29.09.2026 à 01:03
aplutsoc
La rédaction d’Aplutsoc en collaboration avec des militants d’autres organisations lance une campagne pour obtenir la libération des militants syndicalistes de Hong-Kong, Lee-Cheuk-yan et Chow-Han-tung, condamnés pour leur action en faveur des droits démocratiques.
A cet effet, nous avons réalisé une première brochure de campagne en guise de support.
28.09.2026 à 23:51
aplutsoc
Comme une lame de fond, des “blocus” lycéens – seul mode d’action dont les lycéens ont la maîtrise faute de reconnaissance de leur droit de réunion, d’assemblée générale et d’organisation en toute indépendance DANS les lycées – se multiplient en réaction aux conditions encore dégradées de travail et de vie dans les établissements en cette rentrée.
Cette lame de fond peut s’étendre, et pour l’éteindre l’appareil d’État réagit par la violence. Les témoignages s’accumulent de jeunes, d’ados, projetés au sol, gazés, ensanglantés, menottés, soumis à des gifles à répétition dans les commissariats, etc.
Ces pratiques étatiques ne combattent pas l’insécurité, elles en font partie, et en première ligne. Elles doivent cesser, mais pour cela, il est de la responsabilité des organisations, partis et syndicats issus du mouvement ouvrier et attachés à l’État de droit, de dire haut et fort :
Le 28/09/2026.
28.09.2026 à 23:42
aplutsoc2
Depuis hier (dimanche 27 septembre), plusieurs camarades ayant des responsabilités diverses m’ont signalé directement, ou ont signalé à Aplutsoc, avoir été contactés par le PT (Parti des Travailleurs) pour signer une déclaration se solidarisant avec Daniel Gluckstein « contre la calomnie » (c’est le titre) dont il serait victime de la part de « Monsieur Vincent Présumey ».
Ce texte, qui est en toute transparence reproduit ci-dessous, n’informe pas ses signataires éventuels de ce que j’ai réellement écrit, n’en donnant que des citations tronquées, et prétend qu’Aplutsoc menace la Tribune des Travailleurs de « poursuites judiciaires », en évitant de dire que c’est une demande de droit de réponse qu’Aplutsoc a adressé à ce journal.
C’est donc sur la base d’informations tronquées, et par là mensongères, que D. Gluckstein, dès réception de cette demande de droit de réponse, n’a eu de cesse que de partir en campagne, fiévreusement, contre Vincent Présumey et Aplutsoc, lui qui se présente comme le dirigeant du grand « Parti des Travailleurs » …
Il est donc nécessaire, pour l’information correcte des militants, de donner les éléments de cette affaire dans leur ordre chronologique.
Ils sont au nombre de cinq : l’édito de D. Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs du 5 août 2026, la critique polémique de cet édito par V. Présumey dans un article du 12 août, un billet de D. Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs (TT) du 19 août, la demande de droit de réponse du Comité de rédaction d’Aplutsoc, et le texte « Contre la calomnie ». Voici le premier de ces documents :

J’ai choisi, dans un article paru sur Aplutsoc le 12 aout que vous pouvez lire ici en lien (on notera que l’édito en question y était intégralement reproduit) de me livrer à une critique aigüe de cet édito. Cette critique comporte plusieurs aspects. L’un d’eux consiste à alerter dans ces termes sur le rapprochement opéré par D. Gluckstein entre Netanyahou et Zelensky, les mettant dans le même sac comme fauteurs de guerre entrainant Trump :
« Mais D. Gluckstein a-t-il trouvé tout seul la calomnie qu’il lance ici, non pas principalement contre Zelensky, mais contre la nation ukrainienne en lutte contre l’impérialisme ?
