05.02.2026 à 13:17
aplutsoc
Présentation
Un camarade nous a proposé de publier cette traduction d’une étude de Florence Oppen, militante US de la LIT-QI, consacrée au développement du nouvel impérialisme russe, développement consécutif à l’effondrement de l’URSS en 1989-91 Comme indiqué en exergue de ce texte, celui-ci affirme que l’économie impérialiste russe actuelle offre une étude de cas du principe de développement inégal et combiné.
Cette contribution nous semble intéressante dans le contexte actuel de confusion régnant dans les couches militantes orphelines de l’ancien monde d’avant le 9 novembre 1989. A l’heure de l’axe Trump-Poutine, ce genre de réflexions est particulièrement bienvenu.
Source : The Putin regime and the consolidation of a new imperialist state in Russia (8 janvier 2026)
Lire le texte au format PDF :
02.02.2026 à 19:30
aplutsoc2
Moulins-sur-Allier est un bon exemple de la dimension politique des municipales de mars 2026, précisément en raison de la banalité a priori de cette petite ville située à peu près au milieu de la France, qui fut parfois surnommée « la belle endormie » : c’est le lieu par excellence où devrait pouvoir s’épanouir, avec un fort semblant de vérité et de bon sens, le discours coutumier des édiles locaux sur le caractère « strictement local » des élections locales, où l’on ne doit pas faire de la « politique politicienne » et a fortiori ne pas traiter des sujets nationaux voire internationaux, « les gens » étant censés ne s’intéresser qu’à ce qui est « près de chez eux ».
Or, cette petite ville banale a connu en l’espace d’à peine un an et demi trois faits que l’on serait tenté de dire pas ordinaires, si ce n’est qu’ils traduisent en réalité ce qui est courant, dans la réalité nationale et internationale présente.
Peu auparavant, et avant de relater ces trois faits, se produisait en 2023 ce qui est pour la municipalité sortante, où Pierre-André Périssol, « PAP », ancien ministre du Logement de Chirac, poursuivi depuis et récemment rattrapé, par des « affaires » ayant trait à l’immobilier, est maire LR depuis maintenant 31 ans, son couronnement : la construction du « second pont » sur la rivière Allier, désengorgeant le bel et vieux pont Règemortes, promis et projeté depuis des temps immémoriaux, qui n’a par ailleurs apporté aucun bouleversement logistique et n’a toujours pas de nom. Se produisent ainsi, avec une lenteur toute sénatoriale, des investissements publics mesurés et infiniment célébrés par l’entre-soi des notables (comme persuadés de les avoir construits de leurs mains !), polissant une cité au cachet ancien.
Puis vinrent les chocs.
Premier choc : novembre-décembre 2024, la grande peur d’une fermeture de l’IUT et avec elle, de l’effondrement de tout le petit campus moulinois lié à l’Education nationale (INSPE et Canopé) suite à une rumeur (fondée) d’envie de désengagement du Conseil départemental sur les locaux, déclenchant une course à l’échalotte entre « financeurs » (Université Clermont Auvergne, Conseil départemental, Communauté d’agglomération) sur le mode « c’est pas moi le coupable, c’est lui », se présentant tous comme de généreux donateurs alors qu’il s’agit du service public.
Cette grande peur budgétaire est directement liée à la crise politique nationale. Le vent du boulet a soufflé, et si le site universitaire de Moulins a survécu, plus que par l’entregent de tel édile local (qui ne manquent pas de s’en prévaloir), ce fut par les évènements nationaux : grève massive de l’enseignement public le 5 décembre et chute du gouvernement Barnier puis réaménagement de son projet de budget.
Mais ce n’est que partie remise : une ville comme Moulins a vitalement besoin d’une municipalité menant le combat pour le service public et pour l’emploi, au lieu par exemple d’appuyer les fermetures de petites écoles au profit d’écoles primaires plus grandes que les collèges ruraux des alentours, comme c’est actuellement le cas.
