuité, que cette grille de lecture est totalement inadéquate. Dans quel autre pays au monde les citoyens et citoyennes ordinaires descendent-ils librement dans la rue, sans être réprimés par la police, pour faire tomber un chef d’état-major considéré comme un boucher, soupçonné de couvrir la corruption dans les livraisons d’armes pour la défense, et peser sur la nomination d’un ministre? Il suffit d’imaginer un mouvement analogue en Russie, contre Gerasimov, ou aux USA, contre Hegseth – deux sinistres criminels de guerre, pour comprendre que ce qui se passe en Ukraine est extraordinaire.

Ce qui se passe, en effet, va bien au-delà de l’affrontement entre Syrsky-le-vieux formé à la soviétique, et Fedorov-le-jeune geek ami de Musk. Ce qui se passe, c’ est un processus de lutte à la fois démocratique et sociale pour l’autodétermination nationale. Or, au milieu de difficultés et de souffrances inouïes, ce processus s’approfondit constamment depuis la dissolution de l’URSS.

Pour tout qui a lu les classiques du marxisme sur les luttes des peuples opprimés, l’approfondissement de ce processus d’auto-détermination porte en lui l’espoir de la révolution sociale. Il est cet espoir. Un espoir fragile, certes, un espoir balbutiant, bourré de contradictions, constamment menacé de récupération – comme tout mouvement populaire profond. Cet espoir devra franchir d’énormes obstacles pour triompher. Mais il est infiniment précieux, tant il est rare dans le monde actuel. Le martyre du peuple palestinien écrasé impunément par le génocidaire Netanyahou et ses complices nous le rappelle malheureusement tous les jours.

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE UKRAINIEN !

SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES PEUPLES OPPRIMÉS !

Daniel Tanuro, le 23 juillet 2026

Source : Page Facebook de Daniel Tanuro

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23.07.2026 à 12:08

Macron-Lecornu-Philippe gouvernent avec le RN. Éditorial du 23 juillet 2026.

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Macron-Lecornu-Philippe gouvernent avec le RN. À peine le pays était-il un peu dégagé, provisoirement, d’un choc thermique terrible – des milliers de morts, une souffrance populaire généralisée, des incendies terribles de la forêt de Fontainebleau au cap Fréhel, le collapsus des élevages industriels, les centrales nucléaires à l’arrêt et les trains en panne, la sécheresse… – […]
Texte intégral (1477 mots)

Macron-Lecornu-Philippe gouvernent avec le RN.

À peine le pays était-il un peu dégagé, provisoirement, d’un choc thermique terrible – des milliers de morts, une souffrance populaire généralisée, des incendies terribles de la forêt de Fontainebleau au cap Fréhel, le collapsus des élevages industriels, les centrales nucléaires à l’arrêt et les trains en panne, la sécheresse… – qu’ont fait le gouvernement Macron/Lecornu et la majorité, non élue comme telle, de l’extrême droite, de LR et des ci-devants macroniens ?

Ils ont voté la loi Duplomb II, contre la science et la démocratie, contre la santé publique et les besoins du plus grand nombre. L’enjeu : l’eau. Dans sa qualité et dans sa quantité.

Sa qualité : les faux paysans, industriels et financiers chefs de la FNSEA et de la Coordination rurale, ont obtenu du pouvoir de l’empoisonner encore en pesticides et néonicotinoïdes.

Sa quantité : ils préemptent bassines et réserves, de façon à avoir le monopole quand l’eau manquera aux robinets, ce qui va se produire tôt ou (pas très) tard. Ils déclarent la guerre de l’eau. La Coordination rurale appelle à violer les consignes des préfets sur les usages de l’eau. Que fait la police ? Rien.

Qui a voté la loi Duplomb II ? Le bloc RN/UDR/LR/Horizons. Le reste des ci-devant macroniens a éclaté, mais Attal a voté pour.

Notons bien ce bloc RN/UDR/LR/Horizons : c’est l’union des droites que veut Stérin, flanquant le RN des fascistes, de Reconquêtes et des Identitaires, et l’unissant aux rameaux dégénérés du gaullisme UDR, LR et Horizons – Horizons compris, avec son chef Philippe qui veut passer pour le barrage républicain !

L’unité des députés élus sous le sigle du NFP a existé à nouveau dans le vote Contre, exprimant la majorité qui existe sans nul doute dans le pays…

Et pour compléter le tableau, les mêmes ont voté, quelques jours plus tôt, le permis de tuer aux policiers (légitime défense a priori dès qu’il y a des morts !), et Macron a nommé défenseur des droits un réactionnaire religieux.