La question se pose en effet, car le thème qu’il reprend ici circule largement dans la stalinosphère et la poutinosphère, ainsi que dans les milieux fascistes à la manière de Soral : ce serait Israël qui aurait sollicité l’attaque ukrainienne, et Zelensky, dans ces écrits, est, comme l’écrit Gluckstein, le second « supplétif » de Washington, car il a un point commun avec Netanyahou … comme juif. D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale : l’impérialisme unique, c’est Washington, et Israël et l’Ukraine sont ses agents provocateurs. C’est là une position impérialiste, celle de l’axe Moscou-Téhéran, largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme. »
Ce passage, qui pose une question, ne traite pas D. Gluckstein d’antisémite et celui-ci d’ailleurs, nous allons le voir, ne prétend pas cela. Ce sont les officines rouges-brunes et la fachosphère qui y sont accusés de rapprocher Netanyahou et Zelensky en tant que juifs, pas D. Gluckstein. Par contre, la position politique de celui-ci, à savoir l’amalgame qu’il opère entre Netanyahou et Zelensky, est mise en parallèle avec cette propagande, de source poutinienne et iranienne pour l’essentiel, et il est souligné que cette position impérialiste est « indissociable de l’antisémitisme ».
La question posée ici n’est pas : « D. Gluckstein est-il antisémite ? » (à ce jour tout indique qu’il n’en est rien).
Elle est : « D. Gluckstein se rend-il compte que ses positions le conduisent à des « éléments de langage » que l’on trouve chez des antisémites et qui sont indissociable de leur antisémitisme ? Est-il conscient de l’origine de cette thématique ? »
Cela, pour alerter, répétons le, sur les parallélismes et rapprochements dangereux auxquels conduit une analyse campiste des relations internationales, faisant fi de la lutte des classes et des peuples opprimés, et affirmant donc, comme le fait régulièrement la Tribune des Travailleurs, que la guerre de la Russie contre l’Ukraine serait une guerre entre impérialismes.
Cet article a suscité le billet suivant de D. Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs du 19 août :

Comme on peut le lire, ce billet n’accuse pas V. Présumey, et pour cause, d’avoir traité D. Gluckstein d’antisémite. Mais il l’accuse de semer « la graine du doute » pour que d’autres, ensuite, répriment la Tribune des Travailleurs pour antisémitisme. Et, pire encore, il se conclut en affirmant que Vincent Présumey « partage » la « logique (policière) » qui y conduit « avec la droite et l’extrême droite ».
A ce stade, quiconque dispose de ces documents – déjà rendus publics par Aplutsoc, à la différence à ce jour de ce que font D. Gluckstein et les solliciteurs du PT quêtant des signatures-, qu’il soit d’accord ou non avec les arguments des uns et des autres, et même s’il peut trouver exagérée la critique faite de l’orientation campiste pro-poutinienne développée dans l’édito de la TT du 12 août, quiconque, s’il sait lire, peut faire deux constats :
Si le mot « calomnie » a un sens, il n’est que là.
Ayant eu connaissance de cet article du 19 août dans la TT, ce n’est pas moi-même, mais des camarades du Comité de rédaction d’Aplutsoc, puis celui-ci réuni fin août, qui ont décidé d’adresser la demande suivante de droit de réponse à la TT :

C’est cette demande qui a suscité de la part de D. Gluckstein la production et la diffusion fiévreuse de l’ « appel à signer » que voici donc :

Tout lecteur mis, comme nous le faisons nous (et pas, à ce jour, D. Gluckstein, le PT ni la TT) en connaissance de l’intégralité des écrits en cause, pourra remarquer la manière dont cet « appel » tronque les citations pour donner à croire qu’Aplutsoc et moi-même se seraient lancés dans une sombre campagne de calomnies contre D. Gluckstein. Il se garde bien de citer et de dire que c’est une demande de droit de réponse qui le conduit à agir ainsi.
Tout lecteur peut également constater que D. Gluckstein se garde d’écrire directement que je l’aurai traité d’antisémite, mais essaye de le dire quand même en conclusion, en prétendant que j’ai « assimilé » ses positions à celles de « l’extrême droite complotiste et antisémite ». Non : je n’ai pas « assimilé », j’ai alerté sur une proximité éclatante dans le cas des affirmations concernant Zelensky et Netanyahou.