Second choc : l’affaire « Murmures de la Cité » pendant l’été. Les subventions publiques débloquées à partir de Moulins ont permis la tenue d’un « spectacle » se voulant en « mode Puy-du-Fou », sous l’égide d’une secte racialiste-intégriste, financée par Stérin, soutenue par la presse d’extrême-droite et de l’union des droites au plan national, lesquels ont orchestré une campagne de haine et de menace contre les partisans de la laïcité – contre moi-même au premier chef.
Les municipales approchant, l’ensemble des élus et la plupart des aspirants élus locaux, extrême droite exceptée, semblent préférer que l’on n’en parle plus et, de fait, la bande formée par les chefs de Murmures de la Cité et de Sophia-Polis, liée à l’ordurier « Riposte Laïque », a essuyé une série de défaites dont je peux me permettre de revendiquer une bonne part.
Ils n’ont jamais pu ouvrir d’école privée hors contrat (le « Cours Zita ») à Moulins, comme ils l’ont prétendu. Ils ne disposeront pas d’un lieu public à Moulins pour rééditer leur opération « spectacle » l’été prochain. Le 14 janvier dernier, FSU et CGT notamment ont réussi un meeting, pas loin, à Saint-Pourçain, contre eux et l’union des droites avec l’extrême droite. Sur son propre plan, une association créée par les travailleurs de l’archéologie, « Histoire d’y voir clair », a fait salle comble, devant refuser du monde, pour sa première réunion publique d’éducation populaire sur l’histoire de ce qui a fini par s’appeler la France.
Les cris de haine de la bande Murmures/Sophia-Polis/Riposte Laïque ont connu des échecs, et, aux dernières nouvelles, ils centrent leur délire contre PAP, encore maire de Moulins, accusé, par Guillaume Senet (chef de Murmures et de Sophia-Polis), dans le torchon excrémentiel « Riposte Laïque », d’interdire les parades à cheval dans sa ville ( !!! ), attaque reprise ce lundi par Valeurs Actuelles !
La parade des soi-disant chevaliers dans nos rues sera-t-elle l’axe de campagne de la liste d’extrême droite aux municipales ?
Ces gens là ont manifestement d’autres préoccupations que les gens ordinaires, car ils bataillent pour faire les marioles avec des armures sur des chevaux alors que le troisième choc, le plus grave des trois, s’est produit voici quelques jours, le 20 janvier : la direction de l’usine Bosch, qui fabrique des systèmes de freinage, annonce ce jour sa fermeture d’ici juin, soit le licenciement des 270 ouvriers et techniciens.
La violence extraordinaire, violence patronale, de ce coup, est amplifiée par ce qu’était le caractère soi-disant familial et même paternel de l’entreprise, toujours dirigée par l’héritier de la famille et non côtée en bourse, ce qui n’a nullement empêché un scenario parfaitement « boursier » traitant le personnel comme des « kleenex », avec un vrai sentiment de trahison chez des travailleurs qui avaient cru à l’ « esprit maison ».
Cette violence est amplifiée par le plan de 190 licenciements visant Erasteel, à l’autre bout du département, à Commentry : c’est en fait ce qui reste ici d’emplois industriels hors l’armement qui est en train d’être liquidé, quoi que dise l’Etat sur les hypothétiques et polluantes perspectives d’une mine de lithium au Sud de l’Allier.
Les salariés et leurs syndicats ont commencé à réagir, FO dont cette usine est un bastion, où la section est unie avec la section CGT, qui a fait venir Sophie Binet voici quelques jours. Le député PCF Yannick Monnet, le maire LR « PAP » et le maire socialiste d’Yzeure, où est située l’usine, Pascal Perrin, disent s’entremettre auprès du préfet et du gouvernement pour que les suppressions d’emplois se fassent le moins mal possible.