Ah oui, au fait : il existe une ministre de la « Transition » (?), c’est-à-dire, à ce qu’il paraît, de l’écologie. Pendant la première catastrophe thermique, on se demandait si elle existait, on se passe d’ailleurs de connaître son nom. Elle a failli exister et avoir un nom en voulant démissionner à la suite du vote de la loi Duplomb II. Mais elle n’a pas démissionné, finalement. Elle restera donc plus inconnue que le Soldat inconnu, à la tête d’un ministère qui n’existe pas, dont toutes les agences sont en train d’être détruites aussi bien que sous Trump …

On a un problème et la provocation de Grenoble le porte à vif.

Cette situation scandaleuse nourrit l’explosion sociale qui, malgré les présidentielles, couve dans ce pays, et qu’ont annoncé aussi les manifestations féministes du mois de juin. Cependant, officiellement, tout débouché politique passe par les présidentielles, et là, on a un problème.

Ce problème est bien connu : à gauche, éclatement en dehors de la candidature Mélenchon qui, à ce jour, n’est pas à même de gagner, avec le RN qui est, lui, en position de le faire.

Dans ce contexte, l’incident de Grenoble n’est pas une affaire locale, ni périphérique, ni cantonnée à la sphère culturelle. C’est au contraire un signal politique gravissime.

Résumons les faits en allant droit au but. Barbara Butch, artiste se revendiquant lesbienne, grosse et juive, est déjà une cible de la haine de l’extrême droite, des intégristes, des masculinistes et des antisémites. Mais comme elle a signé, pour le regretter ensuite publiquement, une pétition en faveur de la loi Yadan non adoptée, une certaine « gauche radicale » a proclamé qu’elle est « sioniste » (ce qui n’est pas démontré), synonyme, pour eux, de génocidaire, de personne couverte de sang – ainsi qu’elle a été représentée dans les tracts grenoblois de la FI (à ce compte, que dire du soutien à Bachar el Assad de LFI, pendant des années ? …). Et le petit chef de LFI Grenoble, qui présente tous les traits du masculinisme homophobe, a organisé l’agression physique de son concert, parvenant à l’interdire de fait.

Il faut être très clair : cette opération est une main tendue à l’extrême droite antisémite et masculiniste, sous l’égide du parrain des « rouges-bruns » Poutine. Elle n’a rien à voir avec la cause palestinienne, les antisémites et les provocateurs homophobes étant les pires ennemis des droits humains, nationaux et démocratiques des Palestiniens.

À ce jour et à cette heure, pas de réaction de J.L. Mélenchon, un soutien de Bompard et Panot, une gêne affichée de Paul Vannier, et des déchaînements « antisionistes » de réseaux sociaux justifiant la violence et la censure.

Il serait de la responsabilité de J.L. Mélenchon de remettre les pendules à l’heure de manière tonitruante. Mais manifestement ceci lui pose un problème. Car se démarquer de la provocation offerte à l’extrême droite par la LFI grenobloise inciterait à se démarquer des méthodes antidémocratiques, de l’injonction au ralliement inconditionnel, de l’intimidation stalinienne, pour redevenir démocratique et unitaire. Et, du même coup, à rompre avec l’alignement sur Poutine et Xi Jinping, et par là sur Trump et Vance, en faisant des libertés démocratiques en Europe l’ennemi principal « fauteur de guerre » ! Autrement dit, Mélenchon se démarquant des antisémites et des masculinistes serait un Mélenchon redevenant démocrate et unitaire  !

Or, le seul Mélenchon susceptible de gagner la présidentielle et de battre Marine Le Pen, c’est celui-là !

Que veut Mélenchon dans la présidentielle ? Veut-il gagner ? Veut-il battre Marine Le Pen ? S’il le veut, il doit se soumettre à l’unité, à la démocratie. Place au peuple ! Ni Dieu, ni César, ni tribun !

Mais quand il appelle à une politique étrangère poutino-trumpiste, et s’il cautionne la provocation de Grenoble, cherche-t-il à gagner ?

Où à écraser le reste de la gauche pour contrôler l’opposition parlementaire… une fois Marine Le Pen élue ?? Oui, cette question terrible se pose.

Le peuple mobilisé peut résoudre le problème.

Non, nous ne sommes pas pessimistes. Car les mouvements sociaux avant, et bien avant, la présidentielle, sont inévitables. La présidentielle n’est pas l’issue politique : Marine Le Pen doit être battue avant le 18 avril 2027, elle ne le sera dans les urnes qui si l’affrontement social et démocratique a eu lieu auparavant.

Et la question Mélenchon, qui ne peut gagner qu’en étant autre chose que ce qu’il est devenu ? Car, si une candidature unitaire semble impossible, Mélenchon ne peut gagner qu’en assumant de l’être. Ce à quoi il se refuse.