Toutefois, une remarque intéressante s’impose : les calomnies associant Vincent Présumey à la police, à la droite, et à l’extrême droite, ne sont pas réitérées dans cet appel qui porte uniquement sur les prétendues calomnies dont aurait été victime D. Gluckstein. Ce sont ces accusations scandaleuses que nous avons qualifiées, dans notre demande de droit de réponse, de procédé relevant des « méthodes staliniennes ».
Et il se garde bien, répétons le encore, de donner connaissance de cette demande de droit de réponse qu’il a reçue, dans laquelle il est signalé que je suis, réellement et régulièrement, menacé de mort par l’extrême droite …
Alors, que penser de tout cela ? Pourquoi D. Gluckstein, à la tête d’un « parti » disposant d’un hebdomadaire imprimé, part-il ainsi en croisade contre un petit site militant, et contre un militant ouvrier par ailleurs menacé de mort par l’extrême droite, en tentant au passage, puis en laissant tomber cela dans son « appel à signer », de le lier à la police, à la droite et à l’extrême droite ?
N’y a-t-il pas mieux à faire que ce type de campagne ?
Par exemple, la TT a, à juste titre dans son numéro du 26 août, appelé à la libération de syndicalistes chinois de Hong-Kong Lee Cheuk-yan et Chow Han-tung, un sujet sur lequel Aplutsoc a décidé de faire campagne : ne serait-il pas plus judicieux de récolter des signatures à ce sujet parmi les contacts syndicaux de D. Gluckstein et du PT, plutôt que de s’enferrer dans une obscure campagne contre de prétendues calomnies, et calomniant en fait Vincent Présumey et personne d’autre ?
Car oui, ce serait là des méthodes staliniennes. A qui, à quoi servent-elles ?
Une chose est sûre : elles ne peuvent servir à la défense de la presse ouvrière et démocratique. Tout au contraire. Car s’il est une chose dont a besoin une telle presse, qui seule peut la faire vivre, c’est le libre débat, et il ne saurait y avoir de libre débat si la critique, au besoin impitoyable, des positions campistes effaçant la lutte des classes et des peuples opprimés, est interdite.
Ce débat est nécessaire, il est nécessaire et se cherche dans le PT lui-même, sans aucun doute, et, même avec nos petits moyens, nous le disons fermement : personne ne nous interdira, militants ouvriers, de le mener et de l’imposer.
Vincent Présumey, le 28/09/26.
28.09.2026 à 12:31
aplutsoc
Le Pape n’a pas le monopole des visites à Paris !
De vendredi soir à dimanche après-midi, une cinquantaine de militantes et militants d’organisations européennes membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes ont travaillé ensemble, dans les locaux de l’Union syndicale Solidaires, à Paris.
La rencontre finie, des camarades de plusieurs organisations se sont rendus au Champ de Mars soutenir les pompiers en lutte. Ici, des militantes de Soyez comme nous sommes (et de SIAL COBAS d’Italie).
