06.11.2026 à 09:54
aplutsoc2
Cette note introduit la réunion extraordinaire d’Interventions syndicales destinée à produire un tract, prévue ce jour à 15h 30.
Comme on pouvait s’y attendre les manifestations ont eu une grande puissance – le 1,6 million de la CGT y est voire plus – et ceci constitue une nouvelle défaite du pouvoir exécutif, et une victoire de la démocratie et du droit à manifester qui s’est imposé contre interdictions, entraves et violences.
Beaucoup de forces politiques et, spontanément, beaucoup de manifestants, disent chercher la grève générale. La grève générale n’est pas la simple « convergence des luttes » et ne s’obtient pas en poussant verbalement à la grève, car c’est l’affrontement pour poser et régler la question du pouvoir, donc à ce stade chasser Macron, évidemment pas pour que Larcher le remplace : ce serait l’ouverture de la crise révolutionnaire renversant le régime de la V° République, avant l’élection présidentielle dont la fonction est de le perpétuer.
Les obstacles politiques sont évidents : la ligne d’attente de la présidentielle présentée comme le débouché notamment par LFI (qui n’a en rien manipulé le mouvement et qui ne l’attendait pas), d’une part, et d’autre part, au niveau des directions syndicales, la demande de « réponse aux revendications » adressée au pouvoir en place, voire d’un « budget à la hauteur des besoins », comme seul horizon de la lutte, mais sans plan de mobilisation pour y arriver effectivement.
Sur le plan politique général, cette situation appelle à ce qu’il y ait débat – y compris dans les AG quand il y a des AG – sur ce que signifie « Macron démission » maintenant : le renversement du régime et une défaite majeure du capital au plan international, inaugurant la voie vers le renversement des Trump et des Poutine, et en France, comme suite, l’exigence d’un gouvernement d’unité immédiat (référant donc, avec ou sans l’intitulé, au NFP), et l’issue véritable d’une assemblée constituante organisée par le prolétariat (salariés actifs, chômeurs, retraités, et la jeunesse) mobilisé.
Sur le plan « syndical », la question n’est pas tant que les directions syndicales appellent à chasser Macron – ce n’est même pas nécessaire – mais aident le mouvement par un véritable plan de mobilisation pour gagner.
Or, l’intersyndicale s’est réunie jeudi soir, mais a différé toute décision commune pour attendre le rendez-vous qu’a fixé Lecornu aux abois lundi. Cela alors que la veille du 5 novembre, le 4 au soir donc, la partie recette du budget a été repoussée à l’unanimité de l’Assemblée nationale !
Prise sous l’angle des revendications, la question de gagner contre le budget de Macron/Lecornu/Le Pen, de gagner contre Parcoursup, de gagner pour la hausse généralisée des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, à la mesure de l’inflation, serait résolue par un appel explicite pour que le budget soit défait avant la date butoir du mardi 17 novembre (fin des débats à l’Assemblée nationale).
Le gouvernement est ébranlé : il a commencé à vaciller sur Parcoursup, il fait maintenant courir la rumeur d’un « coup de pouce » au SMIC – ce pourquoi Le Pen tente de l’aider en déclarant « la hausse des salaires c’est l’URSS » ! – et en même temps le ministère de l’Intérieur continue une répression sans bornes légales.
Une action syndicale conséquente pour gagner doit donc unir dans la grève pour battre une bonne fois pour toute ce budget. Ceci ouvrirait de fait la voie au renversement de l’exécutif en place.
04.11.2026 à 19:28
aplutsoc2
Face à la guerre imposée à l’Ukraine ainsi qu’à la violence extrême, répressive et coloniale, déployée par l’État russe sur de nombreux autres terrains, la mobilisation à gauche et dans les milieux militants est très loin d’être à la hauteur. C’est pourquoi nous créons la Plateforme antifasciste contre l’impérialisme russe (PACIR), et appelons à un sursaut collectif.
Vladimir Poutine et ses idéologues le répètent, comme autant de signaux d’alerte envoyés à la face du monde : « La Russie n’a pas de frontières. » Incarné par la lettre « Z », symbole de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine après les guerres d’anéantissement déjà menées de la Tchétchénie à la Syrie, l’impérialisme russe doit être considéré à la hauteur du danger qu’il représente pour les peuples comme pour toute lutte d’émancipation.
Prenant cette réalité au sérieux, nous nous sommes réuni·es durant l’été 2026 à Marseille, entre personnes issu·es ou proches du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (RESU), des milieux féministes et anti-guerre de Russie, du groupe Mer noire (réseau Les peuples veulent), d’Afrique Europe Interact Sahel, de l’Union communiste libertaire (UCL), de Solidarity Collectives (gauche anti-autoritaire en Ukraine), d’Arguments pour la lutte sociale (ApLutSoc) ou de l’Assemblée européenne des Citoyen·nes (AEC), de même que de personnes de la région mobilisées en soutien à l’Ukraine résistante.