Cependant, la tonalité du meeting de Commentry organisé par la CGT vendredi dernier avec Sophie Binet était plutôt à l’exigence de récupération des sites et des machines pour les relancer, mais cette question est évidemment politique : il nous faudrait un gouvernement démocratique qui sauve les outils de travail comme les services publics, alors que sont au pouvoir, minoritaires et illégitimes, les organisateurs de la casse qui aiguillent l’argent public vers les patrons puis affolent le monde sur les déficits …
Une chose est sûre : aucun licenciement n’est acceptable.
Trois chocs donc, différents mais qui résument une situation mondiale dont notre ville moyenne en crise est totalement impactée : les menaces contre les services publics, le danger de l’extrême droite introduisant la violence politique, et la destruction des emplois productifs dans les vieux pays capitalistes.
Tout cela, c’est Moulins. Et Moulins, c’est aussi la résistance à tout cela, la volonté de contre-attaque. Car l’IUT n’a pas fermé, « Murmures de la Cité » a trouvé à qui parler, et la lutte contre les licenciements à l’échelle de l’Allier est engagée.
A ces données, s’ajoute la crise de la droite locale, au pouvoir de très longue date. Le vieillissement, l’usure et les « affaires » cernent PAP, qui attendait un jugement sur son éventuelle inéligibilité le 14 janvier dernier, lequel a été reporté au 25 février, veille du dépôt des listes. Le président du Conseil départemental, Claude Riboulet, et les pontes de LR du secteur de Vichy, ont aidé à la formation d’une liste de droite concurrente, tandis que son adjointe, qui fut pro-« Murmures », Cécile De Breuvant, lui coupait l’herbe sous les pieds en annonçant sa liste. Fauché par le renvoi de la décision judiciaire, il s’est rallié à elle. Notons que ce que j’écris là est connu de tout le landerneau moulinois mais pas explicité dans la presse locale, c’est assez amusant. S’ajoute une troisième liste « apolitique » de droite émanant d’un sous-courant de la municipalité sortante.
Face au marais des trois listes issues de celle-ci, les réseaux liés à « Murmures » tentent de transformer l’essai en montant une liste d’union des droites, RN/Reconquêtes/UDR, autour de M. De Nicolay, « jeune entrepreneur », coaché par un « homme d’affaires », Arnaud Dassier, qui vise, lui, les législatives. Leur liste recrute parmi les ahuris qui se prennent pour des « chevaliers » et aussi parmi des ahuris un peu plus anciens qui se prennent, eux, pour des soldats de Napoléon et qui étaient jusque-là dans le sillage de LR, tiens donc. Il est permis d’ironiser mais il convient d’être vigilants car ils misent évidemment sur la poussée globale du RN et plus particulièrement sur la crise nationale et locale des droites, pour capter leur électorat traditionnel.
Face aux trois listes issues de la municipalité sortante, et à la liste de l’union des droites extrêmes, la voie de la victoire est tout à fait possible, dans le prolongement des combats pour les services publics, l’emploi et la laïcité, et avec l’atout du député Yannick Monnet, PCF, et moulinois.
Nos lecteurs ne seront donc pas étonnés de savoir que j’ai mené campagne, cet automne, pour l’unité de la gauche afin de réunir toutes les conditions de la victoire. Bien entendu, l’axe de la division, ici comme ailleurs, tourne autour de LFI et de ceux qui ne veulent pas de LFI. Nos lecteurs seront peut-être un tantinet plus étonnés de savoir que dans ce combat, les membres locaux de LFI m’ont nettement prêté oreille et ont temporairement souhaité, à mon avis tout à fait sincèrement, cette unité, dans laquelle ils auraient occupé une place à vrai dire modeste, mais légitime et nécessaire.
Il pourrait donc y avoir une liste LFI. Par ailleurs, Lutte Ouvrière entend bien monter « sa » liste sans aucune intention ni de gagner, ni d’aider à gagner …
Yannick Monnet, député PCF, dont les votes parlementaires sur la censure de Lecornu sont identiques à ceux du PS, incontestable allié sur la défense de l’école publique contre les mesures de carte scolaire (je parle là en syndicaliste), a conçu sa liste, de toute évidence préparée depuis un moment, comme dédiée au « soin des gens » et comme ne mettant pas les questions politiques, ou d’appartenance politique, en avant.