Et plus bas une photo des deux délégations ukrainiennes présentes à la rencontre : Soyez comme nous sommes et Priama Diia (avec leur coach français au milieu )

Source : CM / RESU /RSISL
28.09.2026 à 09:40
aplutsoc
« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »
Antonio Gramsci
Les rapports entre les Linke allemands constitués en 2005 et l’association PRS (Pour la République Sociale), les mélenchoniens étaient encore un courant du PS, ont été constants. Des rencontres internationales régulières. En février 2009 la réunion constitutive du PG (Parti de Gauche), sur une orientation FDG (Front de Gauche), est suivie d’un meeting avec Oskar Lafontaine et un groupe de cadres fondateurs. Les Linke se sont constitués par un accord entre des cadres de l’ancien appareil d’État stalinien d’Europe de l’Est, dont Sahra Wagenknecht, à savoir le Parti socialiste unifié d’Allemagne et l’Alternative électorale travail et justice sociale, créée en 2005 par des syndicalistes et des militants de la gauche du SPD, opposés à la politique néo-libérale de Gerald Schröder. Je précise ce point, car l’article de Médiapart du 21 septembre à propos des résultats électoraux du dimanche 20 dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin stipule : « Die Linke, héritier formel de l’ancien parti dominant de la République démocratique allemande (RDA) » est un raccourci qui ne rend pas compte des deux composantes du parti. C’était une union de la carpe et du lapin. Entre ceux qui venaient de l’Est, dont l’épouse d’Oscar Lafontaine, Sahra Wagenknecht et la fraction syndicaliste issue de la gauche de la social-démocratie, il y avait des oppositions. Lorsque cette dernière chercha à prendre un poste de direction lors du premier congrès des Linke, elle fut déboutée.
Pour les fondateurs du FDG en France, le développement des Linke outre-Rhin est alors un point d’appui international contre l’Europe néo-libérale ; la coalition se forme dans l’objectif d’intervenir de manière conjointe dans les élections européennes. Suite à un mouvement social dans les profondeurs du salariat en France contre le traité européen de 2005, le non l’emporte à 55%. Le gouvernement présidé par Nicolas Sarkozy s’assied sur le résultat et poursuit sa soumission à l’Europe néo-libérale. La stratégie FDG qui regroupe un arc politique important réalise une percée électorale de 12% à la présidentielle, début de la fin de la stratégie du vote utile en faveur du PS, que lui conféraient les institutions de la Vème République sous l’ère François Mitterrand. C’est une ouverture politique contre la politique de François Hollande.
La Grèce et Syriza, l’Espagne et Podemos, le Portugal avec le Bloco, la France et le FDG, les Linke allemands, c’est alors le temps des Fronts de Gauche.
Le FDG était constitué au départ sur un accord avec le PCF, autour duquel s’est associé tout un arc politique venant de la gauche radicale. Si le FDG restait un cadre électoral essentiellement branché sur l’horizon de la présidentielle, il agglomérait sur le plan politique. La démocratie se développe en son sein, même si une revendication importante des militants ne fut jamais acceptée, celle de l’adhésion individuelle aux comités locaux du front. Son éclatement est provoqué unilatéralement à l’automne 2014 ; Jean Luc Mélenchon qui a quitté précédemment la direction du PG vient d’écrire l’Ere du Peuple, sorte de manifeste, inspiré de ses différents voyages en Amérique latine, chez Chavez en particulier, idéologiquement inspiré des thèses de Chantal Mouffe et Ernesto Laclau sur le populisme de gauche. Plus de partis, de front d’organisations, le rapport direct du peuple au chef. Le populisme n’est en fait qu’un prêt-à-porter idéologique, dès lors où la conquête du pouvoir ne se fera exclusivement que dans le respect des institutions bonapartistes fondées par Charles de Gaulle. À bas le régime des partis ! En 2016, il constitue France Insoumise. Et la campagne de 2017 se fera sur la ligne bleu-blanc-rouge au son de la Marseillaise en dénonçant toutes les autres composantes de la gauche… Interdiction du drapeau rouge et du chant de l’Internationale !