C’est dans l’affrontement social et la lutte vivante que ces questions seront tranchées. Si nous avions la recette, le sésame, nous le divulguerions, mais il n’existe que dans l’action commune et dans le libre débat. Cependant, le peuple ukrainien vient de nous apporter, à nouveau, une grande leçon.

Zelensky s’est soumis, lui, à la volonté populaire, en virant Syrsky, chef militaire dont la rue réclamait le départ. La rue ukrainienne, et en tête la jeunesse et les femmes, a fait la loi et entend diriger la guerre. Quand le peuple veut, le peuple peut.

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21.07.2026 à 10:04

La Loi Duplomb, Sisyphe, les Danaïdes et la Constituante. Par Alain Dubois.

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Présentation Après le vote du bloc réactionnaire de cette nuit à l’Assemblée, ce billet d’humeur à chaud d’Alain Dubois. __________ Juste après la canicule, la Loi Duplomb 2 est une intolérable provocation, qui mérite une seule réponse : la Grève Générale pour une Constituante élue. __________ On croit rêver ! À peine sortis provisoirement de la canicule […]
Texte intégral (898 mots)

Présentation

Après le vote du bloc réactionnaire de cette nuit à l’Assemblée, ce billet d’humeur à chaud d’Alain Dubois.

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Juste après la canicule, la Loi Duplomb 2 est une intolérable provocation, qui mérite une seule réponse : la Grève Générale pour une Constituante élue.

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On croit rêver ! À peine sortis provisoirement de la canicule la plus grave qu’ait connue la France depuis des siècles, le gouvernement mille fois désavoué de notre pays parvient à faire voter par l’« Assemblée Nationale » à sa botte la « Loi Duplomb 2 »[1], pour remplacer la première Loi Duplomb adoptée en juillet 2025, inspirée par l’agriculture industrielle et son bras armé la FNSEA. Celle-ci avait suscité une pétition nationale qui en quelques jours avait recueilli plus de deux millions de signatures, et elle avait été partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel. Le « retour à la case départ » auquel nous assistons démontre s’il le fallait encore que vouloir « réformer » le capitalisme pour le rendre « vertueux » est une démarche vouée à l’échec [2], car comme Sisyphe hissant sans fin son rocher ou les Danaïdes remplissant sans fin leur tonneau percé, tant qu’il sera au pouvoir il reviendra toujours en arrière pour réaliser ses projets. La seule solution est de lui arracher le pouvoir, pas des « réformes » ou des « concessions ».

Dans le cas précis tout de même, la coïncidence de date est époustouflante. Comment une telle provocation pure et simple est-elle possible aujourd’hui ? Traduit-elle un rapport de force réel dans la lutte des classes en France entre les intérêts de la population et ceux d’une minorité de capitalistes, ou au contraire une tentative de coup de force traduisant le désarroi de cette dernière ? Et comment les forces politiques qui se disent « de gauche » dans ce pays pourraient-elles dans ces conditions continuer à considérer l’attente bien sage des élections pestilencielles de 2027, dans le cadre de la 5e République en pleine décomposition, comme une perspective légitime ?

Comme l’a démontré de manière détaillée et remarquable le petit livre de Philippe Grandcolas, la Loi Duplomb initiale était un véritable « déni de science et déni de démocratie » [3]. Face à de telles attaques réitérées, ce n’est plus à des « débats », censurés ou non, qu’il faut appeler, mais au combat. Et les dernières années l’ont mille fois démontré, ce n’est pas à l’Assemblée Nationale que de tels combats peuvent être victorieux, ni par des pétitions même signées par des millions, ni par des manifestations même massives comme sous Hollande et Macron, qui ne leur ont répondu que par la répression policière ‒ ni en acceptant de jouer le jeu des élections de 2027, destinées à instaurer le fascisme en France. Nous n’en sommes plus là. Ce ne peut être que par l’arme propre des travailleurs, la Grève Générale, comme en 1936, comme en 1968, comme dans bien d’autres pays depuis plus d’un siècle. La question n’est plus de travailler sur des « combinaisons électorales » pour 2027, pour une illusoire « candidature unique » pour « gagner », mais de préparer dès 2026 la Grève Générale en tenant des réunions, en constituant des comités, en s’organisant à tous les niveaux. Il est maintenant clair que cette organisation ne pourra pas être menée par les « directions » politiques et syndicales « de gauche » actuelles, et continuer comme depuis des décennies à s’adresser à elles pour leur demander de le faire est un piège dont il est maintenant urgent de sortir. La population française a un besoin crucial d’une « Assemblée Constituante » élue, pas « tirée au sort ». Mais celle-ci ne saurait être octroyée par un « bon prince» élu dans le cadre de la 5e République, car la fonction historique du Président de celle-ci est de perpétuer le « coup d’État permanent » de 1958. Elle devra être imposée par la mobilisation populaire qui devra trouver par elle-même le chemin pour ce faire.