Un même constat nous rassemble : face à la guerre imposée à l’Ukraine ainsi qu’à la violence extrême, répressive et coloniale, déployée par le Kremlin sur de nombreux autres théâtres dont la Russie elle-même, la mobilisation à gauche et dans les milieux militants est très loin d’être à la hauteur. L’indifférence, bien souvent, le dispute à une incompréhension que le narratif de l’État russe et de ses soutiens contribue à entretenir, quand certains ne se font pas directement les relais zélés de ce régime de mort.
La « géopolitique » campiste, abstraite et surplombante, se normalise et empoisonne la discussion. Dans sa logique mortifère, la Russie est considérée comme un moindre mal, voire comme une alliée contre l’impérialisme occidental. Au lieu d’une force tout aussi impérialiste et belliqueuse cherchant à soumettre et dominer, elle se donne à voir en victime contrainte de se défendre.
Cette rhétorique d’inversion ignore la parole des peuples concernés, ceux d’Europe centrale et orientale, du Caucase, d’Asie Centrale, de la région Moyen-Orient/Swana, du Sahel, de la République centrafricaine, du Soudan ou du Myanmar, qui n’y ont pas voix au chapitre. Pas plus que les dissident·es et minorités ethniques et religieuses issues de la Fédération de Russie.
Face à cette tendance à relativiser la dangerosité du pouvoir russe ainsi qu’à effacer ses victimes, il est urgent de réagir. Il faut regarder en face la nature profondément impérialiste, réactionnaire et contre-révolutionnaire du projet poutinien, qui s’inscrit dans la continuité de l’histoire impériale de la Russie. Et soutenir les résistances qu’il suscite : autant de fronts de lutte contre le fascisme « grand russe » et ses alliés internationaux.
C’est pourquoi nous constituons la « Plateforme antifasciste contre l’impérialisme russe » (PACIR), un cadre de convergence visant à nous doter de moyens communs au service des orientations suivantes :
Nous suivre sur Instagram : @Pacir_CtrlZ
Aplutsoc soutient et est partie prenante de cet appel.
04.11.2026 à 18:35
aplutsoc2
Photo illustrant cet article : les lycéens font un blocus du Tribunal Administratif !
Depuis l’explosion sociale – car c’en est une – du samedi 17 octobre dernier, l’exécutif, par l’intermédiaire des préfets, a décidé de reléguer en dehors des centres villes toutes les manifestations, réservées de surcroit aux seules organisations syndicales…
Certes, la Constitution, qui garantit à toutes et tous la liberté d’expression dont la manifestation est, avec la grève, la forme collective la plus achevée, l’empêche de purement et simplement les interdire.
On a vu depuis se mettre en place un jeu du chat et de la souris entre les préfectures et les syndicats devant de nombreux Tribunaux administratifs, juge de la légalité des actes de l’administration, avec des fortunes diverses, également sur la question des couvre-feux, là où les préfets entravent l’accès au juge en prenant des arrêtés d’interdiction à la dernière minute.
Du droit de manifester…
En effet, le droit de manifester dans notre pays est subordonné à la seule obligation, pour ses organisateurs, de la déclarer comme il s’agit d’investir temporairement l’espace public, de manière statique sous la forme d’un rassemblement ou même d’une opération de tractage ou bien mobile.
Ce régime remonte aux années 1930, période de tension entre le mouvement ouvrier et l’Etat ainsi que les bandes fascistes qui a aussi entrainé la création des services d’ordre, les manifestant-es assurant ainsi eux-mêmes la sécurité à l’intérieur de leur cortège.
En pratique, cela donne lieu à un dialogue entre ceux-ci et les autorités, qui ne doivent pas seulement garantir la sécurité des personnes et des biens situés à proximité de celle-ci mais aussi celle des participant-es.
… à l’obligation de désobéir !
Tout cela est en train de voler en éclat et s’est traduit, sur Paris, par deux samedis de suite de manifestations « tramway », baptisées ainsi car elles se sont déroulées d’une porte à une autre sur le boulevard des Maréchaux, ce qui n’a cependant pas empêché une importante affluence mais au prix d’une visibilité réduite.
Sauf que suite à l’action résolue ce mardi de milliers de jeunes qui ont désobéi à l’interdiction, prise à la dernière minute, de manifestations déclarées, iels ont pu défiler dans Paris intra-muros sans trop se frotter à la police et sans, bien sûr, qu’aucune vitrine ne frémisse comme c’est l’argument employé par la Préfecture pour ce faire.
A l’heure où nous écrivons ses lignes, l’intersyndicale parisienne conteste toujours devant le TA de Paris l’interdiction, prise ce jour, du parcours Bastille-Concorde qu’elle a déposé, il y a quinze jours, la querelle sera certainement close à nouveau dans la nuit par le Conseil d’Etat or le Préfet de police, avec l’aval du Ministre de l’Intérieur, s’est senti obligé d’ouvrir le traditionnel parcours de République à Nation donc, en tout état de cause, l’honneur est sauf et nous pourrons manifester de nouveau de plein pied ce jeudi dans la capitale !
Laurent Degousée

04.11.2026 à 15:04
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04.11.2026 à 12:05
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03.11.2026 à 09:18
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