Ajoutons que de cet épisode à aujourd’hui, il y a une constante de la politique de Mélenchon sur la Russie : il s’oppose à la révolution du Maïdan en 2014 et approuve l’annexion de la Crimée. Une étude attentive de son blog depuis laisse apparaître de constantes exonérations au bénéfice du régime de Poutine. À la veille de février 2022, il rassure encore, la Russie n’est pas un État impérialiste et Poutine est un dirigeant mesuré. Il ne fera pas la guerre…
Outre-Rhin au sein des Linke la crise se développe : des positions droitières du parti sur un accord avec le SPD concernant les services publics de la ville de Berlin, voit naître une opposition à l’initiative de Sahra Wagenknecht. Elle crée la plateforme internet Aufstehen ! (Debout !) le 4 septembre 2018, en dehors des structures de son parti et rapidement, elle récupère 100 000 adhésions grâce aux clics de souris. Au préalable, il y a eu des rencontres internationales avec la direction de FI et Jean Luc Mélenchon. Sur le modèle français, c’est « l’état gazeux » à l’allemande. En fait en quelques mois son mouvement va transiter d’un populisme « de gauche » à un populisme revendiqué « de droite » ou conservateur, sur la défense de la petite-bourgeoisie rentière allemande, sur les migrants qui menacent les salariés qualifiés… À l’international, c’est l’équipe d’Aufstehen qui est à l’origine d’une manifestation de 13 000 personnes à la porte de Brandebourg le 25 février 2023, exigeant l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine. À cette manifestation des dizaines de militants de l’AfD, le parti néo-nazi, y participeront. Une revue d’extrême droite titre : Sahra Wagenknecht ferait une excellente chancelière ! l’AfD la soutient.
La crise économique qui ravage l’Allemagne, notamment dans le secteur de l’automobile, est un terreau fertile surtout dans les anciens Land de l’ex-RDA pour la démagogie fasciste. L’alliance historique entre la CDU et le SPD, sur la ligne du compromis historique de cogestion du capitalisme, prend eau de toutes parts, les formes parlementaires bourgeoises ne peuvent plus répondre à la situation et la stabiliser au compte des intérêts des néo-libéraux européens. Les élections du 6 et du 20 septembre dans les Lands de l’Est et à Berlin ouvrent une situation de type nouveau qui voit un parti se réclamant du nazisme au seuil de diriger deux Lander : en Saxe-Anhalt, l’AfD plafonne à près de 44% le 6 septembre, et 38% dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale le 20 du même mois. Si Die Linke s’est associé à la stratégie du « cordon sanitaire », le BSW joue objectivement dans la cour de l’AfD. Sahra Wagenknecht refuse d’ailleurs de caractériser l’AfD comme une formation néo-nazie et défend qu’il est possible de passer des accords, texte par texte, avec eux. Elle déclare sur les réseaux sociaux :
« La défaite cuisante des partis traditionnels lors des élections en Saxe-Anhalt le montre bien : les citoyens en ont assez d’une politique qui met en péril l’avenir de leurs enfants et qui mène notre pays tout droit dans le mur. Il est grand temps de reprendre enfin au sérieux les préoccupations des citoyens ! J’ai expliqué dans l’émission « Markus Lanz » pourquoi, en tant que BSW, nous ne voulons pas prendre part à cette absurdité qu’est le « mur coupe-feu » et souhaitons au contraire tirer parti des majorités au Parlement régional de Saxe-Anhalt pour mettre en œuvre des projets pertinents visant à améliorer la vie des gens. »
Il faut lire l’intervention d’Oskar Lafontaine dans le journal Welt Woche du 5 septembre :
« La guerre en Ukraine est une guerre géopolitique menée par l’industrie américaine de l’armement pour affaiblir la Russie… l’UE ne parvient pas à mettre un terme à la politique étrangère agressive des États-Unis. Trump a même réussi à convaincre les Européens, en premier lieu les Allemands, de financer la guerre américaine en Ukraine… Il ne peut y avoir de paix dans le monde tant que l’oligarchie américaine prétend dominer le monde. Nous ne trouverons la paix que dans un ordre mondial multipolaire, où la diplomatie, la coopération et l’équilibre des intérêts déterminent la politique. »
On retrouve en arrière-fond de cette pensée, qui recoupe l’essentiel des positions de Mélenchon à l’international, l’ensemble géopolitique des BRICS regroupant en particulier la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil, lesdits pays en voie de développement indépendants vis-à-vis du grand Satan américain. Dans cette démarche la politique populiste, qu’elle s’intitule de droite ou de gauche, n’est plus fondée sur la lutte des classes, la Russie et la Chine en particulier sont des partenaires et non des États impérialistes.