Sa liste est en fait la seule qui peut gagner, et réellement, à gauche, et elle ne gagnera pas autrement qu’en s’inscrivant dans le prolongement des trois batailles dont j’ai parlé ici. L’illusion de l’apolitisme local « de proximité » me fait à vrai dire sourire, et ne m’empêche en aucun cas de tout faire pour que gagne cette liste, dont la victoire serait une victoire contre la droite et la droite extrême, pour l’emploi, les services publics et la laïcité, et rien d’autre.
Un camarade socialiste, et enseignant, membre de la liste, me disait récemment : « si finalement ils n’ont pas couru après toi pour que tu y sois, c’est que tu fais peur avec ton côté Cassandre. » J’assume totalement : rappelons que tout ce que prédisait Cassandre s’est réalisé, c’est donc un compliment. Et en plus, cet échange date d’avant l’annonce des 270 licenciements à Bosch.
Le plus urgent à Moulins, c’est un rassemblement de toute la ville contre la totalité des licenciements, en semaine, avec grève et fermeture des magasins, exigeant de la préfecture que l’Etat séquestre le terrain et les machines. La voie pour gagner passe par là. Si je suis Cassandre, c’est en version optimiste – l’optimisme de la volonté et du combat !
Vincent Présumey, 02/02/26.
02.02.2026 à 10:34
aplutsoc
Nouvelle année, nouvelle lutte : le 3 janvier dernier, seize des vingt salarié-es du magasin parisien Biocoop de Place des Fêtes se mettaient en grève.
Les raisons de leur colère ? La dénonciation du management autoritaire de la propriétaire de la boutique et la demande légitime d’augmentation alors que beaucoup d’entre eux/elles sont, dans les faits, chef-fes de rayon mais payés comme des vendeurs.
Iels ont fait front et sont restés unis pendant des semaines en dépit de plusieurs interventions de la police, à la demande de leur employeur, qui les as contraint à tenir leur piquet de grève à l’extérieur du magasin, toujours fermé, en dépit du froid, voire de la neige.
Le soutien, dont celui financier, de nombreux habitant-es et collectifs du 19ème, de forces sociales, dont celui de la CGT qui compte une déléguée dans l’entreprise, et d’élu-es parisiens de gauche leur aura aussi permis de tenir.
Mieux, la forte médiatisation de leur combat a levé le voile sur le système Biocoop, obligé de monter au créneau pour préserver la réputation prétendument sociale de l’enseigne qui connaît un développement important ces dernières années alors que chaque point de vente est en fait une franchise, rattachée cependant à la tête de réseau pour l’approvisionnement et les ressources humaines.
Une première étape réussie qui en appelle d’autres
Le 28 janvier dernier, un protocole de fin de conflit, négocié sous l’égide de l’inspection du travail, a été signé : il entérine un changement de gouvernance du magasin à moyen terme avec l’embauche d’un directeur opérationnel de sorte que la présidente de la société se consacre à son rôle et ce pour la plus grande satisfaction du personnel lassé de son attitude, une augmentation d’au minimum 4,5 % avec un plancher de 100 euros brut, une attention accrue aux conditions de travail et aux échanges avec le CSE existant et, enfin, l’étalement des jours de grève.
De plus, les désormais ex-grèvistes ont pris l’initiative de lancer, le 29 janvier dernier, un comité de soutien ouvert aux organisations syndicales, politiques et associatives ainsi qu’aux habitant-es solidaires de leur lutte dans la perspective de leur reprise du travail le 2 février prochain : il aura pour rôle, outre s’assurer de son bon déroulement, d’aider à pousser les autres magasins de la capitale à s’organiser à leur tour et de faire pression sur l’enseigne pour qu’elle joigne enfin ses gestes à ses paroles.
LD, 31/01/2026.
01.02.2026 à 19:03
aplutsoc
01.02.2026 à 09:52
aplutsoc2
30.01.2026 à 10:53
aplutsoc