Alain Dubois

21 juillet 2026

[1] L’Assemblée nationale adopte le projet de loi d’urgence agricole, malgré la réintroduction à titre dérogatoire de pesticides. <https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/l-assemblee-nationale-adopte-le-projet-de-loi-d-urgence-agricole-malgre-la-reintroduction-a-titre-derogatoire-de-pesticides_8115608.html>.

[2] Alain Dubois. « Des solution existent… ». 18 juillet 2026. <lherbu.com> et <blogs.mediapart.fr>.

[3] Philippe Grandcolas. 2026. Loi Duplomb : le débat confisqué. Éditions du Faubourg.

Publié initialement sur le site L’herbu

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20.07.2026 à 10:19

Ukraine : que pensent les femmes militaires de la situation ?

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L’association féministe des combattantes et anciennes combattantes Veteranka a publié le 17 juillet des témoignages de soldates sur la situation politique actuelle en Ukraine. Que pensent les femmes militaires de ces changements au sein du gouvernement ? « Nous, celles qui avons participé aux combats et servi dans l’armée, sommes une minorité absolue. Une minorité […]
Texte intégral (676 mots)

L’association féministe des combattantes et anciennes combattantes Veteranka a publié le 17 juillet des témoignages de soldates sur la situation politique actuelle en Ukraine.

Que pensent les femmes militaires de ces changements au sein du gouvernement ?

« Nous, celles qui avons participé aux combats et servi dans l’armée, sommes une minorité absolue. Une minorité à tel point que les responsables politiques ne tiennent même plus compte de nous. Ils s’appuient simplement sur nos épaules et, de là, racontent n’importe quoi à la majorité, qui vit aux dépens de notre sacrifice dans l’illusion de la paix. C’est le paradoxe central de la démocratie en temps de guerre, dont je parle dans mon livre : ceux qui paient le prix le plus fort et dont le service est déterminant pour tout ont le moins de droits et ne sont pas pris en compte par les responsables politiques. Et aujourd’hui, je constate que ce système est allé si loin dans son mépris des militaires et de leurs familles qu’il ne juge même plus nécessaire de feindre que notre sort ne lui est pas indifférent », — Yaryna Chornoguz, marine, opératrice de drones d’attaque, membre du mouvement VETERANKA.

« Pour la première fois en plus de quatre ans de service militaire, j’ai eu peur des changements de personnel, lorsque le commandant en chef a été remplacé. La deuxième fois, c’est maintenant. Et pendant que j’effectue ma mission de combat, sortez dans la rue avec une pancarte en soutien à Fedorov », — Daria « Gilka », officier de la Garde nationale ukrainienne.

 « Pour de nombreux militaires, soutenir les manifestations peut leur coûter leur poste. Leur grade. Des blâmes. Des perspectives d’avenir compromises. Ou simplement un « entretien préventif », pour que la personne n’oublie pas où elle se trouve et qui elle sert. Et c’est précisément là le plus grand problème. Car l’armée ne défend pas seulement le territoire. Elle défend l’État, dans lequel les citoyens ont le droit d’avoir leur propre opinion. Si un militaire, qui risque chaque jour sa vie pour cet État, commence à avoir peur d’exprimer sa position citoyenne, ce n’est pas le problème d’un individu isolé. C’est le problème de l’État lui-même », a déclaré Alina Mikhaïlova, chef du service médical de la 59e brigade d’infanterie, commandante de la mission « Ulf ».

 D’après l’expérience de notre mouvement, nous savons à quel point il est difficile pour les militaires de défendre leurs droits au sein de l’armée, de porter leurs problèmes sur la place publique ou de mettre en œuvre des innovations. À chaque fois, cela suscite une résistance encore plus forte de la part d’un système qui refuse de changer.

Nous avons à plusieurs reprises fait appel à la médiatrice militaire ou à d’autres instances gouvernementales et législatives afin d’aider nos sœurs dans des situations difficiles. Et presque à chaque fois, la personne qui demandait de l’aide subissait par la suite un traitement brutal de la part du commandement, se voyait confier une mission dangereuse ou, au contraire, se voyait interdire de participer à des opérations de combat.

C’est précisément pour cette raison qu’à l’heure actuelle, si peu de militaires se sont exprimés sur la situation actuelle au sein du gouvernement et sur les changements au sein du ministère de la Défense et du ministère des Anciens combattants : participer à une manifestation ou prendre position publiquement peut entraîner un blâme ou fermer des portes à l’avenir.

Veteranka.

Communiqué par PLT via le RESU.

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