Si l’on compare les résultats entre le Land de Mecklembourg et celui de Berlin, ils traduisent deux vérités opposées. Certes, l’AfD progresse à Berlin sur la base de la déroute des partis de la coalition, dont la CDU et les Verts, mais dans ce Land où les travailleurs, la jeunesse surtout ont pu se saisir du cadre offert par le parti Die Linke, le résultat électoral de 25,7% surprend tout le monde en Europe. En 2025 ce parti, lors des législatives, a mis la barre à gauche en se battant pour les revendications de la jeunesse, notamment, à l’instar de l’américain Mandani, élu maire de New York, sur les questions du logement. Certes Berlin n’est pas toute l’Allemagne, comme l’explique le journaliste de Médiapart, mais la grande leçon de cette élection est que là où une force de gauche se bat pour défendre les intérêts de classe, qui intègre la question de l’écologie chez les jeunes, les fascistes reculent. Ils ne tirent leur force, que sur la désespérance sociale que la ligne du compromis historique (CDU-SPD) a entraînée, et ce, de manière plus prononcée à l’Est. Die Linke a gagné 30 000 adhérents dans la campagne des législatives. Le score aux régionales en 2026 est particulièrement fort chez les jeunes. 43 % chez les 18-24 ans et 49 % chez les 25-34 ans. La CDU se maintient en tête dans les électorats plus âgés. Il y a un rajeunissement dans l’organisation elle-même des Linke.
La crise que l’opération Oscar Lafontaine-Sahra Wagenknecht avait déclenchée en 2018, sur une ligne visant la liquidation des Linke, comme organisation ouvrière, est dépassée. La méthode France Insoumise inspirée de la politique internationale de Jean-Luc Mélenchon et appliquée à l’Allemagne est une défaite, pour deux raisons : les institutions de l’Allemagne comme démocratie parlementaire ne sont pas celles de la Vème République bonapartiste. Les Linke ne sont pas le Parti de Gauche, création artificielle pensée pour justifier un accord avec le PCF, que Napoléon Mélenchon a liquidé en quelques semaines, ils sont une organisation du mouvement ouvrier qui résiste. Il est traversé par des débats démocratiques. Les sites animés dans l’exil par des opposants à Poutine, en particulier celui de Garry Kasparov, informent qu’en Allemagne un groupe de militants russes ont rejoint les Linke et agissent pour le soutien au peuple ukrainien… Die Linke reconnaît le droit du peuple ukrainien de résister à l’agresseur. Sur l’aide militaire, ils laissent leurs militants libres de défendre leurs points de vue. La ligne BSW a fait flop, c’est l’AfD qui engrange tous les bénéfices. Les laissés-pour-compte, les chômeurs, les sans-grades ont préféré l’original à la copie.
Récemment Jean-Luc Mélenchon justifiait son orientation au-delà de la gauche et de la droite, par la formule : « le mouvement ouvrier a échoué… »
Le blog l’Insoumission du 25 septembre, sous la signature d’une militante Sacha D, salue la victoire des Linke à Berlin, sans toutefois écrire que la progression des fascistes continue par un déplacement de voix de la CDU vers le parti néo-nazi. Elle ajoute : « … ce résultat montre l’impasse que constitue le BSW (fondé par une ancienne figure de Die Linke, Sahra Wagenknecht). Le mouvement reste sous le seuil d’entrée au Parlement, en ne figurant qu’à 4,7%. Cet échec prouve le non-sens de leur proposition politique, résumée par l’hypothèse « rouge-brune », autour de discours et propositions xénophobes. » L’article élude la stratégie populiste définie en 2018 avec Sahra Wagenknecht et Oscar Lafontaine, dans laquelle Jean-Luc Mélenchon s’était impliqué. L’évolution du BSW sur le terrain du « populisme » de droite ou conservateur l’amène dans le Land de Saxe-Inhalt à devenir une flanc-garde de l’AfD et lui permettre de conquérir la majorité absolue dans la région.
Cependant l’auteur de l’article n’aborde pas la dimension internationale : le BSW, c’est le combat, qui lui est commun avec l’AfD, pour faire cesser les livraisons d’armes à l’Ukraine, pour annuler les sanctions économiques contre le fasciste Poutine et considérer que l’axe du mal, c’est Zélensky-l’OTAN et Trump contre la Russie. Aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon condamne les frappes ukrainiennes dans les profondeurs de la Russie qui visent, précisons-le, les raffineries, les ports et les centres énergétiques et qui seraient pour lui l’obstacle à la paix. Inversion de la réalité : l’Ukraine devient l’agresseur. Or la guerre de Poutine cible d’abord les civils, les services (hôpitaux, écoles, maternités…), bombardements qui tous relèvent de la qualification de crimes de guerre et d’opérations génocidaires.
France Insoumise ne fera pas l’économie d’une crise sur la question de l’Ukraine dans la campagne présidentielle en France.
Dans l’édition d’Informations Ouvrières du 18 septembre, il publie une déclaration de l’AGBSW qui se présente comme un regroupement de syndicalistes membres du BSW. Ils osent écrire : « Le risque de guerre devient de plus en plus menaçant du fait de l’escalade de la guerre en Ukraine et du conflit contre la Russie, que le gouvernement fédéral et l’Union européenne poussent en avant. » L’Ukraine devient donc, conformément à la parole du Chef, l’État agresseur. Si ces gens s’informaient sur les réalités de la guerre, ils verraient que ces derniers jours des drones provocateurs sont tombés en Lituanie, en Pologne, en Finlande et en Allemagne à Leipzig… Ces gens prétendent ramener le BSW dans sa vocation d’origine, « une organisation du mouvement ouvrier » : « Le BSW doit renouer avec la tradition des mouvements démocratiques, du mouvement ouvrier et aussi de l’antifascisme : “Nous rejetons les idéologies d’extrême droite, racistes et violentes de toute nature.” Le BSW ne doit pas apparaître comme un parti globalement opposé à l’immigration et, dans la “guerre culturelle”, il ne doit participer ni du côté de la droite ni du côté de la gauche. » Quelle confusion ! Justement, Aufstehen puis le BSW se sont constitué sur une rupture avec le mouvement ouvrier, ils rejettent à l’instar du leader de FI l’organisation sous la forme de parti ouvrier.
Question de méthode : entre 1930 et 1940, Léon Trotsky, argumentant pour convaincre ses camarades est revenu à de nombreuses occasions sur la question fascisme et bonapartisme. Il combattait en particulier les staliniens, la syphilis du mouvement ouvrier, qui, après avoir dénoncé la social-démocratie comme la sœur jumelle du fascisme et se voyant contraint de défendre dans la montée de 1936 la stratégie d’alliance des Fronts Populaires, opposaient artificiellement bonapartisme et fascisme comme des catégories abstraites. Une période de montée de la contre-révolution comme celle qui a vu le développement des fascismes en Europe, et sa forme extrême le Nazisme en Allemagne, demandait d’examiner à la loupe la forme que prenait la lutte des classes dans chaque pays et d’y répondre du point de vue du prolétariat. Beaucoup de textes ou livres aujourd’hui se publient sur le populisme. Cependant, la caractérisation de fond que rappelait Trotsky doit être soulignée : le bonapartisme apparaît là où la bourgeoisie s’avère incapable de régler par les moyens démocratiques – le parlementarisme – son rapport au prolétariat, lui-même étant pris dans le renoncement de ses représentations à combattre pour le socialisme. Il faut recourir à un « sauveur suprême » qui se présente comme un arbitre au-dessus des classes, et donc des querelles de partis. Partant, il y a bonapartisme et bonapartisme. Trotsky dit de la France « qu’elle est le pays classique du bonapartisme ». Effectivement de la réaction thermidorienne contre l’aile gauche de sa Révolution jusqu’au régime semi-bonapartiste du gaullisme, l’essentiel des libertés démocratiques ayant été maintenues après le coup de 1958, il y a toujours eu la tentation boulangiste dans la bourgeoisie. Nous sommes à un tournant. À partir de Sarkozy puis de Macron le balancier se déplace vers l’extrême droite et la gauche est au tapis.
Deux faits politiques sont à mettre en parallèle. Le RN prend ses distances en 2024 avec l’AfD, de même la première ministre italienne, Georgia Meloni, le patron de Reform UK et chantre du Brexit, Nigel Farage en Grande Bretagne. En Finlande, la cheffe du Parti des Vrais Finlandais, organisation nationaliste et populiste de droite, jette un regard effaré sur « la pire tourmente politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » après l’élection du 6 septembre en Saxe. La FI de Mélenchon s’est écartée du BSW, de plus en plus rouge-brun. Pourquoi ? RN et FI, les deux partis ont besoin de tenir une ligne de respectabilité vis-à-vis des institutions de la Vème République. Le populisme de Mélenchon, avec ses références philosophiques « gazeuses », n’est qu’un prêt-à-porter idéologique contre ce que De Gaulle appelait « le régime des partis ». Quant au parti de Marine le Pen, même si en coulisse certains de ses membres se félicitent de la victoire de l’AfD, elle veut le pouvoir pour son parti de préférence sans affrontements sociaux dans une constitution qui lui offre les moyens de gouverner contre le salariat et la jeunesse. Non seulement les articles de la Constitution qui permettent de gouverner contre le Parlement, mais aussi l’article 16 qui est, ni plus, ni moins que le recours à la dictature. L’essentiel est de se glisser en douceur aux manettes du pouvoir. La contrepartie, c’est qu’elle est talonnée par le mouvement de Zemmour qui lui combat sur des positions fascistes. Les rassemblements populaires de Mélenchon touchent essentiellement l’électorat de la « nouvelle France », cela ne signifie pas que les larges masses se saisissent de la campagne pour leur propre compte et interviennent dans le champ social. L’Allemagne et le mouvement de l’AfD, c’est une affaire d’une autre importance. Les institutions fédérales de l’Allemagne sont parlementaires, même si la cogestion SPD-CDU verrouille le pays au profit de la politique de l’Europe néo-libérale et alimente un terreau fertile pour les aventuriers du populisme ou du fascisme. L’AfD œuvre vraiment comme une organisation fasciste contre les institutions, ce qui n’est pas sans susciter des réponses. Lorsque ce parti a pris l’initiative de constituer une organisation de jeunesse, c’est une manifestation de 15 000 jeunes qui est monté sur le lieu de la réunion.
À l’opposé, le positionnement actuel des Linke est un fait politique d’importance, qui met en lumière par ailleurs sur l’examen de la situation allemande l’extrême fragilité des bases sur lesquelles le mouvement France Insoumise a été construit.
RD, le 28/09/2026.
27.09.2026 à 18:00
aplutsoc2
Le Comité de Rédaction d’Aplutsoc informe.
Le 12 août dernier, Aplutsoc a publié un article signé VP, critiquant un éditorial de Daniel Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs, entre autres points en attirant l’attention des militants ouvriers, et de D. Gluckstein lui-même, sur la similarité du rapprochement qu’il opère entre Zelensky et Netanyahou et ce même thème au même moment dans les sphères « rouges-brunes », avec chez celles-ci une connotation antisémite évidente. Voici cet article, dans lequel l’édito critiqué est reproduit intégralement.
Dans la Tribune des Travailleurs du 19 août, paraissait l’article suivant :

Le 23 septembre dernier, le Comité de rédaction d’Aplutsoc a adressé à la rédaction de la Tribune des travailleurs la demande de droit de réponse que voici :

On ne fera pas taire les internationalistes par les méthodes staliniennes de la calomnie.